3
3
La Seconde Guerre
mondiale (1939-1945)
De 1939 à 1945, la Seconde Guerre mondiale embrase à nouveau la planète. Elle oppose les forces
de l’Axe (Allemagne nazie et Italie fasciste, puis Japon, Roumanie, Bulgarie et Hongrie) à celles des
Alliés (Royaume-Uni, France libre, puis URSS et États-Unis). Avec environ 60 millions de victimes,
principalement des civils morts sous les bombardements, exécutés ou déportés dans les camps, ce
conflit est le plus meurtrier de l’histoire.
Quelles sont les grandes phases et les caractéristiques de la guerre ? En quoi ce conflit marque-t-il
un tournant du XXe siècle ?
Document 2
Entrée du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, en Pologne.
Le nombre des victimes pour le seul camp d’Auschwitz-Birkenau est estimé à plus d’un million
de femmes et d’hommes.
Questions
Document 1
1
■
2
■
3
■
Où se déroule précisément la scène ?
Quel élément de la photographie vous permet de justifier votre réponse ?
Pourquoi l’armée allemande défile-t-elle sur cette avenue en juin 1940 ?
Document 2
4
■
5
■
32
Document 1
Défilé de la Wehrmacht à Paris, juin 1940.
Après leur victoire éclair contre la France, les troupes allemandes prennent possession
de la capitale.
Décrivez cette photographie.
En quoi est-elle symbolique de la barbarie nazie ?
Documents 1 et 2
6
■
Montrez à travers ces deux documents le rôle de l’Allemagne nazie
dans la Seconde Guerre mondiale.
33
3
ISLANDE
extension maximum
de l’Axe
débarquements alliés
Capitulation
m
UNI
offensives alliées
juin 1944
NORMANDIE
Paris
Atlantique
Régions reconquises
par les Alliés :
conv
Atlantique
ois allié ISLANDE
s
PROVENCE
FRANCE
Mourmansk
FINLANDE
ALLEMAGNE
cercl
Leningrad
ITALIE
POLOGNE
HONGRIE
ROUMANIE
BULGARIE
Malte
(R-U)
ue
Gibraltar
(R-U)
îles Hawaii
raid sur Pearl Harbor
(É-U)
ep
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re
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ar
ct
Pearl Harbor
R
S
S *
Cau
ca
LIBYE
se
Pékin
ÉGYPTE
océan
Shanghai
Guam
Îles Carolines
éq
ua
INDE
te
BIRMANIE
ur
SIAM Indochine
française
PHILIPPINES
Nouvelle-Guinée
Singapour
océan
2 000 km
l’Axe en 1939
alliés de l’Axe
Document 1
INDES NÉERLANDAISES
Indien
échelle à l’équateur
AUSTRALIE
* jusqu’à l’agression allemande contre l’URSS en juin 1941…
offensives de l’Axe
l’Axe fin 1942
TURQUIE
Tunisie
(F)
juillet
1943
m er
M édit er r anée
el-Alamein
février 1942
Libye
Égypte
Les victoires des Alliés en Méditerranée et en Europe (1942-1945).
Îles Marshall
Pacifique
C H I N E
IRAN
BULGARIE
Présentation de la situation militaire jusqu’au 8 mai 1945, date à laquelle l’Allemagne nazie capitule.
JAPON
el-Alamein
Document 3
m er No i r e
Sicile
Algérie (F)
Mandchoukouo
ROUMANIE
GRÈCE
novembre 1942
Maroc (F)
Moscou
U
mai
1944
novembre 1942
1 000 km
Stalingrad
ITALIE
l’Axe le 8 mai 1945
décembre 1941
iq
août 1942février 1943
ALLEMAGNE
août
1944
en 1945
NORVÈGE
Stalingrad
FRANCE
en 1944
ROYAUME-UNI
e
Koursk
en 1942-1943
océan
S
Moscou
Berlin
océan
Quelles sont les différentes phases de la Seconde Guerre mondiale ?
Quels événements marquants constituent les tournants décisifs de
ce conflit ? Quels moyens sont utilisés par les belligérants ?
