Las Meninas ( les demoiselles d’honneur) -1656 – Diego Velasquez
Les personnages des Ménines
La jeune infante Marguerite-Thérèse
Les demoiselles d’honneur
Un chaperon
Un garde du corps
Une naine
Un enfant italien
Un chien
Vélazquez: le peintre
Le roi
La reine
José Nieto, chambellan de la reine
Personnages
(Nom + un détail)
Place dans la composition
Position adoptée
( observation)
Synonymes de regarder
admirer
dévisager
fixer
observer
guigner
„reluquer“
toiser
épier
couver des yeux
dévorer des yeux
poser les yeux sur
lumière
entrer, pénétrer
éclairer, illuminer
clarté
fenêtre, ouverture
ombre pénombre obscurité
silhouette
clair –obscur
contraste
Intention/ activité
(interprétation)
Synonymes d’écouter
entendre
percevoir
boire les paroles
positions
se trouver
se tenir
se pencher
poser
occuper une partie du tableau
debout, couché, agenouillé, penché,
appuyé, tourné vers, posé sur
Parodie avec Picasso : les Ménines
Peindre d'après l'œuvre d'un autre permet de disposer de formes sans se préoccuper de
leur référence paralysante à la réalité ou à un thème auquel on se soumettrait pour le
représenter ou l'illustrer. Le tableau « emprunté » est alors un matériau de travail.
Le tableau de Vélasquez, « Les Ménines », préoccupait Picasso depuis longtemps.
C'est un tableau-piège, et cela devait exciter prodigieusement Picasso.
Du 17 août au 30 décembre 1957, il en exécute cinquante-huit variantes.
Dans cette parodie du tableau de Vélasquez, tous les éléments s'y trouvent dans une
atmosphère monochrome bleu gris acier qui désarticule et restructure la pièce où la
lumière entre à flots. Le peintre, à gauche, est devenu une sorte de totem chevelu,
barbichu et moustachu ; au fond il y a la silhouette du courtisan en cape qui s'en va par
une porte ouverte ; à l'extrême droite, au premier plan, une sorte d'ectoplasme cerné
d'une arabesque et son chien (le teckel Lump). De gauche à droite, Picasso a de plus en
plus simplifié les figures. L'essentiel de l'œuvre du Prado est respecté, et seuls les rapports
plastiques sont modifiés par le format, en largeur chez Picasso alors que chez Vélasquez il
est en hauteur.
Picasso a travaillé le langage pictural, non sur la réalité, un événement quotidien ou un
mythe de son époque mais en démontant le mécanisme du tableau de Vélasquez. Il a isolé
un personnage ou un groupe, l'a restructuré, a joué avec les formes, a introduit des
relations. Comme s'il avait ouvert une montre et étalé les rouages sur la table.
« Supposons que l'on veuille copier les Ménines purement et simplement, il arriverait un
moment, si c'était moi qui entreprenais ce travail, où je me dirais : qu'est-ce que cela
donnerait si je mettais ce personnage, là, un peu plus à droite ou un peu plus à gauche ?
Et j'essaierais de le faire à ma manière sans plus me préoccuper de Vélasquez. Cette
tentative m'amènerait certainement à modifier la lumière ou à la disposer autrement, du
fait que j'aurais changé un personnage de place. »
« Vélasquez est visible alors qu'en réalité il ne devrait pas l'être ; il tourne le dos à
l'infante qu'au premier rang on prend pour le modèle. Il fait face à une grande toile sur
laquelle il paraît travailler ; mais comme seul le dos du tableau nous est visible, nous ne
pouvons voir ce qu'il peint. En réalité, il est en train de peindre le roi et la reine dont
nous voyons le reflet dans le miroir au fond de la pièce. »
« Qu'est-ce au fond qu'un peintre ? C'est un collectionneur qui veut se constituer une
collection en faisant lui-même les tableaux qu'il aime chez les autres. C'est comme ça
que je commence. Et puis, ça devient autre chose. »
Pablo Picasso
http://culture-et-debats.over-blog.com/article-19961221.html