Analyses Urgentes en Biologie Clinique - Guide Pratique

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UNIVERSITE DE KINSHASA
Faculté de Médecine
Cliniques Universitaires de Kinshasa
Département de Biologie Médicale
Service de Biologie Clinique
ANALYSES URGENTES EN BIOLOGIE CLINIQUE
Par
Prof. Dr KAYEMBE NZONGOLA-NKASU
Edition DSPA
( Documentation Scientifique, Pédagogique et Académique )
Service de Biologie Clinique
2007
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S O M M A I R E
AVERTISSEMENT …………………………………………………… …………….. 0
I. DESEQUILIBRES METABOLIQUES …………………………………………… 1
1. Glycémie …………………………………………………………………. 1
2. Urée ………………………………………………………………………. 3
3. Bilirubine ………………………………………………………………… 4
4. Créatininémie …………………………………………………………… 6
II. SIGNES DE DILUTION SANGUINE …………………………………………….. 7
1. Hémoglobine …………………………………………………………… 7
2. Hématocrite …………………………………………………………….. 8
3. Protéinémie …………………………………………………………….. 9
III. IONOGRAMME ET RESERVE ALCALINE …………………………………….. 10
1. Généralités …………………………………………………………….. 10
2. Méthode de détermination des cations (Na+, K+, Ca++) …………… 11
Sodium ………………………………………………………….. 12
Potassium ………………………………………………………. 13
Calcium …………………………………………………………. 14
3. Méthode de détermination des chlorures ………………………….. 15
4. Bicarbonate : HCO-3 …………………………………………………… 16
IV. ATTEINTE CELLULAIRE ……………………………………………………….. 19
A. Transaminases ………………………………………………… 20
B. Amylases ………………………………………………………. 22
V. COAGULATION …………………………………………………………………. 23
1. Temps de saignement (T.S.) …………………………………………. 23
2. Temps de coagulation (T.C.) …………………………………………. 24
3. Temps de Howell ………………………………………………………. 25
4. Taux de prothrombine ou Temps de Quick …………………………. 26
5. Fibrinogène ……………………………………………………………... 28
VI. LIQUIDE CEPHALO-RACHIDIEN (L.C.R.) ……………………………….. 28
1. Cytologie ……………………………………………………………… 28
2. Glycorachie …………………………………………………………… 30
3. Chlorures ……………………………………………………………… 31
4. Protéines ……………………………………………………………… 31
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Avertissement
Notre souci primordial, en rédigeant ces notes, est d’apporter aux médecins
traitants et aux Biologistes Cliniciens les renseignements strictement nécessaires
d’application urgente ; c’est ainsi que la liste d’analyses que nous proposons est
forcément réduite ; telle quelle, elle est le fait d’expérience et d’une étroite
collaboration avec les services cliniques.
On nous permettra d’insister tout particulièrement sur le fait que l’intérêt réel
d’une analyse urgente est de fournir aux médecins traitants, dans un délai aussi
bref que possible, une donnée indispensable au diagnostic et au traitement
adéquat d’un état pathologique grave. Toutefois, cela dépend autant du
discernement de celui qui sollicite l’analyse que de le la qualité du prélèvement.
Des demandes superflues, des prélèvements trop nombreux, trop répétés
ou incorrects ; effectués dans un but de couvrir ses activités ou de réparer un oubli,
sont susceptibles d’entraîner l’inefficacité pratique du système d’urgence. Il y va de
l’intérêt même des malades qui risquent de porter un gros poids financier non
justifié par leur état de santé.
Nous remercions toutes les personnes qui nous ont aidé à la réalisation de
cette brochure, et plus spécialement le Docteur DE NOYETTE J.P. et le Professeur
DEPLAEN, J.L. qui, par leurs critiques, ont rendu la présentation des textes aussi
claire que possible dans sa première version de 1972.
Etant donné que certaines méthodes ont subi des modifications, il était
devenu indispensable d’y adapter la présente édition. Ceci a été aisément alisé
avec la collaboration précieuse des médecins spécialistes du Service de Biologie
Clinique et plus spécialement du Chef de Travaux, le Dr MUWONGA MASIDI.
