Qu’est-ce que
l’anxiété ?
L’anxiété est une peur sans objet, un “système
d’alerte” qui peut nous avertir de l’imminence
d’un danger.
Imaginez que vous revenez à la maison et que
vous vous trouvez face à face avec un cambrio-
leur : vous avez peur. Votre coeur bat plus vite,
vos mains deviennent moites et votre esprit
s’active. Dans une telle situation, la peur
entraîne des réactions qui peuvent être utiles et
vous fournir un supplément d’énergie pour
vous éloigner ou affronter le danger.
S’il n’y a pas de cambrioleur, mais que vous
avez la crainte d’un cambriolage, il s’agit de
l’anxiété qui entraînera le même type de réac-
tion. Lors de circonstances stressantes,
l’anxiété peut fournir l’énergie qui vous permet
d’agir, c’est l’anxiété normale, par exemple
avant un rendez-vous amoureux, avant un exa-
men, un entretien d’embauche...
Parfois, l’anxiété dépasse son but ; trop intense,
trop prolongée ou inadaptée à la situation, elle
devient pathologique et peut perturber votre
existence : vous vous sentez dominé par la peur,
la panique ou la terreur sans raison apparente.
Existe-t-il plusieurs
formes d’anxiété ?
Oui. L’anxiété peut se manifester sous forme
d’inquiétudes persistantes, d’attaques de pani-
que, d’obsessions, de phobies face à certaines
situations ou en réaction à des expériences
traumatisantes.
Qu’est-ce que
l’anxiété généralisée ?
Le trouble d’anxiété généralisée correspond à
l’existence d’inquiétudes ou de craintes persis-
tantes qui ne sont pas liées à un événement ou
à une situation particulière, ou qui sont exagé-
rées ou excessives – c’est, par exemple, le fait
de se soucier constamment de la santé d’un
enfant qui est en parfaite santé.
L’anxiété généralisée s’exprime également par
des symptômes corporels : tension musculaire,
tremblements, essoufflements, palpitations,
sécheresse de la bouche, étourdissements, nau-
sées, irritabilité, troubles du sommeil, difficul-
tés de concentration…
Qu’est-ce que
le trouble panique ?
Le trouble panique correspond à la répétition
de crises d’angoisse aiguë, que l’on appelle
également “attaques de panique”. Elles asso-
cient une sensation de catastrophe imminente
et des symptômes corporels, avec la peur
“panique” de mourir, de devenir fou...
Imaginez que vous sortez de votre auto pour
entreprendre votre journée de travail. Soudain,
vous avez un serrement dans la poitrine, votre
cœur s’accélère, vous vous sentez étourdi et
craignez de perdre connaissance. Vous éprou-
vez une sensation d’étouffement comme si vous
étiez sur le point de mourir. Si il n’y a pas de
cause organique, il est probable que vous ayez
été victime d’une attaque de panique.
Ces attaques durent de 5 à 30 minutes et se
manifestent par l’un ou l’autre des symptômes
listés dans l’encadré.
On confond souvent les attaques de panique
avec une crise cardiaque, un infarctus du myo-
carde, des troubles neurologiques, une tumeur
cérébrale…
Non traitées, elles peuvent évoluer vers des
phobies, situations que vous éviterez de crainte
de connaître de nouvelles crises d’angoisse.
Qu’est-ce que
la phobie ?
La phobie est une peur ou une anxiété face à un
objet ou à une situation spécifique ; il s’agit, par
exemple :
de la peur des serpents, des araignées, de se
trouver en hauteur,
de la “claustrophobie” c’est-à-dire de la peur
des endroits clos,
de “l’agoraphobie” c’est-à-dire de la peur
des endroits publics ou de la foule,
de la “phobie sociale” c’est-à-dire de la peur
d’être embarrassé dans des situations de ren-
contres, même amicales…
La phobie de ces situations va entraîner la per-
sonne à les éviter.
La phobie devient un trouble lorsqu’elle vous
empêche de mener une vie normale. À titre
d’exemple, avoir peur des endroits publics au
point de ne pas pouvoir quitter son domicile .
