Autoanticorps antinucléaires : cibles et méthodes

Telechargé par imanoush10
90-30-0069-A
Autoanticorps
antinucléaires
:
cibles
antigéniques
et
méthodes
d’identification
M.
Fusaro,
L.
Musset
La
recherche
d’anticorps
antinucléaires
est
un
examen
prescrit
par
le
médecin
généraliste
ou
le
spécialiste
en
cas
de
suspicion
de
maladie
auto-immune,
principalement
de
connectivite
(ou
maladies
auto-immunes
systémiques).
Ces
anticorps
sont
une
aide
au
diagnostic,
mais
leur
présence
est
décrite
dans
de
nom-
breuses
autres
pathologies
non
auto-immunes
et
parfois
chez
les
sujets
sains.
La
détection
des
anticorps
antinucléaires
est
un
test
de
dépistage
(le
plus
souvent
réalisé
par
immunofluorescence
indirecte)
et
en
cas
de
positivité,
il
doit
être
complété
par
des
tests
d’identification.
Les
cibles
des
anticorps
antinucléaires
regroupent
de
nombreuses
structures
antigéniques
localisées
non
seulement
dans
le
noyau
des
cellules,
mais
également
dans
le
cytoplasme,
au
niveau
des
membranes
ou
de
structures
transitoires
liées
au
cycle
cellulaire.
Les
aspects
de
fluorescence
ne
sont
qu’indicatifs,
mais
ils
permettent
d’orienter
le
choix
des
tests
secondaires
d’identification.
Les
résultats
fournis
par
le
biologiste
doivent
être
confrontés
au
contexte
clinique
ayant
justifié
la
prescription
des
anticorps
antinucléaires
et
interprétés
en
fonction
des
techniques
utilisées,
de
leurs
unités
de
mesure,
et
leur
seuil
de
positivité,
car
il
s’agit
de
tests
pour
lesquels
il
n’y
a
pas
ou
peu
de
standardisation.
©
2016
Elsevier
Masson
SAS.
Tous
droits
réservés.
Mots-clés
:
Anticorps
antinucléaires
(AAN)
;
Anti-ADN
natif
;
Antigènes
nucléaires
solubles
(ENA)
;
Connecti-
vite
;
Ribonucléoprotéines
(RNP)
Plan
Introduction
1
Quelles
sont
les
principales
structures
reconnues
par
les
anticorps
antinucléaires
?
2
Principales
structures
reconnues
au
niveau
du
noyau
2
Principales
structures
reconnues
au
niveau
du
cytoplasme
3
Autres
structures
reconnues
par
les
anticorps
antinucléaires
3
Quelles
sont
les
principales
techniques
utilisées
au
laboratoire
pour
l’identification
des
anticorps
antinucléaires
?
3
Tests
unitaires
4
Tests
multiplexes
4
Revue
et
valeur
diagnostique
des
principaux
anticorps
antinucléaires
4
Acide
désoxyribonucléique
et
dérivés
(histones,
nucléosome)
4
Sm/RNP
5
SS-A/Ro
et
SS-B/La
5
Scl70
5
Centromères
5
PM-Scl
5
Jo1
5
«
Proliferating
cell
nuclear
antigen
»
6
Ku
6
Ribosome
P
6
«
Dense
fine
speckles
»
(DFS70)
6
Autres
anticorps
pouvant
être
recherchés
en
fonction
du
contexte
clinique
et/ou
l’aspect
des
antinucléaires
en
immunofluorescence
indirecte
6
Autres
anticorps
associés
à
la
sclérodermie
6
Anticorps
des
myosites
6
Anticorps
des
maladies
auto-immunes
hépatiques
7
Conclusion
7
Introduction
Les
anticorps
antinucléaires
(AAN)
sont
des
autoanticorps
diri-
gés
contre
divers
constituants
de
nos
cellules.
Le
terme
d’AAN
englobe
des
anticorps
dirigés
non
seulement
contre
des
cibles
antigéniques
localisées
dans
le
noyau
des
cellules,
mais
plus
lar-
gement
contre
toute
structure
antigénique
qu’elle
soit
nucléaire,
cytoplasmique
ou
membranaire.
La
recherche
de
ces
anticorps
est
prescrite
en
cas
de
sus-
picion
de
maladie
auto-immune,
notamment
de
connectivite.
Au
laboratoire,
la
démarche
diagnostique
se
fait
habituellement
en
deux
étapes
:
une
recherche
des
AAN
puis,
en
cas
de
posi-
tivité,
une
identification
de
ces
anticorps.
Quelques
situations
cliniques
évocatrices
justifient
parfois
une
identification,
même
si
la
recherche
des
AAN
est
négative,
voire
une
identification
d’emblée
d’anticorps
spécifiques.
Pour
le
clinicien,
il
est
important
de
connaître
la
ou
les
techniques
mises
en
œuvre
de
fac¸on
à
inter-
préter
au
mieux
les
résultats
(en
fonction
des
cibles
antigéniques
EMC
-
Biologie
médicale 1
Volume
11
>
n3
>
juillet
2016
http://dx.doi.org/10.1016/S2211-9698(16)71532-9
Téléchargé pour Aboubakr BELBEY ([email protected]) à Centre for Research On Scientific and Technical Information à partir de ClinicalKey.fr par
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90-30-0069-A Autoanticorps
antinucléaires
:
cibles
antigéniques
et
méthodes
d’identification
Tableau
1.