Qu’ils en soient eux aussi remerciés.
Prof. Dr KAYEMBE NZONGOLA-NKASU,
Département de Biologie Médicale
Service de Biologie Clinique
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I. Déséquilibres métaboliques
1. Glycémie
a) Méthode
Pour le dosage de la glycémie, plusieurs méthodes sont possibles : les méthodes
réductimétriques, les méthodes furfuraliques et les méthodes enzymatiques ; ces
dernières étant les plus spécifiques. Nous utilisons la méthode enzymatique au
glucose oxydase. Le glucose contenu dans l’échantillon sanguin est oxypar le
glucose-oxydase en acide gluconique avec production de peroxyde d’hydrogène.
Celui-ci, en présence de 4-aminophénazone, suite à l’action catalytique du phénol
et de la peroxydase, est transformé en quinonéimine rouge, dont la densité de la
coloration est proportionnelle à la quantité initiale de glucose.
Glucose oxydase
Glucose + O2 + H2O Acide gluconique + H2O2
Peroxydase
2H2O2 + phénol + 4 aminophénazone Quinonéimine + 4 H2O
(chromogène) (chromogène oxydé)
Pour mémoire, nous rappelons ci-dessous les principes des deux méthodes
réductimétriques, susceptibles d’être valablement utilisées, à défaut de disposer
les kits commerciaux enzymatiques de conservation difficile en l’absence d’une
chaîne de froid.
Méthode au ferricyanure de potassium : le ferricyanure de potassium (jaune) est
réduit par les oses (glucose…) en milieu alcalin, à l’état de ferrocyanure
(incolore).
On mesure la diminution de l’intensité de la coloration du ferricyanure jaune
réduit en ferrocyanure incolore par le glucose
2 Fe(N)6 H3 + H2O --------> 2 Fe(CN)6 H4 + ½ O2
Ferricyanure Ferrocyanure
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Méthode aux ions cuivreux : l’ion cuivrique est oxydé en ion cuivreux par
le glucose. En présence d’un acide phosphomolybdique, soit
d’arsénomolybdique, un complexe coloré est produit et est mesuré
photométriquement.
b) Prélèvement
Environ 2 ml sang sur oxalate de potassium et fluorure de sodium ; le fluorure sert
à inhiber la glycolyse.
Le laboratoire fournit les tubes ad’hoc contenant le mélange anticoagulant à l’état
sec.
Prélever environ 2 ml de sang.
Le prélèvement peut s’effectuer sur place au laboratoire, au doigt. Ce dernier mode
de prélèvement est réservé aux cas spéciaux ; par exemple : hyperglycémie
provoquée, contrôle répété en cas de diabète très difficile à équilibrer.
N.B. : La valeur trouvée sur le sang total est différente de la valeur plasmatique
car les globules rouges contiennent peu de glucose. La glycémie
plasmatique en mmol/L = glycémie sur sang total x 1,15 + 0,3.
c) Causes d’erreurs
- Mauvais prélèvement : plus de 2 ml de sang, mélange insuffisant avec la
poudre anticoagulante ; dans ce cas, le sang peut coaguler ;
- Prélèvement avec seringue souillée de solution glucosée ;
- Perfusion de glucose ou de mannitol pendant la prise de sang ;
- Perfusion de liquides divers, il y aura diminution artificielle de la glycémie ;
- Hyperglycémie post-prandiale ;
- Médicaments réducteurs divers : salicylées, sulfamidés, vitamine C, etc.
- Conservation prolongée d’un échantillon de sang prélevé en l’absence d’un
agent antiglycolytique ;
N.B. : L’hyperglycémie post-prandiale qui apparaît dans l’heure qui suit un
repas, même copieux, ne doit pas dépasser 6,5 mmol/L, soit 1,17 g/L ou
117 mg/dl dans une situation normale.
d) Expression des résultats : mg % ou mmol/L de glucose.
e) Valeurs normales : 60 à 110 mg/dl, soit 3,33 à 6,10 mmol/L.
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