Philosophie
INTRODUCTION
La fin du vingtième siècle et le début du vingt et unième
siècle sont marqués par des progrès scientifiques très développés.
Il ne faut pas en douter, car notre vécu quotidien nous le prouve
à suffisance. Il y a une nouvelle découverte scientifique tous les
jours. Ce siècle récent a été, comme le disent certains penseurs,
un siècle de progrès. Ainsi la connaissance scientifique et
l’existence humaine trouve leur conception plus défini et débattu
par Gaston Bachelard et Jean Paul Sartre.
PROBLEMATIQUE
La description scientifique de la nature est aujourd'hui très
éloignée de sa conception commune et quotidienne. Ainsi la
description qu'a donnée Nicolas Copernic de l'univers n'a pas
modifié notre langage courant pour lequel le soleil "se lève" et "se
couche", conformément à notre expérience empirique. De même,
la théorie de la relativité d'Einstein pose que l'écoulement du
temps n'est pas partout uniforme.
Cette description empêche de reconnaître une réalité physique à
la notion de simultanéité. Pourtant, personne au quotidien ne
douterait que l'expression "réglons nos montres" soit pleinement
légitime. Faut-il reprocher à la science de se perdre dans une
abstraction aveugle à l'expérience concrète ? Faut-il réamorcer les
défiances des empiristes contre un rationalisme pas trop
cartésien ? La science peut- elle sans dommages s'éloigner de
l'expérience empirique immédiate et manipuler des objets de plus
en plus abstraits, de moins en moins descriptibles par des
concepts autres que mathématiques ? C'est ce constat d'un
divorce entre les concepts du physicien et les conceptions
communes tirées de l'expérience empirique immédiate, dont
Bachelard veut tirer les fruits. Notre objectif est de montrer
justement, à la suite de Gaston Bachelard, comment se réalise le
rationnel dans l'expérience physique à l'ère du nouvel esprit
scientifique.
La connaissance scientifique et l’existence humaine
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A- DECRIPTION DU PROCESSUS D’ELABORATION DE LA
CONNAISSANCE SCIENTIFIQUE.
I-
PRESENTION DE GASTON BACHELARD
1- Qui est Gaston BACHELARD ?
Gaston BACHELARD Philosophe français, Gaston Bachelard
naît le 27 juin 1884, en Champagne, à Bar-sur-Aube. Il passe son
enfance dans la province la plus rustique où l'homme n'a pas
perdu le contact avec les éléments premiers. Nanti de son
baccalauréat, il entre dans l'administration des Postes (19031913). En disponibilité pour raison d'études dès 1913, il prépare
le concours d'élèves ingénieur des Télégraphes et achève
parallèlement sa licence de mathématiques. La guerre de 19141918 brise son destin. En 1919, il renonce à son ambition
d'ingénieur et entre dans l'enseignement secondaire. Il est
professeur de sciences au collège de Bar-sur-Aube de 1919 à
1930. A 35 ans, il engage de nouvelles études. Agrégé de
philosophie en 1922, il obtient de demeurer à Bar-sur-Aube, à la
fois professeur de sciences et de philosophie. En 1928 paraissent
les deux thèses, soutenues en 1927, Essai sur la connaissance
approchée et Etude sur l'évolution d'un problème de physique, la
propagation thermique dans les solides.
2- Quelques œuvres écrite de Gaston BACHELARD
La Faculté des Lettres de Dijon l'appelle en 1930, puis la
Sorbonne en 1940 (où il restera jusqu'en 1954).Il publie en
1934 Le Nouvel Esprit scientifique, en 1938 La formation de
l'Esprit scientifique, en 1940 La Philosophie du non, en 1942 L'eau
et les rêves, La terre et les rêveries du repos en 1946, La terre et
les rêveries de la volonté en 1948. Il entre à l'Académie des
sciences morales et politiques en 1955 et obtient le Grand Prix
National des Lettres en 1961, année où il publie La flamme d'une
chandelle. Il meurt à Paris le 16 octobre 1962.
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3- Proposition de piste par Bachelard pour l'élaboration
de la science
Gaston Bachelard nous propose des pistes de réflexion sur la
manière de procéder à l'élaboration de la science, et d'après un
esprit qui se veut « scientifique ». Sa réflexion entend apporter un
correctif qu'il juge important pour le progrès scientifique lui
même, au sens englobant du terme. Et c'est cela qui lui permet de
parler de « nouvel esprit scientifique ».
