Telechargé par Nao uell

Les états d hypersensibilité type II

publicité
Université D’Alger Benyoucef BENKHEDDA
Faculté des sciences médicales
Département de pharmacie
Module d’Immunologie
4ème Année de Pharmacie
Cours :
Les états d’hypersensibilité type II
Dr F.MEÇABIH
fethi.mecabih@yahoo.fr
Année : 2015/2016
Plan du cours
1.
Introduction................................................................................................................................... 1
2.
Les éléments des réactions d’hypersensibilité type II .................................................................. 2
2.1
2.1.1
Ag constituants naturels de la surface d’une cellule ou de la matrice extracellulaires .... 2
2.1.2
Ag exogènes fixés à la surface d’une cellule ................................................................... 3
2.2
3.
4.
5.
Les antigènes ........................................................................................................................... 2
Les anticorps ........................................................................................................................... 3
2.2.1
Isotypes des Ac ................................................................................................................. 3
2.2.2
Nature des Ac ................................................................................................................... 3
Mécanismes effecteurs ................................................................................................................. 4
3.1
Lyse par le complément .......................................................................................................... 4
3.2
Opsonisation et phagocytose ................................................................................................... 4
3.3
Cytotoxicité cellulaire ............................................................................................................. 5
3.4
Recrutement et activation des cellules inflammatoires ........................................................... 5
3.5
Le déclanchement de la coagulation ....................................................................................... 5
3.6
Interférence avec les fonctions physiologiques des cellules ................................................... 5
3.7
L’implication des différents mécanismes effecteurs............................................................... 6
Exemples de pathologies .............................................................................................................. 6
4.1
Réactions ou accidents transfusionnels ................................................................................... 7
4.2
Maladie hémolytiques ............................................................................................................. 7
4.3
Maladie hémolytique du nouveau-né (MHNN) ...................................................................... 7
4.4
Thrombopénies et neutropénies .............................................................................................. 8
4.5
Le rejet humoral de la greffe ................................................................................................... 8
4.6
Syndrome de Goodpasture ...................................................................................................... 8
4.7
Le pemphigus .......................................................................................................................... 9
4.8
La myasthénie ......................................................................................................................... 9
4.9
La maladie de Basedow .......................................................................................................... 9
Exploration immunologique des états d’hypersensibilité de type II ............................................ 9
5.1
La recherche directe de la fixation des anticorps sur les cellules ou les tissus ....................... 9
5.2
La recherche sérique indirecte des anticorps pathogène dans le sérum du patient ............... 10
2015/2016
Les états d’hypersensibilité type II
Dr F.MEÇABIH
1.
Introduction
Les états d’hypersensibilité de type II, selon la classification de Gell et Coombs, sont des pathologies
dues à des lésions cellulaires ou tissulaires induites par des anticorps (Ac) IgM et IgG après liaison
à leurs antigènes (Ag). Les signes cliniques apparaissent entre 4 à 8 heures après une exposition aigue
à un antigène, d’où le nom d’hypersensibilité semi retardée.
Les états d’hypersensibilité type II peuvent être classés en deux sous-groupes :
- Les états d’hypersensibilité type IIa : impliquant des Ac dirigés contre un Ag naturel ou
exogène fixé à la surface d’une cellule ou d’un tissu. Ces Ac peuvent entrainer la lyse de ces
cellules d’où le nom d’hypersensibilité cytotoxique.
- Les états d’hypersensibilité type IIb : mettant en jeu des Ac dirigés contre des récepteurs
cellulaires. Ils peuvent perturber les signaux physiologiques induits par ces récepteurs, par un
effet antagoniste (blocage du signal) ou agoniste (renforcement du signal) sans entrainer la lyse
de ces cellules.
Figure 1: les différents types des états d'hypersensibilité selon la classification de Gell et Coombs
Page 1 sur 12
2014/2015
Les états d’hypersensibilité type II
Dr F.MEÇABIH
2.
Les éléments des réactions d’hypersensibilité type II
2.1 Les antigènes
A l’inverse de l’hypersensibilité type III dans laquelle l’Ag est soluble, les Ag dans l’hypersensibilité
type II peuvent être des constituants naturels ou exogènes fixés à la surface d’une cellule ou de la
matrice extracellulaire.
