N° 566
Novembre 2016
REVUE MENSUELLE (10 numéros) fondée en 1959 par
L’ASSOCIATION NATIONALE DE LA PRESSE MUTUALISTE
255, rue de Vaugirard – 75719 PARIS CEDEX 15 – Tél. : 01 40 43 36 81
Abonnement :
Le numéro
......................................................................................................
10 numéros par an (pour 1 abonnement)
...............................
68,00 €
680,00 €
Vente et abonnement à nos bureaux.
Directeur de la publication : Gérard Quittard
Secrétariat de l’ANPM : Carole Corbion, 01 40 43 36 81
Christine Jorez, 01 40 43 61 27
Coordination éditoriale : Laurence Hamon
Rédactrice en chef : Sylvie Irissou
Contact technique : Cyril Dehay, 01 44 49 61 00
Ont collaboré à ce numéro :
Catherine Chausseray, Isabelle Coston, Delphine Delarue,
Réalisé par la CIEM
67, rue Blomet
75015 Paris
Benoît Saint-Sever, Léa Vandeputte, Aliisa Waltari
Numéro de CPPAP :
0518 G 83108
Numéro ISSN :
0015 – 9670
Dépôt légal :
novembre 2016
Les droits d’utilisation des visuels fournis par la Ciem pour illustrer les
articles de ce numéro sont strictement limités dans le cadre de France
Mutualité (article + photographie). Tout autre usage est interdit.
SOMMAIRE
PRESSE
Les 50 derniers articles ou dossiers de « France Mutualité »
..............................................
3
SYSTÈME DE SOINS
Médicaments : acheter sur Internet en toute sécurité
(Léa Vandeputte) ............................................................................................................................................................... 5
Brèves
..........................................................................................................................................................................................
7
MÉDECINE
Réveiller la mémoire par les odeurs
(Delphine Delarue) ........................................................................................................................................................ 10
PRÉVENTION
Cinétose : un mal bénin mais très désagréable
(Aliisa Waltari) ................................................................................................................................................................... 12
FORME – BIEN-ÊTRE
Quand les cheveux se font vieux
(Catherine Chausseray) ........................................................................................................................................... 14
Mon enfant fait des cauchemars
(Isabelle Coston) ............................................................................................................................................................. 16
SANTÉ
Brèves
.......................................................................................................................................................................................
18
VIE PRATIQUE – DROITS
Circuler à vélo : les règles à connaître
(Benoît Saint-Sever) .................................................................................................................................................... 21
Les articles de ce numéro peuvent être repris dans le cadre des 50 % de la surface
imprimée des revues mutualistes obligatoirement consacrés à l’information générale.
Novembre 2016 – N° 566 –
2
PRESSE
Les 50 derniers articles ou dossiers
de « France Mutualité »
Afin de vous aider dans l’élaboration du sommaire de votre revue,
« France Mutualité » publie chaque mois la liste de ses cinquante
derniers articles ou dossiers, brèves comprises. Vous pouvez
télécharger ces articles sur Mutweb, l’Extranet fédéral : à partir de
l’onglet « Réseaux », « Presse mutualiste » et « Collection “France
Mutualité” ».
Titre
Rubrique
Nombre
de signes
Numéro 565 – Octobre 2016
Soins dentaires : encore trop d’abus
Système de soins
4 542
Brèves et filets (6)
L’otite séreuse : une maladie à ne pas négliger
Système de soins
Médecine
6 221
4 132
Intestin irritable : des solutions existent
Médecine
4 581
Enceinte à 40 ans : un suivi particulier
Prévention
5 605
Gauchers et droitiers : quelles différences ?
Forme – Bien-être
5 007
Santé
Vie pratique /
Environnement
Numéro 564 – Septembre 2016
Contrats seniors : la Mutualité française opposée au projet Système de soins
de labellisation du ministère de la Santé
4 914
6 116
Pourquoi choisir une vraie mutuelle ?
Système de soins
5 454
Brèves et filets (5)
Endométriose : des douleurs à ne pas prendre à la légère
Cigarette électronique : où en est-on aujourd’hui ?
Pédiatrie : les idées fausses d’il y a trente ou quarante ans
Boissons énergisantes : une pratique de consommation à
risque
Brèves et filets (5)
Télétravail : des avantages et des inconvénients
Système de soins
Médecine
Prévention
Prévention
Forme – Bien-être
5 680
4 586
4 666
5 238
4 989
Santé
Vie pratique /
Environnement
5 325
5 772
Coopaname : le travail réinventé
Economie sociale
4 548
Ehpad : bien vieillir à l’abri des dérives sectaires
Brèves et filets (5)
Pollution intérieure : aérez votre logement !
4 662
Numéro 563 – Juin 2016
Système de soins
4 605
Brèves et filets (5)
Système de soins
Est-il possible de détecter un risque de rupture d’anévrisme Médecine
?
5 680
3 311
Sel : attention aux abus
Prévention
4 107
Le sport, c’est bon pour mon enfant
Forme – Bien-être
4 921
Brèves et filets (5)
Santé
5 325
Novembre 2016 – N° 566 –
3
Faites maigrir votre poubelle
Vie pratique /
Environnement
Numéro hors-série – Mai 2016
Des Etats généraux pour la santé visuelle
Etats généraux de
la santé visuelle
Basse vision : une prise en charge de qualité encore peu
Etats généraux de
répandue
la santé visuelle
L’ophtalmologie, une discipline à la pointe de l’innovation
Etats généraux de
la santé visuelle
La coopération professionnelle comme solution à la pénurie Etats généraux de
d’ophtalmologistes
la santé visuelle
Numéro 562 – Mai 2016
Citiz-France : une coopérative pour développer l’autopartage Economie sociale
Le dossier médical partagé, pour une meilleure coordination Système de soins
des soins
Brèves et filets (5)
Système de soins
Résistance aux antibiotiques : où en est-on ?
Médecine
Compléments alimentaires : utiles ou dangereux ?
