Dissertation : La croissance est-elle soutenable ?
Sujet-discussion : plan OUI/MAIS.
Ce que l’on trouve dans les documents :
Document 1
 Idée que plus que la croissance de la production (exemple de l’automobile ici) génère des dégradations
environnementales. Plus un pays est riche, plus le parc automobile est important et plus les rejets de
gaz à effet de serre le sont également.
 A relier au document 2 : gaz à effet de serre à l’origine de l’effet de serre et donc du réchauffement
climatique.
Document 2
 Hausse des températures depuis 20 ans : écart systématiquement positif par rapport à la moyenne des
30 dernières années.
Document 3
 PT apporte des solutions :
o Réduction des émissions par kilomètre effectué en voitures.
o Bâtiment utilisant des énergies renouvelables.
o Développement du recyclage qui peut limiter la déforestation et la consommation de matières
premières.
o Développement de la production d’électricité grâce aux énergies renouvelables.
Document 4
 Des années 60 à 80 : plus le PIB/habitant s’élevait, plus l’empreinte par habitant augmentait. On
aboutit donc à une empreinte écologique de 5 hectares par habitant ce qui est supérieure à la
biocapacité mondiale.
 Depuis les années 80, l’empreinte/habitant n’augmente plus malgré la hausse du PIB/habitant, mais
reste néanmoins à un niveau supérieur à la biocapacité.
 De plus, la population a continué d’augmenter, donc l’empreinte du pays augmente encore.
INTRO
Très récemment, l’ensemble des pays développés et des pays en développement se retrouvaient à Doha au
Quatar pour chercher des solutions destinées à enrayer le réchauffement climatique. Si l’objectif de contenir
la hausse des températures à +2°C à l’horizon 2050 a été réaffirmé, aucun engagement chiffré n’a été pris et
aucun mécanisme de contraintes n’y a été prévu. Autant dire que les mesures destinées à rendre la croissance
soutenable risquent fort de rester lettre morte. Les dirigeants politiques semblent toujours très frileux sur ces
questions, persuadés que des engagements trop forts de leur part en matière de soutenabilité pourraient
freiner leur rythme de croissance, celle-ci désignant l’augmentation sur une ou plusieurs périodes longues de
la production d’une économie (mesurée par le taux de variation du PIB/habitant en termes réels).
La croissance est-elle compatible avec le fait de répondre aux besoins du présent (niveau de vie
satisfaisant, mais aussi accès à l’éducation et à la santé) sans compromettre la capacité des générations
futures de répondre aux leurs (développement durable) ? Pour répondre à cette question, nous devrons
analyser les conséquences environnementales de la croissance liées notamment aux défaillances du marché
et nous demander si l’intervention de l’Etat n’est pas indispensable pour rendre la croissance soutenable. Par
ailleurs, il nous faudra interroger la capacité du progrès technique de nous donner les moyens permettant de
poursuivre le processus de croissance tout en préservant l’environnement. Ainsi nous nous demanderons si,
comme le prétendent les partisans de la soutenabilité faible, il est possible de substituer des capitaux créés
par l’homme (humain, physique, technologique) au capital naturel. Au contraire, faut-il penser avec les
partisans de la soutenabilité forte que le capital naturel est irremplaçable et qu’il doit absolument être
préservé, si besoin est en limitant le rythme de la croissance économique.
Nous analyserons toutes ces questions dans un cadre international, la question du réchauffement
climatique notamment ne pouvant être envisagée que dans un tel cadre. Nous démarrerons notre étude en
1987, date à laquelle le concept de développement durable est apparu dans le rapport Bruntland.
Nous exposerons d’abord les arguments qui plaident en faveur d’une possible soutenabilité de la croissance
(1), pour montrer ensuite que la croissance semble difficilement soutenable sans une remise en cause
profonde de nos modèles de croissance et de développement (2).
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1. Certains arguments plaident en faveur d’une possible soutenabilité de la croissance…
TRES IMPORTANT DANS UNE DISSERTATION : PRESENTATION DE LA STRUCTURE DU DEVOIR, MONTRER CLAIREMENT
L’ARTICULATION DE VOTRE DEVOIR. LE CORRECTEUR DOIT SAVOIR A TOUT MOMENT OU VOUS EN ETES DANS VOTRE
DEMONSTRATION
Nous montrerons que le progrès technique peut nous apporter des solutions pour rendre la croissance
soutenable (1.1.), puis que l’intervention des pouvoirs publics est nécessaire pour rendre la croissance
soutenable (1.2.).
