Usine Fagus (Allemagne) No 1368

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Giedon, S., Walter Gropius, l’homme et l’œuvre, Paris, 1954.
Usine Fagus
(Allemagne)
No 1368
Isaacs, R. R. , Walter Gropius. An Illustrated Biography of his
Life and Work, Boston-Toronto-Londres, 1991.
Wingler, H. M., Das Bauhaus, Cambridge Mass., 1980.
Mission d’évaluation technique
Une mission d’évaluation technique de l’ICOMOS s’est
rendue sur le bien du 15 au 17 septembre 2010.
Nom officiel du bien tel que proposé par l’État partie
Usine Fagus
Information complémentaire demandée et reçue de
l’État partie
L’ICOMOS a demandé des informations complémentaires
à l’État partie en date du 30 septembre 2010 et du
14 décembre 2010, sur les points suivants :
Lieu
État-région de Basse-Saxe
Ville d’Alfeld an der Leine
Allemagne


Brève description
Conçue au début des années 1910, l’usine Fagus à Alfeld
présente un ensemble architectural des plus complets
annonçant le mouvement moderniste en architecture.
Construite et agrandie par Walter Gropius, elle comprend
en particulier l’usage novateur des « murs rideaux », de
vastes verrières indépendantes d’une structure porteuse
épurée. Elle témoigne d’une rupture importante des
valeurs architecturales et décoratives de l’époque, se
tournant résolument vers une esthétique industrielle
fonctionnaliste.
Par
un
programme
incluant
l’aménagement intérieur, elle prépare la naissance du
design industriel et elle préfigure la naissance de l’école
du Bauhaus.





compléter et étendre l’analyse comparative ;
compléter la présentation de l’état de conservation du
bien, en particulier les travaux effectués entre 1985
et 1999 ;
documenter la question du développement urbain
éventuel dans la zone tampon et au-delà, en termes
d’impact visuel possible sur le bien ;
considérer une possible extension de la zone tampon
au nord-est du bien et confirmer la promulgation du
plan de développement urbain d’Alfeld ;
préciser la politique de stationnement des véhicules ;
préciser les personnels du Centre d’exposition ;
examiner les conséquences du trafic ferroviaire sur la
conservation des murs rideaux.
L’État partie a répondu le 18 novembre 2010 et le
17 février 2011. L’analyse de ces informations
complémentaires est incluse dans la présente
évaluation.
Catégorie de bien
En termes de catégories de biens culturels, telles qu’elles
sont définies à l’article premier de la Convention du
patrimoine mondial de 1972, il s’agit d’un ensemble.
Date d’approbation de l’évaluation par l’ICOMOS
10 mars 2011
1 Identification
2 Le bien
Inclus dans la liste indicative
29 septembre 1999
Description
L’usine Fagus a été conçue, dès 1911, pour produire des
formes destinées à la fabrication industrielle de
chaussures. Elle est constituée par un ensemble
homogène de bâtiments visant avant tout à la
fonctionnalité technique. La succession des bâtiments est
organisée pour accompagner le processus industriel,
depuis les matériaux bruts jusqu’à la fabrication, du
stockage jusqu’aux expéditions et aux bureaux.
Assistance internationale au titre du Fonds du
patrimoine mondial pour la préparation de la
proposition d’inscription
Aucune
Date de réception par le Centre du patrimoine mondial
28 janvier 2010
Antécédents
Il s’agit d’une nouvelle proposition d’inscription.
L’architectonique d’ensemble repose sur le dialogue de
volumes parallélépipédiques bien affirmés avec la
présence de grandes ouvertures là où le travail réclame
de la lumière. Les bâtiments présentent de larges
surfaces rectangulaires, rythmées par l’entrecroisement
de longues lignes horizontales et verticales. L’usage de la
brique jaune-ocre est couplé à de vastes baies vitrées
rectangulaires. Le bâtiment principal est ainsi presque
entièrement vitré, réalisant des « murs rideaux » continus
Consultations
L’ICOMOS a consulté son Comité scientifique
international sur le patrimoine du XXe siècle et de
nombreux experts indépendants.
Littérature consultée (sélection)
Argan, G. C., Gropius und das Bauhausn Rowohlt, 1962.
311
sur trois niveaux. Leur fonctionnalité est seulement
destinée à l’éclairage, car ils sont distincts de la structure
porteuse en béton, ramenée à l’essentiel. Outre son
fonctionnalisme industriel précurseur et ses innovations
architecturales, l’ensemble possède une grande unité
visuelle, complétée par une sobriété esthétique intérieure
de qualité, annonciatrice des principes du Bauhaus.
De forme proche d’un carré, l’atelier comprend cinq nefs
similaires. Il dispose de grandes baies vitrées et
d’éclairages de toiture par des sheds. La charpente de
bois repose sur des poteaux en fontes. Le mur extérieur,
au sud-est, présente une baie vitrée continue, donnant
une qualité lumineuse remarquable et bien adaptée aux
nécessités du travail. La baie est bornée en hauteur par
un large couronnement horizontal en briques qui masque
les lignes inclinées de la toiture. Dans son sous-sol,
l’atelier comprend d’importantes annexes destinées au
personnel.
En partant du nord-ouest du bien et en suivant l’ordre du
processus industriel, les bâtiments successifs sont :
1 La scierie : Elle est constituée par un bâtiment sur un
seul niveau, aux larges fenêtres régulièrement espacées.
Elle débitait les troncs de hêtre (fagus en latin) en pièces
de dimensions appropriées à leur futur usage technique.
Ce fut le premier atelier de l’usine, construit en 1911. Afin
de faire face au développement des marchés, le bâtiment
de la scierie a été agrandi à deux reprises, par Gropius
lui-même en 1921 puis par un élève du Bauhaus en 1938,
doublant sa surface initiale. Ces travaux ont totalement
respecté le style architectural et les formes initiales. Le
bâtiment a ensuite connu différentes évolutions d’usage,
mais sans modifier ses données architecturales majeures.
5 Le bâtiment principal est construit en forme de L,
autour de l’atelier qu’il enserre sur deux côtés. Il accueille
sur trois niveaux la gestion et le contrôle du processus
industriel, l’expédition, enfin les services administratifs et
la direction de l’entreprise.
Les façades sont entièrement recouvertes de larges
« murs rideaux ». La succession régulière des grandes
baies vitrées est scandée par des verticales et des
horizontales en briques, qui masquent les structures
porteuses. La régularité rythmique est complétée par les
fines huisseries métalliques orthogonales, de couleur
grise. Joint à des angles entièrement vitrés, cela confère
une légèreté inédite à l’ensemble, tout en soulignant sa
fonctionnalité industrielle. Ce sont alors des innovations
structurelles et architecturales importantes appelées à un
grand avenir.
2 La halle de stockage : Conçu en 1911 et achevé en
1913, cet entrepôt de cinq niveaux forme un volume
imposant qui domine d’un côté la scierie, de l’autre
l’étuvage et les ateliers. Il était destiné au séchage naturel
des bois découpés, pendant plusieurs années. Sa masse
est renforcée par la verticale de la cheminée sur son
arrière. Sa fonction technique implique une grande solidité
structurelle et peu d’ouvertures, à la différence de la
majorité des autres bâtiments. De fines lignes horizontales
et des corniches rythment ses façades planes, exprimant
un motif architectural spécifique dont on retrouve de
nombreuses citations dans les autres façades. Ce style
sobre rappelle la fonction du bâtiment, tout en renforçant
son dialogue architectural avec l’ensemble de l’usine. La
halle disposait dès l’origine d’un système de ventilation,
d’un escalier massif en briques et d’un ascenseur
industriel.
