
partir, mais sans succès.
Notre banque s’était déjà engagée envers ses clients dans divers projets avec des délais stricts
sur la base du renfort en personnel et il n’y avait aucun moyen d’éluder ces engagements.
Nous nous mîmes en quête de ressources humaines temporaires, mais cette solution ne
marcha pas non plus. Les trois mois qui allaient suivre allaient être un combat pour mon
patron et pour moi, puisque nous étions les derniers dans l’équipe.
A deux, nous devions faire le travail de cinq. Je faisais déjà beaucoup d’heures
supplémentaires et je réalisais que cette charge de travail supplémentaire me pousserait au
bout de mes limites et je me demandais comment j’allais tenir. Pendant une demi-heure, mon
directeur me parla des moments difficiles qui nous attendaient et il me dit comment nous
devions prendre les choses sereinement et franchir le cap au meilleur de nos possibilités.
C’est au cours de cet entretien que je lui dis que j’avais reçu une proposition d’une banque
importante (une proposition que j’avais reçue sans avoir passé aucun entretien, puisque des
collègues de ma banque entrés dans cette nouvelle société avaient parlé de mes performances).
Mais je lui dis également que j’avais décidé de rester, en dépit des circonstances difficiles,
puisqu’il serait très inopportun que moi aussi je m’en aille en cet instant critique. Je me
remémorai silencieusement les paroles de Bhagavan Baba, lorsqu’Il nous parla dans
l’amphithéâtre de l’Institut, lors du ‘’MBA Anniversary Day
’’ :
‘’Vous devriez travailler dur dans une organisation pendant au moins cinq ans pour
prouver votre compétence. N’exigez jamais une augmentation de salaire et ne changez
pas de travail à tout bout de champ pour quelques roupies en plus.’’
Mon patron avait perdu sa langue et il paraissait plutôt ému. Il resta silencieux pendant 5
minutes, puis il dit calmement : ‘’Cela fait 25 ans que je travaille, mais c’est un moment que
je chérirai toujours dans mon cœur.’’ Il était évident qu’il était bouleversé par ma décision de
rester et d’aider la société, mais franchement, je n’avais pas d’autre choix, puisque c’était la
voix de ma conscience qui me disait de ne pas être égoïste, mais d’appliquer les principes
sacrés de loyauté, de conscience et de diligence. Je savais que j’avais fait un choix important
qui non seulement affecterait mon avenir, mais qui me définirait aussi en tant que personne.
C’est vraiment en ces instants de crise que nous découvrons qui nous sommes réellement et
j’étais convaincu que j’avais pris la bonne décision.
Nous nous battîmes pendant les cinq mois qui suivirent en pointant à 8h45 au bureau le matin
et nous rentrions chez nous à 23H00 et parfois à 1heure du matin. Ce fut une période
éprouvante pour tous les deux, mais nous étions hyper motivés et gonflés à bloc pour relever
ce défi. A la fin, nous vînmes à bout de tous les engagements en souffrance à la satisfaction
totale de nos clients et c’est seulement alors que nous pûmes reprendre un horaire de travail
normal.
Je suis resté dans cette banque pendant 6 ans pour finalement passer à la Standard Chartered
Bank. Mon boss a également changé de département, mais avant mon départ, le dernier jour,
il m’a emmené au restaurant et alors que nous nous dirigions vers la sortie, il a mis sa main
sur mon épaule et il s’est rappelé ce jour-là et il a dit : ‘’Quatre ans après cet incident, mon
esprit s’attarde toujours sur cet instant unique. Aucune personne de ton âge n’aurait pris cette
Journée anniversaire du programme de maîtrise de gestion