S
e
mer
du
ROYAUMENord
coups d’arrêt alliés
Bombe atomique
R
a
Blitzkrieg
qu
+
+
+
Alliés
à l’automne 1942
U
Leningrad
lti
Les grandes phases
du conflit
FINLANDE
NORVÈGE
Ba
MOTS CLEFS
Vo
lg
1
r
gros plan
Alliés fin 1942
États neutres
pétrole
Document 4
Une rescapée témoigne sur le bombardement atomique d’Hiroshima, le 6 août 1945.
Futaba Kitayama, âgée de 33 ans, se trouvait à 1 700 m
du point d’impact.
Sans qu’il y eût alerte aérienne, un avion ennemi apparut tout seul, très haut au-dessus de nos têtes, et juste à
ce moment-là un éclair fulgurant occupa tout le ciel.
[…]. Je ne voyais plus rien. Il faisait complètement
noir. Il y avait une odeur terrible dans l’air. Je me frottai le nez et la bouche assez fort avec une serviette.
Avec horreur, je découvris que la peau de mon visage
était restée dans la serviette. Ah ! Celle de mes mains,
celle de mes bras se détachait aussi ! Je voulais fuir.
Tout n’était plus que débris, charpentes, poutres et
tuiles de toits, sans plus aucun point de repère.
Autour de moi, une quantité d’écoliers et de lycéens se
débattaient dans les souffrances de l’agonie. Ils étaient
tellement brûlés et saignants que les regarder était un
spectacle insupportable. Mon mari, qui ne portait
même pas trace de blessure, mourut subitement trois
jours plus tard en vomissant son sang.
D’après Give Me Water, brochure publiée
en anglais par des citoyens d’Hiroshima,
citée dans Le Monde, 6-7 août 1975.
Les victoires de l’Axe (1939-1942). Jusqu’à l’agression allemande contre l’URSS en juin 1941,
les deux États sont liés par un pacte de non-agression, le pacte germano-soviétique (août 1939).
Questions
1. L’aviation attaque simultanément les lignes arrière
et avant de l’ennemi tandis que les blindés attaquent
le front.
aviation et parachutistes
34
Document 2
2. Les blindés percent le front tandis que l’aviation
empêche les réserves ennemies d’intervenir.
infanterie motorisée et blindés
3. Les blindés s’enfoncent en territoire ennemi tandis
que l’infanterie attaque à son tour pour réduire les
poches de résistance.
infanterie
défenses adverses
La Blitzkrieg (guerre éclair). Cette tactique militaire a valu aux Allemands de rapides et éclatantes victoires.
Document 1 | Pourquoi cette guerre est-elle mon-
Document 3 | Quelle est, en Europe, l’année char-
diale ? Quels pays ou régions du monde sont
occupés par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste ?
par le Japon ?
nière de la Seconde Guerre mondiale ? Quelles
sont les différentes étapes de la reconquête de
l’Europe par les Alliés ? Comment les forces de
l’Axe sont-elles amenées à la capitulation ?
Document 2 | À l’aide des schémas, expliquez le
terme « guerre éclair ». Qu’est-ce qui la rend si
« efficace » ?
Documents 1 à 4 | Rédigez un paragraphe de 10
lignes sur les grandes phases de la Seconde Guerre
mondiale.
35
3
gros plan 2
MOTS CLEFS
Collaboration
et résistance
+
+
État français
+
Maquis
Forces françaises
de l’intérieur
Quelles sont les différentes attitudes des Français durant la
Seconde Guerre mondiale ? Quelles en ont été les conséquences ?
Document 1
L’entrevue de Montoire,
24 octobre 1940.
L’État français choisit la voie
de la collaboration.
Document 2
Pierre Laval : « Je souhaite
la victoire allemande. »
Vice-président du Conseil
jusqu’en décembre 1940,
il fut à partir de 1942 le principal
artisan de la collaboration.
De cette guerre, surgira inévitablement une nouvelle
Europe. On parle souvent d’Europe. C’est un mot
auquel en France on n’est pas encore très bien habitué.
On aime son pays parce qu’on aime bien son village.
Pour moi, Français, je voudrais que, demain, nous
puissions aimer une Europe dans laquelle la France
aura une place qui sera digne d’elle.
