Plantes médicinales & santé digestive des petits ruminants

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République de Côte d’Ivoire
Union-discipline-travail
Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique
École supérieure d’agronomie (ESA)
Cycle des ingénieurs agronomes (IA) spé zootechnie
Influence des plantes médicinales sur la
santé digestive des petits ruminants
Enseignant
Dr KONE ALAIN
Présenté par :
CISSE ISSA
SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE
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Table des matières
introduction ......................................................................................................................... 3
i. Bases scientifiques : interactions entre plantes médicinales et système digestif .......... 4
1.1. Composition chimique des plantes médicinales ...................................................... 4
1.2. Effets physiologiques sur la digestion ..................................................................... 5
1.2.1. Sécrétion digestive et motilité intestinale............................................................. 5
1.2.2. Absorption des nutriments et flore ruminale ........................................................ 5
1.2.3. Fermentation ruminale : ph, agv, ammoniac, méthane ........................................ 6
1.3. Effets antimicrobiens et antiparasitaires .................................................................. 6
1.3.1. Action contre les bactéries pathogènes intestinales ............................................. 6
1.3.2. Contrôle des parasites gastro-intestinaux ............................................................. 6
1.3.3. Mécanismes d’action des métabolites secondaires .............................................. 6
ii. Études expérimentales et résultats observés ................................................................. 7
2.1. Études sur l’effet des extraits de plantes spécifiques ............................................... 7
2.2. Résultats sur la digestibilité, la charge parasitaire, la croissance et la production .. 8
2.3. Comparaison avec les traitements conventionnels .................................................. 8
2.4. Effets secondaires et précautions ............................................................................. 9
iii. Discussion générale ...................................................................................................... 9
3.1. Analyse critique des résultats................................................................................... 9
3.2. Facteurs influençant la réponse digestive .............................................................. 10
3.3. Perspectives d’utilisation durable .......................................................................... 10
3.4. Besoin de standardisation et recommandations de recherche ................................ 10
v. Conclusion .................................................................................................................... 11
recommandations .............................................................................................................. 11
bibliographie ..................................................................................................................... 12
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Introduction
Chez les petits ruminants tels que les moutons et les chèvres, la santé digestive joue un rôle
central dans le maintien de la productivité, du bien-être animal et de l’efficacité
alimentaire. Le bon fonctionnement du système digestif est intimement lié à l'équilibre
du microbiote ruminal, un écosystème complexe composé de bactéries, protozoaires,
champignons et archaea, qui participent activement à la dégradation des fibres, à la
production d’acides gras volatils (agv) et à la régulation immunitaire locale(Tapio et
al., 2017).
Cependant, dans de nombreux contextes d’élevage, les petits ruminants sont confrontés à
plusieurs affections digestives récurrentes, parmi lesquelles : les parasitoses gastro-
intestinales causées par des nématodes tels que haemonchus contortus ou
trichostrongylus spp. ; les désordres fermentaires liés à une alimentation déséquilibrée
(acidose, ballonnement) ; les dysbioses microbiennes, souvent induites par des
traitements médicamenteux ou des changements de régime brutaux(Hoste et al., 2010;
Min & Hart, 2003).
La réponse vétérinaire classique repose sur l’utilisation de traitements allopathiques,
notamment : des antibiotiques (métaplasie microbienne, déséquilibre du rumen), des
antiparasitaires de synthèse comme les benzimidazoles ou le lévamisole. Toutefois,
l’efficacité de ces approches décline progressivement en raison de l’émergence
croissante de résistances, documentées mondialement, notamment chez h.
Contortus(Kaplan & Vidyashankar, 2012). En parallèle, les résidus médicamenteux
dans les produits animaux et les impacts environnementaux (contamination des sols,
effet sur la faune coprophage) sont devenus des préoccupations majeures pour l’élevage
durable(Sánchez-Muros et al., 2014).
