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Insectes protégés

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Insectes protégés et
insectes d’importance patrimoniale
Que protéger
et pourquoi ?
Pierre Zagatti
115 espèces protégées sur 37349 !
Monde
France
Martinez et Gauvrit, 1997
Fauna Europaea, 2002
Autres invertébrés 1%
Mollusques Vers Vertébrés
2%
1% 3%
Myriapodes 1%
Crustacés 2%
Autres invertébrés
Vertébrés
2%
7%
Vers
2%
Protozoaires
3%
Mollusques
6%
Myriapodes
1%
Crustacés
3%
Arachnides
6%
Coléoptères
Coléoptères
Autres insectes
6%
22%
35%
Arachnides
3%
Hémiptères
Lépidoptères
8%
Autres insectes
4%
Diptères
Hémiptères
6%
19%
Diptères
8%
Σ insectes = 900 000
11%
Hyménoptères
18%
Lépidoptères
Hyménoptères
9%
11%
Σ insectes = 37 349
Facteurs limitants pour les insectes
• Ressources offertes par l’habitat
• Facteurs biotiques
• Alimentation adultes et larves
• Abris
• Facteurs abiotiques
• Climat
• Eau, cavités, granulométrie...
• Les autres espèces
• Prédateurs et parasites
• Espèces concurrentes
• Le potentiel reproducteur n’est pas limitant
• Le milieu est exploité de manière optimale
Protéger des espèces ou protéger
des espaces ?
• Le potentiel reproducteur n’est pas limitant
• Le milieu est exploité de manière optimale
Une dépression sur la population (collecte)
est sans incidence, si l’habitat n’est pas
touché
Législation héritée des stratégies de
conservation des vertébrés ou des plantes
Protéger des espèces, c’est protéger des espaces
• Le législateur ne sait pas caractériser un
milieu, sauf s’il héberge des espèces
patrimoniales
• Encore faut-il dépasser la législation brute,
pour évaluer la pertinence des espèces
considérées en fonction de la région, et du
milieu
• Certaines espèces sont tellement
caractéristiques d’un milieu menacé, que leur
protection suffit à assurer celle des espèces
qui les accompagnent (espèces parapluie).
Les habitats des insectes
• Les insectes ont conquis tous les milieux, ils
occupent d’innombrables niches écologiques
et les habitats qui leur correspondent
• Résistance à la sécheresse
• Petite taille
• Des ailes pour occuper toutes les strates
• La description de l’environnement végétal ne
suffit pas à caractériser l’habitat d’un insecte
(référentiels phytosociologiques).
L’habitat du lucane cerf-volant
• Une espèce de l’annexe II.
• Un régime alimentaire spécialisé
L’habitat du lucane cerf-volant
• Quel référentiel peut qualifier les sites
2080 Dunes boisées des régions atlantique, continentale et boréale
favorables ?
6310 Dehesas à Quercus spp. sempervirents
9110 Hêtraies du Luzulo-Fagetum
9120 Hêtraies acidophiles atlantiques à sous-bois à Ilex et Taxus (Quercion robori-petr
9130 Hêtraies du Asperulo-Fagetum
9140 Hêtraies subalpines médio-européennes à Acer et Rumex arifolius
9150 Hêtraies calcicoles médio-européennes à Cephalanthero-Fagion
9160 Chênaies pédonculées ou chênaies-charmaies sub-atlantiques et médio-europée
9170 Chênaies-charmaies du Galio-Carpinetum
9180 Forêts de pentes, éboulis ou ravins du Tilio-Acerion
9190 Vieilles chênaies acidophiles des plaines sablonneuses à Quercus robur
91A0 Vieilles chênaies des îles Britanniques à Ilex et Blechnum
91B0 Frênaies thermophiles à Fraxinus angustifolia
91E0 Forêts alluviales à Alnus glutinosa et Fraxinus excelsior (Alno-Padion, Alnion inca
91F0 Forêts mixtes à Quercus robur, Ulmus laevis, Ulmus minor, Fraxinus excelsior ou
9230 Chênaies galicio-portugaises à Quercus robur et Quercus pyrenaica
9260 Forêts de Castanea sativa
9330 Forêts à Quercus suber
L’habitat du lucane cerf-volant
• Association d’espèces végétales ?
• Ou caractérisation de
ces espèces végétales ?
