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LABORATOIRE D’ANALYSE ET DE RECHERCHE EN SCIENE HUMAINESOCIALE- ECONOMIQUE- POLITIQUE ET STRATEGIQUE
(LARSHSEPS)
Cabinet Afric- Consultancy and Management (A.C.M)
ONG- PRODAP
02 BP 1327 Porto-Novo (République du Bénin)
Tél : 00229 97 48 10 41 / 00229 95 40 96 49
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&
Institut Universitaire Panafricain
Porto-Novo , République du Bénin
&
Université d’Abomey-Calavi
Ecole Normale Supérieure de l’Enseignement Technique (ENSET) Lokossa
A
Conférence Economique Africaine 2013
Sur l’Intégration Régionale en Afrique 28- 30 Octobre 2013 à Johannesburg
Afrique du Sud
THEME
L’ECONOMIE POLITIQUE DE L’INTEGRATION ECONOMIQUE REGIONALE EN
AFRIQUE : Cas de l’Afrique de l’Ouest dans l’examen des doctrines fondatrices
Professeur GBECHOEVI Alohoutadé Alexandre
Consultant en Formation- Coaching du Développement-expertise de l’éducation
Consultant en Communication de Stratégie-Sécurité-Maintien de Paix
Docteur en Droit International et Relations Internationales de l’Université Jean-Moulin (Lyon
3) France.
Option : Sécurité et Défense
Spécialité : Sciences Politiques
Philosophe et Psycho-Pathologue
Université d’Abomey-Calavi (ENSET-LOKOSSA)
Institut Universitaire Panafricain (Porto-Novo)
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I- Hypothèses
1- L’intégration régionale est un atout pour l’Afrique de l’Ouest
2- L’intégration économique est le moteur de l’intégration régionale en Afrique de
l’Ouest.
3- La connaissance et l’impulsion de l’économie politique de l’Afrique devraient
conduire à une véritable intégration économique en Afrique de l’Ouest
II- Objectifs généraux
1- Identifier les initiatives continentales dans l’Agenda africain en matière d’intégration
économique régionale en Afrique de l’Ouest.
2- Décrire le contexte régional et ses perspectives dans l’intégration économique de
l’Afrique de l’Ouest.
3- Opérationnaliser les doctrines fondatrices de l’Intégration dans les pays de la
CEDEAO.
III- Objectifs spécifiques
1- Valoriser les initiatives dans le processus de l’intégration régionale de l’Afrique de
l’Ouest.
2- Cerner l’importance du contexte régional et de ses perspectives dans l’intégration
économique de l’Afrique de l’Ouest.
3- S’approprier et vulgariser les théories fondatrices de Stratégie de l’Intégration
Régionale.
IV- But ou Finalité de l’Etude
Se fonder sur l’économie politique de l’Intégration Economique de l’Afrique de
l’Ouest pour relever les défis de régression et de stagnation de la CEDEAO.
V- Méthodologie et stratégies
La méthodologie dont nous allons faire usage dans la présente communication portant
sur l’économie politique de l’intégration économique régionale en Afrique de l’Ouest est
mixte. Elle se fonde sur les stratégies à savoir :
- la compilation
- la description des faits en présence et leurs explications sociologiques,
- l’analyse de qualité des données empiriques recueillies,
- la configuration et la confrontation des modèles d’analyse sociologiques de
l’intégration régionale.
- L’usage de la stratégie d’Analyse ciblée sur mesure
- L’usage de la stratégie d’enjambement.
VI- Cadre Formel de Présentation de la communication
La huitième édition de la Conférence Economique Africaine (2013) sur l’Intégration
Régionale des 28, 29 et 30 octobre 2013 à Johan , Afrique du Sud, organisée sous l’égide du
Groupe de la Banque Africaine du Développement, de la Commission Economique des
Nations Unies pour l’Afrique et du Programme des Nations Unies pour le Développement.
3
VII- Groupe Cible
Les chercheurs, les décideurs et les praticiens du développement de l’Afrique et
particulièrement les acteurs de l’intégration régionale.
VIII- Problématique
La question de l’intégration économique régionale en Afrique de l’Ouest relève de
manière inévitable de l’examen de l’économie politique de l’Afrique. Elle ne manque pas
d’avoir un point nœudal de connexicité avec la démographie africaine de manière globale et
de manière spécifique de l’Afrique de l’Ouest.
En effet, l’Afrique est nantie d’une population évaluée en 2012 de 1,07 milliard
d’habitants, mais demeure toujours le parent pauvre sur la scène internationale. Si le Revenu
Nominal Moyen par habitant est de 10 350 dollars à l’échelle mondiale (2011), la moyenne
africaine ne dépasse guère 1 800 dollars. Au 1er janvier 2012, parmi les 49 Pays les Moins
Avancés (PMA) dénombrés par l’ONU, 34 sont africains. Avec ses 1/7 de la population du
globe, elle partage en revenu moins de 3% du PIB mondial. Cependant, elle ne s’est jamais
laissé aller à l’isolement total du reste du monde. Elle mène au contraire une lutte pour son
affirmation et son insertion imbricatives dans le réseau international de toutes les formes de
relations humaines, commerciales, financières, politiques, stratégiques, diplomatiques et
surtout économiques.
Quoiqu’on puisse observer une faiblesse notaire de l’économie africaine pour preuve
du cloisonnement et de la division de l’Afrique en micro-Etat, le continent fait des
soubresauts de positionnement au sein du concert des Nations. Il importe à présent de
chercher à comprendre pourquoi l’Afrique régresse-t-elle ? Comment dynamiser ce continent
en nous fondant sur les outils d’intégration régionale ? Doit-on désormais continuer de
concevoir une Afrique pour les Africains ou une Afrique des Africains intégrée aux processus
de l’intégration mondiale ?... Celles sont nos interrogations dans l’examen de l’économie
politique de l’intégration économique en Afrique.
IX- Résultats
1- Au seuil de nos recherches, l’Afrique s’est positivement positionnée pour son
intégration mondiale.
2- L’Afrique de l’Ouest s’est dynamisée et s’est positionnée pour son intégration
économique.
3- La Communauté Economique pour le Développement des Etats de l’Afrique de
l’Ouest s’est reconfirmée dans son rôle d’intégration régionale.
X- Thématisation et définition des concepts fédérateurs
‘’L’Economie Politique de l’intégration Economique Régionale en Afrique : cas de
l’Afrique de l’Ouest’’.
1- Thématisation
Le thème noeudal de ce forum est l’intégration économique régionale en Afrique.
Nous avons pour ce qui nous concerne choisi de travailler sur l’axe n°9 intitulé :
4
‘’L’Economie Politique de l’Intégration Economique Régionale en Afrique’’. Mais pour
éviter de faire de la dispersion, nous avons opéré le choix d’une reprécisions consistant à
focaliser notre attention sur un espace plus restreint à savoir : ‘’L’Afrique de l’Ouest’’.
2- Définition des concepts
a- Economie politique : science nommée aujourd’hui science économique qui a pour
objet, l’étude des phénomènes de production, de circulation, de répartition et de
consommation des richesses (dictionnaire universel 2000).
b- L’intégration économique : C’est le processus par lequel un Etat rentre dans une
communauté économique régionale ou sous régionale ou mondiale en acceptant les
règles du jeu de l’harmonisation des politiques économiques en matière d’échange, de
la circulation des biens et des personnes et en matière des règles tarifaires et de la
réglementation douanière. Il s’agit ici de la coordination nécessaire au fonctionnement
harmonieux des activités de différents Etas associés dans le but de la suppression des
barrages frontalières en matière des échanges et de la circulation des biens et des
personnes.
c- L’intégration régionale : C’est la convergence politique, économique et sociale d’un
ensemble de pays conscients des limites des politiques et enjeux nationaux et désireux
d’optimiser leurs chances et performances de développement et d’émergence.
L’intégration suppose l’abandon au profit de politiques communes portées par des
structures régionales ou structures communautaires ou structures supranationales.
d- Dans son fonctionnement et dans sa mise en marche : l’intégration régionale est un
processus de :
- Renforcement des indépendances entre les pays d’un ensemble régional (Sayabou
Laoual ‘’RODADDHD’’, Marie- Christine Lebret ‘’GRET’’, Laurent Levart ‘’GRET
et allii ‘’REPAOC Dakar, Avril 2011’’).
- Convergence entre les différents systèmes économiques sociaux et nationaux (Op-cit)
- d’intensification des échanges entres les peuples (Op-cit)
- d’amélioration de la cohérence dans la gestion des problèmes communs.
5
Résumé
Dans la perspective de stimuler la croissance économique de la communauté
Economique pour le Développement des Etats de l’Afrique de l’Ouest et pour améliorer la
productivité, les échanges, la circulation des personnes et des biens, les pays de l’Afrique de
l’Ouest ont mis sur pied depuis le 28 mai 1975 la CEDEAO pour promouvoir la coopération
économique et l’intégration régionale. Elle répond à des questions d’intérêt commun et
précisément à des préoccupations générales pour les générations actuelles et pour celles à
venir. Les détails et les précisions sur ces points peuvent être fournis dans la suite de la
présente communication.
Mots-clés
Intégration régionale- Intégration économique, économie politique, CEDEAO, Produit
Intérieur Brut, harmonisation, règles de convergence.
Abstract
From the perspective of economic growth of the Economic Community
for the Development of African States and the West to improve
productivity, trade, movement of people and goods, the countries of
Africa West set up since May 28, 1975 ECOWAS to promote economic
cooperation and regional integration. It addresses issues of common
interest and, specifically general concerns for the current generation and
those to come. Details and clarification on these points can be provided
later in this paper.
Key-words
Regional economic integration, integration, political economy, ECOWAS,
Gross Domestic Product, harmonization, convergence rules
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Plan
La compréhension de l’intégration régionale sur des bases doctrinales : Les
différentes théories ou conceptions
1ère Partie : La conception libérale
2ème Partie : La conception volontariste
3ème Partie : La conception territorialiste
4ème Partie : La conception institutionnaliste
5ème Partie : La conception diplomatique
INTRODUCTION GENERALE
L’aspiration au développement et particulièrement à l’émergence est caractéristique du
progrès des peuples. Cette conception des choses qui est au fondement des mécanismes de
8
défense contre le retard ou contre la stagnation est celle que les sociétés humaines utilisent
pour élever leur niveau de vie, atteindre un revenu supérieur par habitant, maximiser et
accroître leur capacité de production, acquérir la liberté de maîtriser la nature, de maîtriser
leur environnement et d’atteindre la croissance économique. Mais plus que ces objectifs, les
nations doivent se mettre dans la logique de l’équité, de l’élimination de la pauvreté, la
satisfaction des besoins élémentaires et être en mesure de réduire et de minimiser les
disparités sociales, politiques, culturelles et économiques. C’est le développement de ces
aptitudes qui favorise leur indépendance économique, l’autosuffisance, la possibilité
d’épanouissement personnel offerte à tous et l’élévation sociale comme gage de la libération.
Nous avons ici l’impression que ce type de développement conduit vers l’idéalisation ou vers
l’utopie ; car toutes ces performances ne se réalisent pas toujours complètement dans les
sociétés humaines à 100%. Leur réalisation moyenne fait appel à d’autres types de
mécanismes de collaboration obligatoire avec d’autres nations au sein du continent. C’est en
ceci que l’on puisse envisager la réalité sociale, économique et politique qu’est l’intégration
régionale.
En mai 1975, l’Afrique de l’Ouest a connu cette association des Etats en vue de
pouvoir exercer une action renforcée sur le système économique international qui tendait à
phagocyter les économies nationales traditionnelles en Afrique. L’intégration régionale avait
et a toujours pour viser de supprimer les contraintes frontalières et les barrages douaniers au
sein de la Communauté des Etats-Membres, de réduire les conflits intra-frontaliers, de
favoriser l’union monétaire et d’harmoniser les politiques commerciales entre les EtatsMembres. Elle met en place les mécanismes de concertation politiques pour le maintien de la
paix, la gestion des conflits, la sauvegarde du principe de la souveraineté des Etats-Membres,
ainsi que le renforcement de la coopération régionale comme axe principal de manifestation
de l’identité africaine ; Le vœu ultime de KWAME N’KRUMA in Africa must Unite est alors
amorcé. La Conférence Economique Africaine de 2013 focalisé par conséquent son attention
sur cette problématique et nous conduit par ce fait à porter nos regards sur ‘’l’Economie
politique de l’Intégration Economique Régionale en Afrique’’. Notre communication, fera
le recentrage sur le cas de l’Afrique de l’Ouest. En ceci, nous allons porter nos regards sur la
gnoséologie de l’économie politique de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest ou la
connaissance des théories fondatrices. Cette préoccupation nous amènera à adopter une
pratique étapiste mettant en jeu Six axes qui comprend chacun l’examen de chaque théorie
ou conception de l’intégration en Afrique de l’Ouest. Nous ferons usage de la stratégie
d’analyse intégrée au sein de chaque conception ou théorie fondatrice une analyse
sociologique de l’émergence de l’Afrique de l’Ouest. Notre conclusion sera consacrée à
une évaluation des grands progrès de l’intégration en Afrique.
1ère Partie : DE LA CONCEPTION LIBERALE DE L’INTEGRATION REGIONALE
EN AFRIQUE DE L’OUEST
9
Traiter de la question de l’intégration en Afrique en général et en Afrique de l’Ouest en
particulier, c’est aborder les tendances fondatrices de la convergence économique politique et
sociale d’un ensemble de pays conscients des limites nationales et désireuses d’optimiser
leurs chances de développement (Dr GBECHOEVI A. Alexandre IAO, Lomé, 26- juin 2013).
‘’Le processus de l’intégration suppose alors l’abandon d’une partie de la souveraineté
nationale au profit de la politique commune portée par les structures régionales (Op-cit)’’. Le
concept de l’intégration régionale traduit le processus par lequel le renforcement des
interdépendances d’un ensemble régional se tisse. Ce phénomène permet d’intensifier les
échanges et d’améliorer la cohérence dans la gestion des problèmes communs. Mais le
problème qui est ici posé s’interprète et s’analyse selon les tendances doctrinales qui
l’abordent.
