Préhistoire et Protohistoire du Sénégal : Vue Archéologique

Telechargé par Moussa Sène
PRÉHISTOIRE ET PROTOHISTOIRE DU SÉNÉGAL
Leçon enrichie à parr des informaons complémentaires des fascicules
Introducon
Le Sénégal possède un patrimoine préhistorique et protohistorique parculièrement riche.
Les recherches archéologiques menées depuis plus d'un siècle ont permis de mere au jour
des milliers de vesges qui témoignent d'une présence humaine très ancienne. Malgré les
nombreuses découvertes déjà réalisées, une grande pare du territoire reste encore peu
explorée en raison du manque de moyens nanciers et du faible nombre de spécialistes de la
préhistoire.
Les découvertes eectuées dans la vallée de la Falémé montrent que la présence humaine en
Sénégambie remonte à environ 350 000 ans, ce qui fait de cee région l'un des plus anciens
foyers de peuplement d'Afrique de l'Ouest.
I. Le Paléolithique au Sénégal
Le Paléolithique constue la première grande période de la Préhistoire. Les populaons vivent
essenellement de la chasse, de la pêche et de la cueillee. Les ouls sont fabriqués à parr
de pierres taillées.
Le Paléolithique inférieur : la civilisaon acheuléenne
Les découvertes archéologiques révèlent qu'une civilisaon de galets aménagés s'est
développée très tôt dans la région de la Haute-Gambie, parculièrement dans le secteur de la
Falémé.
Cee période est dominée par la civilisaon acheuléenne, réalisée par l'Homo erectus. Les
hommes fabriquent principalement des bifaces et des hachereaux qui constuent les ouls
caractérisques de cee époque. Les découvertes réalisées dans la vallée de la Falémé, à la
Pointe de Fann ou encore dans le sud-est sénégalais permeent de dater cee occupaon
entre 350 000 et 75 000 ans avant notre époque.
L'étude de cee période est rendue dicile par l'absence presque totale de restes humains.
Cee situaon s'explique principalement par l'acidité des sols sénégalais qui détruit
progressivement les ossements.
Le Paléolithique moyen : l'industrie moustéroïde
Le Paléolithique moyen est marqué par l'apparion d'une industrie plus élaborée appelée
industrie moustéroïde. Les populaons ulisent la technique Levallois, une méthode qui
consiste à préparer soigneusement un bloc de pierre avant d'en détacher des éclats aux
formes précises.
Les vesges retrouvés sont composés de racloirs, de graoirs, de perçoirs et de noyaux
circulaires à éclats. Ces ouls ont été découverts dans de nombreux sites tels que
Sébikhotane, Richard-Toll, le Cap des Biches, la vallée de la Falémé ou encore le parc naonal
du Niokolo-Koba.
Cee évoluon technique témoigne d'une meilleure maîtrise du travail de la pierre et d'une
adaptaon croissante des populaons à leur environnement.
Le Paléolithique supérieur : l'industrie émassassienne
Le Paléolithique supérieur demeure encore mal connu. Il est représenté par l'industrie
émassassienne découverte près de Mbour.
Les chercheurs ne s'accordent pas tous sur la place exacte de cee industrie. Certains la
raachent au Paléolithique supérieur tandis que d'autres la considèrent comme un
Néolithique ancien. Cee hésitaon montre qu'elle constue probablement une phase de
transion entre deux périodes importantes de la Préhistoire.
Les ouls retrouvés comprennent de pets bifaces, des racloirs, des graoirs ainsi que des
armatures ulisées pour la chasse. La présence de tessons de poterie laisse également
apparaître certaines innovaons qui annoncent déjà le Néolithique.
II. Le Néolithique au Sénégal
Le Néolithique représente la période préhistorique la mieux connue au Sénégal. Les
populaons deviennent progressivement plus sédentaires et développent de nouvelles
acvités économiques telles que l'agriculture, la pêche spécialisée et l'arsanat.
Cependant, les chercheurs ne connaissent pas encore précisément l'origine des diérentes
civilisaons néolithiques ni les relaons qu'elles entretenaient entre elles.
Le Manuélien
Le Manuélien se développe dans la région du Cap Manuel. Il est caractérisé par un oullage
de grande taille fabriqué essenellement à parr de roches volcaniques basalques.
Les populaons ulisent de grandes haches, des rabots et divers ouls desnés aux travaux
quodiens.
Le Bélairien
Le Bélairien correspond au Néolithique de Bel-Air. Cee civilisaon se disngue par un
oullage microlithique parculièrement élaboré.
Les arsans fabriquent des ouls géométriques de pete taille prenant la forme de triangles,
de trapèzes, de rectangles ou de demi-cercles. À ces ouls s'ajoutent des haches polies, des
meules, des pierres à rainures et de nombreuses céramiques qui témoignent d'un arsanat
déjà développé.
Le Khant
Le Néolithique de Khant révèle l'existence de populaons fortement tournées vers
l'exploitaon des ressources aquaques.
Les habitants ulisent les os d'animaux pour fabriquer des harpons, des hameçons, des
poinçons, des haches et des herminees. Les fouilles ont également permis de découvrir une
dalle composée d'ossements d'hippopotames, de crocodiles et de lamanns, preuve de la
richesse du milieu aquaque exploité par ces populaons.