Pour construire cette Europe, l’Allemagne est en train
de livrer des combats gigantesques. Elle doit, avec
d’autres, consentir d’immenses sacrifices et elle ne
ménage pas le sang de sa jeunesse : pour la jeter dans la
bataille, elle va la chercher à l’usine et aux champs.
Je souhaite la victoire allemande, parce que, sans elle,
le bolchevisme demain s’installerait partout.
Discours du 22 juin 1942.
36
Article premier - Est regardé comme Juif, pour l’application de la présente loi, toute personne issue de
trois grands-parents de race juive ou de deux grandsparents de même race, si son conjoint est lui-même
Juif.
Article 2 - L’accès et l’exercice des fonctions
publiques […] sont interdits aux Juifs.
Article 4 - L’accès et l’exercice des professions libérales, des professions libres, des fonctions dévolues
aux officiers ministériels et à tous les auxiliaires de la
justice sont permis aux Juifs, à moins que des règlements d’administration publique n’aient fixé pour
eux une proportion déterminée.
Article 5 - Les Juifs ne pourront, sans condition ni
réserve, exercer l’une quelconque des professions
suivantes : directeurs, gérants, rédacteurs, […]
entrepreneurs de presse, de films, de spectacle, de
radiodiffusion […].
Article 7 - Les fonctionnaires juifs visés à l’article 2
cesseront d’exercer leurs fonctions dans les deux
mois qui suivront la promulgation de la présente loi.
Publié au Journal officiel.
Document 3
La politique de Vichy
vis-à-vis des Juifs.
Photographie d’une rafle de Juifs,
le 20 août 1941 et extraits du premier
statut des Juifs, 3 octobre 1940.
Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à
la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos
armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat. […] L’espérance doit-elle disparaître ?
La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi
qui vous parle en connaissance de cause et vous dis
que rien n’est perdu pour la France. […]
Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent
en territoire britannique ou qui viendraient à s’y
trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des
industries d’armement qui se trouvent en territoire
britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se
mettre en rapport avec moi. Quoi qu’il arrive, la
flamme de la résistance française ne doit pas
s’éteindre et ne s’éteindra pas.
L’humiliant armistice signé par le maréchal Pétain
m’a profondément déçu. J’ai appris assez rapidement
qu’un général français continuait le combat en
Angleterre. J’ai ressenti alors un immense espoir.
[…] Fin février 1943, j’avais 32 ans et demi, je reçus
une convocation pour aller travailler dans une usine
du nord de l’Allemagne. J’étais fermement résolu à
ne pas travailler pour l’ennemi et me cachais dans
une masure isolée dans les bois.
La ligne de démarcation avait été installée à trois
kilomètres de chez moi ; je faisais passer clandestinement en zone libre de nombreux militaires évadés,
ainsi que des familles qui tentaient d’échapper à l’occupant. Je devais rechercher des terrains de parachutages et des lieux de stockage d’armes, de munitions et d’explosifs, destinés au maquis. La Section
spéciale de sabotage campait à la maison, je participais donc à toutes les actions.
D’après DE GAULLE, L’Appel,
tome 1, Plon, 1954.
Témoignage d’Edmond DURUISSEAU,
musée de Résistance, Angoulême.
Document 4
De Gaulle à Londres :
« La flamme de la résistance
française ne doit pas s’éteindre. »
Le général de Gaulle, devant
le micro de la radio de Londres et
extraits de l’appel du 18 juin 1940.
Document 5
Prendre le maquis, ou
l’engagement des résistants.
Photographie d’un maquis en 1944,
suivie du témoignage d’un résistant.
Questions
Document 1 | Qui sont les deux personnages qui
Document 4 | Qui est le général de Gaulle ? D’où
se serrent la main sur la photo ? En quoi cette
entrevue est-elle symbolique de la collaboration ?
s’exprime-t-il ? Pourquoi son appel contredit-il la
politique menée par l’État français ?
Document 2 | Quelles sont les réponses avancées
Document 5 | Quelles sont les raisons qui ont
par Pierre Laval pour collaborer avec l’Allemagne ?
