Appareil vs Système: Terminologie Médicale Pharmaceutique

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PHARMATERMMD
Bulletin terminologique de l’industrie pharmaceutique
Volume 19, no 2, 2008
Appareil et système : comment ça marche? Quelques pistes
« Peu de terminologies sont aussi confuses que celle de l’anatomie1. » Cette citation reflète
très bien la première impression que nous avons eue lorsque nous nous sommes penchée sur l’emploi
d’appareil et de système en langue médicale.
En guise d’analyse préliminaire, nous avions répertorié les syntagmes ayant pour tête l’un de
ces deux termes dans les dictionnaires médicaux, les ouvrages de référence et les bases de données
bibliographiques, afin de dégager les significations2 de chacun d’eux. Nous avons vite compris que
l’usage fluctue en anatomie, notamment lorsqu’il s’agit de désigner un ensemble d’organes ou de
structures anatomiques concourant à une même fonction.
Nous commencerons par regrouper les syntagmes dont la tête est appareil ou système en
fonction des notions auxquelles ils renvoient. Puis, nous nous intéresserons tout particulièrement aux
syntagmes qui dénotent un ensemble de structures anatomiques. Enfin, nous fournirons quelques pistes
de recherche afin de faciliter les prises de décisions traductionnelles.
Catégorisation des syntagmes commençant par appareil et système
D’après nos recherches, appareil fait partie de différents syntagmes que l’on peut regrouper
en trois grandes catégories selon qu'ils désignent : 1) un ensemble de systèmes ou d’organes
participant à une même fonction3 (appareil digestif, appareil respiratoire); 2) un assemblage de
pièces qui permet de soutenir, de maintenir ou de remplacer une partie du corps4, d’exécuter un travail
ou de prendre des mesures (appareil orthopédiquea); ou 3) des formations cellulaires complexes
(appareil juxta-glomérulaire) ou même des éléments intracellulaires (appareil de Golgi, appareil
réticulaire externe).
Les syntagmes commençant par système peuvent être classés en quatre grandes catégories
selon qu’ils désignent : 1) un « ensemble de substances, de phénomènes, susceptibles de coexister,
d’entrer en réaction, ou de s’influencer réciproquement5 »; c’est ainsi qu’on parle du système
immunitaire ou du système endocrinien (ensemble des glandes qui libèrent directement dans les
circulations sanguine et lymphatique les hormones qu’elles produisent; certaines de ces hormones
régissent l’activité d’autres glandes endocrines); 2) un ensemble d’organes ayant une structure
analogue6 ou semblable7, comme le système osseux, le système musculaire ou le système nerveux;
3) une « série complète d’éléments divers constituant une entité biologique8 » (système réticulo-
endothélial); et 4) un groupe d’organes qui participent à une même fonction (système digestif,
système respiratoire).
Emploi des syntagmes dont la tête est appareil ou système en anatomie
Force est de constater qu’en anatomie, les syntagmes commençant par système désignent soit
des groupes d’organes ayant une structure tissulaire analogue (système osseux), soit des groupes
d’organes qui accomplissent une même fonction (système digestif). Or, dans de nombreux ouvrages,
ce sont des syntagmes dont la tête est appareil qui servent à dénoter de telles entités fonctionnelles.
Par exemple, dans Anatomie humaine descriptive, topographique et fonctionnelle9 (le Rouvière),
a Il faut privilégier le terme « orthèse ».
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Précis d’anatomie10 et Anatomie : Introduction à la clinique11, le syntagme appareil respiratoire
désigne l’ensemble formé par les cavités nasales, le larynx, le pharynx, la trachée, les bronches et les
poumons, alors qu’on utilise le syntagme système respiratoire dans Anatomie et physiologie
humaines12, Principes d’anatomie et de physiologie13, deux ouvrages adaptés de l’anglaisb, dans le
tome 2 de l’Atlas de poche d’anatomie14, qui est traduit de l’allemand, et dans plusieurs articles
scientifiques rédigés en français que nous avons repérés grâce à Medline et à la banque d’articles
INIST. Nous avons également relevé les paires suivantes dans les dictionnaires médicaux, les
ouvrages d’anatomie et les articles scientifiques que nous avons consultés : appareil/système digestif,
appareil/système circulatoire, appareil/système cardio(-)vasculaire, appareil/système urinaire,
appareil/système génital, appareil/système uro-génital, appareil/système génito-urinaire.