Prévention
Hammam et sauna : de nombreux bienfaits,
Forme – Bien-être
peu de contre-indications
Brèves et filets (5)
Santé
Congé parental d’éducation : c’est papa qui s’occupera de Vie pratique /
bébé
Famille
Numéro 561 – Avril 2016
L’HAD, une alternative à l’hospitalisation traditionnelle
Système de soins
Brèves et filets (5)
Système de soins
Troubles de l’équilibre : quand l’oreille interne est en cause Médecine
Premiers secours : bien réagir pour sauver des vies
Prévention
Y a-t-il de « bonnes » et de « mauvaises » graisses ?
Prévention
Les « serious games » : des jeux vidéo thérapeutiques
Bien-être
Brèves et filets (5)
Santé
Ateliers solidaires : donner une seconde vie aux objets
Vie pratique /
Environnement
Numéro 560 – Mars 2016
Avantages et limites de la téléconsultation
Système de soins
Brèves et filets (5)
Système de soins
Fibromyalgie : un mal intense et invisible
Médecine
Générations Cobayes : la jeunesse engagée
Prévention
contre les maladies environnementales
Les régimes « tendance » en question
Forme
Brèves et filets (5)
Santé
Protéger ses données personnelles
Vie pratique
sur les réseaux sociaux
Voyager avec son enfant
Vie pratique
4 828
4 876
4 735
5 187
6 270
5 789
6 326
4 852
5 616
4 493
3 092
4 960
4 075
6 241
4 939
7 526
7 167
7 985
5 187
5 078
4 058
7 245
5 695
5 986
4 676
6 523
4 679
7 226
5 158
Novembre 2016 – N° 566 –
4
SYSTÈME DE SOINS
Calibrage
Texte principal : 3 980 signes
Médicaments : acheter sur Internet
en toute sécurité
4 visuels :
01_MedicamentsInternet
Les pharmacies sont autorisées à vendre en ligne des
médicaments sans ordonnance depuis 2013. Mais, sur
Internet, les sites labellisés et réglementés côtoient les sites
illégaux qui écoulent des produits frauduleux. Seul devant
son ordinateur, le patient doit donc rester vigilant pour éviter
les pièges.
Depuis janvier 2013, les Français peuvent acheter certains
médicaments sur Internet. « La vente en ligne est autorisée pour les
produits de prescription médicale facultative, par exemple le
paracétamol, et pour la parapharmacie », explique Alain Breckler,
membre du conseil central de la section A (pharmaciens d’officine) de
l’Ordre national des pharmaciens. Cette pratique est strictement
réglementée par le Code de la santé publique. En effet, seules les
officines physiques peuvent avoir un site. Pour vendre des
médicaments, elles doivent demander une autorisation auprès de
l’agence régionale de santé (ARS) et en informer l’Ordre. « En
revanche, les produits de parapharmacie ne sont pas soumis à cette
procédure », ajoute le pharmacien.
Attention aux contrefaçons
Sur Internet, cependant, la prudence est de mise. L’Organisation
mondiale de la santé (OMS) estime qu’environ 50 % des
médicaments vendus en ligne sont des médicaments frauduleux
(contrefaits ou non autorisés). « Ils représentent une menace pour la
santé publique, indique Alain Breckler, car nous ne connaissons ni
leurs conditions de fabrication ni leur composition, et ils peuvent
mettre en danger la vie du patient. » Il tient cependant à rassurer :
« Des opérations de contrôle ont montré que les officines françaises
n’étaient pas concernées par la falsification des médicaments,
contrairement à celles d’autres pays européens. »
Vérifier la labellisation du site
Pour acheter ses médicaments en toute sécurité, mieux vaut donc
prendre des précautions. « Tout d’abord, nous conseillons vivement aux
internautes de vérifier que la pharmacie en ligne est inscrite sur la liste
Novembre 2016 – N° 566 –
5
labellisée*. Ensuite, les sites doivent disposer de liens vers l’ARS et vers
l’Ordre des pharmaciens. Depuis 2015, ils doivent aussi afficher un logo
commun à tous les Etats membres de l’Union européenne. En cliquant
dessus, l’internaute peut vérifier que le site figure bien sur la liste des
sites autorisés pour l’activité de commerce électronique de
médicaments », précise le pharmacien. De plus, l’Ordre national des
pharmaciens rappelle que les mentions suivantes doivent apparaître sur
le site : la raison sociale de l’officine ; le nom du ou des pharmaciens
responsables ; l’adresse, l’e-mail et le numéro de téléphone de
l’officine ; la dénomination sociale et les coordonnées de l’hébergeur du
site Internet ; le nom et l’adresse de l’agence régionale de santé
territorialement compétente ; les coordonnées de l'Agence nationale de
sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).
Une faible part de marché
Parmi les plus de 300 pharmacies autorisées à vendre sur Internet,
rares sont celles qui tirent des revenus importants de leur site. Une
étude de l’université Pierre-et-Marie-Curie Paris-VI portant sur la
vente en ligne de médicaments, menée entre janvier et mars 2014,
montrait que seules 3 % des 870 personnes sondées avaient déjà
acheté un médicament en ligne et seulement 16 % s’étaient déjà
rendues sur des sites d’officine. « Le marché de la vente en ligne est
peu développé en France, confirme Alain Breckler. Il était important
d’offrir ce service complémentaire aux patients, mais il ne
révolutionne pas les habitudes pour le moment. Les officines sont, en
effet, facilement accessibles et bien réparties sur le territoire, avec
une pharmacie pour 2 900 habitants environ. De plus, rien ne
remplace le conseil et l’échange avec le pharmacien. »
Léa Vandeputte
* La liste des sites français autorisés est disponible sur le site de l’Ordre national
des pharmaciens, Ordre.pharmacien.fr, ainsi que sur celui du ministère de la Santé,
Sante.gouv.fr.
