Mai 2007 - Institut de Formation en Psychomotricité de Toulouse

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9ème Journée Toulousaine
de Psychomotricité
12 mai 2007
Faculté de médecine Toulouse-Rangueil
133, route de Narbonne
31062 Toulouse cedex 04
Organisée par
l'Association Toulousaine des Etudiants en Psychomotricité
l'Institut de Formation en Psychomotricité de Toulouse
avec le concours de
le Crédit Lyonnais
les Editions du Centre de Psychologie Appliquée
les Editions Solal
le magasin Le Passe Temps
30 rue
des Lois
9ème Journée Toulousaine de Psychomotricité
Prise en charge de groupe des parents d'enfants hyperactifs : exemple du
programme de Barkley
Stéphanie Bioulac, Praticien hospitalier, Service Universitaire Psychiatrie de l'Enfant et
l'Adolescent, Bordeaux
Il existe différentes techniques pour aider les parents d’enfants hyperactifs. Nous
utilisons les techniques cognitivo-comportementales et, plus précisément, le programme
développé par Barkley (1987). Il est destiné aux parents d’enfants hyperactifs afin de les
aider à mieux gérer les problèmes de comportement de leur enfant.
L’objectif du programme est d’entraîner les parents à faire face aux situations
difficiles qu’ils rencontrent, leur apprendre des stratégies de contrôles, cohérentes et
adaptées aux comportements déviants de l’enfant.
Elles permettront de diminuer l’intensité des répercussions du trouble au sein de la
famille.
La condition indispensable à la réalisation de ces objectifs est l’amélioration des
relations parents-enfant, l’amélioration de l’image que l’enfant a de lui-même, que les
parents ont d’eux-mêmes, l’amélioration du fonctionnement du couple et de la famille.
Les programmes d’entraînement des parents améliorent les habiletés parentales et
réduisent le stress parental.
Ces dimensions positives dans la prise en charge des parents s’accompagnent d’une
réduction de l’opposition, de l’agressivité et des comportements de défi.
Le problème essentiel des thérapies congnitivo-comportementales est celui de la
généralisation des effets : généralisation à d’autres situations, généralisation à d’autres
domaines de fonctionnement et généralisation dans le temps ou maintien des effets. Ces
interventions doivent être longues, réintroduites régulièrement au cours du
développement de l’enfant pour faire en sorte que l’efficacité persiste.
Ce groupe est un groupe fermé comprenant 6 à 8 familles (parents d’enfants
hyperactifs). Il comprend 10 séances de 90 minutes qui ont lieu tous les 15 jours. La
durée d’un groupe est donc d’environ quatre mois.
Le groupe permet aux parents non seulement d’acquérir des compétences pour mieux
gérer le comportement de leur enfant, d’obtenir des informations sur le trouble, mais
aussi de partager leurs difficultés et d’échanger leurs expériences, leurs ressources et
leurs idées avec d’autres parents qui font face aux mêmes difficultés.
Références bibliographiques
Barkley, R.A. (1987). Defiant Children : A clinician’s manual for parent training. New York :
Guilford Press.
Barkley, R.A. (1997). Defiant Children : A clinician’s manual for parent training. New York : Guilford
Press.
Bouvard, M.P., Le Heuzey, M.F., Mouren-Simeoni, M.C. et al. (2002). L’hyperactivité de l’enfance à
l’âge adulte. Paris : Doin.
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Gériatrie, psychogériatrie, gérontopsychiatrie ?
Rôles et approches thérapeutiques du psychomotricien
Séverine Michel, Psychomotricienne, Résidence Bellan (EHPAD et FAM), Septeuil,
Yvelines
Il nous semble important de vous définir notre champ de travail , c’est pourquoi nous
mettons l’accent sur les termes Gériatrie, Psychogériatrie et Gérontopsychiatrie, ceci afin
de bien cibler les rôles et approches thérapeutiques de notre pratique psychomotrice au
regard de la population accueillie au sein de notre établissement.
En premier point la Gériatrie est la Médecine de la vieillesse qui se réfère au terme
Gérontologie, étude des phénomènes liés au vieillissement de l’organisme humain.
