Séance d’accompagnement personnalisé : activité d’approfondissement, TES.
 Les objectifs de l’accompagnement personnalisé
Extrait du BO n°1 du 04 février 2010
« L'accompagnement personnalisé comprend des activités coordonnées de soutien,
d'approfondissement, d'aide méthodologique et d'aide à l'orientation, pour favoriser la
maîtrise par l'élève de son parcours de formation et d'orientation".
"L'accompagnement personnalisé comprend, à l'initiative des équipes pédagogiques, des
activités comportant notamment:
 le travail sur les compétences de base: compréhension du travail attendu et
organisation personnelle pour y répondre, expression et communication écrites et
orale, prise de notes, analyse et traitement d'une question, capacité à argumenter,
recherche documentaire, maîtrise et utilisation responsable des technologies de
l'information et de la communication, activités contribuant au renforcement de la
culture générale (conférences), aide méthodologique à l'écrit comme à l'oral, etc;
 les travaux interdisciplinaires: thèmes de travail choisis par les élèves ou les
professeurs, projets individuels ou collectifs;
 la construction d'un parcours de formation et d'orientation réfléchi prenant appui
sur le passeport orientation formation, l'orientation active, la préparation à
l'enseignement supérieur, la participation de représentants des différentes branches
d'activité professionnelle, la découverte in situ des métiers, etc. ».
« En classe terminale, il prend appui sur les enseignements spécifiques, et sur les
enseignements constituant les dominantes disciplinaires des séries concernées. Il
contribue à la préparation de l'enseignement supérieur ».
 Objectifs pédagogiques de la séance:
- Mener une recherche documentaire en utilisant les TICE.
- Analyser et traiter une question.
- Renforcer la culture générale en sociologie.
- Définir l’objet d’étude de la sociologie et présenter la démarche du sociologue (rappel cours
1ES).
- Montrer que le raisonnement sociologique prend en compte à la fois les déterminismes
sociaux et le jeu des acteurs.
- Identifier les différents courants théoriques en sociologie.
- Associer les auteurs et les concepts importants à ces différents courants théoriques.
« La sociologie comme science »
 Activité 1 : définir l’objet d’étude de la sociologie et identifier la démarche du
sociologue.
Document 1.
La sociologie en tant que discipline entend depuis son apparition faire œuvre de
connaissance objective sur le monde social.
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Depuis le positivisme d’Auguste Comte, qui l’affirme avec force, la
sociologie se doit de rompre avec les considérations purement
spéculatives de la philosophie sociale afin de devenir une science
empirique reposant sur la production de faits observables et
démontrables.
L’affirmation de la discipline repose en effet largement sur la
production de données qui doivent servir à valider ou non les thèses
émises par le sociologue au cours de sa recherche.
Auguste Comte 1798-1857
Le rôle majeur exercé par E Durkheim se comprend pleinement en raison de l’ambition de
son projet consistant à édifier Les Règles de la méthode sociologique (1895). Au-delà du
profond désir d’émancipation de la sociologie vis-à-vis des disciplines qui l’ont précédée, le
projet scientifique de Durkheim consiste, en effet, à faire de la sociologie une véritable
science expérimentale [...].
Dans sa définition du fait social, Durkheim considère que la sociologie possède un objet
propre, les phénomènes sociaux, irréductibles aux autres phénomènes, biologiques ou
psychologiques par exemple. Le sociologue est donc conduit à délimiter avec précision le
domaine de son étude. La phase d’observation est capitale pour Durkheim, puisqu’elle permet
au sociologue de rompre avec les prénotions [...]. Le sociologue, être social, doit réussir ainsi
à s’écarter des préjugés de son temps, de son milieu, de son sexe... Sa formule célèbre :
« traiter les faits sociaux comme des choses » signifie donc bien que le sociologue doit se
prémunir contre toute « opinion » non fondée scientifiquement, même autorisée socialement
[...].
Durkheim considère que la sociologie dispose d’instruments méthodologiques appropriés, tels
que l’utilisation de statistiques pour observer les phénomènes collectifs et les tenir à distance
de ses propres représentations.
Après avoir observé la réalité sociale, le sociologue doit, selon E Durkheim, procéder à un
classement des faits [...]. Le classement des faits autorise le sociologue à recourir à la
démarche comparative qui tend à se rapprocher de la méthode expérimentale. Il peut ainsi,
analyser les types de société afin de mieux saisir, pour chacune d’entre elles, leurs principes
de fonctionnement. Le sociologue fournit ensuite une explication au phénomène étudié: celleci doit écarter soigneusement les causes relevant d’un ordre autre que du social (« expliquer le
social par le social »). Il ne doit pas se contenter, en outre, d’expliquer un phénomène par la
fonction qu’il est censé exercer dans la société. L’explication sociologique est, en effet, une
explication causale : elle consiste à aller rechercher un autre phénomène social susceptible de
rendre compte du premier, et non de recourir à la facilité qui consisterait à s’en remettre à une
explication extra-sociologique.
Source : P Riutort, Précis de sociologie, PUF, 2004.
Document 2.
Dans l’introduction, Emile Durkheim écrit :
« Comme le mot de suicide revient sans cesse dans le cours de la conversation, on pourrait
croire que le sens en est connu de tout le monde et qu'il est superflu de le définir. Mais, en
réalité, les mots de la langue usuelle, comme les concepts qu'ils expriment, sont toujours
ambigus et le savant qui les emploierait tels qu'il les reçoit de l'usage et sans leur faire subir
d'autre élaboration s'exposerait aux plus graves confusions. »
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Après des recherches approfondies et une longue réflexion,
Emile Durkheim propose une définition : « On appelle suicide
tout cas de mort qui résulte directement ou indirectement d'un
acte positif ou négatif, accompli par la victime elle-même et
qu'elle savait devoir produire ce résultat. » Le sociologue se
pose ensuite la question suivante : « Puisque le suicide est un
acte de l'individu qui n'affecte que l'individu, il semble qu'il
doive exclusivement dépendre de facteurs individuels et qu'il
ressortisse, par conséquent, à la seule psychologie. En fait,
n'est-ce pas par le tempérament du suicidé, par son caractère,
Émile Durkheim, 1858-1917 par ses antécédents, par les événements de son histoire privée
que l'on explique d'ordinaire sa résolution ? »
Émile Durkheim présente son plan de travail :
« Nous nous demanderons d'abord quelle est l'influence [des causes extra-sociales] et nous
verrons qu'elle est nulle ou très restreinte. Nous déterminerons ensuite la nature des causes
sociales, la manière dont elles produisent leurs effets, et leurs relations avec les états
individuels qui accompagnent les différentes sortes de suicides. Cela fait, nous serons mieux
en état de préciser en quoi consiste l'élément social du suicide, c'est-à-dire cette tendance
collective dont nous venons de parler, quels sont ses rapports avec les autres faits sociaux et
par quels moyens il est possible d'agir sur elle. »
Dans le Livre I, chapitre II, Partie IV il écrit :
« Si l'on compare la part proportionnelle de chaque mois dans le total des suicides annuels à la
longueur moyenne de la journée au même moment de l'année, les deux séries de nombres que
l'on obtient ainsi varient exactement de la même manière (v, tableau XIII). [...] Quand les
jours s'allongent vite, les suicides augmentent beaucoup (janvier à avril) ; quand
l'accroissement des uns se ralentit, celui des autres fait de même (avril à juin). »
Source : D’après Emile Durkheim, Le Suicide, 1897, Extraits, Les classiques des sciences
sociales en version numérique.
Document 3.
Le positivisme est un scientisme pour qui seule la connaissance scientifique des faits peut
prétendre à la vérité. La physique en constitue le modèle : à partir d’expériences, et grâce à
l’utilisation des mathématiques, le physicien peut déterminer des lois universelles qui rendent
intelligible le monde [...].
La sociologie que Comte entend fonder, se situe d’abord en continuité des sciences qui l’ont
précédée. Non seulement la sociologie leur est redevable de sa méthodologie, mais elle
bénéficie également de l’ensemble des savoirs accumulés par ces sciences. [...].
L’homme étant un être social, il n’est pas possible nous dit Comte, d’expliquer les
phénomènes sociaux en partant des individus (contrairement à ce que soutient le courant de
« l’individualisme méthodologique »). Il faut au contraire partir de la totalité (la société) pour
en comprendre les parties (l’individu ou plutôt la famille, qui constitue pour Comte, l’élément
de base de la société).
La tâche du sociologue consiste alors à mettre en évidence des lois sociales qui, à l’image des
lois de la physique, permettent de déduire les conséquences d’une combinaison de
phénomènes sociaux.
Source : M Montoussé, G Renouard, 100 fiches pour comprendre la sociologie, Bréal
2012.
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À l’aide du dossier documentaire et de vos recherches sur internet, vous répondrez aux
questions suivantes :
Questions :
1) Quel est l’objet de la sociologie ?
2) Qui est A Comte ? Que doit dégager la sociologie pour A Comte ?
3) Qui est E Durkheim ? Quel est son projet ?
4) À quelles difficultés se heurte l’explication sociologique ?
5) Qu’est-ce qu’un fait social ?
Conclusion.
Complétez le texte en utilisant les termes suivants : science, préjugés, social par le social,
causalité, objectivité, faits sociaux, sens commun, contrainte sociale, conscience collective,
actions sociales, régularités statistiques.
