
grandissants, des agglome
´rations urbaines, dont un grand nombre est
plonge
´dans un chaos informe ».
Il ne s’agit pas de de
´battre du jugement de valeur exprime
´ici, mais de
profiter de l’occasion pour e
´voquer l’histoire et les enjeux de la notorie
´te
´
d’un urbaniste comme Cerda
´. Cette exposition – qui en e
´tait ici a
`sa
quarante-deuxie
`me pre
´sentation – participe en effet d’un mouvement
d’inte
´re
ˆt pour Cerda
´, objet depuis plus d’une trentaine d’anne
´es d’une
entreprise de re
´habilitation bien identifiable, a
`Barcelone et en Espagne
puis a
`e
´chelle internationale. Cette « re
´paration » passe par l’e
´vocation
re
´currente de l’« urbaniste oublie
´», du « ge
´nie me
´connu » et injustement
traite
´par une histoire officielle de la ville et de l’urbanisme. Une rhe
´to-
rique qui appellerait certains commentaires... mais nous pre
´fe
´rons ici
dresser un premier bilan de cette entreprise de reconnaissance. Bilan
obligatoirement provisoire, qui donne en de
´finitive l’occasion d’apporter
des e
´le
´ments sur quelques usages sociaux de l’histoire urbaine.
La premie
`re historiographie
L’e
´pisode de la bataille du plan Cerda
´a longtemps e
´te
´le seul aspect
ve
´ritablement connu de la biographie du personnage
2
. Extre
ˆmement
ce
´le
`bre, il dit comment est adopte
´en 1859-60 le projet de l’inge
´nieur des
ponts et chausse
´es pour l’ame
´nagement de la plaine de Barcelone, sous-
traite en 1854 a
`la servitude non aedificandi attenante a
`l’enceinte militaire.
« Impose
´» conviendrait mieux : la ville de Barcelone, qui connaı
ˆta
`ce
moment les travaux d’e
´tude entrepris par Cerda
´, organise un concours
de projets en 1859 et prime la proposition d’un architecte local, Antonio
Rovira. Cela n’empe
ˆchera pas le Gouvernement de perse
´ve
´rer dans son
approbation du projet de Cerda
´en 1860.
Si les invectives de l’architecte et politique catalan Josep Puig i
Cadafalch (1867-1957) contre Cerda
´au de
´but du vingtie
`me sie
`cle sont
ce
´le
`bres, c’est la narration de l’e
´rudit barcelonais Francisco Puig y
170 / Histoire urbaine - 1 / juin 2000
2. Nous nous contentons ici de reprendre l’information re
´unie en 1974 par Francesc Roca, dans
un article bien documente
´et qui souhaitait « arriver a
`la compre
´hension d’un phe
´nome
`ne
inte
´ressant, celui des « oublis » et des « re
´cupe
´rations » successives de Cerda
´», en partant de
l’hypothe
`se que « Cerda
´n’a pas e
´te
´oublie
´, mais que chaque fois que l’on (en) parle, c’est pour
dire qu’il a e
´te
´injustement oublie
´, etc. Maintenant, ce « chaque fois » est chaque fois plus
fre
´quent » (Francesc Roca, « Cerda
´despue
´s de Cerda
´»inCerda
´: un pasado como futuro,Cua-
dernos de arquitrectura y urbanismo,n
o
1 00, 1974, p. 51 ). Manuel de Sola
´-Morales, dans un texte
plus re
´cent mais moins distance
´, diffe
´rencie trois « ge
´ne
´rations d’e
´tudes cerdiennes » : celle de
l’hagiographie, celle de la the
´orie et celle de l’urbaniste (Manuel de Sola
´-Morales, « Cerda
´urba-
nista » dans Teoria de la construccio
´n de las ciudades. Cerda
´y Barcelona, 1991 , p. 24).
histoire urbaine - 20.11.08 - page 170
© Société française d'histoire urbaine | Téléchargé le 25/03/2022 sur www.cairn.info (IP: 200.2.139.219)
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