Quérin, Rouvière, Manuila et Kamina font clairement la distinction entre appareil et système.
Manuila et Quérin condamnent même l’emploi de plusieurs syntagmes commençant par système.
Pour Quérin, un système est un « ensemble de formations anatomiques ayant une structure
tissulaire semblable15 » (système lymphatique, système nerveux, système tégumentaire16) alors
qu’un appareil est un « ensemble d’organes accomplissant une même fonction17 » (appareil digestif,
appareil respiratoire, appareil urinaire18). Il considère notamment que « système urinaire est
fautif19 » et que système cardiovasculaire est acceptable (« le cœur et les vaisseaux ont en commun
trois tuniques20 »). Or, il mentionne également le syntagme appareil circulatoire dans le même
article. Y aurait-il une contradiction ici? Pour trancher la question, il faudrait savoir exactement quelle
est l’entité anatomique qu’il dénomme appareil circulatoire (mentionnons à titre indicatif que selon
Grégoire et Oberlin, « l’appareil circulatoire comprend le sang et la lymphe21 »). Par ailleurs, on ne
peut s’empêcher de s’interroger sur ce que Quérin entend exactement par « structure
tissulaire semblable22 », dans la mesure où l’exemple qu’il fournit pour illustrer son propos (système
cardiovasculaire) est discutable. En effet, en histologie, on considère globalement que le cœur et les
vaisseaux ont une structure commune composée de trois tuniques. On note cependant de légères
différences, ne serait-ce que dans le système artériel : « [i]l existe une transition progressive de
structure et de fonction entre les trois types artériels. En général, la quantité de tissu élastique diminue
parallèlement à la taille des vaisseaux, alors que la composante musculaire lisse est de plus en plus
importante23. » En outre, l’intima des artérioles ne contient pas de couche de tissu conjonctif sous-
endothélial contrairement à celle des artères élastiques comme l’aorte, ou à l’endocarde24.
Selon le Rouvière, « [t]ous les organes qui ont une structure analogue constituent un système,
et tous les systèmes qui concourent à la même fonction forment un appareil25. » Nous avons relevé une
occurrence de système cardio-vasculaire26 dans le lexique qui apparaît au début de l’ouvrage. C’est
l’équivalent français qui est proposé pour systema cardiovasculare, terme figurant dans la 6e édition
de la nomenclature internationale parue en 1989. Or, dans les « Considérations générales sur
l’anatomie de l’homme » qui sont présentées dans les pages suivantes, c’est le terme angiologiec qui
est utilisé27. Il convient de noter que dans les éditions antérieures du Rouvière, l’ensemble formé par le
cœur et les vaisseaux était désigné par le syntagme appareil circulatoire28. L’organisation du
paragraphe sur l’appareil circulatoire donne à penser que cet ensemble comprend également le
système lymphatique, mais il faudrait vérifier auprès des auteurs si c’est effectivement le cas.
Dans le Dictionnaire médical Manuila, appareil est défini comme l’« ensemble des systèmes,
des organes, qui concourent à la même fonction29 », et système comme l’« ensemble des organes qui
ont une structure analogue30 ». Le Dictionnaire français de médecine et de biologie en quatre volumes
mentionne que système respiratoire31 et système urinaire32 sont des synonymes impropres
d'appareil respiratoire et d'appareil urinaire, et système cardio-vasculaire33 y est présenté comme
étant un synonyme impropre et abusif d’appareil circulatoire. Le syntagme système digestif n’est
pas répertorié dans ce dictionnaire, mais on y indique que système uro-génital34 est un synonyme
d’appareil génito-urinaire. Il faut souligner que les auteurs du Dictionnaire français de médecine et
b Nous reviendrons sur les raisons qui nous ont poussée à utiliser des sources traduites dans la section
« L’influence de l’anglais ».
c Cet emploi d’angiologie peut s’expliquer par le fait que dans la 6e édition de la nomenclature publiée en 1989,
c’est le terme angiologia qui désigne l’ensemble formé par le cœur, les vaisseaux sanguins et les vaisseaux
lymphatiques. Il reste que ce sont généralement les syntagmes appareil circulatoire et système circulatoire qui
sont proposés comme équivalents français d’angiologia dans les ouvrages que nous avons consultés.