I - La gnoséologie de la première typologie de la conception libérale de l’intégration
et Analyse des objectifs
Le libéralisme en matière de l’intégration valorise l’unification des marchés nationaux comme
moteur de l’économie. Ces marchés sont destinés à s’harmoniser et à se fondre en un seul
marché régional qui utilise les principes du marché national à l’échelle régionale. Ceci revient
à dire que les pratiques de la libre circulation des biens et des services de même que la libre
circulation des personnes, du capital et de la force de travail.
Pour des spécialises du Réseau des Plates Formes des O.N.Gs d’Afrique de l’Ouest
(REPAOC, 2011)1 l’intégration régionale vise des objectifs. Au nombre de ceux-ci, nous
avons :
1- l’amélioration de la concurrence
La concurrence incite les entreprises à accroître la productivité du travail, à améliorer
la qualité des produits et réaliser des innovations (le cacao ivoirien avant la crise de
1999 à 2010 et le pétrole nigérian depuis l’indépendance à nos jours).
2- La réalisation d’économies d’échelle.
Dans ce cadre précis, notons que nous assistons à l’élargissement et au développement
du marché. Les unités de production plus importantes peuvent être réalisées dans
chaque pays de la communauté ou de l’union pour servir à toute la communauté.
3- L’encouragement a une plus forte spécialisation régionale, en fonction des
avantages comparatifs de chacun des pays.
En ceci par exemple, le critère de la spécialisation régionale pourrait par exemple la
République du Bénin et la République du Togo à s’unir pour produire la même qualité de
coton fibre pour concurrencer le marché européen ou le marché asiatique.
Mais d’un autre côté la spécialisation régionale pourrait emprunter la voie de la
diversification de production d’un article, d’un produit par pays pour inonder en quantité et en
qualité le marché régional d’une part ou le marché commun d’autre part.
1
SAYABOU LAOUAL (RODADDH), Marie-Christine LEBRET (GRET), Laurent LEVARD (GRET) et GUY Tête
BENISSAN (REPAOC), comprendre et participer aux processus Ouest Africain d’Intégration Régionale,
Avril 2011, P.6
10
4- Le développement des échanges au sein de la région.
Ce volet de l’intégration régionale en matière de la conception libérale doit mettre
l’accent sur le réveil des capacités et des compétences de production locale ou nationale de
chaque pays de la Communauté (CEDEAO par exemple) pour être en mesure de substituer les
produits régionaux aux produits importés de l’extérieur du continent Et là, il faut comprendre
que depuis le 31 décembre 1999 : « les Pays Moins Avancés ont accepté de ne plus accorder
des subventions aux produits de substitution aux importations après le 31 décembre 2002 ».
Cette attitude des PMA est une imitation de la démarche des Pays en développement qui pour
diverses raisons avaient fait des concessions au sein de l’Organisation Mondiale du
Commerce (OMC) sans insister sur les concessions mutuelles, affirmait BHAGIRATH LAL
DAS.
Au fait selon lui, c’est depuis « l’accord du GATT daté de 1994 par son article XVIIIB (qui) autorise les pays en développement à limiter leurs importations en cas de problèmes
de balance de paiement » que les Pays Moins Avancés ont tiré les meilleures leçons sur le
commerce international mais sans pouvoir résolument prendre les mesures et dispositions
adéquates pour activer leurs marchés régionaux. 2
Il est alors temps pour l’Afrique de l’Ouest dont tous les pays se situent dans les Pays
Moins Avancés de revisiter les anciennes théories de la croissance allant d’Arthur LEWIS (la
croissance est un transfert de la main d’œuvre d’un secteur traditionnel, surtout mais non
exclusivement agricole vers un secteur moderne regroupant des processus de production
relativement nouveaux comme les fabriques et les usines) à Robert SOLOW (toutes les
économies ont accès à la même technologie mondiale sous la forme d’une fonction productive
unique qui transformerait le travail et le capital en PIB ou Revenu total). La confrontation
entre le classicisme et le néo-classicisme en économie montre que certaines formes
d’économie sont restées préhistoriques en utilisant un excédent de mains d’œuvre
conformément à l’ancien régime de production qui retient « la famille ‘’comme’’ une cellule
productive essentielle »3. La sociologie de production économique des pays de l’Afrique de
l’Ouest n’est pas trop loin de ce modèle non compétitif. Il n’est pas faux que les unions de
Producteurs se sont développées dans chaque pays, mais le constat est souvent que c’est pour
répondre à la politique étatique afin de pouvoir recevoir les subventions à la production des
produits d’exportation afin de faire tourner les industries de Nord ou des pays développés. Les
pays de l’Afrique de l’Ouest ne réussissent pas souvent à rentrer dans la compétition que livre
le jeu du marché mondial pour raison de l’utilisation d’une main d’œuvre excédentaire dont
les coûts ou charges salariales pèsent lourdement sur la productivité et la rentabilité de ses
entreprises. Or c’est encore là une option sociale pour l’utilisation à des fins de production la
ressource humaine disponible (le Capital Humain). Ce modèle s’est dans l’histoire retrouvé
BHAGIRATH LAL DAS, à la recherche d’une nouvelle place pour les pays en développement à l’OMC,
Revue coopération Sud, PNUD, 1998, Volume 2, P.67
2
3
Béatrice BARBUSSE, Jacques, Bouchoux et Science allii, sciences économiques et sociale 2 nde éd Bréal
2000, P.62
11
dans les pays développés tels que la France, l’Allemagne et le Japon jusqu’à après la 2 ème
guerre Mondiale.
Ainsi l’analyse lewisienne déduit que les économies de ces nations capitalistes étaient
restées en grande parties prisonnières de ce modèle qui étouffe les forces du marché. Mais
contrairement à cette tendance classique le néo-classicisme dont le représentant dans notre
recherche ici présent se trouve être ROBERT SOLOW : « toutes les économies n’avaient pas
le même dosage, certaines qui disposent de plus de capital par travailleurs tendraient à
utiliser des techniques à plus forte intensité de capital » (op-cit). Ici l’économie nationale se
fonde sur l’épargne national des agents qui dégagent une part de leur revenu, invertissent et
cette pratique augmente le capital. Dans cette perspective, « si le capital grandissait plus vie
que la main d’œuvre, le Produit Intérieur Brut grandissait également plus vite que celle-ci, et
le revenu par habitant augmenterait. Cette logique, conduit alors à la croissance. Mais l’auteur
de ce modèle n’a pas réussi à prouver que cette supposée croissance est la résultante de la
maîtrise de la démographie en correspondance avec l’utilisation des Forces Productives et des
Moyens de Production adaptés. Pour donc éviter les risques de stagnation tels que présentés
dans la théorie solowienne4. Il faudrait adopter la voie du progrès technologique. Ceci revient
à s’approprier de nouvelles méthodes de nouveaux savoir-faire qui permettront à ‘’des
volumes donnés de capital et de main d’œuvre de fournir plus de produits et du même coup de
revenus plus élevés. » Nous sommes ici en plein cœur de la fameuse. Hypothèse de la
convergence’’5. Nous avons l’impression que les pays de l’Afrique de l’Ouest ne sont pas
allés plus loin dans la théorie libérale sinon ils auraient atteint le niveau des nouvelles théories
de la croissance qui prennent leurs appuis sur « les activités productrices d’innovation qui
sont la cause du progrès technique. » (op-cit P. 79). Ces activités, suggère l’auteur, prélèvent
du capital et du travail sur la production normale au profit de la Recherche et Développement
(R & D). La suite géométrique de l’évolution des innovations de manière rapide correspond à
l’élévation du taux de croissance. On déduit selon SOLOW que : « la croissance est
exogène » (Op-cit P.80). La croissance ici résulterait de la recherche des profits par les
producteurs et les innovateurs et engendrerait l’idéal des monopoles. Or selon nous, les pays
de l’Afrique de l’Ouest sont beaucoup plus préoccupés de politiques réélectoralistes et de
réformes constitutionnelles à cette fin que de l’économie de compétitivité. Ils ont donc
globalement failli en ce qui concerne la mise en pratique de la théorie libérale de l’intégration
régionale. Il nous faudra maintenant observer le développement des investissements au sein
de la région.
5- Le développement des investissements
Les investissements constituent le socle du développement économique d’un pays, d’une
nation ou d’une communauté économique. Si les pays de l’Afrique de l’Ouest aspirent
4
Robert SOLOW : « Quel que soit le point de départ d’une économie dans le processus de l’accumulation
du capital, si élevé que soit le taux d’épargne et si faible que soit le taux d’accroissement de la main
d’œuvre, toute économie aboutirait en fin de compte à une croissance zéro. Le PIB continuerait
d’augmenter, mais seulement au taux de croissance de la main d’œuvre de sorte que le revenu par
habitant demeurait constant.
5
op-cit
12
vraiment à une émergence souhaitée, ils doivent produire de l’épargne et investir dans les
secteurs clés tels que l’éducation, l’agriculture compétitive pour l’indépendance alimentaire et
la commercialisation de même que pour la transformation. Ils doivent de même investir dans
la santé de la population et la maîtrise de la démographie pour avoir un capital humain
durable pouvant être recyclé dans la production pour la maximisation du profit financier afin
de pouvoir augmenter le capital financier. Ils doivent aussi investir dans les processus de
l’amélioration de la qualité des citoyens en œuvrant pour la bonne gouvernance et la lutte
réelle et efficace contre la corruption.
Si la conception libérale de l’intégration met l’accent sur l’investissement, il est alors
nécessaire de savoir qu’il est question dans cette préoccupation de l’investissement interne
d’abord et de l’investissement externe. A l’interne, en plus des axes que nous avons abordés
plus haut, ajoutons que chaque nation de la communauté (CEDEAO) doit œuvrer pour la
construction des infrastructures routières dans son pays pour favoriser le transport et réduire
les risques d’accidents de circulation. Certains pays comme le Nigeria et la République de la
Côte d’Ivoire, le Ghana font des efforts louables dans ce domaine. La construction des centres
commerciaux et des espaces d’échange commerciaux de même que l’implantation des
industries de fabrication et de transformation activeront les économies nationales d’une part et
l’économie régionale d’autre part.
Et par rapport aux investissements étrangers au sein de la région du fait de l’attrait que
constitue l’existence d’un marché unifié et plus vaste et il importe de savoir que ceci n’est
possible que par rapport à l’état de santé de nos économies nationales d’une part et de
l’économie régionale d’autre part. Selon Malcolm Gillis, DWIGHT. H. Perkins, Michael
ROEMER et DONALD, R. SNODGRASS, dans leur ouvrage intitulé Economie du
développement : « L’investissement étranger direct n’a représenté que 8% de la totalité des
flux financiers entrés dans les pays en voie de développement en 1983, soit une forte baisse
par rapport à sa proportion (24%) en 1960 »6. Suite à ce scénario en 1985, les débats sur la
réduction de la dette extérieure a fait reculer les investissements extérieurs dans les Pays en
Voie de Développement (PDV) parce qu’en 1986 la dette des PDV avait atteint 1000
milliards de dollars, dépassant ainsi de cinq fois environ la totalité des investissements
étrangers de ces pays. Les pays développés ne pouvant pas se résoudre à investir du capital
financier dans ces pays débiteurs dont ceux de l’Afrique de l’Ouest ont varié le concept en le
chargeant et en le remplissant au moyen des additifs tels que : les crédits d’emprunt nettement
supérieurs, la fourniture d’expertise en matière de la gestion, des techniques modernes, des
compétences techniques et un accès aux marchés mondiaux. Tous ces éléments calculés et
facturés en coûts financiers ne font qu’augmenter la dette des pays au Sud en général et de
ceux de l’Afrique de l’Ouest en particulier. Il faut alors reconnaître que souvent, la grande
proportion des investissements extérieurs directs effectués dans les pays pauvres très endettés
par les pays riches ne reflètent nullement l’effort de ces derniers pour délocaliser leurs
activités industrielles dans les Pays en Voie de Développement afin de tirer partie d’une maind’œuvre étrangère à bon marché, mais à créer des situations de contradictions sociaux
économiques d’ouvriers démunis et de propriétaires d’industrie et de filiales ou de firmes
riches et opulent. Cette sorte d’antinomie lorsqu’elle connaît son éclosion conduit souvent aux
6
Malcolm Gillis, DWIGHT Perkins et allii économie du développement, éd NH, Bruxelles 1990, P. 461
13
saccages et aux vandalismes dont les ouvriers font usage dans les unités de production quand
surviennent les crises politiques et sociales (le cas de la République de la Côte d’Ivoire entre
2008-2010). Et, cette réalité n’est pas chose cachée au capitalisme mondial. A vrai dire,
soulignent les auteurs de l’économie du développement : « Les investissements des
multinationales vont beaucoup plus vers les PVD à revenus et salaires relativement élevés que
vers des pays très démunis et dotés d’une main d’œuvre bon marché » (op-cit P. 463). Ceci
revient à dire que le capitalisme mondial a déjà pris des précautions de maîtriser et de
prévenir les risques sans qu’ils se dessinent ou se présentent. Dans ces conditions, notre
modèle d’intégration régionale s’il se veut libéral doit savoir faire le choix en ce qui a rapport
aux investissements étrangers. Nous devons faire en sorte que l’intégration régionale profite
au maximum pour le continent africain en général et pour l’Afrique de l’Ouest en particulier
au sein du marché commun et du marché mondial.
Ainsi, étudions les outils au service de la conception libérale de l’intégration régionale.
II - Examen des outils au service de la conception libérale de l’intégration de
l’Afrique de l’Ouest
Nous avons globalement trois outils à savoir en la matière :
- la zone de libre échange, le marché commun et l’union monétaire qui diminuent les
coûts de transaction des échanges (droit de douane, commission de charge) ;
- le libre transfert des capitaux et la libre circulation de la force de travail.
