Comment Asclépios devint Esculape : Comparaison de traductions latines

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LATIN 1ère-Tle Comment Asclépios devint Esculape
1ère partie (livre XV, vers 651-663 et 669-679) : comparaison de traductions
A. Traduction de G.T. Villenave (1806, légèrement adaptée, site de la Bibliotheca Classica
Selecta de l’Université de Louvain)
Tandis qu'on délibère, le crépuscule succède aux derniers rayons du jour, et la nuit enveloppe la terre
de ses ombres. Le dieu salutaire, ô Romain qui viens le demander, t'apparaît au milieu de ton sommeil :
tu le vois tel qu'il est dans son temple, tenant un bâton champêtre dans sa main gauche; de la droite,
caressant sa longue barbe, et, d'une voix paisible, il t'adresse ces mots : "Cesse de craindre : j'irai. Je
changerai les traits sous lesquels on m'honore. Regarde ce serpent dont les noeuds embrassent mon
bâton : attache sur lui tes regards, pour bien le reconnaître : je prendrai sa forme, mais je serai plus
grand, et tel qu'il convient aux corps célestes de se montrer." (...)
À peine ils ont ni de prier, caché sous la forme d'un serpent, le dieu lève sa tête émaillée d'or, et
annonce sa présence par de longs silements. Il s'avance; et la statue, et l'autel, et les portes, et le
marbre du parvis, et le faite doré du temple, sont ébranlés. Il s'arrête au centre, se dresse et s'élève de
la moitié de son corps, et promène autour de lui des yeux étincelants. Le peuple frémit épouvanté. Le
prêtre, dont des bandelettes de lin ceignent la tête, a reconnu la divinité, et s'écrie : "C'est le dieu, c'est
le dieu lui-même ! Mortels ici présents, adorez et priez. Et toi, divinité bienfaisante, que ton aspect nous
soit propice, et protège les peuples qui révèrent tes autels !"
B. Traduction d’Olivier Sers (Les Belles Lettres, 2018)
Tandis qu’ils hésitaient, le soir ombra le jour,
Puis la nuit ténébreuse enveloppa la terre.
Lors el dieu secourable en songe t’apparut,
Face à ton lit, Romain, mais tel que dans son temple,
Tenant de la main gauche un rustique bâton,
De sa main droite caressant sa longue barbe,
Et prononça ces mots d’une paisible voix :
Ne crains rien, je viendrai, mais sous un autre aspect.
Regarde ce serpent lové à mon bâton,
Et retiens bien ses traits, pour bien le reconnaître,
Je me transformerai en lui, mais en plus grand,
Comme il sied à un dieu lorsqu’il change de corps. (...)
A peine ont-ils ni qu’un silement l’annonce.
Il vient, serpent doré, érigeant haut sa crête,
Ebranlant en rampant statues, autels et portes,
Et le marbre du sol et le toit vêtu d’or,
Se redresse à mi-corps bien au milieu du temple,
Et darde autour de lui des yeux étincelants.
La foule est terriée. Le prêtre aux chastes tempes
Ceintes d’un blanc ruban a reconnu le dieu
Et crie : Le dieu ! Le dieu ! de la langue et du cœur
Prions tous fervemment ! Noble dieu, que ta vue
Soit propice aux mortels honorant tes autels !
LATIN 1ère-Tle
Comment Asclépios devint Esculape
2ème partie (Ovide, Métamorphoses, livre XV, vers 719 à 745)
Huc ubi veliferam nautae advertere carinam,
(asper enim jam pontus erat), deus explicat orbes
perque sinus crebros et magna volumina labens
templa parens init avum tangena litus.
Aequore placato patrias Epidaurius aras
linquit et hospio junc sibi numinis usus
litoream tractu squamae crepitans harenam
sulcat et innixus moderamine navis in alta
puppe caput posuit, donec Castrumque sacrasque
Lavini sedes Tiberinaque ad osa venit.
Huc omnis populi passim matrumque patrumque
obvia turba ruit quaeque ignes, Troica, servant,
Vesta, tuos, laetoque deum clamore salutant ;
quaque per aduersas navis cita ducitur undas,
tura super ripas, aris ex ordine facs,
parte ab utraque sonant et odorant aera fumis,
ictaque conjectos incalfacit hosa cultros.
Jamque caput rerum, Romanam intraverat urbem ;
Erigitur serpens summoque acclinia malo
colla movet sedesque sibi circumspicit aptas.
Scinditur in geminas partes circumuus amnis,
insula nomen habet, laterumque a parte duorum
porrigit aequales media tellure lacertos.