Le bâtiment principal a été construit en deux temps,
correspondant aux deux ailes, mais en respectant le
même style.
Les éléments intérieurs démontrent une grande qualité de
conception et de nombreuses innovations dans les détails
constructifs et décoratifs (revêtements, peintures, sols,
rampes d’escalier, dispositifs d’éclairages, portes, etc.). Ils
annoncent les prises de position esthétiques et sociales
du Bauhaus.
6 L’atelier des outils de coupe : il est à la limite sud-est
de l’usine. Il s’agit d’une seconde activité de l’entreprise
pour l’outillage destiné aux professionnels du cuir. L’atelier
est sur un seul niveau, avec deux nefs. Il comprend une
forge et une cheminée de 20 mètres. Quelques éléments
sont accordés à l’esthétique générale de l’usine, en
particulier les fenêtres, mais c’est un bâtiment industriel
conventionnel.
3 Le bâtiment du séchage : Le processus de séchage
naturel est prolongé par un séchage en étuve. L’usine en
comprenait trente, chacune de neuf mètres de haut.
Remontant aux travaux initiaux de 1911-1913, ce
bâtiment d’un seul niveau fonctionnel occupe une vaste
surface rectangulaire au centre de l’usine. Adjacent au
précédent, il en poursuit le style architectural dans une
version basse. Par le jeu des fenêtres, il présente
l’apparence extérieure de deux niveaux. La toiture en
terrasse disposait de 15 sorties pour la vapeur des étuves.
7 La salle de la motrice : le besoin d’une nouvelle
machine motrice se fait jour dès 1915. Un nouveau
bâtiment est alors conçu par Walter Gropius pour
l’accueillir, derrière le bâtiment de séchage. Il reprend le
style en grandes baies vitrées des bâtiments voisins, mais
sa structure est entièrement métallique. Il est complété
d’une cheminée en briques de 50 mètres et d’un réservoir
d’eau.
4 L’atelier : Cette vaste halle en rez-de-chaussée
poursuit directement le bâtiment du séchage. C’est le
cœur du processus technique où sont réalisées les
formes de chaussures à l’aide de nombreuses machines
et machines-outils. Conçu en 1911, l’atelier a été
immédiatement agrandi pour être achevé dans ses
dimensions actuelles en 1914.
312
8 Le magasin à charbon et à déchets de bois est en
limite nord de l’emplacement de l’usine, près de la voie
ferrée et à proximité de la salle de la motrice. Installé dès
1911, il a été agrandi en 1923-24 par Gropius.
Conçu avant et durant la Première Guerre mondiale, ce
projet industriel apparaît comme un manifeste de
l’architecture industrielle fonctionnaliste et comme un
exemple fondateur du mouvement moderniste. Sa pleine
réussite engage son auteur à lancer, immédiatement
après la guerre de 1914-1918, l’école du Bauhaus, dont
l’influence sera mondiale tant dans le domaine de
l’architecture que dans celui de la naissance du design
industriel.
9 La bascule à wagons est un petit bâtiment en bordure
de la voie ferrée qui abrite un dispositif de pesage des
cargaisons ferroviaires. Construit par Gropius en 1921, il
reproduit les éléments stylistiques du bâtiment principal.
10 L’entrée de l’usine comprend la maison du gardien, le
portail et le mur extérieur. Ils correspondent à la dernière
tranche de travaux, en 1925. Ils reproduisent les éléments
stylistiques de l’ensemble de l’usine, notamment l’usage
de la brique et des structures largement vitrées.
Les travaux reprennent en 1924-1925, toujours sous la
responsabilité de Gropius et de ses assistants, formant
une troisième phase. Il s’agit de compléments fonctionnels
comme le hangar à charbon et d’un agrandissement du
bâtiment principal d’administration par une seconde aile
en retour sur l’arrière de l’atelier, de style identique. Une
dernière campagne de travaux est réalisée par Ernst
Neufert, un collaborateur de Gropius, en 1938,
principalement pour agrandir la scierie et mieux l’intégrer
stylistiquement à l’ensemble.
Histoire et développement
Carl Benscheidt créa l’entreprise Fagus-Werk GmbH
Alfled en prolongement d’activités plus anciennes sur un
site voisin (l’usine Behrens/Kappe, au-delà de la voie
ferrée). Elle est destinée à la fabrication industrielle de
formes de chaussures et d’outils de coupe du cuir. C’est
Walter Gropius, jeune architecte ayant travaillé avec Peter
Behrens à l’usine AEG de Berlin, qui dirigea la
construction de l’usine Fagus, telle qu’elle se présente
aujourd’hui. Il reprend, en 1911, le projet initial de
l’architecte Eduard Werner qui a notamment déterminé
l’emplacement et les formes générales des bâtiments en
fonction de leurs rôles industriels complémentaires.
Assisté par Adolf Meyer, Gropius redéfinit les volumes et
le style architectural d’ensemble. En outre, le programme
comprend l’aménagement et la décoration intérieurs,
jusqu’à un niveau poussé de détail, comme les portes,
l’éclairage, etc., en fonction d’un idéalisme social et
industriel partagé avec Benscheidt.
Le bien n’a pas souffert des bombardements de la
Seconde Guerre mondiale. Il est classé monument
historique dès 1946.
Dans les années 1970, le remplacement du bois par le
plastique comme matériau des formes à chaussures a
entraîné une vaste refonte du processus industriel. Les
bâtiments techniques ont été reconvertis pour d’autres
usages. Par exemple, le bâtiment du séchage a été
transformé en atelier de préparation des pièces en
plastique, en usage de 1974 à 2003, puis en atelier de
mesures et de contrôles électroniques. La scierie a été
endommagée par un incendie en 1985. Elle a été
reconstruite au début des années 1990, en suivant les
directives de restauration des monuments historiques. Elle
a accueilli un bureau d’ingénierie, toujours en place. Le
bâtiment
principal
a
connu
de
nombreuses
réorganisations fonctionnelles afin de s’adapter à la vie de
l’entreprise et à ses évolutions. Durant cette longue
période d’évolution des usages des bâtiments, les
données architecturales et esthétiques formant l’originalité
du lieu ont été globalement bien préservées, par des
responsables successifs tous conscients de l’importance
culturelle et historique de l’usine Fagus, par ailleurs
protégée au titre des monuments historique.
Gropius rencontre un entrepreneur qui adhère à son
projet moderniste et social. Leur démarche s’inscrit dans
le mouvement Deutscher Werkbund pour la promotion de
l’innovation dans les arts appliqués et leur mise en œuvre
dans le monde industriel. Ils recherchent ensemble une
qualité architecturale simultanément au service de la
rationalisation des processus de fabrication et d’une
attention portée aux bonnes conditions du travail en usine.