Principales
cibles
des
anticorps
antinucléaires
recherchés
en
pratique
courante.
Antigène
Rôle
Localisation
Fluorescence
associée
Contexte
clinique
le
plus
fréquent a
Sm
Épissage,
transport
des
ARNm
Nucléoplasme
Aspect
finement
moucheté
épargnant
le
nucléole
LES
U1-RNP
Syndrome
de
Sharp
(ou
LES,
PR,
sclérodermie)
SSA/Ro60
Régulation
de
la
traduction
des
ARNm
Nucléaire
et
cytoplasmique
Moucheté
finement
granulaire
(aspect
caractéristique
«SSA
»
sur
cellules
HEp-2000TM)
SGS
primaire
(prévalence
plus
importante)
ou
secondaire,
LES,
lupus
néonatal
SSB/La
Maturation
ARN
transcrits
par
ARN
polymérase
III
Nucléaire
parfois
cytoplasmique
Scl-70
Topo-isomérase
I
:
relaxation
de
l’ADN
Nucléaire
et
cytoplasmique
Homogène,
nucléoles
cerclés
avec
cytoplasme
ponctué
Sclérodermie
systémique
Jo1
Histidyltransférase
:
fixation
de
l’histidine
sur
son
ARNt
Cytoplasmique
Cytoplasme
ponctué
avec
renforcement
périnucléaire
Myosites
(syndrome
des
antisynthétases)
CENP-B
Protéines
constituantes
du
kinétochore
Nucléaire
Moucheté
(environ
46
points),
grains
réguliers
alignés
en
métaphase
Syndrome
CREST
Ribosome
P
Traduction
des
ARNm
en
protéines
Cytoplasmique
±
nucléolaire
Cytoplasme
diffus
LES
PCNA
Protéine
auxiliaire
de
l’ADN
polymérase
Nucléaire
Moucheté
hétérogène,
parfois
marquage
ponctué
des
nucléoles
LES
Ku
Kinase
agissant
lors
de
la
transcription,
la
réplication
et
la
réparation
de
l’ADN
Nucléaire
Homogène
Syndrome
de
chevauchement
PM/sclérodermie
LES
Pm/Scl
Rôle
probable
dans
la
synthèse
des
ribosomes
Nucléole
Aspect
homogène
des
nucléoles
Syndrome
de
chevauchement
PM/sclérodermie
LES
:
lupus
érythémateux
systémique
;
SGS
:
syndrome
de
Gougerot-Sjögren
;
PM
:
polymyosite
;
PR
:
polyarthrite
rhumatoïde
;
ARNm
:
acide
ribonucléique
messager
;
ARNt
:
ARN
de
transfert
;
ADN
:
acide
désoxyribonucléique
;
CREST
:
calcinose,
phénomène
de
Raynaud,
trouble
de
la
motilité
œsophagienne,
sclérodactylie
et
télangiectasie.
aCes
anticorps
ne
sont
pas
spécifiques
d’une
pathologie.
Il
n’est
rapporté
dans
ce
tableau
que
le
ou
les
principaux
contextes
cliniques
dans
lesquels
ces
anticorps
sont
observés.
ayant
été
recherchées,
des
seuils
de
positivité
de
chaque
tech-
nique)
et
de
pouvoir
confronter
ces
résultats
à
ceux
obtenus
lors
de
bilans
antérieurs.
Pour
le
biologiste,
il
est
important
de
connaître
les
différentes
cibles
des
AAN,
afin
d’adopter
une
démarche
diag-
nostique
rationnelle
pour
leur
identification.
Le
biologiste
peut
orienter
ses
recherches
en
fonction
de
ses
premières
observations
(aspect
de
la
fluorescence
des
AAN,
de
leur
titre
par
exemple)
et
en
fonction
du
contexte
clinique
ayant
justifié
la
prescription
des
AAN.
Cet
article
est
consacré
aux
principaux
AAN
observés
en
pra-
tique
courante
et
aux
tests
disponibles
pour
leur
identification.
Quelles
sont
les
principales
structures
reconnues
par
les
anticorps
antinucléaires
?
Les
AAN
regroupent
des
anticorps
reconnaissant
des
structures
exclusivement
nucléaires
mais
aussi
des
structures
cytoplas-
miques,
membranaires
(au
niveau
du
noyau
ou
d’organites
comme
les
mitochondries)
ou
de
structures
transitoires
liées
au
cycle
cellulaire
comme
le
fuseau
mitotique
par
exemple
(Tableau
1).
Le
terme
d’anti-«
nucléaire
»
est
devenu
trop
res-
trictif
dans
son
appellation,
et
pourrait
être
remplacé
par
anti-«
cellulaire
»,
mais
cette
dénomination
n’a
pas
été
retenue
par
les
différentes
sociétés
savantes
et
leurs
groupes
de
tra-
vail
pour
l’harmonisation
et
la
standardisation
des
pratiques
en
auto-immunité [1].
De
la
même
fac¸on,
les
termes
génériques
«
anti-antigènes
nucléaires
solubles
»
ou
extractable
nuclear
anti-
gen
(ENA)
ou
«
extrait
de
cellules
thymiques
»
(ECT)
ou
extractable
calf
thymus
sont
inappropriés
en
pratique
courante,
mais
toujours
d’usage.