2.1.1 Ag constituants naturels de la surface d’une cellule ou de la matrice extracellulaires
Selon leur origine, ces Ag se répartissent en :
-
Autoantigènes : Ag du soi tels que
o Ag de la membrane cellulaire : comme exemple on cite :
 L’intégrine gpIIb:IIIa des plaquettes lors de thrombopénies autoimmunes ;
 Ag des globules rouges lors d’anémies hémolytiques autoimmunes ;
 Ag du myocarde lors du rhumatisme articulaire aigue ;
 Des récepteurs cellulaires tels que les Récepteurs de l’acétylcholine lors des
myasténies, Récepteurs de l’hormone thyréotrope (TSH) lors de maladie de
Basedow, et le Facteur intrinsèque des cellules pariétales gastriques lors de
l’anémie pernicieuse (anémie de Biermer).
o Ag de la matrice extracellulaire
 Protéines des jonctions intercellulaires des cellules épidermiques (cadhérine
épidermique) lors du Pemphigus vulgaire ;
 Protéines au niveau des membranes basales des glomérules rénaux et des
alvéoles pulmonaires lors du syndrome de Goodpasture.
-
Alloantigènes : Ag qui présente une variabilité interindividuelle au sein de la même espèce.
L’exposition à ces Ag se fait lors des transfusions, des grossesses et lors de la transplantation
d’organes. On peut citer :
o Les Ag des groupes sanguins :
 Les Ag du système ABO : les épitopes du système ABO sont présents sur de
nombreux types cellulaires en plus des érythrocytes, incriminés lors d’accidents
transfusionnels, et du rejet hyperaigue de la greffe.
 Les Ag du système Rhésus lors des anémies hémolytiques du nouveau-né. Les
Ag du système rhésus sont codés par deux loci étroitement associés, RhD et
RhCcEe. Le RhD est le plus important cliniquement, du fait de sa forte
immunogénicité. Chez les individus RhD-, le locus RhD manque complétement.
 Les groupes sanguins mineurs : lors de certains accidents transfusionels. On cite
les Ag MN qui sont exprimés sur les régions N-terminales glycosylé de la
glycophorine A exprimée à la surface de GR, et les Ag apparentés du système Ss
sont portés par la glycophorine B.
 Autres Ag érythrocytaires : l’antigène Kell (endopeptidase à zinc), l’Ag Duffy
(récepteur de chimiokine), des variants du DAF (Decay Accelarating Factor) qui
est un récepteur du complément.
Page 2 sur 12
2014/2015
Les états d’hypersensibilité type II
Dr F.MEÇABIH
Tableau 1 : prinicpaux alloantigènes des groupes sanguins
Système
Ag
ABO
A, B ou O
Rhésus
Kell
D ou d
C ou c
E ou e
K ou k
Duffy
Fya,Fyb ou Fy
MN
M ou N
Fréquence
des
phénotypes (%)
A
42
B
8
AB
3
O
47
RhD+
85
RhD15
k
K
Fya,Fyb
Fya
Fyb
Fy
MM
MN
NN
9
91
46
20
34
0.1
28
50
22
o Les Ag du système HLA : (voir le cours du système HLA) lors du rejet d’allogreffes et
certaines insuffisances transfusionnelles de plaquettes.
2.1.2 Ag exogènes fixés à la surface d’une cellule
Il s’agit principalement d’haptènes (petites molécules non immunogènes mais antigéniques) qui se
conjuguent après leur administration avec les protéines autologues, celles des globules rouges
principalement. Il s’agit principalement de médicaments on peut citer :
-
Le médicament Sedormid qui se fixe sur les plaquettes lors du purpura thrombopénique ;
La pénicilline, la quinine et les sulfamides se fixent sur les globules rouges lors des anémies
hémolytiques.
