Cours d'Héritage de l'Humanité: Crise Environnementale & Responsabilité

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Année académique 2024-
2025
Rigueur * Excellence * Lumière
COURS D’HÉRITAGE DE L’HUMANITÉ
LICENCE I
Docteur Gaston AKOULI OLENGOBA
UNIVERSITÉ DENIS SASSOU N’GUESSO
ECOLE DES MINES, DE L’HYDRAULIQUE
ET DE L’ENERGIE
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BIBLIOGRAPHIE
Descartes, Discours de la méthode, Paris, GF Flammarion, 2000, pp. 98-99.
Dubourdeau Ariane, Les grands textes fondateurs de l’écologie, Paris,
Flammarion, 2013.
Duchemin Éric, La gouvernance à l’épreuve des enjeux environnementaux et
des exigences démocratiques, Montréal, Editions Vertigo, 2011.
Dupuy Jean-Pierre, Pour un catastrophisme éclairé, Paris, Seuil, 2002.
Grange Julientte, Pour une philosophie de l’écologie, Paris, Pocket, 2012.
Hans Jonas, Le principe responsabilité, Paris, Flammarion, 1990 (1979).
Jean Marie Minyem, Descartes et le développement, Paris, L’Harmattan, 2011,
p.15.
Rousseau Jean-Jacques, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité
parmi les hommes, Paris, Librairie Générale Française, 2013.
PRESTON C. J., 1998, “Epistemology and intrinsic values: Norton and
Callicott’s critiques of Rolston”, in Environmental Ethics, 20, 4, 405-422.
LÉOPOLD A., 1995, Almanach d’un comité des sables, Paris, Aubier.
ARISTOTE, 2008, Métaphysique, présentation et traduction par Marie Paule D.
et Annick Jaulin, Paris, Flammarion.
HANS Jonas, 1990, Le principe responsabilité, Paris, Flammarion.
DEMOUGE G., 2002, Rousseau ou la révolution impossible, Paris,
L’Harmattan.
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INTRODUCTION
Certaines réalités ont une envergure planétaire et constituent, pour ainsi dire, des
héritages de l’humanité. Parmi ces biens communs du monde figure bien
l’environnement comme héritage naturel. L’environnement est l’une des réalités
qui rend d’énormes services à l’humanité. L’homme se doit de tolérer la nature,
et d’établir une véritable alliance avec l’environnement afin de suspendre le
cycle infernal des changements climatiques et de permettre à la nature d’assurer
à la fois son développement et celui de l’humanité. Telle est la vocation de ce
cours. La nature est l’un des héritages de l’humanité, car elle rend service à toute
l’humanité et subsiste dans le temps et dans l’espace, de génération en
génération. L’ampleur mondiale et l’intemporalité sont deux critères qui rendent
compte de la nature, en tant qu’héritage de l’humanité qui se doit être protégée,
exploitée avec toute modération possible afin de suspendre le cycle infernal du
dérèglement climat sur terre.
I. HÉRITAGE DE L’HUMANITÉ
1. La définition
Un héritage de l’humanité peut s’entendre comme un bien naturel, moral,
culturel, spirituel, artistique, politique, etc., dont l’ampleur et le salut traversent
les temps, les espaces et les sociétés, pour revêtir un statut universel. Il s’agit
d’une réalité qui intègre l’ensemble de l’humanité et qui se transmet de
génération en génération.
En clair, un héritage de l’humanité est un bien commun de l’humanité qui se
transmet de génération en génération. Il s’agit d’une réalité spirituelle, morale,
naturelle, culturelle, etc. qui touche l’ensemble du genre humain et qui traverse
les temps. L’ampleur mondiale et l’intemporalité sont alors des caractéristiques
qui portent la profondeur de la notion d’héritage de l’humanité. C’est dire que
pour qu’un héritage (un patrimoine qui est transmis comme par succession) soit
dit de l’humanité, il faudrait qu’il opère dans l’ensemble du cosmos humain.
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L’héritage de l’humanité n’est donc pas à confondre avec l’héritage sans
épithète, du fait de son envergure et de sa posture mondiale.
