
Société Astronomique du Valais Romand
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L’Autel
Ara, Arae; Ara
par Karine Sierro
Situation et particularités
L’Autel est une constellation du ciel austral couvrant
une aire de 237 degrés carrés au sud de la déclinaison
-45° dans une région située exactement sous la queue
du Scorpion. Elle se trouve quasi entièrement sur la
Voie lactée, qui est cependant plus dense dans la
partie occidentale de la constellation.
Elle comporte deux étoiles de magnitude supérieure à
3, α Ara (2,95) et β Ara (2,85), les autres sont de
magnitudes 3 et 4.
Origine et mythologie
Déjà 250 ans avant notre ère, le poète et astronome
grec Aratos la convoque dans un de ses poèmes sous
un nom grec signifiant « autel ». L’origine
mythologique du nom est à mettre en relation avec
les autels destinés aux sacrifices ou peut-être aussi
avec le récit de l’expédition des Argonautes.
Les Romains l’appelaient, suivant les circonstances,
« Ara Centauri Thymele » ou « Arula ». On trouve
aussi « Pharus » faisant référence aux autels placés au
sommet de tours à la sortie des ports qui servaient de
phares, cf. celui d’Alexandrie par exemple.
Pour les Arables, il s’agissait de « l’Encensoir », nom
sous lequel elle fut désignée parfois en France.
Les étoiles doubles visuelles
Parmi les étoiles doubles, citons avant tout, R Ara et
V 539, lesquelles sont aussi des variables à éclipses.
La première a une compagne visuelle de magnitude
8,2 à 4,1’’, alors que la seconde a une compagne de
9,22 à 12,3’’.
h 4876 est en réalité un système multiple appartenant
à l’amas NGC 6193. La composante primaire A
(l’étoile la plus lumineuse de l’amas) est une géante
bleue très chaude de magnitude 5,9 ; la compagne B,
très proche (séparation de 1,6’’), est de magnitude
8,6 ; la troisième (C) , bleue elle aussi, est de
magnitude 7,1 (séparation de 9,6’’) ; enfin, la
dernière (D) est de magnitude 9,6 à 13,4’’. Plus
précisément la primaire semble être une double
spectroscopique, bien que de période incertaine.
Plus conséquente est la diversité de couleurs des
composantes de δ
δδ
δ 213 : l’étoile primaire, de
magnitude 6,9, est bleue alors que la compagne, de
magnitude 8,7, est blanche ; la séparation est de 8,1.
La binaire la plus intéressante au niveau des couleurs
est la Brs 13 ; il s’agit d’un système assez proche
(environ 26 a.l.) dont le mouvement orbital a été
évalué à environ 700 années (mais la marge d’erreur
est assez grande). La séparation actuelle est de 8,8’’.
La primaire est une étoile jaune de magnitude 5,53 et
la secondaire, rouge, est de magnitude 8,65.
Le système triple γ
γγ
γ Ara présente un fort contraste de
luminosité : une primaire bleue brillante de
magnitude 3,34 a deux compagnes, disposées en
angle droit – la première de magnitude 10,3 se trouve
à 17,0’’ alors que la seconde de 12
ème
magnitude se
trouve à 41,6’’.
a.d.
(2000,0)
déclinaison M
A
M
B
séparation
( ‘’ )
couleur
R Ara
16h39,7’ -57°00’ 6,0v 8,20 4,1’’
blanc
h 4876 A-C
16h41,3’ -48°46’ 5,90 7,10 9,6’’
bleu
δ
δδ
δ 213
17h10,3’ -46°44’ 6,90 8,70 8,1’’
bleu blanc
Brs 13
17h19,1’ -46°38’ 5,53 8,65 8,8’’
jaune rouge
γ
γγ
γ Ara AB
17h25,4’ -56°23’ 3,34 10,3 17,0’’
bleu
γ
γγ
γ Ara AC
17h26,9’ -45°51’ 3,34 12,0 41,6’’
or
V 539
17h50,5’ -53°37’ 5,66v 9,22 12,3’’
bleu bleu
Les variables
Les étoiles variables sont toutes assez faibles.
Les deux plus lumineuses sont R Ara et V 539 Ara.
La première, de magnitude visuelle de 6,0 descend à
un minimum principal de 6,9 et à un secondaire de
6,2 avec une période de 4,4151 jours. La seconde
passe d’un maximum de 5,66 à 6,18 à l’éclipse
principale et 6,09 à la secondaire avec une période de
3,1691 jours. Cette étoile est parfois appelée epsilon-
1 Ara.
Une autre variable à éclipses, V 535 Ara, est encore
un peu plus faible. En effet, au maximum elle ne
dépasse pas la magnitude 7,17. Elle présente une
courbe de lumière de variation continue. Au
minimum principal elle descend à 7,75 pour revenir à
son maximum avant de descendre jusqu’à 7,71 et
ainsi de suite selon une période de 15 heures.
Totalement différente, la variable à éclipses RW
Ara, de type Algol, est composée d’une étoile
principale de couleur blanche et d’une compagne
géante orangée. Sa courbe de lumière descend d’un