1- La zone de libre échange.
Elle favorise chez les pays qui s’entendent pour signer cet accord d’intégration
régionale la suppression des droits de douane sur les produits qu’ils fabriquent et qui
circulent au sein de l’espace régional. Cette mesure stimule la production locale ou
plus la production nationale comme facteur d’échange au sein de la Communauté des
pays membres de l’union. En ce sens, nous trouvons raison à la République Fédérale
du Nigeria qui avait dans les années 2000 arraisonné les produits congelés exportés
vers son pays par la République du Bénin. Selon le Président de la RFN d’alors, ces
produits de même que la farine de blé et le riz participent non pas des produits issus de
la production et de l’élevage du Bénin, mais émanent de la réexportation. Une
économie de l’intégration régionale ne peut fonctionner sur la base de cette pratique
qui semble presque violer les lois du commerce équitable dans la communauté. Ainsi,
chaque pays a le droit d’appliquer en tant que membre de la communauté ou de
l’union les tarifs douaniers de son choix aux produits venant des pays non membres de
la zone de libre échange. Cette mesure vise non seulement à faire de l’incitation à la
productivité compétitive dans chaque pays membre, mais à faire de la plus value sur
ces produits. La présente disposition statutaire est une réponse à la marginalisation des
Pays Moins Avancés (PMA) ou des pays pauvres Très Endettés (PPTE) dans le
commerce mondial en ce qui a rapport aux produits agricoles. Si l’on sait que
l’agriculture revêt une importance prépondérante pour l’économie de chaque nation,
elle en revêt plus pour les pays de l’Afrique de l’Ouest, beaucoup plus pour les pays
de tout le continent africain et mieux pour les Pays Moins Avancés. Mais ce secteur
est demeuré sous développé pour plusieurs raisons : absence de technologie appropriée
14
de production, de transformation et de commercialisation, absence de rigoureuse
mécanisation agricole dans les Pays Moins Avancés en général et surtout dans les pays
de l’Afrique de l’Ouest où la démographie est surtout à la hausse 4,2% dans les années
2000 à 5,1% dans les années 20107 . Le constat est qu’il y a baisse progressive de la
production locale et ceci se compense par des importations céréalières en provenance
de la Chine, du Japon et d’ailleurs. L’intégration économique des pays de l’Afrique de
l’Ouest souffre de la dépendance alimentaire des populations au sein de la
communauté. Selon FAO (2002, le rôle de l’agriculture dans le développement des
Pays les Moins Avancés et leur intégration dans l’économie mondiale) : « la lenteur de
l’augmentation de la production vivrière et les fluctuations marquées d’une année sur
l’autre de la production demeurent des problèmes majeurs et chroniques pour les PMA
et constituent les principales causes de l’aggravation de leur pauvreté et de leur
insécurité alimentaire »8. L’économie politique de l’intégration régionale de l’Afrique
de l’Ouest a alors beaucoup de défis à relever. Si selon les experts de la FAO depuis
2002 ; l’évaluation des risques de vulnérabilité fait état entre 1969 à 1971 et entre
1996 à 1998 de la proportion de la population totale des PMA qui est passée 38% à
40% pour ceux qui souffrent de la malnutrition et que le nombre en chiffres absolus de
personnes sous-alimentées est passé de 116 millions à 235 millions en 2013 par
extrapolation. Ce nombre passe à 263 millions pour les malnutries et 136,040 millions
pour les sous-alimentées. Il est maintenant nécessaire d’étudier le marché commun en
matière de la conception libérale de l’intégration de l’Afrique de l’Ouest du point de
vue économique.
2- Le marché commun
Selon les spécialistes de REPAOC et du GRET, le marché commun permet aux pays membres
de libéraliser au sein de l’espace communautaire la circulation des facteurs de production
(capital et force de travail) en plus de celle des marchandises. Les entreprises et les
travailleurs sont donc autorisés à s’installer librement dans n’importe quel pays faisant partie
du marché commun. On peut même décider de la libéralisation des biens et des services.
Reconnaissant la pertinence de l’intégration de l’Afrique compte tenu des difficultés
qu’engendrent les faits réels du régionalisme économique et de la mondialisation, les
dirigeants ont adopté le Plan d’Action de Lagos et le Traité d’Abuja qui instituent la
Communauté Economique Africaine (CEA) qui précisent les mécanismes économiques,
politiques et institutionnels permettant d’atteindre l’idéal. Il n’est pas exclu que sur le marché
commun qu’il y ait des gagnants et des perdants ; les Etats-membres doivent impérativement
s’adonner aux exercices d’évaluation des avantages et des coûts potentiels du processus. Mais
pourquoi ?
En réalité, la logique de l’intégration et ses avantages ne correspondent pas aux déficits ou
à la perte de quelques états-membres que ce soit. Les Etats-membres doivent tout faire pour
maximiser les profits et minimiser les pertes. Il faudrait dans l’avenir prévoir des stratégies de
partage des bénéfices et de règlement des différends économiques. Ces stratégies devraient
7
8
source d’inspiration hasardeuse
FAO, op-cit 2002 P.10
15
faire état de cohérence administrative, de transparence, d’équitabilité et doivent être fondées
sur des règles claires. Mais quel doit être l’instrument d’échange économique ?
3- L’union monétaire
Pour favoriser les échanges commerciaux au sein des pays membres de l’organisation
régionale, certains groupements régionaux se dotent d’une monnaie commune (REPAOC,
GRET et allii 2011) ; il s’agit là des unions monétaires. Ceci a l’avantage de réduire le coût
des échanges grâce à la suppression du coût découlant de la conversion de la monnaie. Ainsi,
le CFA est utilisé dans l’UEMOA et a pour parité le Franc français qui lui-même a déjà
disparu dans l’Union Européenne. Un contraste monstrueux auquel les pays membres de
l’UEMOA et les pays de la CEDEAO n’ont jamais fait attention afin d’être en mesure de voir
s’il faudrait changer le CFA et adopter une autre monnaie au voir s’il faudrait adopter le Naïra
nigérian ou le CIDI ghanéen. On pourrait reprocher au Naïra sa baisse régulière de taux de
change, il faudrait par là souligner aussi qu’une monnaie qui ne subit pas de dépréciation ne
favorise pas le développement de l’économie nationale d’une part et l’économie régionale
d’autre part.
4- Le libre transfert des capitaux et la libre circulation de la force du travail.
Cet aspect de l’intégration régionale donne lieu à la création et au déplacement des courants
d’échange. Si nous savons que : « tous les mécanismes d’intégration régionale officiels
baissent les barrières, telles que les barrières tarifaires pour les échanges entre les pays
membres »9 reconnaissons que la théorie de libre-échange peut contribuer au bien-être des
peuples des pays-membres et permettre à leurs citoyens de se procurer des biens et services à
partir de la source de production la moins coûteuse. Cette richesse ou capital contribue et
conduit à une redistribution des ressources fondée sur les avantages comparatifs. Mais que
traduit cette dernière terminologie ?
En effet, selon les économistes Malcom GILLIS, DWIGHT Perkins et Michael
ROEMER : « Chaque pays- indépendamment de sa taille, de son idéologie ou de son niveau
de développement- participe aux échanges internationaux » (P. 499). Il existe des conditions
statiques dans une large mesure qui favorisent l’approvisionnement de tous les facteurs
internes de production (sol, autres ressources naturelles, travail et capital) qui sont fixés. C’est
ce que les économistes nomment : l’avantage comparatif. Ceci résulte de cela et est riche, dit
DWIGHT Perkins, quant à ses prolongements sur les gains à tirer des échanges et au nombre
desquels figurent ceux-ci. Selon cette théorie : « Tout pays peut augmenter son revenu grâce
au commerce, dans la mesure où le marché mondial permet d’acquérir des biens à des prix
relatifs inférieurs à ceux qui s’appliqueraient dans les pays en l’absence de commerce. » (Opcit P. 499). La théorie induit un principe à savoir : « Plus le pays est petit plus son potentiel de
gain au moyen du commerce est élevé, encore que tous les pays tirent de celui-ci un certain
parti. » (Op-cit). Par ailleurs : « Un pays retirera un profit maximal de l’exportation des
marchandises qu’il produit en exploitant avec une intensité maximale les facteurs de
9
Commission Economique pour l’Afrique, Etat de l’intégration régionale en Afrique, CEA, 2004, P.11
16
production qu’il possède en abondance, tout en important les biens dont la production
nécessiterait une part relativement plus élevée de ses facteurs de production plus rares. » (Opcit. P. 499). De manière globale, retenons de cette théorie de l’avantage comparatif ce qui
suit : « Pour le pays dans son ensemble, les gains l’emportent sur les pertes » (P.502 Op-cit).
De là, nous déduisons pour le libre transfert des capitaux et la libre circulation de la force de
travail que pour l’intégration économique régionale l’Afrique de l’Ouest connaîtrait une nette
prospérité même si ces mécanismes impliquent des réductions tarifaires préférentielles, créent
et déplacent à la fois les échanges commerciaux (CEA, Etat de l’intégration régionale en
Afrique, 2004, P.11).
17
2ème Partie - La deuxième typologie de l’intégration économique ou la conception
volontariste
I – Examen des objectifs
Du point de vue étymologique, le concept de volontarisme vient du verbe vouloir
français et dérive des mots latins (velle, velléité, vols) et traduit : être décidé à faire quelque
chose, projet de faire quelque chose, intention expressive de réaliser quelque chose,
détermination à … Au sens large, la volonté est l’ensemble des forces psychiques portant à
l’action. La volonté est la qualité du caractère de fermeté dans la décision et constance dans
l’exécution. C’est le caractère, la détermination, la décision, la résolution (Paul Foulquier et
Raymond Saint-Jean, Dictionnaire de la langue philosophique, édition PUF, 1969).
La conception volontariste en (IR) est alors l’ensemble des théories économiques qui se
fondent sur les résolutions fermes, les décisions constantes dans l’exécution des projets en
matière de l’intégration régionale.
Selon les spécialistes de REPAOC, le volontarisme est défini comme la pratique de
l’Intégration Régionale qui s’appuie sur la planification des actions communes (notamment
d’investissements communs) entre les différents pays de la région. Cette théorie, en
opposition à l’idéalisme dans l’intégration s’appuie sur des objectifs concrets qui sont :
- l’amélioration de la concurrence. La réalisation d’économie d’échelle et
l’accroissement des Investissements privés (objectifs communs avec la conception
libérale décrite précédemment) ;
- l’orientation du développement des activités économiques sur la base d’une vision
commune de l’aménagement du territoire régional et donc des complémentarités entre
régions ;
- une convergence économique et sociale entre les régions ;
- la capacité de négocier collectivement vis-à-vis de l’extérieur.
Or pour réaliser ces objectifs, on a besoin des outils opérationnels pour la réalisation
de l’Intégration Régionale. Au nombre de ces outils, nous avons :
- les institutions et mécanismes de coopération au niveau régional ;
- les investissements publics communs ;
- les mécanismes de redistribution et compétences ;
- l’union douanière ;
- l’union économique ;
- la négociation collective.
II - Analyse socio-économique de l’Intégration Régionale à travers la conception
volontariste
A - Les tendances économiques (1997-2001) en Afrique de l’Ouest
La conception sur le marché mondial réclame des producteurs l’adaptabilité aux goûts,
aux besoins, aux styles des consommateurs. Les produits et/ ou les fabricants sont alors tenus
de produire non seulement en quantité suffisante mais en qualité et savoir intéresser les
consommateurs. La maîtrise de la loi de l’offre et de la demande est ici nécessaire.
18
L’Intégration Economique Régionale de l’Afrique de l’Ouest ne peut échapper à cette règle
d’or et prétendre réussir. Mais si l’on intéresse à cette question de l’amélioration de la
concurrence en Afrique de l’Ouest, on est en bute à d’autres formes de questions complexes
qui interpellent les politiques nationales et la politique commune voire l’idéologie de
l’intégration régionale. Les pays qui ne s’activent pas efficacement dans l’organisation du
secteur agricole, les pays qui ne construisent pas pour la plupart des infrastructures routières
solides et durables, les pays qui ne transforment pas dans leur grande majorité les produits de
base en produits finis, mais se contentent d’exporter en pourcentage élevé presque tout pour
leurs populations et se livrent à la réexportation d’un pays à un autre au sein de la
communauté économique ou au sein de l’union… concrétisent-ils leurs réelles idéales du
développement ? Si cette condition de démarrage n’est pas réussie quel type d’intégration
aurions-nous ?
L’on sait bien que selon l’économiste et politologue belge français HOUTART : « la
politique de substitution fait long feu dans le Tiers-Monde. Les différences vont en
s’accroissant entre ces pays ; certains s’industrialisent partiellement ou totalement (les quatre
dragons d’Asie du Sud- EST), tandis que d’autres entrent dans la catégorie de Quart-Monde).
La création d’industries de substitution a nécessité des investissements coûteux en technologie
étrangère. Les gains éventuels ne sont pas réinvestis dans les pays. »10.
Il nous faut alors essayer de comprendre cette affirmation dans la perspective de
l’intégration des pays de l’Afrique de l’Ouest.
