Effet des taux de protéines sur la croissance larvaire de Rhynchophorus phoenicis

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Fait par : NANGA UMBA Joseph
Directeur : Professeur Patrick MAFWILA KINKELA
Membres du comité d’encadrement : Professeur Gaëtan KALALA
BOLOKANGO et Professeur Alexandre TONA TONA
ANNÉE ACADÉMIQUE 2025 -2026
FACULTE DES SCIENCES AGRONOMIQUES ET ENVIRONNEMENT
DEPARTEMENT DE ZOOTECHNIE
BP. 117 KINSHASA XI
Effet de différents taux de protéines dans les régimes
formulés à base de substrats locaux sur la croissance
larvaire de Rhynchophorus phoenicis dans la ville de
Boma, Kongo Centrale, République Démocratique du
Congo
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INTRODUCTION
1. Problématique
La croissance démographique rapide observée dans les pays en développement,
notamment en Afrique subsaharienne, entraîne une augmentation significative des besoins
alimentaires, en particulier en protéines animales. Comme le soulignent Mbelo et al. (2025),
face à la malnutrition croissante en République Démocratique du Congo (RDC), il est impératif
d’explorer la faisabilité de l’élevage d’insectes comme source alternative de protéines.
Reynolds et al. (2022) ajoutent que l’insécurité alimentaire est un défi mondial de santé
publique, rendant nécessaire le recours à des suppléments nutritionnels environnementalement
responsables et économiquement rentables.
Dans ce contexte, les insectes comestibles constituent une option de plus en plus
reconnue. Ramos-Elorduy (2009) explique que l’entomophagie est une pratique étroitement liée
à la durabilité des systèmes alimentaires. Selon les travaux de Rumpold et Schlüter (2013), la
teneur en protéines et en énergie de certains insectes peut être comparée, voire dépasser, celle
de la viande classique. En RDC, cette consommation est profondément ancrée ; Ishara et al.
(2022) ont d’ailleurs inventorié une vaste biodiversité d’insectes comestibles, confirmant leur
rôle crucial dans la sécurité alimentaire locale.
Parmi ces insectes, le charançon du palmier (Rhynchophorus phoenicis) occupe une
place de choix. Monzenga (2015) précise que ses larves de dernier stade sont couramment
consommées et vendues sur les marchés africains à un prix relativement élevé, ce qui en fait un
produit de luxe. Sur le plan biologique, le développement larvaire s’effectue naturellement dans
les troncs de palmiers ou de raphias. Cependant, la récolte traditionnelle par abattage des arbres
menace l’équilibre écologique. Pour y remédier, Kabemba et al. (2024) soulignent que
l’optimisation des conditions de production est essentielle pour accroître la disponibilité et
diminuer le coût de ces larves.
L’un des facteurs clés du succès de l’élevage contrôlé (ex-situ) repose sur l’utilisation
de coproduits agricoles disponibles localement à bas prix. La littérature scientifique a identifié
plusieurs ingrédients prometteurs. Debrah et al. (2022) ont mis en évidence le potentiel du
manioc comme base énergétique viable. Par ailleurs, les travaux de Monzenga (2019) ont
démontré que l’incorporation de son de blé et de tourteau palmiste dans les diètes artificielles
permet d’obtenir des rendements intéressants. Ces observations sont complétées par Masika
(2023), qui confirme l’efficacité du son de blé pour optimiser la croissance larvaire. A Kikwit,
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Mbelo et al. (2025) ont également prouvé que la canne à sucre et le stipe de palmier favorisent
un développement optimal.
Malgré la forte demande sur les marchés de Boma, l’élevage contrôlé de Rhynchophorus
phoenicis n’y est pas encore pratiqué. La domestication de cette espèce se heurte à une
contrainte majeure : l’identification d’un substrat nutritif efficace, moins encombrant que le
stipe de palmier naturel et capable de maximiser la croissance larvaire. Le développement des
larves dépend étroitement de la qualité chimique du substrat, notamment de son équilibre entre
glucides et protéines. Si divers travaux ont montré la faisabilité de l'élevage sur des substrats
alternatifs, la détermination du taux de protéines optimal reste une zone d'ombre pour les
conditions environnementales spécifiques de la ville de Boma. L'utilisation de ressources
locales telles que le manioc, la canne à sucre, le tourteau palmiste et le son de blé offre une
opportunité de circularité économique, mais leur combinaison optimale reste à définir. De ce
qui précède, les questions de recherche suivantes sont formulées :
Un régime formulé à base de sous-produits locaux peut-il égaler ou surpasser le substrat
naturel (palmier) ?
