Modalités de dispensation et niveau de dépendance aux benzodiazépines chez
la patientèle d’officines de pharmacie à Abidjan (Côte d’Ivoire)
Abrogoua DP1*, Vauboud F1
1. Laboratoire de Pharmacie clinique et Thérapeutique, UFR Sciences Pharmaceutiques et
Biologiques-Université Félix Houphouët-Boigny (Abidjan, Côte d’Ivoire),
Email : [email protected] , tel : (00225) 07949478, adresse : BPV 34 Abidjan 01 (Côte
d’Ivoire)
Introduction. En Côte d’Ivoire, les données sur la prévalence de la dépendance aux
benzodiazépines (BZD) sont rares. L’engagement du pharmacien à assumer envers
son patient, la responsabilité de l’atteinte des objectifs préventifs ou curatifs de la
pharmacothérapie doit être réel avec les BZD. L’objectif de notre étude était de
déterminer les principales modalités de dispensation officinale des BZD et le niveau
de dépendance de la patientèle à ces médicaments. Méthodes. Nous avons mené
une étude observationnelle sur la dispensation de BZD quelque soit la modalité:
prescription médicale (PM), conseil officinal (CO) ou demande spontanée (DS).
L’enquête s’est déroulée de décembre 2014 à août 2015 avec un temps minimum de
10 demi-journées (ou 5 journées entières) dans 10 officines d’Abidjan à raison d’une
officine choisie de manière aléatoire dans chaque commune. L’échelle cognitive
d’attachement aux BZD (ECAB) a été utilisée pour évaluer la dépendance auprès de
la patientèle consentante et majeure présente lors de la dispensation. L’ECAB était
associée à une fiche d’enquête appliquée à chaque patient. Le modèle logistique,
nous a permis de rechercher la probabilité d’avoir un score ECAB ≥6 selon l’influence
de variables explicatives. Résultats. Un total de 298 patients a été recruté; la
dépendance a été évaluée chez 94,63% d’entre eux. Le sex-ratio M/F était de 1,50;
l’âge moyen était de 44,2 ± 14,2 ans. La consommation d’alcool a été évoquée par
44,3% de patients. La dispensation des BZD a été faite par PM (61,4%), par DS
(34,9%) et par CO (3,7%). La non-conformité réglementaire générale des
ordonnances était de 54,6%. Les BZD les plus dispensées étaient le bromazépam
(42,3%) et le clonazépam (22,5%). Une utilisation de BZD≥3 mois a concerné 40,6%
des patients. Un score ECAB≥6 était retrouvé chez 47,9% de patients. La patientèle
ayant utilisé des BZD>3 mois avait 25 fois plus de risque d’être dépendante (score
ECAB≥6). Conclusion : Les interventions officinales doivent permettre la prévention,
le dépistage ou la gestion d’une dépendance aux BZD. Un suivi pharmaceutique
optimal doit être de rigueur avec les BZD.
Mots- clés : benzodiazépines, dispensation officinale, dépendance, échelle ECAB,
Abidjan.
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