Note d`intention de Toni Cafiero, metteur en scène

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Le Médium
Gian Carlo Menotti
Opéra Junior
Solistes du Jeune Opéra
Vincent Recolin, direction musicale
Toni Cafiero, mise en scène
Marie Arnaud, piano
Anne Valdeyron, costumes
Représentations en temps scolaire
Lundi 30 novembre - Mardi 1er décembre à 14h30
Salle Molière / Opéra Comédie
Public - 3ème / Terminale
Durée - 1h15
Représentations tout public
Samedi 28 novembre à 20h - Dimanche 29 novembre à 15h
Note
d’intention de Toni Cafiero, metteur en scène
Avec son opéra en deux actes Le Medium, Menotti s’interroge sur le pouvoir (et l'existence) du
surnaturel mais également sur les suggestions et le charme avec lesquels le mysticisme a toujours
séduit l'homme.
Au-delà des classes sociales, au-delà de la période historique et du lieu de l’action, l'histoire
pourrait en fait avoir lieu n'importe où, même aujourd'hui. En regardant cet opéra de chambre, il
est presque impossible de ne pas avoir à l'esprit des histoires de nos jours, dans lesquelles les
médiums, ou supposés, sont les protagonistes d'événements douteux. Surnaturel et magie sont en
fait évoqués par Menotti tout au long de son œuvre.
Né dans le sillage des émotions et des doutes d'une séance de spiritisme à laquelle le
compositeur a pris part en 1936, l’œuvre est créée en 1946, commandée par le Fonds Ditson M.
Alice de l'Université Columbia à New York: la première représentation a été donnée le 8 mai 1946
à Brander Matthews Theater à New York.
Les personnages, dessinés avec finesse et psychologie par Menotti sont interprétés en double
distribution par les jeunes de l’Opéra Junior de Montpellier. Ce spectacle est la finalité d'un atelier
mené au printemps dernier.
L'intrigue: une main mystérieuse touche Baba lors d’une séance de spiritisme. L’arnaque se
transforme en tragédie. Bien que les clients, même si la supercherie a été révélée, aimeraient
poursuivre les séances, Baba veut les chasser. Mais ils tentent par tous les moyens une
explication humaine. L'alcool et la terreur feront tomber Baba dans une crise profonde, dans une
folie qui la conduira, tout comme dans de nombreux faits divers de notre temps, à commettre
l’irréparable.
A propos de cet opéra, Menotti écrivait : « Malgré son cadre étrange et ses conclusions macabres,
The Medium est en fait un jeu d’idées. Il décrit la tragédie d’une femme prise entre deux mondes,
un monde réel, qu’elle ne comprend pas parfaitement, et un monde surnaturel, auquel elle n’arrive
pas à croire. Baba, (Madame Flora) le Médium, n’a aucun scrupule à duper ses clients… jusqu’à
ce qu’il se passe quelque chose qu’elle n’avait pas prévu. Cet incident insignifiant… brise la
confiance qu’elle avait en elle-même et la rend presque folle de colère. »
Argument
Acte I : le salon de Mme Flora, médium. Dans un coin de la pièce, on voit un théâtre de
marionnettes ; dans un autre coin, une statue de la Vierge. Pas de fenêtre, heure du jour
incertaine. Toby, jeune homme muet recueilli par Mme Flora, tire quelques morceaux d’une malle
pour improviser un costume. La fille de Mme Flora, Monica, se coiffe en chantant pour elle-même.
Le bruit de la porte qui claque les effraie et ils s’empressent de ranger le désordre créé par Toby.
Apparaît Madame Flora (que Monica appelle « Baba »). Elle tance vertement les deux jeunes gens
: « Combien de fois vous ai-je dit de ne pas toucher à mes affaires ? Est-ce que tout est prêt ?
Evidemment, non. » Monica calme sa mère et ils se préparent pour la séance. Monica revêt une
robe blanche tandis que Toby essaie les divers dispositifs du théâtre de marionnette, destinés à
duper les clients.