Huc se de Laa pinu Phoebeius anguis
contulit et nem, specie caeleste resumpta,
lucbus imposuit venitque salufer urbi.
Là, quand les matelots dirigèrent le navire aux voiles
déployées (en eet la mer était déjà houleuse), le dieu
déroule ses anneaux et, par nombre de mouvements
sinueux, portant ses immenses volumes, entre dans le
temple de son père, élevé sur le rivage blond. La mer
calmée, le dieu d’Epidaure laisse les autels paternels
et, après avoir joui de l’hospitalité d’un dieu parent,
sillonne le sable du rivage, faisant crépiter ses écailles,
puis lové sur le gouvernail, au haut du navire, il posa sa
tête sur la poupe, jusqu’à ce qu’ il atteigne Castrum, les
terres sacrées de Lavinium et l’embouchure du Tibre.
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Et déjà il avait pénétré dans la capitale du monde, la
ville de Rome ; le serpent se dresse la nuque tendue en
haut du mât et cherche des yeux autour de lui une
demeure qui lui sied. Le euve qui coule autour se
scinde en deux parties, une île porte son nom, et sur
chacun de ses deux côtés, étend ses bras égaux, la
terre étant au milieu. C’est là que du navire latin le ls
de Phoebus se dirigea et ayant repris sa forme céleste,
mit n aux deuils et devint secourable à la ville.
Le sanctuaire d’ascLépios à epidaure (Grèce)
Ce qu'écrit Pausanias, voyageur et écrivain grec mort à Rome en 180 ap. JC :
το ναο δέ στι πέραν νθα ο κέται το θεο καθεύδουσιν. οκημα δ περιφερς λίθου λευκο
καλούμενον Θόλος κοδόμηται πλησίον, θέας ξιον. [ …] πιδαυρίοις δέ στι θέατρον ν τ ερ
μάλιστα μο δοκεν θέας ξιον: τ μν γρ ωμαίων πολ δή τι κα περρκε τν πανταχο τ
κόσμ, μεγέθει δ ρκάδων τ ν Μεγάλ πόλει: ρμονίας δ κάλλους νεκα ρχιτέκτων ποος ς
μιλλαν Πολυκλείτ γένοιτ ν ξιόχρεως; Πολύκλειτος γρ κα θέατρον τοτο κα οκημα τ
περιφερς ποιήσας ν.
Un peu au-delà du temple est l'endroit où dorment ceux qui viennent demander au Dieu leur guérison,
et dans le voisinage s'élève un édice rond en marbre blanc, nommé le Tholos, qui mérite d'être vu. […]
Il y a aussi dans l'enceinte sacrée d'Épidaure un théâtre qui est, à mon avis, un ouvrage des plus
admirables. Les théâtres de Rome surpassent en magnicence ceux de tous les autres pays; il n'en est
point qui pour la grandeur se puisse comparer à celui de Mégalopolis en Arcadie ; mais si l'on envisage
l'ensemble de toutes les parties et l'élégance de la construction, quel architecte oserait se comparer à
Polyclète, qui a construit ce théâtre ainsi que l'édice rond dont j'ai parlé ?
Pausanias (IIe siècle ap. J.-C.), Description de la Grèce, livre II, 27, 5.
Les cuLtes orientauX et Le cuLte de L’eMpereur a roMe
Dès la République et sous l’Empire surtout, Rome adopte des cultes venus d’ailleurs, notamment d’Egypte
et du Moyen-Orient. Découvrez ces divinités : cherchez le nom de chacune d’entre elles et associez-lui une
ou plusieurs des images ci-dessous.
J’eus un temple bâ en 43 av. JC. Il fut plusieurs fois détruit et ma statue fut jetée dans le
Tibre. Domien le t rebâr. Dans les Métamorphoses d’Apulée, c’est à mon culte que se
convert Lucius.
Originaire de Phrygie, je suis honorée sous le nom d’Agdiss et comme la « Grande
Mère » (Magna Mater). Déesse de la ferlité et de la nature sauvage, confondue en
Grèce avec « la mère des dieux » et Déméter, un lion m’accompagne.
Parèdre de la Grande Mère, je suis honoré à ses côtés au sein de mystères qui furent
intégrés à la religion ocielle de Rome sous le règne de Claude. Rendu fou par celle que
j’aime, je me castrai moi-même.
Je suis une divinité indo-iranienne, coiée dun bonnet phrygien, parculièrement
honorée par les soldats. Mon culte comporte une iniaon mysque qui se fait en sept
étapes symboliques. Du sang du taureau que j’ai tué est issue la créaon tout enère.
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N. SALA
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