A n’en pas douter, les pays de l’Afrique en général et de la Communauté Ouestafricaine en particulier répondent aux critères de la marginalisation qui est le résultat de la
mondialisation de l’économie sur le Tiers-Monde. Les effets du Quart-Monde que représente
l’Afrique se font ressentir avec perversité sur l’Afrique de l’Ouest pour cause de la
concurrence économique mondiale dans laquelle l’Afrique malgré ses efforts n’arrive pas en
s’en sortir. Nul ne conteste la diversité des ressources naturelles de l’Afrique de l’Ouest. Il n’y
a pas de confusion à propos de la taille de la population de l’Afrique d’une manière globale et
de l’Afrique de l’Ouest de manière appropriée (Ousmane DEMBELLE, 2012)11, Il y a une
tendance à la création des économies d’échelles et l’exploitations d’avantages comparatifs
intérieurs sur presque tout le continent, dit l’auteur ; mais « la balkanisation des pays africains
de l’Ouest est un frein considérable au développement . Hormis le Mali, la Mauritanie, le
Niger qui sont autant de désert de sable, et l’exception du Nigeria, l’Afrique de l’Ouest est
formée de micro-Etats tels que le Bénin, le Togo qui engendrent des discontinuités
géographiques importantes d’un ensemble régional souhaité »12. Ici, il est à noter que les
effets de la dislocation des liens ethnographiques et sociaux culturels ont engendré des pertes
du capital de développement que devrait représenter le tissu culturel régional. La CEDEAO
est à pied d’œuvre depuis sa création pour minimiser ces disparités et faire en sorte que la
notion de concurrence contribue réellement dans la perspective volontariste à réaliser les
économies d’échelle, l’accroissement des investissements privés et autres.
10
Français HOUTART, la mondialisation de l’économie, CETRI, série Documentaire n° 59, Louvain- laNeuve, 1994, P.3
11
Ousmane DEMBELLE, Coopération d’Intégration Régionale entre l’Européenne et l’Afrique de l’Ouest :
la quadrilature du cercle
12
op-cit.
19
Les spécialistes de la Banque Africaine du Développement dans le Rapport sur le
Développement en Afrique (2002) ont concrétisé cette position en montrant qu’ « en 2001, la
croissance en Afrique de l’Ouest a augmenté très légèrement pour atteindre 3,5% contre un
taux de 3,2% en moyenne au cours de la période de (1997-2000)… la principale impulsion à
la légère amélioration des résultats de la région était le fait du Nigeria qui a enregistré une
croissance plus accélérée. »13. Cette croissance légère, si l’on pourrait s’exprimer ainsi, est la
conjonction de certains facteurs de la concurrence. Il s’agit de la capacité d’exploitation et de
commercialisation du pétrole nigérian et de sa possibilité émettre lui-même sa monnaie. La
question reste posée à savoir ce que cette fédération deviendrait économiquement si elle
rentrait dans l’Union Monétaire Ouest-Africaine et acceptait d’utiliser le Franc CFA ?
Comment concilier le volontarisme en Intégration Régionale de l’Afrique de l’Ouest au
concept de l’Union Monétaire si l’on sait que : « dans la zone non-CFA, la croissance est
passée de 2,9% en moyenne par an au cours de la période de 1997-2000 à 3,9% en 2001…
encore imputable à une croissance plus rapide au Nigeria »14 ? Mais dans le cas ghanéen dans
la même période : « la croissance est restée au taux estimé de 3,9% ce qui est inférieur au taux
moyen de croissance de 4,3% entre 1997-2000. Les facteurs à la base de ce ralentissement
prononcé en 2000, face à une augmentation de la production de 3,7% ont contribué à agir sur
les résultats en 2001. Le principal effet pervers demeurait la nette dégradation des termes de
l’échange suite à la baisse des prix du cacao et de l’or tandis que les cours du pétrole
augmentaient rapidement »15. La conséquence de phénomène est la montée du taux d’inflation
et la dévaluation rapide de la monnaie nationale. Cette situation a conduit à des déséquilibres
budgétaires aboutissant à une forte croissance monétaire. Il y a sociologiquement un paradoxe
entre les faits (montée du taux d’inflation, dévaluation, déséquilibre budgétaire) et croissance
monétaire. L’alchimie économétrique seule peut expliquer ces phénomènes comme facteur de
croissance. La concurrence dans les pays de l’Afrique dans la visée volontariste a été
favorisée par le retour au Nigeria du gouvernement civil au pouvoir avec la montée du cours
du pétrole. Ainsi le Produit Intérieur Brut était passé de 1% en 1999 à 3,8% en 2000, le baril
du pétrole au Nigeria est passé concurremment de 12,8 dollars US à 28,5 dollars US pour se
stabiliser à 24,4 dollars US en 2001.
En Sierra Léone, l’amélioration des conditions sécuritaires à stopper la contraction de
l’économie qui avait commencé il y a trois (03) ans. Celle-ci a permis à la croissance
d’atteindre 4,5% en 2001 par rapport au taux de contraction moyen de 5,6% par an entre
1997-2000. D’autres facteurs insoupçonnés concours à la mise en application de nos propres
options et conceptions malgré nous-mêmes. L’exemple précis est le désaccord que le Fonds
Monétaire International (FMI) et le Nigeria ont entretenu au sujet de l’utilisation des
retombées du pétrole (entre 2000-2002). Au même moment, l’économie gambienne bénéficie
« d’un achèvement réussi du programme public financé par le FMI en 2000. C’est aussi là à
notre avis une forme de diversification de la démarche de développement qui peut être
interprétée comme une concurrence.
Du côté des autres pays tels que la Gambie, la Guinée Bissau, le Cap-vert, la Guinée…
nous avons l’élévation du taux de croissance dans les deux premiers pays de l’Afrique de
13
Rapport sur le Développement en Afrique 2002, édition Economica, Paris 2002, P.98
Rapport sur le Développement en Afrique 2002, op-cit. P. 98
15
op-cit
14
20
l’Ouest (Gambie, Guinée, Bissau) comparativement aux prévisions des quatre (04) années
antérieures au moment où la production a baissé au Cap-vert et en Guinée. En ce moment
précis, le Cap-vert souffrait d’une régression économique due à la limitation de l’envoi du
flux financier dans ce pays par les Etats voisins. Ce fonds des expatriés constitué en capitaux
étrangers étant absent, cela s’est fait ressentir sur le Cap-vert en 2001. « La Gambie pour ce
qui la concerne enregistrait déjà une croissance plus rapide de 5,7% »16. Cette croissance est
instiguée par sa performance en production agricole, au dynamisme du BTP et grâce à
l’augmentation des recettes touristiques. Mais de manière compensatoire, le taux de
croissance en Guinée a connu une chute en 2001 pour raison de la dégradation des termes de
l’échange et de l’insécurité aux frontières. Le secteur des mines, et celui de l’agriculture ont
eu leur croissance compromise et l’économie en général fut perturbée.
Pour ce qui a trait à la zone CFA, l’activité économique a connu un ralentissement en
2001. Le PIB réel se retrouvait à l’affiche d’une croissance de 28% contre une moyenne de
3,9% entre 1997-2000 pour raison lié à la question de la crise ivoirienne issue de l’instabilité
politique de cette nation productrice du cacao, du café et attractrice d’une importante aide
financière. Les termes de l’échange furent dégradés pour preuve de la baisse des cours de
cacao, du café et de la hausse des coûts d’importation. L’économie connut un recul contracté
de 1,5% en 2001. Les incertitudes du genre ont inversé les résultats et les tendances qui
faisaient croître l’économie autrefois au rythme annuel de 5,5% depuis la dévaluation du
France CFA en janvier 1994.
La République du Bénin pouvait encore se gausser de la performance de son or blanc
(le coton) en 2001 avec les dix (10) premières années de la démocratisation. L’effet coton
s’est retrouvé être similaire au Togo et au Burkina-Faso. Ainsi, la République du Bénin a vu
progresser son économie comme le cas de la Guinée Bissau en 2001 en dépit d’une
dégradation des termes de l’change. On retrouvait la Guinée Bissau avec 4,4% en 2001 par
rapport à la baisse de 1,6% en moyenne par an en cours de la période de 1997-2000.
De manière globale, disons que « l’amélioration de l’activité économique de l’Afrique
de l’Ouest en 2011 s’est accompagnée d’une légère hausse de l’inflation. Celle-ci est passée
de 6,3% durant 1997-2000 à 7,7% en 2001 »17.
Le cas ghanéen n’a pas fait exception à la règle.
Il présente une inflation qui a presque doublé en 2000 pour dépasser 25%. Cette
situation est due à des politiques budgétaires et monétaires laxistes et à la dépréciation de la
monnaie. Le présent cas permet de constater que même si ce pays a connu une inflation à
deux (02) chiffres au cours de la dernière décennie, la réduction importante constatée entre
1998-1999 avec une inflation de 13,5% en moyenne n’a pas tardé à être annulée en 2000. Les
effets conjugués de al montée de la fiscalité et de la masse monétaire dans les perspectives
électorales de 2000 ont accru et accélérée le taux d’inflation qui a atteint une moyenne de
33%, mais en décembre 2000, la tendance a fléchi en passant de 40,6% à 23,5%.
Or au Nigeria, le premier semestre de 2000 a enregistré une sérénité de gestion de
l’inflation. Malheureusement, l’accroissement de la masse monétaire au second semestre a fait
16
17
op-cit Rapport sur le Développement en Afrique
op-cit P.101.
21
galoper le taux de l’inflation à 14% en 2000. La moyenne annuelle a donc été ramenée 8% au
cours de 1997-2000 pour se situer à 15,7% en 2001.
Mais dans le cas Sierra Léonais, on a assisté à la stabilisation des prix, et les prix de la
consommation se sont repliés de 0,9% en moyenne en 2000 quoique les salaires aient
progressé et les traitements aient connu un progrès de même que les dépenses publiques. Mais
ce repli n’est pas le fruit du hasard. Il découle logiquement d’une forte appréciation du taux de
change effectif réel et du resserrement des conditions monétaires. Quand les prix ont
augmenté la reprise de la poussée inflationniste est allée à une augmentation de 8%.
Le cas gambien en matière d’inflation pourrait être compris car les gambiens ont
accéléré la production alimentaire pour conjurer le démon de l’inflation et leur taux annuel
avait seulement avoisiné 2,1% entre 1997-2000. Mais suite d’un léger relâchement l’inflation
a bondi et a atteint 5,5% en 2001. Comment le peuple gambien a-t-il pu supporter un taux
d’inflation de 3,4% dans l’intervalle d’un an ?
S’agissant en plus de la République de la Côte d’Ivoire qui a traversé deux (02) années
d’inflation à deux chiffres suite à la dévaluation du franc CFA, ce pays est revenu depuis 1996
à une stabilisation de prix, mais notons qu’entre 1997-2000 l’inflation n’a atteint que 3% suite
à la bonne récolte et la production massive des denrées alimentaires. Mais avec les hausses de
prix des combustibles et de produits alimentaires ont monté et les taux ont avoisiné 4,4%.
Les sénégalais dans cette pandémie inflationniste ont pu faire de la résistance. Ils ont
réussi à contrebalancer les effets de la dévaluation du franc CFA (1994) qui ont entrainé la
dépréciation de al monnaie nationale en 1994. Les autorités monétaires ont alors réussi à
stabiliser durablement les prix et l’inflation est restée entre 1,1% entre 1997-2000 et s’est
accéléré légèrement 1,9% en 2001.
La présente augmentation marginale résulte de l’introduction d’une TVA à taux
unique et de la libéralisation du marché des produits pétroliers. Cette réalité nous conduit à
l’adoption de la thèse de l’économiste ELSA ASSIDON. En effet, selon le Professeur
d’économie de Paris- IX Dauphine et de l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine
(Université de Paris III) : « Les théories du développement se sont affirmées comme un corps
distinct dans la science économique dès lors qu’elles ont postulé l’existence de spécificité
communes à un ensemble de pays, en même temps qu’elles ont adopté l’idée que le
développement ne se réduit pas à la croissance »18. Les cas des pays de l’Afrique de l’Ouest
confirment bien cette thèse. Il est donc opérationnel que l’intégration des pays de l’Afrique de
l’Ouest en visant donc l’aspect économique dans sa conception volontariste puisse aussi et
fondamentalement mettre l’accent sur le développement humain durable.
B - Concilier la conception volontariste en Intégration Régionale et la dynamique
sociale
En opposition de l’in-solidarité du contrat dans l’orbite du libéralisme individualiste (Marcel
David, la solidarité comme contrat et comme éthique, éd Berger-Levrault, 1982, P.50) le
volontarisme s’appuie sur l’aménagement du territoire régional et par conséquent préconise
les mécanismes de solidarité ou de complémentarité entre les régions. Le volontarisme
développe une convergence économique entre les régions et leur donne une capacité de
18
ELSA ASSIDON, les théories économiques du développement, éd, la découverte, Paris, 1992 P.5
22
négocier, collectivement vis-à-vis de l’extérieur. Conscients que : « Le manque de capital est
presque par définition la caractéristique des zones sous-développés »19 rassurés que : « la
pierre angulaire de l’économie du développement moderne dans sa phase initiale a été la
formation du capital »20. La CEDEAO a réussi à faire un chemin de cohérence entre les
théories économiques d’ELSA ASSIDON, H.W. ARNDT et A.H. Gleason dans sa visée
volontariste. C’est ainsi qu’elle a visé non seulement la réduction de la pauvreté à l’échelle
régionale, mais l’éradication de ce phénomène. Elle a favorisé l’intégration de l’Afrique au
partenariat commercial états-unien de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA, Mai
2000) comme initiative unilatérale d’ouverture des frontières des Etats-Unis aux produits
africains. Cette initiative de l’intégration Régionale vient s’ajouter aux accords ACP/UE.