Symptômes des
attaques de panique
Douleur ou oppression thoracique
Palpitations
Pouls rapide
Étourdissements ou impression
d’évanouissement
Essoufflement
Transpiration
Tremblements
Nausées
Sensations d’engourdissement ou de
picotements dans les mains ou les pieds
Bouffées de chaleur ou frissons
Sensation de rêve ou d’irréalité
Crainte de perdre son contrôle,
de devenir fou, de mourir
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Qu’est-ce que
le trouble obsessionnel compulsif ?
Le trouble obsessionnel compulsif est une forme d’anxiété où vous avez des
idées ou des pensées répétitives et persistantes, ou encore des comporte-
ments répétitifs, notamment de vérifications, que l’on appelle des “rituels”.
Ces pensées peuvent ne pas être en relation avec ce que vous faites. Elles peu-
vent être violentes, agressives ou vous sembler désagréables et effrayantes.
Les rituels peuvent correspondre notamment au fait de se laver les mains
de façon très répétitive par crainte d’une infection, de vérifier constamment
les portes ou les fenêtres parce que vous craignez qu’elles ne soient pas
verrouillées, ou de replacer les objets de façon très ordonnée par crainte
qu’il puisse arriver un malheur si ils ne sont pas exactement à la bonne
place.
La plupart des gens souffrant de trouble obsessionnel compulsif reconnais-
sent que ces pensées obsédantes et ces rituels sont absurdes, mais ils ne
peuvent pas s’empêcher de les répéter.
Qu’est-ce que
l’état de stress post-traumatique ?
L’état de stress post-traumatique est une forme d’anxiété qui survient lors-
que vous avez vécu une expérience physique ou émotionnelle traumati-
sante. C’est, par exemple, le fait d’avoir été victime d’une agression, d’un
viol, témoin d’un crime violent, d’avoir vécu une guerre, subi des tortures,
d’avoir survécu à un accident d’avion, d’automobile ou à une catastro-
phe…
Les sujets souffrant d’état de stress post-traumatique revivent l’événement
traumatisant par des souvenirs et des rêves répétitifs.
Sans soutien, ils peuvent se replier sur eux-mêmes ou éviter toute activité
qui éveille les souvenirs du traumatisme avec une hyper-réactivité émotion-
nelle.
Qu’est-ce qui
cause les troubles anxieux ?
Imaginez qu’une alarme se déclenche dans votre maison. Vous faites tout
pour découvrir pourquoi elle s'est déclenchée mais vous constatez que
c’est le système d’alarme qui est défectueux. Vous décidez donc de le faire
réparer.
C’est la même chose lors des troubles anxieux. Par erreur, votre organisme
déclenche votre système d’alarme alors qu’il n’y a aucun danger. Il peut
s’agir de l’expression de souvenirs inconscients, d’un déséquilibre chimi-
que des neurotransmetteurs, d’une pathologie associée, ou des effets
secondaires d’un traitement médicamenteux.
Peut-on traiter l’anxiété ?
Oui. Si vous pensez être atteint d’un trouble anxieux, consultez votre méde-
cin traitant. Il pourra vous aider à développer votre capacité à dominer
votre anxiété. Si besoin, il vous prescrira des médicaments psychotropes.
Voici quelques suggestions pour vous aider à dominer l’anxiété :
Contrôlez vos inquiétudes
Décidez d’un endroit et d’un moment précis pour penser à vos inquiétudes
et à vos préoccupations.
Faites-le dans les mêmes conditions tous les jours en y consacrant 20 à 30
minutes et en recherchant des solutions. Essayez de ne pas penser à ce qui
“pourrait” arriver, concentrez-vous sur ce que vous vivez actuellement plu-
tôt que sur des événements qui pourraient arriver.
Détendez-vous
Vous pouvez apprendre certaines techniques de relaxation, notamment la
relaxation musculaire, la respiration profonde, le yoga…. La relaxation
musculaire est une technique simple. Choisissez un muscle et contractez-
le pendant quelques secondes puis relâchez-le doucement. Faites le même
exercice avec tous les muscles en débutant par les muscles du pied et de la
jambe et montez progressivement vers le haut du corps.
Affrontez ce qui vous a déjà causé de l’anxiété
Tout d’abord, imaginez que vous êtes en train d’affronter cette situation.