Les travaux se déroulent en trois phases principales. La
première, en 1911-1913, réalise les infrastructures de la
production industrielle. Très vite, deux lignes de
productions sont mises en place, pour les formes de
chaussure et pour les outils de coupe. La réussite de
l’entreprise nécessite toutefois des agrandissements
substantiels presque immédiats. Gropius les utilise non
seulement pour quasiment doubler la plupart des ateliers
et des bureaux, mais aussi pour améliorer la qualité
fonctionnelle et architecturale de l’ensemble. La cheminée
et la salle des machines sont reconstruites à l’arrière de
l’atelier et du bâtiment de séchage ; une nouvelle entrée
est ajoutée au bâtiment principal ; les ateliers et les
entrepôts sont agrandis. Ces travaux constituent la
seconde phase de la construction. Ils sont réalisés entre
1914 et 1915, donnant la forme et l’esthétique finale de
l’usine.
Toujours en activité industrielle, l’usine a nécessité
d’importants travaux d’entretien et de réparations, à
compter du milieu des années 1980. Ceux-ci se sont
poursuivis jusqu’à une période récente, accompagnant
parfois des reconversions d’usage importantes. Une
phase très active de travaux a été conduite dans les
années 1990. Tous les bâtiments ont alors été rénovés et
éventuellement restaurés, en respectant les formes, le
style et les matériaux choisis par Gropius. Par exemple, la
halle de stockage a été transformée en un centre
d’exposition de 3 000 m2, sur six niveaux, mais dans un
esprit de respect du monument industriel, notamment
pour ses apparences extérieures. Depuis 2005, une partie
importante de cette surface d’exposition est consacrée à
Gropius et à l’usine Fagus. La salle de la motrice et
313
l’atelier des outils de coupe ont également été transformés
en lieux d’accueil du public. Toutefois, les activités
industrielles initiales de fabrication des formes de
chaussures subsistent, notamment dans l’atelier, le
bâtiment du séchage et le bâtiment principal.
critères (ii) et (iv)). La plupart de ces réalisations sont
postérieures à l’usine Fagus, au mieux contemporaines ;
elles ont souvent été influencées par elle, plus largement
par le mouvement du Bauhaus.
L’analyse de l’État partie est complétée par une étude
comparative de la naissance du modernisme architectural
au Brésil, en Finlande, en France, en Grande-Bretagne,
au Japon, au Mexique, aux Pays-Bas, en Russie et aux
États-Unis. Elle se poursuit par la recherche des
influences directes exercées par l’usine Fagus, au niveau
des types de construction ou décoratifs, et au niveau des
exemples.
3 Valeur universelle exceptionnelle,
intégrité et authenticité
Analyse comparative
L’État partie rappelle l’importance accordée en Allemagne
aux différents mouvements à l’origine de l’architecture
moderne, connus sous le nom général du Neues Bauen. Il
est déjà reconnu par la Liste du patrimoine mondial avec
des biens comme Le Bauhaus et ses sites à Weimar et
Dessau (1996, critères (ii), (iv) et (vi)) et Cités du
modernisme de Berlin (2008, critères (ii) et (iv)). Ces biens
sont toutefois caractéristiques de l’entre-deux-guerres.
L’usine Fagus précède ces réalisations et les annonce.
Sur un plan international, elle est également un
représentant précoce et emblématique de la naissance du
modernisme fonctionnaliste, un vaste mouvement créatif
qui se veut en accord avec les valeurs du rationalisme et
de la science contemporaine. Outre l’Allemagne, il se
développa aux États-Unis et en Europe (République
tchèque, Autriche, Pays-Bas, France, etc.). Ses
réalisations les plus marquantes furent généralement
postérieures à la Première Guerre mondiale, par des
architectes de grande valeur qui connaissaient les
réalisations allemandes pionnières, comme l’usine Fagus
et l’école du Bauhaus. Il s’agit d’un vaste mouvement
créatif international dont l’usine Fagus est un repère très
précoce et influent.
Il reste incontestable que Walter Gropius, notamment par
la réalisation précoce et innovante de l’usine Fagus, est à
l’origine du mouvement moderniste. L’usine illustre tout
particulièrement la naissance du « mur rideau » en
architecture.
L’ICOMOS considère que l’analyse comparative doit,
dans un premier temps, examiner la place de l’usine
Fagus dans la transition entre les deux mouvements
simultanément esthétiques, architecturaux et sociaux de
l’Allemagne du début du XXe siècle : le Deutscher
Werkbund, des années 1907-1910, et le Bauhaus dont
Walter Gropius est le créateur immédiatement après la
Première Guerre mondiale. C’est le rôle d’exemplarité et
de modèle joué par l’usine Fagus qui semble important.
La comparaison effectuée avec l’usine de turbines AEG à
Berlin, construite en 1910 par Peter Behrens, est de ce
point de vue pertinente, par les relations humaines quelle
met en évidence et par la critique effectuée par Gropius
de ce bâtiment. L’usine Fagus est en continuité et en
même temps en rupture avec celle-ci, par la séparation
technique entre la structure porteuse et le mur rideau dont
l’usine Fagus est l’un des exemples précoces les plus
importants, plus largement par la rupture avec les
références classiques et une entrée sans réserve dans la
modernité rationaliste.
En termes d’exemples, le dossier de proposition
d’inscription examine les liens de Gropius avec l’usine de
turbines AEG, à Berlin, à laquelle il travailla sous la
direction de Peter Behrens. Cette réalisation l’inspira et en
même temps l’usine Fagus en constitua une critique
radicale et un dépassement conceptuel important.
D’autres usines ou constructions de moindre importance,
en Allemagne, sont également envisagées. L’État partie
cite l’usine United Shoe Machinery Corp. dans le
Massachusetts, avec laquelle l’industriel Carl Benscheidt
fut en relation.
Sur un plan européen et international, le projet de l’usine
Fagus s’insère dans l’effervescence créatrice qui conduisit
au rationalisme en architecture et au modernisme
fonctionnel. Ces expérimentations utilisent les nouveaux
matériaux de construction apportés par la révolution
industrielle (acier, verre, béton) ; elles recherchent de
nouvelles esthétiques et de nouveaux principes de
construction ; elles sont en lien avec le mouvement social
qui accompagne l’industrialisation ; elles ambitionnent
aussi de réconcilier l’humanisme et la technique. D’autres
constructions et d’autres architectes contemporains
participent à ce mouvement, dont plusieurs réalisations
importantes ont été influencées par l’usine Fagus ; ils
illustrent des valeurs ainsi que des solutions
architecturales comparables. Il s’agit par exemple d’Albert
Khan et de la construction de la première usine Ford à
Detroit (1908-1913), de Frank Lloyd Wright (États-Unis,
liste indicative), du Hallidie Building à San Francisco par
Willis Polk (1917-1918), qui suit et s’inspire de l’usine
Fagus ; en Europe, l’usine Van Nelle à Rotterdam
(années 1920, liste indicative des Pays-Bas), plus
Dans un document complémentaire reçu le 18 novembre
2010, l’État partie examine de manière approfondie les
liens et les originalités de l’usine Fagus en rapport avec
les biens suivants, déjà inscrits sur la Liste et illustrant
l’architecture moderniste du XXe siècle : la Halle du
Centenaire de Wroclaw (Pologne, 2008, critères (i), (ii) et
(iv)), le Bauhaus et ses sites à Weimar et Dessau déjà
cité, la Maison Schröder de Rietveld (Pays-Bas, 2000,
critères (i) et (ii)), les Cités du modernisme de Berlin déjà
citées, la Ville blanche de Tel-Aviv (Israël, 2003, critères
(ii) et (iv)), la Ciudad Universitaria de Caracas (Venezuela,
2000, critères (i) et (iv)), le Campus central de la cité
universitaire de l’Universidad Nacional Autónoma de
Mexico (UNAM) (Mexique, 2007, critères (i), (ii) et (iv)), la
Villa Tugendhat à Brno (République tchèque, 2001,
314
largement les œuvres de Le Corbusier (listes indicatives
de la France, la Suisse, l’Allemagne, la Belgique,
l’Argentine, le Japon et l’Inde).