Il
faut
savoir
que
le
terme
d’antigènes
nucléaires
solubles
fait
référence
à
des
antigènes
qui
ne
sont
pas
tous
localisés
dans
le
noyau,
certains
sont
nucléaires
et
cytoplasmiques
(SS-A),
d’autres
exclusivement
cytoplasmiques
(Jo1).
Ce
terme
fait
également
référence
à
des
antigènes
«
solubles
»
car
initialement,
les
pré-
parations
antigéniques
obtenues
à
partir
de
broyat
de
cellules
thymiques
ou
de
rate
permettaient
de
séparer
des
antigènes
solubles
dans
un
tampon
salin
(SS-A,
SS-B,
Sm,
U1-
ribonucleo-
protein
[RNP]
par
exemple)
et
des
antigènes
non
solubles
dans
ces
mêmes
tampons
(acide
désoxyribonucléique
[ADN]
natif
ou
chromatine).
Cette
notion
n’a
plus
lieu
d’être
dans
la
mesure
les
préparations
antigéniques
utilisées
pour
identifier
les
AAN
correspondent
à
des
protéines
purifiées
ou
recombinantes.
Toute-
fois
cette
terminologie
est
toujours
d’usage,
et
le
terme
d’ENA
est
utilisé
dans
cet
article.
Principales
structures
reconnues
au
niveau
du
noyau
Membrane
nucléaire
Cette
membrane
est
constituée
de
deux
feuillets
en
continuité
avec
le
réticulum
endoplasmique
granuleux.
Par
endroit,
ces
deux
feuillets
fusionnent
pour
délimiter
des
pores
dans
cette
membrane
nucléaire
et
assurer
la
continuité
entre
le
nucléoplasme
et
le
cyto-
plasme
de
la
cellule.
Deux
catégories
de
cibles
antigéniques
sont
particulièrement
impliquées
dans
la
recherche
en
pratique
cou-
rante
des
AAN
:
ce
sont
les
anticorps
anti-gp210,
glycoprotéine
de
210
kDa
localisée
au
niveau
des
pores
nucléaires
et
les
anticorps
antilamines
(lamines
A,
B,
C
situés
au
niveau
du
feuillet
interne
de
la
membrane
nucléaire).
Chromatine
Elle
correspond
à
l’ADN
natif
double
brin
et
aux
protéines
qui
lui
sont
associées
(histones
et
non-histones).
In
vivo,
l’ADN
s’enroule
autour
de
quatre
paires
d’histones
(H2A,
H2B,
H3
et
H4)
pour
former
une
sorte
de
perle,
l’ensemble
étant
stabilisé
par
l’histone
H1
et
appelé
nucléosome.
Ces
nucléosomes
sont
liés
entre
eux
par
de
l’ADN
natif
et
chaque
constituant
(ADN,
histones,
nucléosomes)
peut
être
la
cible
d’autoanticorps [2,
3].
Les
2EMC
-
Biologie
médicale
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Autoanticorps
antinucléaires
:
cibles
antigéniques
et
méthodes
d’identification 90-30-0069-A
Antinucléaire (AAN)
Immunofluorescence indirecte (HEp2)
Négatif
(< 1/160)
Si clinique
évocatrice
Négatif
Arrêt des
investigations Positif
Dépistage des ENA
– Elisa
– ou autre test
utilisant un mélange
d’antigènes connus
Identification des ENA
– Elisa
– Immunodot
– Multiplex™
– …
Soit
Soit
Positif *
( 1/160e)
(quel que soit l’aspect)
Figure
1.
Arbre
décisionnel.
Stratégie
diagnostique
pour
la
recherche
et
l’identification
des
anticorps
antinucléaires
(AAN).
La
positivité
des
AAN
(
1/160)
nécessite
l’identification
de
ces
autoanticorps.
Astérisque
:
la
recherche
des
anticorps
anti-
antigènes
nucléaires
solubles
(ENA)
n’exclut
pas
la
recherche
également
des
anti-acides
désoxyribonucléiques
(ADN)
natifs.
En
l’absence
de
fluorescence,
le
clinicien
peut
toutefois
pres-
crire
la
recherche
spécifique
de
certains
anticorps
difficiles
à
repérer
parfois
en
immunofluorescence
indirecte
et
ce
si
le
contexte
clinique
le
justifie.
Ce
sont
en
particulier
les
anticorps
anti-SS-A
et
anti-Jo1.
Elisa
:
enzyme-linked
immunosorbent
assay.
protéines
du
centromère
(site
d’attache
des
chromatides
entre
elles)
ou
du
kinétochore
(site
de
fixation
des
chromatides
aux
fibres
du
fuseau
mitotique,
avant
leur
séparation
et
migration
vers
les
deux
pôles
de
la
cellule)
sont
également
la
cible
d’une
réponse
autoanticorps
vis-à-vis
de
différentes
protéines
dont
les
plus
couramment
recherchées
sont
appelées
CENP-A,
CENP-B
et
CENP-C.
Nucléole
Un
à
cinq
nucléoles
sont
visibles
par
cellule.
