Telechargé par Yimbila BAMOGO

L'impact de l'exploitation minière sur la scolarisation des enfants dans la province du Sanguié: cas des communes de Réo et de Kyon

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MINISTERE DES ENSEIGNEMENTS
SECONDAIRE ET SUPERIEUR
******
UNIVERSITE DE KOUDOUGOU
******
UNITE DE FORMATION ET DE
RECHERCHE EN LETRRES ET
SCIENCES HUMAINES (UFR/LSH)
*******
DEPARTEMENT DE GEOGRAPHIE
BURKINA FASO
Unité-Progrès- Justice
MEMOIRE DE MAITRISE
(Option Humaine)
THEME
L’impact de L’expLoitation
minière sur la scolarisation
des enfants dans la province
du Sanguié : Cas des communes
de Réo et de kyon.
Présenter par :
Sous la direction de :
BAMOGO Yimbila
Dr Isidore P. YANOGO
Maître Assistant
Soutenu le 25/02/2016
0
SOMMAIRE
DEDICACES ................................................................................................................................................ ii
REMERCIEMENTS .................................................................................................................................... iii
SIGLES ET ABBREVIATIONS ................................................................................................................. iv
LISTE DES TABLEAUX ............................................................................................................................ vi
LISTE DES FIGURATIONS ...................................................................................................................... vii
LISTE DES PHOTOGRAPHIES .............................................................................................................. viii
RESUME ..................................................................................................................................................... ix
INTRODUCTION GENERALE .................................................................................................................. 1
PREMIERE PARTIE : LE CONTEXTE GENERAL DE L’ETUDE. ......................................................... 3
CHAPITRE I : LE CADRE OPERATOIRE DE LA RECHERCHE ........................................................... 4
CHAPITRE II: LE MILIEU PHYSIQUE ET HUMAIN DE LA ZONE DE L’ETUDE ........................... 18
DEUXIEME PARTIE : L’IMPACT DEL’EXPLOITATION MINIERE SUR LASCOLARISATION
DES ENFANTS DANS LES COMMUNES DE REO ET KYON ........................................................... 33
CHAPITRE I : L’EXPLOITATION MINIERE A REO ET A KYON ...................................................... 34
CHAPITRE II : EXAMEN DES EFFETS DE L’EXPLOITATION MINIERE SUR LA
SCOLARISATION ET LA SCOLARITE .................................................................................................. 53
CONCLUSION GENERALE ..................................................................................................................... 95
BIBLOGRAPHIE ....................................................................................................................................... 96
ANNEXES ................................................................................................................................................. xiv
i
DEDICACES
Je dédie ce mémoire à :
-mon père et à ma mère ;
- mon maître de l’école primaire (Monsieur Sanou S. Alexis) ;
-mon épouse ;
-mes enfants.
ii
REMERCIEMENTS
Ce travail est le couronnement des différentes connaissances qui nous ont été transmises par
l’ensemble du corps professoral du Département de Géographie de l’Université de Koudougou. À ce titre,
nous leur témoignons toute notre reconnaissance.
Nous tenons à remercier en particulier Docteur Isidore YANOGO, notre Directeur de mémoire qui a bien
voulu guider nos premiers pas dans la recherche.
Nos remerciements vont également à l’endroit de :
 Monsieur David Sanou qui nous a été d’un appui précieux tout au long de ce travail ;
Monsieur Bertin TOE, pour ses multiples conseils sans cesse renouvelés et sa disponibilité ;
Mon promotionnaire et ami, Monsieur Byon Richard BATIONO et aux enseignants des communes de
Réo et de Kyon pour leurs soutiens lors de nos enquêtes de terrain. Ils nous ont rendu le séjour
agréable et ont facilité les rencontres avec les personnes-ressources.
Merci à nos aînés géographes ainsi qu’aux camarades étudiants qui nous ont toujours encouragés pour
l’aboutissement de ce travail.
iii
SIGLES ET ABBREVIATIONS
APE
Association des Parents d’Elèves
BEPC
Brevet d’Etudes du Premier Cycle
BIT
Bureau International du Travail
BUMIGEB
Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina
BUNASOLS
Bureau National des Sols
CAP
Certificat d’Aptitude Pédagogique
CCE
Comité Communal d’Education
CCEB
Chef de Circonscription d’Education de Base
CE1/2
Cours Elémentaire 1ère /2ème année
CEAP
Certificat Elémentaire d’Aptitude Pédagogique
CEB
Circonscription d’Education de Base
CEG
Collège d’Enseignement Général
CEP
Certificat d’Etudes Primaires
CEPS
Construire une Ecole Pour le Sahel
CM
Centre Médical
CM1/2
Cours Moyen 1ère /2èmeannée
CMB
Chambre des Mines du Burkina
CNPE
Comité National de Politique Economique,
CP1/2
Cours Préparatoire 1ère /2ème année
CPI
Conseiller Pédagogique Itinérant
CSPS
Centre de Santé et de Promotion Sociale
DPENA
Direction Provinciale de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation
DRENA
Direction Régionale de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation
DRESS
Direction Régionale des Enseignements Secondaire et Supérieur
EBCVM
Enquête Burkinabè sur les Conditions de Vie des Ménages
F CFA
Franc des Communautés Financières d'Afrique
IAC
Instituteur Adjoint Certifié
IC
Instituteur Certifié
IEPD
Inspecteur de l’Enseignement du premier Degré
INSD
Institut National de la Statistique et de la Démographie
IP
Instituteur Principal
IPE
Initiative Pauvreté Environnement
IPEC
Programme international pour l'élimination du travail des enfants
ITIE
Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives
iv
MASSN
Ministère de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale
MECV
Ministère de l’Environnement et du Cadre de Vie
MENA
Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation
O.N.G
Organisation Non Gouvernementale
OSEP
Organisation du Sport à l’Ecole Primaire
PAN
Plan d’Action National
PNUD
Programme des Nations Unies pour le Développement
PNUD/PNUE Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)/
Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE)
RGPH
Recensement Général de la Population et de l’Habitat
SCADD
Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable
TBA
Taux Brut d’Admission
TBS
Taux Brut de Scolarisation
UNICEF
Fonds des Nations unies pour l'Enfance
v
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Grille conceptuelle ...................................................................................................................... 17
Tableau 2 : Hauteur d’eau et nombre de jours de pluies par an de 2008 à 2012. ................................... 23
Tableau 3 : production des cultures vivrières de la province du Sanguié de 2006 à 2011. ................... 28
Tableau 4 : Evolution en tonnes de la production vivrières de la province du Sanguié
2007 à 2011 ...................................................................................................................................................... 45
Tableau 5 : évolution des effectifs scolarisables et scolarisés au primaire dans la province du
Sanguié de 2008/2009 à 2012/2013. ............................................................................................................. 55
Tableau 6 : évolution des effectifs scolarisables et scolarisés au post-primaire dans la province
du Sanguié de 2008/2009 à 2012/2013 ......................................................................................................... 56
Tableau7 : évolution du taux de promotion de la 6e en 4e par sexe et par classe dans la province du
Sanguié de 2007/2008 à 2012/2013. ............................................................................................................. 63
Tableau 8 : évolution du taux de redoublement en CM2 dans la province du Sanguié de
2007/2008 à 2012/2013. ................................................................................................................................. 64
Tableau 9 : évolution du taux de redoublement au post-primaire par classe dans la province du
Sanguié de 2007/2008 à 2012/2013 .............................................................................................................. 65
Tableau 10 : évolution des taux d’abandon au primaire de 2007/2008 à 2012/2013 au Sanguié ......... 66
Tableau 11 : évolution des taux d’abandon au post- primaire de 2007/2008 à 2012/2013 au
Sanguié .............................................................................................................................................................. 66
Tableau 12 : évolution du taux d’achèvement au primaire dans la province du Sanguié de
2007/2008 à 2012/2013 .................................................................................................................................. 67
Tableau 13 : Evolution des résultats au CEP dans les CEB de Réo I, Réo II, Kyon et dans la
province du Sanguié de la session 2009 à celle de 2013. ........................................................................... 68
Tableau 14 : Evolution des effectifs au primaire dans les communes de Réo et de Kyon de
2008/2009 à 2012/2013. ................................................................................................................................. 72
Tableau 15 : Evolution des effectifs au post-primaire dans les principaux établissements des
communes de Réo et de Kyon. ...................................................................................................................... 72
Tableau16 : Taux des élèves ayant obtenu la moyenne d’au moins 5/10 lors des évaluations
trimestrielles de 2012/2013 par cours, dans la province du Sanguié. ....................................................... 74
Tableau 17 : Evolution du taux de succès au BEPC dans deux établissements des communes de
Réo et Kyon de 2010 à 2013. ......................................................................................................................... 75
Tableau 18 : situation des abandons liés à l’orpaillage dans les 6 CEB du Sanguié touchés par le
phénomène en 2013 ......................................................................................................................................... 83
Tableau 19 : Situation des abandons liés à l’exploitation minière dans les établissements enquêtés
au niveau post-primaire selon le motif et le sexe, dans les communes de Réo et de Kyon de
2011/2012 à 2012/2013. ................................................................................................................................. 84
vi
LISTE DES FIGURATIONS
 Cartes :
Carte n°1 : Localisation des communes concernées par l’étude .......................................................... 19
Carte 2 : Géologie et distribution des autorisations d’exploitation artisanale au Burkina Faso ......... 21
Carte 3 : distribution des sites d’exploitation minière dans les communes de Réo et de Kyondu
Sanguié de 2008/2009 à 2012/2013 ..................................................................................................... 35
Carte n°4 : répartition de l’intensité des activités minières artisanales dans les communes de la
province du Sanguié en 2012/2013………………………………………………………………..…..77
Carte N°5 : distribution des taux d’échec aux évaluations scolaires dans la province du Sanguié
en 2012/2013……………………………………………………………………………………….…78
Carte n° 6 et 7: évolution de l’envergure des abandons dans des écoles de Réo et de Kyon non à
proximité des sites aurifères avant et au cours de l’activité minière……………………………….…81
Carte n°8 et 9 : évolution de l’envergure des abandons dans des écoles de Réo et de Kyon à
proximité des sites aurifères avant et au cours de l’activité minière…………………………………82
 Autres graphiques
Graphique n°1 : Evolution du TBA au primaire dans la province du Sanguié par sexede 2007/2008
à 2012/2013.......................................................................................................................................... 58
Graphique n°2 : Evolution du TBA au post- primaire dans laprovince du Sanguié de 2007/2008 à
2012/2013 ........................................................................................................................................... .59
Graphique n°3:Evolution du taux brut de scolarisation au primaire par sexe dans la province du
Sanguié de 2007/2008 à 2012/2013 ..................................................................................................... 60
Graphique n°4 : Evolution du taux brut de scolarisation au post- primaire par sexe dans la
province du Sanguié de 2007/2008 à 2012/2013 ................................................................................. 61
Graphique n°5:Evolution des résultats au CEP dans la province du Sanguié de 2008 à 2013 ............ 68
vii
LISTE DES PHOTOGRAPHIES
Photo 1: Extraction à ciel ouvert sur un site artisanal à Zoula (commune de Réo) ............................. 37
Photo 2 : Puits vertical dans une extraction souterraine à Guido (commune de Réo) ......................... 38
Photo 3 : Engins d’orpailleurs sur un site en ouverture à Kyon ......................................................... 44
Photo 4 : Champ agricole après le passage des orpailleurs à Guido (commune de Réo) .................... 43
Photo 5 : Des fillettes en activité sur un site d’orpaillage à quelques encablures de Zilivèlè
(Commune de Kyon)………………………………………………………………………………….46
Photo 6 : des élèves transportant le minerai pour le laver au marigot………………………………..49
Photo 7 : des enfants remplissant leurs bidons d’eau pour aller vendre sur les sites .......................... 50
Photo 8 : Des élèves du primaire en plein lavage de minerai à Zoula (commune de Réo) ................. 51
viii
RESUME
Autrefois quasi inexistante dans la province du Sanguié, l’exploitation minière va y faire son
apparition autour de l’année 2005. Elle débute d’abord par le secteur artisanal, suivi en 2007 du secteur
industriel avec l’installation et la mise en activité de la mine de zinc de Perkouan. Activité connue pour ses
impacts socio-économiques sur les populations riveraines des sites, elle suscite des inquiétudes quant à ses
effets néfastes sur le système éducatif dans la région. Alors, on peut s’interroger sur les répercussions de
l’activité minière sur la scolarisation des enfants dans les communes de Réo et de Kyon (province du
Sanguié), localités abritant à la fois plusieurs sites miniers artisanaux et le site industriel.
Pour répondre à cette préoccupation, nous nous sommes fixés comme objectif, d’analyser les effets
directs et indirects de l’exploitation minière sur les indicateurs d’efficacité et qualité de l’école. Cette analyse
a pour but de vérifier l’hypothèse selon laquelle, l’exploitation minière exerce une influence sur la
scolarisation des enfants dans les communes de Réo et de Kyon.
Pour atteindre cet objectif, nous avons opté pour une démarche basée sur une recherche documentaire
qui nous a permis de dégager les variables et les indicateurs appropriés. En se référant à ces derniers, nous
avons bâti une méthodologie de recherche fondée sur une approche systémique dont la mise en œuvre nous a
conduits à des enquêtes et des observations sur le terrain pour collecter les données nécessaires à notre étude.
Les résultats de ces travaux font ressortir que l’exploitation minière exerce un double effet sur la
scolarisation des enfants dans la province. D’une part, elle contribue à l’amélioration de l’efficacité
quantitative du système éducatif à travers les investissements sociaux de son secteur industriel, les emplois
créés et les revenus qui en sont tirés dont une partie est destinée à soutenir la scolarisation des enfants ; d’autre
part, le secteur artisanal de l’activité qui est moins structuré, comporte de nombreuses répercussions néfastes
sur la qualité et l’efficacité interne du système surtout dans les localités où se déploient ses sites. En effet, en
raison du désordre qui règne sur les sites artisanaux, les enfants scolarisables et scolarisés y ont accès pour
vendre leur force de travail. L’implication des élèves dans les activités minières entraîne une hausse des taux
d’absence aux cours, une baisse du rendement des élèves. Tout cela a pour conséquences des taux de
promotion et de réussite aux examens de fin de cycle médiocres. Par ailleurs, les jeunes filles scolarisées
contractent fréquemment des grossesses précoces avec des travailleurs miniers ; ce qui les contraint le plus
souvent à quitter l’école. En somme, telle que pratiquée aujourd’hui, l’exploitation minière cause plus de
nuisance au système éducatif dans les communes de Réo et de Kyon car, ce sont la qualité et l’efficacité
interne même de l’institution scolaire qui sont affectées C’est pourquoi, il est urgent que des mesures
énergiques et courageuses soient prises pour retirer les enfants des sites artisanaux, encourager les
investissements sociaux du secteur et veiller à l’application rigoureuse des textes sur ces sites.
Mots clés : Réo, Kyon, l’exploitation minière, scolarisation; indicateur de qualité interne ;
indicateur de qualité quantitative.
.
ix
INTRODUCTION GENERALE
État enclavé de l’Afrique sahélienne, le Burkina Faso est situé en Afrique de l’ouest dans la boucle
du fleuve Niger. Il couvre une superficie de 274.200 km2 et s’étend entre 9° 25’ et 15° 05’ de latitude
Nord, 2° 20’ de longitude Est et 5° 30’ de longitude Ouest.
D’après le recensement général de la population et de l’habitat de l’Institut National de la
Statistique et de la Démographie (INSD, 2006), le pays compte 14. 017.262 habitants dont 51.7% de
femmes. Cette population est composée majoritairement de jeunes avec 46,4% ayant moins de quinze
(15) ans et 59.1% ayant moins de vingt (20) ans.
L’économie du pays est essentiellement basée sur l’agriculture et l’élevage qui occupent près de
90% de la population active et, jusqu’en 2002, ils contribuaient toujours pour 44% au PNB (statistiques
du Ministère de l’économie et des finances, 2002).
Cependant, à partir des années 1980, en raison de la conjoncture économique, les matières
premières sont portées sur le marché mondial. Les richesses naturelles du sous-sol, alliées à la
disponibilité des capitaux pour l’exploration et l’exploitation de ces ressources, vont créer des conditions
favorables pour le développement de projets miniers (Banque Mondiale, 2008). Le pays tente de saisir
cette opportunité pour augmenter les recettes d’exportation, stimuler la croissance économique, créer des
emplois et lutter contre la pauvreté. Le déploiement du secteur minier est justifié par sa capacité supposée
à entraîner l’ensemble de l’économie sur le chemin de la croissance, et donc du développement
économique (Campbell et al. 2004).
La libéralisation du secteur, le code minier et les mesures fiscales souples vont être les moyens
d’attraction des investisseurs privés étrangers.
À partir de 2008, plusieurs mines industrielles ont été inaugurées parmi lesquelles nous pouvons
retenir celles de Taparko, Youga, Mana, Essakane, Perkouan, etc. Cette exploitation industrielle coexiste
avec celle artisanale qui est plus ancienne. L’extraction artisanale s’est maintenue, s’est même amplifiée
et se rencontre dans toutes les régions du pays. Les mines industrielles se sont souvent implantées sur des
sites aurifères déjà identifiés et exploités de manière artisanale par les populations locales.
Cette dernière décennie, le secteur minier constitue une composante essentielle dans le
développement économique et social du pays et joue un rôle important dans l’économie nationale. La part
de l’exploitation de l’or dans le PIB est croissante et a atteint 8% (ministère de l’économie et des finances,
2011).
Mais, si le développement du secteur minier est source d’espoir pour une amélioration de la
situation économique et sociale du pays en raison des emplois et des devises qu’il fait entrer, il n’en
demeure pas moins qu’il implique de nombreux défis à relever. Son impact s’étend pratiquement à tous
les domaines. L’environnement et le social sont les secteurs les plus concernés. En s’intéressant
particulièrement au volet social et plus précisément au domaine de l’éducation, le constat est qu’en
1
même temps que cette activité génère des revenus susceptibles d’être utilisés pour améliorer les
indicateurs de la scolarisation, elle entraîne parallèlement le travail des enfants dans les mines,
notamment dans celles exploitées artisanalement. Selon une étude de l’INSD (2006), près de 27 400
enfants de 6 à 17 ans (scolarisables) travaillent dans les secteurs de l’industrie extractive. Ils représentent
12% des orpailleurs permanents (Salembéré, 2001). Certains sont des élèves qui ont quitté l’école pour se
consacrer entièrement aux activités de la mine.
Au regard des implications du phénomène sur la scolarisation des enfants, et en tenant compte du
fait que l’exploitation minière est une question d’importance tant sur le plan national qu’international, il
est apparu intéressant d’examiner un thème en lien avec cette problématique dans la province du Sanguié
et plus précisément dans les localités de Réo et Kyon. Le thème de recherche retenu s’intitule :
« L’impact de l’exploitation minière sur la scolarisation des enfants dans la province du Sanguié :
cas des communes de Réo et de Kyon ». Il se veut être une contribution à une meilleure appréhension de
l’ampleur du phénomène et de ses impacts pour une prise de conscience collective de tous les
intervenants dans le secteur des mines. Cette prise de conscience pourra conduire à des mesures et
résolutions à même d’apporter des solutions au problème de scolarisation en lien avec l’exploitation
minière.
La substance du travail est structurée en quatre chapitres répartis entre les deux parties constitutives
du présent mémoire :
 La première partie aborde le contexte général de l’étude et comprend deux chapitres. Le premier
chapitre présente le cadre opératoire de la recherche et le second, le cadre physique et humain de
la zone de l’étude.
 La deuxième partie qui fait l’examen de l’impact de l’exploitation minière sur la scolarisation
dans la zone d’étude, est également structurée en deux chapitres. Le premier chapitre présente les
caractéristiques de l’activité minière, ses apports et ses limites dans les communes de Réo et de
Kyon. Le deuxième chapitre traite des incidences de cette activité sur la scolarisation des enfants
dans ces mêmes localités.
2
PREMIERE PARTIE
LE CONTEXTE GENERAL DE L’ETUDE.
Cette première partie traite dans un premier temps du cadre opératoire de la recherche à travers la
présentation du contexte, de la justification et de la démarche méthodologique. En second temps, elle
présente la zone d’étude en s’intéressant à ses aspects physiques et humains.
3
CHAPITRE I : LE CADRE OPERATOIRE DE LA RECHERCHE
I –LE CONTEXTE ET LA JUSTIFICATION
I-1-La problématique
Le Burkina Faso dispose d’un potentiel minier assez riche et varié. En effet, le sous-sol du pays
regorge de ressources minières telles que l’or, le manganèse, la bauxite, le zinc, le marbre et bien d’autres
(C.M.B, 2011). Cette richesse minière a été pendant longtemps peu exploitée. Hormis la mine d’or de
Poura et la mine de manganèse de Tambao qui étaientt à exploitation industrielle, il n’y avait sur le
territoire national, que des sites d’exploitation artisanale. En 2003, le gouvernement a procédé à la
révision de la législation minière pour attirer les investisseurs dans ce domaine. Cette mesure a entraîné
entre 2007 et 2011, l’ouverture de plusieurs sites miniers à exploitation industrielle dans ce pays où, le
coton constituait le principal produit d’exportation1. Selon l’ONG Terre des Hommes, on dénombrait
également en 2011, quelque 800 sites miniers à exploitation artisanale qui œuvrent aux côtés des sites
industriels.
A la faveur de ce regain d’activités dans le domaine, l’or est devenu une denrée d’exportation bien
cotée dans le pays. Selon le Ministère de l’Economie et des Finances, entre 2007 et 2011, il a constitué un
apport de 440 milliards de francs CFA, représentant 64,7 % de l’ensemble des exportations et 8 % du
PIB. En mars 2007, il y a eu le démarrage des travaux de construction de la mine de zinc à Perkouan
(province du Sanguié).
Selon toujours le Ministère de l’Économie et des Finances, l’expansion que connaît l’exploitation
minière depuis la dizaine d’années a fait du pays l’un des principaux producteurs d’or d’Afrique.
Les retombées de l’activité, qu’elle soit artisanale ou industrielle sont multiples. Elles vont de la
réduction du taux de chômage à l’amélioration des conditions de vie des ménages en passant par
l’augmentation des revenus des exploitants. Les revenus directement ou indirectement tirés de l’activité
sont réinvestis dans la santé, l’alimentation, la scolarisation des enfants, etc. soutient TRAORE, D (1989)
cité par Hiry Paul, 2013.
Mais, force est de reconnaître que le dynamisme du secteur minier n’est pas sans effets négatifs
non négligeables. Au plan social, pour ne prendre que ce cas, il est à l’origine de l’exacerbation de
certains fléaux sociaux tels que la prostitution, l’alcoolisme, le banditisme, de la désintégration du socle
social et du tissu familial (journal le Pays du 31 janvier 2008).L’exploitation artisanale en particulier, a
même détourné certains enfants du chemin de l’école. Sur le plan national, on ne dispose pas pour le
moment de chiffres exacts sur le problème, mais toujours est-il qu’il reste d’actualité. À titre illustratif, la
Direction Régionale de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation de la région du Nord a indiqué
1
www.lefaso.net article 25350 de janvier 2008
4
qu'en 2008, 900 enfants n’ont pas pu passer leur examen car, occupés aux activités dans les mines. Elle
estime au cours de l’année 2007-2008 à 3300, le nombre d’élèves travaillant dans les sites d’orpaillage les
jours où ils n’ont pas classe (IRIN, Nouvelles et analyses humanitaires, 2014). Des enfants dont l’âge
est compris entre 6 et 17 ans travaillent donc dans les mines au lieu d’aller à l’école comme cela devrait
l’être.
La présence sur ces lieux peu propices à l’éducation de cette jeunesse scolarisable ou scolaire
suscite de nombreuses interrogations. Pourquoi des enfants d’âge scolaire (6-16 ans) 2sont-ils sur les sites
miniers au lieu d’être à l’école ? Quelle est l’ampleur réelle du phénomène au Burkina et particulièrement
dans la province du Sanguié ? Quel dispositif existe-t-il pour endiguer le phénomène ?
Autant de préoccupations qui amènent à se demander quelle est la place réelle de l’exploitation
minière dans un pays pauvre et au système éducatif rencontrant de nombreuses difficultés comme le
Burkina Faso ?
Dans le cadre de ce mémoire, il serait prétentieux de traiter la question au niveau national. Aussi,
avons-nous choisi de centrer les investigations sur les sites miniers de la province du Sanguié où des
enfants travaillent principalement dans les mines à exploitation artisanale (BACYE M, 2012).L’intérêt
sera particulièrement porté sur ceux des communes de Réo et de Kyon qui expriment de façon éloquente
la situation ci-dessus évoquée.
Le fait le plus préoccupant est le désintérêt des enfants vis-à-vis de l’école au profit de la mine. Il
convient donc d’inclure l’influence de l’exploitation minière dans la problématique de la scolarisation des
enfants dans la province.
Alors, il s’agit de façon globale, de mesurer la contribution réelle de l’exploitation minière à
l’amélioration de la scolarisation des enfants dans la localité.
En effet, l’éducation a pour finalité de développer les potentialités physiques, affectives,
intellectuelles de l’enfant en vue de son intégration harmonieuse dans la société. Elle est une mission
dévolue à l’école (loi d’orientation de l’éducation du Burkina Faso, 2007) et contribue à poser des assises
solides pour l’acquisition de compétences indispensables à la consolidation du capital humain, condition
indispensable pour le décollage économique et l’émergence du pays (SCADD, 2011). Ki ZERBO ne
disait-il pas dans son ouvrage « Eduquer ou périr », que l’éducation est la panacée pour le développement
de l’Afrique, en ce sens que c’est elle qui pose les jalons du changement ?
Mais, malgré la nécessité et l’obligation scolaire, malgré les risques que présente la mine, les
enfants sont toujours présents dans ces lieux.
Il est évident que la non-prise en compte de ce phénomène aura sans doute des conséquences
graves sur leur devenir. Ces conséquences, selon Hassane Sankara du Cadre de Concertation des ONG
2
Selon la loi N°013-2007/AN portant Loi d’orientation de l’éducation.
5
et associations actives en éducation de base cité dans IRIN NEWS du 2 septembre 2012 3, à long terme,
peuvent anéantir la rentabilité des investissements consentis depuis des années pour relever les taux de
scolarisation. Ils vont alors compromettre tout le système éducatif dans son ensemble et favoriser
l’accroissement des maux sociaux tels que le chômage, la prostitution, le banditisme et partant, freiner le
développement du pays.
Aussi, ces inquiétudes sont légitimées par le paradoxe lié à l’amélioration des conditions de vie
qu’est sensée procurer l’exploitation minière et la déscolarisation qu’elle est entrain d’entraîner étant
entendu que le taux de scolarisation est un indicateur d’un mieux-être selon le PNUD.
En vue d’apporter des réponses adéquates à ces préoccupations, il convient de se fixer des
objectifs et d’émettre des hypothèses.
I-2-Les objectifs de l’étude
L’objectif global de l’étude est de contribuer à une meilleure connaissance des répercussions de
l’exploitation minière sur la scolarisation des enfants dans les communes de Réo et de Kyon.
Spécifiquement il s’agit :
 de faire une description analytique des indicateurs d’efficacité quantitative, d’efficacité et de
qualité interne de l’école dans les communes de Réo et de Kyon ;
 de mesurer les effets directs et indirects de l’exploitation minière sur les indicateurs d’efficacité
quantitative, d’efficacité et de qualité interne de l’école dans les communes de Réo et de Kyon.
 d’identifier les déterminants de l’implication des enfants d’âge scolaire dans les activités minières.
I-3-Les hypothèses de l’étude
La principale hypothèse de l’étude est que l’exploitation minière exerce une influence sur la
scolarisation des enfants dans les communes de Réo et de Kyon.
-
De façon spécifique disons:
-
les indicateurs d’efficacité et de qualité interne de l’école sont en baisse dans les communes de
Réo et de Kyon ;
-
l’activité minière exerce directement ou indirectement une influence sur la qualité et l’efficacité
interne de l’école dans les communes de Réo et de Kyon ;
-
Des raisons socio-économiques amènent les enfants à s’adonner à l’activité minière au détriment
de l’école ;
3
http://www.irinnews.org
6
I-4- Les variables d’étude
Pour les hypothèses ci-dessus énumérées, les variables d’étude retenus sont les suivants :
-
pour la première hypothèse : l’accessibilité de l’école, la qualité et l’efficacité interne de l’école.
-
pour la deuxième hypothèse : les retombées socio-économiques de l’activité minière, la
destination des revenus tirés de l’activité minière, les effets de l’activité minière sur les indicateurs
de qualité et d’efficacité interne de l’école.
-
Quant à la troisième hypothèse, les variables retenus sont les déterminants du travail des enfants
dans les sites miniers.
II- LA METHODOLOGIE DE RECHERCHE
L’investigation se focalise sur l’activité minière et son incidence sur la scolarisation des enfants.
Le problème étant transversal, l’approche systémique qui consiste à recueillir, stocker, organiser les
informations et à établir des liens logiques entre les différents facteurs, est suggérée pour traiter de la
question.
Pour la collecte des données, une recherche documentaire a été faite. Cette recherche est
complétée par des sorties de terrain au cours desquelles des entretiens ont été réalisés et des
questionnaires administrés auprès des populations cibles.
II-1-La recherche documentaire
Les ouvrages traitant de la problématique de l’exploitation minière sont nombreux tant sur le plan
national qu’international. Dans le présent cas, la recherche a été orientée vers l’incidence de l’exploitation
minière sur la scolarisation des enfants.
Les ouvrages de référence, consultés dans les bibliothèques de l’Université de Koudougou, de
l’Ecole Normale Supérieure de Koudougou et sur des sites internet sont : des mémoires, des rapports
d’étude et d’institutions (Ministère de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale, Ministères chargés de
l’Enseignement, l’UNICEF, Human Rights Watch), des articles de presse. Ces ouvrages traitent de
l’exploitation minière, du travail des enfants, de la scolarisation en général et du travail des enfants dans
les mines et carrières en particulier. Cette consultation a permis de collecter les données en rapport avec
la scolarisation, l’exploitation minière industrielle et artisanale et les textes y relatifs, le travail des enfants
dans les sites aurifères. Elle a également permis d’apporter un éclairage sur certains concepts-clés utilisés
dans l’étude à savoir :
7
-
l’impact : c’est l’effet produit par quelque chose, l’influence qui en résulte (Larousse
2009). Il est l’ensemble des répercussions, des conséquences d’un fait, son incidence sur son
environnement.
Dans la présente étude, il s’agit de l’incidence, c’est-à-dire, des effets négatifs et/ou positifs de
l’exploitation minière sur la scolarisation des enfants dans la province.
-
l’exploitation : c’est l’action d’exploiter, de mettre en valeur en vue d’un profit (petit
Larousse illustré de 2009).
Selon la loi N° 031-2003 AN, portant code minier au Burkina Faso, (article 4), l’exploitation est toute
opération qui consiste à mettre en valeur ou à extraire des substances minérales d’un gisement pour en
disposer à des fins utilitaires et comprenant à la fois les travaux préparatoires, l’exploitation proprement
dite, l’installation et l’utilisation de facilités de traitement, d’enrichissement et de transformation de ces
substances. Toujours selon la même loi, il y a l’exploitation artisanale traditionnelle (orpaillage),
l’exploitation semi-mécanisée et l’exploitation industrielle.
L’exploitation artisanale traditionnelle (orpaillage), comprend « Toute opération qui consiste à
extraire et concentrer des substances et à récupérer les produits marchands pour en disposer en utilisant
des méthodes et des procédés traditionnels et manuels.».
Il existe deux catégories de sites d’orpaillage :
La première catégorie, concerne les sites d’orpaillage qui sont confiés à des exploitants ayant
bénéficié d’une autorisation délivrée par les autorités compétentes du Ministère de l’Energie, des Mines
et Carrières. Les détenteurs d’autorisation sont reconnus comme les encadreurs ou les « propriétaires » de
la mine artisanale. C’est à eux seuls qu’incombe la responsabilité de la gestion du site, prenant en compte
l’encadrement, l’organisation et la vente de l’or.
La seconde catégorie de sites aurifères est appelée « Sites sauvages ». Ce jargon n’est pas reconnu
au niveau du Ministère de l’Energie, des Mines et Carrières, mais est très souvent usité sur le terrain. Ce
sont des sites inorganisés, non reconnus officiellement et œuvrant dans l’illégalité. Ces sites ont souvent
un accès incontrôlé ou épars ; tout travailleur (enfant ou adulte) peut y accéder pour sa force de travail.
Précisons que la seconde catégorie des sites aurifères est la plus répandue dans la province du
Sanguié et les sites de la zone d’étude répondent à ce critère à l’exception d’un seul à savoir, le site
industriel de Perkouan.
L’exploitation semi-mécanisée s’effectue dans les mêmes conditions que la première catégorie
d’orpaillage avec pour seule différence, l’utilisation de moyens mécanisés à certains niveaux de la chaîne
de production.
L’exploitation industrielle est faite par des sociétés bien organisées, bien équipées, disposant de
ressources suffisantes et employant des moyens mécanisés (engins lourds) dans toutes les chaines des
8
opérations d’exploitation des substances. Cette forme d’exploitation est légalement reconnue et s’exerce
dans le respect de la législation en vigueur. C’est le cas de Nantou Mining à Perkouan.
-
La scolarisation : selon le petit Larousse illustré de 2011, « La scolarisation est l’action de
scolariser » et scolariser, c’est doter un pays, une région des établissements nécessaires à
l’enseignement de toute sa population. C’est aussi admettre un enfant ou un groupe d’enfants à
suivre l’enseignement d’un établissement scolaire jusqu’à l’âge scolaire révolu qui est fonction de
la législation scolaire de chaque pays. Le Burkina Faso fixe cet âge à seize(16) ans.
La scolarisation d’un pays ou d’une région s’apprécie à travers le taux brut et le taux net de