Les insectes protégés
• Les insectes en France sont protégés si :
• Ils se trouvent dans une aire de protection totale :
• Parc National (zone centrale)
• Réserve naturelle nationale ou régionale
• Arrêté préfectoral de protection de biotope
• Ils sont sur la liste figurant dans l’arrêté du 23 avril
2007, pour l’ensemble de la France métropolitaine
• Ils sont sur la liste figurant dans l’arrêté du 22
juillet 1993, pour la Région Ile-de-France
Cadre international
• Deux grands textes internationaux concernent la faune française:
• la Convention de Berne (à l'initiative du Conseil de l'Europe)
• la Directive 92-43 CEE (modifiée par la Directive 97-62 CE) dite 'Directive
Habitats' (à l'initiative de l'Union Européenne).
• Une seule espèce française est concernée par la convention de
Washington, le Porte-Queue de Corse Papilio hospiton, espèce par
ailleurs reprise dans les textes européens.
• Par ailleurs, on rappelle que les espèces qui apparaissent dans les
annexes des textes européens ne sont pas protégées en France tant
que les décrets nationaux d'application n'ont pas été publiés.
• Ces espèces sont souvent menacées en Europe du Nord, mais parfois
communes, voire très communes (nuisibles ?) plus au sud
• Les espèces endémiques présentes dans un seul état n’apparaissent
jamais dans ces textes européens, leur protection est de la
responsabilité de l’état qui les héberge.
La Convention de Berne
Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu
naturel de l'Europe, adoptée à Berne le 19 septembre 1979
• Buts :
• Assurer la conservation de la flore et de la faune sauvages et de leurs habitats naturels,
notamment des espèces et de leurs habitats dont la conservation nécessite la coopération de
plusieurs états, et promouvoir une telle coopération;
• Accorder une attention particulière aux espèces, y compris aux espèces migratrices, menacées
d'extinction et vulnérables.
• Partenaires : 31 parties contractantes parmi lesquelles des états membres et non membres
du Conseil de l'Europe :
Autriche, Belgique, Bulgarie, Burkina Faso, Chypre, Danemark, Estonie, France, Allemagne, Grèce,
Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Liechtenstein, Luxembourg, Malte, Moldova, Monaco, Pays-Bas,
Norvège, Portugal, Roumanie, Sénégal, Espagne, Suède, Suisse, Turquie, Royaume-Unis, ainsi
que la Communauté européenne
• Annexe I : Liste des espèces végétales strictement protégées.
Annexe II : Liste des espèces animales strictement protégées: 53 espèces d'insectes
Annexe III : Liste des espèces animales protégées: 2 espèces d'insectes
Annexe IV : Moyens et méthodes de chasse et autres formes d'exploitation interdits.
La Directive Habitats Faune-Flore
Directive 92/43/CEE du conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des
habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages
• Particularités :
• La Directive définit des Habitats d'Intérêt Communautaire (Annexe 1) et des Espèces
d'Intérêt Communautaire (Annexe 2)
• Ces habitats ou ces espèces peuvent être prioritaires
• La présence en un site d'Habitats d'Intérêt Communautaire ou d'Espèces d'Intérêt
Communautaire permet de définir des Sites d'Importance Communautaire, qui
constituent le Réseau Natura 2000.
• Annexe 1 : Types d'habitats naturels d'intérêt communautaire dont la conservation nécessite la
désignation de zones spéciales de conservation
• Annexe 2 : Espèces animales et végétales d'intérêt communautaire dont la conservation nécessite la
désignation de zones spéciales de conservation: 54 espèces d'insectes
• Annexe 3 : Critères de sélection des sites susceptibles d'être identifiés comme sites d'importance
communautaire et désignés comme zones spéciales de conservation.
• Annexe 4 : Espèces animales et végétales d'intérêt communautaire qui nécessitent une protection stricte :
46 espèces d'insectes
• Annexe 5 : Espèces animales et végétales d'intérêt communautaire dont le prélèvement dans la nature et
l'exploitation sont susceptibles de faire l'objet de mesures de gestion.
• Annexe 6 : Méthodes et moyens de capture et de mise à mort et modes de transport interdits.
Cadre national : arrêté du 23 avril 2007
Les espèces protégées
• La liste (nationale) est un mélange d'espèces menacées en
France, d'espèces caractéristiques de milieux menacés
(cavernicoles et insectes des tourbières) et d'espèces
distinguées au niveau européen mais non menacées (voire
communes) en France. Une espèce n'appartient pas à la
faune de France (Cucujus cinnaberinus).
• Lépidoptères : 36 espèces
• Rhopalocères : 27 espèces
• "Macrolépidoptères" : 36 espèces
• Coléoptères : 66 espèces (dont 52 Carabidae cavernicoles)
• Orthoptères : 3 espèces
• Odonates : 10 espèces
Origine des espèces protégées
• A la demande des associations, un arrêté est pris le 3
août 1979, pour protéger strictement des insectes
français (carabes, Papilio hospiton, Graellsia
isabellae etc.)
