Les Dettes Publiques selon Adam Smith dans La Richesse des Nations
Adam Smith analyse avec profondeur la question des dettes publiques, qu’il considère comme
une solution temporaire mais potentiellement dangereuse pour financer les activités d’un État.
Dans son ouvrage Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, il met en
lumière les origines de la dette publique, ses conséquences économiques et sociales, ainsi que
des recommandations pour en limiter les effets négatifs.
1. Origine et Nature des Dettes Publiques
a) Les Dépenses Supérieures aux Revenus
Adam Smith explique que la dette publique naît d’un déséquilibre budgétaire où les dépenses de
l’État excèdent ses revenus, principalement en période de crise ou de guerre.
Exemple : Les guerres coûteuses
o Les conflits armés, fréquents au XVIIIᵉ siècle, nécessitaient des ressources
colossales pour financer les armées, les armes et les approvisionnements. Ces
dépenses ne pouvaient pas être couvertes uniquement par les impôts.
Les grands projets publics :
o Les infrastructures, comme les routes ou les canaux, représentaient également des
investissements lourds, souvent financés par des emprunts.
b) Le recours aux emprunts
Face à ces besoins financiers, les gouvernements empruntent en émettant des obligations ou en
contractant des prêts auprès des banques. Ces emprunts doivent être remboursés avec des
intérêts, ce qui alourdit les finances publiques sur le long terme.
c) La dette comme outil temporaire
Smith admet que l’endettement peut être justifié dans des situations d’urgence, comme les
guerres ou les catastrophes naturelles. Cependant, il critique l’utilisation excessive et non
planifiée des emprunts, qu’il perçoit comme une forme de fuite en avant.
2. Les Conséquences Économiques des Dettes Publiques
a) Un fardeau pour les générations futures
Principe : Les dettes contractées aujourd’hui doivent être remboursées demain,
généralement par des impôts plus élevés. Cela transfère la charge financière aux
générations futures, réduisant leur prospérité.