En second lieu la Psychogériatrie recouvre la psychiatrie des personnes âgées. Les
troubles psychiatriques quant à eux se divisent en trois approches :
• les maladies psychiatriques apparues depuis l’enfance, l’adolescence ou durant
la vie adulte d’une part et celles survenues au-delà de soixante cinq ans
d’autre part, ce que l’on nomme trouble d’involution (ou d’apparition tardive),
• les épisodes confusionnels (donc réversibles) de cause somatique,
• les états démentiels induits par des lésions cérébrales irréversibles donc
neurodégénératives (DTA, …).
En troisième point la Gérontopsychiatrie, est en réalité un terme alternatif à la
Psychogériatrie car ce dernier ne met pas en exergue le terme « Psychiatrie » (en
opposition à la Pédopsychiatrie). On peut retrouver dans la littérature l’évocation à la
Psychiatrie Gériatrique mais plus rarement dans le langage commun.
Ainsi J.C. Monfort applique comme définition à la Psychogériatrie, « la pratique
multidisciplinaire qui a pour objectif de soigner, d’apaiser et d’accompagner les
personnes âgées qui souffrent de difficultés psychologiques, de troubles psychiatriques,
qu’elles aient ou non un état démentiel » (Monfort, 1998, p.8).
Après avoir défini ces termes utilisés en abondance mais pas toujours à bon escient,
nous pouvons donc évoquer le fait que notre pratique se situe dans le champ de la
Psychogériatrie puisque le profil de nos patients se scinde en :
• maladies psychiatriques telles que psychose infantile, schizophrénie, PHC,
PMD, …
• patients déments suite à un AVC, DTA, syndrome de Korsakoff, syndrome
frontal,
Le propos de ce jour concernera les rôles et les approches thérapeutiques possibles
chez ces patients, soit les différentes modalités de prise en charge du patient âgé en
institution spécialisée. Tout d’abord nous aimerions préciser que le terme « prise en
charge » n’a rien de lourd au sens de charge.
En effet « prendre en charge » un patient âgé à visée thérapeutique de type
stimulation, rééducation ou d’accompagnement est pour nous le reflet d’un engagement
chaque jour renouvelé. Renouvelé grâce à l’étayage pourrions nous dire, fournit par la
personnalisation de ces fameuses prises en charge d’une part et renouvelé par la
spécificité et la richesse des différentes modalités d’approche(s) psychomotrice(s).
Rappelons brièvement que notre pratique est une thérapie destinée à agir par
l’intermédiaire du corps sur les fonctions mentales, comportementales (affectives) et
instrumentales perturbées. Au sein de l’EHPAD (Etablissement d’Hébergement de
Personnes Agées Dépendantes) et du FAM (Foyer d’Accueil Médicalisé) où nous
pratiquons, la prise en charge en psychomotricité se fait sur prescription médicale par le
gériatre ou le psychiatre, individuellement ou en groupe restreint. Elle est toujours
précédée par un bilan psychomoteur qui établit un projet thérapeutique détaillé dont la
finalité tentera une action globale de la personne âgée dans son individualité, à l’aide de
diverses techniques, en utilisant toutes les possibilités de mouvement du corps, d’action
et de détente, d’expression et de relation pour essayer de restaurer l’ensemble de la
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9ème Journée Toulousaine de Psychomotricité
personnalité en vue d’une meilleure adaptation du sujet à son milieu, en l’occurrence
l’institution.
Pour ce faire la thérapie psychomotrice utilise des médiations multiples dont la
terminologie souvent changeante fait référence à un contenu commun pour les
psychomotriciens.
Nous-nous proposons maintenant de vous présenter nos principales approches
thérapeutiques tout en spécifiant notre rôle qui diffère pour les patients de l’EHPAD et du
FAM.
Références bibliographiques
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Levallois-Perret.
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Vernazobres-Grégo : Paris.
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Le Goues, G. (2000). L’âge et le principe de plaisir. Dunod : Paris.
Lemaire, P. (1999). Le vieillissement cognitif. Paris : PUF.
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Levallois-Perret.
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Paris : Serdi Edition.
van der Linden, M., & Hupet, M. (1994). Le vieillissement cognitif. PUF : Paris.
Wildlocher, D. (1983). Le ralentissement dépressif. PUF : Paris.