La sociologie, projet d’analyse « objective » des faits sociaux, naît au terme d’une longue
structuration de la société occidentale. A. Comte invente ce terme en 1838. La nouvelle
discipline se définit comme « la vraie ........................... de la nature humaine », se rapportant
« à l’étude positive de l’ensemble des lois fondamentales propres aux phénomènes sociaux ».
E. Durkheim a pour ambition de faire de la sociologie une ........................ Il veut faire de la
sociologie, une discipline positive, en prenant exemple sur les sciences de la nature. Il
commence par définir les ...................................... comme des « manières de penser et de
sentir » qui existent en dehors des consciences individuelles et qui sont dotés d’un
pouvoir de coercition.
Un fait social est une action ou pensée qui a une origine sociale (l’individu le fait en fonction
d’une ............................................. qui le dépasse), et la société fait pression sur l’individu
pour imposer cette action (................................................).
Dans Les règles de la méthode sociologique (1895), il définit l’objet de la sociologie (étudier
.......................................) et il énonce les principales règles auxquelles doit s’astreindre le
sociologue :
- « considérer les faits sociaux comme des choses »
- faire abstraction des prénotions qui font obstacles à la connaissance
scientifique.
Il affirme que la « cause déterminante d’un fait social doit être cherchée parmi les faits
sociaux antécédents ».
La sociologie cherche ainsi, à expliquer .............................................en suivant une démarche
scientifique. C’est la science qui « se propose d’étudier scientifiquement l’homme vivant en
société, les relations entre individus et le mécanisme de fonctionnement des sociétés
humaines » (Y Crozet). Les principaux axes de la sociologie sont l’explication
..................................................., la recherche de l’..........................................et l’utilisation du
principe de ............................................ La sociologie s’est constituée à partir du refus
d’expliquer les .................................................... à l’aide d’une cause extérieure à la société
(c’est-à-dire Dieu). Elle a pour ambition de rendre visibles et compréhensibles des
phénomènes sociaux qui ne sont pas immédiatement apparents. Elle permet de prendre du
recul par rapport ............................................, les opinions individuelles et publiques.
Le sociologue a des croyances, des certitudes dont il ne peut faire abstraction. Cependant le
sociologue doit maîtriser ses ................................................ s’il veut faire une œuvre
scientifique. Il doit pour cela adopter une démarche scientifique qui se déroule en trois
étapes :
- la formulation d’une question,
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-
la construction d’hypothèses et d’indicateurs pour les tester
la vérification des hypothèses en confrontant les observations réalisées aux
indicateurs retenus.
Au cours de son travail, le sociologue met en évidence des ...............................................
L’analyse de la dépendance entre deux variables (corrélation) permet d’établir des relations de
.......................................
Pour analyser le fonctionnement des sociétés, il existe différents niveaux d’analyse. Certains
sociologues
(E
Durkheim
1858-1917),
centrent
leur
analyse
sur
« ............................................. ». Ils s’intéressent aux éléments extérieurs aux individus, aux
caractéristiques du groupe social qui déterminent les comportements individuels. On qualifie
cette méthode de « holisme méthodologique ». D’autres sociologues (Max Weber 1864-1920)
centrent leur analyse sur l’étude des « ................................................... » et s’attachent au sens
que les individus donnent à leur action pour expliquer le social. On appelle cette méthode
« l’individualisme méthodologique ».
Dans la réalité ces deux logiques jouent : le comportement des individus est en partie
déterminé par des facteurs qui leur sont extérieurs, et en partie par des décisions individuelles.
L’approche holiste
 Activité 2 : montrer que dans le cadre de l’approche holiste, la société n’est pas
réductible à la somme des individus qui la composent.

L’analyse d’E Durkheim (1858-1917).
Document 4 : solidarité mécanique et solidarité organique.
La question qui est à l’origine de son ouvrage de 1893 est celle des rapports entre personnalité
individuelle et solidarité sociale : « Comment se fait-il que tout en devenant plus autonome,
l’individu dépende plus étroitement de la société ? Comment peut-il être à la fois plus
personnel et plus solidaire ? [...]. Tel est le problème que nous nous sommes posés ».1
La solidarité sociale n’étant pas directement observable, Durkheim choisit donc de
l’approcher par un indicateur. Cet indicateur sera le droit [...]. Sa typologie des formes de
solidarité découle donc d’une typologie des formes du droit, dont il distingue deux grandes
catégories : le droit répressif et le droit restitutif. [...] Or, on constate effectivement au cours
de l’évolution historique des sociétés européennes que la place du droit restitutif a
considérablement augmenté au détriment de celle du droit répressif. C’est là pour Durkheim,
le signe d’un changement dans les fondements de la solidarité sociale. Ainsi, avec la division
du travail, les causes de la solidarité sociale ont changé, on est passé d’une solidarité
mécanique, fondée sur la ressemblance des individus, à une solidarité organique, fondée sur
leur complémentarité. [...] Dans les sociétés à solidarité organique, au contraire, les individus
sont fortement différenciés. La spécialisation impose aux individus de se particulariser, de
devenir davantage autonomes même s’ils restent étroitement dépendants les uns des autres
[...]. La division du travail s’accroît donc du fait d’un accroissement préalable de la « densité
morale » de la société, laquelle peut être approchée par la « densité matérielle » [...]. La
division du travail, loin d’être à l’origine de la désorganisation sociale ou de l’atomisation de
la société, est donc une source de solidarité.
Source : Pierre-Yves Cusset, Le lien social, A Colin, 2011
1. E Durkheim, De la division du travail social, PUF, 1893
Document1
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Document 5 : Intégration et régulation
Le ton résolument optimiste que l’on trouvait dans De la division du travail social a
largement disparu dans Le Suicide (1897). La confiance de Durkheim dans les vertus de la
division du travail du point de vue de la solidarité sociale semble s’être très largement
émoussée. [...].
Pour Durkheim, le suicide doit être interprété comme le résultat d’une défaillance du
processus de socialisation, par lequel la société forme l’individu. Il peut provenir soit d’une
emprise trop forte du groupe sur l’individu, soit, au contraire d’une pression trop faible du
groupe qui n’a pas suffisamment de force pour retenir à lui l’individu [...].
Ce processus de socialisation est lui-même décomposable en deux processus fondamentaux :
d’une part un processus d’intégration sociale, d’autre part un processus de régulation sociale
[...]. La typologie des formes de suicide se déduisant de la typologie des formes possibles de
défaillance de ces deux processus fondamentaux de socialisation, qui peuvent pêcher par
excès ou au contraire par défaut, on aboutit à quatre formes fondamentales de suicide : suicide
égoïste en cas de défaut du processus d’intégration, suicide altruiste lorsque au contraire ce
processus agit de façon trop puissante sur l’individu, suicide anomique lorsque c’est le
processus de régulation qui fait défaut, et enfin, suicide fataliste lorsque la régulation des
passions individuelles est trop forte.
Le suicide altruiste, conséquence d’un excès d’intégration, se trouve fréquemment dans les
sociétés primitives [...]. En revanche, le suicide égoïste et le suicide anomique sont
caractéristiques de nos sociétés modernes [...].
La seule division sociale semble donc, dans Le Suicide, bien insuffisante pour assurer la
cohésion de la société. La conscience collective, l’autorité morale, la communauté et le sacré,
loin d’être des éléments obsolescents propres aux sociétés primitives, restent finalement pour
Durkheim, dans les sociétés modernes, des éléments essentiels qui permettent de faire tenir
ensemble les individus et la société. Voilà bien l’une des leçons essentielles que nous
enseignent les fondateurs de la sociologie : la société ne peut se fonder uniquement sur
l’existence de contrats rationnels et froids, elle ne peut reposer seulement sur les résultats de
la division du travail. L’intégration sociale repose aussi, in fine, sur l’existence de liens
affectifs, non rationnels, chauds, qui relient les individus entre eux et avec la société dans son
ensemble.
Source : Pierre-Yves Cusset, Le lien social, A Colin, 2011
Document 6 :
Pour l'auteur des Règles de la méthode sociologique (1895), toute société normale implique la
mise en œuvre de mécanismes d'intégration qui limitent considérablement l'ampleur des
conflits. [...] Elaborée au moment où la France connaît un fort développement des luttes
sociales, […] l’œuvre de Durkheim concerne les moyens de rétablir cette intégration si
indispensable au fonctionnement de l'ordre social. [...] Il en vient ainsi à considérer la crise
morale de la société française si propice à l'épanouissement des conflits extrêmes comme le
résultat d'une grave déficience de la fonction régulatrice que doivent toujours exercer à ses
yeux les normes collectives.
Source : Pierre Birnbaum, « Conflits », in Raymond Boudon (dir.), Traité de sociologie,
PUF, 1992
Les sociétés modernes présentent certains symptômes pathologiques, avant tout l'insuffisante
intégration de l'individu dans la société. […] Pour expliquer les conflits sociaux, Emile
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Durkheim utilise donc cette conception d'un dysfonctionnement social auquel il faut remédier.
Il ne croit pas aux vertus du développement des luttes sociales et du socialisme et considère
plutôt l'« agitation sociale » comme un obstacle au retour à un état non pathologique.
Source : G. Gil, « Emile Durkheim », leconflit.com, 26 mai 2008
Document 7.