II-
PROCESSUS D’ELABORATION DE LA CONNAISSANCE
SCIENTIFIQUE.
Parlant de science, G. Bachelard en perçoit, mieux qu'un savoir
figé, un ensemble de recherches soucieuses d'objectivité, un
réalisme reconstruit, un rationalisme appliqué.
1- Esprit Scientifique
Le concept « Esprit scientifique » est né du souci de rendre
l'homme plus rationnel dans le domaine scientifique. Bachelard
remonte au stade vulgaire de la connaissance pour situer les
moments déterminants des insuffisances épistémologiques. Pour
lui, la révolution scientifique qui a fait l'objet de préoccupation au
dix-neuvième siècle a fait que l'esprit scientifique se démarque de
la connaissance du commun des mortels, c'est-à-dire de la « Doxa
», en imposant le concept de science, comme savoir raisonner ou
connaissance méthodiquement fondée, Epistémè.5
A ce niveau, l'effort des philosophes est louable : ils ont cherché à
sauver l'homme de la récalcitrante, surtout de la doxa. Ils ont
posé l'esprit comme celui qui se veut non habituel, étant donné
que les habitudes, c'est-à-dire les actes inquisitoires, en
constituent un frein6.
Par « l'esprit scientifique », on entend esprit critique, esprit qui se
rapporte (qui se réfère à) et qui, dans une discipline scientifique
de n'importe quelle obédience, a rompu ou doit chercher à rompre
avec toute tendance subjectiviste et/ou sentimentaliste, en
fonction d'une tendance ascétique, entendu comme possibilité
pour tout homme d'être austère devant une expérience
scientifique tout en mettant de côté tout préjugé7.
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L'homme de science doit être un ascète de la rationalité, car
l'esprit scientifique comme esprit rationaliste selon Bachelard «
...est la réalisation du rationnel dans l'expérience physique... » .
C'est un esprit qui exige de l'homme un effort pour éloigner de la
pensée l'influence du sentiment et de l'arbitraire de la volonté.
Selon l'auteur, l'esprit scientifique doit dépasser les phyllies, il
doit au préalable adopter l'attitude « critique » et créative en tant
qu'il est nourri d'un souci d'accroissement de la clarté et non
d'une répétition permanente des acquis non rectifiés. C'est ce qui
fait dire à Federigo que: «la physique au lieu d'offrir une
vérification plus précise de la mécanique classique conduit plutôt
à en corriger les principes»9. La science est donc d'abord un esprit
à adopter; car au-delà de tout savoir acquis l'esprit humain doit
pouvoir élaborer des lois ou une théorie ; ainsi conduit, l'esprit
humain critiquée celui-ci a le pouvoir de récupérer une théorie ;
dûment critiquée10.
Certes, ce qui caractérise l'esprit scientifique dans l'optique
bachelardienne, c'est la complémentarité de la critique et de la
rectification. Ainsi, pour parvenir à l'esprit scientifique, il est
indispensable d'éliminer, de la connaissance, les projections
psychologiques, spontanées ou inconscientes. Dès lors, la
véritable psychologie de l'esprit scientifique sera bien près d'être
une psychologie normative, une pédagogie en rupture avec la
connaissance usuelle.
D'après Bachelard, dans la formation individuelle, un esprit
scientifique passerait nécessairement par les trois états suivants,
beaucoup plus précis et particuliers que les formes contiennent :
 L'état concret où l'esprit s'amuse des premières images du
phénomène et s'appuie sur une littérature philosophique
glorifiant la nature, chantant curieusement à la fois l'unité
du monde et sa riche diversité.
 L'état concret-abstrait où l'esprit adjoint à l'expérience
physique des schémas géométrique et s'appuie sur une
philosophie de la simplicité. L'esprit est encore dans une
situation paradoxale : il est autant plus sûr de son
abstraction que cette abstraction est plus clairement
représentée par une intuition sensible.
 L'état abstrait où l'esprit entreprend des informations
volontairement soustraites à l'intuition de l'espace réel,
volontairement détachées de l'expérience immédiate et
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même en polémique ouverte avec la réalité première,
toujours impure, toujours informe.
