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Fiche 8 Ecole de la nature

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Bernard Taillefer
FICHE STRUCTURATION DU MILIEU
idée de projet
M.A.J. : 09/09/18
N° Fiche : 8
UNE ECOLE DE LA NATURE
Ferme agrobiologique
Version 2
1. CONTEXTE
Que la nature et la biodiversité haïtiennes soient menacées n’est un secret pour personne en Haïti. Ce
qui est moins connu, c’est le potentiel productif que recèle cette nature pour accroître
significativement les revenus des paysans. Ce qui est ignoré encore, c’est le savoir paysan qui permet
de développer l’exploitation familiale malgré les inondations, sécheresses et cyclones, dans un
contexte d’abandon total de l’Etat.
Pourtant de nombreux jeunes, diplômés ou non, ne demandent qu’à servir leur pays. Il y a parmi eux
des agronomes mais aussi des jeunes paysans qui, pour des raisons diverses, n’ont pas eu la chance
d’aller à l’école.
L’école de la nature est faite pour eux, les gens du terroir, les jeunes qui veulent avoir un métier.
Il y a un besoin immédiat, concret. La Fondation AUDUBON se donne comme objectif de protéger la
forêt primaire du Mont Makaya. Pour atteindre cet objectif, il faudra des hommes et des femmes
formés à la protection intelligente.
2. LE CONCEPT
J’emprunterai une partie de la réflexion à la ferme école agrobiologique Kaydara au Sénégal. Pour en
savoir plus, voir sur mon blog : http://btaillefer.blogspot.com/2011/06/une-belle-aventure-bio-ausenegal.html. Voir aussi la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=vjW4E0_M384.
L’école de la nature engage des jeunes, diplômés ou non, originaires du terroir ou d’un autre terroir où
une action de sauvegarde de l’environnement est programmée, par exemple la forêt primaire de Grand
bois.
L’école de la nature forme en agriculture biologique.
Les jeunes sont formés, après un tronc commun, dans diverses spécialités pendant trois ans :
1.
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6.
Les exploitants agricoles biologiques ;
Les sauveteurs des plantes ;
Les maîtres forestiers ;
Les transformateurs
Les entomologues ;
Les paysagistes.
Les élèves sont dans une ferme - école où chacun, quelle que soit sa spécialisation, a sa parcelle
propre et récolte le fruit de son travail. Ses revenus sont divisés en trois parties :
1. Une partie pour couvrir les coûts de la ferme, dont la nourriture des élèves ;
2. Une partie d’argent de poche ;
3. Un pécule qui permettra à l’élève d’installer sa propre exploitation dans le futur.
Nous précisons dans les lignes qui suivent quelques filières possibles de formation.
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LES AGRICULTEURS BIOLOGISTES
Cette formation s’adresse à des jeunes qui veulent créer leur exploitation agricole personnelle. La
formation portera sur la permaculture, l’agroforesterie, le maraîchage, la complémentarité agriculture
élevage…
Pour accéder à cette filière, il faut pouvoir garantir de disposer d’au moins un ½ carreau de terres ou
avoir une promesse d’attribution de terrain de la part de l’autorité communale.
LES SAUVETEURS DES PLANTES
Ils connaîtront tout des pestes végétales qui font tant de ravages dans le pays sur de nombreuses
spéculations agricoles et seront à même d’apporter des solutions biologiques à partir des plantes ou de
tout autre moyen naturel.
Mais ils intégreront aussi dans leur savoir des secrets anciens ou récents pour obtenir de meilleurs
rendements. Ils maîtriseront parfaitement la technologie des barrières brise vent ou des barrières anti
érosives, l’espacement ou les associations de cultures. Ils sauront collaborer avec les entomologues.
LES MAÎTRES FORESTIERS
Quel métier digne ! Ils apprendront toutes les espèces arbustives et les produits non ligneux qui font le
couvert végétal de toute forêt. Ils protégeront la faune et l’aimeront. Ils en connaîtront les ennemis.
Ils sauront aussi qu’il y a de vraies synergies entre la forêt et les humains et tenteront de développer
des stratégies pour que ces synergies ne deviennent plus jamais des prédations mais se fassent au
bénéfice des uns et des autres.