« Comme tous les faits sociaux la division du travail présente des formes pathologiques qu'il
est nécessaire d'analyser. Si, normalement, la division du travail produit la solidarité sociale, il
arrive cependant qu'elle a des résultats tous différents ou même opposés. Un premier cas de ce
genre c’est fourni par les crises industrielles ou commerciales, par les faillites qui sont autant
de rupture partielle de la solidarité organique ; elles témoignent en effet que, sur certains
points de l’organisme, certaines fonctions sociales ne sont pas ajustées les unes aux autres.
Or, à mesure que le travail se divise davantage, ces phénomènes semblent devenir plus
fréquents. L'antagonisme du travail et du capital est un autre exemple, plus frappant, du même
phénomène. À mesure que les fonctions industrielles se spécialisent davantage, la lutte
devient plus vive, bien loin que la solidarité augmente. Au Moyen Âge, l’ouvrier vie partout à
côté de son maître, partageant ses travaux. Tous deux faisaient partie de la même corporation
et menaient la même existence et les conflits étaient tout à fait exceptionnels.
La diversité [des fonctions dues à la division du travail] entraîne une diversité morale que rien
ne saurait prévenir, et il est inévitable que l'une s'accroisse en même temps que l'autre. Nous
savons, d'ailleurs, pour quelles raisons ces deux phénomènes se développent parallèlement.
Les sentiments collectifs deviennent de plus en plus impuissants à contenir les tendances
centrifuges [engendrée par] la division du travail [...]
À mesure que le marché s'étend, la grande industrie apparaît. Or, elle a pour effet de
transformer les relations des patrons et des ouvriers. [...] Le travail à la machine remplace
celui de l'homme [et] l'ouvrier est enrégimenté, enlevé pour toute la journée à sa famille [...].
Ces conditions nouvelles de la vie industrielle réclament naturellement une organisation
nouvelle ; mais comme ces transformations se sont accomplies avec une extrême rapidité, les
intérêts en conflit n'ont pas encore eu le temps de s'équilibrer ».
Source : Emile Durkheim, De la division du travail social, PUF, 1873.
À l’aide du dossier documentaire et de vos recherches sur internet, vous répondrez aux
questions suivantes :
Questions :
1) Pourquoi E Durkheim insiste-t-il autant sur la notion de lien social? Comment
l’individu réalise-t-il son intégration au groupe? Quand dit-on qu’une socialisation a
réussi ou échoué?
2) Définir l’anomie.
3) Définir la solidarité mécanique, la solidarité organique, la densité morale, la densité
matérielle.
4) Quelles sont les causes et les conséquences de la division du travail social?
5) Pourquoi le suicide est–il un fait social ? Quelle démarche suit E Durkheim pour
mettre en évidence le fait social ?
6) En quoi les conflits remettent-ils en cause l’intégration sociale ?
Synthèse : l’analyse de Durkheim.
Complétez le texte en utilisant les termes suivants : complexes, conscience collective,
anomie, densité matérielle, solidarité mécanique, conflit, intégration, solidarité organique,
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autonome, solidarité, traditionnelles, pathologie sociale, division du travail, solidarité, faits
sociaux.
Émile Durkheim est considéré comme le père de la sociologie française. Il se propose de
fonder une science dont l’objet est d’étudier les « .............................................. ».
Tout au long de son œuvre, E Durkheim, s’est interrogé sur les conditions de
l’.......................................... sociale des individus. Dans De la division du travail social
(1893),
Durkheim
explique
qu’au
fur
et
à
mesure
qu’augmente
la
......................................................et morale des sociétés, celles-ci connaissent un
approfondissement de la ........................................................ Les tâches qui composent la vie
sociale se subdivisent et les individus appelés à les remplir se spécialisent. Il met ainsi en
évidence deux types de société.
Les sociétés .............................................sont relativement homogènes, elles connaissent des
différenciations individuelles limitées et les divisions sociales que l’on y rencontre
apparaissent essentiellement fondées sur la parenté, l’âge et le sexe. La
............................................. – sentiments et représentations – imprègne les consciences
individuelles, et la cohésion de l’ensemble repose sur ......................................................, ou
solidarité par similitude, fondée sur la ressemblance entre individus et leur conformité aux
normes, aux valeurs et aux rôles sociaux traditionnels.
Dans les sociétés ..........................................., la vigueur du processus de division du travail
provoque une différenciation des individus et modifie les bases de la cohésion sociale.
La ..............................................., ou solidarité par complémentarité, conduit ainsi les
individus, non seulement à se différencier (spécialisation fonctionnelle), mais également à
devenir plus .............................................. La socialisation participe donc elle-même à la
différenciation des individus et à leur spécialisation. Les consciences individuelles
s’émancipent dans une large mesure de .............................................. Logiquement, cette
différenciation individuelle croissante trouve son point ultime dans la commune humanité
présente en chaque individu : seule la qualité d’homme reste commune à chaque individu audelà de leurs différences. La .................................................. permet le développement de
l’individualisme. Les individus deviennent plus autonomes, et ainsi plus libres de choisir
leurs croyances ou leurs valeurs.
A travers les métamorphoses de la notion de ...................................... Durkheim analyse à
la fois le processus de différenciation des individus et la cohésion des sociétés modernes.
Selon Durkheim, le ................................. s’oppose à ...................................... sociale, il est le
signe d’un lien social défaillant ou insuffisant. Le conflit social a donc pour origine un défaut
d’..................................., qui peut être notamment interprété comme une situation
d’....................................., c’est-à-dire
l'absence ou déficience des normes sociales
communément acceptées. Emile Durkheim considère que les conflits sociaux, en perturbant
l’ordre social, traduisent un dysfonctionnement de la société. Ils sont une
........................................ qui découle d’une ........................................excessive conduisant à
l’anomie.

L’analyse de K Marx (1818-1883).
Document 8.
Il nous faut d'abord répondre à la question suivante : qu'est-ce qui constitue une classe ? En
fait, cette réponse résulte automatiquement de la réponse à cette autre question : comment les
travailleurs salariés, les capitalistes et les propriétaires fonciers viennent-ils à constituer les
trois grandes classes de la société ? À première vue, c'est à cause de l'identité de leurs revenus
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et des sources de leurs revenus: voici trois grands groupes sociaux dont les membres
individuels vivent respectivement du salaire, du profit et de la rente, c'est-à-dire de la mise en
valeur de leur force de travail, de leur capital, de leur terre. Toutefois, de ce point de vue, les
médecins et les fonctionnaires, par exemple, constitueraient également deux classes, car ils
appartiennent à deux groupes sociaux distincts, dont les membres tirent leurs revenus de la
même source. Le même raisonnement s'appliquerait à l'infini émiettement des intérêts et des
positions que la division du travail social suscite parmi les travailleurs tout comme parmi les
capitalistes et les propriétaires fonciers.
Source : K. Marx, Le Capital, Livre III, Œuvres, Gallimard La Pléiade, II, pp. 14841485.
Document 9.
Les conditions économiques avaient d'abord transformé la masse du pays en travailleurs. La
domination du capital a créé à cette masse une situation commune, des intérêts communs.
Ainsi cette masse est déjà une classe vis-à-vis du capital, mais pas encore pour elle-même.
Dans la lutte dont nous n'avons signalé que quelques phases, cette masse se réunit, elle se
constitue en classe pour elle-même. Les intérêts qu'elle défend deviennent des intérêts de
classe.
Source : K. Marx, Misère de la philosophie, 1847, Pléiade, Œuvres, 1977, pp. 134-135.
Document10.
Les paysans parcellaires forment une masse énorme, dont tous les membres vivent dans la
même situation, mais sans être liés par de nombreux rapports. Leur mode de production les
isole les uns des autres, au lieu d'établir entre eux un commerce réciproque. Cet isolement est
encore augmenté par le mauvais état des moyens de communication et la pauvreté des
paysans. Leur champ de production, la parcelle, ne permet, dans sa culture, aucune division
du travail, aucune application de la science, donc pas de diversité de développement, pas de
variété dans les talents, pas de richesse dans la situation sociale. Chaque famille de paysans se
suffit à peu près à elle seule, produit directement la plus grande partie de sa consommation et
gagne ainsi ses moyens d'existence par un échange avec la nature plutôt que par un commerce
avec la société. La parcelle, le paysan et la famille ; à côté, une autre parcelle, un autre
paysan, une autre famille. Une certaine quantité de familles constituent un village, et une
certaine quantité de villages forment un département. La grande masse de la nation française
est ainsi constituée par une simple addition de grandeurs de même nom, à peu près comme un
sac de pommes de terre. Par le fait de vivre dans des conditions économiques d'existence qui
distinguent leur mode d'existence, leur intérêt et leur culture de ceux des autres classes et les
posent réciproquement en ennemies, des millions de familles constituent une classe ; et par le
fait de n'être unis que par un lien purement local, par le fait que l'identité de leurs intérêts ne
crée pas de communauté, ni d'union nationale, ni d'organisation politique, les paysans
parcellaires ne constituent pas de classe, ils sont par suite incapables de se faire prévaloir en
leur propre nom, soit par un parlement, soit par une Convention. Ils ne peuvent se représenter
eux-mêmes ; il leur faut des représentants hors de leur milieu.
Source : K. Marx, Le 18 brumaire de Louis Napoléon Bonaparte, Costes, 1938, pp. 313314.
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Document 11
L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de luttes de classes. Hommes
libres et esclaves, patriciens et plébéiens, maîtres de jurande et compagnons, en un mot
oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt
ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait toujours soit par une transformation
révolutionnaire de la société toute entière, soit par la destruction des deux classes en lutte.