2. L’environnement comme héritage naturel de l’humanité : de la crise
environnementale à la révolution verte
La planète est aujourd’hui le théâtre d’une crise environnementale qui inquiète
les consciences et préoccupe tout le cosmos humain. Celle-ci se manifeste au
travers des catastrophes naturelles et de la relativité des traditions
météorologiques. Ces phénomènes ne sauraient plonger leurs racines dans une
fatalité divine ou naturelle. Il s’agit plutôt des ondes de choc des attitudes et des
pratiques du progrès technoscientifique. C’est l’homme qui est au ur de la
souffrance de la nature, et qui se devrait d’y apporter des réponses adéquates.
C’est dans cet esprit que se situe la naissance et la pleine justification de
l’éthique de l’environnement. Il s’agit d’une volonté de refonder le
comportement humain à l’égard de la nature et de fonder une culture de la
reconnaissance de la nature (biocentrisme), de l’union de la communauté
biotique (écocentrisme) et de la consécration des valeurs environnementales
dans une attitude pratique (pragmatisme). Mais l’expérience prouve, sans
conteste, la relativité de toutes ces doctrines face à la crise environnementale.
Ainsi, l’idée d’une nouvelle civilisation de l’éthique de l’environnement
s’impose avec acuité. Tel est le destin du concept paradigmatique de
qualitativisme qui porte la singularité et la vocation de cette réflexion. Le
qualitativisme est une rencontre éthique des qualités morales et des valeurs
environnementales en vue de l’émergence d’un monde paisible, c’est-à-dire un
univers où l’homme conjugue bien les ambitions du progrès et la question
environnementale, où le souci de la nature passe avant l’idéal du progrès, la
nature est une fin en soi et non un simple moyen, etc. Par conséquent, ce travail
se propose de réaliser une révolution verte qui met en perspective une nouvelle
civilisation environnementale à même de garantir le salut de la nature et le
mythe du développement humain.
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2.1. La crise environnementale et la responsabilité humaine
2.1.1. La crise environnementale
La nature est aujourd’hui en proie à une énorme crise caractérisée par de
tragiques catastrophes naturelles, notamment des érosions récurrentes, des
inondations dévastatrices, des tsunamis de grande fureur, des canicules
asphyxiantes, des sécheresses très austères, des séismes sinistres, des éruptions
volcaniques, des ouragans effrayants, des crues marines inquiétantes, des pluies
torrentielles, des soleils accablants, des effondrements impromptus des bâtis, des
changements climatiques , etc., et l’érosion de la biodiversité au travers de
l’éclipse de certaines espèces animales et gétales. Cette crise étrangle
l’humanité et endeuille des familles, des peuples, des nations et des continents.
Il s’agit d’une véritable tragédie du temps présent, qui infernalise l’ici-bas.
La question environnementale devient de plus en plus préoccupante, suscitant
ainsi un engagement collectif à l’échelle planétaire. C’est tout le sens de
l’organisation de plusieurs messes autour de la question de la préservation et de
la conservation de la nature. Les annales de l’histoire en retiennent une série
d’accords à l’issue des Conférences de parties : Cop 1, Cop 2, cop 3, Cop 27,
etc. Ces initiatives au destin relatif sont aujourd’hui mises à rude épreuve par
l’ampleur de la question et la relativité de la nature humaine. Elles semblent se
mettre à l’oeuvre de la thérapie d’un mal sans en chercher d’emblée la cause, ou
plutôt sans insister assez sur la nature de l’agent pathogène. Ainsi, cette
réflexion se propose de partir de ce pied de la responsabilité pour en proposer
une pharmacopée éthique. L’on ne peut avoir un effet sans cause. D’où vient la
crise environnementale ? Qui en est le responsable ? Pour répondre à cette
question, il convient de faire une phénoménologie des hypothèses et une histoire
de la prise de conscience.
2.1.2. La responsabilité humaine
Il se trouve que l’homme justifie son existence sur terre et le cours des
événements qui structurent le destin de l’humanité par une chaine de causalités
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