Selon les spécialistes du Centre de Développement de l’Organisation de Coopération et de
Développement Economique (OCDE, 2001/2002, P.37) : « Les Etats-Unis ont fixé une liste
de trente cinq (35) pays d’Afrique subsaharienne éligibles à l’AGOA, sur des critères
politiques décrits selon les termes suivants :
- établissement d’une économie de marché ;
- développement du pluralisme politique et d’un Etat de droit ;
- élimination de barrières vis-à-vis des produits et des investissements américains ;
- respect de la protection des droits de propriété intellectuelle ;
- efforts pour combattre la corruption ;
- mise en œuvre de politiques pour réduire la pauvreté ;
- expansion des services médicaux et éducatifs ;
- protection de droits de l’Homme et des droits des travailleurs et élimination de
certaines pratiques de travail des enfants. »
Cette initiative de l’Intégration Economique Régionale a sélectionné trente six (36)
pays dits éligibles dont : la République du Bénin, le Botswana, le Cap-vert, le Cameroun, la
République Centrafricaine, le Tchad, le Congo, Djibouti, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Gabon, le
Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Kenya, le Losoto, Madagascar, le Malawi, le Mali, la
Mauritanie, Maurice, le Mozambique, la Namibie, le Niger, le Nigeria, le Rwanda, Sao-Tome
et principe, le Sénégal, les Seychelles, le Sierra-Léone, l’Afrique du Sud, la Tanzanie,
l’Ouganda, la Zambie et enfin le Swaziland.
Quels sont alors les avantages du plan AGOA pour les pays partenaires ?
A voir de près, nous avons l’impression qu’il y a dans le plan AGOA une passerelle
entre la conception libérale de l’intégration régionale et la conception volontariste. Cette
compréhension de la situation nous a été insufflée par l’analyse du sociologue Marcel
DAVID. En effet, selon ce professeurs de l’histoire des institutions et des faits sociaux et
enseignant de la sociologie du monde ouvrier, fondateur de l’Institut du Travail de
Strasbourg : « Le mythe fondateur de l’idéologie libérale »21 est « l’automaticité de réalisation
19
A.H. Gleason, Economic Growth and consumption in Japan in Lokcwood, the state and Economic
enterprise P.393
20
H.W. ARNDT, Développement Economique : la marche d’une idée, édition Nouveaux Horizons, Chicago,
1987, P.54
21
Marcel DAVID, la solidarité comme contrat et comme éthique, édition Berger-LEVRAULT, Paris, 1982,
P.51
23
de l’intérêt général à partir de la poursuite par chacun de son intérêt particulier. »22 et ceci
« Puisqu’il suffisait à quiconque de se préoccuper de soi, pour que la ‘’ruse de la raison’’
opérât ce miracle de faire tourner rond la société toute entière, on n’imaginait pas d’avoir à
conférer aux plus démunis un droit à compensation, ni même d’avoir à faire jouer la moindre
assistance en leur faveur »23. La compréhension de ces postulats sociologiques de la solidarité
se trouve dans les présupposés avantages de l’AGOA pour les pays éligibles. Il s’agit pour
eux de pouvoir « bénéficier d’un accès hors droits de douane et quotas pour un grand nombre
de produits représentant plus de 1800 positions tarifaires. Les produits de l’industrie textilehabillement en font partie s’ils sont fabriqués à partir d’intrants provenant des Etats-Unis
sinon ils sont soumis à des quotas. Cette règle est cependant temporairement assouplie pour
les pays dont le revenu par habitant était inférieur à 1500 dollars en 1998, selon un règlement
particulier applicable jusqu’en septembre 2004. »24. Sur tous les plans presque tous les Pays
Moins Avancés sont concernés. En tout cas, tous les pays de l’Afrique de l’Ouest sont
englobés. Il n’y a plus rien à penser, ces pays sont considérés comme étant automatiquement
sous les liens de solidarité des Etats-Unis, car leurs populations vivent sous le seuil de
pauvreté estimé à 1 dollar US/J et par tête, et ils sont tenu d’acheter des intrants auprès des
Etats-Unis s’ils veulent se tenir droit dans l’AGOA. Les présents accords n’encouragent pas
les innovations technologiques de fabrication des intrants à la base et pourtant « les
groupements régionaux ont tendance à voir leur propre réalité en rose »25 au lieu de voir dans
cet accord de partenariat un pas en avant vers l’intégration et deux en arrière vers le retard de
l’Afrique : « les acteurs préfèrent parler du succès plutôt que de l’échec. La description du
succès du groupement régional recevra des réactions beaucoup plus agréables qu’une
discussion sérieuse des obstacles des insuffisances et d’échec. Pourtant une réflexion honnête
sur les obstacles à l’intégration régionale constitue une importance extrême pour construire un
pont comblant le vide entre la revendication et la réalité inhérente dans n’importe quel
groupement régional à travers le monde »26.
Au demeurant, notons qu’il existe trois (03) outils au service de l’Intégration Régionale
suivant le modèle volontariste.
III - Les outils de la conception volontariste de l’Intégration Régionale
Nous avons ici la coopération entre pays, l’union douanière, l’union économique.
a- La coopération entre pays
A travers la formation des associations ou des grandes coopérations régionales, les
pays de la région harmonisent certaines politiques qui visent à favoriser le commerce entre
eux et à stimuler les investissements. Ils mettent ainsi en œuvre des programmes et projets en
commun sur des thématiques communes ou spécifiques. Nous pouvons avoir en exemple des
Initiatives Africaines de l’Intégration Régionale comme le Nouveau Partenariat pour le
22
Op-cit
Op-cit
24
OCDE/BAD, Perspectives économiques en Afrique, Paris, 2002, P.37
25
Ludger Kühnhard, Region-Bulding : le rôle de la recherché et des etudes en face des obstacles et des
défis, discussion paper éd, ZEI/ C 208, 2011, P.84
26
Op-cit.
23
24
Développement de l’Afrique (NEPAD) qui est une approche africaine des problèmes du
développement du continent. Cette approche regroupe en son sein des sous-initiatives très
importantes à savoir : le Millenium Partnership for the African Recovery Programme
(MARPP) proposé dans le NEPAD par les Présidents Mbeki Tabo (Afrique du Sud)
Bouteflika (Algérie) et Obassanjo OBAFEMI (Nigeria).
Le plan OMEGA présenté par le Président Abdoulaye Wade (Sénégal). Il s’agit ici des
plans de relance du développement en Afrique. Ceci repose sur des objectifs ou une vision
commune de développement. Ils ont fait cette fusion et l’on conduit lors du Sommet de
l’Union Africaine à Lusaka en juillet 2001. Ils ont initié aussi un plan appelé ‘’Nouvelle
Initiative Africaine (NIA, 2001) et rebaptisé en Octobre 2001 Nouveau Partenariat pour le
Développement de l’Afrique (NEPAD) ou en Anglais (New Partnership for Africa’S
Development). Le NEPAD est très indiqué dans la confirmation de l’option d’une Afrique qui
doit prendre en charge son propre destin.
Dans le NEPAD, la volonté manifeste des Présidents de l’Afrique est de réduire les
conflits et d’assurer la démocratie au sein du continent. Le volet économique du NEPAD
s’appuie sur le développement de sept (07) secteurs d’action prioritaires à savoir :
- les Infrastructures ;
- les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication ;
- la Santé ;
- l’Education ;
- la culture ;
- l’agriculture et la diversification de la production et des exportations.
De cette initiative régionale ou africaine, les promoteurs ont proposé de mettre cet
outil au service du reste du monde. Tout prouve logiquement ici que les africains réfléchissent
et ont de belles idées pour le développement et pour l’intégration économique régionale.
Cependant la thèse criticiste de Samir Amin qui cherchait une transition de « la croissance
stimulée de l’extérieur à croissance engendrée de l’intérieur et auto-financée » n’a pas réussi
dans le NEPAD à trouver sa place. Les promoteurs avaient toujours leurs yeux rivés vers les
financements extérieurs et les Aides Publique au Développement (APD) pour résoudre les
équations développementales qu’ils ont posées eux-mêmes. Les promoteurs du NEPAD se
sont pas mal foutu et de manière volontaire de la philosophie économique de l’économiste
STOKES (The English Utilitarians, P.31) selon laquelle : « le moment est venu (…) de
reconsidérer la signification du développement ‘’l’élément à ajouter… c’est l’autonomie’’ »27.
Et, renforça l’économiste ARNDT : « du point de vue économique, cela voudrait dire la
réduction de la dépendance vis-à-vis des biens essentiels importés, en particulier les produits
alimentaires de base, le pétrole et ses dérivés, les biens d’équipement et les experts »28. La
présente pratique nous amènerait à réduire notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur ; mais
c’est dans le sens contraire que les africains que nous sommes évolués les yeux fermés et les
oreilles bouchées comme dans la métaphysique cartésienne du cogito ergo sum ou du cogito,
ergo cogita ta.
27
H.W. ARNDT, Développement Economique : la marche d’une idée, éd. Nouveaux Horizons, Chicago
1987, P.133
28
op-cit P.133
25
b- L’union douanière
Dans l’union douanière, les pays ayant constitué une zone de libre échange doivent
mettre en place un Tarif Extérieur Commun (TEC) pour unifier le régime douanier face aux
pays non membres. Dans une union douanière, les membres peuvent aussi céder leur
souveraineté à une administration douanière unique. Celle-ci peut favoriser une politique
commerciale commune (PCC), mais pas la libre circulation des facteurs (LCF), mais pas aussi
une Politique Monétaire et Budgétaire Communes (PMBC), mais pas du tout un seul
gouvernement (USG). Par cet outil, les membres de la Communauté Economique des Etats de
l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont commencé à supprimer les tarifs douaniers sur les
produits non transformés et les produits der l’artisanat traditionnel en 1981. Ils ont par surcroit
adopté un programme qui tend rigoureusement à supprimer les droits sur les produits
industriels au cours de la période allant de 1990-2000.
Toutefois, des paramètres nous échappent dans les contextes de suppression des tarifs.
Nous ne savons pas si c’est par jeu de prudence, obligation de réserve ou par prévarication
que tous les pays n’ont pas mis en œuvre cette politique de libéralisation dans sa totalité.
Cependant, tous les Etats-membres excepté le Libéria ont supprimé les tarifs douaniers sur les
produits non-transformés excepté la République du Bénin qui l’a fait pour les produits
industriels. Quant à la République du Ghana et à la République Fédérale du Nigeria, ils
s’efforcent de relancer la libéralisation des échanges dans le cadre d’une initiative accélérée.
Et pour que les échanges soient prospérés, nous pensons bien qu’il faille faire l’union
économique.
C- L’union économique
Dans une union économique, les pays faisant partie de l’union ont accès à un marché
commun. Ils unifient leurs politiques économiques dans divers domaines (concurrence,
fiscalité, agriculture, etc.). Dans le secteur agricole par exemple, les pays membres régulent la
production et le marché, harmonisent les prix. Dans cette perspective de l’union monétaire fut
créée en 1994, l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine). Elle est un
atout majeur de la Région en matière d’Intégration Régionale (REPAOC, 2011). Elle
comporte une variété d’instances qui s’activent à la réalisation d’une véritable intégration
régionale à travers les différents programmes et actions influençant de manière véritable la vie
des communautés. Si l’on sait que cette union monétaire Ouest-africaine date de 1962 et n’a
fait que subir une métamorphose le 10 janvier 1994 à Dakar, donc six (06) jours après la
dévaluation du franc CFA de 50%, il y a alors à s’interroger sur sa présence et sur sa
fonctionnalité de même que sur son efficacité régionale et sa raison d’être au moment où le
franc français qui est sa garantie a déjà disparu au profit du Euro dans la Communauté
Européenne. Même s’il n’est pas faux que l’UEMOA ait des visées consistant à établir un
espace économique intégré en se fondant sur le socle d’une monnaie commune des Etatsmembres (le franc CFA), il est aussi vrai qu’elle doit favoriser une meilleure adéquation et
insertion des Etats-membres dans l’économie mondiale. Regroupant les pays comme la
République du Bénin, le Burkina-Faso, la République de la Côte d’Ivoire, la Guinée Bissau, le
Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo, elle couvre un espace géographique de 3 509 600 km2 et
concerne une population de 80 340 000 habitants. Elle a pour slogan : ‘’Réussir Ensemble
26
l’Intégration’’. L’UEMOA a des organes de contrôle qui sont : la commission, la cour des
comptes, la cour de justice, le comité interparlementaire. Elle est dotée des institutions
spécialisées comme la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et la
Banque Ouest Africaine du Développement (la BOAD). Ces instances de gouvernance sont :
la Conférence des Chefs d’Etats et le Conseil des Ministres.
Elle a des programmes principaux de :
- Programme Economique Régional (PER) ;
- Programme Qualité UEMOA
- Programme Régional Biomasse Energie (PRBE)
Au niveau de la représentation dans chaque, notons que l’UEMOA a une cellule
nationale dans chaque pays membre.
Pour ce qui a trait au financement de l’UEMOA, retenons que cette institution
fonctionne au moyen du prélèvement de solidarité, du prélèvement communautaire et du
financement partenaires. L’UEMOA pour ce qui nous concerne a une immensité de défi à
relever :
- Le Franc CFA est arrivé à l’Euro or auparavant, il était au franc Français qui a disparu
avec l’avènement de l’Euro. La question se pose à savoir : Quelle est réellement la
parité du Franc CFA ? Est-ce toujours par rapport au franc français défunt ou par
rapport à l’Euro ? (défi de parité)
- La crédibilité et la stabilité internationale du CFA sont-elles toujours garanties ? (Défi
de stabilité et de crédibilité).
- L’impossibilité pour les pays de l’Afrique de l’Ouest de mener une politique
monétaire, c'est-à-dire d’émettre leur monnaie indépendante (défi d’autonomie
monétaire).
- Réduction de la marge de manœuvre budgétaire de chaque Etat membre (défi
d’indépendance financière).
- Lorsque le Euro est surévalué par rapport au dollar (dans le présent cas), les pays
membres de l’UEMOA en ressentent, or ils ne sont pas dans l’union européenne (défis
de fluctuation monétaire par rapport à une monnaie étrangère à l’UEMOA).