Dans les premières époques historiques, nous constatons presque partout une organisation
complète de la société en classes distinctes, une échelle graduée de conditions sociales. Dans
la Rome antique, nous trouvons des patriciens, des chevaliers, des plébéiens, des esclaves au
Moyen Âge, des seigneurs, des vassaux, des maîtres, des compagnons, des serfs, et, de plus,
dans chacune de ces classes, une hiérarchie particulière.
La société bourgeoise moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n'a pas aboli les
antagonismes de classes. Elle n'a fait que substituer de nouvelles conditions d'oppression, de
nouvelles formes de lutte à celles d'autrefois.
Cependant, le caractère distinctif de notre époque, de l’époque de la bourgeoisie, est d'avoir
simplifié les antagonismes de classes. La société se divise de plus en plus en deux vastes
camps ennemis, en deux grandes classes diamétralement «opposées » : la bourgeoisie et le
prolétariat.
Karl Marx et Friedrich Engels, « Manifeste du parti communiste » (1847). Éditions
sociales. p. 14 et 15.
À l’aide du dossier documentaire et de vos recherches sur internet, vous répondrez aux
questions suivantes :
Questions :
1) Qu’est-ce qu’une classe sociale ?
2) Quelles sont les conditions nécessaires pour définir une classe sociale au sens de
Marx ?
3) Quel est le rôle de la lutte des classes dans l’analyse marxiste?
4) Pourquoi est-ce une sociologie du conflit?
Synthèse : l’analyse des classes sociales de K Marx.
Complétez le texte en utilisant les termes suivants : objectivement, analyse réaliste,
polarisation, conflit, rapports de production, rapports de force, conscience de classe,
conditions subjectives, conditions objectives.
Les premières analyses de la stratification sociale sont dues à
Karl Marx (1818-1883). Les classes sociales pour cet auteur
sont la traduction des ...................................... qui régissent les
relations entre les individus au sein de la sphère productive.
L’analyse de K Marx est à la base de toute réflexion
sociologique sur la stratification sociale et sa définition des
classes sociales demeure une référence. C’est une
............................................, au sens où les classes sociales
sont des groupes qui existent ...............................................
Les individus appartiennent à une classe sociale en fonction de
leur place dans ...............................................
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Ce sont les rapports de production qui définissent les deux classes sociales fondamentales du
mode de production capitaliste, les prolétaires (qui ne disposent que de leur force de travail) et
les capitalistes (qui détiennent le capital, les moyens de production). Un autre point
fondamental est la lutte des classes, c’est par ....................................... que les individus
prennent conscience de la réalité de leur classe sociale. Pour former une classe sociale, il
faut réunir des ...................................................... (classe en soi) et des
................................................ (classes pour soi) c’est – à – dire prendre conscience de sa
condition de classe (................................................) et de l’importance d’intérêts de
classes.
Le ............................................est central dans la vision marxienne : il a une origine
économique, l’inégalité permise par la plus-value, mais il est aussi à l’origine des
............................................ Le mode de production capitaliste amènerait selon K Marx, vers
une .................................................de la société en deux grandes classes sociales par la
concentration des entreprises capitalistes et la prolétarisation des catégories inférieures
comme les petits artisans.
La théorie marxiste des classes sociales reste fondatrice dans la mesure où la plupart des
analyses postérieures se positionnent par rapport à cet héritage. Toutefois, elle semble
aujourd’hui en partie dépassée car elle demeure très ancrée dans la réalité historique du
XIXème siècle, qui n’est plus celle d’aujourd’hui. La ...................................... autour de deux
classes ne permet pas de penser la question des classes moyennes, qui est devenue centrale
dans les débats contemporains. De même, l’effritement de la classe ouvrière, depuis la fin des
Trente Glorieuses, fragilise l’analyse de Marx, dont elle constituait un des piliers.
L’approche individualiste
 Activité3 : montrer que pour l’approche individualiste, la seule réalité
observable, c’est l’acteur individuel.

L’analyse de M Weber (1864-1920)
Document 12.
L'insistance de Weber à parler d' « action » de « sens
subjectif », l'amène à qualifier sa sociologie non seulement
d'individualiste, mais aussi de « rationaliste ». Dans son
esprit, ces deux qualificatifs sont étroitement associés. En
effet, l’individu wébérien est pourvu d'un certain nombre
d'attributs - notamment, celui de combiner des moyens et des
fins, et d'évaluer les éventualités qui se présentent à lui. C'est
en ce sens qu'il est rationnel.
Naturellement, ce terme ne signifie nullement pour Weber que les acteurs (agents) sociaux
sont tous, toujours et partout, pourvus d'une échelle de préférences explicite, qu'ils disposent
d'une information complète et d'une maîtrise parfaite de leurs ressources et leurs
environnements, ni que la somme ou la résultante des actions individuelles satisfasse aux
exigences de la rationalité collective. Le, rationalisme, sociologique de Weber consiste
simplement à supposer que le sens de nos actions se détermine par rapport à nos intentions et
par rapport à nos attentes, concernant les intentions et les attentes des autres. [...].
Parmi les, fondateurs, de la sociologie moderne, Weber est celui qui s'est le mieux immunisé
contre la propension au « réalisme totalitaire » (Piaget) qui fait de la ' société « une entité
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transcendante et distincte des individus ». Pour lui, la trame de la vie sociale est constituée par
les actions d'individus capables d'anticiper, d'évaluer, de se situer les uns par rapport aux autres.
Mais, à la différence des « individualistes », ou des « idéalistes » dont Durkheim s'était fait des
plastrons, Weber a très bien vu le caractère « émergent » des faits sociaux. Il établit une
distinction très claire entre les intentions et les motivations des acteurs d'une part, et l'effet
agrégé de leur action au plan social et culturel d'autre part. Ainsi, les puritains croient, en
conformant leur conduite à la lettre des commandements divins, exprimer leur obéissance au
Dieu terrible qui les jugera ou les condamnera par un acte de son insondable justice. Pourtant,
au regard de l'historien et du sociologue, ils contribuent à légitimer des vertus séculières
comme l'épargne, l'abstinence, la diligence qui constituent des ingrédients indispensables à la
discipline des sociétés industrielles. La « sociologie compréhensive » n'est donc en aucune
façon un psychologisme qui réduirait les conduites sociales au « sens subjectif » que leur
attribuent les acteurs. Elle est mieux définie comme un effort pour saisir les processus de
combinaison et de composition à partir desquels émergent types sociaux et individualités
historiques.
Source : R. Boudon, F. Bourricaud, Dictionnaire critique de la sociologie, PUF, 3'
édition, 1990, pp. 681-682.
Document 13.
Une analyse en termes de stratification sociale qui refuse les postulats de Marx est proposée
par Weber dans Économie et société (1921). L’approche de Weber ne se réduit pas aux
classes sociales qui ne constituent pour lui que l'un des éléments de la stratification sociale. Sa
classification retient trois sphères d'activité sociale conduisant à l'établissement, chacune,
d'une hiérarchie spécifique : la classe correspond à l'ordre économique, le statut à l'ordre
social et le parti à l'ordre politique. [...] Le statut social de l'individu peut également être fondé
sur le prestige attribué à tel ou tel groupe.
Comme le souligne Weber, la considération sociale n'est pas étroitement liée à la position
économique : dans certaines sociétés, la possession d'un niveau d'instruction élevé (prêtre,
professeur...), d'un honneur, en raison de la naissance (un titre de noblesse), l'exercice d'une
profession prestigieuse (savant, artiste...) sont valorisés et peuvent contribuer à rapprocher des
individus et leur faire prendre conscience de leur appartenance à un même ensemble.
Source : P Riutort, Précis de sociologie, PUF, 2004.
Document 14.
Contrairement à la situation de classe déterminée de façon purement économique, nous appelons «
situation statutaire » ce tout spécifique du destin de l'homme déterminé par une estimation particulière,
positive ou négative, du prestige. Ce prestige peut être associé à n'importe quelle qualité commune à
une pluralité d'individus et il peut être, bien sûr, lié à une situation de classe : les différences de classe
entrent dans les relations les plus diverses avec les distinctions de statut.
En simplifiant beaucoup, on pourrait dire que les classes sont stratifiées selon leur rapport à la
production et à l’acquisition de biens tandis que les groupes de statut le sont en fonction de leurs
principes de consommation représentés par les « styles de vie » particuliers.
Quand les bases de l'acquisition de marchandises sont relativement stables, la stratification statutaire
est favorisée. Le ralentissement de la mobilité économique favorise la consolidation des structures
statutaires et fait jouer au prestige un rôle important. À l'inverse, les innovations technologiques et les
transformations économiques ébranlent la stratification statutaire et amènent la situation de classe au
premier plan.
Source : Max Weber, « Classe, statut, parti », Économie et société, II, 1922. Plon, trad. J.
Freund 1971.
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Document 15.