Justement, les clients arrivent : Mrs Nolan et M et Mme Gobineau. La première n’est jamais venue
tandis que les deux autres viennent depuis deux ans et expliquent à la nouvelle à quel point Mme
Flora est merveilleuse. Mme Gobineau raconte leur histoire : leur fils s’est noyé très jeune dans la
fontaine d’une maison qu’ils avaient en France. Mrs Nolan explique que sa fille est morte. Madame
Flora entre, tout le monde s’installe autour de la table. Toutes les lumières sont éteintes, à
l’exception de la bougie qui brûle devant la statue de la Madone. Baba gémit, et Monica apparaît
tout doucement dans une lumière bleue en chantant. « Mother, mother, are your there ? » « Mère,
mère, es-tu là ? » Mrs Nolan est persuadée qu’il s’agit de sa fille et pose quelques questions
faciles ; les réponses la satisfont. Mais imprudemment, Monica évoque un bracelet en or que la
fille de Mrs Nolan n’a jamais eu. Immédiatement, la vision disparaît.
Monica imite ensuite le rire d’un enfant, pour satisfaire les Gobineau. Tout à coup, Baba pousse un
hurlement : « Who touched me ? » « Qui m’a touchée ? » Elle a senti une main glacée se poser
sur sa gorge. Elle allume la lumière, chasse ses clients qui essaient de la rassurer et finissent par
partir en chantant « mais pourquoi avoir peur de nos morts ? »
La terreur de Baba est à son paroxysme. Elle saisit Toby et essaie de lui faire porter la
responsabilité du phénomène. Mais Toby, par gestes, affirme qu’il n’y est pour rien. Monica tente
de la calmer et pour la rassurer, lui chante la chanson du Cygne Noir. (« Black Swan »)
Brusquement, Baba a l’impression d’entendre des voix. Elle envoie Toby voir qui est là ; mais il n’y
a personne. Elle tombe à genoux et se met à prier tandis que Monica entonne à nouveau les
dernières mesures du Cygne Noir.
Acte II – Le même salon. Monica, assise devant le théâtre de marionnettes, regarde une
représentation que donne Toby. Elle applaudit, puis chante pendant qu’il danse pieds nus tout
autour de la pièce. La danse se transforme en une sorte de duo d’amour dans lequel Monica
chante pour eux deux, tandis que Toby mime sa partie. Elle a deviné son amour pour elle et essaie
d’en faire un rôle de théâtre comme il aime en jouer.
Baba monte péniblement l’escalier. Toby se blottit dans un coin du salon alors que Monica est déjà
partie dans sa chambre. Baba interroge Toby au sujet de l’incident qui a eu lieu quelques jours
auparavant : est-ce lui qui a touché sa gorge ? Toby essaie de lui faire comprendre qu’il n’y est
pour rien mais devant son obstination, Baba, folle de rage, perd son sang-froid, saisit un fouet et le
bat sans pitié. On sonne à la porte. Ce sont les Gobineau et Mrs Nolan. N’est-ce pas cette nuit que
doit avoir lieu la séance ? « Oui, rétorque Baba. Mais il n’y en aura plus. » En quelques mots, elle
leur explique qu’elles étaient toutes frauduleuses et veut leur rendre leur argent mais ils refusent
d’admettre qu’ils se sont faits duper. Même la vue des accessoires scéniques et le son de la voix
de Monica imitant les voix n’arrivent pas à les convaincre. Ils la supplient de leur accorder une
autre séance. Perdant patience, Mme Flora les met dehors ; elle chasse également Toby de chez
elle et Monica a juste le temps de dire au revoir au jeune muet.
Les voix reviennent de nouveau aux oreilles de Mme Flora. Désespérée, elle se met à boire. Elle
passe en revue toute sa vie, essaie de se consoler avec la chanson du Cygne Noir et termine son
monologue par un fou rire. Elle demande pardon dans ses prières et s’endort finalement, épuisée.
Toby revient et va jusqu’à la chambre de Monica mais la porte est fermée à clef. Il se cache
derrière un divan ; Baba, s’agitant dans son sommeil, renverse la bouteille. Il fouille dans la malle
mais le couvercle se referme brutalement ; le bruit réveille Baba en sursaut. Toby se cache
derrière le théâtre de marionnettes. Baba crie « qui est là ? » Prenant un révolver dans son tiroir,
elle le pointe en direction du rideau du théâtre et tire. Une tache de sang apparaît sur le rideau
blanc. « J’ai tué le fantôme ! » crie Baba tandis que Toby s’agrippe au théâtre qui s’écroule sous
son poids et tombe mort aux pieds de Mme Flora. Monica, affolée, parvient à pénétrer dans la
pièce et pousse un cri devant le spectacle. Elle sort en appelant à l’aide. Mme Flora reste seule et,
épouvantée, contemple le cadavre de Toby : « C’était toi ! ».
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