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travail! Mais attention, c’est un sujet très populaire donc il faut que tu saches me convaincre que
c’est un sujet de grande importance.
Sélection du sujet: A (2x assessment)
Sélection des sources: A (2x assessment)
Les articles dans Word Document: A (assignment)
Plan pour la présentation
Question: Devrait-on permettre aux parents de fabriquer leurs enfants sur mesure?
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Comment grâce aux nouvelles technologies on peut fabriquer les bébés sur mesure
Statistiques concernant des bébés sur mesure en France
Arguments en faveur et arguments contre
Source 1 :
Devrait-on permettre aux parents de fabriquer leurs enfants sur mesure?
Les parents et les enfants en seront-ils plus heureux?
Les personnes seront-elles en meilleure santé?
Les personnes seront-elles plus belles?
Les différences entre riches et pauvres seront-elles accrues?
Les scientifiques devraient-ils manipuler les gènes d'enfants non encore nés pour soigner une
maladie génétique?
Cela est-il bien?
Est-ce contre nature?
Ce sont là toutes des questions pour savoir si la technologie utilisée pour fabriquer des bébés
est bonne ou non?
Voilà quelques points de vue, certains en faveur, d'autres contre la fabrication sur mesure de
bébés.
Arguments en faveur des bébés sur mesure
Certains couples ne peuvent avoir d'enfants car ceux-ci naîtraient avec une maladie génétique
et mourraient avant la naissance ou dès leur très jeune âge. Les techniques mises à l'œuvre
pour modifier l'assemblage génétique de l'embryon donnent la possibilité à ces couples de
devenir des parents.
Si nous voulons offrir ce qu'il y a de mieux pour nos enfants, pourquoi ne pas concevoir nos
bébés de la sorte? Employer des techniques géniques nous permet d'éviter certaines maladies
génétiques. On élimine ainsi la souffrance d'enfants tout en réduisant les coûts et le surmenage
émotionnel résultant des soins à prodiguer à un enfant malade. Cela nous mènera-t-il à des
enfants et parents plus heureux?
Des enfants producteurs de pièces de rechange? En quelques rares occasions où des parents
ont eu un enfant souffrant d'une grave maladie sanguine, ceux-ci ont eu recours à la
fécondation in vitro pour sélectionner des embryons afin d'avoir un deuxième enfant. Ce
dernier pourra être un donneur (de sang ou de moelle) fabriqué sur mesure. Le nouveau venu
pourra ainsi aider son grand frère ou sa grande sœur à rester en bonne santé.
Arguments contre les bébés sur mesure
Mais tout cela est-il bon? Dans les cas mentionnés avant, les parents ainsi que les médecins
créent un enfant qui jouera le rôle d'un producteur/donneur d'organes. Comment cet enfant se
sentira-t-il? Il pourrait voir sa naissance comme étant un simple soutien pour un frère ou une
sœur. Les enfants devraient être aimés et chéris pour ce qu'ils sont et non pour l'utilité qu'ils
peuvent avoir pas pour ce qu'ils peuvent faire pour d'autres.
De plus ces techniques géniques sont très coûteuses. Pour quelles raisons seules les personnes
riches pourraient-ils soigner des maladies génétiques? Cela créerait des déséquilibres entre
personnes aisées et les autres.
Allons-nous élever une race de super humains qui regardera de haut tout individu n'ayant pas
reçu d'amélioration génétique? Aujourd'hui déjà les personnes handicapées de naissance
doivent affronter l'intolérance. La discrimination à l'égard de ces gens ne risque-t-elle pas de
s'accroître davantage?
Nous pourrions dès lors nous prendre d'engouement pour le « perfectionnement » de bébés
déjà en pleine santé. Qui nous empêcherait, après avoir entrepris l'élimination d'embryons sur
base de pathologie génétique, de choisir nos enfants pour leurs allures physiques ou encore
leurs traits de caractère?