Nous appelons « situation de classe » la chance typique qui, dans un régime économique
donné, résulte du degré auquel et des modalités d'utilisation selon lesquelles un individu peut
disposer (ou ne pas disposer) de biens ou de services afin de se procurer des rentes ou des
revenus; chance (qui doit être évaluée sous les trois chefs) (a) de sa capacité à se procurer ces
biens, (b) de ses conditions de vie extérieures, (c) de sa destinée personnelle. Nous entendons
par « classe » tout groupe d'individus qui se trouvent dans la même situation de classe.
a) Une classe sera dite « classe de possession » dans la mesure où la situation de classe est
essentiellement déterminée par des différences en matière de possession.
b) Une classe sera dite « classe de production » lorsque les chances d'exploitation du marché
ou des services déterminent essentiellement la situation de classe.
c) On appellera « classe sociale » l'ensemble de ces situations de classe à l'intérieur desquelles
un changement est aisément possible et se produit de manière typique, pour une personne
donnée, dans la succession des générations.
Source : M Weber, Économie et société, 1922, Plon, 1971, p 309.
Document 16.
La soif « d'acquérir », la « recherche du profit », de l'argent, de la plus grande quantité
d'argent possible, n'ont en eux-mêmes rien à voir avec le capitalisme. Garçons de café,
médecins, cochers, artistes, cocottes, fonctionnaires vénaux, soldats, voleurs, croisés, piliers
de tripots, mendiants, tous peuvent être possédés de cette même soif. [...] L'avidité d'un gain
sans limite n'implique en rien le capitalisme, bien moins encore son « esprit ». Le capitalisme
s'identifierait plutôt avec la domination, à tout le moins avec la modération rationnelle de
cette impulsion irrationnelle. Mais il est vrai que le capitalisme est identique à la recherche du
profit, d'un profit toujours renouvelé, dans une entreprise continue, rationnelle et capitaliste il est recherche de la rentabilité. Il y est obligé. Là où toute l'économie est soumise à l'ordre
capitaliste, une entreprise capitaliste individuelle qui ne serait pas animée (orientiert) par la
recherche de la rentabilité serait condamnée à disparaître.
Nous appellerons action économique « capitaliste », celle qui repose sur l'espoir d'un profit
par l'exploitation de possibilités d'échange, c'est-à-dire sur des chances (formellement
pacifiques) de profit [...]. Mais l'organisation rationnelle de l'entreprise, liée aux prévisions
d'un marché régulier et non aux occasions irrationnelles ou politiques de spéculer, n'est pas la
seule particularité du capitalisme occidental.
Elle n'aurait pas été possible sans deux autres facteurs importants: la séparation du ménage
(Hausbalt) et de l'entreprise (Betrieb), qui domine toute la vie économique moderne; la
comptabilité rationnelle qui lui est intimement liée.
L'important pour notre concept, ce qui détermine ici l'action économique de façon décisive,
c'est la tendance (Orientierung) effective à comparer un résultat exprimé en argent avec un
investissement évalué en argent, si primitive soit cette comparaison.
Source : M. Weber, L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme, 1905, Plon, Agora,
1964, avant-propos, pp. 11-13.
Document 17.
Souviens-toi que l'argent est, par nature, générateur et prolifique. L'argent engendre l'argent,
ses rejetons peuvent en engendrer davantage, et ainsi de suite. Cinq shillings qui travaillent en
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font six, puis se transforment en sept shillings trois pence, etc. jusqu'à devenir cent livres
sterling. Plus il y a de shillings, plus grand est le produit de chaque fois, si bien que le profit
croît de plus en plus vite. Celui qui tue une truie, en anéantit la descendance jusqu'à la
millième génération. Celui qui assassine (sic) une pièce de cinq shillings, détruit tout ce
qu'elle aurait pu produire: des monceaux de livres sterling. [...] Il faut prendre garde que les
actions les plus insignifiantes peuvent influer sur le crédit d'une personne. Le bruit de ton
marteau à 5 heures du matin ou à 8 heures du soir, s'il parvient à ses oreilles, rendra ton
créancier accommodant et il t'accordera six mois de plus; mais s'il te voit jouer au billard, ou
bien s'il entend ta voix dans une taverne alors que tu devrais être au travail, cela l'incitera à te
réclamer son argent dès le lendemain, il l'exigera d'un coup avant même que tu l'aies à ta
disposition pour le lui rendre. [...] Si tu te donnes la peine de tout noter en détail, cela aura un
bon résultat : tu découvriras combien des dépenses merveilleusement petites et insignifiantes
s'enflent jusqu'à faire de grosses sommes, tu t'apercevras alors de ce qui aurait pu être
épargné, de ce qui pourra l'être sans grand inconvénient à l'avenir. [...]
C'est Benjamin Franklin qui nous fait ce sermon [...] En fait, ce n'est pas simplement une
manière de faire son chemin dans le monde qui est ainsi prêchée, mais une éthique particulière.
En violer les règles est non seulement insensé, mais doit être traité comme une sorte d'oubli du
devoir. Là réside l'essence de la chose. Ce qui est enseigné ici, ce n'est pas simplement le « sens
des affaires », - de semblables préceptes sont fort répandus - c'est un éthos. [..]
Source : M. Weber, L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme, 1905, Plon, Agora,
1964, avant-propos, pp. 11-13.
À l’aide du dossier documentaire et de vos recherches sur internet, vous répondrez aux
questions suivantes :
Questions :
1) Comment qualifie-t-on la sociologie de M Weber ? Expliquez ce terme.
2) Qu’est-ce qu’un acte social pour Weber?
3) Quelle démarche le savant doit-il adopter selon M Weber?
4) Comment un acteur agit-il avec rationalité?
5) Pourquoi le calvinisme constitue-t-il un système de valeurs favorable au
développement du capitalisme?
6) Qu’est-ce qu’un idéal-type?
7) Quelle est la définition d’une classe sociale selon M Weber?
8) Weber envisage-t-il la stratification sociale de manière pluridimensionnelle ?
9) Comment Weber se distingue-t-il implicitement de Marx ?
Synthèse : l’analyse de M Weber.
Complétez le texte en utilisant les termes suivants : compréhensive, le prestige, action,
compréhensive, le sens, actions individuelles, individus, compréhensive, action sociale, ordre
politique, l’activité sociale, la stratification sociale, d’accès aux biens, semblable, inégales,
classes, conscience de classe, nominaliste, d’identité collective, des groupes de statut, classes
sociales, « neutralité axiologique ».
La sociologie de M Weber est une sociologie .............................................. et explicative. Il
lui revient de comprendre et d’expliquer le produit de l................................... des hommes
ainsi que des valeurs dont ils sont dotés. Cette logique de comprendre a été formulée par un
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philosophe allemand, Wilhem Dilthey, puis reprise et développée par tout un courant de
philosophes et sociologues « néokantiens » dans la lignée desquels se situe Weber. Les
sciences humaines doivent - conclut Diltey - adopter une démarche spécifique: la méthode
.......................................... Cette méthode vise à reconstruire ....................................... que les
individus assignent à leurs activités.
Pour Max Weber expliquer un phénomène social, c’est le ramener aux
.......................................................élémentaires qui le composent. Les structures sociales ne
sont que le résultat de l’activité des .......................................... Sa sociologie est qualifiée de
....................................... car elle cherche à restituer le sens que les acteurs donnent à leur
........................................... Les actions humaines peuvent être analysées à partir de quatre
idéal-types fondamentaux :
- l’action traditionnelle qui se rattache à la coutume, à l’habitude. La plupart des activités
quotidiennes familières appartiennent à ce type ;
- l’action affective qui est guidée par les passions ;
- l’action rationnelle en valeur qui se fonde sur des valeurs d’ordre éthique. L’aristocrate qui
se bat pour son honneur ;
- l’action rationnelle en finalité est une action instrumentale tournée vers un but utilitaire,
elle implique l’adéquation entre fins et moyens. L’entreprise capitaliste qui gère ses biens en
vue d’un profit maximum fonctionne suivant cette logique.
M Weber s’oppose à Durkheim qui légitime la sociologie en faisant de son objet une réalité
qui s’impose aux individus.
Pour M Weber, le savant doit faire preuve de .................................................., il doit
suspendre ses convictions personnelles dans le regard critique qu’il porte sur les événements.
Dans un cas, l’on a des croyances (jugements de valeurs), dans l’autre des hypothèses de
travail qui sont soumises aux faits (jugement de fait). En distinguant normes et réalités, Weber
assigne la sociologie dans un territoire clairement démarqué: celui des réalités. La sociologie
est pour M Weber, donc une ................................... des réalités qui se propose de comprendre
par interprétation .......................................... et par là d’expliquer causalement son
déroulement et ses effets.
L’analyse de Max Weber se distingue de celle de Karl Marx sur plusieurs points.
L’ordre économique dans lequel s’inscrit la notion de classe ne constitue que l’une des trois
dimensions de ........................................................, même si dans les sociétés modernes, elle
tend à devenir plus importante.
Les ................................................... pour M Weber se définissent par une situation
économique. Une classe sociale regroupe des individus qui ont des conditions identiques
.............................................. (« chances égales d’accéder aux biens »). Il s’agit donc de
personnes qui sont dans une situation économique .................................................... et qui
peuvent
agir
ensemble
pour
défendre
des
intérêts
communs.
Les
.........................................................et différentes d’accéder aux biens
définissent des
situations de .................................................différentes. Selon M Weber, l’existence d’une
classe ne nécessite pas forcément une ................................................. Il distingue quatre
classes sociales: la classe ouvrière, les classes dirigeantes, la petite bourgeoisie (ensemble de
petits indépendants, commerçants, artisans), l’intelligentsia (ingénieurs, cadres,
fonctionnaires).
