
Semaine du 22 au 28 mars 2013
teint ce que nous avons toujours tenu pour juste », a de son côté indiqué Wolf-
gang Schäuble avant d’ajouter : « nous n’exigeons pas des autres ce que nous
refuserions nous-mêmes de faire si la situation l’exigeait ».
Les quotidiens indiquent également qu’à l’exception de Die Linke, les partis
d’opposition ont marqué leur approbation ce qui, de l’avis du Handelsblatt, de-
vrait faciliter la tâche du gouvernement pour obtenir une majorité au Bundestag
lorsque celui-ci sera amené à se prononcer courant avril.
Au-delà d’un soulagement perceptible, la presse ne manque pas de souligner que
Chypre, qui se voit imposer un plan de sauvetage ayant valeur de première, va
devoir à présent faire face à de grandes difficultés.
« Par la perte des revenus tirés d’un secteur bancaire pléthorique, l’économie de
l’île va être réduite d’au moins un quart et des milliers de Chypriotes vont perdre
leur emploi, sans compter que Chypre va devenir le pays le plus endetté de la
zone euro », s’inquiète le Tagesspiegel. La FAZ évoque elle aussi des « consé-
quences dramatiques » pour l’économie chypriote.
Plusieurs quotidiens concluent de facto à une « expérience risquée » (Die Welt)
de nature à saper la confiance que les épargnants européens pouvaient avoir
jusqu’ici.
« Pour la première fois des banques en difficulté ne vont pas être sauvées, mais
rationalisées ou fermées et les coûts ne devront pas être supportés par
l’ensemble des contribuables, comme ce fut le cas en Irlande ou en Espagne,
c’est une mesure juste, mais elle n’est pas sans risque car la confiance détruite
ne pourra pas empêcher à l’avenir la fuite de capitaux », fait valoir le Handels-
blatt.
« La ponction qui va être appliquée aux comptes de plus de 100.000 euros
anéantit le sentiment de confiance qui prévalait jusqu’ici et détruit concrètement
le modèle économique de Chypre », relève la Süddeutsche Zeitung pour qui cette
mesure s’apparente à une « violation des droits de propriété ».
Tout en se félicitant également que le secteur bancaire soit mis à contribution,
Die Welt estime que le cas chypriote restera singulier. « Ce que l’on a osé là, on
ne l’oserait en aucun cas en Italie ou en Espagne », juge le quotidien. « Chypre
était un adversaire aisé dans la mesure où il faisait l’unanimité contre lui », es-
time aussi la Süddeutsche Zeitung.
Pour la FAZ, une leçon s’impose : chaque épargnant européen sait à présent que
ses économies n’ont rien de sûr et que l’Eurogroupe peut être amené à les lui
confisquer. « Il serait temps de laisser tranquille le contribuable européen au lieu
de lui imposer sans cesse de nouveaux fardeaux », s’indigne le journal de Franc-
fort avant de rappeler que « l’union monétaire n’était pas destinée à devenir une
union de transfert dans laquelle les banques, les fonds financiers et les grands
investisseurs seraient sûrs d’être mis à l’abri ».
A la question de savoir si la zone euro est à présent sortie de l’ornière, les jour-
naux répondent par la négative. « Des pays tels que la France, l’Espagne et
surtout l’Italie sont loin d’être sortis d’affaire », fait valoir le tabloïd Bild. « La
vraie menace pour l’Europe s’appelle l’Italie », met en exergue Die Welt qui rap-
pelle que la péninsule fait actuellement face à une double crise : économique et
politique.
Perquisition à Moscou dans les bureaux de fondations allemandes
La presse s’est beaucoup émue de la perquisition menée par la justice russe dans
les bureaux de la Konrad Adenauer Stiftung (proche de la CDU) et de la Friedrich