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Traitement local et global des informations visuelles chez les enfants
avec autisme : faible cohérence centrale ou trouble exécutif
Patrice Gillet, Psychologue, CRA & Service Universitaire de Pédopsychiatrie, CHRU
Bretonneau, 37044 Tours cedex - p.gillet@chu-tours.fr
L’autisme infantile caractérise un trouble du développement des relations sociales et de
la communication verbale et non verbale associé à des activités stéréotypées et des
centres d’intérêt restreints (voir Lenoir & al. 2003 ; Rogé, 2003). Les observations
cliniques montrent que les enfants avec autisme ont un comportement visuel particulier
non seulement envers les personnes qu’ils évitent du regard, mais aussi envers les
objets. Les comportements d’utilisation des objets des enfants avec autisme sont souvent
décrits comme « atypiques » basés sur la recherche d’auto-stimulations sensorielles
ou/et sur l’exploration visuelle d’un détail saillant comme la roue d’une voiture miniature,
ou l’œil coloré d’un ours en peluche que l’enfant peut alors manipuler de manière
répétitive. Cette attirance pour les détails qui guide l’action suggère que les enfants avec
autisme traitent les informations visuelles de manière fragmentée, autrement dit qu’ils
traitent les informations perceptives sur un mode « local », axé sur la prise en compte
d’un détail, au détriment d’un traitement global ou holistique des informations axé sur la
prise en compte d’une configuration ou d’un contexte signifiant. De nombreuses études
se sont intéressées au style cognitif des personnes avec autisme pour montrer une
préférence pour le traitement perceptif « local » des informations visuelles. Celles-ci
peuvent être argumentées par l’analyse des mouvements oculaires durant l’exploration
des visages (Joseph & Tanaka, 2003), par aussi la facilitation exercée, lors d’activités
constructives par des modèles dessinés fragmentés (Shah & Frith, 1984) et par les
procédures graphiques utilisées lors de la copie de dessins géométriques ou d’objets
(Mottron & al., 1999 ).
Cette préférence pour le « local » rendrait compte des îlots d’aptitude souvent
notés dans le domaine visuo-spatial et de « talents » dans le domaine graphique et
architectural. Cette préférence rendrait compte aussi de difficultés, en particulier pour
extraire des émotions assignées aux visages et « succomber » aux illusions visuelles
(Happé, 1996)
Pour Frith & Happé (1994) ce style cognitif privilégiant le traitement local des
informations perceptives traduit une « faible cohérence centrale » : une difficulté à traiter
les informations disparate dans un cadre représentatif unifié. Cette hypothèse partage
des similitudes avec celle proposée par Goldstein (1947) concernant les effets de lésions
préfrontales sur la cognition et le comportement : « Difficultés à dégager d’un ensemble
disparate d’éléments des propriétés communes ou vues d’ensemble,…, des réactions
dépendantes des impressions sensorielles avec un attachement à certains aspects des
stimuli,.., une perte de l’attitude abstraite, une impossibilité de mise à distance par
rapport au réel avec des difficultés à passer volontairement d’une activité à une autre ».
Ainsi, le style cognitif des personnes avec autisme qui privilégie le traitement local des
informations traduirait un manque de flexibilité cognitive et les difficultés d’attention
sélective que l’on abordera en présentant des résultats obtenus chez des enfants avec
autisme, aux tests visuo-perceptifs (ex : Copie de la Figure de Rey, tests d’illusion
perceptive, test de Navon utilisés pour aborder la distinction entre traitement local et
traitement global), aux tests exécutifs extraits de la NEPSY et aux échelles d’observation
des comportements autistiques, pour pouvoir discuter des possibles relations entre le
style cognitif axé sur le local, le fonctionnement exécutif et les signes comportementaux
autistiques.
Références bibliographiques
Gillet, P., Hommet, C., & Billard, C. (2000). Neuropsychologie de l’enfant : Une introduction. Solal :
Marseille
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9ème Journée Toulousaine de Psychomotricité
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Happé, F., & Frith, U. (1996). The neuropsychology of autism. Brain, 119, 1377-1400.
Joseph, R.M., & Tanaka, J. (2003). Holistic and part-based face recognition in children with autism.
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Lenoir, P., Malvy, J., & Bodier-Rethore, C. (2003). L’autisme et les troubles du développement
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Mottron, L., Belleville, S., & Menard, E. (1999). Local bias in autistic subjects as evidenced by
graphic tasks: Perceptual hierarchization or working memory deficit ?. Journal of Child
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Pennington, B.F., & Ozonoff, S. (1996). Executive functions and developmental psychopathologies.
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Rogé, B. (2003). Autisme, comprendre et agir. Paris : Dunod.