Pour remédier à ces défis, la CEDEAO envisage à long terme la création d’une
monnaie unique pour l’ensemble de la région à l’horizon 2012. En prélude à cette vision, les
pays comme la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Nigeria et la Sierra Léone prévoient la
réalisation d’une union monétaire en 2015. Au-delà des défis, il faut reconnaître que les Etats
de l’UEMOA disposent d’une politique commerciale commune fondée sur l’existence à
savoir :
- une zone de libre échange mise en place de manière progressive à partir de 1996 et qui
a été élargie à l’ensemble de la CEDEAO en 2004 ;
- l’institution des règles communes de concurrence ;
- d’une union douanière mise en place au 1er janvier 2000, basée sur le TEC (Tarif
Extérieur Commun) ;
- les principes de liberté de circulation des biens, des services et des personnes ;
- la reconnaissance et l’harmonisation mutuelle des normes techniques et des
procédures d’homologation, de certification et de contrôle.
Mais cela n’empêche pas le palier des difficultés (ou) défis de l’élargir. Nous avons :
27
1- les difficultés de stabilisation macro-économique et de libéralisation des marchés, ce
qui les contraint à un ajustement structurel important ;
2- les échanges des Etats membres, huit (08) sont prioritairement orientés vers l’Union
Européenne, ce qui se traduit par un déséquilibre croissant de la balance commerciale ;
3- les relations commerciales intra-zone sont très faibles, ce qui constitue un obstacle
majeur au développement de l’investissement extérieur privé ;
4- le taux de croissance de l’économie des Etats-membres est insuffisant pour donner lieu
une réduction significative de la pauvreté.
Il faudrait prévoir des mesures de remédiation pour une véritable intégration régionale dans la
perspective volontariste. Ceci permettra d’assainir l’institution car la monnaie et la
coopération monétaire ne doivent pas se limiter à de simple logique comptable.
Présentons alors ici quelques avantages de la coopération monétaire pour les pays membres
(Arsène Flavien BATIONO, www.lestratege.net).
- La fixité des parités depuis le 1er janvier 1999 entre l’euro et le franc CFA favorise la
stabilité monétaire et financière des pays de l’UEMOA.
- Les règles communes instituées ont permis à l’UEMOA de jouer un rôle catalyseur de
solidarité et d’intégration régionale. L’UEMOA comporte des dispositifs pour engager
un processus de surveillance multilatérale qui contribue à la convergence des
économies depuis 1994.
- L’interdépendance entre l’intégration monétaire et l’intégration économique.
- La convertibilité du CEA à un taux fixe de change et irrévocable.
- L’unicité de la politique externe de change.
- La réduction des coûts de transaction.
- L’accroissement de l’investissement et la promotion des échanges entre les pays
participants (ou) pays membres.
- L’accélération de la croissance économique des pays.
D’une manière globale, disons que l’Intégration Régionale Economique de l’Afrique
de l’Ouest dans la conception volontariste se fonde sur les accords, les clauses et les décisions
de chaque pays membre. Elle semble se déconnecter de l’extérieur. Mais sous l’inspiration de
la Boîte verte de l’Union Européenne par rapport aux accords de l’organisation Mondiale du
commerce, les pays en développement ont tenté de se faire entendre dans les négociations
agricoles en proposant la ‘’Boîte développement’’. (La chercheuse Anne Lothoré sur la base
d’Extraits du n°12 des volatiles de l’Agriculture Solagral, janvier 2003). Cette proposition est
destinée pour les pays en développement tels que le Cuba, la République dominicaine, le
Honduras, le Pakistan, l’Haïti, le Nicaragua, le Kenya, l’Ouganda, le Zimbabwe, le Sri Lanka,
l’El-Salvador. A ce groupe de pays normalement sous-développés se sont ajoutés : le Nigeria,
le Sénégal et le Pérou. Cette proposition des Pays en Développement (PED) est destinée à
ceux-ci et a été soumise à l’OMC en 2000. L’objectif visé par cette Boîte de Développement
est de donner plus de souplesse aux PED dans la définition de leur Politique Agricole
Nationale (PAN) et surtout pour répondre à des objectifs de sécurité alimentaire.
Les objectifs de la Boîte de Développement sont de :
- protéger et renforcer leur capacité de production intérieure de produits alimentaires,
notamment la production d’aliments de base ;
28
-
accroître la sécurité alimentaire et l’accessibilité aux produits alimentaires en
particulier pour les populations les plus démunies ;
- offrir des emplois aux populations rurales ou du moins, maintenir les emplois
existants ;
- protéger les agriculteurs produisant des produits agricoles essentiels contre les
importations à bas prix ;
- avoir de la souplesse pour soutenir les petits exploitants agricoles, notamment pour
accroître leur capacité de production et leur compétitivité. Les pays de l’UEMOA pour
ce qui les concerne ont présenté en 2002 une proposition commune dans les
négociations agricoles de l’OMC. Ils ont essayé de faire des plaidoyers en faveur des
Pays en Développement et des Pays les Moins Avancés dont ils font partie. Leur
Union Monétaire à savoir l’UEMOA a une position qui se représente à travers les
points suivants :
 l’augmentation des mesures de soutien dans les P.E.D ;
 l’élargissement de la clause spéciale de sauvegarde (clause autorisant les pays à élever
leur tarif douanier en cas de forte hausse du volume d’importation ou de chute
d’importation ou de chute du prix d’importation au PED) et l’assouplissement de ses
conditions de recours ;
 un meilleur accès de leurs produits agricoles aux marchés des pays développés ;
 la réduction du soutien interne dans les pays développés et notamment la limitation de
l’utilisation abusive des mesures de boîte verte (mesure de soutien dont les effets de
distorsion sur échanges sur les échanges sont sensés être nuls ou minimes) et la
suppression de tout soutien couplé à la production ;
 l’élimination des subventions à l’exportation dans les pays développés.
En plus de ces conditions, les pays de l’UEMOA ont aussi demandé le renforcement des
dérogations en faveur des PED et des PMA notamment :
 l’amélioration du traitement spécial et différencié par l’attribution de délais plus long
et d’engagements réduits (attribution suivant des indicateurs économiques et de la
situation du secteur agricole ;
 une plus grande souplesse dans l’application des mesures d’urgence pour protéger les
petites agricultures contre les importations et les pratiques commerciales déloyales ;
 la création d’une boîte développement pour permettre au PED de mettre en œuvre les
politiques agricoles appropriées ;
 la mise en œuvre de la Décision de Marrakech et de l’assistance technique en matière
de normes sanitaires et phytosanitaires ;
 la définition d’une clause de conformité minimale entre les mesures autorisées par
l’OMC et les conditionnalités des réformes imposées par les institutions de Breton
Wood (Anne Lothoré, Sologral n° 12, des volatiles de l’Agriculture, Grain de sel, n°
23, Juin 2003 P.27).
Il faudrait alors noter au passage l’expression de certains concepts clefs dans la
compréhension des Rapports UEMOA/OMC ou dans l’intégration au marché mondial OuestAfricaine.
29
L’Accord Agricole : Il s’agit ici de considérer que l’agriculture a toujours été considérée
comme secteur à part dans les négociations commerciales internationales jusqu’en 1986. Les
dépenses exorbitantes liées au coût excessif de production, d’appui à l’agriculture et de
protection de certains pays (les Etats-Unis et pays européens) et leurs effets croissants sur les
échanges internationaux de produits agricoles (notamment les subventions aux exportations)
ont cependant conduit à l’intégration de l’agriculture dans les négociations commerciales du
GATT (ancêtre de l’OMC née en 1995). L’Accord agricole compris dans l’Accord de l’OMC,
est entré en vigueur en 1995. Il est prévu pour six (06) ans pour les pays développés et pour
10 ans pour les PED. Le Processus de Négociation de cet accord est engagé depuis 2000.
(Extrait de « les agricultures du Sud et l’OMC », Solagral, 2001).
Boîte bleue : Créée principalement par et pour les Etats-Unis et l’Europe, cette boîte
comprend les aides directes versées aux producteurs dans le cadre de programme de limitation
de production (« aides compensatoires européennes, deficiency payments american’s). Elles
ne sont pas soumises à l’obligation de réduction dans le cadre des Accords de l’OMC.
Boîte orange : Ensemble des mesures de soutien interne qui faussent le jeu de la concurrence
sur les marchés mondiaux : il s’agit essentiellement de soutiens aux prix, et, dans les boîtes
bleue et verte.
Boîte verte : Ensemble des mesures de soutien à la production agricole exemptées de
l’engagement des Mesures Globales de Soutien. Il s’agit des Mesures dont les effets de
distorsion sur les échanges nuls ou minimes (exemple : recherche, formation, stocks publics
pour la sécurité alimentaire, environnement, assurances récolte).
Accord de l’OMC : A Marrakech en 1994, ont été regroupés vingt neuf (29) accords
juridiques distincts (couvrant l’agriculture, les services, les marchandises…) et autres
mémorandums, déclarations et décisions ministérielles au sein d’un accord unique appelé
officiellement, « l’Accord de l’OMC » Accord appelé aussi communément « Accords du
GATT », Accords de Marrakech, Accords du cycle de l’URUGAY.
3ème Partie
- La conception territoriale de l’Intégration Economique Régionale de
l’Afrique de l’Ouest
30
Dans la doctrine, la conception territorialiste valorise l’intégration par les Firmes. Elle
met en relation et articule les acteurs économiques des différents territoires. Cette pratique
élargie leur champs d’action spécial et leur permet de construire des réseaux. Elle se fonde, dit
Philippes HUGON (2011) sur la concurrence imparfaite, sur la vision des acteurs pluriels en
situation asymétrique sur la coordination no-marchande par la formation des réseaux intrafirme sur les coûts de transaction, sur les effets d’agglomération, sur les conflits, les jeux
coopérations (Philippes HUGON 2011).
I – Les objectifs du territorialisme
La conception territoriale vise les objectifs à savoir :
 l’indépendance des acteurs dans l’amélioration de la concurrence ;
 la réalisation d’économie d’échelle et une spécialisation régionale en fonction des
avantages comparatifs exactement comme dans la conception volontariste ;
 la coopération fonctionnelle dans la création et le développement des échanges de
bines et de services ;
 la maîtrise des variables économiques qui jouent à l’échelle régionale ce qui
conduit à l’accroissement des investissements exactement comme dans la
conception volontariste ;
 la réduction des coûts de transaction ;
 la diffusion des connaissances et des savoir-faire techniques ; ceci conduit à la
compensation des asymétries.
L’importance de cette approche de l’intégration est d’abord la valorisation de l’espace
régional comme un vaste territoire sur lequel on fait usage des outils des politiques incitatives
vis-à-vis des acteurs régionaux par l’organisation des filières dans chaque domaine et dans
chaque pays.
Pour une évolution compétitive, l’on assiste à la formation des pôles régionaux. Les
acteurs signent des accords et des règles communes qui limitent les incertitudes entre eux. Un
système de capitalisation, l’étude d’analyse synthétique et de vulgarisation de l’information et
des connaissances est mise sur pied. La conception territoriale programme des actions
régionales ad-hoc et prévoit les mécanismes compensateurs. Elle fonctionne sur la base des
indicateurs d’importance des relations économiques marchandes et non-marchandes
transfrontalières en se préoccupant des échanges officiels et non officiels. Elle valorise les
réseaux et les relations de proximité et produit les effets d’agglomération.
Contrairement à la conception libérale ou le régionalisme est ouvert et à la conception
volontariste ou il est fermé, il est de facto polarisé dans la conception territoriale.
4ème Partie : La conception institutionnaliste
La conception institutionnaliste se fonde sur les règles qui permettent
de mettre debout ou d’établir des dispositions communes à avoir ou une
éducation appropriée à avoir dans une association, entreprise, société,
institution ou autre. En matière d’intégration régionale ou chaque pays est
tenu par des accords de principe de s’impliquer dans le tout organique qu’est
la communauté régionale, le moteur de fonctionnement est « l’établissement
31
et le respect des règles communes. » Il s’agit des règles (de la concurrence,
les règles fiscales et celles relatives aux investissements ou à la qualité des
produits etc.) entre les différents pays de la région. Cette disposition permet
de renforcer la stabilité et la prévisibilité de l’environnement économique et
facilite de ce fait les échanges entre les différents acteurs économiques.
Selon Philippes HUGON (2011) « elle se fonde en théorie sur l’environnement
institutionnel réducteur d’incertitude. L’ancrage des politiques, le signal. »
Ces objectifs sont aussi selon (REPAOC 2011) :
- l’amélioration de la concurrence, la réalisation d’économie d’échelle et
l’accroissement des investissements privés (objectifs communs avec les
conceptions libérales, volontaire et territoriale) ;
- la création et le développement des échanges de biens et de services
(objectifs communs avec les conceptions libérale et territoriale) ; et
- l’amélioration de la gouvernance interne de chaque pays.
Nous allons alors ici nous interroger sur la démarche institutionnaliste
de la CEDEAO en matière de l’amélioration de la gouvernance en Afrique de
l’Ouest par la CEDEAO. Pour ce qui nous concerne, nous avons l’impression
que la sauvegarde du principe de non-ingérence contrarie cet objectif de
l’intégration régionale. Ce qui fait que la Communauté Economique pour le
Développement des Etats de l’Afrique de l’Ouest laisse les problèmes
s’accumuler et parvenir à leur paroxysme avant de se prononcer. Ce retard à
la réaction, ou cette lenteur institutionnelle est source de crispation et
d’ébullition qui pourraient occasionner de graves dégâts surtout sur le plan
sociopolitique. Quand les pays tels que le Niger, la République du Bénin (cas
du Président actuel) lancent des projets de révision de la constitution…
aucune institution de l’intégration régionale ne sonne des cris d’alarme ni ne
réagit vivement dès le départ pour décourager les acteurs des indicateurs de
troubles sociaux ou de pré-conflits. C’est là un défaut majeur des
institutions de l’intégration régionale.
Le constat que nous faisons est que la CEDEAO est toujours dans sa
bulle de développement économique. Elle se préoccupe beaucoup plus de ses
outils et objectifs fondamentalement économiques de :
- l’amélioration de la concurrence ;
- la
réalisation
d’économie
d’échelle
et
l’accroissement
des
investissements privés ;
- l’harmonisation, puis l’unification des droits nationaux, des règles et
normes ;
- la convergence des politiques économiques ;
- la mise en place d’un cadre institutionnel et de règles commune pour
le respect de la concurrence ;
- l’union monétaire ;
- les mécanismes de contrôle et de sanction en cas de non respect des
règles par un Etat.
