La politique de santé du Sénégal trouve son fondement dans la Constitution en
l’occurrence dans son article 8 qui garantit “le droit à la santé” et l’article 17,
al. 2 et 3 qui dispose que « L’État et les collectivités publiques ont le devoir de
veiller à la santé physique et morale de la famille et, en particulier des
personnes handicapées et des personnes âgées. (…) L’État garantit aux familles
en général et à celles vivant en milieu rural en particulier l’accès aux services
de santé et au bien-être. (…) ». En effet, le secteur de la santé demeure un des
piliers clé de la Phase 2 du Plan Sénégal Émergent (PSE) qui comporte un axe
spécifique sur le renforcement de l’accès aux services sociaux de base, dont la
santé. En sus, le Plan National de Développement Sanitaire et Social, PNDSS
2019-2028 arrimé aux orientations stratégiques du PSE en tant que document
unique de référence des politiques de développement économique et social du
Sénégal, a pour enjeu fondamental de mener le pays vers la Couverture Sanitaire
Universelle (CSU) pour la réalisation de l’Objectif de Développement Durable
(ODD) numéro 3.
Cependant, classé 170ème sur 191 pays, avec un Indice de Développement
Humain (IDH) de 0,511 et une espérance de vie de 67 ans, le Sénégal figure
parmi les pays à « développement humain faible ». Le taux de pauvreté est
estimé autour de 37% en 2022. La plupart des ménages sénégalais se déclarent
pauvres (56,5%), ou très pauvres (45,7%). Pour 28,5% des ménages, les revenus
sont jugés insuffisants, et ne permettent pas de faire face aux dépenses.
Parallèlement, même si de nombreux efforts sont consentis par l’Etat du Sénégal
dans le secteur de la santé, les taux de mortalité maternelle (236 pour 100 000
Naissances Vivantes) et infanto juvénile (56 pour 1 000 Naissances Vivantes),
restent encore élevés. Le fardeau des Maladies Transmissibles persiste, alors
que celui des Maladies Non Transmissibles augmente rapidement. A cela,
s’ajoute la pandémie de coronavirus qui a mis à nu la fragilité des infrastructures
sanitaires, des systèmes de santé du Sénégal en posant des défis médicaux,
éthiques, économiques et vitaux, souvent de manière dramatique.
Ainsi, le Sénégal comme beaucoup d’autres pays d’Afrique subsaharienne est
affecté par de nombreuses pathologies et souffre de manques à différents
niveaux, entre autres sur l’accès universel, égalitaire aux soins et à une prise en
charge de qualité, l’explosion des maladies chroniques, l’évolution de la
démographie médicale, le coût élevé des soins.