2.2 Les anticorps
2.2.1 Isotypes des Ac
Les Ac responsables des états d’hypersensibilité de type II appartiennent aux isotypes IgG (IgG1 et
IgG3 principalement) et IgM. In vitro, ces anticorps peuvent être désignés :
-
Ac chauds, qui réagissent avec l’Ag à 37°C. il s’agit principalement d’Ac d’isotype IgG
Ac froids, qui ne réagissent avec l’Ag qu’à des températures inférieures à 37°C. il s’agit
principalement d’Ac d’isotype IgM.
2.2.2 Nature des Ac
Ces Ac peuvent être des :
-
Des autoanticorps : dirigés contre les autoantigènes cellulaires ou tissulaires après rupture de
la tolérance envers ces Ag. C’est les Ac retrouvés dans les maladies auto-immunes non
spécifiques d’organes tels que le Lupus érythémateux systémique (LES) et certaines maladies
spécifiques d’organes (par Ac anti-récepteurs cellulaires)
Page 3 sur 12
2014/2015
Les états d’hypersensibilité type II
Dr F.MEÇABIH
-
Des alloanticorps : dirigés contre les alloantigènes et qui peuvent être :
o Naturels : détectés en absence de toute immunisation par l’Ag correspondant. Ils Sont
généralement d’isotype IgM. C’est l’exemple des Ac du système ABO. En effet, les
sujet du groupe A ont naturellement des Ac anti groupe B, et inversement, les sujets du
groupe B ont naturellement des Ac anti groupe A. les sujets de groupe O possèdent les
deux types d’Ac (anti-A et anti-B) tandis que les sujets de groupe AB ne possèdent
aucun Ac naturel.
o Immuns : généralement d’isotype IgG, ils sont générés lors d’immunisations avec des
alloantigènes (les groupes sanguins et le HLA) suite à des grossesses, des transfusions
ou des transplantions d’organes. Le nombre d’immunisations augmente le risque
d’apparition de ces Ac. L’immununogénicité et l’antigénicité des différents
alloantigènes sont différentes, les plus puissants étant les molécules HLA et l’Ag RhD.
Des anticorps immuns : générés lors de réponses immunitaires normales tels que les Ac :
o Dirigés contre le streptocoque et qui risque d’interagir avec des Ag du myocarde qui
ont un mimétisme moléculaire avec les Ag du streptocoque.
o Dirigés contre les médicaments, qui ne sont générés que si les médicaments se lient aux
protéines porteuses du soi.
-
3.
Mécanismes effecteurs
La fixation des Ac sur les Ag déclenche un ensemble de mécanismes effecteurs qui aboutissent à des
lésions cellulaires ou tissulaires, les mécanismes responsables de ces lésions sont :
3.1 Lyse par le complément (voir planche n°14)
Les Ac IgM et IgG1 ou IgG3 fixés à l’Ag activent la voie classique du complément jusqu’à la
formation du complexe d’attaque membranaire (CAM). La cellule cible est alors détruite par nécrose.
Ces réactions peuvent être induites par un petit nombre d’Ac IgM, mais dans le cas des IgG, elles
nécessitent une forte densité d’Ac sur la cible pour permettre la liaison de C1q (il faut deux IgG
contiguës pour lier le C1q)
Les érythrocytes sont les plus sensibles à la lyse complément dépendante tandis que les cellules
nucléées résistent à l’action du CAM en mettant en jeu des mécanismes d’endocytose et d’exocytose
grâce à des protéines régulatrices du complément. Il faut plusieurs CAMs sur une cellule nucléée pour
déclencher la lyse tandis un seul CAM suffit pour lyser un globule rouge.
Ce mécanisme effecteur est principalement déclenché dans le compartiment intravasculaire où se
trouvent à l’état physiologique les molécules nécessaires à la cascade des réactions. Dans le cas des
érythrocytes, il est responsable d’hémolyse intravasculaire.
3.2 Opsonisation et phagocytose (voir planche n°15)
L’activation du complément entraine aussi l’opsonisation des cellules par les composants C3b et C3bi.
Les érythrocytes et les plaquettes ainsi opsonisés vont être phagocytés par les macrophages de la
pulpe rouge de la rate, du foie et des poumons grâce aux récepteurs du complément CR3 et CR4
exprimés sur les macrophages, ligands du C3b et du C3bi.