A l'heure actuelle, nous sommes en mesure de passer au crible les embryons pour ne
sélectionner que ceux ne portant pas de « mauvais » gènes. Est-il toutefois éthique de leur
ajouter des gènes artificiels ou d'en retirer d'autres? De telles modifications génétiques seront
permanentes et toucheront chaque cellule du bébé.
Les changements apportés par le génie génétique seraient transmis d'une génération à l'autre.
Quel droit ont les parents à déterminer quelles sont les meilleures caractéristiques génétiques
pour leurs enfants, et des enfants de leurs enfants. Les enfants vont-ils se retourner contre de
telles modifications génétiques choisies à leur insu par leurs parents?
Qui est responsable des manipulations génétiques d'un enfant? Les parents? Les médecins? Le
gouvernement? Imagine-t-on de nouvelles affaires Perruche ? (arrêt de la cour de cassation en
2001 sur le droit d'un enfant handicapé à attaquer ses parents en justice).
Est-il moral d'effectuer des expériences sur des enfants?
Les tests sur des animaux montrent que cet aspect du génie génétique a des effets
imprévisibles. Il existe un risque important que nous produisions des modifications physiques,
voire des altérations de la personnalité de l'enfant. Des souris ayant fait l'objet de manipulation
génétique en vue de les rendre plus musclées sont devenues, de manière totalement
inattendue, très timides en comparaison aux souris non génétiquement modifiées!
Cependant, dles scientifiques pensent qu'ils pourront déterminer avec plus de précision les
effets d'un gène implanté chez un être humain ou un animal.
Les humains de l'avenir se verront-ils implanter des gènes d'animaux pour gagner des pouvoirs
surhumains? Entre fiction et réalité la limite s'évanouit. Des gènes d'êtres humains sont
d'ailleurs implantés chez des animaux délà depuis des années.
Source 2 :
A) Définitions
Bébé sur mesure : Bébé modelé selon les désirs personnels des parents (désir d’un enfant
beau, sain, intelligent…) et/ou répondant à des critères attendus par la société.
Ethique : réflexion sur des valeurs morales, sur ce qu’est l’action « bonne », sur le Bien. D’un
point de vue éthique, ce qui a le plus de valeur c’est la personne humaine (liberté, dignité,
vie…) : rien n’est au dessus de celle-ci. Cependant, nous verrons que la question de ce qu’est
« une personne » n’est pas simple et tranchée.
Eugénisme : Le mot eugénisme a été pour la première fois utilisé par Galton, cousin de Darwin
en 1883. L’eugénisme est l’ensemble des pratiques et de théories visant à transformer le
patrimoine génétique humain, dans le but de le rapprocher d’un idéal défini.
B) Interview avec Stéphane Viville
Questions à Stéphane Viville, chercheur et praticien hospitalier à Strasbourg, ancien
responsable du centre de DPI.
Nous l’avons rencontré dans son laboratoire (IGBMC) le 13 février 2013. Qu’il soit remercié ici
pour le temps qu’il nous a consacré.
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Pouvez-vous nous dire quel est le rôle du service de DPI? Comment fonctionne t-il ?
Je l’ai mis en place à Strasbourg mais je ne le dirige plus depuis un an. Il y a 3 centres qui sont
autorisés en France. Le service de DPI propose à de couples qui se savent à risque de
transmettre une maladie génétique telle que la mucoviscidose ou la maladie de
Huntington non pas de « faire un bébé sous la couette » mais de passer par une fécondation in
vitro pour leur projet parental. Cette approche va présenter 2 grands avantages : obtenir des
embryons en dehors du corps de Madame et en obtenir un « grand » nombre, de 4 à 6. Du fait
d’avoir autant d’embryons on a de bonnes chances d’avoir parmi ceux-ci des embryons qui
n’ont pas la maladie, le risque de transmission de la maladie étant de ½ ou de ¼. Donc l’idée
c’est de laisser ces embryons se développer jusqu’au stade de 8 cellules, puis de prélever 1 ou 2
cellules -c’est déjà un savoir-faire relativement important- pour faire une analyse génétique qui
va nous permettre de dire quel embryon a la maladie et lequel ne l’a pas… avec l’idée, bien
entendu, de ne remettre dans l’utérus de Madame qu’un embryon qui n’a pas la
maladie. L’avantage par rapport au diagnostic prénatal (DPN) c’est que la grossesse n’est pas
débutée et donc si l’embryon est diagnostiqué comme malade il n’est pas transféré, alors que si
l’embryon est diagnostiqué comme atteint dans le cadre du DPN l’interruption médicale de
grossesse (IMG) est proposée. Le gros désavantage, c’est qu’on est obligés de passer par la FIV
…. Avec des taux de grossesse de l’ordre de 30%... quand on a un embryon à transférer ! Car on
peut très bien se retrouver dans une situation où les 4 ou 6 embryons sont diagnostiqués
comme atteints.