Le Falémien
Le Falémien constue l'un des faciès néolithiques les plus riches du Sénégal.
Les populaons ulisent une grande variété de matériaux tels que le quartz, le silex, le jaspe,
le grès, la dolérite, le schiste ou encore l'hémate. Cee diversité montre une parfaite
connaissance des ressources minérales disponibles dans leur environnement.
Les découvertes comprennent des haches polies, du matériel de broyage et une importante
producon de céramiques.
Le Néolithique de la vallée du Sénégal et du Ferlo
Cee civilisaon demeure encore mal connue en raison du faible nombre de fouilles réalisées
dans ces régions. Les vesges retrouvés indiquent néanmoins l'existence d'occupaons
humaines importantes.
III. La Protohistoire au Sénégal
La Protohistoire correspond à l'âge des métaux. Elle est marquée par une forte densité de
peuplement dans les régions du Cayor, du Djolof, du Baol, du Sine et du Saloum.
Cee période se caractérise par le développement de la métallurgie du fer, l'édicaon de
monuments funéraires et l'intensicaon des échanges commerciaux.
Les amas coquilliers
Les amas coquilliers couvrent une grande pare du lioral sénégambien et des estuaires des
euves Sénégal, Sine, Saloum, Gambie et Casamance.
Ils sont constués de déchets de consommaon accumulés pendant plusieurs siècles par les
populaons côères. Ces amas renferment souvent des poteries, des bijoux et d'autres objets
qui permeent aux archéologues de reconstuer le mode de vie des populaons anciennes.
Les tumulus
Les tumulus sont des moncules de sable ou de terre servant de tombes. Ils constuent l'une
des formes les plus répandues de monuments funéraires protohistoriques.
Connus sous le nom de « mbanar » chez les Wolofs et de « poydom » chez les Sérères, ils sont
parculièrement nombreux dans la moié occidentale du Sénégal.
Le site de Nguiguela a livré un remarquable pectoral en or massif, témoignant de l'existence
d'objets de presge et d'une certaine hiérarchie sociale.
Les mégalithes
Les mégalithes représentent les monuments protohistoriques les plus impressionnants de
Sénégambie.
Ils s'étendent sur environ 350 kilomètres le long du euve Gambie et regroupent plus d'une
centaine de monuments composés de cercles de pierres et de tumulus. Les principaux
ensembles sont Sine Ngayène, Wanar, Wassu et Kerr Batch.
Les fouilles montrent que ces monuments ont été ulisés entre le IIIᵉ siècle avant J.-C. et le
XVIᵉ siècle après J.-C., soit pendant plus de 1 500 ans.
Le site de Sine Ngayène est le plus important. Il compte 52 cercles mégalithiques, environ 1
200 pierres dressées et plus d'une centaine de tumulus.
L'ampleur de ces réalisaons prouve l'existence de sociétés prospères, durables et fortement
organisées, capables de mobiliser une importante main-d'œuvre pour des travaux collecfs.
La métallurgie du fer et les échanges commerciaux
La vallée du euve Sénégal constue un important centre protohistorique. Les archéologues y
ont retrouvé des scories, des foyers de réducon, des tuyères, des traces de fonte et de
nombreux déchets de forge aestant d'une parfaite maîtrise de la métallurgie du fer.
Le site de Sinthiou Bara a livré des découvertes parculièrement remarquables : gurines
anthropo-zoomorphes, perles, coquillages marins et céramiques émaillées provenant du
Maghreb.
Ces objets démontrent l'existence de réseaux d'échanges commerciaux à longue distance
reliant les populaons sénégalaises à d'autres régions d'Afrique.
Conclusion
Les recherches archéologiques montrent que le Sénégal a connu une occupaon humaine
connue depuis plusieurs centaines de milliers d'années. Les découvertes réalisées dans la
vallée de la Falémé, les diérentes civilisaons néolithiques, les monuments mégalithiques et
les vesges métallurgiques témoignent du dynamisme des sociétés anciennes. Elles révèlent
également l'existence de populaons organisées, maîtrisant des techniques variées et
parcipant à des échanges commerciaux parfois très éloignés. Ces découvertes connuent
aujourd'hui d'enrichir notre connaissance des origines du peuplement sénégalais.
FICHE COMPLÉMENTAIRE – LA RÉVOLUTION NÉOLITHIQUE ET SES CONSÉQUENCES
(À ajouter à la leçon principale)
I. COMPLÉMENTS SUR LES CARACTÉRISTIQUES DE LA RÉVOLUTION NÉOLITHIQUE
1. Le contexte de l’émergence du Néolithique
La désercaon de certaines régions
À la n du Paléolithique supérieur, le réchauement climaque provoque une transformaon
des milieux naturels.
Certaines régions autrefois verdoyantes deviennent progressivement plus sèches.
Exemple :
Le Sahara connaît un processus de désercaon.
Conséquences :
raréfacon des plantes sauvages ;
diminuon du gibier ;
dicultés d’approvisionnement alimentaire.
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