Novembre 2016 – N° 566 –
6
SYSTÈME DE SOINS
(brèves)
Calibrage : 1 154 signes
021_EvaluationMe
dicamentsPatient
022_Pharmacien
VaccinGrippe
Les patients interviendront dans l’évaluation
des médicaments
La Haute Autorité de santé (HAS) a récemment lancé une
expérimentation dans laquelle elle invite les patients à participer à
l’évaluation des médicaments et des dispositifs médicaux. Jusque-là,
pour réaliser l’analyse destinée à déterminer l’intérêt de ces produits,
leur prix et leur niveau de remboursement par l’Assurance maladie, la
HAS s’appuyait essentiellement sur des données cliniques, sur des
éléments économiques pour certains produits et sur l’expertise
scientifique de professionnels et de spécialistes. Désormais, les
malades pourront intervenir par l’intermédiaire des associations qui
les représentent. Dès le 21 novembre, ces dernières auront la
possibilité de déposer leurs contributions sur le site de la HAS à partir
d’une liste de produits mise à jour chaque semaine. Ce dispositif
permettra aux patients de donner un avis consultatif sur leur
traitement et sur le produit évalué, mais aussi sur la façon dont ils
vivent le parcours de soins, leur maladie et son impact sur la vie
quotidienne. Un premier bilan de cette expérimentation sera effectué
au bout de six mois.
Calibrage : 1 051 signes
Les pharmaciens autorisés à vacciner contre la grippe
Les Français pourront bientôt se faire vacciner contre la grippe dans
les pharmacies. Inédite en France, cette mesure, votée par les
députés le 27 octobre dans le cadre de l’examen du projet de loi de
financement de la Sécurité sociale (PLFSS 2017), sera testée
pendant trois ans. Son objectif est d’améliorer la couverture vaccinale
de la population contre une maladie qui tue encore des milliers de
personnes chaque année. Rappelons qu’en 2015 moins d’une
personne à risque sur deux (femmes enceintes, plus de 65 ans,
patients atteints de maladies chroniques, personnes obèses,
professionnels de santé, personnel navigant et tous ceux qui sont en
contact avec des nourrissons de moins de 6 mois) s’était fait
vacciner. Les conditions d’application de ces mesures expérimentales
et les modalités de formation des pharmaciens aux injections souscutanées seront fixées par décret. Pour pouvoir vacciner, les
pharmaciens devront notamment disposer d’une pièce dédiée et être
couverts par une assurance spécifique.
Novembre 2016 – N° 566 –
7
Calibrage : 975 signes
023_FraisCachesALD
ALD : les frais cachés des maladies chroniques
Une étude du Collectif interassociatif sur la santé (Ciss) et du
magazine 60 Millions de consommateurs rappelle que les malades
atteints par une affection de longue durée (ALD) comme le diabète ou
le cancer doivent régler certains frais de santé de leur poche malgré
la couverture à 100 % par l’Assurance maladie. En effet, certaines de
leurs dépenses ne sont pas prises en charge par le dispositif : c’est
notamment le cas du forfait journalier hospitalier, de la chambre
particulière, des dépassements d’honoraires et des frais de santé qui
ne sont pas liés directement à leur maladie. En 2013, pour les 10 %
des patients en ALD qui consomment le plus de soins, le reste à
charge s’élevait tout de même à plus de 1 700 euros. Et ces
moyennes cachent en réalité, pour les personnes les plus
consommatrices, « des restes à charge pouvant […] atteindre
plusieurs milliers, voire des dizaines de milliers d’euros », précise
l’étude.
Calibrage : 987 signes
024_ApplisSanteHAS
Applis santé : le guide de la HAS
Piluliers connectés, podomètres, applications de suivi des régimes
alimentaires, bracelets qui comptent les battements cardiaques… Il
existe actuellement près de 50 000 « applis santé » de natures très
diverses et de nouvelles apparaissent chaque jour. Pour garantir la
sécurité des données personnelles échangées et la fiabilité des
informations délivrées sur ces supports, la Haute Autorité de santé
(HAS) vient de publier une série de recommandations de bonne
pratique. Elle préconise par exemple que l’élaboration des contenus
soit assurée par des professionnels de santé ou par des organismes
professionnels compétents, que chaque source de financement ou
conflit d’intérêts soit clairement mentionné ou encore que chaque
mesure de données personnelles indique la marge d’erreur
éventuelle. La HAS souhaite également que la confidentialité des
données personnelles soit garantie selon des critères de sécurité
particulièrement stricts et exigeants.
Pour plus d’infos : Has-sante.fr, « Actualités », 7 novembre 2016.
025_RenouvellementOp
ticien
Calibrage : 1 177 signes
Le renouvellement des lunettes et des lentilles facilité
chez l’opticien
Un décret paru le 16 octobre précise les nouvelles prérogatives dont
bénéficient les opticiens-lunetiers. Ces derniers sont désormais
autorisés à adapter la prescription des lentilles de contact dans le
cadre d’un renouvellement, à condition que les patients présentent
Novembre 2016 – N° 566 –
8
une ordonnance datant de moins de trois ans (moins d’un an pour les
patients âgés de moins de 16 ans). En cas de perte ou de bris de
verres correcteurs, les opticiens pourront délivrer une nouvelle paire
de lunettes sans ordonnance lorsque « l’urgence est constatée et en
l’absence de solution médicale adaptée », précise le décret. La durée
de validité des ordonnances est quant à elle revue à la hausse :
dorénavant, il est possible de changer de lunettes sans repasser
chez l’ophtalmologiste avec une ordonnance de moins de cinq ans
pour les patients de 16 à 42 ans – la durée de validité est fixée à un
an pour les moins de 16 ans et à trois ans pour les plus de 42 ans. Le
décret maintient toutefois la possibilité pour le prescripteur de refuser
toute adaptation par les opticiens « par une mention expresse sur
l’ordonnance ».