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Vous nous avez parlé des maladies qui étaient recherchées dans le cadre du DPI… Par qui
et sur quel critère cette liste est-elle définie ?
Il y a une loi française qui est assez bien faite qui dit qu’on a le droit de proposer le DPI pour
une maladie d’une particulière gravité. Quand on a dit ça, on a à peu près rien dit… Parce que la
gravité d’une maladie est quelque chose de très subjectif. Il y a dans tous les CHU de France un
CPDPN (centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal) qui est une commission médicale qui va
juger de la gravité d’une maladie… ou pas. Donc, du coup, selon les centres, on va avoir des avis
qui vont éventuellement différer sur une même maladie. A Strasbourg, un des critères qu’on
prend en compte, c’est le vécu des familles : il y a des familles qui vont mieux vivre la maladie…
on va plutôt dire moins mal la vivre … alors que d’autres vont la vivre de façon très
dramatique. On peut aussi avoir des variations de la sévérité d’une même maladie d’une
famille à l’autre.
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Le service de DPI travaille t-il aussi sur des DPN ?
Non, pas du tout. Ce sont deux choses différentes.
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On a entendu parler du DPNI aux Etats-Unis… Est-ce que vous pouvez nous renseigner,
même si cela ne rentre pas dans votre domaine de travail ?
Oui, donc le DPNI, le diagnostic prénatal non invasif, existe déjà en France. C’est une
technologie qui est nouvelle, sans l’être. Il y a dans la circulation sanguine d’une femme
enceinte, des cellules et de l’ADN qui proviennent du fœtus. On commence à arriver à faire des
analyses génétiques là-dessus. C’est relativement limité. Ce qu’on fait bien, c’est le sexage :
déterminer si c’est un garçon car on retrouve le chromosome Y. Il y a un certain nombre de
maladies, qu’on appelle les maladies liées au chromosome X, que seul le garçon développe.
Donc ça, c’est déjà pratiqué en France et il y a eu une très grosse augmentation de cette activité
tout récemment. Mais pour l’instant, c’est à des coûts tels que c’est peu pratiqué.
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A l’aide du DPI, pourrait-on détecter un gène lié à la couleur des yeux ou cheveux par
exemple ?
Oui, on peut à peu près tout détecter, tant qu’on connaît les gènes qui sont impliqués. Cela dit,
ce n’est pas parce qu’on peut le faire qu’on va le faire et qu’on va nécessairement avoir une
demande pour le faire ! En ce qui me concerne, moi et mes collègues en France, le DPI est une
pratique médicale liée à la détection de pathologies, donc … trouvez-moi une explication pour
me dire que les yeux bleus ou les yeux clairs c’est une pathologie… Par ailleurs, les couples
prêts à passer par un DPI doivent être conscients que c’est lourd, c’est difficile à faire et ça ne
marche pas toujours! Et il y a des règles de l’hérédité qu’on ne peut pas non plus outrepasser.
Tant que ça reste au niveau de la demande privée, au niveau d’un couple, c’est une anecdote,
en revanche si ça devient une politique nationale, là, on serait dans l’épuration de l’espèce… La
problématique serait complètement différente.
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Pourquoi n'est-il pas autorisé dans certains pays (Allemagne par exemple)?