1.1. Le progrès technique peut nous apporter des solutions pour rendre la croissance soutenable
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Développement des énergies renouvelables, etc. (document 3). Limite les émissions de gaz à effet de
serre et l’empreinte écologique.
Efficacité énergétique (ou eco-efficience : capacité à augmenter la production de biens tout en
diminuant la consommation de matières premières et d’énergie).
Substituabilité des différents capitaux (soutenabilité faible). Les capitaux créés par l’homme peuvent
se substituer au capital naturel : exemple le nucléaire remplace le pétrole.
Règle d’Hartwick : toute richesse créée grâce à l’exploitation des ressources non renouvelables doit
être en partie réinvestie dans la R&D destinée à créer des innovations qui se substitueront au capital
naturel détruit. La croissance n’est alors pas le problème, elle est la solution, car elle nous apporte des
richesses qui peuvent être réinvesties dans la R&D.
Document 4 : l’empreinte écologique par habitant n’augmente plus à partir d’un certain seuil de
PIB/hab. Eventuellement faire le lien avec la courbe de Kuznets environnementale.
Essayez de conclure cette sous-partie par une phrase résumant sa thèse principale et annonçant la sous-partie
suivante.
Par exemple : « Le progrès technique peut donc apporter certaines solutions pour rendre la croissance
soutenable. On ne peut cependant faire confiance aux mécanismes du marché pour préserver
l’environnement, l’intervention des pouvoirs publics est décisive. »
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1.2. Le rôle des pouvoirs publics est essentiel pour conduire les acteurs économiques à des comportements
vertueux permettant de concilier croissance et préservation de l’environnement
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Partir des défaillances du marché :
o Biens communs : le climat comme bien public mondial.
o Externalités.
Monter comment l’intervention des pouvoirs publics peut répondre à ces défaillances et rendre la
croissance soutenable. Expliquez les mécanismes et les différents outils des politiques climatiques
notamment. Evoquer l’internalisation des externalités, le double dividende des éco-taxes, etc.
Ne pas oublier que l’Etat peut encourager les comportements vertueux en récompensant les acteurs
qui génèrent des externalités positives, par exemple les entreprises qui investissent dans la R&D liée à
l’environnement.
Insister sur l’idée que la réponse efficace à la question du réchauffement climatique ne peut être que
mondiale.
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Conclusion partielle du I et transition vers le II
Selon les partisans de la soutenabilité faible, nous avons vu que la croissance est soutenable à condition que le
stock global de capitaux demeure stable : le progrès technique peut permettre de trouver des solutions
permettant de limiter la dégradation du capital naturel et de se substituer au capital naturel détruit.
Par ailleurs, une intervention énergique des pouvoirs publics pourrait permettre une croissance soutenable.
Cependant ces solutions présentent d’importantes limites et nous allons montrer avec les partisans de la
soutenabilité forte qu’en l’état actuel des choses, la croissance est difficilement soutenable.
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2. ... mais la croissance conduit à des dégradations environnementales qui la rendent de ce fait non
soutenable
La croissance semble difficilement soutenable. Elle engendre en effet d’importantes dégradations
environnementales (2.1.) et nous verrons avec l’approche de la soutenabilité forte que rien ne peut être
substitué au capital naturel détruit et que l’on ne peut tout attendre du progrès technique (2.2.).
2.1. La croissance engendre d’importants dégâts environnementaux
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Objectif d’avoir une croissance la plus élevée possible : risque d’épuisement des ressources non
renouvelables. Or, notre modèle économique actuel repose sur la consommation d’énergies fossiles.
Par ailleurs, la recherche de la croissance à tout prix mène à la déforestation et met en péril la
biodiversité.
Réchauffement climatique lié au gaz à effet de serre. Plus on produit, plus on émet, plus on accélère le
réchauffement. (Documents 1 et 2 à relier)
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Idée que le réchauffement climatique et l’épuisement des ressources fossiles auront des conséquences
néfastes sur la croissance. Notre mode de croissance actuelle n’est donc pas soutenable.