Bauhaus. Il s’agit d’un des témoignages les plus
complets, les plus emblématiques et les plus achevés
des origines de ce changement radical des valeurs
architecturales et esthétiques du XXe siècle, en direction
du modernisme fonctionnel.
L’ICOMOS considère que l’analyse comparative justifie
d’envisager l’inscription de ce bien sur la Liste du
patrimoine mondial.
Intégrité et authenticité
Intégrité
Justification de la valeur universelle exceptionnelle
Le bien proposé pour inscription est considéré par l’État
partie
comme
ayant
une
valeur
universelle
exceptionnelle en tant que bien culturel pour les raisons
suivantes :





La structure générale des bâtiments de l’usine Fagus
actuelle est très proche du site industriel réalisé par Walter
Gropius,
entre
1911
et
1916.
Les
travaux
complémentaires qu’il mena lui-même en 1925 ou les
derniers travaux d’agrandissement de 1938, par l’un de
ses élèves, confirment les options antérieures. La forte
intégration visuelle de l’ensemble a été conservée et
même renforcée.
Dès 1911, Walter Gropius pose certains des
fondements les plus importants de l’architecture
moderne lors de la conception de l’usine Fagus à
Alfeld, en particulier le « mur rideau » combinant de
vastes surfaces vitrées à huisseries d’acier reposant
sur une structure porteuse épurée. C’est une rupture
franche avec les styles antérieurs et l’affirmation de
nouvelles valeurs d’utilisation de l’espace et de la
lumière.
L’usine Fagus constitue un ensemble architectural
particulièrement homogène et complet. Il témoigne
de la naissance de l’architecture moderne
fonctionnaliste, en étroite relation avec le monde
industriel auquel elle est ici dédiée, reprenant ses
concepts d’analyse fonctionnelle des objets. Il s’agit
d’un programme simultanément architectural,
esthétique et social.
Les éléments décoratifs et fonctionnels intérieurs
sont étroitement associés à l’architecture et au projet
social. Ils forment l’une des toutes premières
manifestations du mouvement du design industriel,
combinant de manière novatrice des forces créatives
issues de mondes différents.
L’usine Fagus exprime, dans le domaine de
l’architecture et de la conception des objets, la
révolution sociale issue de l’industrialisation du
monde européen et occidental. Il témoigne de la
volonté d’une maitrise humaniste d’un des
changements les plus radicaux de la condition
humaine.
La construction de l’usine Fagus est l’une des
expériences fondatrices les plus achevées de Walter
Gropius, l’ayant conduit à fonder l’école
d’architecture et de design du Bauhaus. Elle en
demeure le symbole annonciateur, reconnu comme
tel par les enseignements d’histoire de l’architecture
et d’histoire du design du monde entier.
Depuis les origines, il n’y a pas eu de démolition ou de
transformation affectant l’implantation des locaux. Il n’y a
pas eu d’ajout de nouveaux bâtiments. L’aspect visuel
extérieur de l’usine a été préservé. La reconstruction de la
scierie incendiée, les reconversions d’usage (bâtiment du
séchage, atelier) ou les restaurations (bâtiment principal,
etc.) n’ont pas affecté les apparences architecturales
extérieures, dont l’importance historique a toujours été
bien perçue, en particulier lors de la campagne de travaux
de 1985 à 1999.
L’usine est toujours en activité, produisant toujours des
formes de chaussures. Toutefois le processus industriel a
notablement évolué avec le remplacement du bois par les
matières plastiques, ce qui a entraîné des modifications et
des reconversions dans l’usage des locaux (voir Histoire).
Le souci de conservation des éléments décoratifs et
mobiliers a généralement présidé aux travaux
nécessaires. Les machines du processus industriel initial
ont par contre disparu, accompagnant les changements
techniques de la production. L’activité d’outillage de coupe
du cuir est arrêtée et le local reconverti.
L’ICOMOS, en tenant compte de la documentation
complémentaire de novembre 2010, considère que les
interventions majeures sur les bâtiments ont surtout
consisté à les adapter intérieurement aux évolutions
techniques, sans altération notable de leurs qualités
architecturales et avec le souci de conserver leurs
éléments stylistiques particuliers. Les travaux récents de
restauration ont concerné la réfection des toitures, la
restauration des façades et des murs rideaux, sans
altération des volumes ni de la texture des surfaces. En
termes d’intégrité, la reconversion intérieure de la halle de
stockage en centre d’exposition est le plus important
changement. L’intégrité de l’ensemble des bâtiments est
donc bonne, renforcée par un usage encore présent de la
fonction industrielle initiale.
L’ICOMOS considère que cette justification est
appropriée. Walter Gropius exprime par la construction
de l’usine Fagus à Alfeld, pour la première fois d’une
manière aussi complète, les principes d’une architecture
fonctionnaliste aux valeurs résolument modernes. Outre
ses dimensions architecturales, le projet fut étendu aux
éléments fonctionnels et décoratifs intérieurs, formant
l’un des premiers exemples du design industriel tel que
Gropius les formalisera peu après au sein de l’école du
Authenticité
Les travaux de maintenance et de restauration de l’usine
Fagus, conduits de 1985 à 1999, ont été faits dans le
respect des valeurs architecturales des bâtiments, en
315
accord avec les principes de conservation en vigueur
dans l’État-région de Basse-Saxe. Le changement des
baies vitrées a par exemple suivi la documentation
originale sur la construction de l’usine et il n’a été effectué
qu’après la réunion d’un colloque d’experts et d’historiens
de l’architecture.
l’architecture du XXe siècle. Par ailleurs, seule une
partie de l’usine illustre l’innovation radicale du mur
rideau de grande échelle ; les autres parties comme
l’ensemble de l’usine sont importants du point de vue de
l’histoire de l’architecture, mais de moindre signification.
Enfin, si les valeurs humanistes au sein de l’architecture
industrielle ou la prise en compte d’une esthétique
industrielle nouvelle sont des concepts présents dans le
bien, il n’en a ni l’exclusivité ni l’expression première
incontestable. Les qualités propres du bien demeurent,
mais elles sont plus clairement et plus nettement
exprimées par d’autres critères.
Les volumes et les surfaces extérieures ont gardé leurs
apparences initiales. Les matériaux d’origine ont été
conservés ou restaurés à l’identique (briques ocre-jaune,
baies vitrées à huisseries d’acier peint, ferronneries, etc.).
Il en va de même pour le respect des éléments
fonctionnels et décoratifs intérieurs (peintures murales,
sols, escaliers, portes, éclairages, etc.).
L’ICOMOS considère que ce critère n’a pas été justifié.
L’ICOMOS, en tenant compte de la documentation
complémentaire de novembre 2010, considère que les
évolutions liées à l’adaptation industrielle de l’usine au
cours de son histoire ont eu peu d’effets sur sa structure
architecturale. Les ajouts de construction ou les
modifications intérieures affectant les conditions
d’authenticité furent mineurs et sans altération de la valeur
des composantes individuelles les plus significatives. Une
reconnaissance précoce (1946) de la valeur des
bâtiments pour l’histoire de l’architecture contemporaine a
permis, dès le départ, un travail soigné et soucieux de la
conservation des formes d’origine comme des matériaux.