C’est un problème historique. Ils ont un rapport à la sélection de l’espèce qui les fait hésiter
encore à autoriser cette pratique. Mais c’est en discussion depuis très longtemps, et ça devrait
quand même bientôt changer… De même, la pratique de la FIV est très compliquée en
Allemagne : ils n’ont pas le droit de mettre plus de 3 ovocytes en fécondation… Et ce n’est pas
beaucoup.
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Quelle est la réglementation française en vigueur concernant le DPI ?
Il faut en premier lieu que l’Agence de biomédecine donne son accord pour ouvrir un centre de
DPI, il faut aussi donner l’accord à l’hôpital et, enfin, il faut juger des compétences des gens qui
vont faire le DPI. Et on n’a le droit de proposer le DPI que pour des maladies d’une particulière
gravité.
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Le DPI peut-il mener selon vous à l'eugénisme ?
A l'heure actuelle, selon moi, ça mène à l'inverse de l'eugénisme : ce qu'on appelle le
dysgénisme. C'est particulièrement vrai pour les couples avec des maladies récessives comme
la mucoviscidose, où il faut que les 2 parents portent une mutation et qu'elles se retrouvent
chez l'enfant pour qu'il développe la maladie. Ces couplent quand ils viennent nous voir, au
centre de DPI, ont généralement arrêté tout projet d'avoir des enfants naturellement, parce
qu'ils ont déjà subi des IMG et qu'ils n’en peuvent plus, ils ne veulent plus essayer. Ils viennent
nous voir à ce moment là parce qu'il n'y a pas le côté avortement. On va faire le DPI, on va avoir
3 catégories d'embryons : ceux qui n'ont pas du tout de mutation, ceux qui en ont une, celle du
père ou celle de la mère c'est donc des embryons qui ne sont pas malades et puis il y a ceux qui
ont les 2 mutations. Ceux là, par contre, on ne les transfère pas. Ce qui veut dire que l'on
transfère aussi des embryons porteurs d'une mutation qui n'ont pas développé la maladie.
Donc on favorise l'émergence, la dissémination des mutations. Ce qui est l'inverse de
l’eugénisme c'est pour ça que je parle de dysgénisme. Faire de l'eugénisme comme ce qui a été
fait dans les camps nazis etc... non. Le DPI ne sera jamais utilisé comme ça. Je dis pas qu'il n'y
aura plus d'eugénisme -j'aimerai bien pouvoir vous dire plus jamais mais malheureusement je
ne suis pas si optimiste que ça sur la bonne nature de l'espèce humaine. C'est une méthode qui
est trop lourde et trop inefficace pour servir un tel projet. C'est pour cette raison qu'il n'y aura
pas d'utilisation eugénique du DPI. Il y a malheureusement des méthodes beaucoup plus
radicales et beaucoup moins coûteuses.
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A partir de quand, peut –on considérer un embryon comme une personne ?
Ca dépend. Vous allez avoir des scientifiques qui ont une vision très catholique et qui vont vous
dire que dès la conception, dès la fécondation... c'est une personne. Ma position à moi c'est de
dire que cette perception de personne est liée au projet parental. C'est-à-dire qu'un embryon
qui n'a pas de projet parental, n'est pas une personne. Un embryon qui a un projet parental est
une personne, et ça en dehors de son stade de développement. C'est-à-dire que, si pour un
embryon à une cellule (zygote , juste après la fécondation), il y a l’ espoir d'un couple qui est
derrière, qu'on fasse du DPI ou pas, un espoir qu'il soit retransférer et qu'il puisse donner une
naissance, moi je considère que c'est une personne. Il y a aussi des notions très différentes, par
exemple en Angleterre, vous pouvez avoir l'autorisation de faire de la recherche sur un
embryon jusqu'à son 14ème jour de développement. Pourquoi 14ème jour ? Parce que c'est là
qu'apparaissent les premières cellules nerveuses. Et donc éventuellement possibilité d'une
perception, donc d'une perception de la douleur. Chez les musulmans par exemple, vous avez
cette notion d'âme qui arrive par étapes successives, c'est-à-dire qu'avant 40 jours de
développement il n'y a pas d'âme. Et puis il y a une étape à 80, 120 donc petit à petit cet
embryon puis ce fœtus va être investi d'une âme... il prend de la personnalité.