scolarisation, le maintien qui se mesure par une bonne fréquentation scolaire, un bon taux d’achèvement,
de promotion et de réussite aux examens de fin de cycle.
-
L’enfant : L’enfant se comprend comme étant la fille ou le garçon qui est encore dans la période
de l’enfance.
La définition juridique de l’enfant résulte des différents instruments juridiques internationaux et
régionaux et de la législation nationale. Aussi, selon l’article 1er de la convention relative aux droits de
l’enfant, celui-ci se définit comme « tout être humain âgé de moins de 18 ans, sauf si cette majorité est
atteinte plus tôt en vertu de la législation qui lui est applicable ».
La législation scolaire au Burkina-Faso fixe cet âge de 6 à 16 ans, du primaire au post-primaire
(du CP1 à la classe de 3e). Pour la présente étude, le mot enfant concerne les enfants du primaire et du
post-primaire, c’est-à-dire ceux âgés de 6 à 16 ans révolus.
II-2-La justification du choix du site d’étude
Bien que le phénomène soit d’envergure nationale et même au-delà, nous avons estimé que pour
plus d’objectivité et d’efficacité, il était judicieux de circonscrire la zone d’investigation. C’est pourquoi,
une entité territoriale à la taille d’une province a été retenue, en l’occurrence celle du Sanguié. Le Sanguié
est l’une des quatre provinces que compte la région du Centre-Ouest. Elle se localise à 12°19 de latitude
Nord et 2°28 de longitude Ouest, couvre une superficie de 5178 km2 avec une population estimée à
297230 habitants (RGPH, 2006).
La province héberge un site minier industriel (Nantou Mining) à Perkouan et plusieurs sites
d’orpaillage localisés à Perkouan, mais aussi dans d’autres communes ou villages comme Dassa, Kyon,
Bonyolo, Sandié, Guido (journal le pays du 31 janvier 2008). Sur le terrain, il a été constaté aussi bien
dans le site industriel de Perkouan que dans les sites artisanaux, que plusieurs habitants de la localité
s’emploient ou sont employés dans l’activité minière. Parmi les travailleurs des sites artisanaux, certains
sont des enfants. Les visites sur le terrain ont permis de se rendre compte que certains d’entre eux ont été
à l’école et l’ont quittée après pour la mine.
9
C’est pour toutes ces raisons que le choix est porté sur la zone du Sanguié qui est assez révélatrice
du phénomène. L’intérêt particulier pour Réo et Kyon se justifie par la coexistence dans ces deux
localités, d’une exploitation industrielle et des sites d’orpaillage, offrant ainsi la possibilité de
comparaison.
II- 3- La revue de littérature
 L’exploitation minière : caractéristiques, organisation
La politique minière mise en route au Burkina Faso, il y a quelques décennies est à l’origine de
l’essor exceptionnel du secteur des mines. L’exploitation minière pour l’essentiel, concerne l’or et se fait
de façon industrielle et artisanale (Comité National de Politique Economique, CNPE, 2013).
L’exploitation de type industriel est caractérisée par une grande couverture de superficie (103.156
2
km , rapport de l’IPE/BURKINA, 2011), l’usage d’équipement moderne d’extraction et de traitement du
minerai, des mesures de protection de l’environnement, de sécurité au travail aux normes officielles, le
respect de la réglementation en vigueur. Elle est en grande partie assurée par des sociétés étrangères.
A la date du 31 décembre 2012, onze (11) permis d’exploitation industrielle étaient délivrés et huit
(8) mines sont mises en phase de production (CNPE, 2013).
Les investissements du secteur minier sont estimés sur la période 2007-2012 à 813,375 milliards
de francs CFA. La mise en exploitation des mines industrielles a entraîné une augmentation exponentielle
de la production aurifère (ITIE, 2012). En effet, selon le Comité National de Politique Economique
(CNPE), entre 2000 et 2007, la production d’or au Burkina Faso ne dépassait pas 0,95 tonne par an. Elle a
été multipliée par presque huit (08) en cinq ans, passant de 5,8 tonnes en 2008 à 42,4 tonnes en 2012.
La méthode d’exploitation dans les mines industrielles est basée essentiellement sur l’utilisation
d’une flotte d’engins miniers comprenant des foreuses, des pelles, des camions, des niveleuses, des
chargeuses et des bouteurs sur pneus et sur chenilles. Pour le traitement du minerai, les exploitants
industriels procèdent par lixiviation et amalgamation. Cela nécessite l’utilisation de grande quantité
d’eau, d’acides et de cyanure.
Dans son rapport final 2011, l’IPE/BURKINA a estimé à 4,73 m3 le volume d’eau qu’il faut pour
la production d’une once d’or. Le même rapport relève l’utilisation des produits chimiques qui peuvent
s’avérer très dangereux pour la santé.
L’exploitation de type industriel emploie des travailleurs (nationaux et internationaux) munis d’un
contrat de travail. C’est ce qu’illustrent des étudiants de l’université de Ouagadougou qui relèvent dans
leur document de synthèse, qu’au niveau de la mine d’or de Younga, en 2009 le nombre de travailleurs
sous contrat s’élevait à 599 dont 323 locaux(document synthèse,4 e année MGD, 2009).
Dans la mine industrielle, les mesures sécuritaires sont de mise. Le port de casque, de bottes, de
gants, de lunettes et tout autre équipement indispensable à la sécurité du travailleur est obligatoire.
10
Cependant, malgré ces dispositions, on relève des accidents de travail. Le rapport final 2011,
IPE/BURKINA indique que des cas de blessures allant de mineures à mortelles ont été signalés dans les
différentes mines du Burkina sans pour autant atteindre des chiffres alarmants.
L’exploitation artisanale traditionnelle, quant à elle, est saisonnière et est surtout l’apanage des
populations rurales. Elle est une pratique ancienne, connue de plusieurs sociétés africaines qui en
faisaient une tradition et une expression de leur puissance. CHAUVEAU J.P, 1979 prend à ce titre,
l’exemple de la société baoulé où l’or était un des traits caractéristiques de sa puissance dans la seconde
moitié du XIV siècle.
De nos jours, l’exploitation artisanale traditionnelle bien que poursuivant des objectifs autres que
d’antan, reste d’actualité. Elle a connu un dynamisme ces dernières décennies et se pratique dans les
treize régions du Burkina (CNPE, 2013).
Selon la réglementation en vigueur dans le secteur minier (LOI N° 031-2003/AN du 08 mai 2003,
portant code minier au Burkina), l’activité est soumise à une autorisation de l’administration des mines.
Elle doit également se pratiquer dans le respect des normes de santé publique et de sécurité au travail, de
préservation de l'environnement et de commercialisation des produits.
Malgré ces dispositifs légaux, l’exploitation artisanale traditionnelle se caractérise par sa clandestinité et
ses modes d’exploitation archaïques et anarchiques des gisements.
A ce propos, le Journal l’opinion (n°838 du 13 au 19 novembre 2013) affirme que le nombre
d’autorisations d’exploitation artisanale valides sur plus de 700 sites dénombrés en 2013, était de 177.
A la première réunion des CNPE à Cotonou
en juillet 2013, la délégation du Burkina, dans sa
communication insiste sur le caractère incontrôlable et toute l’anarchie qui règnent au sein du secteur.
Elle déclare à cet effet : « L’Etat, dans un premier temps, a voulu responsabiliser et inciter à
l’organisation en attribuant des autorisations d’exploitation artisanale. Cependant, à l’évidence la
réflexion doit être approfondie.
Le secteur ne peut pas être contrôlé par une simple règlementation. De nos jours… la production
déclarée tourne autour d’une moyenne de 450kg par an depuis 2000. A partir de 2007, la production
déclarée a certes augmenté, mais reste quasi constante autour d’une moyenne de 480 kg par an.
Si l’on considère l’accroissement du nombre de sites chaque année, on évalue aisément la production
réelle dans ce secteur à environ 2 tonnes d’or par an. Près de 1,5 tonnes d’or sont perdues chaque année
du fait de la fraude. »
Dans ce type d’exploitation, l’équipement d'exploitation utilisé est généralement rudimentaire,
archaïque donc très souvent inadéquat. HIRY P. 2013, dans sa communication sur« Impact des sites
aurifères sur l’éducation » souligne que des outils très simples tels que pelles, pics, pioches, seaux,
calebasses, pièces métalliques diverses, bouteilles de gaz sciées constituent l’équipement de base des
11
artisans miniers. Il note que la précarité des moyens et les carences techniques conduisent fréquemment à
un dramatique écrémage des gisements donc, à un fort manque à gagner pour le mineur.
Les techniques et méthodes d’exploitation pratiquées dans les mines artisanales sont tout aussi archaïques
que le matériel. Pour l’exploitation des gîtes filoniens, la technique consiste à foncer des puits verticaux
dans le stérile.
KEITA S. 2001, dans son étude sur les mines artisanales et les exploitations minières à petite
échelle au Mali précise que dans le cas de gîte filonien, l’accès au filon s’effectue par un système de
galeries latérales rayonnantes. Ces galeries atteignent souvent les nappes phréatiques nécessitant
l’intervention des femmes pour l’exhaure. Il poursuit en disant que les méthodes de traitement du minerai
sont grossières et peu élaborées. Le traitement dont les principales étapes consistent au broyage, au
meulage, au lavage, au vannage…, est le plus souvent relégué aux femmes et aux enfants.
Il relève également l’usage de produits chimiques dans le traitement du minerai. Ce point de vue
est confirmé dans le rapport final 2011, IPE/BURKINA qui souligne que dans mines artisanales au
Burkina, des produits chimiques et acides tels que le mercure, le cyanure sont utilisés.
En raison des outils, des techniques et méthodes employés, l’exploitation minière artisanale se
révèle être très demandeuse de main-d’œuvre. Il y a plus de 700 000 personnes qui participent activement
à l’exploitation minière artisanale au Burkina (Rapport synthèse, atelier sous régional, BAMAKO
2013).Cette activité emploie même des enfants ayant un âge compris entre 6 et 17 ans. En 2006, l’ONG
Terre des Hommes, Lausane a estimé à 200 000, le nombre d’enfants travaillant dans les mines
artisanales au Burkina Faso4.
YARO Y. (1996), dans son document «les jeunes chercheurs d’or d’Essakane » relate qu’entre 5
à 8% des orpailleurs sont des enfants de 13 à 15 ans. Sans avoir épuisé leur scolarisation obligatoire, ils
sont obligés de descendre dans des puits d’extraction des minerais souvent profonds de 15 à 60 mètres.
Pour cet auteur et pour bien d’autres, l’orpaillage mobilise un nombre important d’enfants issus le plus
souvent de couches sociales défavorisées et cela, aux dépens de l’école.
 Exploitation minière : impacts
L’exploitation minière, qu’elle soit industrielle ou artisanale impacte aussi bien positivement que
négativement les milieux physiques et humains.
Les impacts positifs concernent la création d’emplois, de revenus, la réalisation d’infrastructures socioéconomiques et bien d’autres externalités liées à l’implantation des mines.
La plupart des ouvrages consultés font ressortir que l’exploitation minière de façon générale, est
une grosse pourvoyeuse d’emplois et par conséquent, un moyen de lutte contre le chômage.
4
http://www.irinnews.org, consulté le 02/09/2012
12
A ce propos, le Ministère de l’Environnement et du Cadre de Vie (MECV) dans son rapport final
d’ « analyse économique du secteur des mines, liens pauvreté et environnement » 2011, précise que
l’industrie minière et les services connexes fournissent plus de 9 000 emplois directs et 27 000 emplois
indirects. Ils font vivre près de 300 000 personnes.
Quant à l’exploitation artisanale, le PNU-DPNUE, 2011 cité dans le rapport du Ministère de
l’Environnement et du Cadre de Vie, estime que plus d’un million de personnes bénéficient des revenus
qui en sont tirés.
En plus des emplois et revenus issus de l’activité minière, il faut noter que les sociétés
industrielles investissent dans la réalisation d’infrastructures socio-économiques telles que les routes, les
écoles, les services de santé… A cela s’ajoute les taxes et autres impôts versés aux collectivités ou à
l’Etat. En effet, au cours de l’année 2012, le montant total perçu par l’Etat Burkinabè à titre de taxes et de
redevances a été de 189,565 milliards de francs (CNPE, 2013).
Pour ce qui concerne les effets néfastes en lien avec l’exploitation minière, ils sont évoqués par la
plupart des auteurs qui se sont intéressés au sujet, tant au niveau industriel qu’artisanal. Ces impacts
négatifs selon Keita S., 2001, peuvent se résumer en trois catégories à savoir : les impacts
environnementaux, les impacts sociaux et le problème du travail des enfants sur les sites miniers.
De façon globale, l’exploitation minière modifie les paysages des régions. BOUTARE I. et al
(2011), dans leur traité intitulé : « Aspects environnementaux liés au développement du secteur minier en
Afrique de l’Ouest », relève que la manifestation la plus visible de l’activité minière est la modification
des paysages due aux déblaiements de terrains stériles, qui entraîne une dégradation importante de la
zone.
HIRY P. (2013), souligne que les activités minières représentent une menace pour les écosystèmes
naturels. En effet, soutient-il, les camps miniers produisent des déchets qui peuvent être des sources de
pollution des sols, des eaux, des airs…Des effets néfastes sont également relevés sur le couvert végétal, la
faune. BOUTARE I., ajoute que la déforestation, le creusage de puits, la pollution … sont source de
régression des terres cultivables.
Au niveau social, les impacts négatifs couramment évoqués sont l’afflux massif des populations,
la dégradation rapide des mœurs et les accidents.
DEMBELE(2008), signale que sur la plupart des sites miniers traditionnels au Burkina, la
prostitution, l’usage de stupéfiants, l’escroquerie et même la criminalité ont tendance à s’y développer.
La situation est d’autant plus grave en raison de la nette insuffisance des infrastructures sociales. A
propos de stupéfiants, le journal «le Pays » du 31 janvier 2008, rapporte que sur les sites d’orpaillage dans
la province du Sanguié, la plupart des orpailleurs en font usage pour, disent-ils, avoir le courage de
descendre dans les puits. Des puits qui, effectivement présentent des risques d’effondrement étant entendu
13
que les règles minimales de sécurité n’y sont jamais respectées, alimentant ainsi les statistiques des
accidents mortels.
A ces maux s’ajoutent l’exploitation sexuelle des mineurs et l’abandon des activités économiques
traditionnelles au profit de celles de la mine.
Sur le plan sanitaire, les travailleurs miniers sont exposés à plusieurs maladies dont les plus
fréquentes sont celles liées à l’absorption de la poussière. Le rapport final, 2011 du Ministère de
l’Environnement et du Cadre de Vie relève entre autres les affections pulmonaires (silicose, bronchites,
etc.), affections oculaires et dermatologiques diverses.
Autres effets indésirables de l’activité minière, qui sont du reste, le fait exclusif de la section
artisanale, est le travail des enfants dans les sites. A ce sujet, Yaro Y. (1996), fait ressortir que l’orpaillage
mobilise un nombre important d’enfants qui interviennent dans tous les maillons de production de l’or :
creusage, transport, tamisage et vannage. Cet auteur estime que dans les mines artisanales au Burkina,
environ 20 à 25% des effectifs des orpailleurs sont des enfants de moins de 15 ans.
 Le travail des enfants dans les mines et la scolarisation
Le travail des enfants n’est pas un phénomène récent. L’enfant a toujours participé à l’économie
familiale surtout dans les pays en voie de développement à travers les travaux agricoles et domestiques.
Selon le BIT, en 2004, l’Afrique Subsaharienne constitue la partie du monde où le travail des enfants
continue de pendre de l’ampleur. Il y a été dénombré entre 2000 et 2004 plus de 48 millions d’enfants
économiquement actifs. Le même organisme fait remarquer que le Burkina Faso est l’un des pays
africains où le pourcentage d’enfants travailleurs est très élevé, 51%. Cette situation est confirmée par
l’Enquête Prioritaire (EP) et l’Enquête Burkinabè sur les Conditions de Vie des Ménages (EBCVM)
réalisées respectivement en 1998 et en 2003 dont les résultats mettent en avant l’ampleur du phénomène.
Par ailleurs, des rapports d’enquêtes ponctuelles du BIT en 2004 et 2006 ont permis d’établir que
la majorité des enfants travailleurs se trouve dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et surtout ces
derniers temps, dans l’exploitation artisanale de l’or.
Les principaux déterminants du travail des enfants au Burkina Faso relevés par la plupart des
auteurs sont: les pesanteurs socioculturelles, la pauvreté, le niveau de vie des ménages, les conditions de
travail et les techniques de production utilisées dans les mines.
De tous ces déterminants, la pauvreté est identifiée par de nombreux auteurs comme principale
cause du travail des enfants. GNOUMOU/TOMBIANO B. (1997) conclut son mémoire sur le travail des
enfants à Ouagadougou en soutenant que l’état de pauvreté des familles amène les enfants à entrer en
activité pour apporter leur contribution au revenu familial. BONNET M., (1993), tiré du mémoire de
GNOUMOU, affirme que plus une famille est pauvre, plus elle est vulnérable. Il poursuit en disant
14
qu’une telle famille ne dispose pas d’assise économique capable d’offrir une flexibilité suffisante pour
traverser des passages difficiles, d’où la mise au travail des enfants de façon précoce.
Cependant, plusieurs études révèlent que le travail des enfants de façon générale, affecte leur
rendement scolaire. TRAORE /RABO S. (2006), conclut ses travaux sur le phénomène en observant que
la plupart des enfants échouent à l’école non pas parce qu’ils ne sont pas intelligents, mais à cause des
multiples travaux auxquels ils sont assujettis en marge des activités scolaires. Chez les enfants travailleurs
dans les mines, la situation est encore plus dramatique. Selon, BACYE M. (2013), les abandons, les
redoublements, les exclusions sont beaucoup plus accrus chez les élèves orpailleurs, tandis que leurs taux
de réussite aux examens décroissent. Dans la même lancée, Yaro Y. (1996) précise que les enfants
scolarisés et scolarisables des villages environnants des sites s’y retrouvent dans l’espoir d’avoir de l’or.
Ainsi, les classes sont désertées réduisant considérablement les temps d’apprentissage.
Ces
enfants sont également exposés à des risques allant de la toxicomanie à la délinquance juvénile en passant
par la prostitution et aux grossesses non désirées.
III-TRAVAUX DE TERRAIN
1- L’échantillonnage démographique
Le travail de terrain a consisté à se rendre au ministère de l’Energie, des Mines et des Carrières, à
la direction de la société Nantou Mining, au Ministère de l’Education Nationale, au Ministère des
Enseignements Secondaire et Supérieur. Cela a permis de nous imprégner de la réglementation en vigueur
dans le secteur, d’obtenir des données statistiques sur les sites miniers, sur la scolarisation et de recueillir
le point de vue des responsables de ces institutions sur le phénomène.
A la suite, des entretiens avec les Directeurs régionaux de l’Education Nationale et de
l’Alphabétisation(DRENA) et des Enseignements Secondaire et Supérieur (DRESS) du Centre –ouest, le
Directeur Provincial de l’Education Nationale et l’Alphabétisation (DPENA) du Sanguié, les maires des
communes de Réo et de Kyon ont permis de recueillir des données et de prendre la mesure des actions
entreprises localement en la matière. Des entretiens ont été également réalisés auprès des Chefs de
Circonscription d’éducation de Base (CCEB) de Réo I, de Réo II, de Kyon, des responsables des
établissements primaires et post-primaires. Pour la commune de Réo, il s’est agi au niveau primaire, des
directeurs des écoles de Sandié, Guido, Zoula B, Perkouan A et Toukon et au post-primaire, des
proviseurs du Lycée provincial de Réo, du Lycée Communal de Réo, du CEG de Zoula, du Collège
Sainte Thérèse de Zoula et du lycée privé Saint Félix de Réo soient en tout 10 établissements. A Kyon, ce
sont les premiers responsables des écoles primaires de Kyon A, Kyon B, Zilivélé, Nagarpoulou et Poa et
des lycées départemental et privé Piayiboula de Kyon qui ont été concernés. Au total, trois (3)
inspecteurs, deux (2) Conseillers Pédagogiques et dix-sept(17) chefs d’établissement ont été enquêtés à
l’aide de guides d’entretien. Également, 30 enseignants (du primaire et du post-primaire) ont été soumis à
15
un questionnaire pour recueillir des données sur les taux d’inscription, de fréquentation, de promotion, de
redoublement, d’abandon, d’exclusion, sur les taux de réussite aux différents examens et concours et
surtout, sur les raisons des échecs, abandons et non scolarisation des enfants.
Aux élèves des établissements ci-dessus cités (4 par établissement dont 2 garçons et 2filles soit au
total 68 élèves), un questionnaire a été administré. Des questions ont été également posées aux ensembles
classe (4classes par établissement) en vue de recueillir des données relatives aux abondons liés aux
activités minières par promotion d’élèves. Un entretien a été réalisé aussi auprès de leurs parents (30 dont
20 à Réo et 10 à Kyon).
Sur les sites d’exploitation, 30 orpailleurs ont été questionnés pour savoir la destination des
revenus tirés du travail dans les mines, les causes du travail des élèves sur ces lieux, comment ils
appréhendent le phénomène et mesurer leur degré de maîtrise des textes relatifs au travail des enfants et
éventuellement recueillir leurs suggestions.
Des fiches d’enquête ont été adressées aussi à des élèves orpailleurs (60) dont le but était de tirer
des informations sur leurs conditions de travail, les tâches à eux confiées, leur connaissance des droits de
l’enfant, ce qu’ils pensent de l’école, les raisons de leur abandon de l’école au profit de l’orpaillage et ce
qu’ils souhaitent devenir plus tard.
Enfin un entretien à l’endroit de 10 chefs de ménages du village de Perkouan travaillant dans la
mine industrielle, du directeur de l’école primaire dudit, a été réalisé pour s’informer de la contribution de
la société minière à la scolarisation des enfants dans le village.
Au total deux cent quarante-cinq (245) personnes ont été touchées par l’enquête.
2- Les outils de collectes des données
Les principaux outils utilisés pour la collecte des données sont le questionnaire et le guide
d’entretien. A cet effet, une fiche d’enquête a été élaborée et adressée aux enseignants, aux élèves dans
les établissements, aux élèves trouvés sur les sites et aux orpailleurs. Les guides d’entretien ont permis de
recueillir des informations lors des rencontres avec les différentes personnes-ressources.
3- Le traitement de données
Les données brutes collectées ont été dépouillées et analysées manuellement. Concernant les
constructions cartographiques, le logiciel ARC VIEWS a été utilisé. Les différents tableaux et graphiques
(courbes, histogrammes…) ont été réalisés à l’aide du logiciel EXCEL et la rédaction proprement dite est
faite à partir du logiciel WORD.
16
Tableau 1 : Grille conceptuelle
Hypothèses
Variables
Indicateurs
L’accessibilité de l’école.
Nombre de salles de classe,
Les indicateurs de
ratio élèves/salle,
taux
de
qualité et d’efficacité
scolarisation.
interne de l’école
sont en baisse dans les La qualité et l’efficacité interne de Taux de promotion, taux de
communes de Réo et
l’école.
redoublement, taux d’exclusion, taux
de Kyon.
de succès aux examens de fin de cycle.
La destination des revenus tirés de
-Les postes de dépenses des
l’activité minière,
travailleurs miniers
L’activité
minière
exerce directement ou Les retombées socio-économiques
-Le nombre d’emplois créés par
indirectement
une de l’activité minière
l’activité minière,
influence
sur
la
qualité et l’efficacité
-Les impôts et taxes versés par les
interne de l’école
exploitants
dans les communes de
-Les investissements sociaux des
Réo et de Kyon.
exploitants miniers
Des raisons socioéconomiques amènent
les
enfants
à
s’adonner à l’activité
minière au détriment
de l’école.
Les effets de l’activité minière sur Les taux de promotion ;
les indicateurs de qualité et de Les taux de redoublement ;
Les taux de réussite aux examens et
l’efficacité interne de l’école.
concours scolaires.
Les revenus des parents d’élèves ;
Les sources de revenu
Le niveau des revenus.
Les principaux déterminants
La taille moyenne des ménages.
du travail des enfants.
La représentation traditionnelle du
Les
caractéristiques travail des enfants.
sociodémographiques des ménages
d’origine des enfants orpailleurs.
Population cible
Enfants
scolaire,
scolarisés
Echelle d’analyse
Outil de
collecte
Province, Commune,
d’âge CEB
enfants
documentation
Province, commune,
CEB, école.
élèves
Les
travailleurs Province, commune
miniers
Les
travailleurs Province, commune
miniers
Elèves,
enseignants,
parents d’élèves.
Province, commune,
CEB, école.
Parents d’élèves,
Ménage des parents
d’élèves
orpailleurs,
autorités locales.
Ménage, communes
enquête,
documentation
, entretiens.
Enquête,
entretien,
documentation
17
CHAPITRE II:LE MILIEU PHYSIQUE ET HUMAIN DE LA ZONE DE L’ETUDE
Les communes de Réo et de Kyon sont localisées dans la région du Centre-Ouest du Burkina
Faso, plus précisément dans la province du Sanguié. La première est une commune urbaine qui regroupe
à la fois des caractéristiques propres à la ville et à la campagne en matière d’aménagement de l’espace et
d’organisation des activités socio-économiques. La seconde est une commune rurale avec une
organisation et des activités socio-économiques propres à ce milieu. Ces caractéristiques leur confèrent
des ressemblances mais aussi des dissemblances. Cette première partie fait ressortir respectivement
l’environnement physique et humain de ces localités en relation avec l’activité minière.
I-LE MILIEU PHYSIQUE
Le milieu physique regroupe des facteurs naturels tels que le climat, le substratum géologique, le
relief, les sols, le couvert végétal, l'hydrographie etc. La dynamique de ces éléments conditionne
l’occupation de l’espace et les activités économiques. C'est pourquoi, dans ce chapitre, un aperçu sur
quelques-uns de ces facteurs sera donné afin de permettre une analyse éclairée de l'ensemble des activités
menées par les populations dans la zone d'étude.
I-1-.La situation géographique
La province du Sanguié est située dans la région du Centre-Ouest, à environ 115 km de la capitale
Ouagadougou et à 15 km à l’Ouest de Koudougou, chef-lieu de la région. Elle est limitée au Nord par la
province du Passoré, au Sud par la province de la Sissili, à l’Est par la province du Boulkiemdé, à l’Ouest
par la province du Mouhoun, au Sud-Ouest par la province des Balé, au Nord-Ouest par la province du
Nayala et au Sud-Est par celle du Ziro.
Elle a une superficie de 5 162 km² et est subdivisée en dix (10) communes dont celles de Réo et
de Kyon.
La province tient son nom du Mont Sanguié situé à 5 km de la ville de Réo.
S’agissant de la commune de Réo, elle couvre une superficie de 428km² et est limitée à l’est par la
commune de Koudougou, au nord par la commune de Kordié, à l’ouest par les communes de Dassa,
Didyr, Godyr, au sud-ouest et au sud par les communes de Kyon et Ténado.
Elle est composée de 09 secteurs et de 12 villages.
Quant à la commune rurale de Kyon, elle est à 12 km de Réo, chef-lieu de la province et à 27 km de
Koudougou. Elle est composée de six (6) villages et couvre une superficie de 196 km2.
La commune de Kyon est limitée à l’Est par la commune de Réo, au Sud et à l’Ouest par la
commune rurale de Ténado, au Nord et au Nord-Ouest par la commune rurale de Dassa.
18
Carte n°1 : Localisation des communes concernées par l’étude
19
I-2-La géologie, les ressources minières et les sols
 La géologie et les ressources minières
La province du Sanguié s'étend sur le bouclier africain. Les formations géologiques qui parcourent
cette province date du précambrien inférieur (granite), moyen (massif de roches vertes, schiste, grès),
tertiaire (roches volcano-sédimentaires) et du quaternaire (migmatites gneissiques à biotite, cuirasses
ferrugineuses, alluvions) (BUNASOLS 1995).
Les formations volcano-sédimentaires, selon le BUNASOLS, sont connues pour leurs potentialités en
ressources minérales dans la sous-région (Ghana, Côte d'Ivoire, Mali, Niger, Guinée, Sénégal) et dans
d'autres régions du monde (Canada, Australie...).
L'exploration géologique et minière menée sur le territoire national a permis de mettre en évidence
plusieurs indices de minéralisation parmi lesquels on peut citer l'or, le manganèse, le zinc, le cuivre, le
phosphate, etc.
Dans la province du Sanguié et particulièrement à Réo et à Kyon, on rencontre des roches
plutoniques de type précambrien C, dominées par des granites à biotiesnuscorites. (BUNASOLS 1995).
Des travaux de recherches menés par le BUNASOLS sur ces formations ont montré que le sous-sol de la
province renferme des ressources minérales variées. Les découvertes, sans être très importantes, se
composent :
 des indices d’or dans les départements de Zamo, Dassa, Kyon, Réo ;
 des surliures massives de zinc de plomb et d’argent à Perkouan dans le département de
Réo ;
 un gisement important de nickel à Bounga dans le département de Zamo ;
 des traces de cuivre à Kilsio dans le département de Réo et dans les environs de Pouni.
20
Carte 2 : Géologie et distribution des autorisations d’exploitation artisanale au Burkina Faso
Source : (DGCM, mai 2011)/F. Coulibaly
21
 Les sols
Les processus de pédogenèse dominants dans la région sont de types ferrugineux. Ces
processus y ont mis en place des sols majoritairement ferrugineux tropicaux peu lessivés et
lessivés, et des sols peu évolués.
Selon le rapport technique n°124 de septembre 2003 de la commission pédologique et
de la cartographie des sols du BUNASOLS, les sols inventoriés au Sanguié appartiennent à
cinq (5) classes subdivisées en treize unités morphopédologiques :
Les principales unités pédologiques sont : les lithosols, les sols ferrugineux, les sols
hydromorphes.
 Les lithosols : Ce sont des sols situés sur le sommet des buttes et des collines à très faible
capacité de rétention d’eau. Ils sont inaptes à l’agriculture parce que peu favorables à
l’enracinement des plantes et très exposés à l’érosion.
 Les sols ferrugineux : Ces sols, rencontrés dans la partie centre et nord de la province, se
caractérisent par une richesse en oxyde et hydroxyde de fer qui leur donne une couleur
ocre. Ils sont pauvres en matières organiques et en éléments chimiques. Par conséquent,
ils nécessitent un amendement organique pour leur amélioration et se prêtent bien aux
cultures maraîchères. Ces sols constituent l'essentiel des terres de Kyon et de Réo.
 Les sols hydromorphes : Dans les vallées et dépressions à Réo et à Kyon où
s'accumulent des matériaux d'apports divers, se développent les sols hydromorphes. Ces
sols se caractérisent par leur profondeur (>120cm), leur fine texture et leur grande
capacité de rétention d’eau. Ils présentent une bonne valeur agronomique pour la culture
du maïs et du sorgho. Ils sont beaucoup plus favorables à la riziculture pluviale ou
irriguée. Il en est de même pour les cultures maraîchères et les patates douces en fin de
saison pluvieuse.
Ces sols, favorables à l’agriculture vivrière et à la maraîcher-culture sont de moins en
moins exploités au profit de l’activité minière dans la province. En effet, une partie de ces
terres est devenue des champs d’exploitation minière artisanale, les exposant ainsi à une forte
dégradation et à la pollution eut égard aux produits chimiques utilisés dans le traitement du
minerai. Alors, les superficies des terres fertiles sont en constante régression, plongeant plus
de familles dans la précarité alimentaire. Une des solutions pour y remédier est, semble-il, de
s’adonner à cette nouvelle activité dans la province qu’est l’orpaillage.
22
I-3-Le climat et la végétation
 Le climat
La province du Sanguié est sous l'influence du climat soudano-sahélien caractérisé par
l'alternance de deux saisons bien marquées :
- La saison sèche qui s'étale de mi-novembre à mi-mai est la période de l'activité maraîchère.
- La saison hivernale allant de mi-mai à mi-novembre connaît une reprise des précipitations. Cette
saison est consacrée aux travaux champêtres pour la production vivrière avec cependant une
persistance de quelques activités maraîchères réservées à certaines spéculations comme
l'aubergine et les choux.
La province étant localisée entre les isohyètes 700 et 900 mm, les précipitations moyennes
annuelles calculées sur une période de 30 ans (1974 à 2004) à partir des données de la station de
Réo sont de 738,25 mm (Direction Provinciale de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire du
Sanguié, 2004). Des variations sont observées tant dans les quantités d'eau recueillie que dans leur
répartition temporelle et la tendance des précipitations est à la baisse au fil des années.
De façon générale, on retient de nos jours que la pluviométrie se caractérise
essentiellement par une durée irrégulière de la saison pluvieuse, une grande variabilité dans les
précipitations inter saisonnières et au cours d’une même saison et une faiblesse des quantités d’eau
qui tombent. En effet, sur une période de 31 ans, la station du Sanguié a connu 12 années
excédentaires contre 19 déficitaires par rapport à une moyenne de 738,27mm (OUEDRAOGO M.,
2005).
Tableau 2 : Hauteur d’eau et nombre de jours de pluies par an de 2008 à 2012.
années
2008
2009
2010
2011
2012
postes
H
J
H
J
H
J
H
J
H
J
REO
772
56
727,6
52
888
57
627,15
56
1072
49
787,5
46
794,8
50
727,6
52
857,6
43
589
30
KYON
H : Hauteur de pluie (mm) ;J : Nombre de jours de pluie
Source : Direction Provinciale de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire du Sanguié, 2012
23
Les températures varient selon les saisons.
Ainsi, en saison pluvieuse, les températures
moyennes sont comprises entre 26°C et 29°C tandis qu’au cours de la saison sèche, elles oscillent
entre 36 et 40°C. L'amplitude thermique annuelle est de l’ordre de 9,12°C. La tendance générale est à
la hausse depuis 2002(Direction Provinciale de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire du sanguié,
2004).
En somme, la province du Sanguié présente des conditions climatiques de plus en plus
défavorables aux activités agricoles. En témoigne la récurrence des déficits céréaliers dus à
l’insuffisance des pluies et à la dégradation croissante des sols. Pour faire face à ces conditions
naturelles peu favorables, les populations tentent de diversifier leurs activités économiques en
ajoutant à la culture céréalière, le maraîchage et depuis ces dernières années, l’orpaillage.
 La végétation
La province du Sanguié, localisée sur le bassin-versant du fleuve Mouhoun, est sous
l’influence d’un climat soudano sahélien. Selon la caractérisation faite par Guinko S et al. (1984) cité
dans un rapport technique du BUNASOLS, 2003, elle appartient au domaine phytogéographique
soudanien qui s'étend au sud du 13è parallèle. Faisant partie du secteur Nord-soudanien à l'Ouest, le
Sanguié a une végétation de type savane arborée devenue arbustive par endroits. On note que d’une
manière globale, cette végétation est fortement dégradée en raison de la pression démographique de
plus en plus croissante, des systèmes de cultures extensifs et archaïques et ces derniers temps, à cause
de l’exploitation minière artisanale qui s’accompagne d’une coupe intensive de bois pour les besoins
d’énergie mais aussi, pour les bois de soutènement.
L’analyse du milieu physique de la province du Sanguié révèle des atouts tels que la diversité
des richesses du sous-sol, mais aussi des contraintes naturelles parmi lesquelles on peut retenir les
conditions climatiques de plus en plus rudes, défavorables aux activités agricoles. Ces conditions sont
aggravées par le déploiement de l’activité minière dans la province qui engage de plus en plus de
personnes et qui prend de plus en plus de terrain aux activités traditionnelles.
24
II - LE MILIEU HUMAIN
Présenter la population à travers ses caractéristiques et son organisation permet de
comprendre les activités socio-économiques auxquelles elle s’adonne et de mieux cerner leurs
incidences sur son organisation sociale.
II-1-Caractéristiques de la population
Les différents Recensements Généraux de la Population et de l’Habitat (RGPH)
effectués par l’INSD en 1985, en 1996 et en 2006 donnent respectivement un effectif de
217 277 habitants, 249 583 habitants et 297 036 habitants soit un taux d’accroissement moyen
de 1,26% par an. Au RGPH de 2006, cette population avait une densité de l’ordre de 57,3
habitants/km2 avec une moyenne de 8, 4 personnes par ménage (INSD, 2007).
L'accroissement rapide de la population s'explique par un taux de natalité élevé (41,2%o,
INSD, 2006) dans la province. A cela, s’ajoutent les migrations dues à l’attraction suscitée par
la recherche des terres cultivables et depuis ces dernières années, à la ruée vers l’or.
La population de la province du Sanguié est cosmopolite et est majoritairement
composée de Gourounsi (Lyélé et Nuni) localisés dans la partie centrale et au Nord, de Bwaba
au sud de la province et de Mossi présents un peu partout dans la localité.
Sa structure est essentiellement marquée par deux grandes caractéristiques :