Novembre 2016 – N° 566 –
9
MÉDECINE
Calibrage
Texte principal : 3 696 signes
Réveiller la mémoire par les odeurs
L’olfactothérapie, qui repose sur le lien existant entre les
odeurs et les souvenirs, est aujourd’hui utilisée dans
plusieurs hôpitaux pour aider les patients traumatisés
crâniens, les victimes d’AVC et les malades d’Alzheimer
atteints de troubles de la mémoire ou du langage.
4 visuels :
03_Olfactotherapie
En 2001, à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine),
le Cosmetic Executive Women (CEW)* ouvre son tout premier atelier
olfactif baptisé « Sentir pour mieux se souvenir ». L’idée de MarieFrance Archambault, ancienne psychomotricienne et initiatrice du
projet, est d’utiliser les odeurs du quotidien pour éveiller les souvenirs
des patients suivis au sein du centre de médecine physique et de
réadaptation. « L’odorat est directement lié au système limbique, le
siège des émotions dans le cerveau, et fait passer la mémoire avant
l’analyse, explique Patty Canac, olfactothérapeute pour le CEW.
L’olfaction permet d’accéder aux souvenirs plus rapidement que les
autres sens : l’odeur qui va vous rappeler un événement vécu vous
projette tout de suite dans une scénographie particulière, c’est
presque instantané. »
Quinze ans après la création du premier atelier, les bons résultats de
l’association ont encouragé d’autres établissements hospitaliers à
faire appel à ses services : le CEW gère aujourd’hui quatorze ateliers
olfactifs, dans neuf structures. Elle suit de nombreuses personnes en
rééducation neurologique, des patients atteints de troubles cognitifs
(troubles mnésiques, de la concentration, de l’élocution), des victimes
d’AVC ou de traumatismes crâniens, des malades du cancer,
d’Alzheimer ou encore des adolescents en souffrance. « Ces ateliers
permettent également un travail plus ludique, dirigé vers l’hédonicité
et le plaisir, ainsi qu’une ouverture vers l’extérieur, ajoute Patty.
Quand on est hospitalisé longtemps, cela aide beaucoup. »
Stimuler l’activité cérébrale
Concrètement, le patient est adressé aux ateliers par le corps
médical de l’hôpital avec un objectif précis qui peut être mémoriel,
langagier ou d’évasion. Il s’agit toujours d’encourager et de stimuler
l’activité cérébrale. « Nous travaillons main dans la main avec les
blouses blanches, poursuit Patty. Lorsqu’un patient nous est adressé,
Novembre 2016 – N° 566 –
10
nous prenons connaissance de son dossier, de son histoire et
mettons en place des stratégies bien définies. Par exemple,
l’orthophoniste va travailler la mémoire visuelle de la personne sur
des images de lieux qu’elle connaît et je vais travailler sur les odeurs
qu’elle aurait pu y croiser. On essaie de se rapporter à quelque chose
de vécu. »
La mallette olfactive utilisée par les deux olfactothérapeutes du CEW,
constituée avec le fabricant de parfums et d’arômes alimentaires IFF
(International Flavors & Fragrances), contient de très nombreuses
possibilités. « Nous avons des odeurs de mer, de forêt, de piscine, de
montagne, mais aussi des odeurs d’aliments, de bonbons, de
gâteaux, de viande ou de poisson », précise Patty. Lors des ateliers
individuels, l’olfactothérapeute fait sentir une petite bande de papier
buvard imprégnée au patient. Ce dernier n’a pas à nommer l’odeur, il
est simplement invité à partir à la recherche du souvenir qui lui est
lié. Peu à peu, il se réapproprie son passé et se situe ainsi plus
facilement dans le présent. Les ateliers peuvent aussi être collectifs.
Dans ce cas, les odeurs sont davantage utilisées pour susciter la
prise de parole, les échanges et le dialogue entre les patients.
Delphine Delarue
* Cette association est aussi à l’origine des premiers centres de beauté créés dans
les hôpitaux il y a une vingtaine d’années, pour aider les malades à mieux vivre leur
pathologie.
Pour plus d’infos : Cew.asso.fr.
Novembre 2016 – N° 566 –
11
PRÉVENTION
Calibrage
Texte principal : 3 520 signes
Encadré : 545 signes
Cinétose : un mal bénin mais très désagréable
Mal de mer en bateau, mal de l’air en avion ou malaises en
voiture ou en train, le mal des transports – ou cinétose –
touche de nombreuses personnes et peut facilement gâcher
les départs en vacances. Le plus souvent sans gravité, il est
dû à une discordance des informations enregistrées par les
yeux et par l’oreille interne.
4 visuels :
04_MalDesTransports
Transpiration, pâleur, salivation excessive, mal au cœur, bouffées de
chaleur, nausées et vomissements… Qu’ils soient provoqués par un
voyage en avion, en voiture ou en bateau, les symptômes de la
cinétose, ou mal des transports, sont toujours les mêmes et se
manifestent plus ou moins violemment selon les personnes (les
enfants et les femmes enceintes y sont particulièrement sensibles).
« Ces malaises, plutôt fréquents, sont liés à une discordance entre
les informations envoyées par les yeux au cerveau et les
mouvements du corps perçus par l’oreille interne [où se situe le
vestibule, l’organe de l’équilibre, NDLR] », explique le professeur
Christophe Vincent, ORL et secrétaire général de l’Association
française d’otologie et d’otoneurologie (AFON). Par exemple,
lorsqu’on lit un livre en voiture, les yeux sont concentrés sur les
pages et ne perçoivent pas les mouvements du véhicule,
contrairement à l’oreille interne et aux capteurs musculaires, qui, eux,
les perçoivent parfaitement. Il y a donc conflit entre les différentes
informations adressées au cerveau. Celui-ci ne peut traiter
correctement les messages contradictoires, il ne sait pas comment
réagir et fournit une réponse inadaptée. Le malaise sera d’autant plus
fort que les mouvements du véhicule seront importants, par exemple
en cas de virages successifs en voiture, de tempête en mer ou de
fortes turbulences en avion. En général, les symptômes disparaissent
quand le véhicule s’arrête ou quelques minutes après. Le malaise
peut aussi s’atténuer au fil des déplacements ou en quelques jours
en cas de voyage prolongé.
