La vie (et l’avis) des Européens en 2016
22 Mars 2016
Les médias britanniques ont, certes, largement fait écho des événements en Europe ces
derniers mois ; cependant, mis à part la tragédie qui a frappé Paris, les informations se sont
concentrées sur la crise des migrants et ses conséquences à Calais, Dresde, Cologne,
Copenhague ou encore Lesbos.
Au Royaume-Uni, les discussions enflammées sur « l'Europe » ne manqueront évidemment
pas cette année, mais elles seront dominées par la question du rôle que jouera (ou ne jouera
pas) la Grande-Bretagne dans l'Union européenne.
Partant de ce constant, que peut-on dire de l'état d'esprit général des Européens en ce début
d'année 2016 ? Si l'Europe est le plus petit des continents, elle ne compte pas moins de
750 millions d'habitants dans plus de 50 pays.
Il serait tentant d'énoncer des généralisations transnationales, mais mieux vaut rester prudent
et examiner d'abord les faits.
Ainsi, c'est en analysant des études réalisées par les équipes Ipsos en Europe sur ces 12 mois
derniers mois que nous réussit à faire émerger dix grandes thématiques au cœur des enjeux
Européens.
Notre rapport Europe Briefing n'est pas exhaustif, mais il offre un instantané de l'Europe du
début 2016 en fournissant des informations sur les espoirs et les craintes des Européens, leurs
expériences au travail et ce qu'ils font de leur temps libre.
Voici 10 thèmes majeurs que nous avons sélectionnés :
— 1 — La santé : elle est au cœur des priorités de tous les pays.
— 2 — L'exception britannique : les habitants du Royaume-Uni sont les seuls en
Europe à placer la sécurité informatique et la cybercriminalité parmi leurs principaux sujets de
préoccupation.
— 3 — Sentiment d'insécurité : en Europe, les Français et les Allemands sont ceux qui
s'inquiètent le plus d'une éventuelle agression ou d'un éventuel vol.
— 4 — La prise de risque : la plupart des Européens affirment prendre des risques dans
leur vie. En même temps, 60 % d'entre eux (voire 70 % des Français et 75 % des Espagnols)
considèrent que c'est « à éviter ».
— 5 — L'économie du partage : 51 % des Européens ont « plus souvent » recours à la
location, aux échanges ou aux achats d'occasion qu'il y a quelques années, et 73 % estiment
que ces comportements vont s'inscrire dans la durée.
— 6 — Une nécessité économique : l'essor de l'économie du partage est vu comme le
résultat de l'asphyxie financière des ménages, plutôt que comme une preuve de l'impact positif
des nouvelles technologies sur nos modes de vie.
— 7 — Au-dessus de la mêlée : les consommateurs les plus aisés d'Europe sont de plus
en plus tournés vers l'international. Environ 78 % d'entre eux comprennent l'anglais et 71 %
regardent des chaînes de télévision internationales. Le temps qu'ils passent en ligne a plus que
doublé depuis 2009.
— 8 — Le travail : deux salariés sur trois sont « motivés » par l'entreprise pour laquelle ils
travaillent. Cela ne signifie pas pour autant que les Européens s'épanouissent au travail. Aux
Pays-Bas, les employés sont 63 % à être « souvent » heureux de travailler, tandis qu'ils ne
sont que 27 % en République tchèque et 22 % en Pologne.
— 9 — Vacances à la mer : si le budget vacances des ménages est limité, notamment en
France, en Espagne et en Italie, cela n'empêche pas 62 % des Européens de passer leurs
vacances d'été à la plage.
— 10 — Déception vis-à-vis de l'Union européenne : seuls 27 % des Européens
considèrent que l'Union européenne est « sur la bonne voie », et ce ne sont pas les
Britanniques qui sont les plus pessimistes, mais les Italiens (16 %) et les Français (15 %).
Quoi qu'il en soit, la plupart des Européens préfèrent rester en terrain connu, puisque seuls
17 % d'entre eux veulent quitter l'UE. C'est ce sur quoi les Britanniques devront se
prononcer lors du référendum qui se tiendra le 23 juin prochain.
Simon Atkinson, Chief Knowledge Officer at Ipsos