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L'histoire du Maroc au XXème siècle a été profondément marquée par la présence
française qui y instaura un protectorat de 1912 à 1956. Ce mémoire se concentre
particulièrement sur la politique scolaire mise en place par la France durant cette période.
Le choix de ce sujet relève à la fois de raisons personnelles et professionnelles. Il est un
hommage à l’histoire de ma famille et une analyse historique du contexte professionnel dans
lequel j’évolue dans ce pays que j’affectionne et où je vis, le Maroc.
Abandonnant leur Andalousie natale à la recherche d’une vie meilleure, mes arrière-grands-
parents traversèrent le détroit de Gibraltar et s’installèrent à Tanger où naquirent mes grands-
parents ainsi que ma mère. Après l’indépendance du Maroc, ils quittèrent à leur tour ce pays
pour une nouvelle vie en France. Mon enfance a ainsi été bercée par les récits de ma grand-
mère, qui toute sa vie resta mélancolique de Tanger, et de mon grand-père, chauffeur routier
qui parcourut de long en large ce Maroc qu’il aimait tant. Ce mémoire leur est dédié. Quelques
années plus tard, la boucle se referme. Aujourd’hui, mes enfants sont franco-marocains, et nous
vivons depuis deux ans au Maroc, à El Jadida. Grâce à mes recherches pour ce mémoire, je suis
fière de pouvoir leur raconter l’histoire commune à leurs deux pays.
En préparant ce master MEEF, mon objectif est de travailler en tant que professeur des écoles
dans un Lycée Français International du réseau OSUI MLF au Maroc. Il m’a donc paru
important de m’intéresser aux origines de ce système scolaire, devenu aujourd’hui un symbole
d’excellence dans le Royaume.
En début d’année, j’ai hésité à choisir ce sujet, pensant que cela pouvait ne pas intéresser des
élèves de cycle 3. Dans le cadre de mon stage au Lycée Français International Jean Charcot,
j’ai eu la chance grâce à mon tuteur M. Amerhoun que je remercie, de concevoir et mener des
séances d’histoire dans sa classe de CM2. La majorité des élèves fréquentant l’établissement
sont Marocains. Le programme d’histoire étant en général très franco-centré, j’ai pensé qu’il
serait intéressant de proposer une séance faisant le lien entre les deux pays. Cette application
didactique pourrait aussi être pertinente dans le cas d’un enseignement en France. Elle pourrait
être appréciée, entre autres, par des enfants issus de familles d’origine nord-africaine, qui
pourraient éventuellement interroger des membres de leur famille ayant peut-être vécu la fin de
cette période.