La jeunesse de la population : plus de la moitié (58,6 %) de la population a moins de
20 ans, et l’âge moyen est de 22 ans (RGPH ,2006).
Les communes de Réo et Kyon illustrent bien cette caractéristique avec plus de 57% de jeunes.

La seconde caractéristique est l'importance de la couche féminine. Elle constitue
53,71% de la population totale du Sanguié (RGPH, 2006).
La jeunesse de la population, sa composition (présence de mossis réputés pour être des
chercheurs d’or) et la taille des ménages sont des facteurs qui ont favorisé un engouement pour
l’activité minière, notamment dans son secteur artisanal. En effet, selon YARO Y. (2011), la
plupart des travailleurs sur les sites d’orpaillage sont des jeunes issus de ménages à fratrie
nombreuse.
25
II-2-L'Organisation sociale et le pouvoir traditionnel
L'organisation sociale à Réo et à Kyon est pratiquement identique à celle qui prévaut chez les
Gourounsi dans la province du Sanguié. C’est une organisation sans pouvoir centralisé fondée sur la
subdivision du territoire en villages. Chaque village forme une entité sociopolitique autonome dotée
d’institutions gérées par des personnes morales que sont : le chef de village, le chef de terre, le chef
de lignage et le chef de famille.
Le chef de terre, issu du lignage le plus anciennement installé dans le village, est l’autorité
suprême. Son rôle est de veiller au respect des coutumes, des normes de la société et d'arbitrer les
conflits sociaux des membres du village. Il est aussi le gestionnaire du patrimoine foncier. Il est
assisté dans sa fonction par un conseil d’ancien composé des chefs de quartier et de village.
Le chef de lignage est chargé de convoquer et de diriger le conseil de lignage
(ensemble des chefs de famille ayant une même descendance). Il officie le culte du dieu
protecteur du lignage et gère le patrimoine foncier.
Le pouvoir de la terre revêt une importance capitale en pays gourounsi. C'est pourquoi, il est
exercé par l'un des descendants du premier habitant. Le chef de terre (tiékoutjébalen Lyélé) est investi
de l'autorité religieuse issue d'une divinité locale. Il a une parfaite connaissance du terroir villageois et
du domaine foncier de chaque lignage.
Cependant, l’absence de pouvoir centralisé ne facilite pas la mise en place d’une organisation
à même de contrôler l’expansion des sites miniers dans la zone. Le chef de terre n’ayant pas une
autorité forte auprès de ses congénères, les orpailleurs en profitent pour semer la division dans les
villages et exploiter même les lieux sacrés. Ce fut le cas de la colline sacrée de Bonyolo en 2008 qui,
malgré la farouche opposition du chef de terre, a fini par être démantelée avec la complicité de
quelques ressortissants dudit village.
II-3- Le régime foncier
Le régime foncier traditionnel est également le même à Réo et à Kyon. Pour le Gourounsi, la
terre revêt un caractère sacré. Elle est alors considérée comme une propriété exclusive des puissances
surnaturelles qui sont à l’origine de sa formation. Ce sont ces dernières qui assurent du reste sa
fertilité et sa conservation. Ainsi, le droit foncier est reconnu aux premiers occupants du sol qui,
généralement sont chefs de terre ou chefs de lignage. Ils sont les intermédiaires entre les esprits de la
terre et la population et veillent à l'application des dispositions foncières.
26
Toute personne désirant s'installer dans le village s'adresse au chef de terre. Il en est de même
pour une demande d'exploitation de terre. Le chef de terre dans ce cas, attribue la terre au nouvel
exploitant qui n'a que le droit de culture. Ce droit s'étend à toute sa famille.
La terre est attribuée en pays lyélé à celui qui désire l'exploiter car selon la tradition Lyélé, « on ne
refuse pas la terre à celui qui désire en tirer les moyens de sa subsistance». Le caractère sacré de la
terre fait d'elle une propriété divine qui ne doit être vendue.
La femme dans cette société n'a pas directement accès à la terre. Elle ne peut en exploiter que
par l'intermédiaire de son époux.
De nos jours, ce régime foncier est en pleine mutation surtout dans la ville de Réo qui
comporte des zones en plein aménagement urbain. Dans cette situation, les parcelles sont acquises
soient par héritage, par attribution ou simplement par achat. Le phénomène d’achat gagne du terrain
et a atteint surtout les villages où se trouvent les sites d’orpaillage. C’est par cette voie, que les
exploitants dans ce domaine arrivent à arracher aux propriétaires terriens, des espaces pour leurs
activités.
III- LES ACTIVITES SOCIO- ECONOMIQUES ET LES SERVICES SOCIAUX DE
BASE
L'agriculture et l'élevage constituent les deux principales activités économiques dans la zone.
On note également la présence de quelques fonctionnaires de l’Etat, de commerçants, de pécheurs, et
des artisans (INSD 2001). Les autres activités relèvent de l'artisanat d’art, de l’artisanat utilitaire et
tout récemment, de l’exploitation minière.
III-1- L'agriculture et l’élevage
 L’agriculture
L’agriculture est de loin l’activité économique dominante dans la province du Sanguié et
occupe plus de 90% de la population. Les terres de production étant rares à Réo, les exploitants
s’orientent vers les zones propices à la pratique de cette activité. Il s’agit des zones rurales et des
périphéries de la ville de Réo.
Les différentes spéculations produites dans la province peuvent être regroupées
essentiellement en trois catégories : les cultures vivrières, les cultures de rente et les cultures
maraîchères.
27
La production des cultures vivrières connaît une évolution en dents de scies ces dernières
années traduisant du même coup la précarité alimentaire dans laquelle vivent les populations surtout
en milieu rural.
A partir de 2008, les principales productions céréalières, base de l’alimentation des
populations ont amorcé une tendance générale à la baisse comme l’indique le tableau statistique cidessous.
Tableau 3 : production des cultures vivrières de la province du Sanguié de 2006 à 2011.
Spéculation
Année
Mil
Mais Riz
Sorgho
blanc
Sorgho
rouge
patate
Niébé
Vouandzou
2006
31473
973
350
40276
3474
250
6654
999
2007
34588
422
385
44135
4574
-
8333
174
2008
32628 2302
907
60048
3846
111
12854
1448
2009
27407 1033
1318
49124
3915
23
20186
651
2010
26889 1444
1029
59928
5384
541
18817
1450
2011
19444 1340
859
47075
4815
-
17164
1193
Source : Direction Régionale de l’Agriculture et de la sécurité Alimentaire du Centre-Ouest
2012
Le coton, l'arachide, le niébé et le vouandzou constituent l'essentiel des cultures de rente. Ils
sont cultivés sur des champs individuels de brousse sous le contrôle du chef de famille. Elles
constituent des sources de revenus pour faire face aux besoins socio-économiques de la famille.
Toutefois, le coton y est très peu cultivé car les conditions climatiques et édaphiques ne s’y prêtent
pas.
Quant aux cultures maraîchères, elles sont pratiquées surtout en saison sèche dans les champs
de case et autour des retenus d’eau par irrigation. Les principales spéculations maraîchères sont : le
chou, l'oignon, la tomate, l'aubergine, le piment et le gombo. Cependant, cette activité connaît une
baisse de régime ces dernières années à cause de la ruée vers l’or qui a détourné une bonne partie de
la main-d’œuvre.
Dans l'ensemble, le système agricole est archaïque et traditionnel. Il est caractérisé par un
faible niveau d'équipement des agriculteurs, la dépendance quasi exclusive aux précipitations qui sont
aléatoires, le faible niveau d'utilisation des fertilisants et le faible recours aux services techniques.
28
La production agricole qui évolue globalement en dents de scies en fonction des années ne
couvre pas toujours les besoins alimentaires de la population à fortiori, lui procurer des revenus. En
effet, selon la Direction Provinciale de l’Agriculture du Sanguié, deux saisons sur trois sont
déficitaires en productions céréalières en raison de la mauvaise pluviométrie. Alors, pour diversifier
leurs activités économiques, les populations se ruent sur l’orpaillage qui, à leurs yeux, est un moyen
rapide de se faire de quoi acheter des céréales pour soutenir la production.
 L'élevage
Deux systèmes d’élevage prédominent dans la province du Sanguié à savoir :
-
Le système traditionnel extensif transhumant, caractérisé par des migrations cycliques à la
recherche de point d’eau et de pâturages qui est le fait d’éleveurs Peulh.
-
Le système traditionnel extensif sédentaire, marqué par une association entre l’agriculture et
élevage ou l’agropastoralisme. Ce type d’élevage est pratiqué par les agriculteurs Lyélé, Mossi, et
Nouni. Il s’agit du bétail (bovins et asins) utilisé souvent pour la culture attelée auquel s’ajoutent
les ovins, les caprins, les porcins et la volaille. Cette production est vendue en vue de se procurer
des revenus pour la satisfaction des besoins de base (se vêtir, se soigner, scolariser, etc.). Elle est
aussi souvent utilisée pour les besoins de rites coutumiers.
Toutefois, l’élevage dans la province est confronté à un certain nombre de problèmes
parmi lesquels on peut retenir le surpâturage, l’insuffisance d’aliments et de point d’eau pour
l’abreuvement des animaux. Alors, tout comme l’agriculture, cette activité procure peu de
revenus incitant ainsi les paysans à s’adonner davantage aux activités minières.
III-2- Les activités minières
La mise en exploitation des ressources de zinc de Perkouan marque la naissance de l’industrie
minière dans la province du Sanguié. En effet, depuis 2007, la province abrite un site minier
industriel ouvert par la société minière Nantou Mining. Il est implanté dans le Village de Perkouan,
dans la commune de Réo. Seule industrie minière de la localité, elle extrait le zinc, le plomb, le
cuivre, l’argent et bien d’autres minerais. Cette activité génère des emplois pour certains jeunes de la
province.
Aux côtés de cette industrie minière se déploient des sites d’orpaillage disséminés un peu
partout dans la province. De Bonyolo, Sandié, Perkouan, Guido et Zoula dans la Commune de Réo à
Nébia, Divolé et à Yerdjon (commune de Dassa) en passant par Essapoun, Poa, Nagarpoulou
(commune de Kyon), l’orpaillage est en train de s’imposer comme une des activités phares de la
province. Il mobilise surtout la frange jeune de la population qui, de plus en plus a tendance à
29
abandonner les activités économiques traditionnelles que sont l’agriculture et l’élevage. En général, il
est rare de rencontrer des personnes âgées sur les sites. Les principaux acteurs sont des enfants, des
adolescents et quelques adultes qui semblent être les maîtres des lieux.
La femme est également présente sur les sites d’orpaillage à travers le transport, le lavage ou
le vannage du minerai.
Cette activité artisanale souffre surtout de son insuffisance d’organisation, du non-respect de
la réglementation et de l’anarchie qui règne sur les sites.
III-3- Les Activités secondaires
La cueillette, la chasse, la pêche et l'exploitation du bois sont des activités secondaires qui
occupent aussi les populations dans les communes de Kyon et à Réo.
La cueillette concerne les produits forestiers non ligneux (noix de karité, le néré, les feuilles et les
fruits du tamarinier).
La chasse et pêche bien que pratiquées, sont peu développées compte tenu de la rareté du
gibier qui d’ailleurs voit son habitat naturel se rétrécir en raison des activités minières. Le bois
autrefois destiné essentiellement aux besoins des ménages et à la vente est de nos jours, principale
source d’énergie sur les sites.
Par ailleurs, sur les aires d’exploitation minière, les arbres sont systématiquement abattus pour
dégager et servir dans les galeries comme matériel de soutènement. Les ressources forestières, sous
forte pression ne font que se réduire.
Toutes ces activités jadis peu développées et aujourd’hui compromises par l’activité minière, ne
permettent pas d’assurer des revenus conséquents aux populations. Alors, elles n’arrivent pas à
assumer leur rôle d’activités de soutien au secteur agricole d’où l’engouement pour l’orpaillage qui
représente un espoir de réduction de la pauvreté aux yeux des populations.
III -4- Les services sociaux de base
 L’éducation
La première école de la province du Sanguié, qui est l’œuvre des missionnaires catholiques a
vu le jour en 1933 à Réo. De nos jours, la province compte douze (12) Circonscriptions d’Education
de Base (CEB) regroupant 223 écoles primaires (statistiques, DPENA, Sanguié, 2013) et 29 lycées et
collèges d’enseignement post-primaire et secondaire (statistiques, DRESS, 2013). Les effectifs au
primaire et post-primaire sont estimés à plus de 73000 élèves en 2013.
30
La commune de Réo compte une garderie populaire, 44 écoles primaires, 12 établissements
post-primaires et secondaires. Quant à celle de Kyon, elle abrite 18 écoles primaires et 2
établissements post-primaires et secondaires.
Pour ce qui concerne le personnel enseignant et les infrastructures scolaires, ils restent
insuffisants aussi bien à Réo qu’à Kyon surtout au post-primaire où, on fait régulièrement appel aux
enseignants vacataires pour combler le déficit.
L’insuffisance des infrastructures scolaires et du personnel enseignant réduit l’accessibilité de
l’école surtout le post-primaire à un nombre important d’enfants. Ces enfants sont vite récupérés par
les artisans miniers car, ils représentent une main-d’œuvre soumise et moins chère (SANGARE N.
2009).
 La santé
La province du Sanguié abrite un Centre médical (CM) et quarante –huit (48) Centres de
Santé et de Promotion Sociale (CSPS) disséminés dans les différentes communes.
Le CM est implanté dans la commune de Réo qui compte en plus de cette structure, six (6) CSPS.
Quant à la commune de Kyon, elle compte trois (3) CSPS implantés dans les villages de Kyon, Poa
et Nagarpoulou.
Si au niveau de la commune de Réo le personnel soignant est relativement suffisant en termes
d’effectif, il n’en est pas de même pour la commune de Kyon. En effet, cette dernière ne compte que
5 infirmiers et 6 agents de première ligne (Agents Itinérants de Santé, Accoucheuses Auxiliaires)
pour plus de 20000 habitants. La faiblesse des services sanitaires proposés aux populations ne fait
qu’accentuer l’effet de la pauvreté et les pousser vers la recherche de gain rapide en s’engageant dans
des activités telles que l’orpaillage.
31
CONCLUSION PARTIELLE
Au sortir de cette analyse des facteurs physiques et humains de la province du Sanguié en
général et de ceux des communes de Réo et de Kyon en particulier, il ressort que les conditions
naturelles sont de plus en plus défavorables aux traditionnelles activités économiques des populations
que sont l’agriculture et l’élevage. Pour s’affranchir de ces contraintes naturelles, elles vont s’orienter
vers une diversification des sources de revenu. L’orpaillage, né à la faveur de la découverte des
richesses du sous-sol constitue dès lors, une opportunité pour une population majoritairement jeune et
en quête d’activités plus rentables.
Par ailleurs, l’implantation d’une société minière pour
l’exploitation du zinc de Perkouan va définitivement marquer la naissance et l’essor du secteur minier
dans la province.
Mais, les faiblesses des services sociaux de bases, joints à celles des revenus des ménages
vont conduire une bonne partie des familles de cette localité à mettre à contribution des enfants dans
les activités d’orpaillage qui est fortement demandeuse de main d’œuvre. Cette implication des
enfants dans l’exploitation minière, aura vraisemblablement une répercussion sur leur scolarisation.
La situation est d’autant plus alarmante et interpelle plus d’un quand on sait que compromettre la
scolarisation des enfants, c’est compromettre l’avenir de la nation toute entière, puisse qu’ils
représentent la relève de demain. Fort de ce constat, il convient de prendre urgemment les
dispositions nécessaires pour une exploitation des ressources minières dans la province sans
incidences négatives sur la scolarisation des enfants. Dans cette perspective, il importe à priori,
d’avoir un aperçu général sur l’exploitation minière, sur le système éducatif et sur le travail des
enfants dans la localité.
32
DEUXIEME PARTIE : L’IMPACT DE
L’EXPLOITATION MINIERE SUR LA
SCOLARISATION DES ENFANTS DANS LES
COMMUNES DE REO ET KYON
Cette section fait respectivement une présentation des sites de l’exploitation minière,
de ses apports et limites dans les deux communes, analyse ses effets sur la scolarisation des
enfants. Elle aborde ensuite les causes de l’implication des enfants dans les activités minières
et se termine par quelques suggestions pour endiguer le phénomène.
33
CHAPITRE I : L’EXPLOITATION MINIERE A REO ET A KYON
Cette partie donne un aperçu sur l’activité minière dans la province du Sanguié en général
et de façon spécifique, dans les communes de Réo et de Kyon.
I- PRESENTATION DES SITES D’EXPLOITATION
I-1- La genèse des sites
Au Burkina Faso, d'importantes ressources minières ont été découvertes suite aux travaux du
PNUD, du BUMIGEB et des Sociétés minières. Abritant le district aurifère de Kwademen, la
province du Sanguié regorge des gisements exploitables de métaux précieux et de métaux non
ferreux. Les métaux précieux concernent essentiellement l’or localisé à de multiples endroits aux
alentours du mont Sanguié. Quant aux métaux non ferreux, ils sont représentés par le zinc, le plomb,
dans la région de Perkouan (CMB, 2012).
A la faveur de la remontée du cours de l’or ces dernières années, les ressources aurifères ont
été mises en exploitation autour de 2005 par les exploitants miniers et les orpailleurs. L’exploitation
artisanale va rapidement gagner du terrain et provoquer une explosion du nombre de sites dans la
province. Ainsi, de Bonyolo dans la commune de Réo, l’orpaillage va s’étendre aux autres communes
notamment à celles de Dassa et de Kyon. De nos jours, on dénombre plusieurs sites d’orpaillage dans
la province. Il y a les sites de Bonyolo, Guido, Perkouan, Sandié, Toukon, Zoula… dans la commune
de Réo, les sites de Nébia, Divolé dans la commune de Dassa et les sites de Kyon, Essapoun, Poa,
Zilivèlè, Nagarpoulou, Tomo… dans celle de Kyon.
Tous ces sites ont un accès non contrôlé et sont dynamiques dans l’espace et dans le temps.
34
Carte 3 : distribution des sites d’exploitation minière dans les communes de Réo et de Kyon
35
A côté de cette activité minière à petite échelle s’est installée en 2007, une société minière titulaire
d’un permis d’exploitation industrielle du zinc de Perkouan. Les opérations sont conduites par Nantou
Mining Burkina Faso SA qui, après des travaux de recherche a lancé officiellement ses activités en mars
2007. Mais, en raison de la chute du cours du zinc, la société a dû ralentir ses activités et ne les a
relancées réellement qu’en 2010. En 2013, Nantou Mining a entamé officiellement sa production avec la
coulée du premier concentré de zinc le 19 janvier. Cet événement marque en même temps le début de la
diversification de l’activité minière dans la province qui abrite désormais les deux types d’exploitation à
savoir, le secteur artisanal et le secteur industriel qui mettent en valeur des minerais différents (l’or et le
zinc).
I-2-Les intervenants des deux secteurs
A l’instar des autres régions du pays, le secteur minier de la province du Sanguié est animé au
niveau artisanal par les artisans miniers et les orpailleurs et au niveau industriel par une société minière
étrangère qui travaille avec d’autres groupes sous-traitants.
Les exploitants miniers, légalement reconnus, sont les représentants des comptoirs d’achats et de
vente ou propriétaires de sites. Ils se chargent de la collecte de l’or, de l’organisation et du contrôle de
l’activité sur le site. Ces artisans miniers sont souvent des opérateurs économiques ayant un capital solide
et bénéficiant souvent de la confiance des banques (Fofana et al. 2009).
Les orpailleurs, issus des populations rurales, sont les plus nombreux sur les sites. Ils sont
majoritairement des migrants venus des autres provinces, notamment du plateau mossi en quête du métal
jaune. A ces orpailleurs venus d’ailleurs, s’ajoutent ceux provenant des populations locales (scolarisées
ou non) riveraines des sites. Ces miniers particulièrement jeunes, souvent mêmes mineurs (enquête BIT,
2004), sont ceux-là qui exploitent véritablement l’or de façon artisanale. Ils sont moins nantis, en majorité
illettrés et sont les plus exposés aux différents risques liés à l’activité.
L’unique intervenant du secteur minier industriel dans la province du Sanguié est la société
Nantou Mining (filiale du groupe australien Blackthorn). Elle comprend trois actionnaires (l’Etat du
Burkina Faso, la société Glencore International, basée en Suisse et la société Blackthorn) et des sociétés
sous-traitantes. Les sociétés privées détiennent 90% des actions contre 10% pour l’Etat Burkinabè.
I-3- Organisation du travail dans les sites d’exploitation
 Au niveau de l’exploitation artisanale
Les principaux acteurs sont des populations itinérantes et des populations riveraines. Ces
travailleurs, essentiellement composés de jeunes, de femmes et d’enfants (souvent scolarisés) s’organisent
individuellement, par famille ou par groupe d’orpailleurs pour mener l’activité d’extraction. Il existe aussi
36
une organisation sous forme de prestation de service. Dans ce cas, il y a un propriétaire du puits qui
finance les travaux depuis l'extraction jusqu'au traitement. Il emploie à cet effet, chacun selon sa capacité,
des jeunes, des femmes et des enfants qu’il rémunère. Les femmes et les enfants sont chargés du transport
et du lavage du minerai tandis que les jeunes gens descendent dans les trous pour le creusage. A Réo tout
comme à Kyon, l’exploitation du minerai se fait à ciel ouvert ou de façon souterraine selon le type de
gisement en présence sur le site. Dans les gisements alluvionnaires et éluvionnaires, il suffit de gratter ou
faire de petits puits inclinés très peu profonds pour rassembler le minerai destiné au traitement. Cette
pratique a cours sur les versants des collines, dans les vallées (sites de Zoula, Perkouan, Toukon et de
ceux de Kyon village). Les femmes et les enfants sont les plus nombreux sur ces sites car le travail y est
moins pénible et présente peu de risques d’accidents mortels.
Photo 1: Extraction à ciel ouvert sur un site artisanal à Zoula (commune de Réo)
Prise de vue, BAMOGO, novembre 2013
Dans le cas du gisement filonien localisé généralement dans des roches dures et en profondeur, les
orpailleurs font des puits verticaux très profonds qui communiquent à des galeries souterraines pour
accéder au minerai. La descente dans ces trous est exclusivement réservée aux hommes car les risques
d’accidents sont élevés et ce travail demande beaucoup de courage et de force. Le minerai creusé est chargé
dans des sacs pour être remonté en surface.
37
Photo 2 : Puits vertical dans une extraction souterraine à Guido (commune de Réo)
Prise de vue, BAMOGO, novembre 2013
Les outils utilisés dans l’extraction artisanale sont rudimentaires et composés de pioches, de seaux,
de calebasses, de cuvettes, de mortiers métalliques, de cordes, de pelles, de dabas, de marteaux etc.
Une fois le minerai rassemblé, il faut le traiter pour extraire le métal. Les méthodes et techniques
utilisées dans le traitement sont également fonction du minerai. Le minerai filonien est grossièrement
sélectionné, concassé et broyé à l’aide de marteau et/ou de mortier métallique. Il est ensuite réduit en
poudre dans des moulins puis lavé. Les technologies utilisées pour le lavage sont la gravimétrie,
l’amalgamation (l’attaque à l’acide, et au mercure), et plus récemment la lixiviation (cyanuration) de
façon clandestine (Zombré et al, 2009).
Pour le traitement du minerai alluvionnaire et éluvionnaire, les orpailleurs procèdent par tamisage,
par lavage ou par vannage qui sont des activités le plus souvent réservées aux femmes et aux enfants.
L’exploitation, qu’elle soit à ciel ouvert ou souterraine est demandeuse d’espace. A Réo et à
Kyon, les orpailleurs opèrent sur des espaces agricoles ou en réserves appartenant, au regard la loi
coutumière, à des propriétaires terriens. Alors, pour y accéder, ils établissent des espèces de contrats
tacites n’ayant aucune valeur juridique avec ces derniers. Il s’agit de deux types de contrats à savoir : le
premier consiste à donner aux propriétaires terriens un dixième du minerai brut extrait. Dans le second
type de contrat, il s’agit purement d’une vente définitive du terrain aux orpailleurs qui en disposeront
désormais à leur guise.
38
 au niveau du site industriel
Dans la mine industrielle de Perkouan, les travailleurs sont recrutés sur la base de leur
qualification et de leurs compétences. Ce recrutement est fait dans le strict respect des textes régissant les
emplois au Burkina. Il n’y est donc pas permis aux mineurs d’y travailler. Selon le Directeur des
Ressources Humaine de la mine, ils ont, dans la mesure du possible, recruté en premier lieu les
ressortissants locaux ayant les compétences requises suivis des régionaux et des nationaux. Des
travailleurs d’origine étrangère sont venus compléter les effectifs.
En 2012, la société Nantou Mining employait 204 travailleurs dont 174 nationaux (journal
l’Observateur Paalga du 20 janvier 2013).
Les sociétés sous-traitantes aussi emploient un nombre important de travailleurs locaux et
nationaux. Ils sont estimés à environ 431 dont 112 issus de Perkouan (CMB, 2012).
L’exploitation au niveau de cette mine aussi est à ciel ouvert jusqu’à une profondeur de 100 m et
souterraine mécanisée jusqu’à une profondeur verticale de 600 m avec 2 100 m de galeries à l’horizontal.
Les équipements utilisés pour l’exploitation sont une flotte d’engins miniers composée des foreuses, des
pelles, des camions, des niveleuses, des chargeuses, des bouteurs, des excavateurs, etc. Une industrie
attenante à la mine est chargée du traitement du minerai. Les intrants entrant dans cette phase de
production sont l’eau, l’énergie électrique, les hydrocarbures, les explosifs et des produits chimiques
(mercure, cyanure, acide).
I-4- Les activités induites par l’exploitation minière
Les sites d’orpaillage sont des lieux de prolifération de toutes sortes de commerces et autres petits
métiers. Les artisans miniers ayant un pouvoir d’achat relativement élevé, de nombreuses activités
lucratives prospèrent autour des sites à travers des marchés de fortune qui naissent spontanément. Les
activités lucratives les plus fréquemment rencontrées sur les sites de Réo et de Kyon concernent le petit
commerce (vente d’eau, articles de boutique, de boisson, de stupéfiants), la mécanique, la restauration, la
forge, la coiffure, le broyage, le meulage, etc. La vente d’eau fait partie des activités les plus prolifiques
au Sanguié. Etant donné la place axiale qu’occupe l’eau dans l’activité d’orpaillage (pour le lavage de la
terre en vue d’extraire les pépites d’or), les orpailleurs en ont constamment besoin. Elle est généralement
vendue dans des bidons de 20 litres dont le prix varie entre 100f à 200f CFA selon le site (enquête terrain,
2013).Cette activité est surtout l’apanage des femmes, des enfants et de quelques hommes qui en ont fait
leur occupation principale. La vente de l’eau de toilette est tout aussi lucrative. Selon qu’il s’agit d’un
seau d’eau chauffée ou non, le prix varie entre 100 et 300 F CFA.
Une autre activité connexe qui s’est discrètement développée avec l’exploitation minière est la
prostitution qui touche aussi bien les jeunes filles (scolaires ou non) que les femmes. Ce phénomène ne
39
fait que gagner de l’ampleur car, dans la localité, les orpailleurs sont considérés comme de «bons
payeurs » ; ce qui conduit les jeunes filles et les femmes à accepter leurs avances en contrepartie de fortes
sommes d’argents.
A ce propos, une histoire bien connue dans la localité, raconte qu’une dame, après plusieurs mois
passés sur un site en tant que vendeuse d’eau, a couché avec un orpailleur. En retour, elle aurait reçu une
somme d’argents si importante à ses yeux qu’elle s’exclama : "Ah bon ! Je ne savais pas que ça aussi
(parlant de son sexe), ça pouvait rapporter tant et je souffrais dans la vente d’eau".
Au niveau de l’industrie minière de Perkouan, les activités induites concernent surtout les
prestations de service. Des entreprises de la région du Centre-Ouest ont pu décrocher des marchés dans la
mine. Les besoins en soudure, en maçonnerie sont des activités confiées à des entreprises basées à Réo ou
à Koudougou. Egalement la restauration des ouvriers sur le site est à la charge d’une restauratrice de
Perkouan (enquête terrain, 2013).
La contribution donc des activités induites par l’exploitation minière en termes de revenus
pourvus, est bien perceptible. A cet effet, Jaques et al. (2006) font remarquer que les activités induites
touchent les populations environnant des sites dans un rayon de 40 km. Ces dernières bénéficient d’un
revenu journalier par habitant de 25 FCFA en 2002, actualisé à 38 FCFA en 2008.
II- LES APPORTS SOCIO-ECONOMIQUES DE L’ACTIVITE MINIERE