2- Le Rationalisme
Dans son Vocabulaire technique et analytique de
l'épistémologie, Robert Nadeau définit le rationalisme comme
étant toute philosophie qui met en évidence le rôle de la seule
raison dans l'acquisition et la justification du savoir12. Descartes,
grâce à son doute méthodique, affronte la dualité ontocosmologique. Et, corrigeant l'idéalisme platonicien avec
l'intellectualisme aristotélicien, il maintient la coexistence dans
l'univers de substances pensantes et de celle uniquement étendue
c'est-à-dire des hommes et de l'espace. Son épistémologie est dite
rationaliste. Car, elle ne ramène pas la réalité des choses aux
idées, mais reconnaît la part de l'intuitive de la raison dans la
saisie des idées, qui sont la seule chose de la pensée. Donc la
certitude cognitive n'est possible que moyennant le bon usage du
bon sens. Cela commence par la «tabula rasa» ou le doute.
Se faisant, le rationalisme récuse toute connaissance purement
idéaliste à laquelle la perspective heideggérienne semble
s'attacher en affirmant :
l'homme «est la pensée se pensant elle-même absolument... la
subjectivité en tant qu'Ego Cogito est la conscience qui représente
quelque chose, rapporte en retour à elle-même ce qui est
représenté et aussi l'accueille chez elle»:
Qui dit «la pensée se pensant», voit l'homme en tant qu'un être de
la pure raison. Mais, il sied et c'est important d'énumérer à ce
niveau quelques déviationnismes causés par le rationalisme,
notamment l'anthropocentrisme et l'anti-théisme.
a. L'anthropocentrisme moderne
L'excès de rationalisme est évidemment à l'origine de
l'anthropocentrisme moderne. L'homme éprouve une nouvelle
conscience de lui-même; sa confiance en la seule capacité
intellectuelle de l'homme évacue toute énigme du monde.
L'exploration et la découverte de soi le conduit à affirmer une
nouvelle conscience de lui-même comme cogito tout transparent.
Se découvrant pour ainsi dire un sommet et une source même de
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la lumière, il en vient à conclure qu'il a en main la clé de
l'existence, et la solution de tous les problèmes de l'univers et de
l'humanité.
b. L'anti-théisme illuministe
L'homme rationaliste ne cherche donc plus de dieu: il est
Dieu lui-même. Il refuse ce que certains auteurs appellent « la
troisième dimension ». La première étant celle de la présence
significative du corps, la deuxième étant celle de l'âme, dont
l'expression significative est la pensée. Ces deux dimensions ne
peuvent être rejetées car elles constituent les dimensions qui
touchent l'immanence de l'être. Personne ne peut les nier. Le
siècle des Lumières a éteint cette Lumière. L'homme rationaliste
s'est perdu dans l'obscurité des deux seules premières
dimensions. Son refus de l'Absolu, autre que la raison humaine,
le condamne à vivre dans une contingence qui l'étouffe, le réduit
et le fait vivre dans une profonde pauvreté de l'esprit. L'homme
rationaliste vit et meurt sans profondeur ni déhiscence ou
hauteur.
En effet, cette manière de penser le rationalisme comme «doctrine
d'après laquelle rien n'existe qui n'ait de raison d'être de telle
sorte qu'en droit, sinon en fait il n'est rien qui ne soit intelligible»,
c'est-à-dire, tout ce qui existe est objet de pensée, sa raison c'est
d'être matière de penser; et cela date du temps de Platon et
d'Aristote qui, si différents par ailleurs, avaient en commun une
conception radicale de ce rationalisme. Car les idées avec Platon,
les essences avec Aristote constituaient un monde intelligible,
intemporel auquel la raison avait accès par nature15.
Mais Bachelard n'est pas un scientiste, il récuse toute forme figée
de la connaissance scientifique, appliquant cette méthode
théoriquement rationaliste, puisque ce que l'homme sait sur le
réel reste une connaissance fuyante. Et, de fait, «le réel n'est
jamais ce qu'on pouvait croire, mais il est ce qu'on dût penser»16 ;
autrement dit, le réalisme scientifique n'est pas un naturalisme,
et la raison, pour Bachelard, doit nécessairement élucider notre
expérience du réel en un réalisme construit et réconstruisable.