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de biologie en quatre volumes font état de l’ancienne nomenclature anatomique française, dite
classique35, laquelle est amenée à être remplacée par une adaptation française de la nouvelle
nomenclature internationale, la Terminologia Anatomica (TA)36.
Enfin, Kamina établit lui aussi une distinction entre appareil et système dans son Petit
Dictionnaire d'Anatomie, d'Embryologie et d'Histologie37 et dans les autres ouvrages qu’il a publiés
depuis : « un système est un ensemble complexe d’organes comparables du point de vue
morphologique et fonctionnel38 » (système squelettique39, système articulaire40, système
musculaire41); « l’appareil est un ensemble d’organes dissemblables, mais interdépendants et orientés
vers une même fonction42 » (appareil digestif43, appareil respiratoire44, appareil uro-génital45). Il
est à noter que Kamina emploie le syntagme système circulatoire pour désigner l’ensemble constitué
par le cœur et les « structures anatomiques destinées à véhiculer le sang (vaisseaux sanguins) et la
lymphe (vaisseaux et nœuds lymphatiques)46 ».
À l’inverse, dans l’adaptation française de l’ouvrage de Tortora et de Grabowski, on
mentionne qu’appareil est un synonyme de système47. Il semble que ce soit le seul ouvrage que nous
ayons consulté dans lequel on indique explicitement que ces deux termes sont considérés comme des
synonymes. Dans l’Atlas de poche d’anatomie, Pierre Bourjat semble également traiter ces deux
termes comme des synonymes dans certains cas, puisqu’il utilise indifféremment les syntagmes
appareil respiratoire et système respiratoire48. Il en va de même pour appareil digestif et système
digestif49, et appareil urinaire et système urinaire50.
De toute évidence, les définitions de système fournies par ces différents auteurs et les
distinctions qu’ils ont établies ne concordent pas en tous points. Or, il ne s’agit là que d’un aspect de la
question. Dans les sections suivantes, nous présentons brièvement quelques points dont il faut
également tenir compte pour bien comprendre l’ampleur du problème.
Les différentes façons d’aborder l’anatomie humaine
L’anatomie, qui est « l’étude de la structure des parties du corps et des relations qu’elles ont
les unes avec les autres51 », englobe de nombreuses spécialités, dont l’anatomie macroscopique,
l’anatomie microscopique, l’anatomie clinique et l'anatomie pathologique. L’anatomie macroscopique,
« l’étude des structures visibles à l'œil nu52 », peut être abordée de diverses façons. Ainsi, en anatomie
régionale, ou anatomie topographique, on étudie simultanément toutes les structures situées dans une
région de l'organisme (tête et cou, membres, etc.) et les rapports qu’elles entretiennent entre elles,
alors qu’en anatomie systémique (anatomie des systèmes), on s’intéresse à chacun des systèmes de
l’organisme53. Les ouvrages d’anatomie sont organisés en fonction de l’une ou l’autre de ces
spécialités, ou de plusieurs d’entre elles. Par exemple, le Rouvière, ouvrage d’anatomie descriptive,
topographique et fonctionnelle, se divise en quatre tomes, dont trois qui portent respectivement sur
trois grandes régions de l’organisme (la tête et le cou, le tronc, et les membres) et un autre qui est
consacré au système nerveux. En revanche, chacun des chapitres des ouvrages d’anatomie systémique
comme Anatomie et physiologie humaines et Gray’s Anatomy54 traite d’un système. Quant à l’Atlas de
poche d’anatomie en trois tomes, il combine plusieurs spécialités. D’une part, il « est organisé selon
les systèmes55 » : « [l]e tome 1 traite de l’appareil locomoteur, le tome 2 des viscères, le tome 3 du
système nerveux et des organes des sens56. » D’autre part, les rapports topographiques des structures
anatomiques décrites sont également présentés dans chacun de ces tomes.
La description de l’organisation structurale de l'organisme varie d’une spécialité à l’autre et,
parfois même, d’un ouvrage à l’autre dans une même spécialité. Nous avons comparé les différents
niveaux d’organisation structurale généralement distingués dans les ouvrages d’anatomie régionale et
d’anatomie systémique.