Quel est le taux de protéines (10%, 15% ou 20%) qui optimise le gain de poids et réduit
la durée du cycle larvaire ?
2. Hypothèses
Pour répondre à ces préoccupations, les hypothèses suivantes sont avancées :
Hypothèse 1 : L'utilisation de gimes formulés à partir de manioc, canne à sucre,
tourteau palmiste et son de blé permettrait d'obtenir des performances de croissance
supérieures au substrat naturel grâce à une meilleure densité nutritionnelle.
Hypothèse 2 : Il existerait une relation dose-réponse entre le taux de protéines et la
croissance ; le régime à 20% de protéines induirait la croissance la plus rapide, dépassant
ainsi les performances du régime témoin (palmier).
3. Objectifs du travail
Objectif général : L'objectif global de cette étude est de contribuer à la mise au point d'un
système d'élevage productif et durable de Rhynchophorus phoenicis à Boma par l'optimisation
de son régime alimentaire.
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Objectifs spécifiques :
Formuler quatre régimes alimentaires expérimentaux (10%, 15%, 20% de protéines, et
un régime calqué sur le taux du palmier).
Évaluer les paramètres de croissance (poids moyen, longueur, taux de survie) des larves
sur chaque substrat.
Comparer l'efficacité de ces régimes par rapport au substrat naturel utilisé comme
témoin.
Identifier la formulation la plus rentable et la mieux adaptée au contexte socio-
économique de Boma.
4. Choix et intérêt du travail
Le choix de ce sujet est motivé par la disponibilité abondante des sous-produits agricoles
à Boma (manioc, canne à sucre, déchets de minoterie) et par l'absence totale de structures
d'entomoculture dans cette zone.
L'intérêt de l'étude est triple :
Scientifique : Ce travail apporte des données originales sur les besoins protéiques de R.
phoenicis à Boma, enrichissant ainsi la littérature sur l'entomoculture en RDC.
Environnemental : En proposant une alternative à la coupe des palmiers pour la récolte
des larves, cette recherche participe à la conservation de la biodiversité végétale.
Socio-économique : Elle vise à fournir aux populations de Boma une technique
d'élevage simple et peu coûteuse, favorisant l'autonomie protéique et la création de
revenus.
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CHAP II. MATERIELS ET METHODE
2.1. Milieu
2.1.1. Site expérimental
Notre essai sera réalisé au site Km8 de l’UKV, ville de Boma, province du Kongo
central, République Démocratique du Congo.
Les coordonnées géographiques du site expérimental enregistrées avec un GPS Garmin
indiquent : Une altitude de …… m, la latitude …….° ……….’ …………’’ et une longitude
est ……..° ……….……….’’.
2.1.2. Situation géographique
La ville de Boma est une des entités administratives de la République Démocratique
du Congo que l’on retrouve dans la province du Kongo central.
Elle est administrée par un Maire titulaire est un Maire adjoint et est délimitée comme suit :
Au nord : La province de Cabinda et le territoire de Lukula
Au sud : Par la République de l’Angola suivant le fleuve
A l’est : Par le territoire de Seke-Banza
A l’ouest : Par l’Océan atlantique.
2.1.3. Conditions climatiques
La ville de Boma jouit d’un climat de type AW5 selon la classification de Koppen, ce
qui correspond à un climat tropical humide caractérisé par deux grandes saisons : Une saison
pluvieuse de sept mois, et saison sèche de cinq mois. Ces deux grandes saisons sont contrastées
sur le plan des précipitations, température et insolation suite au courant marin de Benguela. La
saison pluvieuse se va de 15 octobre au 15 mai, et est intercalée d’une petite saison sèche
fluctuant entre fin décembre à février variable d’une année à l’autre.
Les précipitations moyennes annuelles dépassent rarement 1000 mm/an avec un maximum en
novembre, décembre puis mars, avril. Température moyenne annuelle varie de 24° à 26°
Celsius avec des maximas de l’ordre de 35° en saison pluvieuse, et peut descendre en dessous
de 20° en saison sèche (Crabbe, 1978)
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