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Seron, X., Van der Linden, M., & Andres, P. (1999). Le lobe frontal : A la recherche de ses
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Shah, A., & Frith, U. (1993). Why do autistic individuals show superior performance on the block
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Incidence de la prématurité sur le développement de l'enfant : séquelles
et nécessité d'un suivi en psychomotricité
Clémentine Athané, Psychomotricienne
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, qui l’a défini ainsi en 1948, est prématuré un
enfant qui a passé moins de 8 mois dans le ventre de sa mère, c'est-à-dire moins de 37
semaines. La grossesse habituelle dure 41 semaines. A partir de 38 semaines, l’enfant
est mûr, on dit qu’il est « à terme ». Les accouchements prématurés représentent 7,2%
des naissances en France.
Dans les premiers jours qui suivent la naissance, les conséquences de la
prématurité sont surtout dues à l’immaturité des organes du nouveau-né : immaturité
pulmonaire, nutritionnelle, hépatique, neurologique, immaturité de la thermorégulation
et du système immunitaire. Le prématuré est donc un petit être qui a besoin
d’assistances (respiratoire, circulatoire, nutritionnelle et thermique.) Son état de santé
nécessite qu’il soit hospitalisé 24h/24h, dès sa naissance, afin de recevoir des soins
médicaux quotidiens.
Sorti tout chaud du ventre de sa mère, le prématuré est soumis à toute sorte de
stimulations : bruit, lumière, odeur, froid, sécheresse de l’air. Il est piqué, perfusé,
ponctionné, sondé, scopé et quelques fois intubé. De plus à l’hôpital, le nourrisson n’a
pas avec ses parents le même lien privilégié qu’il pourrait avoir à la maison. Il y a une
rupture affective avec ses derniers. Les soins, l’environnement du service, la séparation
maternelle sont donc des éléments stressants pour le prématuré, pouvant entraver sa vie
relationnelle avec ses parents, sa vie psychique mais également son développement
psychomoteur.
Dans la petite enfance, les prématurés peuvent présenter divers troubles ou
séquelles :
• des troubles alimentaires, sphinctériens et du sommeil ;
• des séquelles sensorielles de type visuel et auditif ;
• un retard du développement psychomoteur et notamment des fonctions
posturomotrices (station, marche) ;
• des séquelles motrices : prévalence de l’Infirmité Motrice d’Origine Cérébrale chez
environ 20% des prématurés de moins de 28 SA avec des formes sévères et 50%
avec des formes modérées ;
• des séquelles intellectuelles, neurologiques mineures et cognitives : troubles de la
motricité globale, de la motricité fine, du langage, des difficultés à type de
dyxpraxies et/ou d’agnosies ;
• des troubles du comportement et psychologiques : dépression, anxiété, syndrome
déficitaire de l’attention avec hyperactivité ;
• des troubles de la relation parent/enfant pouvant avoir des conséquences graves
sur leur avenir psychologique avec le risque de pathologie psychosomatique ou de
maltraitance.
Ces résultats justifient la prise en charge périnatale de ces enfants. L’optimisation
du taux de survie sans séquelles impose une prise en charge spécialisée multidisciplinaire
débordant largement le cadre néonatal. Et c’est dans ce cadre que la psychomotricité
tient toute sa place. En effet, ses interventions sont multiples : évaluations neuropsychomotrices (bilan neuro-moteur) afin d’évaluer le développement global du bébé,
confort et bien-être du bébé et prévention posturale, toucher sensoriel et guidance
parentale.
L’évaluation neuro-psychomotrice permet d’évaluer le tonus passif, le tonus actif, la
mise en place des réflexes primaires, l’éveil et la poursuite oculaire. Elle permet donc
d’évaluer le niveau de maturation du bébé en fonction de son âge gestationnel et de
pointer les éventuelles difficultés. Elle est faite, si possible, en présence des parents afin
de pointer avec eux les compétences de leur bébé.
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9ème Journée Toulousaine de Psychomotricité
La prévention posturale engendre un travail de repositionnement des bébés qui a
pour but la prévention orthopédique, l’éveil du bébé, le confort, et qui doit respecter la
liberté de ses mouvements.
A travers le toucher sensoriel, nous invitons les parents à toucher et à manipuler
leur bébé afin de diminuer leurs angoisses vis-à-vis de ce petit être si fragile. Il a aussi
pour but de procurer à l’enfant bien-être et détente afin de lui redonner la notion de
corps plaisir.