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Quels sont les arguments qui reviennent le plus souvent pour et contre le DPI ?
Le gros argument en faveur du DPI c'est que ça évite l'écueil de l'avortement, qui est quand
même psychologiquement très lourd à porter. L’argument le plus fréquent pour s’opposer au
DPI c'est la lourdeur de l'intervention mais c'est aussi, bien sûr, l’eugénisme. Certains de ceux
qui sont contre le DPI vont parler d'eugénisme privé : on offre aux parents la possibilité de
tendre vers le bébé parfait. Quand on vous dit le bébé parfait, la question à se poser
immédiatement c'est « Oui d'accord... mais c'est quoi le bébé parfait ? » Vous allez avoir une
infinité de bébés parfaits ! Ca ne veut absolument rien dire de dire qu'on va utiliser le DPI pour
avoir un bébé parfait. Chaque couple a une notion différente du bébé parfait ! En général ce
qu'il se passe, après n'importe qu'elle naissance, le bébé est parfait... parce qu'il y a un amour
qui se développe vis à vis de ce bébé... Ce sont des notions complètement variables, d'une
société, d'une époque, d'une histoire, qui va être très variable. On ne sait pas ce que c'est que
le bébé parfait.
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Pouvez-vous expliquer le fait qu'on parle tant du DPI alors qu'il n'est en réalité à
l’origine que de très peu de naissance par an (on avait vu 50/an) en France ?
Vous trouvez qu'on en parle encore beaucoup ? Je trouve qu'on en parle de moins en moins !
Vous savez, dès que vous avez un sujet qui est un peu sujet à controverses, les médias vont
faire tout un débat autour de ça. Donc, c'est en grande partie la faute des médias. Là, vous avez
un sujet qui est à la fois intéressant, qui est à la fois plein d'espoir, ces couples qui veulent avoir
des enfants en bonne santé, c'est quand même beau, c'est une belle cause, clairement. Et puis,
quand vous avez des gens qui crient au loup « Oui, mais l'eugénisme etc …» … Vous avez ainsi 2
pôles très forts, et on arrive à faire des allées venues avec ça, ce qui plaît beaucoup aux médias
car ça fait vendre du papier. Certains sujets se prêtent plus à faire du bruit que d'autres.
Essayez de parler des 4 millions de chômeurs, rapidement les journaux seront délaissés... Il ne
faut pas oublier cet aspect là.
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Mais c'est bien 50 naissances par an environ en France ?
Les besoins sont estimés à 600-700 tentatives par an, mais pour le moment nous n’avons pas
les moyens, les centres ne sont pas assez équipés, en matériel et en personnel pour arriver à
faire 200 tentatives chacun (puisqu’il y 3 centres en France). Avec ce nombre, on pourrait
pourtant couvrir les besoins dans des délais raisonnables mais actuellement il faut attendre 2
ans avant d'être pris en charge, ce qui est un scandale en soi !
C) Du rêve à la réalité
1. Un enfant sain à tout prix ?
C’est probablement la première préoccupation des parents. Nous n’aborderons que les
maladies génétiques mais il y a bien-sûr également les problèmes liés à un déroulement
pathologique de la grossesse.
a) Législation française
En France, si l'enfant est porteur d’une anomalie ou que la santé de la mère est mise en danger,
la grossesse peut être interrompue jusqu’à avant son terme, avec l’accord de médecins, dans le
cadre d’une interruption médicale de grossesse (IMG).
b) la détection des maladies génétiques
Le DPN et le DPI, sont deux techniques permettant de dépister des maladies graves et
incurables qui entrainent parfois la mort précoce de l'enfant. Environ 4000 maladies génétiques
sont dépistables en théorie à l’heure actuelle.