L’approche wébérienne est dite ................................................. : les classes ne sont que des
« collections « d’individus regroupés par le sociologue à des fins de classification sans
que soit postulé un sentiment ...................................................
L’un des apports essentiels de Weber est l’analyse .............................................. Il s’agit de
montrer que la société est structurée par d’autres éléments que le marché, ici
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.............................................. ou l’honneur social. Il est lié au style de vie, à la naissance, à
l’instruction, donc à une distinction symbolique ». L’.............................................constitue la
troisième dimension de la structure sociale, les partis qui s’y forment sont une extension des
groupes de statut et permettent l’action collective qui assoit leur domination. Ces trois ordres
sont donc profondément liés, bien que distincts. Si les groupes de statutaires forment des
communautés, conscientes de leurs intérêts, marquées par des liens sociaux forts et largement
endogames, les classes ne partagent pas ses caractéristiques.

L’analyse de R Boudon (1934-2013)
Document 18.
Faisant suite, dans la production de Raymond Boudon (19342013), à des travaux consacrés à la place à donner aux
mathématiques dans la méthodologie et l'épistémologie des
sciences sociales, L’Inégalité des chances porte sur l'analyse
critique de la relation existant entre le niveau de scolarisation et
la mobilité sociale pour en montrer le caractère non mécanique et
non déterministe. En effet, contrairement aux discours optimistes
de l'idéologie égalitariste de l'époque, la démocratisation de
l'enseignement n'entraîne pas une disparition progressive de
l'inégalité des chances scolaires ni une hausse de la mobilité
sociale.
Boudon montre que l'explication de ce phénomène n'est à rechercher ni du côté des thèses
fonctionnalistes qui y lisent la volonté des groupes dominants, l'effet reproductif des
structures sociales et la force de l'héritage culturel, ni dans une approche unifactorielle de la
mobilité sociale. Selon le chef de file de l'individualisme méthodologique, il faut davantage y
voir un processus de décision scolaire variable selon la position sociale, et l'interdépendance
systémique des facteurs de mobilité. La première partie de l'ouvrage s'attache précisément à
ce dernier aspect à partir des conséquences méthodologiques que Raymond Boudon tire de ce
qu'il nomme « le paradoxe d'Anderson ». En 1961, ce dernier montrait que la promotion
scolaire d'un individu ne garantit pas sa promotion sociale, et inversement qu'une réussite
scolaire inférieure à son père n'implique pas automatiquement une mobilité sociale
descendante.
Source : extrait de l’article de l’Encyclopédie Universalis, E. Le Tonturier
Document 19.
Le potentiel de l’élève pour les études est primordial dans l’évaluation des chances de
réussite. Cependant, la position sociale détermine aussi en partie les choix d’orientation : la
probabilité de renoncer à poursuivre des études est d’autant plus élevée que l’on descend dans
la hiérarchie sociale. R. Boudon met ainsi en évidence un phénomène d’autosélection : les
enfants d’origine modeste, à compétences scolaires égales, tendent à se censurer et à
s’orienter vers des filières d’études plus courtes.
Le sociologue explique alors ce choix par un calcul coût-avantage fait par l’élève et sa
famille : ceux-ci prennent leur décision en fonction du rendement qu’ils perçoivent de
l’investissement éducatif. Le rendement paraît plus faible dans les milieux modestes en raison
de la distance économique et culturelle plus grande à parcourir pour atteindre les positions les
plus élevées.
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M. Gosse, I. Roux. Aix-Marseille, fév. 2015
Source : La théorie de Pierre Bourdieu et ses usages sociologiques, A. Jourdain, S. Naulin,
Sociologies contemporaines, 2011
Questions :
1) Pourquoi l’inflation des diplômes ne peut-elle pas garantir que le système scolaire soit
davantage méritocratique ?
2) Qu’appelle-t-on le paradoxe d’Anderson ?
3) Donnez des exemples d’ « avantages » que peut rapporter un choix d’orientation.
4) Donnez des exemples de « coûts » que peut imposer un choix d’orientation.
5) Comment expliquer les différences de choix d’orientation entre les différents milieux
sociaux, à compétences scolaires égales ?
6) Montrez que R. Boudon conduit une analyse sociologique individualiste.
Synthèse : Éléments de sociologie de R. Boudon.
Complétez le texte en utilisant les termes suivants : milieux défavorisés, avantages
incertains, inégalités des chances, structure sociale, rationnel, paradoxe d’Anderson, coûts
élevés, filières d’enseignement court, inflation des diplômes.
R. Boudon montre que l.....................................persiste à l’école et y apporte une explication
individualiste. Les enfants issus des ........................................ réussissent relativement moins
bien que les enfants de cadres et professions intellectuelles supérieures.
Pour Raymond Boudon, l’inégalité des chances résulte plus d’un comportement
................................. des individus et de la famille, qui tiennent compte des coûts et avantages
de la poursuite des études. Des ........................................ (coûts des études, de la vie étudiante,
coût d’opportunité de ne pas travailler c’est-à-dire manque de salaire) et des
................................................... (peur de l’échec, doutes sur l’utilité du diplôme) conduit à
choisir le plus souvent des .............................................
De plus, le nombre de diplômés s’accroît du fait de la démocratisation scolaire
(.......................................), alors que la ......................................... ne s’adapte pas
suffisamment rapidement.. Cela génère des frustrations qui donnent l’impression que les
diplômes perdent de leur valeur sur le marché du travail. Certains individus, qui possèdent un
diplôme égal ou plus élevés à ceux de leurs parents, n’ont pas forcément un statut social plus
élevé. C’est le ...............................................
Conclusion :
Synthèse : complétez le tableau suivant en identifiant les auteurs et les concepts propres
à chaque approche.
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Approche Holiste
Auteurs,
ouvrages
La sociologie du fait social
........................................ (18581917)
De la division du travail social
(1893)
Les Règles de la méthode
sociologique (1894)
Le Suicide (1897)
La sociologie de l’action sociale
..................................... (1864-1920)
L’Éthique protestante et l’esprit
capitalisme (1920)
Le savant et le politique (1921)
Économie et Société (1922)
Une sociologie du conflit.
......................................... (18181883)
L’idéologie Allemande (1946)
La lutte des classes en France de
1848 à 1850 (1850)
Le 18 Brumaire de Louis
Napoléon Bonaparte (1852)
L’individualisme méthodologique
.................................... (1934-2013)
L’inégalité des chances (1973)
Effets pervers et ordre social (1977)
La place du désordre (1984)
Le juste et le vrai (1995)
Cette approche donne une place
importante aux structures, aux
mécanismes
sociaux,
aux
phénomènes collectifs et aux
conflits d’intérêts ;
Dans cette analyse, le sociologue
s’intéresse
aux
éléments
« extérieurs » aux individus, aux
caractéristiques du groupe social
qui
déterminent
les
comportements individuels.
Le social est considéré comme une
« chose », dont on peut déterminer
les lois par l’observation et /ou la
Démarches déduction.
De son côté, ................................
affirme que la logique des modes
de production s’impose aux
individus. Toute société à un
instant donné peut être décrite
comme un ensemble spécifique de
structures.
L’économie
(infrastructure)
détermine
le
système politique mais aussi les
phénomènes culturels et les idées
(superstructure).
L’analyse de Marx est fortement
déterministe. « L’existence sociale
des hommes [...] détermine leur
conscience ». Les classes sociales
Document1
Approche Individualiste
du
Cette approche, explique les phénomènes
sociaux à partir des acteurs et privilégie
l’individu, dont elle étudie les décisions et
les stratégies.
Dans cette analyse l’objet premier de la
sociologie est l’étude des actions sociales.
Dans ce cadre, il s’agit de comprendre les
motivations des acteurs individuels, de les
situer par rapport aux relations qu’ils
entretiennent entre eux dans une situation
donnée, d’analyser les stratégies des
acteurs et leurs résultats.
Pour,....................................................
l’action individuelle s’inscrit dans une
logique rationnelle, mais cette rationalité
est limitée (information imparfaite).
C’est pourquoi les comportements sociaux
doivent davantage être interprétés comme
les résultats d’intentionnalités.
Lorsque, dans une situation sociale
donnée, les comportements individuels
s’agrègent, ils engendrent des effets qui ne
sont pas nécessairement attendus par les
individus (effet d’agrégation).
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sont chez Marx, des acteurs
collectifs dont la lutte favorise le
changement social.
Pour Marx, les classes sociales ne
sont pas des agrégats d’individus
mais sont définies par des rapports
de production liés à la propriété
des moyens de production.
........................................:
« manières de penser, d’agir et de
sentir » qui existent en dehors des
consciences individuelles et qui
sont doués d’un pouvoir de
coercition en vertu duquel ils
s’imposent aux individus.
Concepts
de base

......................................: action entreprise
en tenant compte des réactions des autres.
.......................................: représentation
simplifiée de la réalité construite en
négligeant tout ce qui n’est pas
caractéristique du phénomène étudié et en
accentuant, au contraire, ses traits
spécifiques.
........................................ :
ensemble des idées communes à
tous les membres de la société.
......................................... :
phénomène social qui a pour ........................................ :
phénomène
conséquence, la création d’une social résultant de l’agrégation de
nouvelle solidarité entre les comportements individuels.
membres de la société.
........................................: type particulier
.......................................: elle se d’effet émergent.
définit par sa place dans les
rapports de production. Elle est
dotée d’une conscience de classe,
c’est-à
dire
le
sentiment
d’appartenir à un groupe ayant des
intérêts communs. Elle est définie
par les rapports conflictuels
qu’elle entretient avec les autres
classes.