II-1-Les apports financiers
Le secteur minier constitue une composante importante de l’économie du Burkina Faso. En termes
d’apport financier, l’article 78 du code minier stipule : « Tout titulaire d’un titre minier autre que le
permis de recherche ou tout bénéficiaire d’une autorisation d’exploitation à l’exception de l’autorisation
d’exploitation de carrières est tenu d’ouvrir et d’alimenter un compte fiduciaire à la Banque Centrale des
Etats de l’Afrique de l’Ouest ou dans une banque commerciale du Burkina Faso, dans le but de servir à la
constitution d’un fonds pour couvrir les coûts de la mise en œuvre du programme de préservation et de
réhabilitation de l’environnement.»
A cet effet, la société Nantou Mining a mis en place à Réo un fonds géré par la fondation Nantou
Mining. C’est au niveau de cette fondation que sont reversés les fonds destinés en principe à être
réinvestis dans la commune.
De plus, les emplois directs et indirects créés par la société et ses sous-traitants, les prestations de
services des entreprises locales procurent des revenus relativement importants et participent aux apports
financiers liés à la mine.
40
Compte tenu du fait qu’il nous a été impossible de nous entretenir avec les travailleurs ni même la
direction de la mine, nous n’avons pas pu avoir des informations sur les données financières. C’est
pourquoi nous nous contentons des effectifs de travailleurs.
S’agissant donc des travailleurs, la mine de Perkouan emploie plus de 600 personnes dont 232
provenant de la région du centre-ouest parmi lesquels on dénombre 138 travailleurs issus du village-site
(Perkouan). A ceux-là s’ajoute environ une centaine de contractuels journaliers.
Il faut noter aussi que l’Etat et les collectivités tirent des revenus fiscaux considérables de l’activité
minière. A ce titre, on peut citer les taxes relatives aux autorisations d'exploitation artisanale, aux droits
proportionnels et les taxes superficiaires dont 20% sont directement reversés à la collectivité abritant le
site.
Au compte des dédommagements, Nantou Mining a versé à certains exploitants agricoles des
sommes d’argents en contrepartie de leurs terres qu’elle a retirées. Les montants versés à ces derniers
oscillent entre 500000 f CFA et 4 000 000 f CFA selon le président de l’Association des Anciens Elèves
de Perkouan.
L’orpaillage et ses activités induites occupent une bonne partie de la frange jeune des populations
rurales de la province du Sanguié. A ce sujet, 82,05% des travailleurs enquêtés sur les sites affirment y
tirer en moyenne entre 500 f CFA à 2000 f CFA par jour quel que soit le poste d’activité occupé. Un peu
plus de 17% estiment ce gain journalier supérieur à 2000 f CFA, soit plus de 60000 f CFA pour trente
jours consécutifs de travail. Cette somme est nettement au-dessus du SMIG au Burkina qui était de 40000
f CFA en 2014. Les orpailleurs propriétaires de trous, en particulier les hommes, arrivent souvent à s’en
tirer avec des sommes importantes. La capacité de satisfaction des besoins essentiels, les dépenses de
prestiges témoignent du pouvoir d’achat de ces derniers, donc des revenus tirés de l’activité. Certes, les
données disponibles ne permettent pas une estimation des apports au niveau de la province. Mais ce
constat corrobore avec les conclusions des études de IPE/Burkina, qui estime que 42% des acteurs directs
de l’orpaillage vivent au-dessus du seuil de pauvreté établi à 82 672 FCFA (IPE, 2012). En 2008, l’apport
financier de l’orpaillage était estimé à environ 81,4 milliards au niveau national pour l’ensemble des
acteurs du secteur.
II-2-Les apports sociaux
D’une manière générale, les plans de gestion des sociétés minières englobent les trois dimensions
du développement durable : la dimension économique, sociale et environnementale.
Sur le plan social, Les sociétés minières participent de plus en plus au renforcement des capacités
d’accueil des systèmes éducatif et sanitaire, à l’accès à l’eau potable et au développement des
infrastructures de transport et d’énergie (rapport IPE, 2011).
41
S’agissant des investissements sociaux, la société minière de Perkouan a financé l’ouverture d’un
centre de formation des jeunes en menuiserie, en mécanique et en couture à Réo. Elle a également permis
la construction de 3 salles de classe et des logements et l’ouverture d’un centre d’alphabétisation à
Perkouan (enquête terrain, 2013).
Par ailleurs, les déplacés de la mine ont été relogés dans des concessions construites en matériaux
définitifs avec bien sûr des installations sanitaires adéquates et des points d’eau potable.
L’installation de la mine à Perkouan a également contribué à l’amélioration de l’accessibilité de
cette localité grâce aux routes construites par la société pour accéder à son site.
Mais, la plus importante contribution de l’exploitation minière reste sans conteste les emplois
directs et indirects créés par la société et les revenus distribués. Comme mentionné ci-dessus, l’industrie
minière de Perkouan a permis la création de plus de 600 emplois dont 132 ont échu à des ressortissants de
la localité. Les revenus tirés de cette activité vont certainement contribuer à l’augmentation du pouvoir
d’achat, permettre l’accès aux services sociaux de base, en somme, améliorer les conditions de vie et
lutter contre la pauvreté.
L’activité d’orpaillage concerne en majorité les populations rurales. Dans la province du Sanguié,
et particulièrement dans les communes de Réo et de Kyon, cette population rurale est en majorité pauvre,
peu instruite et a peu de possibilités d’emplois. Elle vit principalement d’une agriculture traditionnelle
soumise à de multiples contraintes naturelles par conséquent, incapable d’assurer aux ménages une
autosuffisance alimentaire. Dans un tel contexte, l’orpaillage va se révéler être une opportunité d’emploi
pour la jeunesse rurale, mais surtout une source de revenus, capable de combler les faiblesses de l’activité
économique principale. Les revenus tirés vont permettre à cette population pauvre de combler le déficit
alimentaire et d’accéder aux services sociaux de base.
En somme, les revenus générés par l’activité minière industrielle et artisanale au Sanguié
contribuent à améliorer de façon significative l’accès des populations à l’autosuffisance alimentaire, à
l’éducation, à la santé, de façon générale, à la réduction de la pauvreté dans la province.
II-3-Le réinvestissement des revenus
L’activité minière est en passe de devenir dans les deux communes, l’une des principales activités
économiques. A ce titre, les revenus tirés de l’activité minière sont importants avec de multiples
destinations à la fois. Les acteurs locaux du secteur industriel et les artisans miniers affirment de façon
unanime que les revenus qu’ils tirent de leurs activités servent à la fois à la prise en charge alimentaire de
leur famille, à leur habillement, à la scolarisation des enfants, aux soins médicaux et à l’acquisition de
moyens de locomotion (vélo, moto). Les plus jeunes travailleurs n’ayant de charge familiale, disent
utiliser leurs ressources pour soutenir leurs parents et acquérir des biens de prestige (moto, portables et
des effets d’habillement de luxe).
42
Quant aux travailleurs venus d’ailleurs, leurs gains servent en dépit des dépenses courantes citées
ci haut, à payer le loyer dans la ville de Réo ou à Koudougou.
Cependant, soulignons que, bien que le réinvestissement semble être orienté vers les mêmes
destinations, il existe toutefois une certaine priorisation selon les catégories d’acteurs. En effet, 70,19%
des élèves orpailleurs enquêtés soutiennent que les dividendes tirés de leur travail servent à aider leurs
parents et 29,82% affirment régler leurs frais de scolarité avec ces revenus. Pendant ce temps, 90,63% des
orpailleurs touchés par l’enquête utilisent leurs gains prioritairement pour la nourriture, l’acquisition de
moyens de locomotion (vélos, moto) et pour des dépenses de prestige (mariage, baptême, etc.). Seulement
9,37% de cette catégorie d’acteurs reconnaissent destiner une partie des revenus à la scolarisation des
enfants.
Une autre destination des ressources qui est directement observable sur le terrain, est l’acquisition
d’alcool, de tabac et autres stupéfiants et le sexe.
Les travailleurs de la mine industrielle assurent qu’ils effectuent toutes les dépenses courantes de
leurs familles grâce à leurs traitements salariaux, y compris donc la scolarité de leurs enfants.
Photo 3 : Engins d’orpailleurs sur un site en ouverture à Kyon
Source : prise de vue BAMOGO, novembre 2013
43
III.-LES LIMITES DE L’ACTIVITE MINIERE DANS LES DEUX LOCALITES
Quelle qu’en soit sa forme, l’exploitation minière au Sanguié implique des effets négatifs qui
peuvent être considérés comme des limites de l’activité. Ce sont ces limites qui sont abordées dans les
lignes qui suivent.
III-1-Les limites au niveau des sites artisanaux
Les travaux d’exploitation artisanale entraînent une dégradation des composantes de
l’environnement. Les orpailleurs détruisent la végétation, retournent les sols, creusent des trous, rejettent
des produits chimiques (mercure, cyanure, acides sulfuriques et nitrique etc.) utilisés dans le traitement du
minerai, affectant ainsi les milieux naturels (Djibril Gueye, 2009). Ces pratiques, observables sur les sites
de Réo (Toukon, Zoula, Perkoun et bien d’autres localités) et de Kyon (Poa, Kyon, Nagarpoulou etc.)
contribuent à fragiliser les sols, à accélérer le phénomène érosif, à polluer les sols et à les rendre
impropres à la culture.
Photo 4 : Champ agricole après le passage des orpailleurs à Guido (commune de Réo)
Source : prise de vue BAMOGO, novembre 2013
L’orpaillage exerce également une influence négative sur certaines activités qui occupaient jadis des
places importantes dans l’économie des communes de Réo et de Kyon. Il s’agit notamment de
l’agriculture, de l’élevage et du maraîchage. En effet, l’orpaillage, à travers l’occupation des espaces et la
44
dégradation les sols entraînent une réduction des surfaces cultivables, de leur fertilité et partant, du
rendement agricole. A cet effet, Butaré I. (2009) précise: «Dans les pays sahéliens, comme le Mali ou le
Burkina Faso où se pratique l’exploitation artisanale, les sols sont généralement appauvris à cause des
techniques d’extraction qui consistent à ramener le minerai et la terre infertile en surface. Dans ces zones,
les sols deviennent plus sensibles à l’érosion éolienne et hydrique».
Au-delà des espaces pris à l’agriculture, il faut noter la fuite des bras valides de ce secteur et du
maraîchage au profit des mines car, jugées plus rentables dans un bref délai.
Cette fuite des bras valides a sans doute contribué à la tendance générale à la baisse de la
production agricole comme l’indique le tableau ci-dessous dans la province.
Tableau 4 : Evolution en tonnes de la production vivrières de la province du Sanguié de 2007 à 2011
Spéculations
MIL
MAIS
RIZ
SORGHO BLANC Total
Années
2007
34588
422
385
44135
79530
2008
32628
2302
907
60048
95885
2009
27407
1033
1318
49124
34682
2010
26889
1444
1029
59928
89290
2011
19444
1340
859
47075
68718
Source : Direction provinciale de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire du Sanguié, 2011
Une autre limite remarquable de l’activité minière artisanale dans la province du Sanguié est son
illégalité. Les responsables des communes de Réo et de Kyon qui ont été approchés, déclarent n’avoir
jamais été mis au courant ou consultés pour l’ouverture de site d’exploitation. Or, le code minier précise
en son article 45 que « l’autorisation d'exploitation artisanale traditionnelle est accordée, sous réserve des
droits antérieurs, par décision de l’Administration des mines, après consultation des autorités
administratives compétentes et des collectivités locales concernées ». Mais peu de sites miniers artisanaux
respectent cette disposition aussi bien au Sanguié que sur le reste du territoire national (voir carte n°2).
45
Cette illégalité ajoutée aux faibles capacités d’organisation des acteurs et à l’absence de contrôle a
favorisé l’installation d’une certaine anarchie sur la majorité des sites. A la faveur de cette situation, les
sites artisanaux ont un accès épars permettant ainsi à tout individu d’y travailler y compris les enfants.
Aussi, à la question suivante : « des enfants travaillent-ils avec vous ? » 90,62% des orpailleurs
enquêtés ont répondu « oui » confirmant ainsi l’exploitation de ces derniers sur ces lieux.
Photo 5 : Des fillettes en activité sur un site d’orpaillage à quelques encablures de Zilivèlè
(Commune de Kyon)
Source : prise de vue BAMOGO, novembre 2013
Comme partout à ailleurs dans les autres sites du pays, les règles de sécurité au travail et
d’hygiène sont quasi-inexistantes sur les sites de Réo et de Kyon. Les travailleurs n’utilisent pratiquement
pas de moyen de protection, les trous et les galeries sont très souvent sans dispositifs de soutènement.
Alors, les accidents sont fréquents de même que les maladies liées à la poussière. A titre illustratif,
l’éboulement survenu sur le site de Nébia (commune de Dassa) en novembre 2012, a fait 9 morts (enquête
terrain) Aussi, les causes de consultation des acteurs miniers auprès des services de santé sont en général,
des infections respiratoires aiguës, des infections oculaires, des diarrhées, des traumatismes et des
infections sexuellement transmissibles (enquête terrain, 2013).
46
Par ailleurs, l’apparition de l’orpaillage dans la province a aidé à l’exacerbation de certains fléaux
sociaux tels que l’alcoolisme, la prostitution, la toxicomanie, les grossesses précoces et non désirées, le
banditisme, etc.
En fin, le dynamisme dans l’espace et l’incapacité de planification du gain à tirer rend très
aléatoire l’activité si bien que les revenus qui en sont issus prennent des destinations dont la pertinence est
souvent discutable.
III-2- Les limites au niveau du site industriel de Perkouan (Réo)
L’exploitation industrielle à Perkouan, bien que se déroulant dans le respect des textes en vigueur
comporte aussi des limites. Il s’agit notamment de son impact sur l’environnement, de l’expropriation des
terres aux paysans, des risques de pollution, de la précarité des emplois créés et des risques liés à la santé.
L’extraction minière industrielle est source de dommage pour l’environnement. A ciel ouvert,
comme c’est le cas en partie pour la mine de Perkouan, il provoque la déforestation et la recomposition du
paysage naturel. Les produits chimiques utilisés pour le traitement sont causes de pollution des eaux, des
sols et de l’atmosphère.
S’agissant des terres reprises aux populations rurales, ce sont environ 571000 hectares de terres
cultivables et de pâturage qui sont absorbés par l’industrie minière sur l’étendue du territoire national
(rapport final IPE, 2011). A Perkouan, la mine est bâtie sur une superficie exploitable de 6,24 hectares
(rapport final, IPE, 2011), auxquels s’ajoutent les aires occupées par les installations de traitement du
minerai et des déchets, les voies d’accès, la trame d’accueil des déplacés et le périmètre de sécurisation.
Même après la fermeture de la mine, il n’est pas évident que l’on puisse récupérer certaines parties de ces
terres en raison de la dangerosité des produits toxiques utilisés dans le traitement du minerai.
D’autre part, les emplois crées par l’industrie minière prennent fin avec la fermeture de la mine
d’où leur caractère précaire. Que deviendront les employés délaissés ? Comment les travailleurs issus de
la zone d’accueil pourront-ils réintégrer le tissu économique local, Eux, dont la majorité est sans
qualification réelle qui puisse leur permettre de vendre leur force ailleurs ? Autant de préoccupations qui
sont source d’inquiétude pour les populations locales.
Par ailleurs, de nombreuses études ont relevé les effets polluants de l’exploitation minière
industrielle sur l’atmosphère. Cette pollution est à l’origine de nombreuses maladies auxquelles sont
exposés les travailleurs et les populations riveraines des sites. Certes, il n’existe pas une étude formelle
sur le cas de la mine de Perkouan. Cependant, une comparaison des situations vécues ailleurs permet de
comprendre que cette localité n’est pas à l’abri de ces problèmes.
47
III-3- Le travail des enfants sur les sites miniers
Le travail des enfants est une réalité sur les sites d’orpaillage et les carrières au Burkina Faso
(Dr Dorte Thorsen, 2012). La province du Sanguié ne fait pas exception à cette réalité et les enfants sont
bien impliqués dans les activités d’extraction de l’or dans les deux communes. Toutefois, ce phénomène
reste une exclusivité de la mine traditionnelle car l’industrie minière moderne œuvre dans la légalité et
l’âge minimal pour postuler à un emploi à ce niveau est de 18 ans. Par contre, les sites artisanaux qui sont
sans contrôle, restent des milieux ouverts où n’importe qui peut y accéder sans restriction aucune. 90,62%
des orpailleurs enquêtés dans les deux communes reconnaissent travailler avec des enfants sans
distinction de genre. Ce constat corrobore avec les résultats de l’étude sur le travail des enfants sur les
sites d’orpaillage et les carrières artisanales dans cinq régions du Burkina Faso réalisée par Yacouba
YARO en 2011. Ce dernier conclut ses travaux en affirmant que sur 55330 orpailleurs recensés sur 51
sites du pays, 19881 étaient des enfants soit un taux de plus de 35%. Ces enfants en activité ont un âge qui
varie entre 6 ans à 17 ans (enquête terrain, 2013). Parmi ces mineurs orpailleurs touchés par l’enquête, on
dénombre 58, 82% d’élèves dont 45, 61% fréquentant toujours l’école contre 54, 39% en situation
d’abandon.
Par ailleurs, dans toutes les classes des 10 écoles primaires et des 7 établissements post-primaires
de Réo et Kyon où les enquêtes ont été menées, on a toujours rencontré des élèves qui affirment allier
travail scolaire et travail dans les sites artisanaux dès qu’ils ont un petit temps libre. Dans les écoles
primaires, ce sont généralement les jeudis et les dimanches qui sont mis à profit pour aller travailler sur
les sites d’orpaillage. Aux post-primaires, les élèves profitent des week-ends et des jours sans cours et
même parfois des heures creuses.
Dans les deux cas, il arrive que des élèves décident de s’absenter de l’école pour aller sur la mine.
Cette situation se présente le plus souvent quand ils apprennent que la mine est en période de grande
productivité. En pareille circonstance, des classes entières se vident au profit de la mine pour quelque
temps. Les enseignants de l’école primaire de Zilivèlè dans la commune de Kyon, témoignent de cela à
travers de multiples exemples quand la production sur le site de Nébia, situé à environ 5 km de ce village
battait son plein.
48
L’école de Toukon dans la commune de Réo, selon l’observatoire de l’éducation, a enregistré en
une journée de l’année scolaire 2011/2012, plus de 80 absences dues à cette ruée soudaine vers l’or.
Photo 6 : des élèves transportant le minerai pour le laver au marigot.
Source : Prise de vue BAMOGO, novembre 2013
Les enquêtes terrain ont révélé que les enfants, en fonction de l’âge et du sexe, interviennent à tous
les niveaux du processus d’extraction du métal précieux. La descente dans les trous et le creusement plus
difficiles, dangereux et demandant plus d’énergies sont réservés aux jeunes de 15,16 et 17 ans (YARO Y.,
2011).
49
Quant aux filles et aux plus jeunes garçons, ils s’occupent surtout du transport, du meulage, du
concassage, du pilage, du tamisage et du lavage. Ce dernier groupe est également actif dans les activités
connexes telles que la vente d’eau, le petit commerce et la restauration.
Photo 7 : des enfants remplissant leurs bidons d’eau pour les vendre sur les sites.
Source : Prise de vue BAMOGO, novembre 2013
Tous ces travaux sont bien pénibles pour les enfants et ont des nombreuses répercussions
négatives sur leur santé, leur développement physique et mental, leur éducation etc. (IPE /BURKINA,
rapport final, 2011). Selon Yacouba Yaro, tous les enfants sur les sites d’orpaillage sont exposés aux
maladies, à des déviations morales, à des risques d’accidents.
Dans les structures sanitaires de Kyon et de Réo, les agents de santé font ressortir que les
principaux motifs de consultation des orpailleurs, enfants et adultes, sont des cas de blessures et de
maladies respiratoires.
50
Pour les élèves orpailleurs, les risques d’abandon sont trop élevés d’autant plus que la pénibilité du
travail ne favorise pas un bon rendement scolaire une fois de retour en classe.
Photo 8 : Des élèves du primaire en plein lavage de minerai à Zoula (commune de Réo)
Source : prise de vue BAMOGO, novembre 2013
III-4- La perception du travail des enfants par les acteurs
Sur l’ensemble des sites enquêtés, les acteurs eux-mêmes reconnaissent de façon unanime qu’il est
impossible de concilier activités scolaires et activités minières. Ils soutiennent que travailler à la mine
pour un élève peut être source de faible rendement scolaire, d’abandon, donc, d’échec scolaire.
Mais, bien que le travail des enfants au niveau des sites d’orpaillage soit récusé par l’ensemble des
acteurs, il n’y a en général, pas une perception négative du phénomène. A la question de savoir s’il était
normal qu’un enfant travaille, 36,66% des enseignants ont répondu oui contre 96, 60% de parents
d’élèves. Selon BAKOUAN Augustin, parent d’élève à Poa (commune de Kyon), faire travailler l’enfant,
c’est lui apprendre un métier. Au cas où l’école ne lui réussit pas, il saura s’intégrer dans la vie active
grâce au métier appris depuis l’enfance. Toutefois, tous reconnaissent qu’il faut adapter le travail au
physique et à l’âge de l’enfant.
En définitive, l’analyse des principaux paramètres abordés ci-dessus fait ressortir l’importance de
la contribution de l’exploitation minière dans le développement socio-économique des populations
locales. Cependant, l’anarchie, l’absence de contrôle, le non-respect de la loi, l’insuffisance
d’organisation sur les sites artisanaux, compromettent dangereusement l’avenir de la jeunesse et plus
51
particulièrement celle scolaire et par ricochet, remet en cause la valeur réelle de la contribution de
l’activité au développement. L’implication des élèves dans les activités minières est mise en cause dans
cette compromission.
52
CHAPITRE II : EXAMEN DES EFFETS DE L’EXPLOITATION MINIERE SUR LA
SCOLARISATION ET LA SCOLARITE
Dans ce chapitre, il est question de l’examen de l’offre éducative à travers les structures, le
personnel, les infrastructures, les indicateurs d’accès, de qualité et d’efficacité du système éducatif dans la
province du Sanguié. À la suite de cet examen, l’influence de l’exploitation minière sur ces éléments
d’appréciation du système éducatif dans les communes de Réo et de Kyon ainsi que les causes de
l’implication des enfants dans l’activité sont abordées.
I-ETAT DE L’OFFRE D’EDUCATIVE DANS LA PROVINCE DU SANGUIE
I-1- Historique de l’école au Sanguié
L’histoire de l’école dans la province du Sanguié, est liée à celle de la mission catholique et de la
colonisation. En effet, suite au refus de l’administration coloniale de voir la mission catholique résider à
Koudougou, les missionnaires du Cardinal Lavigerie partis de Ouagadougou, s’installèrent sur la colline
de Réo en mars 1912 et s’introduisirent dans la société lyéla. Ils adoptèrent une approche tout à fait
différente de l’administration coloniale en apprenant la langue lyéla et en rendant visite aux familles.
L’éducation des « indigènes » était pour les missionnaires, un moyen d’évangélisation sûr. Les premières
formes d’éducation introduites furent la catéchèse et l’alphabétisation pour la lecture de la bible en langue
locale.
En 1933, les missionnaires ouvrent une école en langue lyela à Réo pour la formation des
catéchistes. Cette école faisait de l’alphabétisation et les élèves catéchistes y recevaient un enseignement
essentiellement religieux. Cependant, à partir de 1942, suite à une modification des programmes, ces
écoles d’alphabétisation en langue locale vont parallèlement enseigner les signes de ponctuation,
d’accentuation et d’orthographe nécessaires à la lecture et à l’écriture du français (J.R de Benoist, 1987).
Ces écoles étaient communément appelées « CP zéro » parce que les élèves n’y obtenaient pas de
diplôme contrairement aux écoles coloniales du cercle de Koudougou. La formation y durait trois ans à
l’issue desquels les élèves étaient orientés soit au séminaire de Ouagadougou, soit à l’école des
catéchistes de Guilongo.
Les premières écoles qui suivent le système de la métropole en 5 ans sont officiellement ouvertes
à Réo en 1942, à Didyr en 1952 et à Zoula en 1957. Ces écoles étaient des écoles catholiques et les
enfants avaient droit à 30 minutes d’enseignement religieux par jour. Elles passeront ensuite à l’Etat. De
nos jours, la province du Sanguié compte 246 établissements primaires répartis dans 12 Circonscriptions
d’Education de Base (CEB), et 29 établissements post -primaires et secondaires.
Dans la commune de Réo, on dénombre 44 écoles primaires et 11établissements post-primaires et
secondaires tandis que Kyon en abrite respectivement 18 et 2.
53
I-2-Les types et structures d’offres éducatives
Les types d’offres éducatives au Sanguié ne sont autres que ceux disponibles dans le reste du
Burkina Faso à savoir, l’éducation formelle, l’éducation informelle et l’éducation non formelle. Mais, seul
l’enseignement de base de l’éducation formelle est pris en compte car c’est ce niveau seulement qui reçoit
des enfants de la tranche d’âge concernée par la présente étude (06 à 16 ans) dans ses cycles primaire et
post-primaire.
 au primaire
L’enseignement primaire dans la province du Sanguié comprend des écoles classiques (235) et des
écoles satellites (11). 19 de ces écoles, toutes classiques, sont gérées par le secteur privé.
La commune de Réo abrite 44 écoles primaires dont 06 satellites. Quant à celle de Kyon, elle
compte 02 écoles satellites sur les 18 recensées. Dans ces deux communes, les écoles gérées par le secteur
privé sont au nombre de 05 soient 04 à Réo et une à Kyon. Alors, on en conclut que l’offre éducative au
niveau primaire est largement assurée dans ces localités par les services publics, ce qui en favorise l’accès
étant donné que l’enseignement privé n’est pas toujours à la portée de tous.
Concernant les structures, elles sont constituées d’une Direction Provinciale de l’Education
Nationale (DPENA), des communes, des 12 Circonscriptions d’Education de Base (CEB), des associations
et ONG intervenant dans le secteur (.l’église catholique, l’ONG « Aide et Action », le Comité Communal
d’Education (CCE), l’ONG « Construire une école pour le Sahel », l’observatoire de l’éducation etc.).
Deux CEB gèrent les 44 écoles primaires de Réo (soient 22 écoles par CEB) tandis qu’à Kyon une
seule s’occupe des 18 écoles.
 au post-primaire
Le cycle post-primaire échoit aux collèges et au premier cycle des lycées où un enseignement
général (plus fréquent) ou technique est dispensé. La province totalise 29 établissements dont 13 relèvent
du secteur privé. La commune de Réo en concentre le plus grand nombre avec 08 établissements privés
dont un d’enseignement technique et 03 établissements publics. Celle de Kyon ne compte qu’un
établissement public et un établissement privé.
D’une manière générale, l’offre d’éducation est peu diversifiée et cette situation se pose avec plus
d’acuité au post-primaire où l’enseignement général reste largement dominant. De plus, dans ce cycle, en
se fondant sur le nombre d’établissements, il ressort que le secteur privé assure plus de 44% de l’offre
d’enseignement général et carrément 100% de l’offre d’enseignement Technique dans la province.
Dans la commune de Réo, c’est 72% de l’enseignement post-primaire qui est assuré par le secteur
privé, tandis qu’à Kyon ce taux est de l’ordre de 50%. Ce qui réduit fortement l’accessibilité de ce cycle
54
car, pour une population en majorité pauvre, l’opportunité d’accès aux services privés est assurément
limitée en raison de leurs coûts.
S’agissant des structures à ce niveau, c’est à la Direction Régionale des Enseignements Secondaire et
Supérieur basée à Koudougou, chef-lieu de la région du centre-ouest, que les établissements postprimaires et secondaires de la province sont rattachés.
I-3-L’évolution des indicateurs de couverture et d’accès
Les éléments d’appréciation de la couverture et de l’accès au service d’éducation sont entre autres,
les effectifs scolarisables et scolarisés, la disponibilité et la qualité des infrastructures, des équipements,
du personnel et les taux d’admission et de scolarisation. Un examen de ces éléments dans la province du
Sanguié permettra de cerner leur évolution.
 Les effectifs scolarisables et scolarisés
Il s’agit du nombre d’enfants ayant l’âge d’aller à l’école et de celui de ceux qui y sont
effectivement, c’est-à-dire les élèves. Dans la province du Sanguié, en ne considérant que les cinq
dernières années, ces effectifs en fonction du cycle, présentent l’évolution suivante :

