Vocabulaire de l'architecture médiévale

Telechargé par Kenzo Guerineau
Pelletier Baptiste
TD
Archéologie Médiéval
Objectif de brasser la question du vocabulaire.
3ème séance, contrôle.
I. Vocabulaire du bâti
II. Vocabulaire de l’architecture militaire
III. Caractéristiques de l’architecture « romane »
IV. Caractéristique de l’architecture « gothique »
I. Vocabulaire du bâti
1. Vocabulaire des murs
Il y a trois binômes fondamentaux à connaître.
Premier binôme : fondation / élévation
La fondation se situe théoriquement sous le sol. C’est la partie non visible du
mur, qui permet son implantation et sa stabilité. Elle se caractérise par un mode
constructif différent de celui de l’élévation.
L’élévation correspond à la partie visible du mur, située au-dessus du sol, celle
que l’on peut observer.
Deuxième binôme : parement / blocage (ou fourrage)
Le ou les parements sont les faces externes du mur.
Le blocage (ou fourrage) correspond à ce qui se trouve à l’intérieur du mur, entre
les deux parements. Il a une double fonction :
o assurer la rigidité et la solidité du mur ;
o permettre des économies de matériau et de temps de taille.
Ce blocage est généralement constitué de « tout-venant », c’est-à-dire de
pierres peu ou pas taillées. Les murs constitués uniquement de deux
parements sans blocage sont très rares.
Troisième binôme : pierre de taille / moellon
La pierre de taille est un bloc soigneusement taillé, équarri, avec une finition
précise.
Le moellon est un bloc seulement sommairement travaillé.
On parle également d’USC (Unité Stratigraphique Construite), équivalent d’une US
mais appliquée à la maçonnerie.
2. Les ouvertures
On distingue principalement les portes et les fenêtres.
Pour les portes, comme pour les murs, on distingue une face externe et une face
interne.
Elles peuvent être :
surmontées par un arc,
ou couvertes par un linteau droit, qui peut être monolithe (un seul bloc) ou
composite (plusieurs blocs).
Les côtés d’une porte ou d’une fenêtre sont appelés pieds-droits, que l’on peut situer
selon leur orientation (est, ouest, nord, sud).
On peut également parler de l’ébrasement d’une porte ou d’une fenêtre, lorsque
l’ouverture est inscrite dans l’épaisseur du mur, souvent en forme de couloir élargi vers
l’intérieur.
Les fenêtres présentent les mêmes principes : elles peuvent être couvertes par un
linteau droit monolithe ou composite.
II. Vocabulaire de l’architecture militaire
1. Exemple : le château de Coucy
Le château de Coucy sert ici d’exemple.
Au centre se trouve la tour-maîtresse, souvent
appelée donjon dans la littérature. Cependant, le
terme « donjon » est en réalité peu utilisé au
Moyen Âge ; on emploie plutôt les termes de tour
ou grande tour. Le terme le plus précis est celui
de tour-maîtresse.
Cette tour s’inscrit dans une fortification
composée d’une enceinte, aussi appelée
courtine (on évite le terme « rempart »).
Devant la tour-maîtresse, l’enceinte peut la
doubler : on parle alors de chemise, qui «
chemise » la tour. Ce principe peut s’appliquer à
d’autres éléments fortifiés.
Sur cette représentation, on observe également :
une tour en fer à cheval (appelée par certains chercheurs tour en U) ;
des tours rondes, plus classiques.
2. Les dispositifs défensifs
En avant de la fortification, on trouve un système de défense complexe comprenant
notamment :
une tête de pont, c’est-à-dire une fortification avancée ;
un fossé, élément fondamental de la fortification. Le fossé permet de séparer
deux espaces et peut être associé à un talus, formant une première ligne
défensive. Il n’existe pas de château sans fossé.
Le terme de douve existe bien au Moyen Âge, mais aujourd’hui il évoque surtout des
fossés en eau, qui étaient en réalité peu fréquents. La majorité des fossés médiévaux
sont secs.
3. Les tours et le flanquement
Les tours présentent deux formes principales :
la tour quadrangulaire (carrée), qui crée des angles morts ;
la tour ronde, qui théoriquement n’en crée pas.
Le flanquement désigne le principe consistant à ajouter des tours le long d’une courtine
afin de supprimer les angles morts et d’assurer une défense plus efficace. Ce principe
n’est pas propre au Moyen Âge ni à l’Occident.
Le commandement correspond à la domination verticale : le fait de défendre depuis
une position en hauteur, permettant de surveiller à la fois l’avant et le pied de l’enceinte.