Critère (ii) : témoigner d’un échange d’influences
considérable pendant une période donnée ou dans une
aire culturelle déterminée, sur le développement de
l’architecture ou de la technologie, des arts
monumentaux, de la planification des villes ou la
création de paysages ;
Ce critère est justifié par l’État partie au motif que la
construction des bâtiments de l’usine Fagus à Alfeld est
basée sur une analyse fonctionnelle approfondie de
chacun de ses éléments, impliquant une vision
réformiste des aspects humains et sociaux du travail
industriel. Elle témoigne d’un changement radical des
conditions de travail dans la société industrielle, ce qui
implique aussi bien une analyse des séquences
opérationnelles que l’attention à humaniser le monde
industriel. La qualité esthétique et architecturale des
constructions ainsi que leur style intérieur sont des
facteurs essentiels pour améliorer la condition sociale du
travail, au cœur du projet de l’usine Fagus.
L’ICOMOS considère que les conditions d’intégrité et
d’authenticité sont remplies.
Critères selon lesquels l’inscription est proposée
Le bien est proposé pour inscription sur la base des
critères culturels (i) et (ii).
Critère (i) : représenter un chef-d’œuvre du génie
créateur humain ;
L’ICOMOS considère que l’usine Fagus illustre un
moment d’échange d’influences considérable entre
différentes
générations
d’architectes
allemands,
européens et nord-américains, à l’origine de
l’architecture rationnelle et moderniste. Elle fut un lieu de
synthèse
de ces
influences
tant
techniques
qu’artistiques et humanistes ; elle influença ensuite de
nombreuses créations architecturales ; elle fut le point
de départ du mouvement du Bauhaus, par ses propres
créateurs Walter Gropius et Adolf Meyer.
Ce critère est justifié par l’État partie au motif que l’usine
Fagus à Alfeld apporte une synthèse architecturale et
décorative exceptionnelle et novatrice. La combinaison
rationnelle de qualités esthétiques, psychologiques,
sociales et techniques en fait un chef-d’œuvre du génie
créateur humain. Au seuil d’une nouvelle époque, cet
ensemble manifeste pour la première fois les bases
théoriques
sur
lesquelles
seront
basés
les
développements de l’architecture du XXe siècle. Les
possibilités structurelles de l’acier et du verre sont
utilisées pour la première fois au service d’un projet
artistique de conception extrêmement nouvelle. Le mur
extérieur du bâtiment principal est une surface plane
faite de verre et d’acier ; elle est continue et totalement
transparente, y compris aux angles des façades. C’est
l’invention du mur rideau.
L’ICOMOS considère que ce critère a été justifié.
Critère (iv) : offrir un exemple éminent d’un type de
construction
ou
d’ensemble
architectural
ou
technologique ou de paysage illustrant une période ou
des périodes significative(s) de l’histoire humaine ;
L’État partie n’a pas proposé ce critère.
L’ICOMOS considère que l’usine Fagus témoigne d’un
moment important dans l’histoire de la construction lié
tant à des avancées architecturales, esthétiques que
sociales. Il s’agit toutefois d’un ensemble complexe
d’interactions
et
d’initiatives
qui
conduisent
progressivement au rationalisme moderniste dans
L’ICOMOS considère que les arguments mis en avant
par l’État partie, notamment dans sa justification du
critère (i), relèvent plutôt du critère (iv).
Saluée comme un manifeste de la modernité en
architecture, la construction de l’usine Fagus donne à
316
Gropius une réputation internationale. Elle exemplifie
l’innovation du mur rideau en acier et en verre, séparé
de la structure porteuse, ce qui rend optimale la fonction
lumineuse et la légèreté. Elle concrétise tant la
fonctionnalité de l’ensemble industriel au profit de la
productivité qu’une humanisation de l’environnement de
l’homme au travail. Elle incorpore à l’architecture et à la
décoration intérieure les notions d’esthétique industrielle
et de design.
extensions doivent être envisagées, elles se produiront
sur des parcelles extérieures au bien, dans le cadre du
contrôle du développement urbain d’Alfeld, au sein de la
zone tampon et par le plan local d’urbanisme.
Suite aux propositions de l’ICOMOS d’envisager une
meilleure protection de l’ancienne usine Behrens/Kappe, à
proximité du bien, au-delà de la voie ferrée, l’État partie a
proposé une zone tampon élargie. Elle a été ratifiée et
incluse dans le plan local d’urbanisme par une
délibération municipale du 8 février 2011.
L’ICOMOS considère que ce critère a été justifié.
Contraintes dues au tourisme
L’ICOMOS considère que le bien proposé pour
inscription remplit les conditions d’intégrité et
d’authenticité, répond aux critères (ii) et (iv) et que la
valeur universelle exceptionnelle a été démontrée.
Les visiteurs de l’usine Fagus sont en nombre à peu près
constant depuis les années 1990, soit environ 10 000 par
an. Lors de l’Exposition universelle de Hanovre, en 2000,
le site a démontré sa capacité à recevoir le double de
visiteurs, sans problème notable et sans perturbation du
processus industriel nettement séparé des espaces de
visite. Le bien peut donc faire face à une probable
augmentation du tourisme dans les années à venir.
Description des attributs de la valeur universelle
exceptionnelle
 L’usine Fagus à Alfeld explicite plusieurs des
fondements les plus importants de l’architecture
moderne et fonctionnaliste du XXe siècle, en
particulier le mur rideau combinant de vastes surfaces
vitrées à huisseries d’acier reposant sur une ossature
distincte et épurée.
 Elle constitue un complexe bâti homogène et rationnel
au service du projet industriel ; chaque bâtiment
exprime des valeurs associées à sa fonction
technique.
 Il s’agit d’un programme simultanément architectural,
esthétique et social, qui témoigne de la volonté d’une
maitrise humaniste des changements sociaux et
esthétiques liés à la révolution industrielle.
 Les éléments décoratifs et fonctionnels intérieurs sont
accordés à l’architecture et au projet social. Ils
forment l’une des premières manifestations abouties
du design industriel.
 La construction de l’usine Fagus est l’une des
expériences fondatrices les plus achevées de Walter
Gropius, l’ayant conduit à fonder l’école du Bauhaus.
Elle en demeure le symbole annonciateur, tant en
termes d’architecture que de naissance du design
industriel.
Suite à une demande de clarification sur les zones de
stationnement par l’ICOMOS, l’État partie a apporté des
précisions dans sa réponse de février 2011 : les places
stationnement sont pour l’instant suffisantes. Si une
demande supplémentaire apparaissait en raison d’une
forte croissance touristique, la création de places
supplémentaires est possible à proximité du bien.
Contraintes liées à l’environnement
En partie imputables à la pollution industrielle passée, les
dommages sur les briques, les toitures et les verrières ont
été traités dans les restaurations récentes. Il n’y a plus de
pression environnementale particulière liée à la pollution
des eaux ou de l’air, au-delà de ce qui est normalement
admis pour une ville aujourd’hui bien moins industrielle
qu’autrefois.
La principale question d’environnement fut longtemps le
voisinage immédiat de la ligne ferroviaire. La question des
vibrations induites dans les baies vitrées a été traitée par
le biais des restaurations récentes.