Au primaire
Tableau 5 : évolution des effectifs scolarisables et scolarisés au primaire dans la province du
Sanguié de 2008/2009 à 2012/2013.
Population/année scolaire
2008/2009
2009/2010
2010/2011
2011/2012 2012 /2013
Population scolarisable
56197
58048
59905
61688
63214
Population scolarisée
44418
46729
53210
53210
59596
Ecart
11779
11319
6695
8478
3618
Taux du déficit
20,96%
19,49%
11,17%
13,74%
5,72%
Source : Statistiques DPENA, Sanguié, 2013
Cette évolution globale cache des disparités entre communes. En 2011 /2012, le déficit de
scolarisation dans la commune de Réo était de l’ordre de 4,14% tandis que dans les autres communes, il
était au-delà de 14%.
Dans l’ensemble, on retient que la grande majorité des enfants dans la province du Sanguié est
scolarisée au primaire. La commune de Réo a enregistré pour le compte de l’année scolaire 2012/2013 un
total de 13540 élèves dont 6748 filles et 6792 garçons. A la même période, la commune de Kyon
comptait 1835 filles et 1935 garçons scolarisés soient au total 3817 élèves (statistiques, DPENA Sanguié,
2013).
55
Le déficit de scolarisation est en constante baisse dans toutes les communes de la province. Ce qui
témoigne d’une grande couverture du service de l’enseignement primaire dans la localité.

Au post-primaire
À ce niveau, il existe un écart très profond entre les enfants en âge d’aller en 6e et ceux qui y sont
effectivement. Seulement, un enfant sur 3 parvient à accéder à ce cycle dans la province. Ce rapport est
inférieur à celui de la région (1,2/ 3) mais, place la province au second rang, juste derrière celle du
Boulkiemdé. Le déficit reste important et ne diminue que très faiblement laissant entrevoir une faible
couverture du service.
Tableau 6 : évolution des effectifs scolarisables et scolarisés au post-primaire dans la province
du Sanguié de 2008/2009 à 2012/2013
Population/année scolaire 2008/2009
2009/2010 2010/2011 2011/2012 2012/2013
Population scolarisable
9382
9502
9622
9744
9868
Population scolarisées
2895
-
-
2858
3241
Ecart
6487
-
-
6886
6627
Taux du déficit
69,14%
-
-
70,66 %
67,15%
Source : annuaire statistique MRSS, 2011/2012, 2012/2013 ; enquête terrain, 2013
Cette évolution en dents de scies avec une tendance générale à la hausse laisse entrevoir des
difficultés d’absorption des effectifs du cycle post-primaire.
 Les infrastructures, les équipements et le personnel

Au primaire
Les 246 écoles totalisent 1004 salles de classe dans la province. Au niveau de la commune de Réo,
le nombre de salles de classe est de 232 contre 74 dans celle de Kyon. Mais ces salles demeurent
insuffisantes comme d’ailleurs toutes les autres infrastructures. Ce qui explique l’existence de salles de
classe précaires dans certains établissements. Au titre de l’année scolaire 2011/2012, on a dénombré 82
salles de classe précaires dans la province et de nombreuses autres défectueuses (statistiques, MENA
2012).
Les équipements sont composés de tables-bancs, de bureaux, d’armoires, de chaises, etc. La
majorité des écoles dans la province est sous équipée. Le déficit est surtout important au niveau des
tables-bancs et du matériel didactique (cartes, compendiums scientifiques et métriques, globes
terrestres…). Plus de 14000 places manquent dans la province (statistiques MENA, 2012).
De nombreux établissements primaires manquent également d’eau potable, de latrines,
d’électricité, de logements pour enseignants. Les tables-bancs sont en mauvais état et insuffisants dans les
deux localités.
56
Concernant le personnel d’encadrement et d’enseignement du primaire, il comprend des
Inspecteurs de l’Enseignement du Premier Degré (IEPD), des Conseillers Pédagogiques Itinérants (CPI),
Instituteurs Principaux (IP), d’Instituteurs Certifiés (IC), Instituteurs adjoints Certifiés(IAC) et
d’Instituteurs Adjoints (IA).
Au Sanguié, ce personnel est composé de 1176 enseignants sur le terrain dont 705 hommes et 471
femmes. Les encadreurs (IEPD, CPI, IP) sont au nombre de 63.
Dans les deux communes concernées par l’étude, on dénombre un total de 379 enseignants et 32
encadreurs.
Une analyse de la situation fait ressortir que 97,88% des enseignants en classe dans les deux
communes sont titulaires d’un titre de capacité (CEAP, CAP). Aussi, 270 enseignants sur les 379 présents
en classe ont une expérience d’au moins 6 ans dans le métier et le ratio enseignant/encadreur est de 12/1.
Cela témoigne de la disponibilité de ressources humaines pour un enseignement de qualité.
Toutefois, compte tenu de la forte demande d’éducation qui entraîne à chaque rentrée des ouvertures de
nouvelles classes ou d’écoles et la concentration du personnel en zone urbaine, les circonscriptions des
zones rurales enregistrent régulièrement des déficits en personnel.

Au post-primaire
Les infrastructures et équipements se composent d’installations d’accueil et d’annexes (salles de
classe, bibliothèques, laboratoires, logements, toilettes, cantines etc.), de mobilier (bureaux, chaises,
tables, armoires etc.), de matériels didactiques, de matériel de reprographie et d’informatique.
Pour ce qui concerne la commune de Réo, elle abrite 11 établissements qui totalisent 74 salles de classe.
Les deux établissements de la commune de Kyon comptent une douzaine de salles de classe.
Le fait marquant reste là aussi, l’insuffisance des salles de classe, du mobilier, du matériel
didactique, la faible électrification des établissements.
Les salles d’informatique, les laboratoires, les bibliothèques sont quasi inexistantes dans la grande
majorité des établissements, surtout dans ceux des zones rurales comme Kyon et les environs de Réo où il
n’y a même pas d’électricité.
Quant au personnel, il est composé d’enseignants permanents, d’enseignants contractuels et
d’enseignants vacataires. La province du Sanguié en compte autour de 202. Mais, les enseignants
permanents qui, en général, sont qualifiés, demeurent insuffisants, d’où le recours aux enseignants
vacataires et/ou contractuels. A titre indicatif, 11 des 16 enseignants du post-primaire que compte la
commune de Kyon sont vacataires ou contractuels.
En somme le personnel, les équipements et les infrastructures sont insuffisants à tous les niveaux.
Cette situation ne favorise pas l’accès de tous à l’école. Toutefois, une comparaison avec les autres
provinces de la région et d’autres localités du pays permet de se rendre compte que cette insuffisance
n’est pas propre au Sanguié seulement. Au contraire, le Sanguié fait partie des localités les mieux nanties
57
en termes d’équipements, d’infrastructures scolaires et de personnel enseignant. A titre illustratif, la
province du Ziro ne comptait que 12 établissements post-primaires en 2012/2013 avec 64 salles de
classes contre 11 établissements et 74 salles de classes pour la seule commune de Réo.
 Taux Brut d’Admission (TBA)
Le TBA est le rapport entre le nombre d’élèves nouvellement admis en première année d’un cycle
ou ordre d’enseignement et la population ayant l’âge officiel d’admission dans ce cycle.

Au primaire
Il s’agit du rapport entre les élèves nouvellement admis au Cours Préparatoire Première année
(CP1) et la population de 6 ans. Dans la province du Sanguié, ce taux qui a évolué en dents de scie avec
une tendance générale à la croissance, a atteint en 2012/2013 le niveau de 110,9% pendant que la
moyenne nationale s’établit à 88, 39% pour la même période (statistiques MENA, 2013). Cela confirme
la bonne accessibilité et la forte capacité d’accueil du cycle primaire dans la province. Pour la parité
genre, la tendance s’est même inversée, avec plus de filles que de garçons inscrits au CP1. L’indice de
parité fille/garçon est de l’ordre 1,08.
Le graphique ci-dessous montre l’évolution du TBA au cours des 6 dernières années :
Graphique n°1 : Evolution du TBA au primaire dans la province du Sanguié par sexe
de 2007/2008 à 2012/2013.
140
120
y = 4,2886x + 80,573
100
Garçons
80
Filles
60
Total
40
droite tendancielle
20
0
2007/08 2008/09 2009/10 2010/11 2011/12 2012/13
Source : statistiques DPENA, Sanguié, 2012/ 2013

Au post-primaire
Le TBA à ce niveau est le rapport entre le nombre d’élèves admis en 6e quel que soit leur âge et le
nombre d’enfants ayant 12 ans pour une année scolaire donnée. Au Sanguié, ce taux en 2012/2013, est de
35,3% avec un indice de parité fille/garçon de 0,78. Alors, il apparaît que peu d’élèves entrés au cycle
58
primaire sont admis au post-primaire dans la province. L’écart de points entre les deux cycles oscille
autour de 75%.
Toutefois, le TBA est resté dans une tendance à la hausse ces dernières années puisqu’il est passé
de 25,7% en 2007/2008 à 35,3% en 2012/2013 soit un bond d’environ une dizaine de points.
Graphique n°2 : Evolution du TBA au post- primaire dans la province du Sanguié de
2007/2008 à 2012/2013
45
40
35
30
25
20
15
10
5
0
y = 2,0986x + 23,83
Garçons
Filles
Total
droite tendancielle
Source : annuaire statistique MESS, 2012/2013.
Mais, cette croissance qui est nettement inférieure à celle du cycle primaire, est à l’origine de la
naissance d’un goulot d’étranglement entre les deux niveaux.
On constate donc qu’il y a beaucoup de déperditions entre les deux cycles de l’enseignement de
base et les filles accèdent moins au post-primaire que les garçons.
Cependant, cette situation est loin d’être un cas particulier propre au Sanguié. Tant au niveau
local que national, toutes les analyses et études font ressortir l’existence de ce goulot d’étranglement
entre le primaire et le post-primaire dû aux faibles capacités d’accueil de ce dernier.
 Taux Brut de Scolarisation (TBS)
Le TBS est le rapport entre le nombre total d’élèves inscrits quels que soient leurs âges à un niveau
d’enseignement et la population totale d’âge officiel de scolarisation à ce niveau.

Au primaire
La politique sectorielle de développement de l’éducation, associée aux actions des autres
intervenants a permis de hisser le Sanguié parmi les provinces ayant les TBS les plus élevés du pays. Ce
TBS, en constante croissance depuis fort longtemps, a atteint en 2012-2013, 94,30%. Cela témoigne tout
59
simplement d’une prise de conscience collective des populations quant à l’importance de l’école et de la
nécessité d’y envoyer les enfants. Les stéréotypes sexistes sont en train de s’estomper également en ce qui
concerne la jeune fille car, la parité fille/garçon tend vers 1. En 2012/2013, il était de l’ordre de 0,98.
Les progrès enregistrés au niveau de cet indicateur sont traduits dans le graphique ci-dessus :
Graphique n°3:Evolution du taux brut de scolarisation au primaire par sexe dans la province du
Sanguié de 2007/2008 à 2012/2013
120
100
y = 4,4371x + 69,553
80
Garçons
Filles
60
Total
40
droite tendancielle
20
0
2007/08 2008/09 2009/10 2010/11 2011/12 2012/13
Source : statistiques DPENA, Sanguié, 2013

au post-primaire
Là aussi, on observe également la même tendance à la croissance. De 26,2% en 2007/2008 ce taux
est passé à 33,5% en 2011/2012. Toutefois, l’évolution de la scolarisation est très instable dans la
province. En 2007/2008, le TBS était à 26,30%, il retombe à 21,50% en 2009/2010, il connaît une hausse
en 2011/2012 pour atteindre le pic de 33,50% et retombe à nouveau à 30,55% en 2012/2013. Une
instabilité qui met à nu toutes les difficultés qu’éprouve ce cycle. Elle confirme également les difficultés
liées à l’accès à l’enseignement post-primaire dans la province en particulier et dans l’ensemble du pays
en général.
60
Le graphique ci-dessous traduit cette croissance hésitante du TBS dans la province ces six
dernières années :
Graphique n°4 : Evolution du taux brut de scolarisation au post-primaire par sexe dans la province
du Sanguié de 2007/2008 à 2012/2013
45
40
35
30
y = 1,3629x + 21,947
25
Garçons
20
Filles
15
10
5
Total
droite tendancielle
0
Source : annuaire statistique MESS, 2012/2013
Toujours concernant les indicateurs de couverture et d’accès, notons que le ratio
élèves/enseignants au primaire est d’environ 45/1 à Réo et de 41/1 à Kyon. Pour le ratio élèves/salles de
classe, il est de 50/1 à Réo et un peu plus de 51/1 à Kyon.
Au post-primaire, le ratio élèves/salles de classe dans la province du Sanguié, est de 88/1 et le
ratio élèves/enseignant tourne autour de 52/1. Les classes sont alors bondées certes, mais pas plus que
dans certaines provinces du pays. Et ce ratio n’est pas très loin de la moyenne nationale qui est de l’ordre
de 48/1 en 2012 (Banque mondiale, 2014).
En définitive, on peut retenir que dans la province du Sanguié, les indicateurs de couverture et
d’accès font partie des plus élevés au Burkina, que ce soit au primaire ou au post-primaire. Par ailleurs,
les taux bruts d’admission et de scolarisation sont en constante croissance ces dernières décennies grâce
aux gros efforts déployés par l’ensemble des acteurs du monde éducatif au niveau de la province pour
permettre l’accès d’un plus grand nombre d’enfants à l’école. Sans avoir résolu totalement la question
d’accès et de couverture de l’école, le Sanguié fait partie des localités qui enregistrent des taux très
intéressants à ce niveau. Ce qui représente un avantage certain pour son système éducatif.
61
I-4-L’évolution des indicateurs de qualité et d’efficacité interne du système
Ces indicateurs concernent les taux de promotion, de redoublement, d’abandon, d’achèvement et de
réussite aux examens marquant la fin de cycle.
 Taux de promotion
Le Taux de promotion représente la proportion des élèves ayant terminé avec succès une année
d’étude et passant en classe supérieure. On le calcule en faisant le rapport entre le nombre total d’élèves
moins les redoublants d'une année d'études n et le nombre total d’élèves de l'année d'études n-1(l’année
précédente) exprimé en pourcentage.
L’évolution de cet indicateur au Sanguié est assez contrastée entre les deux cycles de l’enseignement
de base et même entre les différentes classes à l’intérieur de chaque cycle.

au primaire
En moyenne, 90% des élèves de ce cycle passent d’une année d’études à l’autre en une année
scolaire, exception faite pour ceux des classes de CM2 où il faut obligatoirement réussir à l’examen du
CEP pour changer de cycle.
Ces taux de promotion élevés sont surtout dus au fait des mesures instituant un passage
automatique pour les premières années des différents cours et un taux de redoublement possible plafonné
à un maximum de 10% pour les deuxièmes années. La moyenne de 5/10 n’étant plus une condition de
passage, alors, ce fort taux de promotion n’exprime plus nécessairement une performance interne du
système.
Cependant, il faut souligner que certains établissements privés et même quelques écoles du public
n’appliquent pas scrupuleusement lesdites mesures. Du coup, dans ces établissements, les taux de
promotion sont nettement inférieurs à ceux de la province.

au post-primaire
A ce niveau, le taux de promotion reste relativement bas malgré l’existence de la mesure
plafonnant le taux de redoublement. Ici, il faut nécessairement une moyenne des notes supérieure ou égale
à 10/20 pour accéder en classe supérieure.
Au Sanguié, il est généralement plus faible en classe de 6e. En 2012/2013 par exemple, il était de
62,9% en 6e, et respectivement de 70,9% et de 71,9% en 5e et 4e (statistique DRESS, Centre-Ouest,
2012/2013). Dans le plus grand établissement de la commune de Réo (en termes de nombre de classes et
d’effectif), sur 399 élèves inscrits en 6e, en 2012/2013, seulement 263 ont pu valider leur année et passer
en classe supérieure, soit un taux de promotion de 65, 91% (enquête terrain, 2013). A Kyon, le lycée
départemental n’a qu’un peu plus de 62% de passage en classe supérieure pour la même période.
62
De 2007/2008 à 2012/2013, ces taux ont connu une évolution en dents de scies dont la tendance
générale a été à la baisse. En général, les filles réussissent moins leur année que les garçons.
Tableau7 : évolution du taux de promotion de la 6e en 4e par sexe et par classe dans la province du
Sanguié de 2007/2008 à 2012/2013.
années
Classes
sexe
2007 /2008
2008/2009
2009/2010
2010/2011
2011/2012
2012/2013
6e
G
69,2%
55,0%
67,0%
55,0%
56,8%
64,9%
F
63,5%
49,6%
57,6%
54,9%
50,3%
60,4%
T
67,0%
53,0%
63,2%
55,0%
53,9%
62,9%
G
67,9%
59,6%
71,9%
61,2%
56,2%
73,5%
F
47,6%
49,3%
62,8%
57,2%
48,3%
67,4%
T
60,3%
55,7%
68,6%
59,7%
52,8%
70,9%
G
76,9%
58,3%
77,9%
64,2%
62,9%
73,8%
F
60,1%
49,1%
68,1%
54,8%
50,9%
69,4%
T
71,0%
55,1%
74,3%
60,8%
57,9%
71,9%
5e
4e
Source : statistique DRESS, Centre-Ouest, de 2005/2006 à 2012/2013
Une analyse comparative de ce tableau avec les performances des autres provinces de la région et
même du niveau national, permet de se rendre compte qu’en la matière, le Sanguié enregistre les taux les
plus bas. En 2011/2012, pendant qu’elle était à 53,9% de taux de promotion en classe de 6 ème, la
province du Boulkiemdé et la région du centre-ouest étaient respectivement à 65,3% et 61,3%. Au niveau
national ce taux à la même année scolaire, s’établissait à 63,4%. On retient donc que le taux de promotion
au post-primaire est bas au Sanguié en dépit de ses atouts en termes d’accès et de couverture.
63
 Taux de redoublement
Le taux de redoublement est la proportion d’élèves inscrits dans une année d’étude donnée au cours
d’une année scolaire et qui reste dans la même classe l’année scolaire suivante. Au Sanguié, il évolue de
façon disparate selon que l’on soit au primaire ou au post-primaire.

