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Cela aboutit à une vision localisationniste (descriptive) du cerveau, c’est-à-dire qu’on fait correspondre telle
fonction à telle aire (ex : Aire de Broca = aire du langage, aire de Wernicke = aire de la compréhension du
langage).
Cependant, dans la réalité, cela ne se passe pas ainsi. Il faut changer la vision localisationniste en vision en
réseau, avec des aires corticales et en dessous la substance blanche qui met tout en relation, en effet malgré
les zones effectrices corticales, une rupture des câbles de fibre blanche en dessous aboutit également à la perte
de fonction Toutes les zones sont en intercommunication et il n’y en aura pas une qui sera essentielle. On a
une aire qui initie un mouvement qui va être reliée à une autre qui va effectuer le mouvement et l’intégrer. Le
cerveau c’est un organe d’intégration.
Le seul moyen qui nous permet d’avancer vraiment, c’est la chirurgie éveillée, soit un certain retour aux
anciennes techniques. Malgré tout, elle ne se fait pas sans anesthésie, elle se fait pour certaines tumeurs
cérébrales, les gens qui sont endormis lors de l’abord chirurgical, puis réveillés une fois les méninges ouvertes
(il n’y a pas de fibres sensitives dans le cerveau, elles s’arrêtent aux méninges) et on peut travailler dans le
cerveau sans leur faire mal. Cela a permis de travailler et de revenir sur d’anciennes certitudes. Cet examen
se fait en temps réel, permettant de voir les fonctions qui vont être limitées, amplifiées, stimulées... On peut
vérifier les aires corticales et les réseaux de substances blanches profondes avec l’aide du patient directement.
Cette chirurgie a notamment permis de mettre en évidence que « BROCA n’existe pas ». On a appelé l’aire
de Broca une zone soi-disant dédiée du langage articulé. L’erreur vient de la façon dont furent décrites ces
aires fonctionnelles par des moyens médiés. On prenait une population ayant fait un AVC et présentant des
troubles, et on disposait d’une imagerie, situant la lésion. Sur la population dont les troubles concernaient
l’articulation, on regardait là où se recoupaient les lésions, et c’est cet endroit commun qui fut désigné comme
l’aire de Broca.
Cependant, certaines personnes dont on a enlevé l'aire de Broca ne perdent pas la parole pour autant. En fait
il fallait prendre la chose à l’envers, tout ce qui est commun aux gens, correspond aux zones qui sont
compensables. Les zones importantes ne sont pas communes entre les individus, mais spécifiques aux
personnes en particulier. C’est le problème des statistiques qui ne sont pas forcément applicables au niveau
de l’individu.
II. Le cortex
1. Anatomie descriptive du cortex
A. Constitution
Le cortex, ou manteau cortical, correspond à la Substance Grise
rassemblant les corps des neurones sur toute la périphérie. Il se divise en
aires visibles de l’extérieur, ce sont de petites circonvolutions des gyri, et
en sillons, invaginations du cortex (60% du cortex est invisible à la
surface et se retrouve dans les gyri). Les gyri sont séparés par des sillons,
eux même recouverts de SG.
Question d’étudiant : Est-ce que l’architecture des gyri est la même pour tout le monde ou existe-t-il des
variations ?
Réponse : Non, c’est pareil, tout le monde a les mêmes gyri au même endroit.
Cela représente un cortex de 600g, soit environ 40% du poids du cerveau (le cerveau fait à peu près 1,5kg),
dont 180g de neurones, le reste étant du tissu de soutien (microglie). On estime le nombre de neurones à 10 à
15 Milliards.