D1-UE10-Boniface-Cortex_Commissures_Noyau_Gris_Centraux

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UE10 Système neurosensoriel
Dr BONIFACE
Date : 20/01/17 Plage horaire : 10h-12h
Promo : DFGSM3 Enseignant : Dr Boniface
Ronéiste : Kevin RADET
Cortex, commissures blanches et noyaux gris centraux
I. Introduction
II. Le cortex
1. Anatomie descriptive du cortex
A. Constitution
B. Division
C. La Face Latérale
a. Le Lobe Frontal
b. Le Lobe Pariétal
c. Le Lobe Occipital
d. Le Lobe Temporal
e. L’Insula
D. La Face Médiale
E. La Face Inférieure
2. Anatomie fonctionnelle du cortex
A. Le Lobe Frontal
B. Le Lobe Pariétal
C. Le Lobe Occipital
D. Le Lobe Temporal
E. Les troubles associatifs
III. Les commissures
IV. Les Noyaux Gris Centraux
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I. Introduction
Tout d’abord on a :
1 cerveau = 2 hémisphères
1 hémisphère = 4 lobes
Le cortex, avec la Substance Grise (= SG) à la surface du cerveau
Si vous savez ça, bravo, vous êtes médecins urgentiste ! Le cours pourrait se résumer à cette diapositive.
Ce que connaissent la plupart des médecins concernant le cerveau, c’est ceci.
Donc schématiquement, le cerveau est divisé en 2 hémisphères, et
chaque hémisphère contient un :
Lobe frontal : le plus gros en avant
Lobe pariétal : en arrière du lobe frontal
Lobe temporal : au niveau des tempes
Lobe occipital : petit en arrière.
Attention : la division en en lobes ne correspond pas à l’os, par
exemple : le lobe frontal dépasse largement l’os frontal
La plupart des régions anatomiques sont séparées par des grandes scissures ou fissures, qui séparent
notamment les 2 hémisphères, et puis à la surface on retrouve de petites circonvolutions que l’on appelle des
gyri (les petites circonvolutions que l’on retrouve à la surface), séparées par des sillons.
On reconnaît 2 sillons : le sillon central (limite lobe frontal/pariétal) et le sillon latéral (entre le lobe frontal
et temporal). Entre le lobe pariétal et temporal : pas de limite anatomique (juste une continuité de gyrus).
Histoire de l’anatomie du cortex
Il existe de nombreuses difficultés pour étudier le cerveau, car il est difficile d’établir une relation entre une
anatomie complexe et des fonctions complexes (mémoire, langage, sensibilité…) et impalpables et non
mécaniques.
Il faut savoir que toutes les connaissances dont on disposait sur le cerveau sur le plan fonctionnel sont assez
anciennes, elles datent de Penfield, Brodman,… soit le début XIXème siècle.
Et puis assez paradoxalement, l’avancée des connaissances sur le cerveau s’est totalement arrêtée, ou
presque, au moment des avancées médicales.
Cela s’explique au XIXème siècle par l’absence d’anesthésie, donc les gens étaient opérés éveillés, et par
le nombre important de guerres fournissant de nombreux patients à opérer éveillés, donc sur qui
expérimenter. Ce sont donc les chirurgiens de guerres qui sont les premiers à décrire l’anatomie et le
fonctionnement du cerveau.
De nos jours, pour étudier le cerveau, beaucoup de choses ont évolué. Les patients sont endormis, on a de
belles imageries, mais désormais pour l’étude du cerveau on a quasiment que des moyens médiés et très
peu d’examens directs.
Voilà pourquoi tout a été au ralenti depuis la seconde guerre mondiale.
Depuis une 20aine d’année, on a remis au gout du jour la chirurgie éveillée. Cette technique chirurgicale est
en train de donner un grand coup de pied dans toutes les connaissances que l’on avait sur l’anatomie
fonctionnelle du cerveau.