Document 3 | Quelles formes la collaboration avec
poussé Edmond Duruisseau à résister ? Quelles
formes son action prend-elle ? Comment les Allemands considèrent-ils les résistants ?
les nazis prend-elle pour ce qui concerne les Juifs ?
Avec quelles conséquences ?
Documents 1 à 5 | Rédigez un petit texte sur la
collaboration et la résistance.
37
3
gros plan 3
300 km
Les Droits de l’Homme
bafoués
Quelles ont été les atteintes les plus terribles aux Droits de
l’Homme durant la Seconde Guerre mondiale ? Pourquoi parle-t-on
alors de « crimes contre l’humanité » ?
MOTS CLEFS
+
+
+
+
Stutthof
Crime
contre l’humanité
Einsatzgruppen
Génocide
Neuengamme
Document 1
Les soldats de la Wehrmacht
participent à la « guerre
d’extermination ».
Ci-dessus, après une fusillade
de masse.
Berlin
BergenBelsen
GrossRosen
Buchenwald
Bois-le-Duc
Mittelbau-Dora
Document 3
Varsovie
BELZEC
MAÏDANEK
Pologne
AUSCHWITZ
Theresienstadt
Struthof
Natzwiller
Document 2
Le sort des prisonniers
de guerre russes.
Nous étions stationnés à Rovno. Un matin, je fus éveillé
par de lointains aboiements. J’appelai mon ordonnance : « Pandore, qu’est-ce qui gémit et glapit comme
ça ? – Pas loin d’ici, dit-il, il y a un camp de prisonniers
russes massés en plein air. Il doit y en avoir 80 000
environ. Ils gémissent parce qu’ils ont faim. »
J’allais voir. Derrière un réseau de barbelés, une foule
de prisonniers s’étendait à l’infini. Il faisait – 20 °C et
tous étaient parqués en plein air. Quelques-uns seulement pouvaient se tenir debout. Leur face était desséchée, leurs yeux profondément enfoncés dans les
orbites. Il en mourrait des centaines, peut-être des milliers par jour et ceux qui avaient encore quelques
forces les jetaient dans une grande fosse.
Témoignage du docteur Sulyok, officier hongrois,
Deux nuits sans jour, 1948.
SOBIBOR
CHELMNO
Osnabrück
Solution finale
TREBLINKA
Sachsenhausen
Flossenbürg
Ravensbrück
Esterwegen
Dachau
principaux
camps de
concentration
camps
d’extermination
Document 5
Allemagne en 1942
Mauthausen
victimes estimées :
1 million
200 000
100 000
Document 4
Le système
concentrationnaire nazi.
Carte de l’implantation des camps
de concentration et d’extermination
dans l’Europe occupée.
La solution finale à Auschwitz.
Déposition de Rudolf Hoess au procès de Nüremberg.
À Auschwitz, deux médecins SS examinaient les arrivages de transports de prisonniers. Les prisonniers
devaient passer devant l’un de ces médecins qui, à
l’aide d’un signe, faisait connaître sa décision. Ceux qui
étaient jugés aptes au travail étaient envoyés dans les
camps ; les autres, dirigés sur les lieux d’extermination.
Les enfants en bas âge étaient exterminés sans exception. […] J’avais reçu l’ordre de mettre au point les procédés d’extermination à Auschwitz. […] [Je décidai]
d’employer le Zyklon B, un gaz, que nous introduisions
dans la chambre à gaz par une petite fente. Il fallait de
trois à quinze minutes pour tuer les hommes se trouvant dans la chambre à gaz. […] Nous attendions d’habitude une demi-heure avant de rouvrir les portes et de
sortir les cadavres. Nos groupes spécialisés leur retiraient alors bagues, alliances ou dents en or.
Rudolf HOESS, commandant du camp d’Auschwitz,
Déposition au procès de Nüremberg, avril 1946.
L’action des Einsatzgruppen (« groupes d’intervention ») dans les territoires conquis
par les nazis. À gauche, un bilan chiffré des exactions commises par un Einsatzkommando
(« commando d’intervention ») en Lituanie ; à droite, le témoignage d’un dirigeant d’Einsatzgruppen.