Page 4 sur 12
2014/2015
Les états d’hypersensibilité type II
Dr F.MEÇABIH
Dans le cas où la quantité des Ac IgG sur la cellule cible ne peut pas déclencher l’activation du
complément, la phagocytose peut être aussi assurée par les seuls récepteurs des IgG (FcγR) exprimés
sur les macrophages et qui reconnaissent directement les Ac fixés sur la cellule cible.
Dans le cas des érythrocytes, ce mécanisme d’opsonisation et de phagocytose est responsable
d’hémolyse par destruction intra splénique.
3.3 Cytotoxicité cellulaire (voir planche n°16)
Les Ac fixés sur les cellules peuvent être reconnus par les cellules tueuses, dont les cellules NK
(Natural Killer) via les récepteurs des IgG (FcγRIII : CD16) qu’elles expriment. Les cellules NK
entrainent la mort par apoptose des cellules cibles via les molécules solubles perforines/granzymes et
par contact membranaire via les récepteurs de mort cellulaire (Fas/FasL et TNF/TNFR).
3.4 Recrutement et activation des cellules inflammatoires (voir planche n°17,18)
Le recrutement des cellules effectrices vers les tissus s’effectue grâce à la libération des
anaphylatoxines C5a et C3a, suite à l’activation du complément, qui ont des activités chimiotactiques
et activatrices sur les neutrophiles, monocytes/macrophages et mastocytes. L’activation de ces
cellules s’effectue, en outre, directement par interaction entre la région Fc des Ac IgG1 et IgG3 et les
récepteurs des Fc sur les monocytes/macrophages et les polynucléaires neutrophiles (PNN).
L’activation des PNN déclenche la réaction oxydative, avec libération des dérivés oxygénés qui sont
toxiques. Si l’activation des PNN est trop importante, elle s’accompagne par leur dégranulation et la
libération du contenu des lysosomes qui contient des enzymes protéolytiques, tels que les élastases et
les collagénages, responsables de la dégradation des matrices extracellulaires tel que la membrane
basale glomérulaire, par exemple.
Les monocytes et les macrophages interviennent secondairement, ils libèrent les cytokines
proinflammatoires (IL-1, IL-6 et TNF), le PAF acéther et leucotriène LTB4. Donc ils entretiennent
l’inflammation par le recrutement d’autres cellules inflammatoires telles que les PNN.
3.5 Le déclanchement de la coagulation (voir planche n°17,19)
Dans le cas où les Ac sont dirigés contre des Ag exprimés sur la cellule endothéliale des vaisseaux
(exemple : les Ac du système ABO et anti-HLA dirigés contre les alloantigènes exprimés sur les
cellules endothéliales du greffon), l’activation du complément et la stimulation des cellules
endothéliales augmente leur activité procoagulante, qui permet la fixation des plaquettes. Ces
dernières se trouvent activées directement par les Ac fixés grâce au FcγR qu’elles expriment, et
initient ainsi la coagulation et la formation de thromboses.
La coagulation peut être aussi déclenchée après la destruction des cellules endothéliales par les
mécanismes cités ci-dessus, ce qui permet l’adhésion directe des plaquettes sur la membrane basale
et l’initiation de la coagulation.
3.6 Interférence avec les fonctions physiologiques des cellules (voir planche n°20,21)
C’est le cas des états d’hypersensiblités de type IIb avec anticorps anti-récepteurs cellulaires. Ces
anticorps peuvent agir par action
Page 5 sur 12
2014/2015
Les états d’hypersensibilité type II
Dr F.MEÇABIH
-
Antagoniste : en ploquant l’interaction du ligand avec son récepteur, c’est l’exemple des
autoanticorps anti récepteur de l’acétylcholine qui empêchent l’interaction de l’acétylcholine
avec son récepteur et sera responsable de la myasthénie.
Agoniste : dans ce cas l’autoanticorps à un effet stimulant de la cellule. C’est le cas des
autoanticorps anti récepteurs du TSH qui miment l’action de la TSH sur les thyrocytes
entrainant une hyperthyroïdie ou maladie de Basedow.