Au-delà des interventions techniques récentes sur les
nouvelles verrières, l’ICOMOS a demandé à l’État partie,
dans sa lettre du 14 décembre 2010, de fournir des
informations sur les conséquences d’un possible
accroissement du trafic ferroviaire ou de la vitesse des
trains sur le maintien des conditions d’intégrité du bien,
des verrières notamment. L’État partie a apporté les
précisions suivantes :
4 Facteurs affectant le bien
Pressions dues au développement
Pour l’État partie, l’existence et les conditions d’intégrité
de l’usine Fagus ne sont pas menacées par la pression du
développement économique. Son évolution industrielle
comme ses réemplois successifs ont démontré le souci de
sa conservation et la capacité des différents acteurs à
mobiliser les fonds et les compétences nécessaires.

Le processus d’évolution des usages industriels est
toujours à l’œuvre, en direction notamment des hautes
technologies dans les mesures physiques et les tests
industriels. Mais l’impact de ces évolutions actuelles et
vraisemblablement futures sur le bien reste faible. Si des


317
Il n’y a pas de transmission perceptible de vibrations
par le sol, en raison de la nature de celui-ci et de
l’éloignement suffisant des grandes verrières.
Depuis la première réfection des verrières, dans les
années 1990, aucun accident de bris de vitre n’a été
constaté.
La voie ferrée a été refaite récemment, avec des rails
d’acier soudés, suivant les standards européens qui

correspondent à des niveaux faibles de vibrations
générées par le trafic.
La voie est dédiée à des trafics locaux ou inter-cités à
des vitesses modérées, une ligne spécifique pour la
grande vitesse existe, à une dizaine de kilomètres du
bien.
un ensemble architectural et comme un monument
culturel. Par ailleurs, chacun des bâtiments est considéré
et enregistré comme un monument historique à part
entière. La loi définit les devoirs de la protection et de la
conservation.
Le bien doit satisfaire à la Loi de régulation des
constructions qui s’applique par la procédure des permis
de constructions et de travaux.
Catastrophes naturelles
Le principal risque identifié est l’incendie. La rivière Leine
peut également menacer le bien en cas de fortes
inondations.
La protection et la gestion du bien doivent être en accord
avec les plans régionaux et municipaux suivants :
Impact du changement climatique

Ce point n’est pas abordé dans le dossier. Il ne semble
pas identifiable à ce jour au niveau du bien.


L’ICOMOS considère qu’il n’y a pas de menaces
majeures pesant sur le bien.

5 Protection, conservation et gestion
le plan régional de développement de BasseSaxe (2008) ;
le plan régional de développement du district
de Hildesheim (2002) ;
le plan municipal d’occupation des sols d’Alfeld
(1976) ;
le plan de développement urbain de la ville
d’Alfeld (en préparation).
Par ailleurs, les autorités de la planification urbaine ont
pris des mesures pour que d’éventuels projets de
développement dans la zone tampon et au-delà soit sans
effet sur les perspectives visuelles de l’usine Fagus
depuis l’extérieur.
Délimitations du bien proposé pour inscription
et de la zone tampon
Le bien a une surface de 1,88 hectare. Il n’y a pas
d’habitants.
Conformément à la demande de l’ICOMOS, le plan de
développement urbain de la ville d’Alfeld, prenant en
compte la protection du bien et de sa zone tampon, a
été promulgué par une délibération municipale du
8 février 2011.
Conformément à la suggestion de l’ICOMOS, la zone
tampon a été agrandie afin de prendre en compte les
annexes ferroviaires et le périmètre de l’ancienne usine
Behrens/Kappe, par la délibération municipale et son
inclusion dans le plan de développement urbain en date
du 8 février 2011.
Efficacité des mesures de protection
L’ICOMOS considère que les délimitations du bien
proposé pour inscription et de sa zone tampon sont
satisfaisantes.
Dans la République fédérale d’Allemagne, la protection
des monuments historiques et des sites culturels est sous
la responsabilité des États-régions.
Droit de propriété
Le bien est une propriété de droit privé. Il appartient,
depuis ses origines, à la même société, aujourd’hui
dénommée Fagus-Grecon Greten GmbH & Co.KG, dont
le siège social est sis dans les locaux du bien.
Le Service de la préservation des monuments historiques
de Basse-Saxe, sous le contrôle du gouvernement,
exerce l’autorité publique en matière de protection. En
raison des significations propres au bien, toute mesure le
concernant est prise en coordination avec le ministère de
la Science et de la Culture de Basse-Saxe. Toute
proposition de mesure de l’État-région doit être examinée
et approuvée par la Ville d’Alfeld.
L’ICOMOS recommande d’envisager un ou des scénarios
possibles dans le cas où un changement de propriétaire
ou de destination d’usages interviendraient.
La loi de 1978 oblige le propriétaire à maintenir, réparer et
éventuellement restaurer le bien. Il peut de son côté
demander l’aide du Service de la préservation des
monuments historiques, d’un point de vue technique et
d’un point de vue financier. Aucune modification intérieure
ou extérieure, aucun changement d’usage ne peut être
réalisé sans le dépôt d’un dossier technique détaillé et
l’approbation du Service des monuments historiques.
Compte tenu du bien, cette garantie s’étend à
l’architecture intérieure et à ses éléments fonctionnels et
décoratifs. La désapprobation d’un projet de travaux par le
Service entraîne sa suspension immédiate. Si des travaux
ont déjà été entrepris, une restauration de la situation
Protection
Le bien est inscrit comme monument historique depuis
1946, ce qui est très ancien pour un ensemble industriel. Il
a été ainsi protégé des reconstructions, parfois
intempestives, de l’outil industriel après la guerre.
Protection juridique
La Loi de 1978 de l’État-région de Basse-Saxe sur les
monuments et les bâtiments historiques a redéfini les
termes de sa protection légale. Celle-ci porte sur la totalité
des bâtiments et des terrains, définissant le bien comme
318
initiale est imposée au propriétaire. Les représentants du
Service des monuments historiques ont un accès garanti
et permanent à l’ensemble des bâtiments du bien. Le nonrespect de la loi entraîne une action en justice immédiate
de la part des autorités de Basse-Saxe.
rigidifié pour réduire la fragilité structurelle du bâtiment, en
partie à l’origine de la détérioration des baies. Les
escaliers de l’entrée ont été restaurés puis l’entrée dans
son ensemble. L’éclairage a été révisé et mis aux normes
dans le respect de la lustrerie d’origine.
L’ICOMOS considère que la protection légale en place
est appropriée.
L’atelier d’outils de coupe a été restauré entre 1995 et
1997, pour la toiture et les murs en briques, dans le
respect des formes et des matériaux d’origine.
Conservation
La salle de la motrice a été vidée de ses machines en
1994, pour être restaurée et transformée en cafétéria et
en lieu de stockage, tout en conservant ses formes et ses
apparences extérieures. La cheminée de 50 m a été
conservée, après une restauration en 1987-1988.
Inventaires, archives, recherche
La société Fagus dispose de ses propres archives. Elles
comprennent une information détaillée sur l’architecture et
l’histoire technique du bien. C’est également un outil
vivant de compilation des travaux d’entretien et des
restaurations effectuées.
Le magasin à charbon a été restauré en 1997.
Le bâtiment de la bascule et l’embranchement ferroviaire
ont bénéficié de travaux de maintenance en 1991-1992.
La société Fagus entretient une coopération scientifique
avec les archives du Bauhaus à Berlin.