• Parallèlement, la convention de Berne (1979) dont
les annexes 2 et 3 listent des espèces à protéger
strictement, est ratifiée à l’initiative du Conseil de
l’Europe.
• La France n’a ratifié la Convention de Berne qu’en
1990, l’arrêté de 1993 fixant la liste des espèces
protégéees en France devait obligatoirement inclure
les espèces françaises des annexes 2 et 3, sans que
la France n’ait en rien participé aux discussions
Les espèces de l’annexe 2
• Directive Habitat Faune-Flore (Directive 92-43
CEE, modifiée en 1997 et 2006).
• Les espèces de l’annexe 2 non reprises dans
l’annexe 4 sont souvent considérées comme
protégées, alors qu’en fait seul leur habitat est
protégé.
• Cinq Coléoptères, un Lépidoptère, un Odonate
• Espèces plus (Limoniscus violaceus) ou moins
(Euplagia quadripunctaria) pertinentes pour
caractériser leur milieu
Les espèces patrimoniales
• Parmi les milliers d'espèces d'insectes vivant
en France, quelques dizaines sont considérées
comme représentatives du patrimoine naturel
du pays :
• Espèces protégées
• Espèces de l’annexe 2 de la Directive Habitat
• Espèces déterminantes
• Bio-indicateurs
• Espèces menacées (listes rouges)
• Espèces endémiques
• ...
Les espèces déterminantes
• Les ZNIEFF (Zones Naturelles d'Intérêt Ecologique Faune-Flore)
sont des zones du territoire national où des éléments remarquables
du patrimoine naturel ont été identifiés.
• Le classement en ZNIEFF s'établit en fonction de la présence d'un
certain nombre d'espèces végétales et animales dites déterminantes
• Ces listes sont régionales, les espèces qui les constituent
présentent un certain nombre de caractéristiques :
• Elles sont caractéristiques du milieu qu'elles occupent
• Elles ne sont pas rarissimes
• Elles sont d'identification relativement facile (ou bien des genres entiers sont
classés comme déterminants)
• Les espèces protégées sont considérées comme déterminantes "avec
certaines précautions"
• Les espèces endémiques ou en limites d'aire sont également considérées
comme déterminantes
• IDF : Coléoptères : 301 esp., Lépidoptères 55 esp., Orthoptères : 25 esp.
Les bio-indicateurs
• Les grands types de milieux fréquentés par les insectes (aquatique
lotique ou lentique, forestier, terres cultivées etc...) sont dans des
états de conservation très variables pour la biodiversité. Pour le
gestionnaire il est tentant d'utiliser quelques espèces sténoèces
comme indicateurs de l'état de conservation.
• Pour le milieu aquatique, ces espèces seront caractéristiques des
états de pollution.
• Pour le milieu forestier il s'agira de préciser le degré de naturalité
du peuplement (hétérogénéité, vieillissement, bois mort) par rapport
à la plantation d'arbres.
• Pour les espèces des zones cultivées, les indicateurs informeront
sur les pollutions agricoles, la spécialisation des productions et le
caractère extensif de l'activité agricole.
Les bio-indicateurs
• Ces indicateurs existent pour les eaux courantes. Ils sont utilisés
pour l'établissement d'un Indice Biologique Global Normalisé, et
d'autres indices moins utilisés. Ce sont des larves d'éphémères, de
perles et de diptères qui sont utilisées. Les difficultés des
déterminations spécifiques font toutefois perdre de la pertinence à
cette approche.
• Pour les espèces saproxyliques, Brustel (2001) a formalisé une
liste de 300 espèces de Coléoptères qui témoignent de la qualité du
peuplement forestier en termes de biodiversité. Cette liste tient
compte du faciès et de la localisation du site. Cette approche est très
pertinente, mais la difficulté d'identification de certaines espèces
limite son utilisation.
• Rien n'a encore été formalisé pour les espèces des zones
cultivées.
Les autres critères de patrimonialité
• Menaces
• Rareté
• Endémisme
• Aspect
• Valeur commerciale
• Critères socio-culturels
Menaces
• Beaucoup d'espèces sont actuellement menacées par
la destruction de leurs habitats, l'urbanisation, la
pollution, l'agriculture intensive etc… L'Union
Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN)
produit des Listes Rouges qui dressent le statut des
espèces en fonction du degré de menace qu'elles
subissent.