au primaire
Le taux de redoublants aux premières années d’études est très faible (entre 2,52% et 11%), en
raison des mesures limitant le nombre de redoublants. Ces faibles taux de redoublement ne traduisent
cependant pas une quelconque qualité du système éducatif. Cela est d’ailleurs confirmé par un taux de
redoublement nettement plus élevé en fin de cycle (CM2) où le nombre de redoublants explose
littéralement car, à ce niveau, il faut avoir été reçu auparavant à l’examen de fin de cycle pour franchir la
classe. Ce que le niveau réel de bon nombre d’élèves ne permet pas. Le taux de redoublement au CM2,
est en constante croissance ces dernières années et a même atteint le pic de 81,8% en 2011/2012. Les
communes de Réo et de Kyon font partie de celles qui ont enregistré les plus forts taux de redoublement.
Le tableau ci-dessous illustre bien cela dans la province.
Tableau 8 : évolution du taux de redoublement en CM2 dans la province du Sanguié de
2007/2008 à 2012/2013.
Années scolaires
2007/2008
Taux de redoublement 24,7%
2008/2009
2009/2010
2010/2011
2011/2012
37,2%
33,33%
36,2%
81,8%
2012/2013
-
Source : statistiques DPENA, Sanguié, 2013
Par ailleurs, dans la réalité, pour avoir de bons résultats en classe de CM2 considérée comme
vitrine de l’école, les enseignants font ce qu’ils ont appelé «la cuisine interne ». Cette cuisine interne
consiste à redoubler tous ceux qui n’ont pas un minimum d’acquis pour aller en classe supérieure,
notamment en CM2, sans pour autant signaler cela aux autorités éducatives qui l’auraient à coup sûr,
refusé. Ce qui fait que même en CM1, le taux de redoublement dans le fait, est plus élevé que ce qui est
officiellement communiqué.
64

au post-primaire
Le taux de redoublement est assez élevé de la 6e en 3e. En moyenne, sur les 6 dernières années,
sur 100 élèves, 33 redoublent leur classe (enquête terrain, 2013). Généralement, les filles redoublent plus
que les garçons. Le tableau ci-dessous témoigne de l’évolution des redoublements de 2007 à 2013.
Tableau 9 : évolution du taux de redoublement au post-primaire par classe dans la province du
Sanguié de 2007/2008 à 2012/2013
années
Moyenne
sexe 2007 /2008 2008/2009 2009/2010 2010/2011 2011/2012 2012/2013
/an
Classes
6e
5e
4e
3e
G
25,7%
22,3%
27,3%
23,8%
28,6%
25,8%
25,58%
F
30,1%
29,5%
24,2%
27,1%
29,6%
29,1%
28,26%
T
27,4%
25,0%
26,1%
25,1%
29,0%
27,3%
26,65%
G
23,0%
28,2%
29,7%
33,1%
21,5%
18,2%
25,61%
F
33,2%
33,1%
42,6%
35,3%
26,2%
22,6%
32,16%%
T
26,8%
30,1%
34,4%
34,0%
23,5%
20,1%
28,15%
G
29,0%
34,3%
34,2%
32,0%
29,1%
17,7%
29,38%
F
44,1%
44,5%
39,6%
38,4%
33,8%
27,4%
37,96%
T
34,3%
37,9%
36,2%
34,3%
31,0%
21,7%
32,56%
G
43,4%
40,3%
45,8%
39,6%
41,5%
32,0%
40,43%
F
55,4%
64,6%
44,5%
48,7%
45,1%
35,7%
49%
T
47,4%
48,3%
45,3%
42,7%
42,9%
33,4%
43,33%
Source : statistiques DRESS, Centre-Ouest, de 2005/2006 à 2012/2013
A l’examen du tableau, on s’aperçoit que la transition entre le primaire et le post-primaire n’est
pas toujours aisée, mais les forts taux de redoublement sont enregistrés surtout en classe de 3 e en raison du
taux d’échec élevé à l’examen de fin de cycle.
L’importance du nombre de redoublants est imputable au faible niveau des élèves dans les
différentes classes. En effet, leurs acquis antérieurs n’ont pas permis de bien asseoir les bases des
acquisitions à suivre. Ces faibles assimilations des élèves sont dues en partie, selon Jean Jacques DEMBA
(2010) à leurs absences et retards aux cours et à leur faible niveau de motivation pour les activités
scolaires. Or, les absences, les retards au cours s’expliquent selon PAULI et BRIMER, ( 1971), par
l’engagement de certains élèves dans des travaux ménagers, domestiques et agricoles ainsi que dans
d’autres activités extrascolaires comme par exemple l’exercice d’activités génératrices de revenus, qui
65
perturbent leur scolarité. Au Sanguié, les élèves sont surtout impliqués ces dernières années dans les
activités minières. Certains d’entre eux s’absentent pour y travailler.
 Taux d’abandon
Le taux d’abandon est le rapport entre le nombre d’élèves qui quittent le système scolaire durant
une année scolaire pour une raison quelconque et le nombre total d’élèves inscrits au compte de cette
même année scolaire.
Dans la province du Sanguié, les abandons sont assez importants à tous les niveaux
d’enseignement. La dernière année du cycle primaire et la première du post-primaire sont des périodes
qui enregistrent de forts taux d’abandon. Sur les six dernières années, le taux moyen est de 9,93% en
CM2 et 14,2% en 6e. Les filles sont celles qui quittent plus l’école avant la fin du cycle (7,19% en
moyenne sur ces 6 dernières années).
Les tableaux suivants traduisent l’évolution de ces taux par cycle selon le genre.
 Au primaire
Tableau 10 : évolution des taux d’abandon au primaire de 2007/2008 à 2012/2013 au Sanguié
années
2007 /2008 2008/2009 2009/2010 2010/2011 2011/2012 2012/2013
Moyenne
/an
CP1
1,1
8,9%
-
3,2%
9,4%
5,36%
5,59%
CP2
4,2%
1,7%
-
0,5%
2,1%
4,32%
2,56%
CE1
5,6%
6,4%
-
5,1%
9,3%
4,59%
6,19%
CE2
5,7%
0,7%
-
11,1%
2,5%
4,71%
3,94%
CM1
0,9%
17%
-
12,7%
14,6%
4,44%
9,93%
Classes
Source : statistiques DPENA, Sanguié, 2013
 Post-primaire
Tableau 11 : évolution des taux d’abandon au post- primaire de 2007/2008 à 2012/2013 au Sanguié
années
2007 /2008 2008/2009 2009/2010 2010/2011 2011/2012 2012/2013
Classes
Moyenne
/an
6e
5,6%
22,0%
10,7%
19,9%
17,1%
9,9%
14,2%
5e
12,9%
14,3%
3,0%
6,4%
23,7%
9,0%
11,55%
4e
5,3%
7,0%
10,5%
4,9%
11,1%
6,4%
7,51%
Source : statistique DRESS, Centre-Ouest, de 2005/2006 à 2012/2013
66
Une analyse comparée des deux tableaux ci-dessus permet de s’apercevoir que les taux d’abandons
sont plus importants chez les adolescents de 10 ans et plus ; c’est-à-dire à partir de la classe de CM1. En
effet, à partir de cet âge, les enfants sont en mesure d’accomplir bon nombre de tâches qui en principe,
sont réservées aux adultes. Considérés comme une force exploitable, ces derniers sont encouragés par
certains parents et employeurs à s’engager dans des travaux rémunérés au détriment des études. Ces
élèves travailleurs finissent par abandonner l’école car leurs rendements scolaires s’en trouvent affectés et
ils sont de moins en moins motivés à continuer leurs études. Dans le cas de la province du Sanguié et plus
particulièrement dans les communes de Réo et de Kyon, les élèves sont impliqués dans les activités
d’orpaillage à travers le vannage, le tamisage, le lavage du minerai, le transport de l’eau, le petit
commerce, etc. Ces activités qui procurent des revenus non substantiels mais aux yeux des acteurs, très
importants, conduisent à la dévalorisation des études et à la valorisation du travail rémunéré ayant pour
conséquence, les abandons scolaires dans ces localités.
 Taux d’achèvement et résultats aux examens de fin de cycle
On entend par taux d’achèvement la proportion des élèves nouvellement admis en dernière année d’un
cycle par rapport à l’effectif de la population d’âge théorique au niveau concerné. Le résultat aux
examens de fin de cycle concerne les taux de succès au Certificat d’Etudes Primaires (CEP) et au Brevet
d’Etudes du Premier Cycle (BEPC).

au primaire
Le taux d’achèvement à ce niveau est le rapport entre le nombre d’élèves non redoublants en
classe de CM2 et les enfants âgés de 11ans. Au Sanguié, ce taux bien que bas, a connu une évolution
positive ces dernières années. Cette évolution positive est surtout due aux mesures qui interdisent le
renvoi avant l’âge de 16 ans. Néanmoins, il faut retenir une légère régression chez les garçons en
2008/2009 suivie d’une reprise dès l’année scolaire suivante. Le taux en 2011/2012 a atteint 64,45%.
Celui des filles est resté en constante croissance depuis 2007/2008.
Mais, la parité fille/garçon est de l’ordre de 0,90/1.Le tableau ci-dessous traduit cette évolution.
Tableau 12 : évolution du taux d’achèvement au primaire dans la province du Sanguié de
2007/2008 à 2012/2013
Années
Sexe
GARCONS
2007/08
2008/09
2009/10
2010/11
2011/12
2012/13
46,1
43,3
45,9
63,1
65,6
67,5
FILLES
34
36,7
39,2
55,6
58,3
61,4
TOTAL
40
40
42,3
59,3
62
64,45
Source : statistiques DPENA, Sanguié, 2013
67
A l’analyse, ce taux reste assez bas car en clair, sur 100 enfants qui devaient être en classe de CM2
seulement 64 y sont.
La comparaison du taux brut d’admission et du taux d’achèvement montre qu’il existe un écart
important. En 2011/2012, le TBA était de 94% contre 62% pour le taux d’achèvement. Ceci est le
témoignage de nombreuses déperditions malgré l’interdiction de renvoi.
Ces difficultés sont largement mises à nu par les résultats au CEP ces dernières années dans la
province. Le taux de succès à cet examen ne fait que chuter comme l’indique le graphique ci-dessous,
conférant à la province le dernier rang de la région à la session 2013.
Graphique n°5: Evolution des résultats au CEP dans la province du Sanguié de 2008 à 2013
80
70
60
50
Garçons
40
Filles
30
Total
20
10
0
2008
2009
2010
2011
2012
2013
Source : statistiques DPENA, Sanguié, 2013
Dans les communes de Réo et de Kyon, la tendance générale demeure la même. Les CEB de Réo
II et Kyon connaissent une évolution en dents de scie tandis que Réo I reste sur une constante régression.
Le tableau ci-dessous illustre cela.
Tableau 13 : Evolution des résultats au CEP dans les CEB de Réo I, Réo II, Kyon et dans la
province du Sanguié de la session 2009 à celle de 2013.
2009
2010
2011
2012
2013
CEB
Réo I
69,91
67,28
50,35
48,15
38,71
Réo II
57,94
60,02
38,73
40,47
37,16
Kyon
56,27
48,10
59,43
63,76
44,93
Province (Sanguié)
65,44
60,13
53,47
53,66
47,67
Session
Source : statistiques DPENA, Sanguié, 2013
68

