Le Parisien – édition Oise
24 mars 2015
IRM : n’hésitez pas à faire jouer la concurrence
SANTÉ. De quelques jours à Chantilly à quatre semaines à Beauvais et à Compiègne, l’attente
pour passer cet examen est très inégale. En cause : la disparité des équipements.
Beauvais, le 16 mars. Environ 10 000 examens sont pratiqués chaque année sur les deux machines à IRM dont dispose le
centre d’imagerie médicale de Beauvais, les seules de la commune. (LP/C.F.)
SI VOTRE MÉDECIN vous a prescrit une imagerie par résonance magnétique (IRM), n’hésitez pas à
faire jouer la concurrence pour obtenir le délai le plus court avant votre rendez-vous ! Christèle, mère de
famille beauvaisienne, vient d’en faire l’expérience. « Ma fille souffrant d’inflammations des tendons
suite à une entorse du poignet droit, un spécialiste lui a prescrit une IRM », raconte Christèle. « J’ai
commencé par appeler le centre d’imagerie médicale de Beauvais, à côté de chez moi, où l’on m’a
proposé un rendez-vous quatre semaines plus tard. Trouvant le délai un peu long, j’ai appelé le centre
de Creil. Là je gagnais deux semaines. C’est finalement au service d’imagerie médicale des Jockeys, à
Chantilly, que ma fille a passé son examen, deux jours après mon appel ! Dorénavant, je ne me poserai
plus de questions. Je préfère faire 100 km aller et retour et avoir un rendez-vous plus tôt. »
Radiographie des délais de rendez-vous faite dans le département, c’est bien Chantilly qui décroche la
palme de la réactivité. On peut y réaliser une IRM dans les deux jours, une semaine étant le maximum.
Merci de ne pas diffuser ce PDF. Reproduction réalisée avec l'autorisation du CFC.
Explication : le service, qui a ouvert ses portes au printemps 2014, est encore mal connu. Les plannings
ne connaissent donc (pas encore) l’état de saturation des services plus anciens.
A Creil, où 21 000 examens ont été pratiqués en 2014 sur les 2 machines opérationnelles, on joue la
carte de l’amplitude horaire pour satisfaire les demandes et tenir un délai de rendez-vous de deux
semaines, parmi les plus compétitifs du département. « On est ouvert du lundi au vendredi, de 8 heures
à 20 heures, le samedi de 8 heures à 17 heures, et il nous arrive d’ouvrir un ou deux dimanches par
mois », souligne Jean-Marc Pinon, cadre d’imagerie médicale au groupement d’intérêt économique
(GIE) de Creil, associant le groupement hospitalier public du sud de l’Oise et des radiologues privés.
Si, au centre d’imagerie médicale avancée de Compiègne (associant l’hôpital et la polyclinique SaintCôme), les délais pour une IRM ne présentant pas de caractère d’urgence varient de deux à quatre
semaines, c’est bien plutôt à l’est du département que les patients seront les plus vite pris en charge.
Et pour cause. Selon la carte des territoires de santé arrêtée par l’agence régionale de santé (ARS) de
Picardie, ce secteur de 470 600 habitants est équipé de 6 machines*, soit 1 pour 78 400 habitants,
quand l’ouest dispose de 2 appareils** pour environ 340 000 habitants, soit 1 pour 170 000 habitants…
« Le Beauvaisis est clairement sous-équipé », confirme Pascal Dacher, cadre de santé au centre
d’imagerie médicale de Beauvais, géré lui aussi par un GIE associant le centre hospitalier de Beauvais
et des radiologues privés, et qui réalise 10 000 examens par an. Le professionnel observe par ailleurs
une montée en puissance du nombre de prescriptions d’IRM. « De plus en plus de pathologies sont
concernées aujourd’hui. C’est devenu l’examen privilégié pour caractériser une maladie. »
Loin d’y voir une concurrence préjudiciable, Pascal Dacher attend avec impatience la mise en service
d’un appareil à IRM à la clinique privée du Parc-Saint-Lazare. Son installation a été autorisée par l’ARS
en juillet 2014. « Elle répondra à un vrai besoin des patients du Beauvaisis. » D’une manière générale,
les Oisiens se satisferont également de l’installation future de 2 nouveaux appareils à Creil et à
Compiègne.
Corinne Fourcin
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