• Dans le même esprit, de nombreuses collectivités
territoriales ou même des associations naturalistes
établissent également des listes rouges de portée plus
restreinte suivant les critères de l'UICN.
Rareté
• La rareté est un des critères les plus fréquemment évoqués pour
justifier l'intérêt patrimonial d'une espèce. Il s'agit cependant d'une
notion qu'il convient de préciser :
• Espèces répandues mais à densités faibles ou très faibles - c'est une situation peu
fréquente chez les insectes. Elle sous-entend une grande mobilité et des systèmes
de recrutement à distance des partenaires sexuels très élaborés
• Espèces très localisées, abondantes dans leurs biotopes mais ces biotopes sont
très dispersés. C'est le cas habituel chez les insectes dits rares. Il s'agit souvent
d'espèces sténoèces dont les milieux sont menacés.
• Espèces dont la biologie est mal connue ou très mal échantillonnées par les
méthodes classiques, parfois inaccessibles. La rencontre de l'espèce n'est alors due
qu'au hasard et aucune conclusion précise ne peut être tirée quant au statut de ses
populations. Ce cas est très fréquent chez les insectes.
• Le deuxième cas, espèces très localisées, est le plus pertinent pour la
valeur patrimoniale. L'espèce est un indicateur de son biotope et ses
populations peuvent y être quantifiées. Dans la majorité des cas, la
protection du biotope assure une conservation satisfaisante des
espèces qui y vivent.
Endémisme
• L'endémisme dans son sens biologique (Lumaret et al, 1996) :
• Une vaste unité de référence, ici la région ouest-paléarctique (12 M km²)
• Espèces de classe I :
• aire de distribution  0,1 % de la référence (12 000 km²)
• Espèces de classe II :
• aire de distribution  0,5 % de la référence (60 000 km²)
• Espèces de classe III :
• aire de distribution  1 % de la référence (120 000 km²)
• Espèces de classe IV :
• aire de distribution  5 % de la référence (600 000 km²)
• Pour les Scarabéoides étudiés par Lumaret, ces 4 classes
d'endémiques représentent 13% des espèces françaises
• Il s'agit souvent d'espèces montagnardes ou du cordon littoral,
fréquemment aptères ou en tous cas peu mobiles
Distribution des Scarabéides endémiques (Lumaret, 1996)
Nombre d’espèces endémiques
par Région
0-1
2-4
5-10
11-20
Endémisme
• L'endémisme dans son sens politique :
• Il s'agit d'espèces, sous-espèces ou formes diverses
dont la répartition est restreinte à une entité
géographique bien précise, région ou état.
• Le taxon considéré prend alors une valeur
emblématique pour le patrimoine de la région
considérée, surtout si le nom (scientifique ou
vernaculaire créé pour l'occasion) reprend une partie de
cette origine géographique.
• Exemple le papillon isabelle,
Graellsia isabelae galliaegloria un habitué des cartes
postales touristiques dans le Queyras.
Autres critères de patrimonialité
• Aspect
• Des dizaines de Cerambycidae sont en France des espèces patrimoniales sur un
effectif de 240 espèces. Un seul staphylin, le plus coloré des gros, apparaît sur une
liste d'espèces patrimoniales, alors que notre faune en compte près de 1800
espèces. La taille, la beauté, la sympathie qu'évoquent certaines espèces (les
papillons de jour sont populaires, les blattes moins) sont des critères de
patrimonialité très importants, même s'ils sont très subjectifs.
• Valeur commerciale
• Dès lors qu'il se développe un goût pour la détention d'espèces mortes ou
vivantes, chaque espèce a potentiellement une valeur marchande, légale ou non
(espèces protégées). Les espèces les plus rares et les plus spectaculaires sont bien
évidemment les plus chères.
• Critères socio-culturels
• Certaines espèces animales ou végétales prennent une valeur patrimoniale
considérable pour des raisons historiques ou culturelles. Il peut s'agir d'espèces
jadis liées à une activité humaine (cochenilles et colorants par exemple) ou utilisées
à des fins alimentaires (pas d'insectes en France mais des crustacés et mollusques)
pharmaceutiques (la cantharide, vésicatoire et aphrodisiaque), agricoles (les
auxiliaires des cultures) ou de loisirs (chasse, pêche ou tourisme).
Ces milliers d'espèces d'insectes
sont mal connues :
• Problème d'échantillonnage
• Problème de personnes compétentes
Problèmes d'échantillonnage
• Un certain nombre d'espèces d'insectes ne
sont pas capturées par les méthodes
classiques
• Espèces à éclipses
• La biologie et le comportement de beaucoup
d'espèces sont totalement inconnus
• Un certain nombre de milieux spécifiques sont
inaccessibles
• Fourmilières
• Nappes phréatiques
• Parasites...