Sur une même fortification, on peut trouver un flanquement circulaire et
quadrangulaire.
Les tours peuvent être :
en saillie, lorsque leur centre n’est pas aligné avec la courtine mais en débord à
l’extérieur, ce qui améliore le flanquement et réduit les angles morts (parfois
aussi pour des raisons esthétiques) ;
outrepassées ou semi-circulaires.
4. Le flanquement vertical et les défenses
sommitales
Il existe également un flanquement vertical,
destiné à supprimer l’angle mort situé au pied de
l’enceinte, zone difficile à défendre par le tir
horizontal.
Pour cela, on utilise les hourds :
structures en bois en saillie par rapport au
mur ;
équipées de trappes permettant de jeter des projectiles ou de tirer verticalement
;
protégeant les défenseurs grâce à des archères ou un crénelage.
Certains hourds sont amovibles et installés uniquement en temps de guerre. Ils sont
surtout présents aux XIe–XIIe siècles, avant d’être remplacés par des structures
maçonnées.
Les défenses sommitales en pierre sont les mâchicoulis, portés soit par des arcs, soit
par des consoles.
Comme les hourds, les mâchicoulis sont en principe linéaires et se développent sur
l’ensemble du sommet d’une tour ou d’une courtine. Lorsqu’ils sont limités à un espace
restreint, on parle de bretèche, généralement placée au-dessus d’une porte ou d’une
fenêtre, afin de protéger un point faible.
On trouve aussi les échauguettes, petites tours défensives comportant des ouvertures
de tir, souvent associées à l’usage des armes à poudre, dont l’intégration dans la
fortification commence au XVe siècle.
5. La porte, point faible du château
La porte est le point faible d’un château, car elle constitue par définition une ouverture
dans l’enceinte. Si la porte tombe, la fortification est perdue.
La forme la plus classique est le châtelet, une porte flanquée de deux tours, parfois
complétée par des fortifications avancées.
Les éléments associés à la porte sont :
la herse, généralement en bois ;
le pont-levis, assez tardif (pas d’exemples avant le XIIIe siècle), avec deux types
principaux :
o le pont-levis à flèche (contrepoids à l’arrière) ;
o le pont-levis à bascule (fosse arrière que le pont vient combler) ;
l’assommoir, ouverture quadrangulaire servant à jeter des projectiles sur
l’ennemi. On le distingue de la herse par la largeur du trou et l’absence de
rainures ;
la porte elle-même, avec ses vantaux, parfois seul système de fermeture.
On trouve également la poterne, porte secondaire, qui peut avoir :
une fonction pratique (accès au fossé pour l’entretien) ;
une fonction stratégique (fuite ou attaque par surprise).
6. Défenses passives et actives
Les défenses passives assurent la protection par leur seule présence (courtine,
vantaux, herse).
Les défenses actives nécessitent l’intervention de défenseurs (hourds,
mâchicoulis, archères).
7. Les archères
Les archères présentent une grande diversité morphologique.
En plan, on distingue trois grands types :
1. Archère simple : simple
ébrasement dans l’épaisseur
du mur.
2. Archère à niche : une niche
est aménagée pour permettre
à l’archer de se positionner.
3. Archère multiple : une niche
desservant plusieurs
archères orientées
différemment.
En élévation, on distingue :
le groupe A : archères avec
allège ;
le groupe B : archères sans allège.
Pour l’ouverture externe, les formes sont très variées :
simple (la plus courante) ;
à étrier (petite excroissance triangulaire basse) ;
à bêche ;
à croisillon (forme croix), demi-croisillon, croisillons multiples, demi-croisillons
détachés, etc.
8. Adaptation à l’artillerie à poudre
À la fin du Moyen Âge, avec l’arrivée de l’artillerie à poudre, les archères sont adaptées
en canonnières.
On observe une phase de transition avec des
archères-canonnières, utilisables à la fois pour
l’arc, l’arbalète et les armes à poudre. Elles
comportent souvent un percement plus large en
partie basse, soit conçu dès l’origine, soit issu d’un
réaménagement.
Dès la fin du Moyen Âge, des ouvertures
spécifiquement conçues pour les armes à poudre
apparaissent.
Château de Coudray-Salbart, important.
III. Caractéristiques de l’architecture « romane » militaire
La tour maîtresse (ou tour à contreforts) est l’un des éléments majeurs de
l’architecture militaire romane. Un exemple emblématique est la tour de Loches,
haute d’environ 30 mètres, véritable fortification monumentale. Longtemps
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