corniculatus), les huiles essentielles (origanum vulgare, allium sativum), les
flavonoïdes et saponines (ex. Moringa oleifera, azadirachta indica) (Katiki, Ferreira, et
al., 2011; Hoste et al., 2015a). Ces métabolites secondaires ont montré, in vitro et in
vivo, des effets antimicrobiens, antiparasitaires, antioxydants ou modulant la
fermentation ruminale, tout en présentant une faible toxicité aux doses adaptées (Rabee
et al., 2024a; Petrič et al., 2025).
Cette synthèse vise à explorer, sur une base scientifique actualisée, l’influence des plantes
médicinales sur la santé digestive des petits ruminants. Elle analysera leurs modes
d’action potentiels, les résultats expérimentaux disponibles et les perspectives
d’utilisation dans les systèmes d’élevage, avec une attention particulière portée à :
l’amélioration de la digestion et de la fermentation ruminale, la régulation du
microbiote et de l’immunité intestinale, le contrôle des parasites gastro-intestinaux, les
effets secondaires et les limites d’usage.
I. Bases scientifiques : interactions entre plantes médicinales et système
digestif
1.1. Composition chimique des plantes médicinales
Les plantes médicinales contiennent une grande diversité de métabolites secondaires
bioactifs, responsables de leurs effets physiologiques et thérapeutiques sur l’organisme
animal. Parmi les plus étudiés chez les ruminants, on retrouve :
❖ Les tanins condensés : présents dans acacia nilotica, lotus corniculatus, ou calliandra
calothyrsus, ils forment des complexes avec les protéines et réduisent leur dégradation
dans le rumen, ce qui peut améliorer l'efficience azotée et inhiber certains parasites
intestinaux.(Hoste et al., 2015b)
❖ Les saponines : extraites par exemple de quillaja saponaria ou moringa oleifera, elles
modulent l’activité des protozoaires ruminaux et ont des effets antimicrobiens,
favorisant parfois la croissance des bactéries cellulolytiques(Patra & Saxena, 2009).