Novembre 2016 – N° 566 –
12
Les astuces pour éviter le malaise
« Pour éviter le mal des transports, on conseille généralement aux
personnes de fixer un point d’horizon afin de mettre en cohérence les
différentes entrées d’informations », indique le professeur Vincent. En
voiture, n’hésitez pas à vous arrêter souvent pour prendre l’air et, en
mer, essayez de rester le plus souvent à l’extérieur, au centre du
bateau, et de regarder au loin. En train, même principe : regardez au
maximum à l’extérieur en concentrant votre regard sur un point à
l’horizon. En avion, si vous en avez la possibilité, placez-vous plutôt
au centre de l’appareil, au niveau des ailes, où les mouvements sont
moins importants, et pensez à diriger la ventilation vers votre visage.
Dans le train ou en bateau, asseyez-vous plutôt dans le sens de la
marche.
Pendant le déplacement, hydratez-vous régulièrement et détendezvous. Autre astuce : mangez léger et le moins gras possible avant le
départ pour limiter les nausées et les vomissements et ne buvez pas
d’alcool (qui a un effet sur l’oreille interne). Vous pouvez également
demander à votre médecin de vous prescrire des médicaments
comme la diphénhydramine (Nautamine) ou le diménhydrinate
(Mercalm, Nausicalm) pour atténuer les réponses de l’oreille interne.
Certains existent en patch à coller derrière l’oreille ou en bracelet.
« Enfin, dans les cas sévères, la kinésithérapie vestibulaire, une sorte
de rééducation de l’oreille interne, peut parfois aider en rééquilibrant
un peu les discordances », conclut le professeur Vincent.
Aliisa Waltari
Encadré
Et le mal de terre ?
Le « mal de terre », qui peut provoquer les mêmes symptômes de
nausées, de vertiges ou de vomissements que le mal des
transports, se manifeste parfois au moment du retour à la terre
après un long voyage en mer. L’organisme, qui s’était habitué aux
mouvements du bateau, doit se réadapter et retrouver son équilibre.
Cela prend généralement de quelques heures à quelques jours.
Sachez qu’un autre type d’activité peut aussi causer des
symptômes proches du mal des transports : la pratique de jeux
vidéo de courses de voitures.
Novembre 2016 – N° 566 –
13
FORME – BIEN-ÊTRE
Calibrage
Texte principal : 3 225 signes
Encadré : 893 signes
Quand les cheveux se font vieux
Tout comme la peau, les cheveux vieillissent : ils s’affinent et
grisonnent, ils peuvent aussi pousser moins vite ou tomber
davantage. L’âge et la génétique sont les principaux facteurs
de ce phénomène. Bien que le processus soit irréversible,
certains soins apportés à votre chevelure vous permettront de
lui conserver un bel aspect.
4 visuels :
05_CheveuxVieillissent
Dès la quarantaine, voire plus tôt pour certains, l’aspect de la
chevelure commence à changer. Comme pour les premières rides,
l’apparition des cheveux blancs affecte le moral, car ces indésirables
font prendre conscience du temps qui passe. Pourtant, l’âge n’est pas
le seul facteur en jeu : certaines personnes commencent en effet à
voir leurs premiers cheveux blancs pousser dès 25 ans, quand
d’autres n’en ont pas un seul passé 40 ans.
Des modifications liées à l’âge
Chez les femmes, la baisse du taux d’hormones féminines
(œstrogènes et progestérone) due à la ménopause, notamment, rend
les cheveux plus sensibles à la testostérone, l’hormone masculine.
Leur cycle de vie raccourcit donc et ils ont tendance à tomber plus
vite et à repousser plus lentement. C’est la raison pour laquelle
beaucoup de femmes constatent à cette période de leur vie une
diminution de la densité de leur chevelure. « Chaque jour, une femme
perd en moyenne et naturellement entre 50 et 100 cheveux, surtout
après l’âge de 50 ans », indique la Société française de dermatologie
(SFD) sur son site. Cette diminution de volume s’explique également
par une moindre épaisseur de la fibre capillaire elle-même. La
cuticule, l’enveloppe qui entoure la fibre du cheveu, se dégrade avec
l’âge : elle est moins épaisse et plus fragile. Devenus plus fins, les
cheveux sont aussi moins bien protégés contre les agressions en tout
genre : pollution, chlore, colorations, rayons UV, chaleur du sèchecheveux, etc.
Novembre 2016 – N° 566 –
14
Changer ses habitudes
Pour les préserver, évitez donc les brushings trop fréquents, et si vous
ne pouvez pas vous passer de sèche-cheveux, choisissez la
température la plus basse. Les élastiques, barrettes ou pinces trop
serrées abîment aussi les fibres capillaires et peuvent causer une
alopécie dite de traction, perte de cheveux causée par une trop forte
traction exercée sur ces derniers. Ils ont aussi besoin d’être davantage
protégés, en particulier des rayons UV. Voilà pourquoi, en été, il est
conseillé d’utiliser une huile ou un lait protecteur. Des soins
spécialement adaptés, qui contiennent notamment de la kératine et des
nutriments comme le zinc, permettent aux cheveux vieillissants de
maintenir volume et brillance ; d’autres, plus spécifiques, entretiennent
la blancheur en leur évitant de jaunir.
« Contrairement à ce que l'on croit habituellement, il ne faut pas hésiter
à se laver les cheveux dès qu'ils sont un peu sales, recommande la
SFD. Le shampoing donne du gonflant à la chevelure et permet de
gagner du volume, ce qui masque les déficits capillaires. Il ne faut pas
se priver de ce geste simple, car il n'est pas néfaste pour l'évolution de
la calvitie. » En revanche, les dermatologues sont formels : la croyance
populaire selon laquelle couper les cheveux en période de pleine lune
les fait repousser plus drus est sans fondement.