Le travail de guidance parentale est indispensable car les parents ont eux aussi
vécu un traumatisme du fait de la naissance prématurée de leur enfant et très souvent,
ils ne savent pas comment faire avec leur bébé. Le (la) psychomotricien (-ne) représente
une aide à l’établissement d’un lien d’attachement. Le (la) psychomotricien (-ne) va être
attentif au développement de l’enfant en lui assurant un suivi régulier. Ce suivi peut se
présenter de différentes façons : un suivi ponctuel c'est-à-dire un bilan à des âges bien
précis (1, 3 et 6 mois et 1, 2 et 3 ans) soit un suivi régulier à raison d’un fois par
semaine ou toutes les deux semaines si les difficultés de l’enfant s’avèrent importantes et
entravent sérieusement le développement de l’enfant.
L’intervention d’un/une psychomotricien (-ne) dès la néonatologie et notamment
dans les trois premières années de la vie permet de suivre l’évolution de l’enfant, de
l’aider à certains moments dans ses acquisitions et de repérer des possibles séquelles
plus ou moins invalidantes. Notre intervention se situe également auprès des parents afin
qu’ils soient entièrement acteurs dans le développement et dans l’avenir de leur enfant.
Nous les écoutons, nous les informons et nous leur donnons des conseils tant pour
participer aux acquisitions de leur enfant que pour les aider (s’il le faut) dans leur
relation avec lui.
Les statistiques permettent de pointer les domaines les plus en difficulté chez le
prématuré ainsi que le développement des moyens d’intervention précoce. Elles ont
également permis à la psychomotricité de prendre toute sa place auprès de ces enfants
et de devenir indispensable à une prise en charge optimale des troubles régulièrement
rencontrés. Malheureusement, nous déplorons qu’il y ait encore trop peu d’unités avec
des psychomotriciens.
Références bibliographiques
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sa place dès la néonatologie, Journal de Pédiatrie et de Puériculture, 15, 6, 336-339.
Alonso-Bekier, S. (2005). Petit prématuré deviendra grand… ou nécessité du suivi en
psychomotricité, Evolutions Psychomotrices, 17, 67, 10-15.
Amiel-Tison, C., & Grenier, A. (1984). La surveillance neurologique au cours de la première année
de la vie. Paris : Masson.
Arnaud, C. (2005). L’expérience psychomotrice à la rencontre du bébé prématuré et de ses parents
de porcelaine, Evolutions Psychomotrices, 17, 67, 5-9.
Beyssac-Fargues, C., & Syfuss-Arnaud, S. (2000). Le bébé prématuré : l’accueillir, le découvrir, le
soutenir. Paris : Albin Michel.
Druon, C. (1996). A l’écoute du bébé prématuré. Paris : Flammarion.
Espinas, J.F. (1994). Prématurité, immaturité et rééducation psychomotrice. Entretiens de Bichat,
pp 5-12.
Philippe, F., & Lézine, I. (1974). A propos du devenir de l’ancien prématuré, Revue de
neuropsychiatrie infantile, 22, 263-280.
Vaivre-Douret, L. (1996). Précis théorique et pratique du développement moteur du jeune enfant.
Paris : Elsevier.
Vaivre-Douret, L. (2001). Eveil corporel et confort du nouveau-né prématuré, Le Journal de
Professionnels de l’Enfance, 11, 33-36.
Vaivre-Douret, L. (2003). La qualité de vie du nouveau-né. Paris : Odile Jacob.
7
La psychomotricité en ITEP ou comment aborder des enfants agressifs et
opposants ?
Lucie Vallade, Régis Soppelsa, Psychomotriciens
Une prise en charge psychomotrice classique est souvent difficile à mettre en place sans
l'adhésion et la participation de l'enfant. Or dans les Instituts Thérapeutiques Educatifs et
Pédagogiques, ce cas de figure est récurrent puisque l'agressivité, l'opposition et la
provocation sont davantage liées à l'adoption d'un mode de communication à défaut d'un
autre, plutôt qu'à la manifestation d'états émotionnels passagers.
La violence pose un certain nombre de questions dans ces instituts: elle est la
source de l'admission des enfants en ITEP, elle reste présente dans les différents lieux de
prise en charge et parfois s'y développe.