au post-primaire
Le taux d’achèvement se définit comme étant le rapport entre le nombre d’élèves nouvellement
admis (non redoublants) en classe de 3e et la population de 15 ans.
D’une manière générale, cet indicateur n’est pas très reluisant. Au niveau national, il est
actuellement de l’ordre de 21,4% avec un indice de parité fille/garçon de 0,84/1. Au Sanguié, le taux est
encore plus faible. Ainsi, sur 100 enfants de la tranche de d’âge de 15ans, seulement 18 arrivent en fin de
cycle post-primaire dans la province contre 19 pour la région du centre-ouest (statistiques DRESS,
Centre-Ouest, 2012). Ce qui dénote des difficultés liées à l’efficacité interne du système éducatif.
Beaucoup d’enfants ont un rendement insuffisant au post-primaire d’où un fort taux de déperdition tout au
long du cycle.
Tout comme, au primaire les faiblesses liées à l’efficacité interne du système se répercutent sur les
résultats à l’examen terminal.
En définitive, il faut retenir que dans la province du Sanguié, en dépit des difficultés liées à
l’insuffisance des infrastructures d’accueil, de mobilier, du personnel… ; la grande majorité des enfants
d’âge scolaire a accès au système éducatif au primaire.il n’y a pratiquement pas de réticence des parents à
envoyer leurs enfants à l’école et de mieux en mieux, sans distinction de sexe. Cela a permis d’atteindre
des taux de scolarisation tout à fait au-dessus de la moyenne nationale dans de la province.
Le cycle post-primaire, bien qu’il soit à la traîne, essaie de rattraper le primaire dans la perspective
de satisfaire à la scolarité obligatoire. Ce qui fait que l’accessibilité à ce cycle est de plus en plus
croissante malgré les difficultés évoquées ci-dessus.
En réalité, la véritable faiblesse du système éducatif dans la province réside dans son rendement
interne. Que ça soit au primaire qu’au post-primaire, les indicateurs de l’efficacité interne du système
éducatif dans les différents établissements sont des plus bas. A l’examen du CEP session de 2013, la
province a même occupé le dernier rang dans la région avec seulement 47,67% de taux de réussite. Les
communes de Réo et de Kyon ont enregistré des taux en dessous de la moyenne. Alors, le système
éducatif au Sanguié connaît de nombreuses déperditions à cause de sa faible efficacité interne.
Dès lors, il convenait, de se demander quels sont les facteurs susceptibles d’influencer les
rendements scolaires dans la province. Pour notre part, nous nous sommes intéressés aux effets de
l’exploitation minière qui est un phénomène récent dans la province.
IV-2-. IMPACT DE L’EXPLOITATION MINIERE SUR LA SCOLARISATION ET LA
SCOLARITE DES ENFANTS DANS LA PROVINCE DU SANGUIE
L’exploitation minière est une activité économique qui a apparu dans la province du Sanguié
autour de l’année 2005. Cette activité qui se mène de façon industrielle et artisanale occupe une bonne
frange de la population et a sans doute des répercussions sur les réalités socio-économiques de la
69
province. Dans les lignes qui suivent, nous analysons l’incidence de cette activité sur les différents
indicateurs du système scolaire dans la localité.
IV-2-1-Incidence de l’exploitation minière sur les indicateurs d’accès à l’école.
 Sur la capacité d’accueil
Les plans de gestion des sociétés minières englobent la dimension sociale du développement. A ce
titre, elles réalisent des infrastructures socio-éducatives. Entre 2007 et 2010, les sociétés minières en
activité au Burkina Faso ont réalisé entre autres, douze écoles, cinq dispensaires et deux barrages (rapport
final, IPE, 2011).
La société minière industrielle installée à Perkouan, dans la province du Sanguié a, à travers sa
fondation, réalisée dans la commune de Réo, trois salles de classe, des logements pour enseignants, un
centre d’alphabétisation (à Perkouan). Elle a également construit un centre de formation pour les jeunes
en menuiserie, en mécanique et en couture à Réo (enquête terrain, 2013).
D’autre part, les revenus tirés de l’activité minière industrielle ou artisanale servent en partie au règlement
des frais de scolarité et des cotisations des parents d’élèves. Une partie de ces ressources collectées dans
les écoles est utilisée pour la construction et l’entretien des salles de classe et des logements, la confection
et la réparation des tables-bancs, etc.
A Zilivèlè, dans la commune de Kyon, face à l’insuffisance de logement pour les enseignants et à
l’état défectueux des salles de classe, les parents d’élèves ont dû mobiliser des ressources en dehors des
cotisations ordinaires de leur association. Ces ressources ont permis de construire quatre logements pour
les enseignants et de réparer la toiture de leur école. Il est certes difficile de mesurer la part réelle des
fonds tirés directement ou indirectement de l’exploitation minière pour répondre à ce besoin, mais, force
est de reconnaître qu’ils y ont probablement contribué. Cette probabilité est d’autant plus certaine qu’une
bonne partie des habitants du village travaille dans les sites de Nébia, de Divolé et de Poa d’où elle tire
sans doute des revenus.
Alors, de façon directe ou indirecte, l’exploitation minière contribue à l’amélioration de la
capacité d’accueil du système éducatif dans la province. Dans la commune de Réo, en plus des apports cidessus cités, la société minière reverse en principe 20% des taxes superficiaires à la commune. Ces
ressources peuvent également servir à la construction d’infrastructures scolaires. Mais, les investigations
n’ont pas permis de percevoir les destinations de cette ressource car les responsables de la commune qui
ont été approchés disent n’avoir jamais perçu ces taxes.
Quant à la commune de Kyon, elle n’attend rien de la société minière en termes de taxes car
officiellement, elle n’a pas d’aire touchée par les activités de la mine. Seule l’exploitation artisanale y est
présente, mais compte tenu de l’illégalité des sites et de l’anarchie qui y règne, il est difficile d’en tirer
une quelconque taxe au profit de la commune.
70
Toutefois, il faut signaler que certains enfants sont présents en permanence sur les sites où ils
accomplissent diverses tâches, ou ont tout simplement accompagné leurs parents. Ces enfants-là ont très
peu de chance d’être inscrits à l’école car en général, il n’y en a pas à côté. Et même s’il y en avait, ceux
qui interviennent dans la vente de l’eau, dans le petit commerce et la restauration n’auront jamais le temps
de la fréquenter. Alors, l’exploitation minière artisanale, telle qu’elle est pratiquée dans les villages de
Nagarpoulou, Poa, Zilivèlè, etc. dans la commune de Kyon et à Bonyolo, Zoula, Perkouan, Toukon dans
celle de Réo, du fait qu’elle emploie des enfants, est source de non-scolarisation de certains d’entre eux.
 Sur les taux d’admission et de scolarisation
Les revenus tirés de l’activité sont orientés entre autres, vers des charges liées à la scolarisation
des enfants. A cet effet, 29,82% des élèves enquêtés soutiennent que c’est grâce à leur travail ou à celui
de leurs parents dans les sites d’orpaillage ou dans la mine industrielle de Perkouan que leurs frais
scolaires sont payés. C’est le cas de cet élève de 4e rencontré dans le lycée privé de Kyon Piayiboula.
Badolo Parfait, qui témoigne que depuis le décès de son père quand il était en classe de 6e, il travaille
dans les sites artisanaux pour payer sa scolarité et même les cotisations APE de ses petits frères au
primaire. C’est également avec ces mêmes revenus qu’il se procure les fournitures scolaires et acquiert
des vivres. Des exemples similaires à celui de Parfait sont légion. On en rencontre au lycée départemental
de Kyon, au lycée provincial de Réo, au collège privé Sainte Thérèse de Zoula, etc.
Tout en reconnaissant l’existence de difficultés à allier activités scolaires et fréquentation des sites
aurifères, beaucoup d’élèves affirment que certains de leurs camarades doivent leur place aux revenus
tirés de leur activité sur les sites d’orpaillage. Au lycée provincial de Réo, 9 élèves dont 5 garçons et 4
filles de la classe 3e enquêtés, assurent que c’est grâce à leur travail sur les sites d’orpaillage qu’ils règlent
leur frais de scolarité.
Par ailleurs, ils sont nombreux, les élèves qui ont des parents ou frères travaillant soit, dans les
mines artisanales, soit dans la mine industrielle de Perkouan. A la question suivante adressée aux élèves
de l’école primaire de Perkouan A : « Avez-vous un parent ou un frère qui est directement ou
indirectement impliqué dans les activités liées à la mine industrielle ? », environ 70% ont répondu « oui ».
Cette réponse corrobore avec les conclusions de l’évaluation économique du secteur des mines
commanditée par l’IPE/BURKINA en 2011, qui relèvent que les projets miniers et les services connexes
fournissent 9.000 emplois directs et 27.000 emplois indirects. Elles ajoutent que les mines font ainsi vivre
près de 300.000 personnes (rapport final, 2011). La même question, mais cette fois-ci sur les travailleurs
de la mine artisanale, a été posée aux élèves des écoles primaires de Réo et de Kyon qui ont été
concernées par l’enquête. Sauf les enfants de fonctionnaires, de commerçants et quelques rares enfants
d’agriculteurs ont répondu « non ». Or, des enquêtes et entretiens réalisés auprès des travailleurs du
secteur minier artisanal et industriel et auprès de ceux des activités connexes, il ressort qu’ils supportent
71
souvent les charges financières en rapport avec la scolarisation des enfants entièrement ou partiellement
grâce aux revenus issus de leur travail.
Ainsi, l’exploitation minière, de par les revenus qu’elle procure, offre à ceux qui y travaillent, des
moyens permettant de mieux prendre en charge les frais relatifs à l’inscription de leurs enfants à l’école.
Ce qui permet d’améliorer sensiblement les indicateurs d’accès du système éducatif dans les deux
communes.
D’ailleurs, si l’on considère que l’exploitation minière artisanale, a débuté dans la province
courant 2005, on remarque qu’à partir de la même période, le taux brut de scolarisation au primaire a
connu un coup d’accélérateur. En effet, entre 2001/2002 à 2005/2006, le TBS dans la province n’a
progressé que de 11,5 points soit une moyenne annuelle de 2,3 points. Par contre, de 2006/2007 à
2011/2012, le TBS est passé de 68% à 94%, soit un bond de 26 points. La moyenne de progression par an
est de 5,2 points, soit un peu plus du double de la période d’avant. Ce croît important du TBS, sans être
entièrement expliqué par les effets de l’exploitation minière, fait remarquer qu’elle y a contribué. Dans
tous les cas, il est perceptible qu’elle n’a pas négativement joué sur le taux brut de scolarisation ni sur
celui de l’admission au primaire vu qu’ils ont maintenu leur allure de croissance ces dernières années,
malgré l’ampleur de plus en plus grandissante de l’activité minière.
L’évolution des effectifs des élèves au primaire comme au post-primaire dans les deux communes
atteste du possible impact positif de l’activité minière sur les indicateurs d’accès et de participation du
système éducatif.
Tableau 14 : Evolution des effectifs au primaire dans les communes de Réo et de Kyon de
2008/2009 à 2012/2013.
Années scolaires
2008/2009
2009/2010
2010/2011
2011/2012
2012/2013
Communes
Réo
11 543
12 193
13 072
-
13540
Kyon
3100
3101
3869
3964
4180
Source : statistiques DPENA, Sanguié, 2013
Tableau 15 : Evolution des effectifs au post-primaire dans les principaux établissements des
communes de Réo et de Kyon.
Années scolaires
2008/2009 2009/2010
2010/2011
2011/2012
2012/2013
Etablissements
Lycée provincial de Réo
-
-
1667
1786
1843
Lycée communal de Réo
758
691
670
733
895
Lycée départemental de Kyon
222
242
286
394
469
Lycée privé Piayiboula
Source : enquête terrain, 2013
-
-
103
164
174
72
Alors, l’exploitation minière, en tant qu’activité économique rapporte des revenus aux
populations des communes de Réo et de Kyon. Une partie non négligeable de ces revenus est investie
dans le domaine de l’éducation à travers la construction, la réfection des infrastructures scolaires,
l’équipement, les frais de scolarité des enfants. La mine industrielle de Perkouan, à travers la Fondation
Nantou Mining soutient des CEB dans l’organisation du sport à l’école primaire (OSEP). Selon le
proviseur du lycée provincial, Elle a également soutenu son établissement en mettant à la disposition des
élèves des manuels d’allemand. Tout cela concourt à l’amélioration des indicateurs d’accès et de
participation à l’école et partant, du taux brut de scolarisation des enfants dans lesdites communes.
Cependant, des inquiétudes existent quant à la durée de cette contribution positive. La fin de
l’activité risque de replonger des familles dans la précarité financière, donc dans l’incapacité d’assurer les
frais de scolarité, surtout au post-primaire où ils sont plus élevés. Ce retour à la cage départ pourrait être
fatal pour beaucoup de ménages étant donné qu’à la faveur de l’activité minière, nombreux d’entre eux
ont relégué au second plan les activités agricoles.
IV-2-2-Incidence de l’exploitation minière sur les indicateurs de qualité et d’efficacité interne de
l’école.
 Sur les taux de promotion et de succès aux examens de fin de cycle
Les taux de promotion et de succès aux examens de fin de cycle sont des indicateurs qui rendent
compte du rendement interne du système scolaire. En principe, pour être promu en classe supérieure, il
faut avoir obtenu une moyenne de 5/10 après les évaluations de fin d’année scolaire. Ce qui prouve qu’on
a les acquis nécessaires pour continuer les apprentissages. Mais, si cette condition est toujours en vigueur
au cycle post-primaire, il n’en est pas de même pour le primaire où les mesures restrictives obligent à
laisser passer la majorité des élèves sans conditions de moyenne. C’est pourquoi, le taux de promotion à
ce niveau en général, ne reflète pas les acquisitions réelles des apprenants.
Dans la province du Sanguié, exception faite de la classe de CM2, ce taux se situe légèrement audessus de 90% en ce moment. Cependant, ce fort taux cache au fond, d’énormes insuffisances dans les
acquisitions des élèves. Ces difficultés sont perceptibles en observant les bilans des différentes
évaluations. Hormis les élèves du Cours Préparatoire chez qui, le pourcentage de ceux ayant obtenu la
moyenne de 5/10 va au-delà de 50%, dans les autres classes, les élèves qui parviennent à ces résultats sont
minoritaires.
73
Le bilan des évaluations de l’année scolaire 2012/2013 consigné dans le tableau ci-dessus reflète bien
cette réalité.
Tableau16 : Taux des élèves ayant obtenu la moyenne d’au moins 5/10 lors des évaluations
trimestrielles de 2012/2013 par cours, dans la province du Sanguié.
Trimestres
1er trimestre
2eme trimestre
3eme trimestre
CP
70,40%
70,12%
71%
CE
40,39%
44,50%
45,11%
CM
49,99%
49,83%
47,23%
Cours
Source : statistiques DPENA, Sanguié, 2013
Cette faiblesse du rendement scolaire des élèves dans les écoles des communes de Réo et de Kyon
situées à proximité des sites d’orpaillage est plus profonde. En effet, dans ces écoles, les résultats
scolaires sont en dessous des moyennes provinciales qui étaient déjà faibles. Des entretiens et enquêtes
que nous avons menés auprès des enseignants, des directeurs d’école et des encadreurs pédagogiques, il
ressort que ces dernières années, le nombre d’élèves qui obtiennent des moyennes en dessous de 5/10 ne
fait que croître. La majorité des enseignants titulaires de classes dans ces écoles se plaint du fait que les
élèves n’apprennent plus les leçons ni n’effectuent plus correctement les travaux de maison. Ce qui a pour
conséquence, des résultats le plus souvent insuffisants dans les classes de CE2, CM1 et CM2. En
2012/2013, les écoles de Kyon « A » et Kyon « B » ont enregistré respectivement en CM1 11,34% et
14,28% (enquête terrain, 2013) d’élèves ayant obtenu une moyenne supérieure ou égale à 5/10.
Dans les écoles de Bonyolo « A », en CM1 jusqu’à 96,16% des élèves sont en dessous de cette
moyenne tandis qu’à Perkouan « A » ce taux était autour de 55%.
Au niveau du post-primaire, les taux de promotion restent également faibles. Pour le compte de
l’année scolaire 2012/2013, il s’établit à 62,9% pour la 6e, 70,9% pour la 5e et 71,9% en 4e dans la
province. La tendance générale ces dernières années est à la baisse avec une accentuation particulière
pour la classe de 6e.
S’agissant des examens de fin de cycle (CEP et BEPC), les résultats ne font que décroître d’année
en année dans la province. De la session 2009 à celle de 2013, le taux de succès au CEP est passé de
65,44% à 47,67% soit une régression de 17,77 points.
Les CEB de Réo I, Réo II et Kyon font partie de celles qui ont eu des taux de succès inférieurs à celui de
la province à la session de 2013 et qui sont dans la tendance à la baisse.
Concernant l’examen du BEPC, nous n’avons pas pu obtenir des données au niveau provincial.
Toutefois, les collectes faites sur le terrain ont permis de réunir les données suivantes sur quelques
établissements.
74
Tableau 17 : Evolution du taux de succès au BEPC dans deux établissements des communes de Réo
et Kyon de 2010 à 2013.
Sessions
2010
2011
2012
2013
Établissements
Lycée privé Piayiboula de Kyon
-
57,69%
28,94%
16%
Lycée communal de Réo
40,19%
43,67%
36,55%
30,15%
Source : enquête terrain, 2013
Ainsi, de façon générale, les élèves travaillent de moins en moins bien dans la province du Sanguié et
plus particulièrement dans les communes de Réo et de Kyon qui sont des zones d’intenses activités
minières artisanales. Le résultat auquel les élèves parviennent en fin de cycle n’est que le reflet d’une
mauvaise assimilation des acquis sur plusieurs années antérieures.
Pour expliquer cette baisse continue du rendement interne de l’école, plusieurs acteurs de la province
incriminent la fréquentation des sites d’orpaillage par les élèves. En effet, des parents d’élèves aux
enseignants en passant par les élèves eux-mêmes, tout le monde relève les effets néfastes de cette activité
sur le rendement scolaire des enfants. A la question de savoir si la fréquentation des sites d’or avait une
influence négative sur le travail scolaire des élèves, 83,33% des enseignants enquêtés ont répondu « oui ».
77,19% des élèves en classe enquêtés ont remarqué que leurs camarades qui fréquentent les sites
d’orpaillage travaillent de moins en moins bien à l’école. Ceux qui ont été trouvés sur les sites
reconnaissent à 29% que leur travail sur ces lieux joue sur leur rendement scolaire.
En réalité, les élèves travaillant sur les sites d’orpaillage sont exposés à la fatigue, aux maladies, aux
accidents (rapport final, IPE, mai 2011). Tous ces facteurs sont des entraves à un bon rendement scolaire.
Le travail occupe le temps des enfants et ne leur permet pas de se consacrer à un apprentissage réel (Yaro
et Al, 2011).
Selon Madame Badolo , 2e adjointe au Maire de Kyon, dans les écoles primaires de Kyon « A », Kyon
« B », Tomo, Zilivèlè, les élèves s’adonnent aux travaux dans les mines artisanales pendant les jours de
repos et une fois de retour en classe, ils sont fatigués et n’arrivent même plus à suivre les cours. Ceux qui
sont en classe d’examen, n’ayant plus suffisamment de temps pour se préparer conséquemment, échouent
fort logiquement. Elle est soutenue par PORGO Ali, Conseiller Pédagogique Itinérant de la CEB de
Kyon, qui affirme que la faiblesse des taux de succès au CEP ces dernières années est due en partie au fait
que les élèves fréquentent les sites d’orpaillage et n’ont plus le temps d’apprendre les leçons. Cet avis est
également partagé par les Inspecteurs, Chefs des Circonscriptions d’Education de Base de Réo I, Réo II et
Kyon pour qui, avant que les sites aurifères ne fassent leur apparition, les rendements des élèves étaient
bien meilleurs.
75
Les enseignants du post-primaire enquêtés relèvent eux aussi des cas de somnolence, de maladies ou
de blessures assez fréquents chez les élèves orpailleurs, les empêchant de suivre correctement les cours.
Tout cela se traduit en fin d’année par de faibles résultats.
Lors de l’entretien avec le directeur du Collège Saint Thérèse de Zoula, il est ressorti que quand les
sites aurifères battent leur plein, toutes les heures creuses sont mises à profit. Alors, les exercices ne sont
plus traités et les cas d’indiscipline sont légion. Il précise qu’en 2010, des élèves de la classe de 3eont
même préféré manquer des examens blancs pour se rendre sur les sites. La conséquence de tout cela est la
baisse du niveau général des élèves. A cet effet, les statistiques du même établissement révèlent qu’avant
2010 (année d’ouverture du site de Zoula), la moyenne des classes étaient toujours supérieure à 9/20.
Mais, à partir de cette année à nos jours, cette moyenne n’a fait que chuter pour s’établir en 2013 à moins
de 6/20.
Le phénomène de baisse générale des rendements scolaires est beaucoup plus accentué dans les
localités proches des sites miniers. Les écoles des villages de Zilivèlè, Kyon, Zoula, Bonyolo qui
enregistrent des taux de redoublement et d’échec aux examens élevés, sont à proximité des sites miniers
artisanaux.
Sur l’ensemble de la province, la situation est aussi similaire car, c’est dans les communes où
l’activité minière artisanale est intense que les rendements scolaires sont le plus souvent faibles. Les
cartes ci-dessous illustrent bien cela.
76
Carte n°4 : répartition de l’intensité des activités minières artisanales dans les communes de la province du Sanguié en 2012/2013
77
Carte N°5 : distribution spatiale des taux d’échec aux évaluations scolaires dans la province du Sanguié en 2012/2013
78
En définitive, l’exploitation minière artisanale, du fait du travail des élèves sur ses sites, affecte
négativement le rendement interne de l’école tant au niveau primaire qu’au post-primaire
 Sur les taux de redoublement et d’abandon
Tout comme le taux de promotion, le taux de redoublement au primaire ne reflète pas nécessairement
la qualité ni même le niveau des acquisitions des élèves à cause des mesures restrictives. Ainsi, il n’y a
logiquement pas de redoublants en CP1, CE1 et en CM1. Aussi, dans les autres classes, ce taux ne peut en
aucun cas excéder 10% de l’effectif de la classe. Cependant, compte tenu du fait que ces mesures ne sont
pas strictement observées par les enseignants, on constate des redoublements dans toutes les classes mais,
à des proportions relativement moindres avec une exception pour le cours Moyen (CM). Dans ce cours,
particulièrement en CM2, le taux de redoublement a connu une croissance exponentielle depuis
2007/2008 à nos jours à cause des forts taux d’échecs à l’examen. De 24,7% en 2007/2008, il est passé à
81,8% en 2011/2012. Cette période coïncide avec l’intensification de l’activité minière dans la province.
Alors, de nombreux élèves se sont retrouvés sur les sites au détriment de l’école. Ce constat est confirmé
par YARO (1996) dans « Les jeunes chercheurs d’or d’Essakan ».Il y relève que les enfants scolarisables
et scolarisés des villages environnants les sites d’orpaillage se retrouvent sur ces lieux dans l’espoir
d’avoir de l’or. Ils y passent ainsi plus de temps que dans les classes. Selon l’observatoire de l’éducation
dans le Sanguié, des directeurs d’école se sont vus souvent obligés d’aller eux-mêmes sur les sites et
d’essayer de convaincre certains élèves de retourner en classe. Cette désertion des classes au profit de
l’exploitation minière a sans doute eu une incidence négative sur le rendement des élèves. La baisse du
rendement entraîne à son tour l’échec aux examens qui est à son tour à l’origine des nombreux
redoublements en CM2. Du reste, la grande majorité (97%) des enseignants enquêtés soutient que la
fréquentation des sites aurifères par les élèves fait partie des trois premières causes de redoublement quel
que soit le cycle considéré. Cet avis est appuyé par le résultat de l’enquête auprès des élèves rencontrés
sur les sites d’orpaillage. En effet, 36,84% de ces élèves-orpailleurs déclarent avoir déjà redoublé au
moins une fois depuis qu’ils ont commencé à allier activités minières et activités scolaires.
Ce constat est également fait par les orpailleurs des sites touchés par les enquêtes qui emploient ces
enfants. 87,5% d’entre eux reconnaissent qu’il est impossible d’allier les deux activités et que les élèves
qui le font, finissent au meilleur des cas, par reprendre les classes.
Cette répercussion négative de l’exploitation minière est également ressentie au niveau des abandons.
2010/2011 et 2011/2012, années charnières de l’activité minière artisanale dans les deux communes,
furent également celles qui ont enregistré le plus grand nombre d’abandons au cours de ces dix dernières
années.
79
Dans la commune de Kyon, les écoles situées à proximité des sites à savoir : Zilivèlè,
Nagarpoulou, Poa, Kyon B, Essapoun, Tomo, ont atteint des taux d’abandons jamais égalés depuis leur
création selon la 2ème adjointe au maire de ladite commune.
Les écoles de Nagarpoulou, Zilivèlè et Kyon B qui n’avaient pas plus de deux cas abandon par an
dans les années d’avant l’ouverture des sites d’orpaillage, ont vu ces chiffres s’envoler pour atteindre en
2011/2012, respectivement onze, douze et dix cas abandon (enquête terrain, 2013). Ensemble, elles ont
enregistré entre 2009/2010 et 2011/2012, environ quatre-vingt-dix cas d’abandon (enquête terrain, 2013).
A Réo également, c’est au cours de la même période que les taux d’abandon ont pris des proportions
vraiment inquiétantes. En 2011/2012, les écoles primaires les plus proches de sites d’orpaillage ont connu
les mêmes difficultés que celles de Kyon. Les taux d’abandon au cours de ladite année s’établissent à 8,
44% pour l’école du secteur 4 ; 6,19% pour l’école de Zoula « A », 5,21 pour celle de Perkouan « A »
pour ne prendre que celles-là (Observatoire de l’éducation à Réo, 2012).
Par contre, les écoles des villages non à proximité des sites orpaillage ont conservé à peu près les
mêmes taux d’abandons mêmes pendant les périodes les plus intenses de l’activité minière. C’est le cas
des écoles de Po dans la commune de Kyon et de Ekoukoala dans celle de Réo où le nombre d’abandons
a toujours tourné autour de deux par an quelle que soit la période considérée (avant ou au cours de
l’activité minière). Les représentations suivantes expriment mieux cette réalité.
80
Carte n° 6 et 7: évolution de l’envergure des abandons dans des écoles de Réo et de Kyon non à
proximité des sites aurifères avant et au cours de l’activité minière.
Carte 6 : Avant l’activité minière
Carte n° 7 : au cours de l’activité minière
81
Carte n°8 et 9 : évolution de l’envergure des abandons dans des écoles de Réo et de Kyon à
proximité des sites aurifères avant et au cours de l’activité minière
Carte n°8 : Avant l’activité minière
Carte n°9 : au cours de l’activité minière
82
Selon la Direction Régionale de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation du Centre-ouest, la
question des effets néfastes de l’orpaillage se traduit par un fort taux de déperdition scolaire. Ainsi, pour
le compte de la seule année scolaire 2012/2013, la province a enregistré 303 cas d’abandons dont 139
filles et 164 garçons. Les CEB, touchées par ce phénomène sont celles de Didyr, Kyon, Réo I, Réo II,
Zamo, Dassa.
Le tableau ci-dessous donne la situation des abandons par CEB à la date du 13 février 2013.
Tableau 18 : situation des abandons liés à l’orpaillage dans les 6 CEB du Sanguié touchées par le
phénomène en 2013
CEB
Didyr
Kyon
RéoI
RéoII
Zamo
Dassa
Total
Sexe
Garçons
2
20
64
23
04
51
164
Filles
2
08
55
12
02
60
139
Total
4
28
119
35
06
111
303
Source : statistiques DRENA, Centre- Ouest, 2013
Dans les établissements du post-primaire, les taux de redoublement sont, d’une manière générale,
assez élevés et cela bien avant même l’installation de l’exploitation minière dans la province. Mais, on
constate tout de même qu’au début de l’activité minière, ces taux ont connu une légère augmentation
avant d’adopter un léger infléchissement comme tendance générale. Toutefois, c’est en classe de 3e qu’on
rencontre le taux le plus élevé de redoublement. . Il est en moyenne supérieur à 40% au cours des six
précédentes années avec des pics en 2007/2008, 2008/2009 où il a avoisiné les 50%. Comme souligné ci
haut, les enseignants, les élèves en classe et ceux trouvés sur les sites identifient l’implication des
scolaires aux activités comme l’une des causes du redoublement.
Concernant les taux d’abandons, ils ont évolué en dents de scie au point qu’il est difficile de s’en
servir pour une analyse pertinente d’autant plus qu’il n’a pas été possible de trouver de données au niveau
provincial. Par contourner cette difficulté, il s’est simplement agi de procéder à un recensement des
abandons dans les classes qui ont été visitées. Ce recensement a consisté à demander aux élèves
directement combien de leurs camarades de classe ont quitté définitivement l’école pour aller travailler
dans les sites d’orpaillage. La deuxième question qui leur a été posée a été de savoir combien de leurs
camarades filles ont contracté des grossesses avec des orpailleurs et ont dû arrêter leurs études à cause de
cela. La synthèse des réponses à ces questions a permis d’avoir une idée des abandons liés à l’exploitation
minière dans les établissements enquêtés. La situation est présentée dans le tableau ci-après.
83
Tableau 19 : Situation des abandons liés à l’exploitation minière dans les établissements enquêtés au niveau post-primaire selon le motif et le sexe,
dans les communes de Réo et de Kyon de 2011/2012 à 2012/2013.
Etablissements de la commune
Etablissements de la commune de Réo
Total Général
de Kyon
Réo et Kyon
Lycée
Lycée privé
Lycée
Lycée
CEG de
Collège saint
départemental
Piayiboula
Provincial
communal
Zoula
Thérèse de
Zoula
G
Abandons liés au travail sur 22
F
T
G
F
T
G
F
T
G
F
T
G
F
T
G
F
T
G
F
T
03
25
5
04
09
11
01
12
12
00
12
15
03
18
10
04
14
75
15
90
13
13
-
08
08
-
81
81
16
31
10
12
22
75
96
171
les sites
Abandons liés aux grossesses
-
19
19
-
06
06
-
25
25
-
10
10
Total
22
22
44
5
10
15
11
26
37
12
10
22
15
Source : enquête terrain, 2013
84
En analysant ce tableau, il ressort que les garçons abandonnent plus que les filles pour des raisons
de travail sur les sites d’orpaillage. Les filles sont beaucoup plus touchées par des faits de grossesses non
désirées contractées avec des orpailleurs qui les contraignent à quitter l’école. Toutefois, dans l’ensemble,
elles sont les plus affectées par les abandons liés à l’exploitation minière dans les deux localités.
En somme, on retient que l’exploitation minière, surtout son secteur artisanal, du fait de l’implication des
élèves dans ses activités, du comportement de certains de ses acteurs, contribue à l’augmentation des taux
de redoublement et d’abandon dans les communes de Réo et de Kyon. A la fréquentation des sites
d’orpaillage par les élèves, il faut ajouter les grosses non désirées et les mariages précoces dont les élèves
de sexe féminin sont victimes. Parvenues à une responsabilité inattendue et précoce, ces jeunes finissent
le plus souvent par arrêter leurs études.
IV-2-3-Incidence de l’exploitation sur les taux de fréquentation et d’achèvement
 Sur les taux de fréquentation
La fréquentation dont il est question ici concerne la présence physique des élèves aux cours. Au
primaire, ces taux sont calculés par classe, à la fin de chaque mois de cours de l’année scolaire. Au postprimaire, c’est en fin de trimestre que ce calcul s’effectue en faisant le total du nombre d’absences par
élève. Mais, compte tenu des difficultés de conservation des archives dans les établissements qui ont été
visités, il a été pratiquement impossible d’avoir des données sur cet aspect. Alors, l’analyse de cet
élément s’appuie surtout sur les réponses aux questionnaires adressés aux enseignants et aux élèves et sur
le bilan des entretiens.
Généralement, les élèves orpailleurs profitent des jours non ouvrables pour se rendre sur les sites
(Salembéré et Al, 2007). Au primaire, il s’agit notamment des jeudis et des dimanches, tandis qu’au postprimaire, tous les moments libres sont mis à profit pour aller travailler sur les sites. Cela est une pratique
qui concerne presque la totalité des élèves des écoles proches des sites. Seuls quelques enfants de
fonctionnaires et de commerçants disent ne pas fréquenter ces lieux même à leurs temps libres.
Mais, il arrive que ces temps libres soient insuffisants surtout au moment où les sites tournent en plein
régime. Les besoins en tout genre se décuplent et entraînent une désertion des classes. Les écoles de
Zilivèlè, Nagarpoulou dans la commune de Kyon et celles de Bonyolo, Sanduié, Toukon dans la
commune de Réo ont toutes été victimes de cette situation en 2011/2012 et 2012/2013. En une journée,
l’école de Toukon a enregistré plus de 90 absences. Cette situation a été provoquée par l’ouverture d’un
site d’orpaillage dans les alentours de l’école en 2012/2013. A ces absences massives s’ajoutent des
absences sporadiques de quelques élèves des différentes classes. En général, ce sont les mêmes élèves
qui, pour des raisons sociales manquent de temps à autre l’école pour y aller chercher de quoi se nourrir
ou payer leur scolarité. Ces différentes absences dans ces localités liées aux activités minières contribuent
à la baisse du taux de fréquentation. Les enseignants enquêtés estiment dans leur majorité (93,33%) que la
85
proximité des sites aurifères et leur fréquentation par les élèves sont l’une des causes principales de leurs
absences aux cours. Ils sont 30% à soutenir qu’elles constituent même la première cause des absences. A
cet effet, 69,49% des élèves orpailleurs trouvés en classe reconnaissent qu’ils se sont souvent absentés des
cours pour aller sur les sites d’or.
Alors, à Réo, tout comme à Kyon, des élèves manquent l’école au profit des activités minières. Ces
absences contribuent à la baisse du taux de fréquentation dans ces localités et partant dans toutes les
provinces.
 Sur les taux d’achèvement
Le taux d’achèvement permet de se rendre compte de l’ampleur des déperditions scolaires. En
principe, avec les mesures qui visent à réduire énormément les redoublements et les exclusions, ce taux
devait être des meilleurs. Mais, ces dernières années, même s’il est resté dans une dynamique de
croissance (de 40% en 2007/2008 il est passé à 64,45% en 2013), il paraît relativement bas dans les deux
cycles. Au primaire, il n’a gagné que 5 points au cours des trois dernières années. Cela dénote d’une
certaine stagnation malgré les forts taux de scolarisation à ce niveau.
Au post-primaire, le taux de 18%, inférieur à celui de la région et même du pays, traduit tout
simplement l’ampleur des déperditions scolaires dans la province.
Il y a lieu donc de noter que les abandons, les faibles rendements des élèves, les redoublements, les
grossesses non désirées, les mariages précoces, etc. ayant en partie pour origine l’implantation de
l’exploitation minière, jouent contre une scolarisation à terme des enfants de la province.
Il est fort logique que des écoles comme Zilivèlè (comprise entre trois sites artisanaux), Zoula A, et
bien d’autres de la province connaissent de forts taux de déperdition. Et cela est inquiétant étant donné
que la « réussite » d’un camarade sur le site entraîne non seulement l’abandon de ce dernier, mais aussi
attire ceux qui sont restés à l’école. Le hic est que dans ce cas, les élèves bénéficient de la complicité de
leurs parents, voire même de leur encouragement.
Ainsi, pour les élèves qui allient orpaillage et activités scolaires, en dépit de leur faible rendement, ils
sont exposés à tout moment à l’arrêt des études si toutefois ils venaient à en tirer un gain important à leurs
yeux. A Kyon, dans une classe de 4e, un élève a déclaré que si jamais il arrivait à tirer 500 000f CFA de
l’activité minière, il arrêterait immédiatement ces études qui, à son avis, portent peu d’espoir. Ce discours
a été entendu encore plus tard à plusieurs reprises dans des établissements de Réo.
Alors, on est tenté de dire qu’une relative réussite d’un élève sur le site d’or est synonyme d’arrêt des
études dans les communes de Réo et Kyon et même dans toute la province.
86
IV-3- LES CAUSES DE L’IMPLICATION DES ELEVES DANS L’EXPLOITATION MINIERE
ET SUGGESTIONS
Au Burkina Faso, plusieurs déterminants sont à l’origine de l’implication des enfants en général,
et de celle des élèves en particulier, dans les activités liées à l’exploitation minière. Rappelons que seule
l’exploitation artisanale engage des enfants dans ses activités. Dans la province du Sanguié, les
déterminants du travail des élèves sur les sites artisanaux vont de l’environnement socio-économique, aux
espoirs entretenus par l’activité en passant par l’ignorance des lois et les attentes déçues de l’école.
IV-3-1- L’environnement socio-économique des élèves orpailleurs
La pauvreté est l'une des raisons les plus importantes pour lesquelles les enfants d’âge scolaire
travaillent. Les familles vivant en zone rurale diversifient leurs sources de revenus en participant à
l'exploitation minière (Dr Dorte Thorsen, 2012).Dans la province du Sanguié, comme partout ailleurs au
Burkina Faso, une bonne partie de la population vit de l’agriculture. Principale activité économique de la
province, cette agriculture peine à couvrir les besoins primaires des familles car, dépendante d’une
pluviométrie capricieuse avec des sols relativement pauvres et un équipement rudimentaire. Alors,
l’orpaillage dont la pratique a débuté autour de 2005 dans les localités de Réo et de Kyon, est aperçu
comme une alternative pour une diversification des sources de revenus d’une population qui vit en
majorité en dessous du seuil de pauvreté (statistiques, Ministère de l’économie et des finances,
2006).Dans un tel contexte, l’orpaillage représente un espoir pour combler les manques à gagner au
niveau de l’agriculture. C’est de ces familles-là que sont issus les élèves travailleurs sur les sites
d’orpaillage de Réo et de Kyon. Cette origine socio-économique est confirmée par les enquêtes et
entretiens, qui font ressortir que la quasi-totalité de ces élèves orpailleurs provient du milieu rural ou
périurbain et ont des parents qui n’ont d’autres activités que cette agriculture de subsistance. Pour preuve,
96,55% des élèves orpailleurs enquêtés (en classe et sur les sites) déclarent être nés de parents
agriculteurs et ils sont plus de 55% à soutenir que c’est à cause de la pauvreté qu’ils travaillent sur les
sites. A cela, ils sont rejoints par leurs enseignants (50%), les orpailleurs et leurs parents qui incriminent
la pauvreté comme principal facteur de l’implication des élèves dans les activités minières artisanales. Ce
point de vue est aussi le même que celui de l’UNICEF dans une analyse de la situation de la pauvreté et
de la vulnérabilité de l’enfant et de la femme au Burkina Faso en décembre 2010 .Il relève à cet effet
qu’étant donné que le travail des enfants représente une source de revenu pour les ménages, les ménages
pauvres sont plus enclins à ce que leurs enfants travaillent.
Et comme, pour accentuer les effets de cette pauvreté, la plupart des ménages d’où proviennent les
enfants orpailleurs sont à fratries nombreuses. Ce qui signifie plus d’enfants à prendre en charge par des
parents déjà en situation de paupérisation. Alors que comme le souligne l’INSD, plus le ménage est
87
grand, moins les enfants sont pris en charge correctement et plus ils sont enclins à être mis ou à se mettre
au travail (INSD, 2011).
Par ailleurs, environ 30% des élèves touchés par l’enquête en situation d’abandon total de l’école
sont soient, des enfants en situation d’adoption parce que orphelins ou simplement confiés à un parent du
côté du père ou de la mère. Ces enfants adoptés ou confiés sont très vite mis à contribution pour pallier
l’insuffisance des ressources familiales, les contraignant le plus souvent à l’abandon scolaire. Parfois
même, ces enfants sont malheureusement confrontés à l’exploitation comme main-d’œuvre gratuite
(IPEC, PAN, 2009).
Enfin, soulignons que la destination des revenus tirés de l’exploitation apporte une preuve
supplémentaire à la pauvreté comme cause du travail des élèves dans les mines artisanales. A la question
de savoir à quoi servent les revenus apportés par le travail des enfants, parents, orpailleurs et élèves
s’accordent pour dégager essentiellement les grandes destinations suivantes : l’achat de nourriture et de
vêtements, l’aide aux parents, le paiement des frais de scolarité et en dernière position, l’acquisition de
biens de prestige (portable, moto, vêtement de luxe,…).Ces destinations des revenus sont confirmées par
les résultats de l’étude de IPEC, Burkina réalisée par Dr Sangaré en 2009, qui soutiennent que le revenu
des enfants travailleurs sur les sites aurifères est destiné à 44,44% pour l’achat d’effets d’habillement et
33,33% sont affectés à la satisfaction de leurs besoins alimentaires…
Cette orientation des dépenses confirme que la pauvreté est l’une des causes de la présence des
enfants sur les chantiers de l’orpaillage, étant donné que le revenu est en grande partie utilisé dans des
dépenses de survie.
IV-3-2- Le « mirage d’une richesse vite acquise »
L’illusion d’une richesse vite acquise est la seconde cause du travail des enfants en général et des
élèves en particulier sur les sites d’orpaillage au détriment de l’école. L’espoir de découvrir un minerai ou
un gros diamant incite les gens, enfants y compris, à prendre part à une exploitation minière, et sous-tend
la volonté de travailler dur et de prendre des risques physiques et sociaux considérables (Dr Dorte
Thorsen Avril, 2012).
Dans la province du Sanguié, l’espoir de trouver suffisamment de l’or un jour et de devenir riche
est nourri par une bonne majorité de la population, y compris bien sûr les enfants. Alors, certains d’entre
eux décident d'eux-mêmes de travailler dans les mines, d'autres y sont, encouragés par leurs parents. Pour
ce faire, ils ont besoin de temps et ils le trouvent soit en abandonnant complètement l’école ou en
essayant d’allier les deux activités dans l’espoir que la chance leur sourît un jour. Sur les sites artisanaux
des deux communes, ils sont nombreux, les élèves rencontrés qui nourrissent cette illusion. En effet, des
élèves enquêtés sur les sites, ils sont 51% qui disent travailler dans les mines à la recherche d’un gain
88
rapide d’argent. Mais, leurs enseignants, tout en reconnaissant que c’est un facteur explicatif du travail
des élèves, ne sont que seulement 20% à soutenir cette idée.
Toutefois, le point de vue des élèves est étayé par des études récentes qui ont révélé que la plupart
des enfants perçoivent l'activité minière comme une activité temporaire. A ce sujet, Ali Ramadan affirme
que plus de 70% des enfants orpailleurs souhaitent changer d’activité dès une réussite sur le site. Ils
considèrent l’activité donc comme un moyen leur permettant d'accéder à des activités économiques
comportant moins de risques ou de poursuivre leurs études pour ceux qui veulent continuer.
Ces résultats corroborent avec les avis des élèves orpailleurs rencontrés dans les classes ou sur les
sites à Réo et à Kyon. Ces derniers, de façon unanime, considèrent l’orpaillage comme une activité
transitoire qui va les rendre riches dans un bref délai. Une fois cette richesse acquise, ils abandonneront
cette activité.
IV-3-3-L’ignorance de la règlementation en vigueur
La troisième cause évoquée par les différents acteurs à l’école et sur les sites d’orpaillage pour
expliquer l’engagement des élèves dans les activités minières est la méconnaissance de la réglementation
relative aux droits de l’enfant en matière de travail. En effet, il existe un ensemble d’instruments
nationaux et internationaux qui protègent l’enfant contre l’exploitation au travail. Entre autres, il y a les
conventions internationales, la charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, le code du travail. Au