L’analyse de Becker : l’interactionnisme symbolique
Document 20
La conception sociologique que je viens de discuter définit la déviance comme la
transgression d’une norme acceptée d’un commun accord. […]Cette présupposition me
semble négliger le fait central en matière de déviance, à savoir que celle-ci est créée par la
société. […] Ce que je veux dire, c’est que les groupes sociaux créent la déviance en instituant
des normes dont la transgression constitue la déviance.
Source : Outsiders, 1963, H. Becker
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Synthèse : La déviance, résultat d’un étiquetage.
Complétez le texte en utilisant les termes suivants : entrepreneurs de morale, sanctions
négatives, carrière, étiqueté, outsider
La déviance n’est pas une qualité de l’acte commis, mais une conséquence de l’application
par le groupe social de normes et de sanctions à un transgresseur, nommé
« .................................... ».
- Pour être déviant, l'acte doit être défini comme tel par la société. L’individu qui commet un
acte jugé non-conforme par le groupe, la société, est étiqueté comme déviant par les autres.
Les ........................................... qui vont lui être infligées vont même contribuer à renforcer
son identité de déviant, pouvant le conduire à la marginalité.
- Un acte n’est pas déviant en lui-même, mais doit être .......................................comme tel par
l’ensemble de la société. Les acteurs qui se mobilisent pour qu'une activité donnée soit
catégorisée socialement comme déviante sont appelés « ............................................». Becker
cherche ainsi à montrer que la marijuana n'est devenue illégale aux États-Unis qu'à la suite
d'une campagne menée par des entrepreneurs de morale.
Becker pense, enfin, que la délinquance se construit à travers une ........................................
Elle est le résultat d'un processus social, par lequel le délinquant apprend à la fois à pratiquer
une activité délinquante et à reconstruire sa représentation de cette activité pour préserver une
image de lui acceptable (c'est ce que Becker nomme la « carrière morale »). Le délinquant
passe ainsi par plusieurs étapes avant de devenir pleinement délinquant, et le passage d'une
étape à l'autre n'est en rien obligatoire. Un fumeur de marijuana doit ainsi apprendre à fumer
et à éprouver les plaisirs de la drogue, puis doit apprendre à se procurer la marijuana pour
devenir un fumeur régulier. Il doit, dans le même temps, reconsidérer l'image négative du
drogué (par exemple comme un être ne sachant pas se contrôler) pour préserver son estime de
soi. La délinquance est donc, pour Becker, le résultat d'un processus d'apprentissage social,
qui passe par une redéfinition de son identité sociale.
Le dépassement de l’opposition par les nouvelles sociologies
 Activité 4 : montrer que les sociologues contemporains opèrent une synthèse
entre l’individualisme méthodologique et le holisme.

L’analyse de P. Bourdieu (1930-2002)
Document 21 : Quatre types de capitaux
-
Document1
Quatre types de capitaux sont distingués dans l’analyse
bourdieusienne : le capital économique, le capital culturel, le capital
social et le capital symbolique. Ces capitaux sont définis de la
manière suivante :
- Le capital économique désigne l’ensemble des ressources
économiques d’un individu, aussi bien son patrimoine
matériel que ses revenus. Le fait de disposer de capital
économique permet d’acquérir plus facilement les autres types
de capitaux.
Le capital culturel correspond aux ressources culturelles qui permettent à un
individu d’apprécier les biens et les pratiques propres à la culture savante (…)
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Dans un article intitulé « les trois états du capital culturel », P. Bourdieu
précise que le capital culturel peut exister sous trois formes : « à l’état
incorporé », c’est-à-dire sous la forme de dispositions, de savoirs et savoirfaire constitutifs d’un habitus ; « à l’état objectivé », sous la forme de biens
culturels (tableaux, livres…), et « à l’état institutionnalisé » sous la forme de
titres scolaires.
- Le capital social est défini comme « l’ensemble des ressources actuelles ou
potentielles d’un réseau durable de relations plus ou moins institutionnalisé
d’interconnaissnce et d’inter-reconnaissance » (« Le capital social. Notes
provisoires », 1980) (…) Le capital social a un effet multiplicateur vis-à-vis
des autres types de capitaux.
- Le capital symbolique renvoie à l’ensemble des rituels (comme l’étiquette ou
le protocole) liés à l’honneur ou la reconnaissance. Il n’est finalement que le
crédit et l’autorité que confèrent à un agent la reconnaissance et la possession
des trois autres types de capitaux.
Source : La théorie de Pierre Bourdieu et ses usages sociologiques, A. Jourdain, S. Naulin,
Sociologies contemporaines, 2011
Document 22 : Une explication holiste de la reproduction sociale
P. Bourdieu et J.C Passeron remettent en cause la croyance méritocratique républicaine selon
laquelle l’école favoriserait l’égalité des chances. En réalité, le postulat d’une égalité formelle
entre les élèves rend l’institution scolaire inattentive aux inégalités réelles. En effet, l’école
traite tous les élèves comme égaux face à la culture alors qu’ils sont inégaux de fait : elle
manifeste ainsi une « indifférence aux différences » (La Reproduction, p. 220). Le problème
est qu’en refusant s’établir un lien entre l’origine sociale des élèves et leur niveau de capital
culturel, l’école renforce la sélection différentielle par la classe sociale. Par exemple, lors d’un
concours ou d’un examen, les épreuves et les critères sont les mêmes pour tous les candidats :
en apparence, le concours ou l’examen donne à tous des chances égales, mais « c’est oublier
que l’égalité formelle qu’assure le concours ne fait que transformer le privilège en mérite,
puisqu’il permet à l’action de l’origine sociale de continuer à s’exercer, mais par des voies
plus secrètes ». (Les Héritiers, p. 104)
En souhaitant évaluer tous ses étudiants sur un pied d’égalité, l’école appréhende les
différences sociales comme des différences purement scolaires et transforme donc une
hiérarchie sociale en classement scolaire.
Source : La théorie de Pierre Bourdieu et ses usages sociologiques, A. Jourdain, S. Naulin,
Sociologies contemporaines, 2011
Document 23 : La logique de la distinction
Les étudiants les plus favorisés ne doivent pas seulement à leur milieu d’origine des habitudes
et des attitudes qui les servent directement dans leurs tâches scolaires ; ils en héritent aussi des
savoirs et un savoir-faire, des goûts et un « bon goût » dont la rentabilité scolaire, pour être
indirecte, n’en ai pas moins certaine. La culture « libre », condition implicite de la réussite
universitaire en certaines disciplines, est très inégalement répartie entre les étudiants
originaires de milieux différents, sans que l’inégalité des revenus puisse expliquer les écarts
constatés. Le privilège culturel est manifeste lorsqu’il s’agit de la familiarité avec les œuvres
que seule peut donner la fréquentation régulière du théâtre, du musée ou du concert
(fréquentation qui n’est pas organisée par l’École, ou seulement de façon sporadique). Il est
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plus manifeste encore dans le cas des œuvres généralement les plus modernes, qui sont les
moins « scolaires ». […]
On doit conclure que les inégalités devant la culture ne sont nulle part aussi marquées que
dans le domaine où, en l’absence d’enseignement organisé, les comportements culturels
obéissent aux déterminismes sociaux plus qu’à la logique des goûts et des engouements
individuels.
Source : Pierre Bourdieu et Jean Claude Passeron, Les héritiers. Les étudiants et la
culture, 1964, Editions de Minuit, coll. Le sens commun.
Document 24 : L’espace social est structuré par la possession des différents types de
capitaux
Questions :
1) Quels sont les critères retenus par P Bourdieu pour définir les classes sociales ?
2) L’école favorise-t-elle la mobilité sociale pour P Bourdieu ?
3) Quelles sont les stratégies de distinction mises en place par les « classes
dominantes » ? Illustrez vos propos par des exemples.
4) Comment les familles peuvent-elles influencer la réussite scolaire ?
Document1
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Synthèse :
Complétez le texte en utilisant les termes suivants : capital, capital symbolique,
capital culturel, capital social, capital économique, classes dominantes, classes
virtuelles, capitaux.
Selon P Bourdieu, les classes sociales se distinguent par le volume
........................................ qu’elles possèdent (économique, social culturel). Chacune de ces
classes sociales essaie d’imposer sa vision du monde social comme étant la plus légitime.
Cependant, toutes les classes sociales ne sont pas à armes égales : les
................................................. (d’un point de vue économique et/ ou culturel) disposent d’un
fort ...................................................., qui leur permet de s’imposer plus facilement. Les
classes sociales cherchent donc à se différencier les unes des autres en mettant leurs pratiques
en avant : c’est la logique de la distinction. Au –delà d’une dimension économique empruntée
à Marx (le capital économique), Bourdieu accorde une grande importance au
................................................. (certifié notamment par les titres scolaires, mais également lié
aux dispositions corporelles et à la familiarité vis-à-vis des biens culturels),
........................................ (réseau de relations), ainsi qu’au .....................................................
qui renvoie à la considération que confère la possession des autres formes de capital. La
hiérarchie sociale découle de la distribution inégale de ces différents
..............................................avec une dimension quantitative : les agents fortement dotés
constituent les ............................................................. ; mais aussi qualitative, selon la
composition global de capital la position des individus varie. Il définit trois classes liées à
la possession de ............................................et à des habitus et styles de vie spécifiques.