C’est
une
structure
très
riche
en
acide
ribonucléique
(ARN)
et
qui
est
le
lieu
de
syn-
thèse
des
ribosomes.
Cette
synthèse
est
régulée
par
de
nombreuses
enzymes
et
protéines,
pouvant
toutes
être
la
cible
d’autoanticorps
(ARN
polymérase
I,
topo-isomérase,
fibrillarine,
nucléoplasmine
par
exemple).
Nucléoplasme
Il
correspond
à
la
fraction
soluble
du
noyau
contenant
la
chro-
matine
et
divers
ARN
de
faible
masse
moléculaire
et
riches
en
uridine.
Pour
cette
raison,
ils
sont
appelés
small
nuclear
RNA
(snRNA)
et
numérotés
de
1
à
10
avec
le
préfixe
U
pour
uridine.
À
ces
structures
sont
associées
d’autres
protéines
pour
former
des
complexes
ribonucléoprotéiques
dont
les
plus
fréquemment
iden-
tifiés
sont
les
antigènes
Sm
et
U1-RNP.
Matrice
protéique
Il
s’agit
d’un
réseau
de
constituants
granulofibreux
localisés
à
l’intérieur
du
noyau,
jouant
le
rôle
de
«
nucléosquelette
»
et
impli-
qué
dans
l’organisation
spatiale
de
l’ADN,
sa
réplication
et
sa
transcription.
Principales
structures
reconnues
au
niveau
du
cytoplasme
C’est
un
nombre
considérable
de
structures
antigéniques
pou-
vant
potentiellement
être
la
cible
d’autoanticorps [4].
Dans
le
cytoplasme
se
trouvent
divers
organites
tels
que
mitochondries,
ribosomes,
lysosomes,
réticulum
endoplasmique,
appareil
de
Golgi,
mais
aussi
de
nombreuses
protéines
à
activité
enzymatique
ou
non,
liées
ou
non
à
de
l’ARN
pour
former
des
RNP
appelées
human
cytoplasmique
ribonucleoprotein
(hYRNP).
Certaines
struc-
tures
cytoplasmiques
sont
issues
du
noyau
comme
les
ARN
de
transfert
(ARNt)
et
les
enzymes
qui
leur
sont
associées
(synthé-
tases).
L’histidyl-ARNt
synthétase
ou
Jo1
est
la
plus
connue
et
recherchée.
Dans
le
cytoplasme
se
trouvent
également
divers
constituants
du
cytosquelette
de
la
cellule
(actine,
vimentine,
tubuline,
cytokératines,
etc.).
Autres
structures
reconnues
par
les
anticorps
antinucléaires
De
nombreuses
structures
sont
liées
au
cycle
cellulaire
et
ne
deviennent
décelables
qu’au
cours
de
la
mitose.
C’est
le
cas
par
exemple
du
proliferating
cell
nuclear
antigen
(PCNA),
qui
est
un
antigène
dont
l’expression
est
corrélée
à
la
synthèse
d’ADN
;
il
est
identifié
comme
une
protéine
auxiliaire
de
l’ADN
polymérase
delta.
D’autres
sont
liées
à
l’appareil
mitotique,
principalement
constitué
de
trois
structures
:
les
centrioles,
les
centromères
et
le
fuseau
mitotique.
Parmi
les
antigènes
liés
au
fuseau
mitotique,
les
plus
représentés
sont
les
nuclear
mitotic
apparatus
(NUMA),
d’autres
sont
liés
à
la
formation
de
la
plaque
équatoriale
tels
que
les
centromères
et
les
mitotic
spindle
antigen
(MSA).
À
noter
que
dès
la
prophase,
la
membrane
nucléaire
disparaît,
pour
ne
se
recons-
tituer
qu’en
fin
de
télophase.
Quelles
sont
les
principales
techniques
utilisées
au
laboratoire
pour
l’identification
des
anticorps
antinucléaires
?
Au
laboratoire,
la
démarche
diagnostique
se
fait
généralement
en
deux
étapes
:
une
recherche
des
AAN
puis,
en
cas
de
posi-
tivité,
une
identification
de
ces
anticorps.
Un
arbre
décisionnel
est
proposé
(Fig.
1)
et
peut
être
adapté
selon
l’équipement
et/ou
le
recrutement
du
laboratoire [4–6].
Pour
la
pratique,
le
clinicien
ou
le
biologiste
doit
compléter
une
recherche
d’AAN
positive
à
titre
significatif
par
une
recherche
d’anti-ADN
natif
et
une
recherche
d’anticorps
anti-antigènes
nucléaires
solubles
(ou
ENA)
qui
regroupe
habituellement
les
anticorps
anti-Sm,
anti-RNP,
anti-
SS-A,
anti-SS-B,
anti-Scl70,
et
anti-Jo1
(cf.
infra).
Il
est
important,
à
ce
stade,
de
confronter
ces
premiers
résultats
au
contexte
cli-
nique
en
sachant
que
les
AAN
peuvent
être
présents
chez
les
sujets
sains,
qu’ils
peuvent
précéder
parfois
l’émergence
d’une
maladie
auto-immune
plusieurs
années
avant
les
premiers
signes
cliniques,
et
enfin,
qu’ils
sont
parfois
présents
en
dehors
de
toute
mala-
die
auto-immune
(autres
maladies
inflammatoires,
infections
EMC
-
Biologie
médicale 3
Téléchargé pour Aboubakr BELBEY ([email protected]) à Centre for Research On Scientific and Technical Information à partir de ClinicalKey.fr par
Elsevier sur avril 10, 2021. Pour un usage personnel seulement. Aucune autre utilisation n´est autorisée. Copyright ©2021. Elsevier Inc. Tous droits réservés.