terme de la convention relative aux droits de l’enfant (art. 32) et de la charte africaine des droits et du
bien-être de l'enfant (art.15), celui-ci doit être protégé contre l’exploitation économique et contre toute
astreinte à un travail comportant des risques ou susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à
sa santé ou à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social. Le code du travail de 2004
ajoute en son article 147 que l’âge minimum d'admission à tout type d'emploi ou de travail ne doit pas
être inférieur à 15 ans. La même loi précise que tout travail avant l’âge de 15 ans est considéré comme un
travail des enfants et que les pires formes de travail des enfants sont interdites de façon absolue. La liste
des travaux dangereux interdits aux enfants au Burkina Faso déterminée par le décret N°2009365/PRES/PM/MTSS/MS/MASSN du 28 mai 2009, comporte entre autres :
Les travaux qui, par leur nature ou les conditions dans lesquelles ils s'exercent, sont susceptibles
de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité de l'enfant ;
- les travaux qui exposent les enfants à des sévices physiques, psychologiques ou sexuels ;
- les travaux qui s'effectuent sous terre, sous l'eau, à des hauteurs dangereuses ou dans des espaces
confinés ;
- les travaux qui s'effectuent avec des machines, du matériel ou des outils dangereux ou qui impliquent de
manipuler ou porter de lourdes charges ;
89
- les travaux qui s'effectuent dans un milieu malsain, pouvant notamment exposer les enfants à des
substances, des agents ou des procédés dangereux ou à des conditions de température, de bruit ou de
vibrations préjudiciables à leur santé ;
- les travaux susceptibles de porter atteinte au développement et à la capacité de reproduction des enfants.
Ces dispositions en faveur des enfants sont observées au niveau de l’exploitation minière
industrielle de Perkouan où aucun enfant n’y est admis encore moins, y travailler. Par contre, sur les sites
miniers artisanaux à Kyon comme à Réo, les enfants sont bien présents et impliqués dans toutes les
activités liées à la mine, foulant du même coup ces textes. Des entretiens et des enquêtes réalisés, il
ressort que dans ce milieu, les différents intervenants ignorent ces dispositions légales. Les élèves
rencontrés sur les sites sont 50% à n’avoir jamais entendu parler d’une loi régissant le travail des enfants.
Il en est de même pour les parents d’élèves et les orpailleurs (56,25%) qui disent ne pas être au courant de
cette disposition. Les enseignants et leurs élèves trouvés en classe (84,74%) sont les mieux informés de la
question. Mais compte tenu du fait que le thème sur les droits des enfants ne fait pas formellement partie
des programmes d’enseignements, peu d’enseignants en parlent à leurs élèves. Toutefois, au niveau du
primaire, quelques enseignants en font cas surtout dans les grandes classes, sans pour autant pouvoir
s’étaler là-dessus car ils n’ont pas une documentation sur le sujet.
D’autre part, parmi les acteurs qui disent avoir déjà entendu parler de la loi qui vise la protection
des enfants, ils sont rares ceux qui en connaissent réellement le contenu. Cela se traduit tout simplement
par cette interprétation erronée des textes. Le plus souvent, parents et enseignants pensent qu’aux termes
de la loi, l’enfant quel que soit son âge, ne devrait en aucun cas être impliqué dans une quelconque
activité autre que son instruction à l’école.
Le point de vue du président de l’Association des Parents d’Elèves (APE) de l’école primaire de
Nagarpoulou en dit long sur cette perception de la loi : « Si l’enfant n’apprend pas à travailler dès son bas
âge, il finira par être paresseux ».
Cette perception erronée de la loi fait qu’enseignants et parents se joignent pour dire que cette loi
n’est pas adaptée aux réalités locales. Par conséquent, ils soutiennent qu’il vaut mieux laisser travailler les
enfants car c’est une occasion d’initiation et d’apprentissage aux métiers dont ils pourront se servir plus
tard, en cas d’échec à l’école.
En réalité, la loi préconise qu’on évite aux enfants des travaux qui mettent en danger leur intégrité
morale, physique, etc. ; ou qui compromettent leur éducation. Sont de ceux-là justement les activités dans
les mines et carrières considérées comme les pires formes de travail des enfants. Ignorée et non comprise,
cette loi est en quelque sorte rejetée, laissant les enfants s’engager dans des activités aussi dangereuses et
compromettantes que celles qu’on rencontre dans les sites d’orpaillage. Du reste, peu d’efforts sont faits
par les autorités pour le respect de ces dispositions, laissant s’installer un certain laxisme.
90
IV-3-4-Une école au « débouché incertain »
L’école s’étant implantée dans la province du Sanguié il y a longtemps, on y dénombre des
milliers de personnes diplômées. Malheureusement, une bonne partie de ces produits de l’école peine à se
frayer une place sur le marché de l’emploi d’où de forts taux de chômage. En effet, le taux de chômage
parmi les instruits ayant un diplôme de niveau secondaire est de l’ordre de 29,6% au Burkina. Selon une
analyse des résultats du RGPH 2006 réalisée par Georges COMPAORE et al, 2009, la région du centreouest et singulièrement les provinces du Boulkiemdé et du Sanguié font partie de celles qui contribuent
principalement à ce taux. L’enseignement général y étant dominant, les sortants manquent de
qualification et il est pratiquement impossible d’avoir une vision claire sur les possibles débouchés
économiques à l’issue du cursus scolaire. Alors, certains élèves ainsi que des parents se découragent et
préfèrent aller chercher ailleurs avant qu’il ne soit trop tard. Aboubacar, un élève de 5 e en situation
d’abandon rencontré sur le site de Divolé, village qui fait frontière avec Zilivèlè, se pose cette question
qui laisse à réfléchir : « Ça donne quoi, l'école?». Cette question traduit à elle seule toutes les attentes
déçues de l’institution scolaire. L’école ne garantit pas l’emploi. Les élèves ne voient souvent pas assez le
lien entre ce qu'ils apprennent à l'école, la vie de tous les jours et la contribution de l'école à
l’amélioration leur qualité de vie. En tout cas autour d’eux, les exemples sont rares. Ce qui est fréquent,
ce sont des diplômés qu’ils voient se ruer sur les concours de la fonction publique pour de maigres succès.
Le plus grand nombre erre sans savoir trop quoi faire. Cette incertitude de l’issue des études finit souvent
par détourner certains élèves des chemins de l’école vers ceux des mines où la « réussite spontanée » fait
rêver. Plus de 63% des orpailleurs employeurs d’élèves affirment que c’est parce que ces derniers
redoutent une issue incertaine des études qu’ils viennent travailler avec eux où quelques-uns de leurs
camarades ont fait fortune. Hiry Paul, IEPD, CCEB de Réo II, abonde dans le même sens en soutenant
que les élèves assistent très souvent au retour d’échec de leurs aînés qui ont eu la chance de pousser plus
loin les études. Incapables de s’employer ou se faire employer, ils représentent tout simplement l’espoir
déçu qui sème le doute dans la tête des cadets quant aux opportunités que peut leur offrir cette école.
C’est aussi ce que traduit cette opinion d’un parent d’élève tirée, du Plan d’Action National pour
l’Elimination du Travail des Enfants, qui dit ceci : « Quand vous scolarisez des enfants qui ne réussissent
pas à l’école et qui refusent de vous aider dans les travaux agricoles, que voulez-vous qu’on fasse avec
leurs cadets, sinon que les retenir auprès de soi. L’école est indéniablement bien et nécessaire, mais
seulement quand on y réussit, sinon quand vous échouez à quelque niveau que vous soyez, vous n’êtes
plus bon pour les autorités et vous n’êtes plus bon pour les parents… ».
91
CONCLUSION PARTIELLE
L’exploitation minière, qu’elle soit industrielle ou artisanale exerce une influence certaine sur la
scolarisation des enfants dans la province du Sanguié en général, et dans les communes de Réo et de
Kyon en particulier. Cette influence s’avère être plus néfaste que positive car, en même temps que
l’activité minière contribue à améliorer les indicateurs d’accès à l’école, elle porte atteinte à sa qualité
interne, fait obstacle à la fréquentation et favorise les abandons dans les écoles proches des sites miniers
artisanaux. L’exploitation artisanale qui est moins bien organisée, apparaît comme celle qui cause plus de
préjudices au système scolaire. Les localités où les sites miniers artisanaux sont répandus sont celles qui
sont les plus affectées par le phénomène Toutefois, il existe des mesures qui, si elles sont prises, peuvent
contribuer à réduire de façon significative ces effets néfastes. A ce titre, les suggestions suivantes sont
faites en vue de remédier aux problèmes déjà existants et d’endiguer les effets futurs ou tout au moins,
d’en atténuer les conséquences. Pour ce faire, nous préconisons :
A l’endroit des décideurs et opérateurs du secteur minier :
-informer et sensibiliser les acteurs sur les implications négatives du travail des élèves sur les sites
d’orpaillage. A cet effet, on peut mettre à contribution les troupes locales de musiques et de théâtre qui,
par des prestations dépeigneront les méfaits de l’orpaillage. Les radios et autres canaux d’informations
peuvent également servir pour porter l’information le plus loin possible.
-élaborer un code de bonne conduite à observer sur les sites d’orpaillage. Il s’agit d’appuyer les
orpailleurs pour édicter leurs propres normes qui prennent en compte la question du travail des enfants et
en particulier celui des élèves sur les sites. Ces normes qui proviendront des acteurs eux-mêmes auront
l’avantage d’être connues et acceptées, ce qui peut contribuer à leur meilleure application sur le terrain.
-impliquer réellement les autorités locales, communales, provinciales, dans les attributions des permis
et autorisation d’exploitation et inscrire dans le cahier de charge, l’interdiction du travail des enfants dans
la mine.
-contribuer à la construction d’infrastructures scolaires dans les villages environnements les sites
d’exploitation pour permettre de rendre l’école le plus proche possible des populations surtout celles qui
se sont installées en raison des activités minières sans services sociaux de base.
-Contribuer à la construction et au renforcement des centres de formation professionnelle et
d’apprentissage aux métiers avec des programmes adaptés aux besoins du marché de l’emploi dans la
province pour augmenter l’employabilité de la jeunesse scolarisée et permettre à celle non scolarisée de
développer les compétences recherchées.
-Renforcer les capacités techniques et organisationnelles des acteurs du secteur minier artisanal pour
s’attaquer aux innombrables carences et aller vers plus de productivité, de rentabilité et surtout de sécurité
en vue d’un développement durable.
92
A cet effet, nous conseillons la recommandation d’IPE/Burkina qui préconise l’intégration des petites
exploitations minières dans le secteur formel, en passant par une démarche participative et intégrée.
-fixer des objectifs individuels avec la mine industrielle de Perkouan pour pouvoir prendre en compte
les besoins spécifiques et rendre transparents et pertinents les investissements sociaux de cette entreprise.
Aux décideurs et acteurs de l’éducation de base :
-Mettre en place un cadre de concertation rassemblant tous les acteurs (enseignants, parents d’élèves,
autorités communales, les élèves, etc.) au niveau communal pour mener des réflexions pour la recherche
de solutions durables aux problèmes de l’éducation.
- Mener des actions d’information et de sensibilisation sur les effets néfastes de la présence des élèves
sur les sites d’orpaillage auprès des parents d’élèves et des élèves eux-mêmes. Ces actions doivent être
menées de concert avec les Associations des Parents d’Elèves (APE), les Associations des Mères
Educatrices (AME), les conseillers communaux des localités concernées par le phénomène.
-Retirer immédiatement les élèves impliqués dans les activités minières sur tous les sites d’orpaillage
et réintroduire dans le circuit scolaire ceux qui étaient en situation d’abandon.
-Mettre en place des comités de veille et d’alerte dans les villages touchés par le phénomène.
- Construire des infrastructures scolaires et appuyer à la scolarisation pour accroître l’accès et le
maintien des enfants à l’école. A cet égard, il faut rendre effective la gratuité de l’école au primaire et au
post-primaire. Le renforcement des cantines scolaires, l’octroi de bourses aux élèves défavorisés et
performants en classe sont des mesures nécessaires pour accompagner cette gratuité et pour le maintien.
-Réviser les programmes d’enseignement pour viser le développement des compétences à même de
faciliter l’insertion des sortants des écoles dans le tissu économique local.
A l’endroit des autorités administratives locales et centrales
-Prendre en compte l’exploitation minière dans toutes ses dimensions dans les plans communaux de
développement.
-Recenser tous les sites miniers dans les communes concernées par l’activité et instaurer une taxe
communale au niveau des sites artisanaux destinée aux soutiens à la lutte contre le travail des enfants dans
ces mines.
- Créer un service social de proximité pour la prise en charge des enfants sur les sites d’orpaillage.
-Mettre en place un comité de suivi contrôle de la mise en œuvre des cahiers de charge. Ces comités
devraient être composés de parents d’élèves, de conseillers municipaux, de responsables coutumiers et
religieux et de représentants d’ONG intervenant dans le domaine.
- Doter les services de contrôle (Inspection du travail) et de sécurité de moyens suffisants afin de leur
permettre d’assurer la surveillance de ce secteur et l’application effective des règlements visant la
protection des enfants.
93
- soutenir et/ou créer les Activités Génératrices de Revenus en faveur des parents d’élèves par des
accords de microcrédits, le renforcement des capacités, et la création de circuit d’écoulement. Cela va
permettre de lutter contre la pauvreté et surtout de donner d’autres alternatives aux populations rurales
afin d’éviter une dépendance de plus en plus grandissante à l’exploitation minière. Les filières de
l’élevage, de la culture maraîchère, de production fruitière et forestière représentent des opportunités
intéressantes.
-Divulguer auprès de tous les acteurs les textes et lois relatifs au travail des enfants et à leur
protection.
94
CONCLUSION GENERALE
L’exploitation minière au Sanguié est une récente activité économique qui s’est rapidement
développée à la faveur de l’essor du secteur minier dans le pays et des insuffisances des activités agropastorales jadis socle de l’économie de la province. Cet envol remarquable, a sans doute apporté des
améliorations aux conditions de vie des ménages. Mais, il entraîne parallèlement à ces améliorations, des
effets dommageables sur de multiples aspects du développement humain. La présente étude, par approche
locale, s’est singulièrement intéressée aux répercussions de l’activité sur la scolarisation des enfants dans
les communes de Réo et de Kyon. A ce sujet, elle a permis de s’apercevoir que l’efficacité interne du
système éducatif est en baisse dans les communes de Réo et de Kyon. Il ressort également
que
l’exploitation minière, surtout son secteur artisanal, du fait de l’implication des enfants d’âge scolaire
dans ses activités, de ses faiblesses organisationnelles et structurelles, contribue à la baisse des
rendements scolaires des enfants et à l’augmentation des déperditions scolaires. Ce qui confirme nos deux
premières hypothèses d’étude selon lesquelles l’efficacité interne de l’école est en baisse dans les
communes de Réo et de Kyon et l’activité minière y contribue.
Des enfants d’âge scolaire travaillent au niveau des mines artisanales dans la province. Les
principaux déterminants de cette implication de ces derniers dans les activités minières sont la pauvreté,
la fratrie nombreuse des familles d’origine qui éprouvent la nécessité de les mettre à contribution afin de
subvenir aux besoins vitaux de ses membres à savoir, se nourrir, se vêtir, se soigner, s’éduquer, etc. A
cela s’ajoutent, une conception traditionnelle favorable au travail des enfants, un mirage d’un
enrichissement rapide et la peur de voir sa progéniture traîner dans un système scolaire au débouché
incertain. La dernière hypothèse qui soutient que des raisons socio-économiques amènent les enfants à
s’adonner à l’activité minière au détriment de l’école se trouve ainsi confirmée. La méconnaissance des
textes de défense du travail des enfants complète les raisons de la mise au travail des élèves.
Toutefois, une exploitation minière sans incidence négative sur la scolarisation des enfants reste
possible. Elle passe nécessairement par une meilleure organisation du secteur minier artisanal, la
sensibilisation, l’implication de tous et une synergie d’action des différents acteurs.
95
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du travail des enfants dans les mines et carrières : le cas du Burkina Faso
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Mémoire d’inspectorat : Enseignement primaire
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LE QUOTIDIEN « LE PAYS » paru le 27 novembre 2011 et réalisé par Aissata Bangré ayant pour
titre « Le Burkina Faso : Orpaillage - comment mettre fin à l’exploitation des enfants ? ».
MINISTERE DE L’ENVIRONNEMENT ET DU CADRE DE VIE(MECV), (2011): rapport final
d’analyse économique du secteur des mines, liens pauvreté et environnement,
OUEDRAOGO N. G (2011)-Problématique du travail des enfants scolarisés dans les exploitations
agricoles et le respect de leurs droits : rôle des acteurs de l’éducation dans la province du Mouhoun.
Mémoire d’inspectorat : Enseignement primaire.
RAPPORT FINAL DU PROJET INITIATIVE PAUVRETE –ENVIRONNEMENT AU
BURKINA FASO (IPE/BURKINA) (2011) sur l’évaluation économique de l’environnement des
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(SCADD) 2011-2015. (2011) 108 p.
TALL S. (2011)- L’Education aux droits de l’homme dans les établissements d’enseignement secondaire
au Burkina Faso : état des lieux et perspectives. Mémoire de conseiller d’éducation : Enseignement
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YACOUBA. Y et al.(2011)-Etude sur le travail des enfants sur les sites d’orpaillage et les carrières
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CHAIRE EN ÉCO-CONSEIL, (2012), l’industrie minière et le développement durable, document de
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NATIONALE ET DE L’ALPHABETISATION, (2012): Annuaires Statistiques de 2011à 2012
Dr THORSEN D. (2012), document d’information n° 4, résultat d’une étude menée en Afrique de
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Téléchargé du : http://www.irinnews.org/fr/Report/96222/BURKINA-FASO-L-%C3%A9ducationvictime-de-la-ru%C3%A9e-vers-l-or, le 30 mars 2013.
LA RADIO DIFFUSION NATIONALE DU BURKINA FASO (2012), un dossier éducation animé
par zougourikosso diffusé le 10/10/2012.
LE BIMENSUEL D’INFORMATIONS ET DE CULTURE GENERALE « L’Eveil,
Education numéro n°197 » paru du 5 au 19 mars 2012. L’article est « L’orpaillage au Sahel :
Première cause de déscolarisation au Faso ».
MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE ET DE L’ALPHABETISATION, (2012), direction
des études et de la planification, annuaire statistique de l’éducation nationale 2011/2012.
Téléchargé du :http://www.depmeba-bf.org/data/annuaires/annuaire_2011-2012.pdf,le 14juin 2013.
MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE (2012), Programme de Développement Stratégique
de l’Education de Base (PDSEB).146p.
BACYE M (2013)., l’incidence de l’orpaillage sur la scolarisation dans la province du Sanguié : cas de
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COMITE NATIONAL DE POLITIQUE ECONOMIQUE (CNPE), (2013)-La place des ressources
minières dans l’économie du Burkina Faso, 18p.
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SIDWAYA N° 7327 DU 2/1/2013, Économie : Exploitation minière au Burkina Faso,
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UNICEF (2013).la scolarisation de millions d’enfants mise en péril par les réductions de l’aide
Téléchargé le 1er juillet 2013 du : http://www.uis.unesco.org/Education/Documents/fs-25-out-ofschool-children-fr.pdf
HIRY P.,(2013)- Communication sur l’exploitation aurifère au Sanguié (2013)
100
TABLE DES MATIERES
SOMMAIRE .................................................................................................................................................. i
DEDICACES ................................................................................................................................................ ii
REMERCIEMENTS.................................................................................................................................... iii
SIGLES ET ABBREVIATIONS ................................................................................................................. iv
LISTE DES TABLEAUX ........................................................................................................................... vi
LISTE DES FIGURATIONS ..................................................................................................................... vii
LISTE DES PHOTOGRAPHIES .............................................................................................................. viii
RESUME ..................................................................................................................................................... ix
INTRODUCTION GENERALE ...................................................................................................................1
PREMIERE PARTIE : LE CONTEXTE GENERAL DE L’ETUDE...........................................................3
CHAPITRE I : LE CADRE OPERATOIRE DE LA RECHERCHE............................................................4
I –LE CONTEXTE ET LA JUSTIFICATION ..............................................................................................4
I-1- La problématique ................................................................................................................................4
I-2- Les objectifs de l’étude .......................................................................................................................6
I-3- Les hypothèses de l’étude ...................................................................................................................6
I-4- Les variables d’étude ..........................................................................................................................7
II- LA METHODOLOGIE DE RECHERCHE .............................................................................................7
II-1-La recherche documentaire .................................................................................................................7
II-2- La justification du choix du site d’étude............................................................................................9
II- 3- La revue de littérature .....................................................................................................................10
II-4- Travaux de terrain ............................................................................................................................15
CHAPITRE II: LE MILIEU PHYSIQUE ET HUMAIN DE LA ZONE DE L’ETUDE ...........................18
I-LE MILIEU PHYSIQUE ..........................................................................................................................18
I-1-.La situation géographique .................................................................................................................18
I-2-La géologie, les ressources minières et les sols .................................................................................20
I-3-Le climat et la végétation ...................................................................................................................23
II - LE MILIEU HUMAIN ..........................................................................................................................25
II-1- Caractéristiques de la population .....................................................................................................25
II-2-L'Organisation sociale et le pouvoir traditionnel ..............................................................................26
II-3- Le régime foncier .............................................................................................................................26
III- LES ACTIVITES SOCIO- ECONOMIQUES ET LES SERVICES SOCIAUX DE BASE................27
III-1- L'agriculture et l’élevage ................................................................................................................27
III-2- Les activités minières .....................................................................................................................29
III-3- Les Activités secondaires ...............................................................................................................30
xi
III -4- Les services sociaux de base .........................................................................................................30
DEUXIEME PARTIE : L’IMPACT DEL’EXPLOITATION MINIERE SUR LASCOLARISATION
DES ENFANTS DANS LES COMMUNES DE REO ET KYON ............................................................33
CHAPITRE I : L’EXPLOITATION MINIERE A REO ET A KYON .......................................................34
I- PRESENTATION DES SITES D’EXPLOITATION .............................................................................34
I-1- La genèse des sites ............................................................................................................................34
I-2-Les intervenants des deux secteurs ....................................................................................................36
I-3- Organisation du travail dans les sites d’exploitation ........................................................................36
I-4- Les activités induites par l’exploitation minière ...............................................................................39
II- LES APPORTS SOCIO-ECONOMIQUES DE L’ACTIVITE MINIERE ............................................40
II-1-Les apports financiers .......................................................................................................................40
II-2-Les apports sociaux...........................................................................................................................41
II-3-Le réinvestissement des revenus .......................................................................................................42
III.-LES LIMITES DE L’ACTIVITE MINIERE DANS LES DEUX LOCALITES .................................44
III-1-Les limites au niveau des sites artisanaux ...................................................................................44
III-2- Les limites au niveau du site industriel de Perkouan (Réo) ...........................................................47
III-3- Le travail des enfants sur les sites miniers .....................................................................................48
III-4- La perception du travail des enfants par les acteurs .......................................................................51
CHAPITRE II : EXAMEN DES EFFETS DE L’EXPLOITATION MINIERE SUR LA
SCOLARISATION ET LA SCOLARITE ..................................................................................................53
I-ETAT DE L’OFFRE D’EDUCATIVE DANS LA PROVINCE DU SANGUIE ....................................53
I-1- Historique de l’école au Sanguié ......................................................................................................53
I-2-Les types et structures d’offres éducatives ........................................................................................54
I-3-L’évolution des indicateurs de couverture et d’accès ........................................................................55
I-4-L’évolution des indicateurs de qualité et d’efficacité interne du système ........................................62
IV-2-. IMPACT DE L’EXPLOITATION MINIERE SUR LA SCOLARISATION ET LA
SCOLARITE DES ENFANTS DANS LA PROVINCE DU SANGUIE ...............................................69
IV-2-1-Incidence de l’exploitation minière sur les indicateurs d’accès à l’école. ...............................70
IV-2-2-Incidence de l’exploitation minière sur les indicateurs de qualité et d’efficacité interne de
l’école. ..................................................................................................................................................73
IV-2-3-Incidence de l’exploitation sur les taux de fréquentation et d’achèvement .............................85
IV-3- LES CAUSES DE L’IMPLICATION DES ELEVES DANS L’EXPLOITATION MINIERE
ET SUGESTIONS ...................................................................................................................................87
IV-3-1-. L’environnement socio-économique des élèves orpailleurs .......................................................87
IV-3-2- Le « mirage d’une richesse vite acquise » ......................................................................................88
IV-3-3-L’ignorance de la règlementation en vigueur .................................................................................89
IV-3-4-Une école au « débouché incertain »................................................................................................91
xii
CONCLUSION PARTIELLE .....................................................................................................................92
CONCLUSION GENERALE .....................................................................................................................95
BIBLOGRAPHIE ........................................................................................................................................96
ANNEXES ................................................................................................................................................. xiv
xiii
ANNEXES
xiv
 QUESTIONNAIRES ET GUIDES D’ENTRETIEN
 Questionnaire pour enseignants du primaire et du post primaire
C’est dans le cadre de la préparation de notre mémoire en maîtrise sur le thème « L’impact de
l’exploitation minière sur la scolarisation des enfants dans la province du Sanguié : cas des communes de
Réo et de Kyon » que nous vous adressons ce questionnaire d’enquête.
Vos réponses et vos suggestions que nous sollicitons seront d’un grand apport pour la réussite de
ce travail de recherche. Nous tenons à vous rassurer de garder l’anonymat et du caractère confidentiel
des réponses qui ne seront utilisées que dans le cadre de ce travail.
Nous vous remercions de votre collaboration.
Commune ……………………….
village ……………………………….
Ecole ………………………………….
Classe ……………………………….
Nombre d’inscrits |__|__|
Nombre d’abandons
Filles |__|__|
Garçons : |__|__
Nombre d’admis en classe supérieure
Nombre de redoublants
|__|__|
|__|__|__|
Taux de fréquentation (2012-2013)
|__|__|__|
-Octobre (2014)
|__|__|__|
-Novembre(2014)
|__|__|__|
-Décembre(2014)
|__|__|__|
Taux d’abandons (2012-2013)
|__|__|__|
Taux d’exclusion (2012-2013)
|__|__|__|
Avez-vous des élèves qui s’absentent pour aller travailler sur les sites aurifères ?
Oui
Non
Si oui, combien d’absences enregistrez-vous en moyenne par jour ? |__|__|
Le travail des élèves sur les sites aurifères est :
xv
1-La première cause des absences
2-La deuxième cause des absences
3-La troisième cause des absences
4-Sans incidence sur les absences
Avez –vous des élèves qui associent activités scolaires et travail sur les sites aurifères ?
Oui
non
Si oui, combien ? |__|__|
Pensez-vous que cela joue-t-il sur leurs rendements scolaires ?
Oui
non
Si oui,
Le travail des élèves sur les sites aurifères est :
1-La première cause des redoublements
2-La deuxième cause des redoublements
3-La troisième cause des redoublements
4-sans incidence
Le travail des élèves sur les sites aurifères est :
1- La première cause des échecs aux examens
2-La deuxième cause des échecs aux examens
3-La troisième cause des échecs aux examens
4-Sans incidence
Le travail des élèves sur les sites aurifères est :
1-La première cause des exclusions
2-La deuxième cause des exclusions
3-La troisième cause des exclusions
4-Sans incidence
Avez –vous des élèves qui ont abandonné l’école au profit de l’activité aurifère ?
Oui
non
Si oui, combien ?
|__|__|
xvi
Le travail des élèves sur les sites aurifères est :
1-la première cause des abandons
2- La deuxième cause des abandons
3 -La troisième cause des abandons
4-Sans incidence
A votre avis, pourquoi des élèves travaillent-ils sur les sites aurifères ?
……………………………………………………………………..
……………………………………………………………………..
………………………………………………………………………
Abordez-vous les droits des enfants au cours de vos enseignements ?
Régulièrement
Souvent
Rarement
Jamais
Avez-vous déjà été formé sur des thèmes portant sur les droits des enfants ou sur l’Education en Matière
de Population (EMP) ?
Oui
non
Quelles suggestions faites-vous pour remédier, atténuer l’impact de l’exploitation sur l’école ?
-Aux parents
………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………..………
- Aux autorités locales
………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………
- Aux ministères chargés de l’éducation
………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………..…………………
xvii
 Questionnaire pour les élèves
C’est dans le cadre de la préparation de notre mémoire en maîtrise sur le thème « L’impact de
l’exploitation minière sur la scolarisation des enfants dans la province du Sanguié : cas des communes de
Réo et de Kyon » que nous vous adressons ce questionnaire d’enquête
Vos réponses et vos suggestions que nous sollicitons seront d’un grand apport pour la réussite de
ce travail de recherche. Nous tenons à vous rassurer de garder l’anonymat et du caractère confidentiel
des réponses qui ne seront utilisées que dans le cadre de ce travail.
Nous vous remercions de votre collaboration.
Commune : Réo
Kyon
Ville/village
Etablissement :
Classe :
Effectif |__|__|
Age de l’enquêté : 6-16ans
plus de 16 ans
Nombre d’abandons
Filles |__|__|
Garçons : |__|__|
1-Avez-vous des camarades qui travaillent dans les sites aurifères ?
Oui
non
2-Si oui, quelles raisons vous donnent-ils pour allier ainsi activités scolaires et travail sur les sites ?
………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………...………
3-Pensez – vous que cela ait une incidence sur leur travail scolaire ?
Oui
non
4-A quel moment vont-ils travailler sur le site aurifère ?
Les jours sans classe
A n’importe quel moment
5-Connaissez- vous des élèves qui ont carrément abandonné l’école pour travailler dans les
sites
aurifères ?
Oui
non
xviii
6- souhaiteriez-vous faire comme eux ?
Oui
non
pourquoi ?
………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………..…
7- pensez-vous que quitter l’école pour la mine est une bonne chose ?
Oui
non
pourquoi ?
………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………….….…..
8-Savez-vous que le travail des enfants est interdit par la loi ?
Oui
non
9-Si oui, où l’avez-vous appris ?
-
A l’école
-
Avec vos parents
-
Avec vos camarades
-
autres
10- que proposez-vous pour arrêter ce phénomène ?
………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………..………………...
 Questionnaire pour élèves sur les sites d’orpaillage
Identifiant de l’élève
Age :
sexe : M
Situation scolaire : toujours inscrit
F
abandon
1-
Depuis combien de temps travailles-tu sur le site ?
2-
ans quelle classe as-tu quitté l’école ?
………….
3- Statut au moment de départ pour le site :
- Passage en classe supérieure
- Redoublement
- Exclusion
xix
4- penses-tu que le travail que tu fais ici joue ou a joué sur ta scolarisation ?
Oui
non
Si oui, sur quel aspect ?
-la fréquentation
- le rendement
-autres
5-Que fais-tu comme activités sur le site d’orpaillage ?
Transport
concassage
Restaurant
pillage
tamisage
ventes de marchandises
6-Combien gagnes-tu en moyenne par jour en travaillant sur le site d’orpaillage ?
500f-1000f (cfa)
1005f-2000f
plus de 2000f
6- A quoi sert l’argent que tu gagnes sur le site ?
Achat de vêtements
Payer la scolarité
Se nourrir
Autres
7-Pourquoi es-tu venu travailler sur le site ?
………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………….…
8-Veux-tu retourner à l’école ?
- Si oui, pourquoi ?
- Si non, pourquoi ?
9- Quitter l’école pour aller travailler dans les sites d’or est-elle une bonne chose pour les élèves ?
Oui
non
- Si oui, pourquoi ?
- Si non pourquoi ?
10-Sais –tu que le travail des enfants est interdit par la loi ?
Oui
non
xx
11- Que peut-on faire pour permettre aux élèves de continuer leurs études ?
………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………...…
 Guide d’entretien avec les Directeurs et chefs de service
1-L’exploitation minière influence-t-elle la scolarisation dans votre circonscription ?
a.
Des aspects positifs :
b.
Des aspects négatifs :
2-Avez-vous des indicateurs quant à l’impact de l’exploitation minière sur la scolarisation ?
3-Quelles sont les raisons qui expliquent une telle situation ?
4-Ya-il des actions entreprises tant au niveau local que national pour endiguer le phénomène ?
5-La société Nantou Mining soutient-elle ou entreprend-elle des actions en faveur de l’éducation ?
6- Pensez –vous que les revenus tirés de l’exploitation minière servent à améliorer les indicateurs de la
scolarisation ?
7-Que suggérez-vous aux autorités communales, administratives et politiques pour amoindrir, voire
éradiquer les effets néfastes de l’exploitation sur la scolarisation dans votre ressort administratif ?
 Guide d’entretien avec les maires.
1-L’exploitation minière influence-t-elle la scolarisation dans votre circonscription ?
a.
Des aspects positifs :
b.
Des aspects négatifs :
2-Avez-vous des indicateurs quant à l’impact de l’exploitation minière sur la scolarisation ?
3-Quelles sont les raisons qui expliquent une telle situation ?
4-Ya-il des actions entreprises tant au niveau local que national pour endiguer le phénomène ?
5-La société Nantou Mining soutient-elle ou entreprend-elle des actions en faveur de l’éducation ?
6- Pensez –vous que les revenus tirés de l’exploitation minière servent à améliorer les indicateurs de la
scolarisation ?
7-Que suggérez-vous aux autorités centrales et politiques pour amoindrir, voire éradiquer les effets
néfastes de l’exploitation sur la scolarisation dans votre commune ?
xxi
 Guide entretien avec les orpailleurs
1 -Des enfants travaillent-ils avec vous ?
Oui
Non
2 - Si oui, combien sont-ils ?
3 -Combien d’élèves y a-t-il parmi eux ?
4 -Quelles sont les activités qu’ils mènent ?
Transport
concassage
Restaurant
pillage
tamissage
ventes de marchandises
5 -Combien gagnent-ils par jour ?
500f-1000f (cfa)
1005f-2000f
plus de 2000f
6- A quoi sert l’argent tiré de cette activité ?
7- Savez-vous pourquoi ils ont abandonné l’école pour travailler avec vous ?
8- Que pensez-vous du fait qu’ils aient quitté l’école pour le site d’orpaillage ?
9- Peuvent-ils concilier école et fréquentation de site aurifère ?
Quelles peuvent en être les conséquences ?
10- Avez des suggestions à faire pour les empêcher d’abandonner l’école ?
11- savez qu’il y a une loi qui interdit le travail des enfants ?
 Guide entretien avec les parents d’élèves
1-
L’exploitation minière influence-t-elle la scolarisation dans votre village ?
a.
Des aspects positifs :
b.
Des aspects négatifs :
2-
Avez-vous des indicateurs quant à l’impact de l’orpaillage sur la scolarisation ?
3-
Que faites-vous pour amoindrir voire éradiquer les effets néfastes de l’exploitation minière
sur la scolarisation dans votre village ?
4-
Avez –vous connaissance d’actions entreprises par la société qui exploite le zinc en faveur
de l’éducation ?
5-
A quoi servent les revenus tirés de l’activité minière ?
6-
Que suggérez-vous aux parents d’élèves et aux autorités communales pour amoindrir, voire
éradiquer les effets néfastes de l’orpaillage sur la scolarisation dans votre circonscription administrative ?
xxii
 Guide d’entretien avec les ménages de Perkouan
1- Combien d’enfants scolarisés avez-vous ?
2 - quels types de difficultés connaissez-vous dans le cadre de leur scolarisation ?
3 depuis que la mine est implantée dans le village, quelle action a-t-elle entreprise pour soutenir les
familles dans le cadre de l’éducation ?
4 – y a-t-il des personnes de votre famille qui sont employées dans la société ?
5- cela leur permettait-il de mieux prendre en charge la scolarité de leurs enfants ?
6- pensez-vous que l’installation de la mine va contribution à améliorer la scolarisation des enfants dans
le village ?
 Guide d’entretien avec le directeur de l’école primaire de perkouan
1-L’exploitation minière industrielle influence-t-elle la scolarisation dans votre école ?
a-Des aspects positifs :
b-Des aspects négatifs :
2-Avez-vous des indicateurs quant à l’impact de l’exploitation minière sur la scolarisation ?
3- avez –vous eu des élèves qui, sans achever leur scolarisation sont allés travailler dans la société
minière ?
4- la société minière a-t-elle déjà entrepris des actions pour soutenir la scolarisation des enfants dans le
village ?
5- pensez-vous que les ressources tirées du travail dans la mine produisent des effets sur la scolarisation ?
6- Avez –vous noté un changement quelconque sur la scolarisation depuis l’implantation de la mine ?
 Guide d’entretien avec le Directeur des ressources humaines de la société Natou Mining.
1-Quel est l’âge minimal requis pour être recruté par votre société ?
2- y a- t-il d’autres conditions en rapport avec les droits des enfants pour être recruté ?
3- avez-vous des projets de soutien à l’éducation dans la commune ?
4- quelles autres contributions votre société fait en faveur de l’éducation dans la commune abritant le
site ?
5- Employez-vous des ouvriers issus de la commune ou de la province en ce moment ?
6- pensez-vous leurs revenus servent à la scolarisation des enfants ?
7- l’école du village a-t-elle déjà reçu un soutien de votre part ?
8- que pensez- vous du travail des enfants dans les mines au détriment de l’école ?
9- quelles suggestions faites- vous pour améliorer l’offre éducative dans la province ?
xxiii
 Guide d’entretien avec les ouvriers de la société issus du milieu
1- avez- vous des enfants scolarisés ?
2- quelles difficultés rencontrez-vous dans le cadre de leur scolarisation ?
3- quels effets la présence de la société minière a eu sur la scolarisation des enfants depuis sont
installation ?
4- votre revenu vous sert-il dans la scolarisation de vos enfants ?
4- recevez- vous un soutien quelconque de sa part pour la scolarisation de vos enfants ?
5- avez-vous connaissances d’actions entreprises par la société en faveur de l’éducation dans la localité ?
6- connaissez-vous des jeunes de moins de 18 ans travaillant dans la mine ?
7- savez-vous que la loi interdit le travail des enfants ?
8- quelles suggestions faites- vous pour améliorer la scolarisation dans la province ?
xxiv
Tableau13 : situation du personnel de l’enseignement primaire selon la qualification dans les communes de Réo et de Kyon
Qualification
Commune
IEPD
H
F
CPI
T
H
F
IP
IC
T
H
F
T
H
F
IAC
T
IA
TOTAL
H
F
T
H
F
T
H
F
T
Commune de Réo
2
0
2
04
0
04
16
05
21
141 87
228 11
49
60
02
01
03
176 142 318
Commune de Kyon
1
0
1
2
0
2
2
0
2
35
42
10
31
41
3
2
5
53
Total
3
0
3
6
0
6
18
5
23
176 94
270 21
80
101 5
3
8
229 182 411
07
40
93
Source : statistique DPENA, Sanguié, 2013
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