4
Comme on peut le voir sur la figure, en anatomie régionale, on prend en compte un niveau
d’organisation structurale de plus qu’en anatomie systémique, ce qui se traduit par le fait qu’un même
ensemble d’organes peut être désigné par un syntagme commençant par appareil ou par système,
selon l’ouvrage qu’on consulte. Nous avons relevé la plupart des occurrences des syntagmes dont la
tête était appareil et qui dénotaient des ensembles d’organes participant aux grandes fonctions de
l’organisme (respiration, digestion, élimination, reproduction) dans des ouvrages d’anatomie
régionale57,58,59; les syntagmes correspondants qui commençaient par système n’apparaissaient que
dans des ouvrages d’anatomie systémique60,61,62 ou dans des articles scientifiques rédigés en français,
exception faite de système circulatoire que nous avons relevé dans deux ouvrages de Kamina63,64.
La façon dont l’anatomie est abordée (type d’organisation structurale adopté) dicte-t-elle le
choix des syntagmes ou d’autres particularités des ouvrages d’anatomie systémique consultés doivent-
elles être prises en compte?
L’influence de l’anglais
L’une des particularités de l’anatomie réside dans la forte proportion d’ouvrages traduits. En
effet, près de la moitié des ouvrages d’anatomie sont adaptés de l’anglais ou de l’allemand par des
médecins, des professeurs ou des anatomistes de renom (notamment Cabrol, Kamina, Chevallier et
Vitte, qui ont également publié d’autres ouvrages à titre d’auteurs). Les traductions sont utilisées dans
l’enseignement au même titre que les ouvrages qui sont rédigés en français, et bon nombre d’entre
elles sont considérées comme des ouvrages de référence. En outre, l’anatomie se caractérise par le
faible nombre d’ouvrages de référence qui décrivent chacune des spécialités, un manque de diversité
qui est en grande partie attribuable à la nature même de l’objet étudié et au fait que la réalisation de
tels ouvrages est un processus de longue haleine. En conséquence, la publication de nouveaux
ouvrages est suppléée par la traduction des ouvrages en anglais et en allemand et par la réédition de
ceux qui sont rédigés en français. Enfin, la terminologie internationale elle-même est en latin et doit
donc être traduite. Étant donné ces caractéristiques et la nécessité de tenir compte de l’usage, nous
avons dû consulter des ouvrages traduits, à défaut de pouvoir effectuer nos recherches dans un grand
nombre d'ouvrages de référence rédigés en français. Il n’en demeure pas moins que la prudence
s’impose dès qu’il est question de traduction.
Les ouvrages d’anatomie systémique que nous avons consultés sont des adaptations utilisées
couramment dans les cours d’anatomie et de physiologie (Anatomie et physiologie humaines65 et
Principes d’anatomie et de physiologie66 ont été traduits de l’anglais par des professeurs de biologie et
de biologie-anatomie; la 4e édition de l’Atlas de poche d’anatomie67 a été traduite de l’allemand par
Pierre Bourjat, professeur de radiologie). On est en droit de se demander si des contraintes
extralinguistiques, telles que l’organisation même des ouvrages, laquelle reflète en principe les
2. tissu : association prédominante de
cellules semblables du point de vue
morphologique et fonctionnel
ex. : tissu musculaire
3. organe : ensemble de tissus variés
organisés pour remplir une fonction
spécifique
ex. : muscle
4. système : ensemble d’organes ayant une
structure analogue
ex. : système musculaire
5. appareil : ensemble des systèmes qui
concourent à la même fonction
ex. : appareil locomoteur
6. organisme
3. organe : structure composée d’au
moins deux types de tissus et qui
remplit une fonction précise
ex. : estomac
2. tissu : groupe de cellules
semblables remplissant une même
fonction
ex. : tissu épithélial
4. système : ensemble des organes
qui travaillent de concert pour
accomplir une même fonction
ex. : système digestif
Ouvrages d’anatomie
régionale ou clinique Ouvrages d’anatomie
systémique
1. cellule
5
niveaux d’organisation de l’organisme (voir la figure ci-dessus), n’ont pas poussé les traducteurs des
deux premiers ouvrages à opter pour les syntagmes commençant par système plutôt que pour ceux qui
commencent par appareil.