La mangrove, si utile pour la reproduction halieutique et la protection des côtes, fera partie de leur
champ d’action.
LES TRANSFORMATEURS
Ils sauront valoriser la production agricole : transformer une plante amère mais médicinale en une
gélule facilement absorbable, congeler des fruits, produire des huiles végétales et des huiles
essentielles. Ce sera une façon pour les producteurs agricoles de leur zone d’intervention de gagner
plus.
LES ENTOMOLOGUES
Ce nom bizarre désigne les spécialistes des insectes, de la belle libellule à la méchante termite en
passant par la gentille coccinelle. On a tendance à croire que les insectes sont tous nuisibles mais ce
serait une erreur que ne feront plus les entomologues formés. Ils sauront que dans la nature, il y a des
auxiliaires très utiles, sauront les reproduire ou favoriser leur développement1.
LES PAYSAGISTES
Ils seront les spécialistes de l’aménagement urbain. Comment arranger un jardin, un espace public,
non pas avec des plantes ornementales uniquement, à la mode occidentale, mais sachant marier les
plantes utiles et les plantes décoratives. Mais ce ne sera pas une filière prioritaire au démarrage.*
Mais on ne doit pas perdre de vue que la ville doit être aménagée notamment pour faire de
l’agriculture urbaine une réalité.
1
/ Voir à ce propos https://www.actu-environnement.com/ae/news/video-observatoire-agricole-biodiversiteinsectes-pratiques-31775.php4#video&xtor=EREC-107
3
LE LIEU D’IMPLANTATION
Il est proposé d’implanter l’école à Anse d'Hainault (Grande Anse) pour les raisons suivantes :
1. Globalement le département est un faible réceptacle de projets de développement
conséquents et crédibles ;
2. Anse d'Hainault, avec les 2000 ha non exploités de l’ex SHADA, dispose d’un potentiel de mise
en valeur conséquent de la biodiversité ;
3. La commune dispose d’un maire et d’une association de jeunes dynamiques ;
4. Il existe d’autres projets (pêche, valorisation des fruits et légumes) qui peuvent entrer en
synergie avec l’école de la nature.
LES BENEFICIAIRES DE L’ECOLE DE LA NATURE
Le but premier de l’école est de donner une opportunité à des jeunes d’avoir un métier tout en étant
en mesure de développer leur propre micro ferme rentable. Les terres de la SHADA devront pouvoir
être utilisées à cette fin.
On tablera sur la formation de 30 jeunes en première année pour arriver à une production de formés
de 60 jeunes en période de croisière sous réserve que les financements soient disponibles.
La sélection sera rigoureuse à l’entrée. Le critère principal de la sélection sera la motivation des
jeunes et non le niveau de scolarité qui importera peu.
Une priorité sera donnée à la formation des jeunes filles.
Les cursus de formation seront définis pour le tronc commun et les filières dès que nous aurons trouvé
des partenaires financiers prêts à s’engager sur la création de l’école de la nature.
Un des débouchés essentiels des jeunes formés sera le projet AUDUBON de protection de la forêt
primaire de Grand Bois. En conséquence, les jeunes issus de cette localité auront une priorité
d’accueil dans l’école.
CORPS PROFESSORAL ET CONTENUS D’ENSEIGNEMENT
Le corps sera un peu difficile à trouver vu l’éloignement d’Anse d'Hainault par rapport aux universités,
sauf celle de Jérémie.
Des paysans de la zone ayant une expérience seront formateurs.
L’école de la nature utilisera le tableau numérique interactif (TNI) pour diffuser des contenus
fabriqués par des professionnels. Les vidéos disponibles sur Internet seront largement utilisées dans les
formations.
La formation sera largement interactive et participative.
On pourra également recourir à des savoir – faire cubains, déjà présents à Anse d'Hainault.
INVESTISSEMENTS ET ÉQUIPEMENTS
L’école de la nature aura sa propre ferme. Elle jouxtera la bio fabrique d’Anse d'Hainault. Les élèves
apporteront leur force de travail à la bio fabrique qui leur servira aussi de laboratoire.
Investissements et équipements seront définis dès que nous aurons trouvé des partenaires financiers
prêts à s’engager sur la création de l’école de la nature.
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