Catherine Chausseray
Encadré
Couleur, coupe : comment choisir sa coiffure ?
Cheveux longs ou courts, frange, couleur… : certains choix de
coiffure peuvent masquer ou atténuer les défauts dus à l’âge. Une
frange effilée, par exemple, viendra habilement cacher les rides du
front. Le mieux est de demander conseil à votre coiffeur, qui vous
orientera en fonction de la forme de votre visage pour la coupe et de
votre carnation pour une éventuelle coloration.
Il n’y a pas de coupe particulière à adopter selon son âge et les
cheveux longs ne sont pas réservés aux jeunes. Cependant,
certaines coiffures, comme les queues-de-cheval trop hautes, sont à
bannir. De même pour la longueur : des cheveux très longs, en
dessous des épaules, auront tendance à accentuer les
imperfections. Quant à la couleur, mieux vaut éviter les tons trop
foncés, qui durcissent les traits, le mieux étant de jouer sur les
reflets, qui adoucissent.
Novembre 2016 – N° 566 –
15
FORME – BIEN-ÊTRE
Calibrage
Texte principal : 3 384 signes
Encadré : 1 160 signes
Mon enfant fait des cauchemars
Un rituel du coucher qui n’en finit plus, la peur du noir, du
monstre tapi sous le lit ou dans les placards : la nuit
s’annonce difficile pour les parents, qui risquent d’être
réveillés par les pleurs de leur petit. Fréquents chez le jeune
enfant, les cauchemars n’ont rien de dramatique, ils sont la
manifestation de frustrations ou d’angoisses ressenties dans
son quotidien.
3 visuels :
06_Cauchemars
Les cauchemars sont habituels chez les enfants âgés de 3 à 5 ans,
voire dès 2 ans et demi pour certains d’entre eux, durant la « période
œdipienne », comme l’appellent les psychanalystes. « C’est une
période de maturation importante, à la fois sur le plan neurologique et
sur le plan affectif », explique Nicole Catheline, présidente du conseil
scientifique de la Société française de psychiatrie de l’enfant et de
l’adolescent et disciplines associées (SFPEADA), qui précise :
« C’est à ce moment que l’enfant commence à avoir des avis plus
nuancés sur ses parents. Il est moins égocentré et s’aperçoit que ces
derniers peuvent punir, sanctionner. Il arrive alors qu’il se sente en
danger. » Cela coïncide aussi souvent avec l’entrée à l’école, une
phase de socialisation importante.
Un phénomène très utile
« La nuit, le cauchemar sert à évacuer la tension ressentie dans la
journée », indique la psychiatre. Comme le fondateur de la
psychanalyse, Sigmund Freud, qui décrivait le rêve comme « le
gardien du sommeil », Nicole Catheline affirme que « le rêve est un
phénomène physiologique très utile à l’enfant », car il permet au
sommeil de jouer son rôle réparateur. « Le cauchemar est la trace
que l’enfant a bien compris que ses parents pouvaient être
mécontents de lui, par exemple. Il évacue alors tout cela dans le
rêve, car celui-ci lui permet de traiter les informations reçues au cours
de la journée de manière détournée et l’aide à dormir », dit-elle.
Dans son rêve, l’enfant ne met pas directement en scène ses parents
ou ses copains d’école, il déplace ses angoisses sur une figure
imaginaire : « Ce peut être un personnage de conte, par exemple,
Novembre 2016 – N° 566 –
16
une sorcière ou bien un animal effrayant comme un loup, une grosse
bête… », détaille le docteur Catheline.
Pour la majorité des enfants, la période des cauchemars représente
donc un passage obligé. Néanmoins, « si cela dure au-delà de 6 ans,
ce peut être problématique, car cela signifie que le travail de
maturation ne se fait pas, que l’enfant est très angoissé et, dans ce
cas, il faut consulter, dans un premier temps le pédiatre ou le
généraliste », avertit la psychiatre.
Vaincre la peur d’aller au lit
Lorsque l’enfant ne veut pas aller se coucher parce qu’il redoute de
faire des cauchemars, Nicole Catheline insiste sur l’importance de le
rassurer en discutant avec lui. Elle encourage à lui « lire des livres
sur le thème des cauchemars, pour lui montrer qu’il est comme les
autres, [à] lui expliquer qu’eux aussi ont fait des cauchemars dans
leur enfance, que c’est tout à fait normal ». Pour rassurer l’enfant,
« on peut tout à fait lui laisser la porte ouverte ou la lumière allumée,
par exemple, s’il le demande, sans toutefois trop complexifier le
rituel ». En revanche, la psychiatre déconseille formellement aux
parents d’autoriser l’enfant à dormir près d’eux, un privilège qui ne
doit être accordé qu’à titre exceptionnel, « en cas de maladie, mais
pas quand il s’agit d’un cauchemar ».
Isabelle Coston
Encadré
La terreur nocturne
Les parents sont parfois déstabilisés par les terreurs nocturnes de
leur enfant. Au cours de ces manifestations, qui surviennent plutôt
en début de nuit et peuvent être spectaculaires, ce dernier crie,
s’agite, les yeux ouverts, comme s’il était éveillé. Or « la terreur
nocturne n’est rien d’autre qu’un cauchemar pendant lequel l’enfant
peut se lever, faire des gestes pour chasser quelque chose qui lui
fait peur. C’est une particularité liée à l’architecture du sommeil »,
explique Nicole Catheline, présidente du conseil scientifique de la
Société française de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et
disciplines associées (SFPEADA). Elle tient à rassurer les parents :
« C’est un phénomène tout à fait banal, l’enfant réagit devant ce
qu’il voit en rêve », avant de souligner que « les terreurs nocturnes
révèlent une petite immaturité transitoire. Souvent, il y a des
antécédents familiaux, des familles à terreurs nocturnes ».
