
la réalité extérieure se révèle finalement être le substrat non-duel de l’existence. En
voyant au-delà des pensées, des images personnelles et des échafaudages psychiques,
une expérience radicale peut survenir :
En passant complètement par l’état de cessation ou d’absorption causale non
manifestée, on dit que la conscience se réveille enfin à sa demeure antérieure
et éternelle d’Esprit non-duel radieux et omniprésent, une et multiple, seule et
totalité – l’intégration et la complète identité de la forme manifestée et du
sans-forme non manifesté…A strictement parler, l’absolu n’est pas un niveau
parmi d’autres, mais la réalité, l’état ou l’ainséité de tous les niveaux (Wilber,
1999, p.88).
Ce sommet de la conscience est si incroyablement vaste et infini qu’il transcende et
qu’il englobe les limites et les attachements de l’existence indépendante et du monde
extérieur. Il s’agit d’une pure Conscience inconditionnée dans laquelle la création
apparente de l’identification personnelle s’élève, et puis retombe. Selon le sage
Nisargadatta Maharaj (1999) : ‘’Tous les objets dans la Conscience constituent
l’univers. Ce qui se situe au-delà des objets et de l’univers et qui les soutient, c’est
l’état suprême et c’est un état de pure immobilité et de silence. Tout qui va là-bas
disparaît’’ (p. 35). C’est ici, dans les profondeurs du silence et de la Conscience
absolue que toute la structure du dualisme sujet-objet s’écroule en révélant la Réalité,
telle qu’elle est avant les empiètements des conceptualisations mentales. La sagesse
que l’on découvre dans la réalisation non-duelle, c’est être libre de la séparation, du
moi étroit, contracté, comprimé qui perpétue une souffrance interminable. Il n’y a
pas d’entité indépendante qui soit séparée du monde extérieur. Tous sont un et
semblables, coémergeant dans l’instant éternel, intemporel. Et pourtant, il
semble
y
avoir un sentiment d’existence indépendante. C’est l’attachement et l’identification
avec cette
apparence
, avec n’importe quelle forme au demeurant, qui produit ce moi
auto-existant et qui coupe ainsi la connexion spontanée, l’aisance d’être et la vie non-
duelle.
La réalisation non-duelle, c’est s’éveiller soudainement du monde imaginaire de
l’individualité à la vie, telle qu’elle se présente d’instant en instant :