Dans ce contexte, les plantes médicinales apparaissent comme des alternatives
prometteuses. Issues de savoirs ethnovétérinaires traditionnels, elles sont riches en
composés bioactifs tels que : les tanins condensés (ex. Acacia nilotica, lotus
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corniculatus), les huiles essentielles (origanum vulgare, allium sativum), les
flavonoïdes et saponines (ex. Moringa oleifera, azadirachta indica) (Katiki, Ferreira, et
al., 2011; Hoste et al., 2015a). Ces métabolites secondaires ont montré, in vitro et in
vivo, des effets antimicrobiens, antiparasitaires, antioxydants ou modulant la
fermentation ruminale, tout en présentant une faible toxicité aux doses adaptées (Rabee
et al., 2024a; Petrič et al., 2025).
Cette synthèse vise à explorer, sur une base scientifique actualisée, l’influence des plantes
médicinales sur la santé digestive des petits ruminants. Elle analysera leurs modes
d’action potentiels, les résultats expérimentaux disponibles et les perspectives
d’utilisation dans les systèmes d’élevage, avec une attention particulière portée à :
l’amélioration de la digestion et de la fermentation ruminale, la régulation du
microbiote et de l’immunité intestinale, le contrôle des parasites gastro-intestinaux, les
effets secondaires et les limites d’usage.
I. Bases scientifiques : interactions entre plantes médicinales et système
digestif
1.1. Composition chimique des plantes médicinales
Les plantes médicinales contiennent une grande diversité de métabolites secondaires
bioactifs, responsables de leurs effets physiologiques et thérapeutiques sur l’organisme
animal. Parmi les plus étudiés chez les ruminants, on retrouve :
Les tanins condensés : présents dans acacia nilotica, lotus corniculatus, ou calliandra
calothyrsus, ils forment des complexes avec les protéines et réduisent leur dégradation
dans le rumen, ce qui peut améliorer l'efficience azotée et inhiber certains parasites
intestinaux.(Hoste et al., 2015b)
Les saponines : extraites par exemple de quillaja saponaria ou moringa oleifera, elles
modulent l’activité des protozoaires ruminaux et ont des effets antimicrobiens,
favorisant parfois la croissance des bactéries cellulolytiques(Patra & Saxena, 2009).
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Les flavonoïdes : antioxydants naturels, présents dans de nombreuses plantes comme
allium sativum, azadirachta indica ou zataria multiflora, ils exercent une activité
immunomodulatrice et protègent la muqueuse intestinale(Cushnie & Lamb, 2011).
Les huiles essentielles : contenues dans des plantes comme origanum vulgare, thymus
vulgaris, ou melissa officinalis, elles présentent des effets antimicrobiens,
antifongiques, et parfois antiparasitaires à faible dose(Bakkali et al., 2008).
Les alcaloïdes et autres composés amers : selon les plantes, ils peuvent moduler
l’appétit, la sécrétion digestive ou la motilité intestinale.
1.2. Effets physiologiques sur la digestion
Les plantes médicinales agissent sur plusieurs aspects du processus digestif :
1.2.1. Sécrétion digestive et motilité intestinale
Des extraits tels que ceux de melissa officinalis ont montré un effet myorelaxant sur la
musculature lisse intestinale chez le mouton, ce qui peut aider à contrôler certains
troubles spasmodiques comme les coliques ou la diarrhée(Posłuszny et al., 2025).
1.2.2. Absorption des nutriments et flore ruminale
Plusieurs études ont démontré que les extraits de plantes peuvent moduler le microbiote
ruminal, notamment :
En augmentant la proportion de bactéries fibrolytiques (ruminococcus, butyrivibrio) ;
En réduisant les protozoaires, ce qui diminue la prédation des bactéries utiles ;
Ou en favorisant des genres comme prevotella, impliqués dans la fermentation des
glucides et protéines (Rabee et al., 2024b).
Des plantes comme moringa oleifera, cichorium intybus (chicorée) ou sesbania sesban ont
été associées à une meilleure digestibilité de la matière sèche et des fibres(Omotoso et
al., 2024).
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