90-30-0069-A Autoanticorps
antinucléaires
:
cibles
antigéniques
et
méthodes
d’identification
virales,
prise
de
médicaments
inducteurs,
etc.) [7–11].
Enfin,
l’identification
de
certaines
cibles
antigéniques
peut
être
justifiée
dans
un
contexte
clinique
évocateur,
à
la
demande
du
clinicien,
même
si
les
recherches
des
AAN
et/ou
des
ENA
classiques
sont
négatives.
Il
existe
de
nombreuses
techniques
permettant
d’identifier
les
anticorps
présents
dans
le
sérum
d’un
patient.
Même
dans
les
situations
les
anticorps
donnent
un
aspect
de
fluorescence
caractéristique
(anticorps
anti-centromères,
ou
anti-SS-A
par
exemple),
ces
anticorps
doivent
être
confirmés
par
une
technique
d’identification.
Elles
utilisent
toutes
des
antigènes
(protéines
ou
peptides)
purifiés
ou
recombinants
fixés
sur
différents
supports.
Les
modes
de
révélation
de
la
réaction
antigène/anticorps
dif-
fèrent
selon
les
techniques
mises
en
œuvre.
Quelle
que
soit
la
technique,
il
s’agit
de
tests
pour
lesquels
il
n’y
a
pas
ou
peu
de
standardisation,
et
les
résultats
sont
exprimés
généralement
en
unités
arbitraires
(UA),
ce
qui
rend
les
résultats
difficilement
comparables
pour
le
suivi
d’un
patient
d’un
laboratoire
à
l’autre,
mais
aussi
pour
l’analyse
et
la
comparaison
des
données
de
la
littérature.
Tests
unitaires
Techniques
«
enzyme
linked
immunosorbent
assay
»
Il
s’agit
de
techniques
en
phase
solide,
l’antigène
d’intérêt
est
fixé
au
fond
d’un
puits
(plaque
de
96
puits)
;
les
sites
de
liai-
son
non
spécifiques
sur
la
plaque
sont
saturés
par
l’ajout
d’une
protéine
inerte.
Après
des
étapes
d’incubations
et
de
lavages
avec
successivement
le
sérum
du
malade
et
une
antiglobuline
couplée
à
une
enzyme,
la
présence
d’anticorps
est
révélée
par
l’ajout
d’un
substrat
chromogénique
et
lecture
par
colorimétrie.
Afin
de
préserver
certains
épitopes
conformationnels,
des
tech-
niques
enzyme
linked
immunosorbent
assay
(Elisa)
par
capture
ont
été
développées.
L’antigène
d’intérêt
est
capturé
par
des
anti-
corps
monoclonaux
fixés
sur
la
plaque,
et
présentés
aux
anticorps
éventuellement
présents
dans
le
sérum.
La
suite
de
la
technique
reste
identique
à
celle
d’un
Elisa
classique.
La
coloration
est
proportionnelle
à
la
quantité
d’anticorps
fixée
ainsi
qu’à
leur
affinité.
Chimiluminescence
L’antigène
est
lié
de
manière
covalente
à
des
billes
magnétiques
via
une
protéine
d’ancrage.
Après
incubation
avec
le
sérum
du
patient,
les
billes
sédimentées
à
l’aide
d’un
aimant
sont
lavées
puis
mises
en
présence
d’anticorps
anti-immunoglobulines
G
(IgG)
humains
couplés
à
de
l’isoluminol.
Après
une
nouvelle
étape
de
lavages,
des
solutions
de
peroxyde
d’hydrogène
et
d’hydroxyde
de
sodium
sont
ajoutées
(activateurs),
conduisant
à
l’oxydation
de
l’isoluminol
et
l’émission
de
photons.
La
luminescence,
pro-
portionnelle
à
la
quantité
d’anticorps
fixée,
est
mesurée
par
le
système
optique
de
l’automate
;
le
résultat
est
généralement
exprimé
en
UA
ou
relative
light
units
(RLU).
La
grande
sensi-
bilité
de
cette
technique
de
détection
et
sa
gamme
de
mesure
étendue
permettent
d’obtenir
des
résultats
dans
un
délai
très
court
(environ
30
min)
et
de
s’affranchir
plus
souvent
des
redi-
lutions
pour
certains
sérums
dont
les
taux
d’anticorps
sont
élevés.
Méthode
«fluorescent
enzyme
immunoassay
»
Il
s’agit
d’une
technique
dérivée
de
l’Elisa
qui
se
démarque
par
une
réaction
fluorescente
pour
la
mise
en
évidence
des
anticorps.
Dans
certaines
applications,
l’antigène
peut
être
fixé
sur
un
sup-
port
non
plan
permettant
une
plus
grande
surface
d’interaction
avec
les
anticorps
potentiels.