-
détection In utéro (avec DPN)
Il est possible de détecter des anomalies génétiques telles que la trisomie 21 avec l’échographie
(en mesurant la clarté nucale, c’est-à-dire la largeur de la nuque), le triple test et
l'amniocentèse. Pour la trisomie 21, en France, 96% des parents choisissent l’avortement
lorsqu’ils apprennent que leur bébé est trisomique, parce qu’ils ne se sentent pas en capacité
d’élever l’enfant ou sous la pression de la société (cf. la notion de biopouvoir, reposant sur
l’alliance entre médecins et institutionnels afin d’orienter les conduites vers une norme M.Foucault). C’est alors plus un « non-choix d’enfant malade » qu’un choix d’enfant sain.
Il existe un projet de DPNI (diagnostic prénatal non invasif) : ce nouveau test est déjà utilisé aux
Etats Unis. Il est encore peu utilisé en France du fait de son coût, même s’il est de moins en
moins cher. Il permet, par le biais d’une simple prise de sang chez la mère, de réaliser un
séquençage d’ADN du fœtus présent dans le plasma maternel pour déterminer le sexe ou le
rhésus du fœtus. La nouveauté du DPNI réside donc dans la possibilité de diagnostiquer une
trisomie 21 dans l’ADN fœtal, de façon précise (taux de détection de 100%, avec moins de 2%
de faux positifs) précoce (10ème semaine de grossesse), performante et moins risquée pour le
fœtus.
-
détection In vitro (avec DPI) des maladies génétiques
Le DPI, puisqu’il s’agit d’embryons in vitro, permet d’éviter l’épreuve de l’avortement, qui est
très dure à la fois physiquement et psychologiquement.
En effet, les analyses des cellules prélevées sur les embryons permettent d’identifier les
embryons sains et donc de ne choisir d’implanter que les embryons non porteurs de la maladie
c) La thérapie sur embryons des maladies génétiques
Il existe deux types de thérapie génique. La thérapie génique somatique ne modifie que le
patrimoine génétique des cellules non-sexuelles alors que la thérapie
génique germinalemodifie le patrimoine génétique des cellules sexuelles, il peut donc être
transmis de générations en générations.
Un exemple de thérapie génique est celle des enfants bulle de l’hôpital Necker (voir ici). Des
enfants atteints d’une maladie génétique entraînant un déficit immunitaire (pas de
lymphocytes T) avaient une espérance de vie très limitée (1an) ont été soigné en 1999 par
introduction d’un gène fonctionnel au niveau de cellules de la moelle osseuse.
D’autres thérapies géniques se développent activement depuis deux décennies. Ainis, le
traitement Glybera qui soigne une inflammation très rare du pancréas sera le premier vendu en
Europe dans la seconde moitié de l'année 2013.
Pourrions-nous être capables dans le futur de « soigner » de cette manière (et non détruire)
des embryons humains atteints voire de l’appliquer à un ovule ou à un spermatozoïde avant la
FIV? En effet, des maladies comme par exemple certaines maladies neurologiques se
développent in utéro et génèrent des réseaux neuronaux aberrants qui vont empêcher la
construction d’un cortex fonctionnel. Introduire un gène sain ‘soigneur’ dans l’embryon ou
dans les cellules sexuelles permettrait d’éviter l’installation de la maladie.
Pour Axel Kahn, généticien, la thérapie germinale ne se justifie pas médicalement et des
dérives sont à craindre. Cela dit, d’autres raisons comme la multigénicité de la majorité des
maladies et la méconnaissance des mécanismes de régulation du/des gène(s) au cours du
développement embryonnaire sont avancées en nette défaveur de la thérapie génique.
2. Le choix du sexe
Les parents ayant déjà des enfants désirent en général un bébé du sexe opposé afin de
« rééquilibrer » leur famille. Ceux qui ne veulent qu’un seul enfant devront avoir une
préférence pour une fille ou un garçon. Nous n’aborderons pas ici les méthodes
« artisanales »présentées sur certains sites et dont l’efficacité est plus que douteuse (date des
rapports, alimentation de la maman voire la profondeur de la pénétration … !)
a) Législation française
En France et dans la plupart des pays, la sélection des embryons par DPI selon leur sexe n’est
autorisée que pour les couples porteurs d’une maladie génétique grave qui ne touche que l’un
des deux sexes (exemple : l’hémophilie ne touche que les garçons, sauf cas rare).