2 octobre 1941, Zagare :
633 Juifs, 1 107 Juives, 496 enfants juifs ............ 2 236
(Lorsqu’on a voulu mener les Juifs à l’exécution,
il y a eu une révolte qui a été réprimée directement
et 150 Juifs ont été fusillés sur le champ.)
4 octobre 1941, Kaunas :
315 Juifs, 712 Juives, 818 enfants juifs............... 1 845
29 octobre 1941, Kaunas :
2 207 Juifs, 2 290 Juives, 4 273 enfants juifs ....... 9 400
[…] Total pour le Einsatzkommando 3
du 7 juillet au 29 novembre 1941 .................... 99 804
Rapport adressé au commissariat du Reich d’Ostland.
Cité par R. Rürup, Der Krieg gegen die Sowjietunion,
1941-1945, trad. H. Heising, Berlin, éd. Argon, 1991.
38
J’ai donc participé à la grande opération1 de mise à
mort d’avant-hier.
Aux premiers véhicules chargés de gens, mes mains ont
quelque peu tremblé au moment de tirer, mais l’on s’y
habitue. À la dixième voiture, je visai calmement et tirai
de façon sûre sur les femmes, les enfants et les nourrissons nombreux, en pensant que j’avais moi-même deux
nourrissons à la maison, avec lesquels ces hordes agiraient de même, voire peut-être dix fois pire. […]
Mogilev est maintenant moins peuplée d’un nombre à
trois zéros. Je me réjouis vraiment, et beaucoup disent
ici que quand nous rentrerons dans la patrie, ce sera le
tour de nos juifs locaux.
Lettre du commissaire W. Mattner à sa femme, Mogilev,
5 octobre 1941. Cité par Ch. Gerlach, Meurtre calculé, 1999.
1. Liquidation du ghetto de Mogilev (Biélorussie) par l’Einsatzgruppe B,
le 2 novembre 1941. Plus de 2200 juifs sont exécutés dans la journée.
Questions
Document 1 | Qui procède à l’exécution de ces
prisonniers de guerre ? En quoi cela est-il une
atteinte aux Droits de l’Homme ?
Document 2 | De quels maux souffrent atrocement ces prisonniers russes ? Est-ce une situation
normale en temps de conflit ? À travers ce traitement inhumain, que font les Allemands ?
Document 3 | Où se situent les actions des Einsatzkommandos et des Einsatzgruppen ? Qui sont
leurs victimes ? Le personnage qui s’exprime est-il
d’accord avec la mission qui lui a été confiée ?
Document 4 | Où les camps de concentration
sont-ils situés ? Les camps d’extermination ? Pourquoi ? À combien peut-on estimer le nombre de
victimes à Auschwitz ?
Document 5 | Quels sont les déportés destinés à la
chambre à gaz dès leur arrivée à Auschwitz ? Comment sont-ils exterminés ? Pourquoi peut-on parler
de « génocide » et de « crime contre l’humanité » ?
39
3
l’essentiel
À MÉMORISER
Repères historiques
La Seconde Guerre mondiale
(1939-1945)
3 La France dans la guerre
1 Les phases de la guerre
✓ L’Axe victorieux (1939-1942)
Le 1er septembre 1939, l’Allemagne attaque la Pologne : la
Seconde Guerre mondiale commence. Pratiquant la guerre éclair
(Blitzkrieg), la Wehrmacht obtient des succès foudroyants. De
mai à juin 1940, les Pays-Bas, la Belgique sont envahis, la France
battue et occupée. Seule l’Angleterre résiste. En juin 1941, malgré le pacte germano-soviétique signé en août 1939, Hitler
envahit l’URSS. Le 7 décembre 1941, les Japonais attaquent la
base militaire américaine de Pearl Harbor dans le Pacifique, provoquant ainsi l’entrée en guerre des États-Unis. En 1942, les
puissances de l’Axe dominent une partie du monde, l’Europe
connaît la domination nazie, la guerre est mondiale.
✓ L’Axe vaincu (1942-1945)
Document 1 - Le projet nazi
pour l’Europe. Affiche allemande
de 1942.
Document 2 - La barbarie nazie.