Méthode
«radio-immunoassay
»ou
test
de
Farr
Il
s’agit
d’une
technique
de
dosage
radio-immunologique
permettant
le
dosage
des
anticorps
anti-ADN
natif
(cf.
article
spé-
cifique [12]).
Tests
multiplexes
Contrairement
aux
techniques
précédentes,
ces
tests
per-
mettent
la
détection
simultanée
de
plusieurs
anticorps
ou
profils
d’anticorps
correspondant
à
des
contextes
cliniques
particuliers
(connectivite,
maladie
auto-immune
du
foie,
ou
myosite
par
exemple).
Cependant,
le
laboratoire
utilise
des
réactifs
commer-
cialisés
dont
les
profils
d’anticorps
dans
chaque
panel
sont
définis
par
le
fournisseur
et
ne
peuvent
être
modifiés.
Immunodot
Les
différents
antigènes
d’intérêts
sont
déposés
sous
forme
de
spot
(dot)
sur
une
membrane
de
nitrocellulose
et
mis
en
contact
avec
une
dilution
appropriée
du
sérum
à
étudier.
La
suite
du
test
repose
sur
le
même
principe
que
la
technique
Elisa.
Les
antigènes
utilisés
par
les
fabricants
sont
le
plus
souvent
des
peptides
ou
pro-
téines
recombinantes.
Cette
technique
est
plus
simple
à
mettre
en
œuvre
et
permet
une
analyse
multiparamétrique.
Dans
la
plu-
part
des
immunodots
commercialisés,
un
contrôle
positif
ainsi
qu’un
contrôle
négatif,
faisant
office
de
seuil
de
positivité
(cut-
off),
sont
présents
sur
chaque
bandelette.
L’interprétation
peut
se
faire
à
l’œil
nu
mais
il
est
préférable
d’utiliser
un
scanner
per-
mettant
une
plus
grande
objectivité
et
l’acquisition
d’un
résultat
quantitatif [13,
14].
Néanmoins,
l’hétérogénéité
des
différents
com-
plexes
antigènes/anticorps
rend
difficile
le
choix
d’un
seul
seuil
de
positivité
dans
le
cadre
d’une
analyse
multiparamétrique.
Technologie
multiplexe
(LuminexTM)[15–17]
On
désigne
sous
ce
terme
un
système
analytique
multiplex.
Le
support
est
constitué
de
microbilles
en
polystyrène
sur
lesquelles
sont
fixés
les
antigènes
d’intérêt.
Ces
microbilles
peuvent
être
magnétiques,
ce
qui
a
pour
but
notamment
de
faciliter
les
étapes
de
lavages.
Chaque
antigène
est
couplé
de
manière
covalente
à
une
microbille
de
couleur
différente
(cette
couleur
résultant
du
mélange
en
proportions
variables
de
deux
fluorochromes).
Les
billes
sont
incubées
avec
le
sérum
du
patient,
elles
sont
ensuite
lavées
puis
incubées
avec
un
anticorps
anti-IgG
humain
conju-
gué
à
un
fluorochrome
différent
de
celui
incorporé
dans
les
billes.
Après
un
second
lavage,
les
billes
sont
analysées
à
l’aide
d’un
cytomètre
de
flux.
Chaque
bille
passe
devant
deux
lasers,
l’un
permet
l’identification
de
la
bille
grâce
à
sa
signature
colorée
et
donc
de
l’antigène
qu’elle
porte,
l’autre
permet
la
quantification
de
l’anticorps
fixé
par
mesure
de
l’intensité
de
la
fluorescence.
Les
résultats
sont
exprimés
en
UA
ou
en
LuminexTM Unit
(LU).
Le
seuil
de
positivité
est
donné
par
le
fabricant
et
varie
selon
le
système
et
les
réactifs
utilisés.
Cette
technologie
permet
une
ana-
lyse
multiparamétrique,
mais
elle
ne
permet
pas
d’adapter
le
profil
d’anticorps
car
ceux-ci
sont
définis
par
le
fournisseur
(profil
pour
les
anticorps
des
connectivites,
des
maladies
auto-immunes
du
foie,
des
vascularites
par
exemple).
Revue
et
valeur
diagnostique
des
principaux
anticorps
antinucléaires
Acide
désoxyribonucléique
et
dérivés
(histones,
nucléosome)
Les
anticorps
anti-ADN
font
partie
des
AAN
et
doivent
être
recherchés
en
cas
de
dépistage
positif
quel
que
soit
l’aspect
de
fluorescence [12].
Les
anticorps
anti-histones
sont
présents
chez
la
quasi-totalité
des
lupus
induits
par
les
médicaments.
Toutefois,
leur
positivité
dans
de
nombreux
autres
rhumatismes
inflammatoires
les
rend
peu
spécifiques
et
donc
peu
utiles
pour
poser
un
diagnostic.
Leur
utilité
pour
le
diagnostic
différentiel
entre
lupus
maladie
et
lupus
iatrogène
médicamenteux
n’est
plus
reconnue [18].
Les
autoanti-
corps
anti-nucléosome
constituent
une
famille
dans
laquelle
on
trouve
les
anticorps
anti-ADN
natif,
les
anticorps
anti-histones,
et
les
anticorps
anti-nucléosomes
«
restreints
».