Autrement, pour connaître le sexe du bébé, l’échographie obligatoire à partir du 3ème mois
est utilisée plus couramment.
b) Le cas des embryons in vitro
Certaines cliniques, comme le Fertility Institut de Los Angeles, permettent après une FIV (avec
des embryons surnuméraires) de choisir le sexe de l’enfant par sélection d’embryons masculins
ou féminins. Cette pratique est courante aux Etats-Unis pour les demandeurs qui en ont les
moyens.
Une autre méthode consisterait à féconder l'ovule avec exclusivement des spermatozoïdes «
masculin ou « féminin» (porteurs du chromosome Y ou X respectivement)
c) Le cas des embryons in utero
Les 2 tests ci-dessous ne sont pas autorisés à la vente en France, car ils pourraient entraîner
des dérives puisqu’on pourrait connaitre le sexe de l’enfant avant la date limite d’avortement…
Cependant, rien n’est fait pour empêcher leur obtention via le net : ce contrôle semble en effet
être difficile.
- Le Gender Prediction.
Ce test commercialisé aux Etats-Unis, permet de détecter le sexe du bébé après 10 semaines de
grossesse, c'est à dire avant la limite légale d'avortement. Le test est basé sur la détection
d’hormones contenues dans l’urine de la mère, en indiquant un couleur différentes selon que le
fœtus soit un garçon ou une fille. Selon le fabricant, le test serait fiable à 82 %.
- Le test Pink or Blue Ce test, pratiqué en Angleterre, permet de détecter le sexe du bébé mais
déjà à partir de la 6ème semaine de grossesse. Ce test repose sur l’analyse de l’ADN fœtal
dans le sang maternel en cherchant un marqueur du chromosome Y. La femme enceinte doit
prélever une goutte de sang puis l’envoyer au laboratoire de la société (DNA Worldwide ) Ce
test aurait une fiabilité de 95% d’après la société qui les fabrique.
3. Le choix des autres caractéristiques physiques
a) Par la sélection de donneur
En France, les couples faisant appel aux dons de gamètes ne peuvent pas avoir accès au profil
de leur donneur car le don est anonyme et gratuit. Par contre, les médecins prennent en
compte certaines similitudes entre le phénotype des parents et des donneurs : couleur de peau,
cheveux, yeux ainsi que le groupe sanguin.
Les Etats-Unis où le don n’est pas anonyme mais rémunéré, proposent des « catalogues de
donneurs », dévoilant toutes sortes d’informations -qu’ elles soient physiques, intellectuelles,
morales- sur ces derniers. Tout ceci est à l’origine d’un commerce de gamètes.
Mais la sélection de donneur ne garantit pas la couleur des yeux, des cheveux etc… puisque la
génétique doit aussi être prise en compte en particulier pour ce qui est des gènes récessifs : la
fécondation n’a pas eu lieu et donc il n’y a pas encore d’embryon possédant ses propres
caractéristiques, qui sont un mélange aléatoire provenant des 2 gamètes à l’origine de
l’embryon.
b) Par la sélections des embryons
Selon Stéphane Viville, que nous avons interviewé, on arriverait, grâce au DPI, « à peu près tout
détecter tant qu’on connaît les gènes qui sont impliqués »
On pourrait arriver par exemple à connaître la couleur des yeux ou des cheveux d’un embryon
par DPI.
Toutefois, il faut avoir une raison médicale pour sélectionner ces caractéristiques. Or, c’est par
convenance personnelle et non pour raisons médicales que les parents désirent choisir
certaines caractéristiques physiques de leur enfant : cette pratique est donc interdite en
France.
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Arguments en faveur des bébés sur mesure