Contrairement aux cauchemars « classiques », l’enfant ne se
souvient généralement pas de ce qui lui a fait peur. Pour ne pas
l’inquiéter inutilement, la psychiatre recommande de ne pas lui en
parler.
Novembre 2016 – N° 566 –
17
SANTÉ (brèves)
Calibrage : 1 299 signes
071_FrancaisSurpoids
072_BruitAuTravail
L’excès de poids touche près d’un Français de plus de 30 ans
sur deux
Près d’un Français sur deux de plus de 30 ans est concerné par un
excès de poids. C’est ce que révèlent les premiers résultats de la
cohorte Constances, un vaste programme de recherche porté par
l’Inserm et la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs
salariés (Cnamts). Plus de 110 000 personnes sont régulièrement
suivies dans le cadre de cette étude lancée en 2012 et qui devrait
rassembler à terme (dans dix ans) 200 000 personnes. Pour cette
première analyse consacrée au surpoids et à l’obésité, les
chercheurs se sont intéressés à environ 29 000 participants âgés de
30 à 69 ans en 2013. Résultat : la prévalence de surpoids varie de 41
% pour les hommes à 25,3 % pour les femmes. L’obésité touche
quant à elle 15,8 % des hommes et 15,6 % des femmes. Surpoids et
obésité confondus concernent ainsi 56,8 % des hommes et 40,9 %
des femmes. L’étude confirme en outre que l’excès de poids est lié
au lieu d’habitation (les départements les plus touchés par l’obésité
sont le Nord et la Meurthe-et-Moselle) et au niveau socio-économique
(un peu plus de 30 % des femmes ayant un revenu mensuel inférieur
à 450 euros sont obèses, alors que le pourcentage chute à 7 % parmi
celles qui disposent d’au moins 4 200 euros).
Calibrage : 1 022 signes
Près de huit travailleurs sur dix gênés par le bruit au travail
Selon une enquête Ifop-JNA présentée à l’occasion de la première
Semaine de la santé auditive au travail, qui a eu lieu du 24 au 28
octobre, 79 % des Français déclarent rencontrer des difficultés à
suivre des conversations de travail à cause du bruit. Et pour sept
sondés sur dix, le bruit entraîne un état de fatigue auditive, surtout
après « une exposition sonore continue au-delà des seuils
réglementaires de 80 décibels pendant huit heures », précise l’étude.
Une situation qui, si elle se poursuit en dehors du temps de travail,
risque d’engendrer « une usure prématurée des cellules sensorielles
de l’oreille ». Des conséquences loin d’être anodines, auxquelles
s’ajoutent les effets extra-auditifs du bruit tels que la nervosité ou le
manque de vigilance. Le bruit aurait également un impact
économique : toujours selon l’étude, 6 millions d’actifs en poste
perdraient au moins 120 heures de travail par an à cause des
nuisances sonores en entreprise.
Novembre 2016 – N° 566 –
18
Calibrage : 1 283 signes
073_Diabete
074_BPCO
Diabète : la surmortalité des malades toujours d’actualité
La surmortalité des diabétiques de type 2 reste une réalité en France,
malgré l’amélioration de la prise en charge. Telle est la conclusion
d’une étude présentée dans le Bulletin épidémiologique
hebdomadaire (BEH) du 8 novembre. Un phénomène qui ne
concerne que le diabète de type 2, celui que l’on découvre le plus
souvent tardivement. Cette étude portait sur deux cohortes de
plusieurs milliers de malades de plus de 45 ans suivis pendant
plusieurs années. Parmi eux, 35 % sont décédés durant l’étude, à un
âge médian de 77 ans pour les hommes et de 82 ans pour les
femmes. Ces patients sont majoritairement décédés de maladies
cardiovasculaires ou rénales, de cancers localisés comme celui du
pancréas, du côlon-rectum, du foie ou de la vessie : uniquement des
pathologies favorisées par le diabète. « Ces résultats rappellent
l’importance des mesures de prévention », qui doivent « passer par
une éducation thérapeutique adaptée », souligne le BEH. A
l’occasion de la Journée mondiale du diabète le 14 novembre,
l’Association française des diabétiques (AFD) a mis en avant le test,
récemment actualisé, qu’elle propose en ligne (Contrelediabete.fr/letest.html) et qui permet d’évaluer le risque de développer la maladie.
Calibrage : 962 signes
BPCO : 3,5 millions de personnes concernées en France
La Journée mondiale de la broncho-pneumopathie chronique obstructive
(BPCO), le 16 novembre, a été l’occasion de revenir sur une pathologie
encore méconnue du grand public, qui touche pourtant plus de 3,5
millions de Français. Cette maladie inflammatoire qui obstrue
progressivement les voies respiratoires tue chaque année 16 000
personnes dans notre pays. Si les fumeurs sont les premières victimes
(ils représentent 80 % des patients), les consommateurs de cannabis et
les victimes de tabagisme passif sont également concernés. Les signes
d’alerte sont une toux persistante et grasse, puis un essoufflement qui
devient de plus en plus handicapant. Il faut savoir que plus tôt la BPCO
est diagnostiquée, moins les lésions pulmonaires seront importantes.
Seuls l’arrêt du tabac et la pratique régulière d’une activité physique
permettent de stabiliser la maladie.
Pour plus d’infos : Vivreunnouveausouffle.fr.