L’entrée : le toit du bâtiment a été réparé en 1997, le mur
d’entrée a été rénové la même année. Des lampadaires
dans le style du Bauhaus ont été installés. Le portail
métallique et le portillon ont été rénovés.
Les nombreuses collaborations universitaires, la
réalisation d’expositions et de documents sur l’usine
Fagus, sur Walter Gropius et ses élèves, sur le Bauhaus,
plus largement sur l’histoire de l’architecture moderne et
du design industriel entretiennent un travail de recherche
régulier dans le domaine académique, dans celui de la
conservation et pour une valorisation de qualité en
direction du grand public.
En conclusion, l’état général de conservation du bien est
jugé bon.
Mesures de conservation mises en place
La conservation du bien est de la responsabilité de son
propriétaire, aidé du Service de la préservation des
monuments historiques et du Comité de pilotage du bien.
Cela a entrainé un entretien régulier et la succession de
programmes concertés de conservation du bien,
notamment dans les années 1990.
État actuel de conservation
La scierie : la reconstruction de 1985 et les travaux
ultérieurs d’adaptation ont conservé l’implantation
générale des bâtiments, en trois nefs, et l’aspect extérieur
a été restitué avec soin.
La halle de stockage a été profondément rénovée en
1998-99 (structure porteuse, toiture, éclairage, etc.). Un
escalier intérieur en béton a été ajouté afin de satisfaire
aux normes d’accueil du public.
L’ICOMOS considère qu’il serait utile de définir un
programme de moyen terme pour la conservation,
incluant la présence de professionnels spécialistes de la
conservation du patrimoine de l’architecture du
XXe siècle.
Le bâtiment du séchage : sa toiture et ses parements de
briques ont été restaurés en 1997. Il conserve notamment
les formes extérieures des sorties de la vapeur des
anciennes étuves. En 2007, l’introduction de nouvelles
machines a nécessité des transformations d’une partie de
cet atelier et de nouvelles ouvertures. Elles ont été faites
dans le respect du style d’origine.
Entretien
L’entretien régulier du bien est assuré par le propriétaire
du bien, la société Fagus-Grecon Greten GmbH & Co.KG.
Efficacité des mesures de conservation
Les mesures de conservation appliquées, notamment
dans les années 1990 dans la perspective de l’Exposition
universelle de Hanovre, ont été efficaces.
L’atelier a été restauré dans le respect des données
historiques, entre 1989 et 1993, en particulier la toiture et
sa charpente en bois ainsi que les baies vitrées et le
couronnement. Il poursuit sa fonction initiale de fabrication
des formes de chaussures.
L’ICOMOS considère que le bien est en situation
satisfaisante de conservation, notamment parce qu’il a
bénéficié des très importants programmes de rénovation
et de restauration entre 1985 et 2001. Toutefois, une
vision de moyen et long terme de la conservation devrait
être définie, sous la forme d’un plan pluriannuel de la
conservation du bien. L’hypothèse d’un désengagement
Le bâtiment principal a été l’objet de programmes de
restauration extérieure et intérieure approfondis, de 1985
à 1996. Les grandes baies vitrées formant les célèbres
murs rideaux ont été changées dans le respect des
conditions d’authenticité. Le toit a également été refait et
319
du propriétaire actuel et ses conséquences possibles sur
l’avenir du bien devraient être envisagées.
touristiques, culturels et de développement économique.
Ce service est notamment en charge de partenariats
culturels comme les expositions temporaires.
L’ICOMOS considère que la conservation du bien est
satisfaisante. Toutefois, une vision de moyen et de long
terme de la conservation devrait être définie, impliquant la
mise en place d’un plan pluriannuel de la conservation, la
présence de spécialistes de la conservation de
l’architecture du XXe siècle et une réflexion sur
l’hypothèse d’un désengagement du propriétaire actuel.
Préparation aux risques
Le système de prévention des incendies correspond aux
normes en vigueur en Allemagne et en Basse-Saxe, pour
les bâtiments industriels et les bâtiments publics. Les
locaux comprennent un système d’alarme et d’extincteurs
automatiques. En cas de sinistre, la protection du bien est
inscrite dans le plan de lutte anti-incendie local.
Gestion
Le rivière Leine, susceptible d’inondations, a été canalisée
et des bassins de rétention ont été créés en amont de la
ville et du bien.
Structures et processus de gestion,
y compris les processus de gestion traditionnels
La mise en œuvre de la gestion est assurée par la société
propriétaire du bien. Elle est assistée pour cela par les
autorités régionales de la conservation des monuments
(Basse-Saxe et ville d’Alfeld), par des experts, des
sociétés et des artisans spécialisés en fonction des
programmes à réaliser. Il s’agit d’un processus
permanent, orienté et contrôlé par le Comité de pilotage
du bien.
Implication des communautés locales
La municipalité d’Alfeld est un membre permanent du
Comité de pilotage. Ses services techniques sont
régulièrement consultés (urbanisme et construction,
culture, etc.).
Ressources, y compris nombre d’employés,
expertise et formation
Outre le propriétaire et les autorités régionales de la
conservation des monuments, le Comité de pilotage
comprend des représentants des différents corps
politiques locaux et régionaux (État-région, district,
commune
d’Alfeld),
et
des
responsables
de
l’administration. Il se réunit régulièrement. En fonction des
sujets traités, des architectes, des urbanistes, des
spécialistes de la restauration des monuments historiques
peuvent être sollicités.
Le propriétaire assure une partie prépondérante des
financements de l’entretien et de la conservation du
bien.
Sur la base de l’efficacité de sa gestion du bien, il peut
solliciter des fonds publics de l’État-région de BasseSaxe, du district et de la ville d’Alfeld pour compléter ses
apports propres. En cas de programme d’envergure, des
fonds de la République fédérale d’Allemagne et des
fonds européens peuvent également être sollicités.
Cadre de référence : plans et mesures de gestion,
y compris la gestion des visiteurs et la présentation
Par exemple, pour la période des grands travaux, de
1985 à 2001, le montant total des dépenses s’est élevé
à 6,65 millions d’euros, dont un peu moins de la moitié à
la charge du propriétaire, le reste a été fourni par le
gouvernement fédéral et par la Basse-Saxe.
Dans le cadre du Comité de pilotage, le propriétaire est
responsable des études, de la définition des programmes
sectoriels de conservation et des projets de
développement concernant le bien. Il est assisté par les
autorités régionales compétentes. Il s’entoure des experts
et des conseillers nécessaires. L’ensemble des
programmes et des projets de développement forme le
plan de gestion. Celui-ci est régulièrement mis à jour et
complété. Il est validé simultanément par le Comité de
pilotage et par les autorités de la conservation des
monuments historiques.
Les autorités de conservation des monuments disposent
d’un ensemble de spécialistes dans les différents
domaines de la conservation et de la restauration des
bâtiments, d’historiens.
La société Fagus fait régulièrement appel à un architecte
spécialisé dans la restauration de l’architecture du
XXe siècle. Elle dispose en interne d’un groupe
d’ouvriers expérimentés pour l’entretien et les
réparations usuelles.
Le centre culturel « Fagus – Gropius » est installé au sein
même de l’usine, dans le vaste bâtiment autrefois dédié
au stockage des bois (2), sur cinq niveaux. Complété par
le bâtiment d’accueil du public (6) et la cafétéria (7),
l’ensemble forme un dispositif efficace d’accueil du public,
d’interprétation et de valorisation du bien. Le centre
culturel a défini et met en œuvre un plan « monument
vivant ». Les autres bâtiments principaux sont consacrés
aux activités industrielles.