Ces
derniers
sont
4EMC
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Biologie
médicale
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Autoanticorps
antinucléaires
:
cibles
antigéniques
et
méthodes
d’identification 90-30-0069-A
dirigés
contre
des
épitopes
conformationnels
et
reconnaissent
la
structure
native
du
nucléosome
mais
pas
ses
constituants
pris
individuellement
(ADN,
histones).
Ils
restent
peu
prescrits
par
les
médecins,
souvent
en
deuxième
intention
devant
une
clinique
évocatrice
et
une
immunofluorescence
en
discordance
avec
des
anticorps
anti-ADN
négatifs [3,
18,
19].
Sm/RNP
Les
autoanticorps
anti-Sm
et
anti-RNP
sont
dirigés
contre
des
éléments
du
splicéosome,
nécessaire
à
l’élimination
des
introns
ou
épissage
du
pré-ARN
messager
(ARNm).
Ce
complexe
supramoléculaire
est
composé
de
RNP
nucléaires
(small
nuclear
ribonucleoprotein
[snRNP])
qui
sont
de
petits
ARN
nucléaires
asso-
ciés
à
des
protéines.
Ces
dernières
sont
les
cibles
des
autoanticorps
et
varient
selon
la
spécificité
Sm
(B/B’,
D,
E,
F
ou
G)
ou
RNP
(peptides
A,
C,
68
kDa).
Sm
Les
anticorps
anti-Sm
sont
spécifiques
du
lupus
érythémateux
systémique
(LES)
et
font
partie
des
critères
de
classification
de
la
maladie [20].
Cependant,
ils
ne
sont
présents
que
dans
10
à
30
%
des
cas
de
LES
;
ce
pourcentage
varie
selon
la
population
étudiée
(plus
important
chez
les
Afro-Américains
que
chez
les
Caucasiens)
et
la
technique
utilisée
(prévalence
multipliée
par
un
facteur
2
avec
les
techniques
immunoenzymatiques
comparées
aux
techniques
d’immunodiffusion) [21].
L’anticorps
Sm
est
presque
toujours
asso-
cié
à
la
présence
concomitante
d’un
anti-RNP,
celui-ci
pouvant
apparaître
plus
tard
dans
l’évolution
de
la
maladie
s’il
n’est
pas
détecté
au
diagnostic [10,
22,
23].
RNP
Les
anticorps
dits
«complets
»
sont
ceux
qui
réagissent
avec
les
trois
spécificités
antigéniques
citées
;
ils
sont
spécifiques
de
la
connectivite
mixte
ou
syndrome
de
Sharp.
Ils
font
partie
des
cri-
tères
de
classification
puisque
présents
chez
la
quasi-totalité
des
patients
atteints
de
cette
maladie [24].
Ils
peuvent
aussi
être
obser-
vés
dans
d’autres
connectivites
(LES,
sclérodermie
systémique,
syndrome
de
Gougerot-Sjögren)
avec
une
sensibilité
allant
de
15
à
30
%,
mais
ils
sont
le
plus
souvent
«incomplets
»et
associés
à
d’autres
anticorps
anti-ENA [25].
SS-A/Ro
et
SS-B/La
SS-A
:
Ro52/Ro60
Les
anticorps
anti-Ro/SS-A
sont
dirigés
contre
deux
protéines
différentes
(de
masse
moléculaire
de
52
kDa
et
60
kDa)
codées
par
des
gènes
différents
et
situées
dans
un
complexe
macromolécu-
laire
différent.
L’antigène
Ro60
fait
partie
d’un
complexe
ribonucléique
impli-
qué
dans
la
régulation
de
la
traduction
de
l’ARNm
alors
que
l’antigène
Ro52
a
été
identifié
comme
étant
la
protéine
TRIM21
et
joue
un
rôle
important
dans
la
défense
immunitaire.
Les
anti-
SS-A
Ro60
±
Ro52
sont
fréquemment
détectés
dans
le
syndrome
de
Gougerot-Sjögren
primaire
(60–95
%
selon
les
auteurs),
moins
souvent
s’il
s’agit
d’un
syndrome
de
Gougerot-Sjögren
secon-
daire
(30
%).
Ils
sont
aussi
rencontrés
dans
le
LES
(15–35
%)
et
notamment
dans
deux
formes
particulières
:
le
lupus
cutané
sub-
aigu
(70
%)
et
le
lupus
néonatal.
Cette
dernière
situation,
due
au
passage
transplacentaire
des
anti-SS-A,
peut
entraîner
un
bloc
auriculoventriculaire
chez
le
nouveau-né
(1–2
%
des
cas)
dont
les
conséquences
se
révèlent
gravissimes.
Enfin,
leur
présence
est
rare-
ment
signalée
dans
d’autres
connectivites
telles
que
la
polyarthrite
rhumatoïde,
la
sclérodermie
ou
les
polymyosites.
Les
anti-
corps
anti-Ro52
sans
réactivité
pour
Ro60
sont
d’interprétation
plus
complexe,
d’une
très
grande
immunogénicité
;
la
protéine
TRIM21
est
aussi
connue
pour
interagir
avec
le
fragment
Fc
des
IgG
humaines.
