Histoire de la sémantique linguistique depuis Bréal

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Une histoire du sens: la sémantique linguistique depuis Bréal
Book · January 2008
Source: OAI
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Pierre larrivée
University of Caen Normandy
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Table des matières
Introduction ......................................................................................... 9
PREMIERE PARTIE. LE PARADIGME PSYCHOLOGISTE
Introduction ....................................................................................... 19
I. L’acte de naissance de la sémantique : Michel Bréal ......................... 20
II. Ferdinand Brunot .......................................................................... 27
III. Jacques Damourette et Édouard Pichon ......................................... 30
IV. Gustave Guillaume et la psychomécanique du langage .................. 36
V. Charles Bally ................................................................................. 50
Conclusion .......................................................................................... 59
DEUXIEME PARTIE. LE PARADIGME STRUCTURALISTE
Introduction ....................................................................................... 61
I. Ferdinand de Saussure ................................................................... 61
II. Algirdas Julien Greimas ............................................................... 67
III. François Rastier ........................................................................... 71
IV. Anna Wierzbicka et la Métalangue sémantique naturelle ........... 75
Conclusion ........................................................................................ 80
TROISIEME PARTIE. LE PARADIGME ENONCIATIF
Introduction ........................................................................................ 91
I. Émile Benveniste ............................................................................. 92
II. La Théorie de l’argumentation dans la langue ................................. 97
III. Antoine Culioli et la Théorie des opérations énonciatives ............ 107
Conclusion ........................................................................................ 114
Une histoire du sens
8
QUATRIEME PARTIE. LE PARADIGME COGNITIVISTE
Introduction ...................................................................................... 117
I. Les suites cognitives de la Théorie des opérations énonciatives ...... 118
II. La Linguistique cognitive ............................................................. 129
III. Georges Kleiber et le retour du réel ............................................ 151
IV. Une cognition culturelle ............................................................. 164
Conclusion ....................................................................................... 165
Conclusions .......................................................................................... 167
Index ..................................................................................................... 177
9
Introduction
Introduction
La science est communément comprise comme apportant des réponses
simples, solides, sans ambiguïté. Les évocations du caractère complexe
des multiples hypothèses concurrentes provoquent le plus souvent la
perplexité chez les interlocuteurs non spécialistes. Cette réaction se
retrouve jusque chez les étudiants universitaires, voire les collègues de
disciplines éloignées. Ce ne sont pourtant pas des réponses définitives
que propose l’activité scientifique, mais bien plutôt le développement de
questions. Ce développement à travers différentes entreprises
individuelles est structuré par des théories et des paradigmes qui
définissent les méthodes et les objets de recherche, suivant les
sensibilités d’une époque et d’une culture. Ces paradigmes s’inscrivent
dans un cadre social, avec les compétitions que se livrent les cadres
d’analyse et les institutions en vue de l’acquisition de capital
symbolique et matériel.
Ces dimensions concernent tout autant la sémantique linguistique.
Même si des considérations sur le sens dans le langage ont laissé des
traces plus ou moins profondes à travers l’histoire de la philosophie
occidentale, ce n’est que récemment que ces questions ont permis la
constitution d’un champ disciplinaire. La sémantique linguistique peut
se définir comme la discipline qui cherche à expliciter les propriétés des
formes linguistiques leur permettant ultimement d’évoquer l’univers
d’expérience. Ces propriétés se trouvent aujourd’hui l’objet de débats
animés. Les raisons en sont la complexité d’un objet relevant à la fois de
conventions sociales automatisées et de la volonté créative individuelle,
ainsi que d’une méthodologie sûre qui permet de générer plus de
questions que n’en peuvent résoudre les analyses. Les analyses souffrent
en outre de la disparition des certitudes sur les questions à se poser
quand ce n’étaient pas sur les réponses à donner qu’avait pu donner
l’hégémonie successive des cadres structuralistes et générativistes. La
fin des hégémonies et des certitudes amène la multiplication des
entreprises individuelles et des cadres d’analyses qui par leur seul
nombre deviennent de moins en moins intelligibles pour les spécialistes
mêmes.
Une histoire du sens
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C’est dans ce contexte que s’est présentée la nécessité du présent
ouvrage. Son premier objectif est de contribuer à la compréhension du
développement historique de la sémantique linguistique. Étude
historiographique donc, cette contribution articule les dimensions
internes et externes structurant certains des paradigmes et des cadres
d’analyse en sémantique. Le second objectif de cette articulation est de
donner à voir les questions inéluctables qui structurent la discipline, les
principales réponses avancées et les difficultés qui subsistent. Ce sont
ces buts disciplinaires et historiographiques que poursuit ce travail, dont
le domaine et la méthode sont considérés dans la prochaine partie.
1. Une historiographie de la sémantique linguistique
Cet ouvrage se propose d’offrir une analyse de l’histoire de la
sémantique linguistique non formelle depuis Michel Bréal. Le choix de
ce point de départ éclaire les objectifs. L’objectif historiographique
obligeait à retenir un domaine culturel accessible et homogène : les
variations de la réflexion occidentale dans la perspective fortement
francophone qui se dégage n’empêchent le partage de valeurs culturelles
qui rend la comparaison possible. L’objectif scientifique forçait à
privilégier la forme institutionnalisée de cette réflexion, qui est
inaugurée par Bréal. L'origine ne se trouve pas dans la sémasiologie de
Reisig (contre Nerlich 1992), qui ne fonde pas de discipline à
proprement parler. Il en va de même de Darmesteter (et de Chevallet et
de Chaignet avant lui, me signale Gabriel Bergounioux). C’est la
discipline de la sémantique linguistique que concerne cette étude. Ainsi,
les disciplines connexes de l’anthropologie (Lucien Lévy-Bruhl, Ernst
Cassirer, Claude Lévi-Strauss), de la sociologie de la culture, de la
psychologie sociale, de la psychanalyse, des études littéraires (la
poétique, la rhétorique, la stylistique ; la théorie de la convocation de
Marc Dominicy par exemple, voir Choi-Diel 2001) ne sont pas
abordées, pas plus que ne le sont la sémiotique et la philosophie du
langage. Strictement linguistique mais institutionnellement distincte de
la sémantique, la pragmatique n’est pas considérée, elle est exposée
utilement dans le travail de référence de Mœschler et Reboul (1994). Ne
sont pas considérés non plus les modèles essentiellement
morphosyntaxiques le structuralisme américain et ses continuateurs
(tagmémique, grammaire stratificationnelle de Sydney Lamb, jusqu’à un
certain point la grammaire systémique de Halliday), le fonctionnalisme
de Martinet, les grammaires casuelles de John M. Anderson et de
Stanley Starosta, la grammaire du mot de Richard Hudson, les
grammaires fonctionnelles d’unification comme celle par adjonction des
têtes, LFG, GPSG, HPSG, et les différents modèles chomskyens. La
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