La connaissance scientifique et l’existence humaine
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Philosophie
3- Le Réalisme
Comme courant philosophique, le réalisme a la prétention
selon laquelle les choses sont telles qu'elles nous apparaissent ou
telles que nous les percevons. Les idées que nous nous en faisons
correspondent ou non à leurs essences. Ainsi, nous pouvons
distinguer deux grands courants réalistes :
a. Le réalisme brut ou naïf
Celui-ci professe l'identité entre les idées et les objets ou choses
qu'elles remplacent dans l'esprit du sujet. C'est ce genre de
réalisme que nous trouvons chez Platon. Une telle conception ne
fait pas avancer la science car la connaissance scientifique se
construit laborieusement en déconstruisant les impressions ou
perceptions sensibles au moyen d'un certain raisonnement
opératoire ; le savoir épistémique n'est donc pas une intuition
intellectuelle ou rationnelle.
b. Le réalisme modéré ou médiat
Courant pense au contraire que notre connaissance étant
intentionnelle, ne coïncide guère avec ce que sont les choses en
elle-même. Ce que nous savons des choses est donc relatif aussi
bien qu'à nos sens qu’à la qualité perceptive des choses. Ainsi, la
perceptive réaliste modérée favorise le travail et le progrès de la
recherche scientifique et, le contenu d'un tel savoir sera toujours
relatif et non absolu, approximatif ou provisoire (non acquis une
fois pour toute). L'initiateur du réalisme modéré est Aristote dont
la de la connaissance fut amplement étudiée et discutée par la
philosophie médiévale particulièrement le thomisme
Pour une connaissance vraie, le réalisme a marqué plusieurs
époques. Déjà dans la période antique, pour ne parler que de
cela, Platon y a fait allusion dans sa démarche dialectique. Mais
ce réalisme platonicien est à saisir dans la sphère purement
intellectuelle où les idées sont plus réelles que les objets
sensibles.
Au temps moderne, cette conception du réalisme sera plus en
opposition avec l'intelligible dans sa considération comme étant
«une doctrine selon laquelle l'être est en nature, autre chose que
la pensée, et ne peut ni être tiré de la pensée ni s'exprimer de
La connaissance scientifique et l’existence humaine
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façon exhaustive en terme logique». Cette définition montre
combien le fait, pour l'être, de connaître et de se connaître comme
un être connaissant, ne relève pas de sa capacité de raisonner ni
de penser, mais de sentir, de percevoir. Ce qui fait que toute
pensée à caractère individuel saisit de façon intuitive le réel en
tant que distinct du moi.
Pour Bachelard, le réalisme devient ce que la pensée a pour
l'objet. « Car ce qui est réel est rationnel et ce qui est rationnel est
réel » Par là, il cesse d'être de même espèce que le réalisme
immédiat. Ainsi devient-il un lieu de lecture, de déchiffrage et de
contemplation de l'esprit humain dans son auto-organisation et il
devient aux yeux de Bachelard un champ d'investigation.
4- du déterminisme et de l'indéterminisme
Les philosophies du matérialisme rationnel, pour Bachelard,
renferment un caractère qui est ambivalent dans ces deux
notions, du déterminisme et de l'indéterminisme, dans la mesure
où au -delà des objets observables, perçus, le réel présente à la
raison des éléments, mieux les phénomènes, que la raison ne
maîtrise pas.
Certes, puisque dans la science il y a les phénomènes qui
sont déterminés par la raison d'une part et d'autre part des
phénomènes imprévisibles dont la raison ne justifie pas la
manifestation: une hypothèse probable constituerait une
conciliation. Car «la science est un produit de l'esprit humain,
produit conforme aux lois de notre pensée et adapté au monde
extérieur. Elle offre donc deux aspects: l'un subjectif et l'autre
objectif; tous deux également nécessaires car il nous est aussi
impossible de changer quoi que ce soit aux lois de notre esprit
qu'à celles du monde».
Pour bien entrer en matière de cette mise en commun qui marque
la constitution objective de l'esprit dans son ascension en science
contemporaine, c'est mieux d'exposer ces deux notions, du
déterminisme et de l'indéterminisme.
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Philosophie
a. Le déterminisme
La notion de déterminisme est formulée pour la première fois au
17è siècle par Spinoza puis après la science en a fait son affaire.
Cette notion équivaut à celle de prévisibilité de faits. . Il semble
évident que tout effet a une cause ; principe de raison suffisante.
En découle une croyance : les mêmes causes produisent les
mêmes effets. Et si la notion de cause et celle de déterminisme ne
peuvent être confondues, le déterminisme semble aller de soi
quand on accepte la notion de causalité. Le déterminisme stipule
qu'il n'y a pas d'évènement sans cause et que les mêmes causes
produisent les mêmes effets. Dans le cas de la science moderne,
le déterminisme est un principe général de ladite science selon
lequel tout phénomène a sa cause (ou ses causes) et que les
mêmes causes génèrent rigoureusement les mêmes effets.