32
La logique unidimensionnelle de la création institutionnelle, de
l’ancrage de la monnaie au sein de l’UEMOA, de la création de la Banque
régionale, de la coordination ou unification des politiques économiques…
préoccupent beaucoup plus la CEDEAO au point où de l’intérieur de chaque
pays les leaders politiques manipulent leurs stratégies de contre
performance et de non-alternance démocratique. Ces habitudes sapent les
efforts de la conception institutionnaliste de l’intégration économique
régionale à la base. Les pays au sein de la CEDEAO se préoccupent chacun
des visées politistes et font main basse sur le développement économique de
leur territoire. L’institutionnalisme devrait d’abord transparaître à travers les
politiques sectorielles de chaque pays.
Selon Philippes HUGON, la conception institutionnaliste fait usage des
moyens tels que :
- les accords Nord/ Sud ;
- les accords d’intégration régionale ;
- les mécanismes stabilisateurs régionaux ;
- les innovations institutionnelles ;
- le transfert de crédibilité… Mais il n’est donc pas exclu que la
croissance économique à l’intérieur de l’Afrique de l’Ouest fait face à
des défis du Commerce Inter-régional.
Observons la position de la chercheuse CLAUDIA Rommel à propos de
cette problématique.
Selon lui : « le commerce est considéré comme un facteur décisif
permettant à un pays d’accéder à la croissance économique et dans une
deuxième étape donnant à un pays une voix dans les affaires politiques
mondiales. »29. Il y a selon cette approche dans le commerce deux (02)
ouvertures : la toute première rime avec la croissance économique tandis
que la seconde conduit à la représentativité mondiale. Or rien en cette
matière n’est possible sens la présence des règles fiables permettant d’établir
les justes pratiques commerciales entre producteurs et acheteurs ou entre
les acteurs de l’offre et ceux de la demande ; il faudrait alors construire les
bases d’un commerce durable selon les termes de CLAUDE Auroi et
Cathérine SCHÜMPERLI YOUNOSSIAN in le commerce durable30.
Il se décompose en efficacité économique, en justice sociale et
responsabilité intergénérationnelle et enfin en protection de l’environnement.
Or, de la manière ou la mondialisation de l’économie et la globalisation des
termes de l’échange se manifestent, le monde semble se métamorphosé en
…parties :
- les pays les plus riches ;
29
CLAUDIA Rommel, les barrières du commerce intra-régional en Afrique de l’Ouest, Discussion papers
C208-2011, cent for european Integration studies, WAI, 2011, P. 123
30
CLAUDE Auroi et Cathérine SCHÜMPERLI YOUNOSSIAN, le commerce durable vers de plus justes
pratiques commerciales entre le Nord et le Sud, IUED, 2001, P.1
33
-
les pays émergents ;
les pays très pauvres et endettés.
Les critères de définition de ces pays varient selon les expertises de la
Banque Mondiale, celle du PNUD et celle de l’économiste russe Youri
POPOV. La catégorie dans laquelle se classe les pays de l’Afrique de l’Ouest
est la 3ème. C'est-à-dire les Pays Pauvres Très Endettés, ou les Pays Moins
Avancés, ou les pays pauvres. Ceux-ci sont caractérisés par le bas taux
annuel de croissance à travers une combinaison de la baisse des
exportations et d’une augmentation sans précédant de la demande intérieure
d’où la montée excédentaire du volume des importations. L’intégration
économique régionale aurait alors pour préoccupation de relever ces
imperfections de nos économies en Afrique de l’Ouest en opérant la mise en
commun et le partage des ressources par la création d’un marché unique
(CLAUDE Rommel (2011)). Mais tout prouve d’abord qu’il faille activer
positivement la production de qualité et en quantité dans chaque pays de la
communauté régionale. Il faudrait revisiter nos économies qui dépendent
beaucoup plus du secteur primaire en production insuffisante et en
exportation résiduelle. Notre commerce intra-régional est très faible par
rapport aux échanges avec d’autres pays et surtout les pays industrialisés
(CLAUDIA Rommel 2011). Maxwell M. Mkwezalamba, Commissaire aux
affaires économiques de l’Union Africaine (UA) avait confirmé cette hypothèse
dans les termes suivants : « le commerce entre les pays africains est en effet
faible par rapport au reste du monde : les pays d’Afrique de l’Ouest
n’entretiennent que 8% à 12% du commerce entre eux. En revanche, le
commerce intra-régional au sein de l’Union Européenne (UE) est d’environ de
70% » (CLAUDIA Rommel 2011, P.126). Mis à part la République de la Côte
d’Ivoire et la République Fédérale du Nigeria en 2009 pour les exploits
commerciaux, tous les autres pays de la CEDEAO ont eu une balance
commerciale déficitaire car ayant augmenté beaucoup plus leurs
importations de l’Union Européenne et ayant exporté très faiblement. Mais
nous devons être prudents en traitant de cette forme de déficit. Nos pays
exportent en volume élevé les matières premières et importent en volume
encore plus élevés les produits manufacturés. Or s’il y avait des possibilités
de transformation de nos produits à l’interne jusqu’au niveau des raffineries
l’on améliorerait nos formes d’échanges intra-régionaux et l’on minimiserait
les importations en direction de notre partenaire classique et vétéran.
L’Intégration Institutionnelle devrait mettre des accents sur l’activation de la
production-transformation- commercialisation intra-régionale au lieu que les
pays de la CEDEAO continuent d’élever le coût de leurs importations de
l’Union Européenne. Les indicateurs de l’unification du droit et des règles, de
convergence des politiques économiques, de production des normes et des
règles, d’attractivité des capitaux d’Horizon termiste des opérateurs comme
le souligne le Professeur Philippes HUGON (2011) ne suffisent pas. Le
34
régionalisme ici est normatif de jure sans doute, mais ne contribue pas à
l’émergence de la région Ouest-africaine. Il nous reste maintenant à observer
la conception diplomatique de l’Intégration Economique Régionale de
l’Afrique de l’Ouest.
5ème Partie : La conception diplomatique de l’intégration économique
régionale de l’Afrique de l’Ouest
En théorie, la conception diplomatique de l’intégration régionale se
manifeste par le transfert de souveraineté et l’union politique.
Objectivement, elle vise :
- la confédération ou la fédération des Etats ;
- la prévention des conflits ;
- la lutte pour la sécurité ;
- le passage à la dilution des préférences ;
35
-
la promotion des échanges et projets joints aux moyens de dépasser
les rivalités politiques ;
- la production des biens publics régionaux ;
- le développement des pouvoirs de négociation.
La présente conception dispose des moyens à savoir :
- les accords de mobilisation monétaire ;
- l’union monétaire ;
- l’unification des politiques sectorielles et macro-économique
- l’installation des instances de prévention des conflits ;
- la possibilité de disposer des Forces d’intervention régionale.
C’est la conception diplomatique qui fait la synthèse de toutes les
autres formes de conception intégrationnistes en ce sens qu’elle fait le
transfert de souveraineté au niveau national (dans le pays). Ainsi, elle se
retrouve dans :
- l’obligation de subir le poids de lobbies ;
- la nécessité de vivre sous l’action des pays hégémoniques ;
- l’urgence de production de biens publics régionaux.
Retenons ici que la conception diplomatique de l’intégration régionale
manifeste un régionalisme fédérateur dont l’importance se trouve dans la
création par tous les pays membres d’une autorité supranationale à laquelle
tous les Etats cèdent leur souveraineté par concorde ou par consensus. Ce
que l’Etat signifie pour les individus dans la philosophie de Jean-Jacques
ROUSSEAU dans le contrat-social est ce que la communauté représente
pour les Etas dans la conception diplomatique de l’intégration. La vision
diplomatique permet alors aux Etats de mettre en place des institutions
communes dans les domaines législatifs (parlement législatif et judiciaire). Le
fédéralisme de la conception diplomatique de l’intégration régionale est un
atout au niveau international.
Cependant, plusieurs obstacles et défis se présentent à la Communauté
Economique pour le Développement des Etats de l’Afrique de l’Ouest.
Nous avons alors :
- la faiblesse notoire de l’information et de la communication, ce qui
entraîne la non-participation à la base des citoyens de chaque Etat
membre ;
- le non-respect et la non-application des décisions régionales par les
Etats-membres.
Ce défi a pour origine soit le manque de volonté politique des
dirigeants ou acteurs politiques au sommet de l’Etat ou bien quelquefois par
manque de moyens financier pour accompagner la politique régionale
commune. L’exemple le plus concret en cette manière est la libre circulation
des biens et des personnes. De là, nous avons toujours la rétention des
personnes aux postes de contrôle sur nos axes routiers en Afrique de
36
l’Ouest. REPAOC (2011)31 a fait un travail sur cet aspect de la question du
régionalisme fédérateur et a révélé que : ‘’pour traverser les différents postes
et circuler en toute quiétude en Mauritanie, il faut débourser un minimum
de trente deux mille (32 000) francs CFA (48,732 Euro). Pour le Mali, c’est
1 000 qui est demandé, soit 6 000F CFA ou 9,138 Euro à chaque poste pour
le passage. En Guinée Bissau, c’est 500F CFA’’. Ces rançonnements sur les
voies et les postes de contrôle sont opérés par les agents des eaux et forêts,
les douaniers lors des dédouanements.
De ce témoignage fait par Madame Fatouma, commerçante habituée à
la voie (REPAO, 2011) on peut identifier des décalages importants entre les
théories de l’intégration Economique Régionale de l’Afrique de l’Ouest et la
réalité sur le terrain pratique. Il manque à la CEDEAO dans sa vision
diplomatique, les mécanismes de contrôle et de sanctions appropriées aux
Etats qui n’auraient pas respecté les décrets, lois et règlements adoptés à
l’échelle régionale. La Communauté n’a pas adopté une position régionale
commune sur certains sujets stratégiques en matière des négociations
internationales : la signature des Accords de Partenariat Economique (APE).
Or à Bruxelles du 31 juillet au 1er août 2003 lors de la préparation de la
Conférence de Cancun, les ministres ACP du Commerce avaient effectué une
rencontre qui leur avait permise de s’entendre sur une position commune. Il
s’agissait pour eux de faire une déclaration définissant la position générale
du groupe ACP. Les pays membres de la CEDEAO devraient s’imposer de cet
exemple pour faire face aux lois du Marché Mondiale afin de minimiser les
affres de la marginalisation que présente la mondialisation pour les Pays les
Moins Avancés en général et pour les pays membres de la CEDEAO en
particulier. Mais malheureusement, nous constatons dans les pays membres
une inexistence de politiques internationale cohérente. Les Accords de
Partenariat Economiques proposés par l’Union Européenne ont tenant
compte de ce paramètre demandé une faible protection douanière. Ceci
représente une menace en termes de ressources fiscales pour les Etats et la
région et une menace de développement pour la protection des activités
économiques régionales. Alors qu’elles sont les conséquences engendrées par
la conjonction de ces attitudes ?
E- 1 : Examen du modèle d’analyse du club du Sahel adapté par
TIPHAINE Leurent.
Dans son ouvrage portant sur l’intégration économique des Pays de
l’Afrique de l’Ouest Contrat 2007/ 1G7095, pays bénéficiaire : Afrique de
l’Ouest, TIPHAINE Leurent démontre l’éruption de la Chine dans les
échanges en Afrique de l’Ouest.
31
REPAOC (2011, P.2), Renaissance Africaine des Femmes de l’Afrique de l’Ouest (CRAFAO, Dakar, Février
2011)
37
S’inspirant de la source du club du Sahel intitulé : l’Afrique de
l’Ouest : une Région en Mouvement, une Région en Mutation, une Région en
Voie d’Intégration (Février 2007), TIPHAINE Leurent démontre qu’entre 1994
et 2004 « la part de l’Afrique de l’Ouest dans les importations chinoises de
coton est passée de 2% à près de 20% en moyenne. En l’espace de quelques
années, la Chine est ainsi devenue le premier partenaire commercial à
l’export des grands producteurs de coton (Bénin, Burkina-Faso, Mali,
Tchad »32. En outre : « la Chine est également un client croissant pour le
pétrole et les autres matières premières produits en Afrique de l’Ouest, dans
l’exploitation desquelles elles interviennent. »33. Mais à l’inverse : « l’Afrique
de l’Ouest est un marché en forte croissance pour les produits manufacturés
chinois »34.
Il n’y a alors pas de doute la Chine la prophétie du réveil de la Chine
qui occasionnerait le décès de l’Europe dans ses anciennes colonies est
réalisée. La concurrence chinoise avec les produits made in France, made in
Italy en Afrique de l’Ouest est devenue une évidence. Il ne reste que pour les
Accords de Partenariat Européens (APE) d’inciter les entreprises chinoises à
s’implanter pour l’accès au marché européen. La situation de l’inondation du
marché africain par les produits made in China est due à la faible capacité
des pays de la CEDEAO du CEMAC et d’autres regroupements
communautaires de l’intégration africaine à s’éveiller sur le plan
technologique. La recherche pour la construction ou tout d’abord pour
l’innovation technologique ne préoccupe pas les dirigeants de l’Afrique. Nous
faisons comme si nous ne mesurions pas l’importance de la productiontransformation sur place. Nous agissons comme si nous nous complaisions
dans le transfert de Technologie (Transfert of Technology ‘’TOT’’), dans
l’exportation massive à faible coût des matières premières contre
l’importation à fort coût des produits manufacturés. Et par accélération du
processus, les lobbies commerciales elles-mêmes viennent s’implanter dans
les grandes villes en Afrique de l’Ouest pour faire face à la clientèle sur place
et concurrencent de ce fait les produits européens et américains. Pourtant,
souligne THIPHAINE Leurent ; « le commerce intra-régional est une
croissance relative sur les trente dernières années (notamment au sein des
espaces CEDEAO et UEMOA, où il atteint en 2005 respectivement 9,5% et
13,4% des exportations totales en valeur »35 or de manière apparente, le
commerce dont il s’agit ici tient lieu pour sa grande partie de l’importationréexportation. Ceci n’encourage pas une efficience de l’intégration
économique régionale. Cette remarque nous conduit à demander à la
32
TIPHAINE Leurent, Intégration économique des pays de l’Afrique de l’Ouest, Document présenté par la
DFC, UE, sd, P.25
33
op-cit
34
op-cit
35
TIPHAINE Leurent, op-cit
38
diplomatie de la CEDEAO d’inventer le concept de l’intégration technologique
et de demander que les technologiques endogènes s’activent dans une
avancée industrielle. A cela, s’en suivra des inventions pour la construction
par nos techniciens des industries adaptées à notre environnement de
production et de transformation. Sinon la substitution des productions
locales aux importations jouera au détriment de l’Afrique de l’Ouest comme
le signifiait le rapport Haberler36 pour tous les Pays Moins Développés.