Après la libération du camp
de Bergen-Belsen, des femmes SS
contraintes de déposer
les cadavres des déportés
dans une fosse commune.
40
✓ Vichy et la collaboration
• Septembre 1939 : invasion
de la Pologne par l’Allemagne
• 18 juin 1940 : appel du général
de Gaulle depuis Londres
• Mai 1945 : capitulation
allemande
• Août 1945 : Hiroshima
Après la cuisante défaite militaire subie par la France, le Maréchal Pétain demande l’armistice. La France est coupée en deux :
au nord, une zone occupée par les Allemands ; au sud, une zone
dite « libre », sous l’autorité du gouvernement français réfugié à
Vichy.
Le 10 juillet 1940, Pétain obtient du Parlement les pleins pouvoirs. Il met en place une véritable dictature, l’État français, qui
rompt avec les valeurs républicaines de « Liberté, Égalité, Fraternité » pour renouer avec la tradition, incarnée dans la devise
« Travail, Famille, Patrie ». Pétain, après l’entrevue avec Hitler à
Montoire, engage son gouvernement dans la voie de la collaboration avec l’Allemagne. Ainsi, Vichy participe activement à la
politique d’exclusion, de persécution et de déportation des Juifs.
Entre juin et février 1943, les Alliés bloquent la progression de
l’Axe dans le Pacifique, en Afrique, en Europe. En Russie, les
Allemands sont contraints de capituler à Stalingrad : c’est le
tournant de la guerre. Les débarquements alliés de Normandie
(6 juin 1944) et de Provence (15 août 1944) permettent de libérer la France. Les Alliés entrent en Allemagne, prise en étau par
les Anglo-Américains à l’ouest et les Soviétiques à l’est : elle
capitule le 8 mai 1945. Dans le Pacifique, devant la résistance
acharnée des Japonais, les États-Unis décident de l’emploi de
l’arme atomique sur Hiroshima et Nagasaki (août 1945). Le
2 septembre 1945, le Japon est contraint à la capitulation.
✓ Résistance et France libre
2 Les Droits de l’Homme bafoués
4 Le bilan de la guerre
Dans l’Europe sous domination nazie se met en place une féroce
politique de terreur. À l’Est, les Allemands exécutent les prisonniers de guerre soviétiques, réduisent en esclavage et massacrent les populations slaves. Partout, les nazis traquent, déportent Juifs et Tziganes qui subissent un véritable génocide dans
les camps d’extermination .
Ceux qui, rejetant l’occupation et l’idéologie nazie, tentent de
résister sont impitoyablement pourchassés, torturés et, pour la
plupart d’entre eux, envoyés en camp de concentration.
Avec près de 60 millions de morts, jamais une guerre n’a été plus
meurtrière, surtout pour les civils. Les destructions sont
immenses. Les Droits de l’Homme ont été piétinés et les
consciences sont bouleversées devant l’horreur des camps où
ont péri plus de six millions de personnes. Le procès de Nüremberg s’ouvre en 1945. 24 hauts responsables nazis y sont jugés.
La France et la Grande-Bretagne sortent affaiblies du conflit, au
profit des États-Unis et de l’URSS, grands vainqueurs de cette
Seconde Guerre mondiale.
Le 18 juin 1940, le général de Gaulle lance, depuis Londres, un
appel à la résistance. Les résistants sont alors bien peu nombreux,
mais, progressivement, s’organisent mouvements et réseaux. À la
suite de l’invasion de l’URSS par l’Allemagne, le parti communiste
lance des actions d’envergure contre l’occupant.
À partir de 1943, l’unification de la Résistance intérieure au sein
d’un Conseil national de la résistance (CNR) est réalisée par Jean
Moulin.
En 1944, les résistants participent à la libération d’une partie du
territoire national aux côtés des Alliés.
Document 3 - Jean Moulin (18991943). Ancien Préfet, il fonde
le Conseil National de la Résistance.
Arrêté à Caluire, près de Lyon,
il meurt après avoir été torturé par
la Gestapo.
Staline
Roosevelt
Churchill
Document 4 - Les vainqueurs
à Yalta (le général de Gaulle
n’a pas été invité).