Il va sans dire que le problème se pose avec acuité en traduction. C’est qu’en anglais, les
syntagmes contenant system renvoient soit à un ensemble d’organes concourant à la même fonction,
soit à un ensemble d’organes qui présentent une continuité anatomique. Dans le Dorland’s Illustrated
Medical Dictionary, system est défini comme suit : « 1. a set or series of interconnected or
interdependent parts or entities (objects, organs, or organisms) that function together in a common
purpose or produce results impossible to achieve by one of them acting or operating alone […]68 », et
apparatus désigne « an arrangement of a number of parts acting together in the performance of some
special function; used in anatomical nomenclature to designate a number of structures or organs
which act together in serving some particular function69 ». Voici les acceptions correspondantes que
nous avons relevées dans le Stedman’s Medical Dictionary : « system […] Any complex of structures
anatomically related (e.g., vascular s.) or functionally related (e.g., digestive s.)70 » et « apparatus
[…] 3 [TA]. A group or system of glands, ducts, blood vessels, muscles, or other anatomic structures
involved in the performance of some function. SEE ALSO system71. »
Fait intéressant, en anglais, il n’est pas question d’identité tissulaire.
La nomenclature anatomique internationale
La question qui se pose alors est la suivante : qu’en est-il de la nomenclature anatomique
internationale qui devrait être systématiquement utilisée dans les ouvrages de référence en français et
en anglais?
Les auteurs anglophones se réfèrent depuis longtemps aux nomenclatures internationales72, et
ils n’ont pas tardé à utiliser l’adaptation anglaise de la TA, parue en 1998. Par exemple, les auteurs des
deux dictionnaires anglais que nous avons consultés précisent avoir répertorié les termes de la TA et
leurs équivalents anglais. Les équivalents anglais des termes de la TA sont également employés dans
la dernière édition de l’Atlas of Human Anatomy73 de Netter.
À l’inverse, la terminologie anatomique française est encore en pleine évolution. Comme
l’expliquent Cole et Vandaele74, le corps médical et paramédical, tant en France qu’au Québec, a traîné
les pieds pour adopter la Nomina Anatomica (NA), dont la dernière édition date de 1989, et délaisser
l’ancienne nomenclature dite classique, que l’on retrouvait encore dans certains ouvrages
incontournables (le Rouvière notamment) jusqu’à la fin des années 1990 et qui faisait inutilement
concurrence à l’adaptation de la NA en français (Pierre Kamina, professeur d'anatomie, fait figure de
référence en la matière).
Contrairement à ce qui s’est passé avec la NA, de plus en plus d’auteurs francophones
adoptent la TA, la toute nouvelle nomenclature internationale, dans les ouvrages d’anatomie les plus
récents. Par exemple, ce sont les équivalents français des termes de la TA qui ont été utilisés dans la
dernière édition de l’Atlas d’anatomie humaine75 (adaptation de l’ouvrage de Frank Netter par Pierre
Kamina qui représente également la première adaptation française de la TA) et dans le Lexique illustré
d’anatomie FENEIS76 (le Feneis). Le Feneis est l’adaptation française d’un célèbre lexique d’anatomie
rédigé en allemand, l’Anatomische Bildwörterbuch, qui était à l’origine une « explication illustrée des
Nomina Anatomica77 » et qui a subi une refonte complète après la parution de la TA. La traduction a
été assurée par Pierre Bourjat, à qui l’on doit notamment la traduction française de la dernière édition
de l’Atlas de poche d’anatomie (les précédentes éditions ont été traduites par Cabrol, Chevallier et
Vitte). L’Atlas d’anatomie humaine (bien qu’il soit peu utile pour le sujet qui nous concerne) et le
Feneis sont les deux adaptations françaises de la TA dont on dispose pour le moment. Cela dit, la
prudence s’impose, puisque Kamina dit s’être inspiré de la NA et que les équivalents proposés par
Bourjat varient d’un ouvrage à l’autre, comme nous le verrons dans les sections suivantes. À notre
connaissance, aucun ouvrage rédigé en français faisant référence à la TA n’a encore été publié.
Nous avons cherché les termes latins qui désignent les groupes d’organes qui remplissent les
grandes fonctions de l’organisme dans la 6e édition de la NA78 et dans la TA. Après quoi, nous avons
vérifié les équivalents français proposés dans les ouvrages de Kamina et dans le Feneis.
Dans la 6e édition de la NA, on propose parfois deux possibilités. Par exemple, apparatus
digestorius79, apparatus respiratorius80, apparatus urogenitalis81 sont accompagnés des synonymes
suivants : systema alimentarium, systema respiratorium et systema urogenitale. Remarquons que les
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