Nous sommes donc en présence d'enfants avec une problématique compliquée. Les
troubles ne se présentent pas de façon isolée mais dans une intrication complexe, parfois
difficile à préciser. Leur parcours de vie, souvent difficile à résumer en raison de
multiples ruptures et de tous les écueils rencontrés, les ont conduits à un placement
institutionnel. Avec un cadre familial précaire, des négligences voire des violences subies,
un ensemble de comorbidités dégradant les processus de contrôle de l'enfant, leur
capacités intellectuelles, qui sont en général dans la moyenne, ne suffisent plus pour
s'inscrire dans un cadre ordinaire et répondre aux obligations attendues dans un milieu
socialement adapté. Nous comprenons, dès lors, combien il peut être difficile d'aider ces
enfants à
réduire leurs comportements inadaptés, comportements qui sont
secondairement devenus pour eux un moyen de défense et d'expression de leurs
émotions.
Ainsi, de nombreuses questions découlent des observations menées lors de
l'approche de cette population: comment aborder ces enfants en échec ? Quelle prise en
charge, en psychomotricité, serait la plus adaptée à leurs troubles ? Quels sont leurs
déficits réels et comment s'appuyer sur leurs aptitudes ?
Cette réflexion nous a amené à proposer à trois enfants présentant un Trouble
Oppositionnel avec Provocation (TOP), de participer à un groupe, afin de travailler sur
leurs comportements d'opposition. L'hypothèse de ce travail était qu'une prise en charge
de groupe s'appuyant sur un apprentissage des techniques de régulation des troubles du
comportement, permettrait aux enfants de diminuer leurs manifestations agressives et
les aiderait à renforcer l'utilisation de patterns pro-sociaux. Ce travail de groupe est basé
sur l'apprentissage de techniques comme l'entraînement aux habiletés sociales et
l'autocontrôle de la colère.
Pour ce faire, des moyens d'évaluation ont dû être utilisés pour contrôler l'évolution
des comportements. L'enregistrement vidéo et la construction de grilles d'observation ont
donc été nécessaires pour effectuer ce travail.
La mise en pratique de la prise en charge a été la suivante: évaluation des
comportements des enfants dans le groupe à partir d'une tâche de coopération, puis
rééducation avec l'utilisation des méthodes déjà citées, enfin re-test sur la tâche initiale
après neuf séances.
Malgré les difficultés liées à l'utilisation de ce dispositif, les résultats indiquent des
bénéfices sur l'attitude des enfants au sein du groupe. Cependant, cette expérience n'a
pas de valeur de généralisation. Il n'en reste pas moins que les effets obtenus peuvent
être analysés et discutés dans le cadre des pratiques du psychomotricien en ITEP.
Références bibliographiques
Bedell, J.R.; Lennox, S.S. (1997). Handbook for communication and problem solving skills training,
a cognitive behavioral approach. New York : Wiley.
Corraze, J. (1997). De la sociobiologie à la pathologie ou de l’agression à la violence. Evolutions
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9ème Journée Toulousaine de Psychomotricité
Dodge, K.A., & Crick, N.R., (1994). A review and reformulation of social information-processing
mechanisms in children's social adjustment. Psychological Bulletin, 115, 74-101.
Guevremont, D. (1990). Social skills and peer relationship training. In R.A Barkley (Ed.), Attention
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Lennox, S., & Bedell, J. (1997). Handbook of communication and probleme solving skills training, a
cognitive-behavioral approach. New-York : Einstein Psychiatric Serials.
Moscovici, S. (1994). Psychologie sociale des relations à autrui. Paris : Nathan.
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Mémoire de travail visuo-spatiale et motrice chez l'individu porteur de
Trisomie 21 : intérêt de la prise en compte de ces notions dans la prise
en charge psychomotrice.
Claire Tribillac, Jean-Michel Albaret, Psychomotriciens
Parmi les différents systèmes de la mémoire humaine, la mémoire de travail (Baddeley,
Hitch, 1986,1992) joue un rôle déterminant, permettant au sujet de stocker
temporairement des informations issues des voies perceptives et de pouvoir les
manipuler mentalement. Il peut alors se construire une représentation des événements,
comprendre les relations de causalité, puis les anticiper, ou encore effectuer des
apprentissages. La question de la mémoire de travail en psychomotricité prend sa
légitimité de par son rôle de pré-requis à certaines capacités, notamment dans la mise en
place de la représentation spatiale, des transformations spatiales et de l’orientation, mais
aussi dans l’intégration de séquences de mouvements, la fluidité de mouvement, et
l’anticipation temporelle.