En outre, la société Fagus a la possibilité de faire appel
localement et régionalement à de nombreux spécialistes
et corps de métiers extérieurs. Elle est également
impliquée dans de nombreux partenariats avec des
départements universitaires spécialisés (Hambourg,
Hildesheim, Göttingen), ainsi qu’avec la Chambre
régionale des architectes.
Les responsables de l’usine Fagus entretiennent de
nombreuses relations publiques, dans le but de faire
connaître le bien dans un certain nombre de programmes
320
Recommandations concernant l’inscription
L’ICOMOS recommande que l’usine Fagus, Allemagne,
soit inscrite sur la Liste du patrimoine mondial sur la
base des critères (ii) et (iv).
Le Centre culturel « Fagus – Gropius » dispose de
personnels permanents : quatre guides et, quatre autres
personnes pour le gardiennage des expositions pendant
les périodes d’ouvertures. Il est possible de faire appel à
des guides occasionnels et l’embauche de personnels
supplémentaires est possible en cas d’augmentation
importante des visites. Les personnels sont formés à la
connaissance des valeurs du bien et à l’histoire de
l’architecture contemporaine. Des actions de formations
et plus largement de partenariat existent avec les
Archives du Bauhaus à Berlin, notamment pour les
expositions de niveau international organisées dans le
cadre du bien depuis 2000. Le Centre dispose
également d’audio-guides multilingues.
Déclaration de valeur universelle exceptionnelle
recommandée
Brève synthèse
Conçue au début des années 1910, l’usine Fagus à Alfeld
présente un ensemble architectural annonçant le
mouvement moderniste en architecture. Construite par
Walter Gropius, elle comprend en particulier l’usage
novateur des murs verrières combinés à une structure
porteuse épurée. Elle témoigne d’une rupture importante
des valeurs architecturales et décoratives de l’époque, se
tournant résolument vers une esthétique industrielle
fonctionnaliste.
Efficacité de la gestion actuelle
L’ICOMOS considère que la gestion actuelle du bien est
efficace et satisfaisante.
L’usine Fagus à Alfeld pose plusieurs des fondements
importants de l’architecture moderne et fonctionnaliste
du XXe siècle, en particulier le mur rideau. Elle constitue
un ensemble territorial et bâti homogène, complet et
rationnel au service du projet industriel. Elle exprime une
grande unité architecturale. Il s’agit d’un programme
simultanément architectural, esthétique et social, qui
témoigne de la volonté d’une maitrise humaniste des
changements
sociaux
et
esthétiques
liés
à
l’industrialisation. Les éléments décoratifs et fonctionnels
intérieurs sont accordés à l’architecture et au projet
social. Ils forment l’une des premières manifestations
abouties du design industriel.
L’ICOMOS considère que le système de gestion du bien
est approprié.
6 Suivi
Le suivi de la conservation et de la gestion du bien est
assuré par le Comité de pilotage. Il est supervisé par le
Service de la préservation des monuments historiques de
Basse-Saxe.
Des indicateurs très généraux ont été définis et ils sont
mis en œuvre une fois par an. Ils s’apparentent à un bilan
technique, social et financier de la gestion et de la
conservation du bien. Il comprend l’actualisation du Plan
de gestion.
Critère (ii) : L’usine Fagus à Alfeld illustre un moment
d’échange d’influences considérable entre différentes
générations d’architectes allemands, européens et nordaméricains, à l’origine de l’architecture rationnelle et
moderniste. Elle fut un lieu de synthèse de ces
influences, tant techniques qu’artistiques et humanistes ;
elle influença ensuite de nombreuses créations
architecturales ; elle fut le point de départ du mouvement
du Bauhaus.
L’ICOMOS considère qu’il faudrait définir des indicateurs
techniques plus précis, notamment pour le suivi de la
conservation de l’architecture extérieure, des structures
porteuses et des toitures, de l’architecture intérieure et de
ses éléments décoratifs et fonctionnels.
L’ICOMOS considère que le suivi du bien s’apparente à
un bilan d’activité annuel et à une mise à jour du plan de
gestion du bien, ce qui est satisfaisant. Toutefois, des
indicateurs techniques plus précis gagneraient à être
définis et mis en œuvre régulièrement.
Critère (iv) : Manifeste de la modernité en architecture,
l’usine Fagus à Alfeld donna à son concepteur, Walter
Gropius, une réputation internationale. Elle exemplifie
l’innovation du mur rideau, ce qui rend optimale la
fonction lumineuse et la légèreté. Elle concrétise tant la
fonctionnalité de l’ensemble industriel au profit de la
productivité qu’une humanisation de l’environnement de
l’homme au travail. Elle incorpore au projet les notions
d’esthétique industrielle et de design.
7 Conclusions
L’ICOMOS reconnait la valeur universelle exceptionnelle
de l’usine Fagus à Alfeld, Allemagne, comme témoignage
précoce et influent de l’architecture moderne
fonctionnaliste et de l’esthétique industrielle au début du
XXe siècle.
Intégrité
L’ensemble des dix bâtiments composant l’usine Fagus a
été intégralement conservé, dans son plan et dans ses
formes architecturales initiales. Elle correspond au
programme voulu par ses initiateurs, dans le début des
années 1910. Il n’y a pas eu d’ajout ni de destruction. Les
conditions d’intégrité en termes d’implantation et
d’architecture extérieure ont été préservées.
321
Authenticité
D’importantes réparations et restaurations ont eu lieu
entre 1985 et 2001. Elles ont été effectuées dans un souci
de respect du bien en tant que témoignage exceptionnel
de l’architecture industrielle du XXe siècle, ce qui a
contribué au maintien des conditions d’authenticité tant en
termes architecturaux que décoratifs.
Mesures de protection et de gestion
Le bien est inscrit comme monument historique depuis
1946, ce qui est très ancien pour un ensemble industriel.
La Loi de 1978 de l’État-région de Basse-Saxe sur les
monuments et les bâtiments historiques a redéfini les
termes de sa protection légale.
La gestion du bien est sous la responsabilité de son
propriétaire, la société Fagus-Grecon Greten GmbH &
Co.KG. Elle agit en concertation avec les autorités
régionales et locales de la conservation des monuments
historiques, notamment via le Comité de pilotage du bien
qui exerce l’autorité de contrôle des projets et de
concertation des différents partenaires impliqués. Le
système de gestion est un ensemble de mesures
d’entretien et de conservation régulièrement mises à jour
par le Comité de pilotage. Les travaux importants font
appel à des financements croisés entre le propriétaire
privé et les autorités publiques régionales et nationales.
L’ICOMOS recommande que l’État partie prenne en
considération les points suivants :

envisager un ou des scénarios possibles dans le cas
où un changement de propriétaire et/ou d’affectation
des bâtiments interviendrait ;

définir un programme de moyen terme pour la
conservation, incluant la présence de professionnels
spécialistes de la conservation du patrimoine de
l’architecture du XXe siècle ;

envisager des indicateurs techniques plus précis
pour le suivi de la conservation.
322
Plan indiquant les délimitations révisées du bien proposé pour inscription
Vue aérienne du bien proposé pour inscription
Vue sud-ouest du bâtiment principal
Vue sud-ouest générale
Foyer du bâtiment principal, escalier
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