En effet, en 1957, le GATT avait désigné un groupe d’économistes sous
la présidence du Professeur Haberler pour mener une étude sur la tendance
du Commerce international en l’occurrence celui des PMA à développer
similairement leur commerce dans les mêmes vitesses/ rythmes que ceux
des pays industrialisés. Ce rapport devrait tenir compte de l’élévation des
fluctuations des coûts de produits de base à court terme et l’altitude
protectionniste du secteur agricole.
Le résultat auquel les experts concernés étaient parvenus est le
suivant :
- « les estimations des besoins en capital des PMD révéla des écarts
importants de l’épargne »
Disposition N°1
- Les économistes avaient alors fait des prévisions sur les conditions des
importations dans les PMD, calculées à partir des objectifs de taux de
croissance économique et des coefficients d’importation »
Effets incubateurs N°1
- Les importations « faisaient uniformément ressortir la probabilité d’un
écart des devises que laissaient supporter les perspectives négatives
concernant les exportations des PMD et l’aide insuffisante des Pays
Développés.
Effets incubateurs N°2
- « L’écart des devises était de deux, celui qui constituait l’obstacle le
plus sérieux au développement économique étant donné que les PMD,
à de rares exceptions près luttaient pour résorber le déficit chronique
de leur balance des payements par l’intermédiaire du contrôle des
importations et des devises. »37
Théorisation
Théorie N°1
- Analyse des deux écarts suivie d’un débat sur la justesse de la
méthode utilisée »38
Application pratique
La présente théorie a inspiré deux slogans opposés ou presque
contradictoires à savoir :
36
H. Carrère d’Encausse, S.R. SCHRAM, le Maxime et l’ASIR, P.158 et 166
op-cit
38
op cit
37
39
a- « Du commerce pas d’aide »39
b- « Du commerce et de l’aide »40
Analyse de qualité
Nous avons affaire ici à la droite et à la gauche du commerce
international des PMD ou PMA, ou plus précisément nous sommes face de la
position du développement autocentré ou développement qui s’inspire des
capacités et des potentialités internes des producteurs du Sud d’une part et
d’autre part en face de la théorie du développement assisté.
La position de l’auto-développement pense rompre avec les
subventions et les aides tandis que la seconde accepte ces deux principes en
matière du développement des rapports commerciaux entre le Sud et le
Nord. Si la première position conçoit que l’aide enlaidit, elle recommande
non pas un repli autarcique sur soi-même pour les pays du Sud, mais une
reconsidération de nos pratiques de productions- transformation
commercialisation pour un véritable décollage. Le Ghana de nos jours est un
exemple patent. La seconde position est celle que presque tous les pays du
continent africain adoptent en général et particulièrement les pays de la
CEDEAO mis à part le Nigeria, grand producteur du pétrole. Cette position
consiste à se fonder su les Aides Publiques au développement ou plus sur les
subventions pour amorcer ou pour dynamiser le processus du
développement. Et là l’on approfondit le circuit de l’endettement puisque les
pays emprunteurs sont tenus de reverser aux bailleurs de fonds les
emprunts qu’ils ont consenti pour payer les salaires, construire les
infrastructures administratives et socio-sanitaires, les axes de transit (les
routes, les chemins de fer, les ports…) Les théoriciens de l’assistancialisme
ou du développement au moyen des Aides Publiques au Développement ne
mesurent pas tout le temps les incidences à long terme des effets de la dette
sur leurs populations. Ils ont peut être fait fi du proverbe africain repris par
David LANDES qui stipule : « la main qui reçoit est toujours sous celle qui
donne »41, dissimulant ainsi la lourde réalité des dangers qui se cachent
sous l’aide internationale. Loin de considérer de manière unilatérale que
‘’l’aide c’est du secours’’ ou ‘’l’aide reflète l’altruisme’’ ou encore ‘’l’aide réduit
la pauvreté ‘’42… il faudrait reconnaître que l’état de la pauvreté humaine
dans les pays de l’Afrique de l’Ouest ne correspond pas au volume de l’aide
que chaque pays reçoit de la Communauté Internationale ou plus
particulièrement des pays riches. A l’auteur des mirages de l’aide
internationale de montrer successivement que :
39
op-cit
op-cit
41
David LANDES, cité par Jean-Jacques (GABAS, Nord-Sud : l’impossible coopération ? éd sciences Po,
Paris, 2002, P.11
42
David SOGGE, les mirages de l’aide internationale, édition, Pluto Press, 1996, P. 33
40
40
-
« sur le plan politique mondial, les élites politiques du Nord parlent des
pauvres en sourdine, sur un ton voilé, elles élèvent un peu la voix
lorsqu’elles organisent de petites guerres ou qu’elles font des
remarques
désobligeantes
contre
les
mouvements
43
antimondialisation »
- « L’aide au développement a été traditionnellement le domaine des
élites politiques et de certains groupes d’affaires tournés vers
l’extérieur. »44
Il est alors clair que du point de vue diplomatique l’aide internationale
est un outil de captation et d’apprivoisement que la communauté
internationale utilise pour dompter les pays du Sud en général et les pays de
l’Afrique de l’Ouest en particulier.
Qu’elles soient en nature, en espèce, en coopération technique, en
transformation de technologie… elle contraint les récipiendaires à avoir une
attitude de dépendance éternelle. Le riz japonais en don pour la République
du Bénin a fini par donner aux populations béninoises une habitude
alimentaire en la matière et à fait régresser jusqu’à tuer la production du riz
au Bénin. Il en va de même et progressivement pour le cas, d’autres céréales
notamment du maïs don la politique de don évolue depuis 2006 jusqu’à
présent. Les exemples fusionnent allant de la subvention de producteurs du
coton au Bénin jusqu’au bail de terre des béninois pour la production du
bois à utiliser pour tourner les industries de meubles en Chine. Les
conséquences sociologiques de ces faits sont à long terme, les crises
alimentaires car les agriculteurs attirés par la politique propagandiste de
l’Etat central sur la production de l’or blanc, délaissent la culture céréalière
et celle des tubercules qui commencent par se raréfier et à devenir très chère
sur le marché national et sur le marché de la Communauté de l’Afrique de
l’Ouest. Il va alors falloir que nos politiques redéfinissent leurs démarches
diplomatiques pour être en mesure de bâtir des sociétés équilibrées au sein
de la Communauté Economique pour le Développement des Etats de
l’Afrique de l’Ouest.
Conclusion
L’analyse des six (06) théories fondatrices de l’Intégration Régionale
Economique de l’Afrique de l’Ouest révèle des défis dans plusieurs domaines
mais aussi des performances. Pour évaluer à court terme la prospérité ou
l’évolution positive en matière d’Intégration Economique Régionale (IER) la
Banque Africaine de Développement (BAD) avec l’UEMOA élaboré un
document de stratégie d’Intégration Régionale pour l’Afrique de l’Ouest
43
44
op-cit, P.35
op-cit P.35
41
(2011-2015) par les départements régionaux Ouest Afrique (ORWA) et le
département de NEPAD de l’Intégration Régionale et du Commerce (ONRI,
Mars 2011). Cette évaluation se fonde sur les performances économiques de
la région dans la présente décennie suite aux incidences de la hausse des
prix des matières premières telles que le pétrole et les minéraux. La
croissance en Afrique de l’Ouest a donc été stimulée au point où en 2010 la
croissance s’est retrouvée à 62,2% réel du Produit Intérieur Brut réalisé
dans la région.
Pourtant, le chômage garde toujours dans la sous-région surtout pour
les jeunes un niveau très élevé. Cet élan contrebalancé par le climat social
douloureux pour la jeunesse présage des crises sociales qui s’inspirent des
crises institutionnelles en Afrique de l’Ouest.
Pourtant, la CEDEAO se fonde sur toutes ces formes de théories
fondatrices pour opérationnaliser ces acquis tels que : l’union douanière, la
libre circulation des personnes, des biens et des services, le passeport de la
CEDEAO, la transformation du secrétariat de la CEDEAO en une
Commission de la CEDEAO, la performance des attributions de la Cour de
justice de la CEDEAO par des arrêts rendus et autres développements de
compétence comme le maintien de la paix, la gestion des crises et la
résolution des conflits.
Par ailleurs, la CEDEAO s’appuie sur la Stratégie du Groupe de la
Banque pour la Région (SGBR) pour « établir des liens entre les marchés
régionaux et de renforcer les capacités pour la mise en œuvre efficace du
programme d’Intégration Régionale »45. La mise en œuvre de ce document est
l’application des objectifs dans chaque typologie de théories fondatrices de
l’Intégration Economique Régionale. Disons que la stratégie des Banques qui
se démembre en deux piliers est une manière parfaite et cohérente de
l’exécution des projets porteurs du sens de l’efficacité et de l’effectivité de
l’Intégration Régionale Economique de l’Afrique de l’Ouest. Si le pilier I est
typiquement développemental dans tous ses aspects, le pilier II pour ce qui
le concerne est un renforcement des capacités entre la CEDEAO et l’UEMOA
ainsi que de certaines institutions régionales et des entités nationales au
besoin des cas.
Reconnaissons que sous le renfort de la stratégie des Banque, nous
avons d’une part l’appui des investissements dans :
- les infrastructures régionales de transport (tronçons marquant les
réseaux routiers côtiers et trans-sahéliens, la réhabilitation des
corridors routiers prioritaires, la navigation fluviale) ;
- les mesures de facilitation du transport et du commerce ;
- la production régionale d’énergie et l’intégration des marchés ;
45
Document de Stratégie d’Intégration Régionale (DSIR) de l’Afrique de l’Ouest BAD, Mars 2011, P
42
-
l’intensification du dialogue stratégique à propos de la mobilisation des
ressources pour le transport ferroviaire (DSIR, Mars 2011).
Nous avons d’autre part la mise en œuvre des efforts de la Banque
pour le renforcement des capacités pour l’intégration du secteur financier,
des projets régionaux, l’appui des centres régionaux de recherche et de
formation qui pourraient soulager les efforts des programmes d’intégration
(DSIR, Mars 2011). Les questions politiques, institutionnelles, économiques,
sociales et environnementales liées à l’intégration régionale sont abordées
dans la section (III) du DSIR de la CEDEAO.
Dans ses visées institutionnelles et diplomatiques, la CEDEAO a
réussi et réalisé des progrès dans la résolution des conflits dans la sousrégion. Elle a donc fait en sorte que les tensions n’évoluent pas en crises
déstabilisatrices dans une majorité des cas. Ainsi, en accord avec l’Union
Africaine, elle avait suspendu respectivement la Guinée, le Niger et la Côte
d’Ivoire suite au coup d’Etat et de répressions de l’opposition dans chacun
de ces pays. Deux pays de ces trois se sont ravisés d’une manière ou d’une
autre même si tout n’est pas encore parfait à leur niveau. Ce sont là des
avancées même s’il y a après resurgissement et récurrence et RCI et au Mali.
Mais il n’y a pas à en douter, les difficultés de la réussite parfaite de
l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest sur tous les plans est en relation
avec la souche historique de la création de ces micro-Etats par le congrès de
Berlin, l’avidité et la gourmandise des leaders politiques assoiffés de leur
pérennisation au pouvoir, leur mauvaise volonté à prendre des initiatives à
la Nelson Mandelaenne pour le retrait tactique après un mandat ou un
exercice à la tête de la présidence. Il ne faudrait pas perdre de vue que de
très belles initiatives germent et se développent dans la philosophie
communautaire de la CEDEAO, (Mécanisme Africain d’Evaluation par Pairs
‘’MAEP’’) par exemple et d’autres encore (NEPAD) qui ne peuvent trouver le
plein niveau de réussite qu’avec l’appui de la bonne gouvernance nationale
dans chaque pays de la communauté.
Pour ce qui concerne la convergence et l’harmonisation des politiques
macro-économiques, les performances sont faibles et la Banque Centrale a
été obligée de financer les déficits budgétaires.
Mais à ce niveau, les réflexions sont en cours par rapport à la création
et/ ou à la fusion d’une autre monnaie (l’ECO) au Franc CFA. Cette monnaie
dans les perspectives 2020 serait une monnaie unique pour la Zone
Monétaire Ouest Africaine afin de faire disparaître les disparités entre le CFA
et les autres Monnaies de la région Ouest-Africaine. De manière globale,
disons que l’Economie politique de l’Intégration Economique Régionale de
l’Afrique de l’Ouest dessine de très bonnes perspectives pour l’année 2020
même si les défis de toutes natures semblent de leur part prendre des
propositions. Il importe donc aux autorités en charge de la destinée politique
de chaque Etat membre de manifester la bonne foi pour faire réussir ce
43
processus communautaire salutaire pour l’Afrique de l’Ouest en particulier,
l’Afrique en général et le monde de manière globale
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