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INTRODUCTION
1. Problématique
La croissance démographique rapide observée dans les pays en développement,
notamment en Afrique subsaharienne, entraîne une augmentation significative des besoins
alimentaires, en particulier en protéines animales. Comme le soulignent Mbelo et al. (2025),
face à la malnutrition croissante en République Démocratique du Congo (RDC), il est impératif
d’explorer la faisabilité de l’élevage d’insectes comme source alternative de protéines.
Reynolds et al. (2022) ajoutent que l’insécurité alimentaire est un défi mondial de santé
publique, rendant nécessaire le recours à des suppléments nutritionnels environnementalement
responsables et économiquement rentables.
Dans ce contexte, les insectes comestibles constituent une option de plus en plus
reconnue. Ramos-Elorduy (2009) explique que l’entomophagie est une pratique étroitement liée
à la durabilité des systèmes alimentaires. Selon les travaux de Rumpold et Schlüter (2013), la
teneur en protéines et en énergie de certains insectes peut être comparée, voire dépasser, celle
de la viande classique. En RDC, cette consommation est profondément ancrée ; Ishara et al.
(2022) ont d’ailleurs inventorié une vaste biodiversité d’insectes comestibles, confirmant leur
rôle crucial dans la sécurité alimentaire locale.
Parmi ces insectes, le charançon du palmier (Rhynchophorus phoenicis) occupe une
place de choix. Monzenga (2015) précise que ses larves de dernier stade sont couramment
consommées et vendues sur les marchés africains à un prix relativement élevé, ce qui en fait un
produit de luxe. Sur le plan biologique, le développement larvaire s’effectue naturellement dans
les troncs de palmiers ou de raphias. Cependant, la récolte traditionnelle par abattage des arbres
menace l’équilibre écologique. Pour y remédier, Kabemba et al. (2024) soulignent que
l’optimisation des conditions de production est essentielle pour accroître la disponibilité et
diminuer le coût de ces larves.
L’un des facteurs clés du succès de l’élevage contrôlé (ex-situ) repose sur l’utilisation
de coproduits agricoles disponibles localement à bas prix. La littérature scientifique a identifié
plusieurs ingrédients prometteurs. Debrah et al. (2022) ont mis en évidence le potentiel du
manioc comme base énergétique viable. Par ailleurs, les travaux de Monzenga (2019) ont
démontré que l’incorporation de son de blé et de tourteau palmiste dans les diètes artificielles
permet d’obtenir des rendements intéressants. Ces observations sont complétées par Masika
(2023), qui confirme l’efficacité du son de blé pour optimiser la croissance larvaire. A Kikwit,