C’est donc une approche multidimensionnelle de la classe qui est développée.
Entre les classes sociales, il existe des rapports de domination et de luttes, notamment pour le
contrôle du ............................................., enjeu majeur selon Bourdieu. Les classes
dominantes cherchent à imposer leur modèle culturel et leur vision aux autres classes par le
biais de pratiques de distinction, pour cela, elles doivent contrôler les institutions productrices
de légitimité comme l’école ou l’État. Il y a donc chez elles une stratégie consciente de
reproduction. P Bourdieu propose la notion de ..................................................... Les classes
sociales sont construites par le sociologue mais elles peuvent néanmoins prendre corps à
travers un processus de mobilisation et de représentation.

Les sociologies de l’individu et l’analyse de F. de Singly (né en 1948)
Document 25
Dans un couple s'affirme aujourd'hui la nécessité d'une des
fonctions centrales de la vie commune: apprendre le respect
mutuel. Car il ne s'agit plus seulement de vivre ensemble
mais aussi d'être libres ensemble, donc de trouver
l'équilibre entre le maintien d'une vie personnelle et d'une
vie conjugale.
L'individualisme peut mener à l'atomisation de la société - chacun se repliant sur soi - si la vie
commune, vécue sous le mode de la contrainte, empêche l'épanouissement. Il s'agit donc de
résoudre cette tension éternelle entre l'individuel et le collectif. S'appuyant sur des enquêtes
menées auprès de jeunes adultes, de couples, de personnes âgées, d'enfants et d'adolescents,
Libres ensemble montre comment les personnes vivant en couple, en famille, en collectivité
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mènent une "double vie" faite de temps personnel et de temps partagé. Chacun se retrouvant
ainsi à la fois "seul" et "avec".
Source : Libres ensemble, 2009, quatrième de couverture, François de Singly
Document 26
La famille est aimable quand l’ambiance y est « cool », pour reprendre une expression utilisée
dans les entretiens par les jeunes. Les enfants n’aiment guère les parents qui ne pensent qu’à
contrôler le travail scolaire, qui refusent une certaine convivialité. Ils attendent de leur mère,
de leur père qu’ils ne les voient pas exclusivement sous les traits d’un élève. Ils rêvent que
l’autorité soit atténuée pour que l’expression personnelle soit autorisée. Plus précisément, ils
distinguent dans la vie de famille trois moments1. Le premier correspond à ce que l’adolescent
fait dans sa chambre, quand il est dans son monde, qu’il se sent « chez soi »2. Le deuxième
moment est celui des pratiques communes mais où chaque génération reste à sa place, dans
son rôle. Le jeune estime être « chez ses parents ». Avec le troisième moment, les activités
communes sont effectuées dans une ambiance telle que les rôles de parent et d’enfant
s’effacent, l’adolescent ressent être « chez nous ».
Ces moments « cools » en famille sont, par exemple, ceux où l’on mange sans trop de règles,
de la nourriture qui convient à tous les âges. Les pique-niques sont plébiscités, la question de
se tenir à table devient caduque. Ce sont aussi les moments où l’on regarde un film, une série,
une émission ensemble qui convient à tous, qui ne doit pas appartenir à la sphère de la
légitimité culturelle pour ne pas apparaître comme le symbole de l’imposition parentale. Cette
nouvelle qualité familiale s’observe avec l’érosion de la vertu d’obéissance. En 1924, 64 %
des parents américains rêvaient d’un enfant obéissant en 1978, ils n’étaient plus que 17% !
Les parents veulent que leurs enfants soient autonomes, indépendant tout en voulant
éventuellement conserver des liens « fusionnels » avec eux.
Les familles contemporaines sont traversées par des tensions du fait de la double contrainte du
« commun » et de l’indépendance, aussi les parents doivent-ils les régler au mieux, entre
protection, stabilité et accompagnement de l’autonomie 3 . Ils sont devenus plus
accompagnateurs que transmetteurs
Source : Sciences humaines, décembre 2014, « Pourquoi la famille est-elle redevenue
aimable », F. De Singly, G. Macher, 2009
Document 27
Le fait que les individus contemporains soient « individualisés » ne signifie pas qu’ils aiment
être seuls, que leur rêve soit la solitude. Il veut dire que ces individus apprécient d’avoir
plusieurs appartenances pour ne pas être liés par un lien unique. Pour l’exprimer
schématiquement, le lien social serait composé de fils moins solides que les fils antérieurs,
mais il en comprendrait nettement plus. […]
La multiplication des liens d'appartenance engendre une diversité des liens qui, pris un à un,
sont moins solides, mais qui, ensemble, font tenir et les individus et la société. [...] C'est en
pouvant se déplacer d'un groupe à l'autre, en pouvant prendre distance de ses proches, que
1
Singly de F., Ramos E., 2010, « Moments communs en famille », Ethnologie française, 40, 1, pp. 11-18.
Singly de F., 2006, Les adonaissants, A. Colin, Paris ; Glevarec H., La culture de la chambre, La
Documentation Française, Paris.
3
Singly de F., 2009, Comment aider l’enfant à devenir lui-même ?, A. Colin, Paris.
2
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l'individu individualisé peut à la fois se définir comme un membre d'un groupe et comme doté
à la fois d'une personnalité indépendante et autonome.
Source : François de Singly, Les uns avec les autres, Quand l’individualisme crée du lien,
Fayard/Pluriel, 2010
Questions :
1) Pourquoi peut-on dire que François de Singly est un tenant de l’individualisme
positif ?
2) Pourquoi peut-on dire que les individus, dans les sociétés modernes, sont plus libres et
connaissent un processus de désaffiliation ?
3) Montrez que, désormais, l’individu a une multiplicité d’appartenances.
4) Pourquoi peut-on dire que chacune de ces appartenances, prises individuellement, est
moins solide que dans les sociétés traditionnelles ?
5) Selon François de Singly, la famille conjugale est relationnelle et individualiste.
Justifier cette expression.
6) La montée de l’individualisme signifie-t-elle pour autant que les individus n’ont plus
de liens sociaux ?
7) Pourquoi peut-on dire des individus qu’ils sont « libres ensembles » ?
Synthèse : Complétez le texte suivant avec les expressions : multidimensionnel,
désaffiliation, lien social, individualisme, appartenances choisies, individualisation.
Depuis Émile Durkheim, la sociologie s’est interrogée sur les transformations du lien social
dans les sociétés modernes. Le ..................................... désigne l’ensemble des relations et des
affiliations qui unissent les membres des groupes sociaux les uns aux autres. Dans les sociétés
modernes, marquées par l’..........................................., ce lien social peut paraître comme
moins important, en crise, du fait du primat de l’individu. L’individu peut sembler coupé de
ses appartenances familiales, religieuses ou communautaires traditionnelles.
Or, le sociologue François de Singly montre que l’individualisme, s’il permet à l’individu
d’être davantage lui-même et de s’épanouir, ne remet pas en cause l’importance du lien social
dans notre société. En effet, l’................................................ des individus contemporains ne
signifie pas que ceux-ci aiment être seuls. Au contraire, ils apprécient d’avoir plusieurs
appartenances et de ne pas être liés par un lien unique. Les liens sociaux sont moins forts et
moins obligatoires qu’avant, mais plus nombreux et choisis par l’individu. L’individu
moderne ne peut avoir un lien unique, communautaire : au contraire, l’individu refuse des
appartenances prescrites à l’avance : on parle de ..................................... « Le processus
d’individualisation renvoie […] au mécanisme de désaffiliation volontaire » écrit François de
Singly (Les uns avec les autres, Quand l’individualisme crée du lien).
Par contre, l’individu souhaite choisir les liens qu’il entretient, sur plusieurs plans (familial,
amoureux, amical, professionnel, associatif, citoyen…) : on parle .........................................,
de liens volontaires. L’individu individualisé n’est donc pas dénué de liens sociaux, mais il
choisit ses liens. L’exemple du mariage illustre bien ce phénomène : auparavant, c’était les
parents qui choisissaient le conjoint. Dans la société moderne, le mariage d’amour montre que
l’individu choisit son conjoint, mais de ce fait, le mariage perd en durabilité puisqu’il cesse si
les conjoints ne s’aiment plus. Les liens sociaux apparaissent donc choisis mais aussi plus
fragiles et réversibles. Cet individu individualisé semble donc ..............................................
Par exemple, un adolescent n’est pas seulement fils/fille de, il est aussi un jeune qui doit
construire sa propre personnalité, son individualité. Les individus sont donc « libres
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ensemble ». François de Singly utilise la métaphore du porc-épic (empruntée à Schopenhauer)
pour illustrer cela : trop près les uns des autres, les porcs-épics se blessent avec leurs piquants,
trop éloignés, ils ont froid. Il faut donc « un “nous” qui sache respecter les “je” dans leur
liberté et dans leur identité complexe. Un lien qui sache unir, sans trop serrer ». (Les uns avec
les autres. Quand l’individualisme crée du lien). Cette multiplication des appartenances
engendre une diversité de liens qui, pris un à un, sont moins solides, mais qui, ensemble, font
tenir les individus et la société. Tout se passe comme si les fils tissés entre les individus
étaient plus fragiles mais aussi plus nombreux. Le lien social des sociétés individualistes et
démocratiques concilie l’individuel et le collectif.
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La conception sociologique que je viens de