-
3.7 L’implication des différents mécanismes effecteurs
L’implication des différents mécanismes effecteurs diffère d’une situation à une autre selon la nature,
le site et la quantité des Ac fixés. Exemple : dans les anémies hémolytiques après fixation des
anticorps sur globules rouges, le mécanisme effecteur est principalement la lyse par le complément si
l’Ac est d’isotype IgM ou IgG en fortes quantités, par contre dans le cas d’anticorps d’isotype IgG de
faible quantité, c’est l’opsonisation et la phagocytose des globules rouges qui prédomine. Dans
certaines situations plusieurs mécanismes effecteurs sont déclenchés.
4.
Exemples de pathologies
Tableau 2 : Exemples de pathologies causées par l'hypersensibilité type II
Maladies causées
par des anticorps
Anémie hémolytique
auto-immune
Purpura thrombopénique
idiopathique
ou auto-immun
Antigène cible
Mécanismes de la maladie
Protéines de la membrane de
l’hématie (antigènes
de groupe sanguin Rh, antigène I)
Opsonisation et phagocytose des
hématies
Protéines de la membrane
plaquettaire (intégrine gpIIb:IIIa)
Manifestations pathologiques et cliniques
Hémolyse, anémie
Hémorragie
Opsonisation et phagocytose des
plaquettes
Pemphigus vulgaire
Protéines des jonctions
intercellulaires des cellules
épidermiques (cadhérine
épidermique)
Activation des protéases par
les anticorps, rupture
des adhérences intercellulaires
Vésicules cutanées
(bulles)
Syndrome
de Goodpasture
Protéine non collagénique au
niveau des membranes
basales des glomérules rénaux et
des alvéoles pulmonaires
Inflammation dépendant du
complément et des
récepteurs de Fc
Néphrite, hémorragies
pulmonaires
Rhumatisme articulaire
aigu
Antigène de la paroi cellulaire du
streptocoque ; l’anticorps
reconnaît par réaction croisée un
antigène myocardique
Inflammation, activation
des macrophages
Myocardite, arthrite
Myasthénie
Récepteur de l’acétylcholine
L’anticorps inhibe la liaison de
l’acétylcholine et diminue la
densité des récepteurs
Faiblesse musculaire,
paralysie
Maladie de Basedow ou
Graves’ disease
(hyperthyroïdie)
Récepteur de l’hormone
thyréotrope (TSH)
Stimulation des récepteurs de
la TSH par les anticorps
Hyperthyroïdie
Anémie pernicieuse
Facteur intrinsèque des cellules
pariétales gastriques
Neutralisation du facteur
intrinsèque, diminution de
l’absorption
de la vitamine B12
Érythropoïèse
anormale, anémie
Page 6 sur 12
2014/2015
Les états d’hypersensibilité type II
Dr F.MEÇABIH
4.1 Réactions ou accidents transfusionnels (voir planche n°22,23)
La présence d’allo-Ac anti groupes sanguins lors d’une transfusion sanguine (ex : transfusion d’un
patient du groupe sanguin A ayant les anti-B avec un sang du groupe B, présence d’alloanticorps antiRhD etc.) induit une hémolyse intravasculaire si les Ac fixent le complément par la voie classique. Il
s’agit d’une réaction aigue avec fièvre, hypotension, douleurs lombaires, gêne respiratoire, nausées et
vomissements. L’hémolyse peut être massive avec libération de l’hémoglobine et insuffisance rénale
aigue. Les règles de sécurité transfusionnelle ont rendu les accidents très rares dans le cas
d’incompatibilité ABO et rhésus.
Les réactions transfusionnelles dues aux groupes sanguins mineurs sont relativement rares sauf chez
les sujets qui reçoivent de multiples transfusions sanguines.
4.2 Maladie hémolytiques (voir planche n°24,25)
Elles peuvent être d’origine médicamenteuse (pénicilline, la quinine et les sulfamides), ou autoimmune. On distingue schématiquement les anémies hémolytiques à auto-Ac « chauds » qui se fixent
à l’Ag à 37°C et les auto-Ac « froids » qui se fixent à des températures inférieures à 37°C.