La
signification
clinique
de
leur
positivité
isolée
est
assez
controversée
puisqu’ils
sont
associés
à
tout
un
panel
de
maladies
(myopathie
inflammatoire
idiopathique,
sclérodermie
systémique,
hépatite
auto-immune,
infections
virales,
néoplasies,
lupus
néonatal,
syndrome
de
Gougerot-Sjögren)
mais
aucune
de
manière
spécifique,
et
aussi
détectés
chez
3
%
des
sujets
sains.
Tou-
tefois,
plusieurs
travaux
ont
montré
que
ces
anticorps
pouvaient
être
mis
en
évidence
au
cours
de
pneumopathies
interstitielles
diffuses [26].
Au
vue
de
ces
discordances
d’interprétation,
il
est
pri-
mordial
pour
le
laboratoire
d’effectuer
une
recherche
séparée
de
ces
deux
anticorps
et
de
l’indiquer
dans
son
compte-rendu.
SS-B
:
La
L’antigène
SS-B
ou
La
est
une
protéine
intervenant
dans
la
matu-
ration
des
ARN
transcrits
par
l’ARN
polymérase
III.
La
présence
d’un
anticorps
anti-SS-B
seul
est
très
rare,
elle
doit
faire
suspecter
un
faux
positif
puisque
cet
autoanticorps
est
presque
toujours
associé
aux
anti-SS-A.
Sa
détection
est
associée
à
deux
principales
pathologies
:
syndrome
de
Gougerot-Sjögren
primitif
il
est
retrouvé
dans
la
moitié
des
cas
et
le
LES.
À
noter
que
la
présence
d’un
anticorps
anti-SS-B
sans
anti-SS-A
n’a
pas
de
valeur
diagnostique
pour
le
syndrome
de
Gougerot-
Sjögren [27].
Scl70
Cible
de
l’anticorps
anti-Scl70,
la
topo-isomérase
I
joue
un
rôle
dans
la
transcription
et
la
réplication
de
l’ADN
en
permettant
le
relâchement
de
la
forme
superenroulée.
Détecté
dans
9
à
42
%
des
sclérodermies,
cet
anticorps
est
très
spécifique
de
cette
connectivite,
en
particulier
dans
sa
forme
cutanée
diffuse [28–30].
Sa
présence
est
associée
à
un
mauvais
pro-
nostic
avec
des
atteintes
pulmonaires,
musculosquelettiques
et
cardiaques
plus
fréquentes
ainsi
qu’un
taux
de
mortalité
plus
élevé.
L’association
parfois
de
plusieurs
techniques
de
détection
permet
d’augmenter
la
sensibilité [31].
Centromères
Les
cibles
antigéniques
sont
les
protéines
constituantes
du
kiné-
tochore,
assemblage
protéique
liant
les
régions
centromériques
des
chromosomes
au
fuseau
mitotique
;
actuellement,
neuf
pep-
tides
sont
décrits
(CenP
-A,
-B,
-C,
-D,
-E,
-F,
-G,
-H,
-O).
Les
anticorps
dirigés
contre
les
protéines
A,
B
et
C
sont
les
plus
fréquemment
retrouvés
lorsque
l’aspect
en
immunofluores-
cence
est
évocateur
(concordance
90–95
%).
Les
anti-centromères
sont
associés
à
la
sclérodermie
avec
une
prévalence
beaucoup
plus
importante
chez
les
sujets
caucasiens
(30–40
%)
que
chez
les
Afro-Américains
(5
%).
Ils
présentent
une
excellente
corréla-
tion
avec
le
syndrome
CREST
(associant
calcinose,
phénomène
de
Raynaud,
trouble
de
la
motilité
œsophagienne,
sclérodac-
tylie,
et
télangiectasie),
forme
particulière
de
la
sclérodermie
limitée
avec
57
à
82
%
des
patients
ayant
des
anticorps
anti-
centromères [32].
PM-Scl
C’est
un
antigène
multiprotéique
constitué
de
11
à
16
protéines.
Les
protéines
de
75
et
de
100
kDa
sont
les
cibles
principales
utili-
sées
en
routine
pour
la
recherche
de
ces
anticorps.
Compte
tenu
de
leur
localisation
nucléolaire,
tout
laisse
penser
que
ces
pro-
téines
interviendraient
dans
la
synthèse
des
ribosomes.
Comme
son
nom
l’indique,
il
est
retrouvé
dans
des
syndromes
de
chevau-
chement
entre
polymyosites
et
sclérodermies
avec
une
corrélation
atteignant
les
80
%[33].
La
présence
de
cet
anticorps
est
générale-
ment
associée
à
un
bon
pronostic.
Jo1
Premier
des
anticorps
anti-synthétases
décrit,
il
fait
par-
tie
des
anticorps
spécifiques
des
myosites.
L’anti-Jo1
reconnaît
l’histidine-ARNt-synthétase,
enzyme
cytoplasmique
permettant
la
fixation
de
l’histidine
sur
son
ARNt.
Malgré
les
sept
autres
anti-
corps
anti-synthétases
identifiés
à
ce
jour,
l’anti-Jo1
reste
de
loin
le
plus
fréquent
puisqu’il
est
retrouvé
dans
20
%
des
myosites [34].
Les
anticorps
anti-synthétases,
rencontrés
dans
un
contexte
de
polymyosite,
sont
associés
à
un
phénotype
clinique
particulier
EMC
-
Biologie
médicale 5
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