Empreinte écologique équitable et soutenable (biocapacité) : 1,9 hectare par habitant. Empreinte
écologique mondiale par habitant = 2,1 hectares par habitant. Aujourd’hui France 5 hectares par
habitant (document 4).
Modèle de développement occidental pas diffusable au monde entier, car trop consommateur de
ressources. Si les PED suivent notre mode de développement – ce qu’ils sont en train de faire – il sera
difficile de juguler la mise en péril de l’environnement. Seuls les PED ont aujourd’hui une empreinte
écologique soutenable, mais cela ne sera plus le cas s’ils rattrapent le niveau de production des pays
développés.
Résumé en une phrase du 2.1. et transition vers le 2.2.
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2.2. Selon les partisans de la soutenabilité forte, rien ne peut se substituer à la dégradation du capital
naturel engendrée par la croissance de la production
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Le PT n’est pas la solution miracle. Problème de l’effet rebond : A chaque fois qu’on a réussi à
économiser telle ou telle matière pour produire un bien ou un service, l’effet de ce gain d’écoefficience a été plus que compensé par un accroissement encore plus important des quantités
produites. Exemple avec les NTIC qui devaient limiter la consommation de papier et qui l’ont en fait
multipliée.
Le PT engendre lui-même des dégradations environnementales : exemple des gaz de schiste que les
Etats-Unis veulent substituer à terme au pétrole.
Certaines dégradations sont irréversibles comme la mise en péril de la biodiversité ou le
réchauffement climatique.
On doit donc préserver le stock de capital naturel et la recherche de la croissance doit être
subordonnée à l’objectif du maintien en l’état du stock de capital naturel. La croissance est un moyen
et non une fin en soi.
Trois principes de la durabilité forte :
o le taux d’épuisement des ressources naturelles renouvelables (forêts, ressources halieutiques)
ne doit pas dépasser leur taux de régénération ;
o le taux d’émission de polluants ne doit pas dépasser les capacités d’assimilation naturelle et
anthropique ;
o l’exploitation des ressources non renouvelables doit se faire à un taux égal à celui de la
substitution par des ressources renouvelables.
Une croissance illimitée sur une planète aux ressources limitées est impossible. Postulat de base des
partisans de la décroissance.
o Réduction drastique de l’emprise des transports sur notre vie quotidienne. Nécessaire
relocalisation de l’économie de manière à réduire les transports de marchandises, premiers
responsables des émissions de GES.
o Briser l’idéologie de la croissance (objecteurs de croissance), rompre avec cette idée que
continuer à croître nous apportera plus de bien-être par la hausse de la consommation.
Changer radicalement notre mode de vie : limiter notre consommation et développer les
relations sociales, les échanges citoyens qui eux n’ont aucun impact négatif sur
l’environnement. Utiliser les gains de productivité non pas pour produire plus, mais pour
accroître notre temps libre. L’efficacité doit servir à consommer moins de ressources.
o Répartir les richesses plus équitablement aussi bien en réduisant les inégalités entre PDEM et
PED que les inégalités internes à ces pays.
Conclusion partielle du 2.
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Conclusion générale
Nous avons vu que les solutions proposées pour rendre la croissance soutenable n’étaient pas à la mesure des
enjeux environnementaux. Si le progrès technique (solution mise en avant par les partisans de la soutenabilité
faible) et l’utilisation d’une fiscalité verte peuvent permettre de réduire l’intensité énergétique de la
croissance, la hausse continuelle de la consommation mondiale vient plus que compenser les effets positifs
attendus. La croissance continue donc de poser des problèmes environnementaux considérables tels que le
réchauffement climatique. On peut alors penser avec les partisans de la soutenabilité forte que le stock de
capital naturel doit absolument être préservé et que la croissance ne doit plus être considérée comme
l’objectif ultime de nos sociétés développées.
L’échec récent de la conférence de Doha nous montre encore une fois que la volonté politique fait
malheureusement défaut pour remettre en cause nos modèles économiques et permettre de lutter
efficacement contre les problèmes environnementaux, en résolvant notamment la question du
réchauffement climatique.