Ainsi, Dans nos cours, les informations qui pourraient nous être données plus tard à propose des aires, ne
pourraient être que partiellement vraies
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Concernant les moyens médiés :
- Les radiologues (CT, MR, PET, IRM fonctionnelle,
Tractographie
c’est statique) : Les résultats nous donnent des
régions d’hyperactivité du cortex, mais rien ne nous dit que les
régions plus actives sur l’examen sont des régions plus
importantes pour le patient quand on va l'opérer.
(Ci-contre des IRM fonctionnelles très très anciennes, on a
différentes régions qui s’allument en fonction des tâches faites.)
- Les chirurgiens : ont directement accès au cerveau, ils travaillent sur des patients endormis, la
fonction ne peut donc être étudiée
- L’IRM fonctionnelle (ci-contre une vieille IRM fonctionnelle) : on
demande à quelqu’un d’effectuer une tache pendant qu’on fait
l’IRM et on observe les zones qui s’allument pendant qu’il
s’exécute. celles-ci correspondant aux zones la vascularisation
est augmentée. En conclusion la zone en hypervascularisation est
considérée comme importante pour la tâche effectuée.
Mais on ne peut pas se fier à ces imageries pour opérer un patient.
- La Méthode de Klinger (1800) : qui est une méthode de dissection
anatomique qui s’applique directement sur un cerveau post-mortem.
C’est de la congélation du cerveau qui permet de disséquer
correctement de cerveau et de conserver les fibres blanches, que l’on
arrive à distinguer sur l’image ci-contre.
- La trachtographie : correspond à la mise en couleur tous les faisceaux
de fibres blanches. On arrive ainsi à déterminer les connexions entre
les aires corticales. Concrètement, ça ne sert pas à grand-chose.
- L’anesthésie fait aussi partie des moyens médiés.
Limites à l’évolution des connaissances
Ci-contre, la vision fortement répandue du cerveau gauche scientifique
et rationnel, ainsi que le cerveau droit qui est le cerveau des émotions,
des rêves, du côté artistique : « Its fucking bullshit ! ».
Malgré tout, il s’agit encore d’une vision extrêmement répandue, car
on la retrouve encore dans les anciens manuels ainsi que beaucoup de
vieilles certitudes et peu de remises en question : il n’y a pas beaucoup
d’intégration…
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Cela aboutit à une vision localisationniste (descriptive) du cerveau, c’est-à-dire qu’on fait correspondre telle
fonction à telle aire (ex : Aire de Broca = aire du langage, aire de Wernicke = aire de la compréhension du
langage).
Cependant, dans la réalité, cela ne se passe pas ainsi. Il faut changer la vision localisationniste en vision en
réseau, avec des aires corticales et en dessous la substance blanche qui met tout en relation, en effet malgré
les zones effectrices corticales, une rupture des câbles de fibre blanche en dessous aboutit également à la perte
de fonction Toutes les zones sont en intercommunication et il n’y en aura pas une qui sera essentielle. On a
une aire qui initie un mouvement qui va être reliée à une autre qui va effectuer le mouvement et l’intégrer. Le
cerveau c’est un organe d’intégration.
Le seul moyen qui nous permet d’avancer vraiment, c’est la chirurgie éveillée, soit un certain retour aux
anciennes techniques. Malgré tout, elle ne se fait pas sans anesthésie, elle se fait pour certaines tumeurs
cérébrales, les gens qui sont endormis lors de l’abord chirurgical, puis réveillés une fois les méninges ouvertes
(il n’y a pas de fibres sensitives dans le cerveau, elles s’arrêtent aux méninges) et on peut travailler dans le
cerveau sans leur faire mal. Cela a permis de travailler et de revenir sur d’anciennes certitudes. Cet examen
se fait en temps réel, permettant de voir les fonctions qui vont être limitées, amplifiées, stimulées... On peut
vérifier les aires corticales et les réseaux de substances blanches profondes avec l’aide du patient directement.