-
Anémies hémolytiques autoimmunes à Ac chauds : représentent environ 70 % de
l’ensemble des AHAI et qui sont, dans la moitié des cas, des anémies associées (ou AHAI «
secondaires ») à une maladie sous-jacente :
o lupus systémique, le plus souvent chez les sujets jeunes,
o hémopathies lymphoïdes souvent de bas grade chez les sujets plus âgés (lymphomes
non hodgkiniens, leucémie lymphoïde chronique),
Dans les AHAI à anticorps chauds on retrouve plutôt des tableaux d’hémolyse chronique.
-
4.3
Anémies hémolytiques autoimmunes à Ac froids : Pour ces derniers, l’hémolyse à lieu au
niveau des extrémités avec, dans les formes sévères, une nécrose périphérique (des doigts et
des oreilles par exemple) due à l’agrégation plaquettaire et aux micro-thromboses dans les
petits vaisseaux.
Les AHAI froids peuvent être soit
o d’évolution aiguë et transitoire, notamment lorsqu’elles sont d’origine postinfectieuse
(infection à mycoplasme, mononucléose infectieuse),
o soit d’évolution chronique correspondant alors à la « maladie chronique des
agglutinines froides » (MAF). Cette dernière s’observe presque exclusivement chez
l’adulte de plus de 55 ans et est associée, dans la majorité des cas, à une gammapathie
monoclonale de classe IgM kappa ayant une activité anticorps antihématie.
Maladie hémolytique du nouveau-né (MHNN) (voir planche n°26,27)
La mère RhD- s’immunise lors d’une première grossesse rhésus incompatible contre le RhD+ de son
fœtus à l’occasion d’un passage d’hématies fœtales dans le sang maternel (lors d’accouchement ou
de l’avortement). Lors d’une grossesse ultérieure rhésus incompatible, la mère peut produire des IgG
anti-RhD. Ces Ac peuvent traverser la barrière placentaire et réagissent avec les globules rouges
fœtaux qu’ils détruisent, conduisant à une hémolyse grave chez le fœtus, se manifestant par un tableau
d’anasarque fœtal (accumulation extracellulaire de liquide dans les tissus et les cavités séreuses :
Page 7 sur 12
2014/2015
Les états d’hypersensibilité type II
Dr F.MEÇABIH
hépatomégalie, splénomégalie, épanchements au niveau des séreuses). Des réactions vis-à-vis
d’autres groupes sanguins peuvent également provoquer une MHNN, l’Ag K du système Kell est plus
fréquemment en cause après l’antigène Rh, mais les réactions sont beaucoup plus rares que les
réactions par incompatibilité Rhésus.
Il a été observé qu’en cas d’incompatibilité Rh, la MHNN est moins fréquente quand le père et la
mère sont aussi de groupe ABO différent. Les globules rouges fœtaux Rh+, mais ABO incompatibles
avec la mère, pourraient être détruits par des Ac maternels anti-A ou anti-B : leur disparition
préviendrait ainsi l’immunisation de la mère contre l’Ag Rhésus. C’est la base de la prophylaxie
Rhésus, qui consiste à administer des Ac anti-RhD aux mères RH-, immédiatement (72h au max)
après la naissance d’un enfant Rh+ ou alors après un avortement, afin de détruire les érythrocytes
fœtaux Rh+ avant qu’ils ne sensibilisent la mère. Cette prévention obligatoire à réduit la fréquence de
la MHNN par incompatibilité Rhésus.
4.4 Thrombopénies et neutropénies (voir planche n°28)
Des autoanticorps contre les plaquettes s’observent dans 70% des cas de purpura thrombopénique ;
ces Ac sont responsables de l’élimination des plaquettes de la circulation de façon accélérée, par
opsonisation, séquestration et destruction splénique. Cette pathologie s’accompagne d’hémorragies
et du purpura.
De même, il existe des neutropénies relevant de mécanismes d’hypersensibilité de type II (neutropénie
néonatale par allo-Ac, certains cas de neutropénies cycliques…ect).
