La société actuelle donne une place inédite à la communication, aux médias, à la promotion,
au marketing sous toutes leurs formes, et ce pour les objets les plus variés. Le sacré et le
spirituel n’échappent pas à cette tendance. Plus de 34 millions de requêtes répondent au motclé “sacré” sur un moteur de recherche en ligne. Le besoin de les promouvoir est avéré et
multiforme, certains parlant d’un nécessaire “réenchantement du monde” (Maffesoli, 2007),
d’autres des liens subtils et profonds entre les activités de management et la dimension
spirituelle propre à l’humanité, et à une vision humaniste au sens large (Brasseur et Duick,
2013). Il émane d’individus, de professionnels, comme des organisations dédiées au sacré.
Des concepts propres à nos sociétés modernes, hors de toute organisation spécifique, fonde
également ce besoin sous un autre angle (la République, la Nation, la Liberté, la citoyenneté,
l’éducation, etc.).
Cependant, les uns et les autres ne se comprennent pas nécessairement. Or, les organisations
dites spirituelles consacrent dorénavant des ressources importantes à leurs actions de
marketing et de communication, au même titre que le font les entreprises du secteur marchand
(Maréchal et al., 2012). Comme une forme de concurrence, d’autres acteurs, individus ou
groupuscules se réclamant également d’une expertise sur ces sujets, n’ont pas hésité à investir
les médias et l’Internet pour toucher leur auditoire, avec plus ou moins de légitimité.
C’est pourquoi le groupe de recherche Hiéros vient de se constituer pour analyser la manière
dont la dimension de sacré est présente dans les stratégies marketing-vente et de
communication de et dans plusieurs types d’organisations, dans la société actuelle, et dans
l’espace public. Nous cherchons notamment à révéler si cette notion de sacré permet de créer,
de renforcer le lien entre les individus (interne, externe), de donner du sens aux actes, etc.,
dans une société en perte de valeurs.
Nous étudierons le marketing et la communication du Sacré sous des angles volontairement
très variés, en croisant des regards interdisciplinaires (sociologie, psychologie, anthropologie,
philosophie, gestion, communication, économie, droit, histoire, civilisation, histoire de l’art,
théologie, médecine, etc.). Nous nous pencherons notamment, mais sans exhaustivité sur :
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Le marketing et la communication des organisations dont l’objet est le sacré et le
spirituel,
Les perceptions et les attitudes vis-à-vis du marketing et de la communication du
sacré, avec leurs injonctions et leurs contraintes, par les individus dans la vie de
l’entreprise, dans leur rôle professionnel,
Les perceptions et les attitudes de la part spécifiquement des individus que nous
qualifierons de « spirituellement engagés »,
Les perceptions et les attentes de la part du marché, des segments-cibles de “clientèle”
que cherchent à atteindre ces organisations,
La présence de la sacralisation de certains éléments fondamentaux présents dans la vie
des organisations professionnelles, ainsi que dans l’espace public, et l’usage de la
notion de sacré dans leur marketing et leur communication, etc.
Notre travail commun, et l’invitation qui est lancée à de nouvelles contributions, participera à
une meilleure connaissance des pratiques communes, des codes, des rituels, qui permettent de
lier fortement les parties prenantes d’une organisation et/ou d’une société, autour des éléments
fondateurs du Sacré.
En revanche, ce groupe de recherche ne vise pas à :
- Analyser les phénomènes sociétaux et sociaux liés aux tensions inter-religieuses, aux
communautés religieuses ou de croyance, et autres difficultés éventuelles observées
dans la société entre ces groupes ou par ces groupes,
- Etudier directement les croyances de la population ou de ses groupes et communautés
: les croyances éventuelles et les valeurs mises en avant sont pour nous des attributs
individuels ou des caractéristiques collectives, qui ne sont ni évalués ni jugés, mais
permettant l’analyse des actions de marketing, de vente ou de communication,
- Proposer une tribune aux organisations étudiées, ni une opportunité de prosélytisme ;
notre positionnement étant clairement celui de scientifiques, il consiste à analyser
l’expression de chacun pour répondre à nos questions de recherche, et uniquement
cela.
Quatre journées d’étude sont prévues sur deux ans :
1. Le Sacré et les organisations spirituelles non religieuses face aux défis du XXIe siècle
(24/02/2015)
2. Le Sacré et les organisations religieuses face aux défis du XXIe siècle
(26/11/ 2015)
3. La place du Sacré dans le monde professionnel au XXIe siècle
(Printemps 2016)
4. La place du Sacré dans la société et l’espace public au XXIe siècle
(Automne 2016)
Le cycle se clôturera par la publication d’un ouvrage collectif.