Problèmes de compétences
• L'initiation à l'histoire naturelle en général a disparu des
programmes scolaires
• La formation en entomologie a disparu des programmes
universitaires et des écoles d'ingénieurs
• Les entomologistes professionnels sont déconsidérés
dans les milieux scientifiques et leurs départs ne sont pas
remplacés
• On assiste actuellement à une pénurie dramatique
d'entomologistes alors que la demande en expertise n'a
jamais été aussi forte
• Beaucoup de jeunes naturalistes sont autodidactes ou
formés sans discipline scientifique
• Seuls les groupes d'insectes les plus faciles sont
abordés, indépendamment de leur intérêt patrimonial
Entomologistes dans le sainfoin
• Abeilles sauvages très efficaces comme
pollinisateurs
• PNR Gâtinais Français : étude miel AOC 20012003
• Miel de sainfoin
• Faune du sol – pollinisateurs
apoïdes
Stéphane Perera
Need an entomologist !
• Butineurs du sainfoin : identification à l’espèce
• 2001 : British Aculeate Group
• 2002-2003 : Université de Mons-Hainaut
Jean Tosti
Onobrychis viciifolia
•
•
•
•
•
•
•
Colletidae : 1 esp. (0 id.)
Andrenidae : 9 esp. (7 id.)
Mellitidae : 2 esp. (2 id.)
Halictidae : 21 esp. (21 id.)
Megachilidae : 5 esp. (1 id.)
Anthophoridae : 3 esp. (2 id.)
Apidae : 9 esp. (9 id.)
•
Total : 50 espèces, dont 42 identifiées
Menaces sur les milieux et sur les espèces
•
•
•
•
•
•
•
Fragmentation des habitats
Changement climatique
Urbanisation
Agriculture
Sylviculture
Pollutions
Espèces envahissantes
Paysages, corridors et trames
• La répartition spatiale d'une espèce donnée n'est jamais homogène à
l'échelle du paysage.
• Les habitats favorables à l'espèce forment des taches sur la carte qui sont
ou ne sont pas occupées par l'espèce à l'instant t.
• Des accidents environnementaux les plus divers font évoluer constamment
la dynamique d'occupation des taches, avec de nombreuses extinctions et
colonisations.
Site occupé
Site vacant
L'ensemble de ces populations sur les taches occupées forme une métapopulation
Le fonctionnement du système implique que les individus
puissent se disperser d’une tache à l’autre en empruntant
des corridors
Site occupé
Site vacant
Dispersion
Corridors écologiques
• Ces corridors sont généralement des éléments linéaires du paysage, en
principe non favorables au développement de l'espèce, mais souvent
favorables à son alimentation. Suivant les espèces, ces corridors seront des
haies, des forêts galeries, des sentiers ouverts dans un massif forestier etc.
• Une des tendances actuelles, notamment en zones agricoles et
périurbaines, est à la fragmentation du paysage. Les taches sont moins
nombreuses, plus éloignées et surtout leur connectivité n'est plus assurée par
la détérioration des corridors (remembrement par exemple).
• Les corridors varient en nature et en échelle suivant les espèces. Un corridor
valide pour Carabus auratus sera un obstacle pour Carabus auronitens. Les
notions de trame verte et bleue sous-entendent cependant qu’on peut définir
un corridor commun à l’ensemble de la biodiversité…
La fragmentation des habitats
• Les corridors varient en nature et en échelle suivant les espèces.
Brenthis ino en forêt de Rambouillet (Mari, 2005)
La fragmentation des habitats
Le Changement global
• Réchauffement du climat
• Urbanisation, tourisme et destruction des milieux
• Evolution des pratiques et des paysages agricoles
• Sylviculture moderne
• Mondialisation des échanges
• Pollutions agricoles, industrielles et domestiques
• Espèces envahissantes
Réchauffement climatique
Alaska :
Evolution des
glaciers Muir et
Riggs en 63 ans
(Glacier Bay National
Park and Preserve)
Et en France ?
Evolution des températures hivernales depuis un siècle
• Les relevés de MétéoFrance depuis un siècle
montrent que les hivers
sont plus chauds dans la
moitié nord-ouest de la
France.
Tendances (en °C/siècle) 1901-2000 à partir de 70 séries de températures minimales - © Météo-France 2001.
Evolution des températures estivales depuis un siècle
• Les mêmes relevés
indiquent que les étés sont
plus chauds dans la moitié
sud de la France.