4.5 Le rejet humoral de la greffe (voir planche n°29)
Dues à la présence, au préalable, chez le receveur, d’alloanticorps dirigés contre les Ag ABO (en cas
d’incompatibilité ABO) ou les Ag HLA du donneur différents de ceux du receveur, qui sont tous les
deux exprimés sur les cellules endothéliales du greffon. Le rejet hyperaigu apparait dès la
revascularisation du greffon après la transplantation. Les lésions sont dues à l’action des Ac et du
complément dans les vaisseaux sanguins du greffon, avec recrutement et activation des neutrophiles
et des plaquettes d’où la formation de thromboses qui entraine la mort du greffon par ischémie. Le
rejet hyperaigue est la redoutable complication de la transplantation puisqu’elle engage le pronostic
vital du receveur, et dont le seul traitement est la détransplantation.
Le rejet humoral (aigue ou chronique) apparait suite à la fabrication de novo (après la transplantation)
par le receveur d’Ac anti-HLA du donneur, qui n’existaientt pas avant la greffe. Les lésions sont
principalement vasculaires avec activation du complément et recrutement des polynucléaires
neutrophiles et des cellules NK. Ce qui entraine une perte du greffon à court ou à long terme.
4.6 Syndrome de Goodpasture (voir planche n°30)
C’est une hypersensibilité de type II contre des antigènes tissulaires, due à des Ac d’isotype IgG
dirigés contre le collagène de type IV, un composant majeur des membranes basales. Ces Ac fixent
le complément chez moins de 50% des patients, pour le reste des patients, d’autres mécanismes
effecteurs sont mis en jeu.
Page 8 sur 12
2014/2015
Les états d’hypersensibilité type II
Dr F.MEÇABIH
Le syndrome de Goodpasture entraine habituellement une nécrose glomérulaire grave (inflammation
importante au niveau des glomérules rénaux) avec dépôt de fibrine, signe d’une coagulation in situ.
Dans certains cas, l’atteinte rénale s’associe à des manifestations hémorragiques pulmonaires dues à
la présence d’autoantigènes à réactivité croisée dans les membranes basales des deux tissus.
4.7 Le pemphigus (voir planche n°31)
Une hypersensibilité de type II contre des Ag tissulaires, Le pemphigus est une maladie bulleuse
(formation de bulles) grave atteignant la peau et les muqueuses. Les patients ont des auto-Ac dirigés
contre la desmogléine-1 et la desmogléine-3, constituants des desmosomes qui forment les jonctions
entre les cellules épidermiques. Ces anticorps provoquent la rupture des adhérences intercellulaires
ce qui entraine la destruction de l’épiderme.
4.8 La myasthénie (voir planche n°32)
La myasthénie est caractérisée par une diminution extrême de la force musculaire. Il s’agit d’une
hypersensibilité type IIb avec autoanticorps IgG anti-récepteurs de l’acétylcholine, de la surface
des cellules musculaires au niveau de la plaque motrice, où le neurone entre en contact avec la fibre
musculaire. La transmission de l’influx nerveux du nerf au muscle est assurée par la libération de
l’acétylcholine par la terminaison nerveuse. Le médiateur diffuse dans la fente synaptique pour
atteindre la fibre musculaire. Dans la myasthénie, les Ac pathogènes bloquent l’action de
l’acétylcholine sur son récepteur. Les formes graves sont représentés par l’atteinte de la musculature
respiratoire (détresse aiguë : crise myasthénique)
La diminution transitoire de la force musculaire, observée chez les nouveau-nés de mères
myasthéniques, constitue un argument supplémentaire en faveur du rôle des Ac de classe IgG, qui
peuvent traverser le placenta.
4.9 La maladie de Basedow (voir planche n°33)
La maladie de Basedow est une hyperthyroïdie, faisant intervenir des mécanismes d’hypersensibilité
de type IIb avec autoanticorps d’isotype IgG anti récepteur de la TSH (hormone thyréo stimulante).
A l’inverse de la myasthénie, dans ce cas les anticorps pathogènes sont stimulants en reproduisant
l’action de l’hormone naturelle entrainant une stimulation permanente des thyrocytes.
5.