Cette chirurgie a notamment permis de mettre en évidence que « BROCA n’existe pas ». On a appelé l’aire
de Broca une zone soi-disant dédiée du langage articulé. L’erreur vient de la façon dont furent décrites ces
aires fonctionnelles par des moyens médiés. On prenait une population ayant fait un AVC et présentant des
troubles, et on disposait d’une imagerie, situant la lésion. Sur la population dont les troubles concernaient
l’articulation, on regardait se recoupaient les lésions, et c’est cet endroit commun qui fut désigné comme
l’aire de Broca.
Cependant, certaines personnes dont on a enlevé l'aire de Broca ne perdent pas la parole pour autant. En fait
il fallait prendre la chose à l’envers, tout ce qui est commun aux gens, correspond aux zones qui sont
compensables. Les zones importantes ne sont pas communes entre les individus, mais spécifiques aux
personnes en particulier. C’est le problème des statistiques qui ne sont pas forcément applicables au niveau
de l’individu.
II. Le cortex
1. Anatomie descriptive du cortex
A. Constitution
Le cortex, ou manteau cortical, correspond à la Substance Grise
rassemblant les corps des neurones sur toute la périphérie. Il se divise en
aires visibles de l’extérieur, ce sont de petites circonvolutions des gyri, et
en sillons, invaginations du cortex (60% du cortex est invisible à la
surface et se retrouve dans les gyri). Les gyri sont séparés par des sillons,
eux même recouverts de SG.
Question d’étudiant : Est-ce que l’architecture des gyri est la même pour tout le monde ou existe-t-il des
variations ?
Réponse : Non, c’est pareil, tout le monde a les mêmes gyri au même endroit.
Cela représente un cortex de 600g, soit environ 40% du poids du cerveau (le cerveau fait à peu près 1,5kg),
dont 180g de neurones, le reste étant du tissu de soutien (microglie). On estime le nombre de neurones à 10 à
15 Milliards.
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Voici une tranche en coupe frontale du cerveau où on voit
à l’extérieur la SG, avec ses replis montrant qu’il y a une
grosse partie du cortex dans les replis, et à l’intérieur la
SB, ce sont les câbles. C’est l’inverse au niveau de la ME.
B. Division
En anatomie, on décrit un hémisphère cérébral en 3 faces : latérale, médiale et inférieure.
Ces faces sont divisées par des fissures (= grands sillons), au nombre de 3 :
- Longitudinale : sépare les 2 hémisphères (la faux du cerveau)
- Transverse : horizontale, sépare le cerveau du cervelet (là où s’interpose la tente du cervelet)
- Latérale : sépare le lobe frontal du lobe temporal (aussi appelée la vallée sylvienne, où passent les
vaisseaux sylviens décrits par Sylvius)
Le sillon le plus important est le sillon central : il divise le lobe frontal du lobe pariétal connaître et à
savoir retrouver sur une coupe du cerveau). Un plus petit sillon est le sillon parieto-occipital.
On reconnaît 2 sillons : le sillon central (limite lobe frontal/pariétal) et le sillon latéral (entre le lobe frontal
et temporal). Entre le lobe pariétal et temporal : pas de limite anatomique (juste une continuité de gyrus).
Ces scissures et ces sillons vont diviser l’hémisphère an 4 lobes + 1 : Frontal, Pariétal, Temporal, Occipital,
ainsi qu’une autre structure située en profondeur du lobe frontal, au fond de la Vallée Sylvienne : l’Insula (pas
classiquement considérée comme un lobe à part entière mais certains considèrent que du point de vue
fonctionnel, il s’agit bien d’un 5ème lobe)
A la surface, séparées par les sillons, on a les circonvolutions (ou gyri). On a en profondeur dans la substance
blanche des Noyaux Gris Centraux en profondeur, qu’on décrira par la suite. Il s’agit d’îlots de SG à l’intérieur
de la SB. On reprend tout ça en image :
Sur l’image de droite, vous avez le cerveau vu du dessus, donc le lobe gauche à gauche et le lobe droit à droite
(car on n’est pas en image scannograhique) avec au milieu la fissure inter-hémisphérique qui divise les deux
hémisphères.
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