• Le réchauffement hivernal
(0,7 à 1,7 °C en 1 siècle) est
cependant plus marqué
que le réchauffement
estival (-0,1 à 1,3 °C).
Tendances (en °C/siècle) 1901-2000 à partir de 70 séries de températures maximales - © Météo-France 2001.
Un phénomène qui va s’accentuer
Température estivale en
France
(M. Deque ; Météo France)
Les espèces face au
réchauffement
• Depuis 30 ans, les isothermes remontent
vers le nord de 4 km par an (Hansen,
2006).
• Une observation sur des espèces parmi
les plus mobiles (papillons et libellules)
estime cette remontée à 0,6 km/an
(Parmesan, 2006).
• Pour les espèces montagnardes, l’altitude
moyenne progresse de 60 cm/an.
Réchauffement climatique
et devenir des espèces
• Le réchauffement climatique pourrait favoriser la
remontée vers le nord d’espèces méridionales
• L’amplitude observée actuellement est encore trop
limitée pour avoir des conséquences significatives en
France continentale.
• Si le phénomène ne s’accélère pas (60 km / 100 ans), la
faune risque de ne pas beaucoup changer.
• L’effet est beaucoup plus sensible pour les espèces
marines pélagiques
Un phénomène complexe
• Biodiversité : diversité des interactions
• Interactions entre espèces
• Plante – insecte
• Proie – prédateur
• Hôte – parasite
• Plus une espèce est haut placée dans la chaîne alimentaire, plus sa
survie dépend de nombreux facteurs
• Parasite  prédateur  proie herbivore  plante
• Est-ce que les espèces en interaction réagissent de manière identique à
une pression extérieure ?
• Modèle :
Un phénomène complexe
un modèle simple
• Une plante : l’orpin blanc (Sedum album Crassulacée)
• L’insecte qui la consomme : l’apollon (Parnassius apollo Papilionidé)
•Causse-Cévennes.com
Eclosion des chenilles et sortie du sol des
bourgeons simultanés
D. Morel
Un phénomène complexe
un modèle simple
•
•
•
Mais :
Les jeunes chenilles ne peuvent consommer que
les feuilles terminales
Si la plante débourre plus tôt :
•
•
•
•
•
Le tégument de la plante devient trop coriace pour la
chenille
La chenille ne parvient pas à escalader la plante
La plante dresse des obstacles physiques (filaments)
La plante secréte des composés toxiques
(polyphénols)
Un décalage phénologique entre la plante et son
consommateur devient défavorable à l’espèce
herbivore
J R Crellin
Croissance
Un modèle à trois
Mésange bleue
Bombyx disparate
+ 3 °C
1 mars
Feuille de chêne
15 mars
Thomas et al, 2001
1 avril
15 avril
1 mai
15 mai
Espèces de montagne
Avant 1970
•
•
•
L’apollon, espèce de montagne
Réchauffement climatique :
élévation de l’altitude moyenne
En voie d’extinction à brève
échéance dans les moyennes
montagnes ?
Depuis 1970
(c)
(c)OPIE
Fauna Europaea
Désynchronisations et
maladaptations
•
•
•
•
Faible diversité génétique de certaines populations
Régulation des cycles saisonniers
Grosses différences dans les potentiels reproducteurs
Mobilité
En dernière analyse, le réchauffement du climat en
France risque surtout de se traduire par des
disparitions d’espèces, plutôt que par une arrivée
massive d’espèces méridionales
Urbanisation
• L'urbanisation conduit à l'établissement de
mégalopoles, mais la démocratisation de l'habitat
individuel en périphérie augmente considérablement la
surface prise sur les milieux naturels ou agricoles
• Cette urbanisation a cependant pour corollaire une
déprise agricole et un exode rural significatifs
• Une conséquence importante de l'urbanisation et de la
démographie est l'accroissement considérable du
transport, routier notamment, avec le quadrillage
subséquent du territoire par des voies de
communication de plus en plus surdimensionnées
Tourisme
• La France est le pays le plus visité par les touristes au monde (74 M
de visiteurs étrangers en 2001)
• La fréquentation touristique se concentre sur des sites particuliers
(littoral, montagnes…) souvent vulnérables. L'afflux de touristes en ces
sites se traduit par l'urbanisation ou l'aménagement de milieux
naturels (parkings, sentiers etc…)
• Enfin la naturalité des paysages français attire certains touristes,
encouragés un nouveau système de pensée bien médiatisé. Le
'Tourisme Vert' qui en résulte se traduit par des aménagements
souvent dommageables à la vie sauvage (sécurisation des sites,
surfréquentation des parcours balisés…)
Autres destructions des milieux
• L'urbanisation, le développement du tourisme et leurs
activités associées sont de loin les principales causes de la
destruction des milieux naturels
• Le développement d'une civilisation des loisirs rejoint la
problématique du tourisme dans l'impact sur les milieux
naturels : terrains de golf, véhicules tout-terrains et autres
bases de loisirs
• L'amélioration de la qualité de la vie et de la santé humaine
ont également joué un rôle important, notamment par des
campagnes massives d'assèchement des zones humides et
de démoustication.