Exploration immunologique des états d’hypersensibilité de type II
L’exploration immunologique des états d’hypersensibilité de type II repose sur
- La mise en évidence directe de la fixation des anticorps ou les produits du complément (qui
sont le reflet de la fixation des anticorps) sur les cellules et tissus cibles.
- Une recherche sérique indirecte des anticorps pathogène dans le sérum du patient.
5.1 La recherche directe de la fixation des anticorps sur les cellules ou les tissus
Elle se fait principalement par
Page 9 sur 12
2014/2015
Les états d’hypersensibilité type II
Dr F.MEÇABIH
-
Les techniques d’immunofluorescence directe (voir planche n°35): quand les anticorps sont
dirigés contre des antigènes tissulaires. Elle est basée sur la mise en évidence directe, par des
anticorps fluorescents, de la fixation des anticorps ou du complément dans des biopsies
d’organes atteints tels que
o La biopsie rénale pour la maladie de Goodpasture qui montre une fluorescence linéaire
au niveau des glomérules rénaux signe de la présence d’anticorps anti membrane basale
glomérulaire
o La biopsie de la peau dans le cas du pemphigus qui montre une fluorescence linéaire à
la jonction dermoépidermique.
-
Le test de coombs directe (voir planche n°36): quand les anticorps sont dirigés contre les cellules
(les érythrocytes principalement). il est utilisé pour le diagnostic des maladies hémolytiques
(maladies hémolytiques autoimmunes, médicamenteuses, et du nouveau-né)
C’est une technique d’agglutination des hématies du patient qui sont recouvertes d’anticorps
par
o un anticorps anti Immunoglobuline (le test est appelé : test à l’antiglobuline) pour
détecter la fixation d’anticorps chauds (les IgG) (la réaction se fait à 37°C)
o un anticorps anti-C3d du complément pour détecter surtout la fixation des anticorps
froids (les IgM) mais aussi les anticorps chauds (les IgG). c’est l’optimum thermique
de la réaction qui permet de différencier dans ce cas entre les anticorps froids et chauds
(les anticorps froids réagissent à des températures faible jusqu’à +4°C).
5.2 La recherche sérique indirecte des anticorps pathogène dans le sérum du patient
Plusieurs techniques sont utilisées pour mise en évidence, dans le sérum du patient, d’anticorps
pathogènes, on peut citer
1
-
Les techniques d’immunofluorescence indirecte : le sérum du patient est incubé avec des
coupes de tissus (généralement d’humains ou de primates), puis la présence d’anticorps
pathogènes spécifiques est révélée par l’utilisation d’anticorps secondaires antiImmunoglobulines marqué par des fluorochromes. C’est techniques sont utilisées pour le
diagnostic des états d’HS type II avec anticorps anti-tissus (le syndrome de Goodpasture, le
pemphigus etc.)
-
Le test de Coombs indirect (voir planche n°37): le sérum du patient (dans le cas des anémies
hémolytiques autoimmunes par exemple) ou de la mère Rh- (pour le dépistage chez elle, la
présence d’anticorps anti-RhD) est incubé avec des hématies de groupe sanguin O Rh+ 1
traitées par le formol. La fixation d’anticorps pathogène est révélée dans ce cas par l’utilisation
d’antiglobuline humaine, qui permet l’agglutination des hématies sensibilisées.
-
Techniques en phase solides : telles que les techniques ELISA, immunodot, westernblot etc
qui utilise comme support des autoantigènes purifiés ou recombinant. La présence des
anticorps pathogènes dans le sérum du patient est révélée par l’utilisation, par exemple, d’un
anticorps secondaires anti-immunoglobules conjugué à une enzyme.
L’utilisation d’hématies de goupe O permet d’éliminer l’interférence avec les anticorps naturels anti-A et anti-B (isoagglutinies)
Page 10 sur 12
2014/2015
Les états d’hypersensibilité type II
Dr F.MEÇABIH
Téléchargement
Random flashcards
amour

4 Cartes mariam kasouh

Ce que beaucoup devaient savoir

0 Cartes Jule EDOH

aaaaaaaaaaaaaaaa

4 Cartes Beniani Ilyes

Fonction exponentielle.

3 Cartes axlb48

Créer des cartes mémoire