Vous pouvez ainsi vous faire à l’idée d’affronter ce qui vous rend anxieux
avant de passer à l’action. Lorsque vous vous sentirez plus à l’aise, vous
pourrez commencer à réellement faire face à cette situation.
Il peut s’avérer utile de dresser une liste des situations qui déclenchent
votre anxiété. Commencez par affronter ce qui vous cause le moins
d’anxiété et progressez ensuite vers les plus difficiles. Si vous vous sentez
devenir nerveux, pratiquez l’une des techniques de relaxation ou concen-
trez vous sur une tâche simple comme celle de compter à rebours.
Même si l’anxiété peut vous effrayer, elle ne vous causera pas de tort.
Accordez un ordre de grandeur à vos craintes sur une échelle de zéro à dix
et suivez-en l’évolution. Notez que l’intensité ne demeure très élevée que
pendant quelques secondes, puis qu’elle s’atténue. Apprenez à “l’ama-
douer”.
Lorsque l’anxiété se manifeste, acceptez-la. Attendez, contrôlez-la et lais-
sez-lui le temps de passer sans la fuir. Ne soyez pas surpris de voir appa-
raître d’autres moments d’anxiété, c’est normal mais ils vont progressive-
ment diminuer.
Faites de l’exercice régulièrement
Les personnes anxieuses abandonnent souvent les activités physiques, alors
que l’exercice physique peut vous procurer une sensation de bien-être et
réduire ainsi votre niveau d’anxiété.
Dormez suffisamment
Évitez l’alcool ou l’abus de substances, de toxiques
Malgré l’impression de détente que peuvent procurer l’alcool et les dro-
gues, ceux-ci aggravent à long terme l’anxiété et les troubles dépressifs.
Évitez la caféine
On la retrouve dans le café, le thé, les boissons gazeuses et le chocolat. La
caféine peut accroître votre sentiment d’anxiété. Évitez également les médi-
caments contre la toux et le rhume.
Consultez votre médecin
Il est important que votre médecin s’assure que votre démarche pour
dominer vos troubles anxieux fonctionne comme prévu. Vous avez peut-
être besoin de ses conseils. Il peut vous aider à exprimer vos besoins et vos
désirs, ce qui augmentera votre capacité à maîtriser vos émotions.
Les médicaments psychotropes peuvent parfois
vous aider
Votre médecin pourra vous prescrire des médicaments psychotropes pour
réduire le niveau d’anxiété pendant que vous apprenez à mieux réagir aux
situations qui déclenchent votre anxiété.
De nombreux médicaments peuvent vous aider, mais ce sont vos besoins et
les suggestions de votre médecin qui détermineront ceux qui vous convien-
nent le mieux. Votre médecin modulera la posologie des traitements anxio-
lytiques pour les adapter à votre situation personnelle.
L’élément le plus important, c’est de réagir. Tout geste que vous déciderez
sera utile parce qu’il vous aidera à développer une meilleure maîtrise afin
de dominer votre anxiété.
Source : Collège des Médecins de Famille du Canada. - Matériel adapté du Programme d’éducation des patients affichés sur le site web du Collège des Médecins de Famille du Canada : www.cpfc.ca. - L’original de ce matériel provient de l’American Academy of Family Physicians (AAFP).
Fiche adaptée par : Pr Daniel SECHTER - Dr Emmanuel HAFFEN - Dr Pascal JORDAN - Dr Jonathan AHOVI - Dr Hubert BOURDIN - Dr François DUMEL - Pr Marie-Christine WORONOFF-LEMSI
Dr François DUMEL - Dr Pascal JORDAN - M Philippe BAILLIVET - Dr Josette BAVEREL - Mme Carole COINTET - Dr Bernard HUCHET - Mme Caroline GUILLIN
La respiration profonde
1. Couchez-vous à plat sur le dos.
2. Placez une main sur votre abdomen, juste au-dessus du nombril.
Placez l’autre main sur votre poitrine.
3. Inspirez lentement en gonflant les muscles du ventre.
4. Retenez votre respiration pendant une seconde.
5. Expirez lentement et relâchez les muscles du ventre.
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