Sanctuarisation des
milieux naturels
• Toutes ces menaces et destructions de milieux ont depuis
longtemps alerté les naturalistes
• Alertés à leur tour, les pouvoirs publics ont répondu par la
création d'espaces protégés, parcs et réserves divers ou
arrêtés de protection de biotope
• Le résultat de cette politique est que des milieux
remarquables sont devenus des sanctuaires pour la faune et
la flore, alors que les espaces non protégés sont
abandonnés aux impératifs du développement
Evolution des pratiques et
des paysages agricoles
• Il y a 2000 ans, une grande partie de la France était recouverte
d'une forêt climacique caducifoliée.
• A partir de l'occupation romaine, presque tous les milieux ont été
défrichés et façonnés par l'homme (à l'exception des marais et des
hautes montagnes), y compris les forêts.
• L'entomofaune française s'est en grande majorité totalement
adaptée à ces activités humaines traditionnelles, dans les domaines
agricoles, artisanaux ou même urbains.
• C'est ce système de milieux bocagers, avec une polyculture
extensive, qui est le plus favorable à la diversité entomologique.
Biodiversité en France au 21e siècle ?
La Brie : en 1950 une polyculture extensive
INRA
Evolution des pratiques et
des paysages agricoles
• Depuis le milieu du 20ème siècle, l'agriculture se spécialise et
ses pratiques évoluent en même temps que l'habitat.
• Intensification des pratiques agricoles
• Remembrement et disparition des haies
• Abandon de la polyculture et spécialisation régionale
• Abandon de l'élevage extensif et de la transhumance
• Généralisation des traitements vétérinaires
• Abandon de l'autarcie vivrière (basse-cour, potager)
• Disparition des caves
• Disparition d'un artisanat traditionnel, osiers, charbon de bois...
• De nombreux milieux entomologiques disparaissent et des
espèces autrefois banales ne se rencontrent plus que dans les
régions les plus déshéritées.
Forêts ou plantations d'arbres
Aulnaie des Vaux de Cernay (Yvelines)
Hêtraie de Bethmale (Ariège)
Forêts ou plantations d'arbres
• Les pratiques sylvicoles modernes visent avant tout
à la production intensive de bois, au détriment de la
diversité entomologique :
• Essences allochtones
• Peuplements homogènes
• Elimination des sujets sans valeur commerciale
• Elimination du bois mort, à terre et sur pied
• Vieillissement limité
• Filière bois énergie ?
Pollutions agricoles
• L'agriculture moderne exige une optimisation des rendements
que seule l'utilisation d'engrais minéraux ou organiques permet
d'obtenir.
• Toute production végétale vise à favoriser exclusivement une
espèce cultivée aux dépens des autres végétaux adventices ou
des animaux vivant au contact de cette plante. Le déséquilibre
inhérent à cette activité ne peut être entretenu que par une
intervention permanente de l'homme.
• Dans la plupart des systèmes de culture conventionnels, la lutte
contre les bioagresseurs des plantes cultivées passe par l'emploi
de pesticides de synthèse : insecticides, fongicides et herbicides.
Tonnage des pesticides en France
Tonnes
(matières actives - source rapport annuel UIPP 1999
70000
60000
Fongicides
50000
40000
Herbicides
30000
20000
10000
Divers
0
Insecticides
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
31 M hectares et 100 000 tonnes de matières actives pesticides : charge 3,2 kg/ha
Le recyclage de la matière organique
• Insectes coprophages
• Diptères
• Coléoptères
• Traitements du bétail :
Avermectines
• Australie 1965-1975
C. Golpi
Australie 1965-1985 « the dung beetle
project »
• Un continent peuplé uniquement de marsupiaux
• Des milliards de bovins, ovins et lapins depuis 2
siècles
• (35 M têtes abattues en 2008 en Australie…)
• Une faune coprophage totalement inadaptée
• Une catastrophe économique et écologique majeure !