41
Au brevet, on doit traiter un sujet à partir d’une série de plusieurs documents de natures
variées : textes, images, cartes… Mettez en relation les documents ci-dessous en utilisant
la méthode indiquée, après vous être entraîné avec l’exercice de la page 43.
documents en histoire
Entraînement ...............................................................
Le régime électoral représentatif, majoritaire,
parlementaire, qui vient d’être détruit par la
défaite, était condamné depuis longtemps par
l’évolution générale et accélérée des esprits et des
faits dans la plupart des pays d’Europe et par l’impossibilité de se réformer. […]
Un peuple n’est pas un nombre déterminé d’individus. […] Un peuple est une hiérarchie de
familles, de professions, de communes, de responsabilités administratives, de familles spirituelles, articulées et fédérées pour former une
patrie animée d’un mouvement, d’une âme, d’un
idéal, moteurs de l’avenir, pour produire à tous
les échelons une hiérarchie des hommes qui se
sélectionnent par les services rendus à la communauté, dont un petit nombre conseille, quelquesuns commandent et au sommet, un chef qui gouverne. […] Je me propose de recomposer un
corps social d’après ces principes.
Discours prononcé le 8 juin 1941.
Document 1
Les symboles et l’imagerie du régime de Vichy.
Affiche de propagande de 1942.
Document 2
Les conceptions politiques du Maréchal Pétain :
la Révolution nationale.
Méthode ....................................................................
1
●
2
●
3
●
4
●
42
5
●
6
●
Précisez la nature (texte officiel, discours, extrait de Mémoire, article de presse, données
statistiques, carte, œuvre d’art, caricature, affiche…), le(s) auteur(s) des documents, la
date à laquelle ils ont été réalisés (se reporter aux pages 18-19 et 30-31).
Lisez les documents attentivement, séparément. Dégagez les faits et idées qui se rapportent au sujet, puis notez-les.
Analysez ces informations : que m’apportent-elles sur la compréhension du sujet ?
Croisez vos analyses en vous posant les questions suivantes : quelles sont les informations communes à plusieurs documents ? Certaines informations sont-elles complémentaires ? Contradictoires ?
Regroupez les informations par thème et donnez à chacun de ces thèmes un titre en rapport avec le sujet.
À la lumière de ces réponses, faites une critique, d’abord séparée, puis croisée, des différents documents.
Document 3 - Les représailles allemandes. Avis d’exécution
d’otages du commandement allemand en France.
vers le brevet
Mettre en relation des
Document 4 - Affiche des années 1950,
en hommage aux fusillés de Châteaubriant.
Consignes
1 Quelle est la nature de chacun des documents ? À quelle date ont-ils été réalisés ?
●
2 À quel événement ces documents font-ils référence ?
●
3 Qui sont les « lâches criminels » ? Les « barbares » ? Expliquez cette différence d’appréciation.
●
4 Pourquoi les Allemands ont-ils pris et fusillé des otages ?
●
5 En quoi le document 4 glorifie-t-il la Résistance ?
●
...........................................................................................
Corrigé
1. Le document 3 est un avis d’exécution émanant du
commandement militaire allemand en France, placardé les 21 et 22 octobre 1941, dans la région de
Nantes. Le document 2 est une affiche commémorative éditée dans les années 1950.
2. Il s’agit de l’exécution par les Allemands de 98
otages à Châteaubriant, près de Nantes, le 22 octobre
1941.
3. Les « lâches criminels » sont les Résistants. Les
« barbares » sont les Allemands, les nazis. Le point de
vue n’est pas le même : d’un côté, un avis de l’armée
allemande, qui réagit à l’assassinat d’un de ses officiers, de l’autre une affiche éditée en France, en souvenir de l’exécution collective de 98 otages.
4. Les Allemands se servaient des otages pour encourager les dénonciations et, en les fusillant, terroriser
les populations civiles en « faisant des exemples ».
5. Le personnage au centre de l’affiche doit être un
Résistant (fusillé en 1942). En fond, une France stylisée et les trois couleurs du drapeau national. L’image
symbolise le héros, mort pour la France et devenu
« immortel ».
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3 La Seconde Guerre mondiale (1939-1945) - images.hachette