075_Cranberries
Calibrage : 1 156 signes
Les cranberries seraient inutiles contre les infections
urinaires
Le remède miracle de nos grands-mères pour prévenir et soigner les
infections urinaires semble bien avoir fait son temps. Selon une étude
américaine publiée dans le Journal of the American Medical
Novembre 2016 – N° 566 –
19
Association, les cranberries (canneberges) seraient tout simplement
inutiles contre les cystites. Pour parvenir à cette conclusion, les
chercheurs ont suivi 185 femmes âgées (une population à risque en
matière d’infections urinaires). Chaque jour pendant un an, la moitié
de ces participantes ont consommé des cranberries alors que l’autre
moitié prenait des placebos. A la fin de l’étude, les femmes des deux
groupes présentaient des taux similaires de bactéries associées à
l’infection urinaire. Sur la période, 29 % des femmes avaient subi au
moins une infection urinaire : 12 femmes dans le groupe sans
cranberries et 10 dans le groupe avec cranberries. Les chercheurs
recommandent donc aux femmes victimes de troubles de ce type de
se rendre chez le médecin plutôt que de ne s’en remettre qu’aux
canneberges. Une cystite mal soignée peut en effet conduire à des
troubles rénaux importants.
Novembre 2016 – N° 566 –
20
VIE PRATIQUE – DROITS
Calibrage
Texte principal : 4 250 signes
Encadré : 602 signes
Circuler à vélo : les règles à connaître
Pour se rendre au travail ou pour se balader en famille, pour
faire du sport ou simplement pour le plaisir, le vélo est
accessible à tous. Mais, comme tous les autres véhicules, il
est soumis à certaines règles : le cycliste doit être bien
équipé et doit respecter le Code de la route.
3 visuels :
08_CirculerAVelo
Sur la route ou sur une piste cyclable, circuler à vélo est soumis à
des règles mises en œuvre pour sécuriser les espaces partagés avec
d’autres usagers. Et ces consignes doivent être respectées que l’on
avance à la seule force des mollets ou que l’on soit aidé par une
batterie électrique. En effet, un décret de mars 2016, fixant les
exigences de sécurité concernant les bicyclettes, définit ce terme :
« On entend par bicyclette tout produit comportant deux roues et une
selle, et propulsé soit principalement par l'énergie musculaire de la
personne montée sur ce véhicule, en particulier au moyen de
pédales, soit de façon additionnelle avec un dispositif d'assistance
électrique. »
Un équipement obligatoire
La première étape pour rouler en toute tranquillité consiste à disposer
d’un vélo en bon état. Certains équipements sont obligatoires. Le vélo,
qu’il soit électrique ou non, doit disposer : de deux freins, l’un à l’avant,
l’autre à l’arrière ; d’un feu avant jaune ou blanc et d’un feu arrière
rouge ; d’un avertisseur sonore et de dispositifs rétroréfléchissants sur
les côtés et les pédales. De plus, hors agglomération, la nuit ou le jour,
lorsque la visibilité est insuffisante, le cycliste et son éventuel passager
ont l’obligation d’être vêtus d’un gilet rétroréfléchissant. En complément,
la Sécurité routière recommande de porter un casque, d’installer un
écarteur de danger, d’avoir des pneus correctement gonflés et munis de
bandes latérales réfléchissantes. Elle rappelle également que les
enfants de moins de 5 ans doivent être installés dans un siège adapté
muni de repose-pieds et de courroies d’attache.
Il est possible, mais non obligatoire, de souscrire une assurance pour
garantir les dommages que vous ou votre bicyclette pouvez subir,
mais aussi ceux que vous pouvez causer (responsabilité civile). De
même, nul besoin d’immatriculer son vélo, excepté dans le cas d’un
deux-roues électrique dont le moteur a une puissance supérieure à
250 W et dont la vitesse dépasse 25 km/h.
Novembre 2016 – N° 566 –
21
Un véhicule presque comme les autres
Une fois bien équipé, le cycliste doit respecter le Code la route au
même titre que les conducteurs des autres véhicules (bus, voitures,
motos). Le non-respect de ces règles est sanctionné par une
amende. Par exemple, l’usage du téléphone portable tenu à la main
ou le refus de priorité correspondent à une amende de quatrième
classe d’un montant forfaitaire de 135 euros. Sachez toutefois que les
infractions commises à vélo n'entraînent pas de retrait de points sur
le permis. Si l'infraction est très grave (conduite en état d'ivresse ou
mise en danger d'autrui, par exemple), elle peut cependant donner
lieu à une suspension du permis de conduire.
Une bonne conduite
La Sécurité routière a émis une liste de recommandations de bonne
conduite à vélo. En ville, elle conseille ainsi de privilégier l’usage des
bandes ou des pistes cyclables quand il y en a et de ne pas circuler
sur les trottoirs, leur utilisation étant autorisée uniquement pour les
enfants de moins de 8 ans. De plus, elle rappelle que les piétons sont
prioritaires sur tous les véhicules, y compris les bicyclettes. Sur la
chaussée, il est préférable de rouler du côté droit, à environ 1 mètre
du trottoir ou des voitures en stationnement afin d’être bien visible et
de ne pas se laisser surprendre par une portière qui s’ouvrirait
brusquement, par exemple. Une distance de sécurité doit être
respectée par rapport aux autres usagers et il est fortement
déconseillé de zigzaguer entre les automobiles. Aux intersections, il
convient de se placer un peu en avant des véhicules afin d’être vu et
de ne jamais être hors du champ de vision du conducteur, par
exemple le long d’un camion ou d’un bus . Enfin, la Sécurité routière
précise que lorsque l’on roule à plusieurs, mieux vaut se positionner
en file indienne ou, à défaut, à deux de front. Au-delà de dix
personnes, le plus prudent est de scinder le groupe.
Benoît Saint-Sever
Encadré
Les entreprises peuvent encourager leurs salariés
à faire du vélo
Depuis janvier 2016, deux nouvelles mesures ont été mises en
place afin d'inciter les employeurs à développer les trajets à vélo de
leurs salariés. La première offre une réduction d'impôts aux
entreprises qui mettent à disposition de leurs salariés des vélos
pour leurs déplacements quotidiens. La seconde mesure propose
aux entreprises qui le souhaitent d’indemniser les salariés qui se
rendent sur leur lieu de travail à vélo. Le montant de cette indemnité
kilométrique vélo (IKV) est fixé à 0,25 euro par kilomètre parcouru.
Novembre 2016 – N° 566 –
22