De nombreuses études portant sur le Trisomie 21 ont démontré des spécificités
chez les individus porteurs de ce syndrome concernant le mémoire de travail, en
particulier un déficit de la boucle phonologique (Jarrold & Baddeley, 2001). Rappelons
que la mémoire de travail comprend trois composantes, à savoir l’administrateur central
(contrôlant les mécanismes attentionnels et exécutifs), la boucle phonologique
(traitement des informations auditivo-verbales) et le calepin visuo-spatial (traitement de
l’information visuelle et spatiale).
Cependant, le déficit de mémoire auditivo-verbale retrouvé s’inscrit dans un
tableau de retard de parole, de difficultés articulatoires, de vocabulaire pauvre et les
sujets porteurs de Trisomie 21 développent souvent des modes de compensations pour
pallier à ces difficultés, notamment par l’utilisation du système de mémorisation visuospatiale. Comme cette compensation est efficace, il apparaît légitime de la favoriser en
stimulant la mémoire spatiale d’un enfant atteint de Trisomie 21, pour l’aider à mieux
appréhender son environnement en attendant que les voies verbales se construisent ou
se consolident.
Parallèlement à cette relative force de la mémoire spatiale, on relève d’autres
composantes mnésiques intervenant dans la mémoire des successions motrices qui sont
par contre déficitaires. Tout d’abord un déficit de traitement de l’information
kinesthésique qui entraînerait des difficultés à aborder les successions de mouvements
de formes. En effet, les successions de mouvements de formes (morphocinétiques) font
appel à une mémoire proprioceptive (par oppositions au mouvements de position qui
semblent utiliser davantage les voies de mémorisation spatiale) (Smyth, Pearson &
Pendelton, 1988).
Par ailleurs, les individus porteurs de Trisomie 21 présentent des difficultés
temporelles et sérielles, une tendance à la persévération, un défaut d’anticipation (alors
même qu’une situation se répète), dimensions régies par le système exécutif central,
bien qu’aucun déficit spécifique de l’administrateur central n’ait pu être mis en évidence
de façon claire dans la Trisomie 21 (Numminem, 2001).
Les travaux portant sur la mémoire de travail spatiale, sur le système exécutif (et
notamment la flexibilité mentale), sur la mémoire motrice ou encore sur les processus
sériels proposent ainsi des éléments d’explication et peut-être des pistes d’intervention
pour pallier aux difficultés rapportée chez le sujet porteur de Trisomie 21. Nous
proposons ici d’étudier les stratégies de mémoire de travail visuo-spatiale et motrice et
les modalités d’intégration de l’ordre des éléments de séries visuo-motrices chez deux
enfants avec Trisomie 21, âgées de 10 et 11 ans, et surtout la possibilité d’intervenir sur
ces composantes dans le cadre d’une prise en charge psychomotrice.
En premier lieu se pose la question de l’évaluation objective des aptitudes
mnésiques. Le recours aux tests d’empan visuel, spatial et moteur s’avère opportun dans
sa dimension quantitative ainsi que par les indices qualitatifs, en particulier le type
d’erreurs, qu’il fournit, permettant d’émettre des hypothèses sur les stratégies utilisées.
10
9ème Journée Toulousaine de Psychomotricité
Il ne permet cependant pas à lui seul de rendre compte des aptitudes dans les tâches
mnésiques complexes, d’où l’intérêt que l’on portera aux observations qualitatives de
l’évolution des réponses des sujets durant la rééducation.
Au regard des difficultés associées à la Trisomie 21, la prise en charge doit
permettre de favoriser la prise d’indices pertinents au niveau spatial (localisation),
kinesthésique (sensation) d’une part, et temporel (item de début / item de fin) d’autre
part. Par ailleurs, on encouragera la flexibilité dans le contrôle des éléments encodés
c’est-à-dire la capacité à comprendre les moments où il faut mémoriser, et ceux où il faut
oublier, parce que la restitution est erronée ou parce que l’on est en présence d’une
nouvelle séquence d’items. Enfin on favorisera l’utilisation de stratégies limitant la charge
cognitive, telles que les stratégies d’association.
Nous verrons ainsi que, bien que l’empan mnésique soit une dimension théorique
relativement stable, les stratégies de mémorisation peuvent être travaillées et optimisées
comme le suggèrent les résultats obtenus chez chacun des deux enfants que nous
présentons.
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