Australie 1965-1985 « the dung beetle
project »
Dr George Bornemissza
Bubas
Copris
Euoniticellus
Geotrupes
Onthophagus
23 espèces introduites avec succès
20 échecs de naturalisation
Copris
Euoniticellus
Onitis
Onthophagus
Sisyphus
Pourquoi les fleurs ne sont-elles pas
vertes ?
• 70 à 80 % des espèces de
plantes à fleurs sont
pollinisées par les insectes
• 35 % des plantes cultivées
Déclin des pollinisateurs
• Pesticides
• Engrais azotés : disparition des
légumineuses
• Spécialisation agricole
• Nouveaux agresseurs
• Fleurs non nectarifères
• …
Les conséquences :
Extinctions d’espèces dans le monde
Les conséquences :
Régression d’espèces en France
Sisyphus schaefferi
Euheptaulacus sus
Observations postérieures à 1950
Observations postérieures à 1950
Observations antérieures à 1950
Observations antérieures à 1950
Espèce répandue dans
toute la France
Source : Lumaret 1990
Espèce répandue dans
le nord de la France
Erosion de la biodiversité
Les papillons de jour de la Région Ile-de-France
Statut des 113 espèces en 2000
Accidendel
Douteux
4%
Migrateur
5%
Eteint (Non revu
depuis 50 ans)
26%
Stable
23%
22%
20%
Vulnérable (Obs. -33 à -67%
depuis 30 ans)
Rochat - GILIF 2004
Menacé (Obs. -67 à -100%
depuis 30 ans)
Espèces envahissantes
• Il s'agit d'espèces allochtones en voie de
colonisation d'une nouvelle aire
géographique et dont la prolifération
perturbe les équilibres naturels:
• Introduction accidentelle d'espèces (généralement phytophages) qui s'adaptent
très vite aux plantes (ou cultures) locales. Généralement leur expansion est
favorisée par l'absence de prédateurs ou parasites spécifiques.
• Introduction volontaire d'espèces
• Auxiliaires des cultures (lutte biologique et pollinisation)
• Exploitation industrielle ou commerciale (bombyx de l'aillante)
• Introductions liées aux activités de loisir
• Les espèces en voie d'extension pour des raisons "naturelles" (qui
peuvent être la réponse d'un organisme aux modifications du milieu
induites par l'homme) ne rentrent pas dans cette définition
Invasions biologiques
• Le rhynchophore roux
(Rhynchophorus ferrugineus)
s'attaque au palmier dattier au
Moyen Orient. L'utilisation et le
transport de toutes les parties
du palmier par les caravanes
nomades a facilité sa
dispersion vers l'ouest, jusqu‘en
Afrique du Nord.
Pavillon des Pays Arabes
Exposition Universelle
Sevilla 1992
• En 1992, des palmiers ornementaux de l'Emirat d'Oman ont été
importés à l'occasion de l'Exposition Universelle de Séville, introduisant
le charançon dans le sud de l'Espagne où il s'est parfaitement adapté
aux Phoenix et Washingtonia ornementaux.
Invasions biologiques
• Les navires de transports marchands, lorsqu’ils voyagent à vide,
emplissent d’eau des ballasts pour compenser l’assiette du bateau.
• Les tonnes d’eau ainsi embarquées peuvent contenir toutes sortes
d’organismes, comme des larves de la moule zébrée de la mer
Caspienne Dreissena polymorpha
La moule zébrée de la Caspienne
• Relarguées dans l’eau douce des Grands Lacs américains, ces larves
ont pu former des colonies très prospères qui se fixent sur tous les
supports et éliminent progressivement les moules d’eau douce indigènes.
La chrysomèle et la guerre
• L’instabilité politique est aujourd’hui une
cause majeure des disséminations
involontaires d’espèces. C’est ainsi que la
chrysomèle du maïs est apparue pour la
première fois autour de l’aéroport de
Belgrade lors de la guerre des Balkans
Chrysomèles du maïs
Diabrotica virgifera
Aéroport de Roissy, octobre 2002
Dans le cas de Diabrotica, un conflit comme celui des Balkans signifie non
seulement détection défaillante, mais aussi absence des premières mesures
de lutte, les priorités étant ailleurs à cette époque.
Extension de Diabrotica virgifera en Europe centrale à partir de 1992
Introductions volontaires d’espèces envahissantes
• Les insectes sont peu concernés par les introductions à
des fins alimentaires (écrevisses, poissons, escargots)
• Beaucoup d’agents de lutte biologique sont concernés
• Auxiliaires devenus envahissants (Harmonia axyridis)
• Ou pollution génétique (Bombus terrestris ou Danaus plexippus).
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