
119 Les Etats dans les relations internationales économiques : entre égalité et disparité
Par le traité constitutif de chacune de ces organisations, on constate que les
Etats membres ne sont pas tous considérés comme équivalents. C’est en
fonction de leur poids “économique” que chaque Etat obtient une place précise
dans l’une et l’autre organisation. De la place ainsi obtenue par les Etats un
pouvoir proportionnel de décision leur sera accordé. En faisant un tel choix,
les concepteurs de ces organisations voulaient vraisemblablement éviter que la
nouvelle société internationale ne soit un jour confrontée à une crise équivalente
à celle subie par de nombreux Etats dans les années trente et qui a entrainé
le développement d’intérêts étatiques économiques égoïstes9.
1. La place des Etats au FMI
Dans le texte initial des Statuts du FMI10, l’article II, portant sur la « Qualité de
membre » et l’article III, sur les « Quotes-parts et souscriptions », montrent qu’un
lien direct est fait entre le statut d’Etat membre et leur participation nancière à
l’organisation. Comme l’intitulé de l’article III le suggère, la souscription des Etats
est liée à la quote-part qui leur est attribuée. En effet, tous les membres du FMI
souscrivent à une partie du nancement de cette organisation par leur quotes-
parts11. Or, dès la création du FMI, la répartition de ces quotes-parts ne s’est
pas faite sur une approche égalitaire de ses membres mais en fonction d’une
pondération entre Etats12. Pour Dominique Carreau, les rédacteurs des Statuts
9 Pour le FMI : v. http://www.imf.org/external/np/exr/facts/fre/glancef.htm. Fiche technique
« Pourquoi le FMI a-t-il été créé et comment fonctionne-t-il ? » : « Le FMI, appelé parfois le "Fonds",
a été créé en juillet 1944, lors d’une conférence des Nations Unies tenue à Bretton Woods dans
le New Hampshire (États–Unis). Les quarante-cinq gouvernements représentés à la conférence
voulaient établir un cadre de coopération économique conçu pour éviter que ne se reproduise
le cercle vicieux des dévaluations compétitives qui avaient contribué à la Grande Dépression
des années 1930 ». Pour la BIRD, v. note 8 et M. DIEZ DE VELASCO VALLEJO, « Les organisations
internationales », Economica, 1999, pp. 389 et s.
10 Statuts du FMI et de la BIRD de 1944, dans la loi luxembourgeoise de décembre 1944
portant sur « La Conférence monétaire et nancière des Nations Unies, Bretton Woods »,
http://observatoire.codeplafi.lu/pdf/loi/1945%2012%2024%20FMI%20et%20BIRD%20
statuts.pdf ; A - N° 74 / 27 décembre 1945.
11 Ibidem : Article III. Quotes-parts et souscriptions. Section 1. - Quotes-parts. Une quote-part
sera assignée à chaque Etat-membre. Les quotes-parts des Etats-membres représentés à la
Conférence Monétaire et Financière des Nations Unies et acceptant de faire partie du Fonds
avant la date spéciée à l´Article XX, Section 2 (e), sont xées dans le Supplément A. Les quotes-
parts des autres membres seront déterminées par le Fonds (…).
12 V. Note 10, pp. 981/982 qui présente la répartition initiale des quotes-parts des Etats
membres originaires. Par ailleurs, v. http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/article_imprim.php3?id_
article=84146 : « L’organisation du FMI repose sur un système alliant la représentation de pays
ou de groupes de pays rassemblés au sein de circonscriptions et une pondération des voix aux
Conseils, calculée en fonction de la quote-part de chaque pays. En effet, la quote-part d’un pays
membre détermine le montant maximum de ressources nancières que ce pays s’engage à