Suivant ce principe d'un enchaînement régulier, les lois
scientifiques établissent entre les faits, eux-mêmes épurés d'un
certain nombre de variables jugées négligeables, des rapports
constants, nécessaires, universels, mesurables et dont la
reproductibilité autorise la prévision. L'idéal du déterminisme
strict fut formulé par le physicien Laplace (1749-1 827): si nous
parvenions à une connaissance totale d'un état donné de
l'univers, nous pourrions en déduire infailliblement ses états
passés et futurs. Aujourd'hui, le progrès des sciences leur permet
d'appréhender des phénomènes dont la complexité régulière
intègre du désordre, de l'aléatoire, de l'incertain. La prévisibilité
se calcule de manière statistique ou probabiliste dans le champ
des sciences humaines, des phénomènes météorologiques ou de
la physique des particules (relations d'incertitude de Heisenberg).
À côté des lois déterministes naissent des lois non-déterministes
(structures dissipatives de Prigogine, théories du chaos).
Pour Bachelard, cette conception permet aux physiciens de
prévoir rigoureusement que tel ou tel phénomène observable aura
lieu à telle époque postérieure. C'est le cas de l'astronomie: «les
phénomènes astronomiques représentent en quelque sorte la
forme la plus objective et la plus étroitement déterminée des
phénomènes physiques». L'astronomie est donc la connaissance
la plus apte à donner à l'esprit scientifique. Cette affirmation pour
l'auteur est d'une importance capitale. Elle renferme l'idée selon
laquelle tel fait de la nature a une cause.
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Philosophie
Pour ce, tout corps, qui se meut, dans l'espace déterministe, a
sans nul doute une cause première. Celle-ci meut sans être mue,
par exemple le soleil qui provoque la photosynthèse et le
métabolisme aux plantes mais ne change pas.
Selon Bachelard, ce déterminisme dont l'effet est la conclusion
d'un raisonnement, la cause, la prémisse nécessaire dont
l'existence de l'effet suppose celle de la cause, et dont la vision
inversait les rôles en disant que la cause entraînait toujours
l'effet, est fruit d'un manque d'attention des Philosophes: car, ditil, « l'origine astronomique du déterminisme nous parait expliquer
la longue négligence des philosophes pour les problèmes relatifs
aux perturbations, aux erreurs, aux incertitudes dans l'étude des
phénomènes physiques ».
C'est que pour Bachelard, il y a certains phénomènes physiques
qui échappent au principe déterministe où les mêmes causes
produisent les mêmes effets. Il s'avère, en effet, que lorsqu'on
touche au monde de quanta, c'est-à-dire monde d'énergie et du
mouvement, l'observation perturbe gravement l'état du système
considéré, si bien que l'on ne peut pas connaître à la fois et avec
précision totale la vitesse et la position d'une particule.
Cette notion du déterminisme concerne aussi les actions
humaines. Elle détermine le comportement humain étant donné
que l'agir de l'homme doit procéder de l'action voulue ou non
voulue des facteurs sociaux. Ainsi, la liberté de l'homme devient
déterminée. Et elle cesse d'être totale, absolue comme le
préconisait Jean- Paul Sartre par exemple.
Cependant, dans l'étude des phénomènes physiques, on note qu'il
y a émergence de certains faits inattendus. Cela conduit la
science moderne à promouvoir le droit de cité à l'indéterminisme,
quand on sait qu'une partie du réel échappe au jeu des
lois naturelles. Il n’y a donc de l'incontrôlable et/ou de l'erreur
qui demeure imprévisible.
Par ailleurs, cette prise de conscience des erreurs pour l'historien
des sciences, montre la façon dont l'esprit humain doit avoir
procédé, c'est-à-dire que grâce à l'erreur on peut atteindre la
vérité. En rectifiant l'erreur on peut établir une nouvelle vérité. La
rectification, s'entend alors, procède du nouvel esprit scientifique.
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Philosophie
b. L'indéterminisme
A en croire Bachelard, l'incapacité du déterminisme à pouvoir
repérer des phénomènes imprévisibles, est la cause d'une
nouvelle psychologie scientifique. Cette nouvelle psychologie est
nommée «indéterminisme».
Elle se manifeste à l'esprit humain lorsqu'il y a un comportement
purement imprévisible lors d'une expérience du laboratoire, ou
comme le souligne Bachelard: «...en partant de la considération
des phénomènes désordonnés le savant a eu la surprise de voir
s'imposer à lui, le même déterminisme d'ensemble, fondé sur des
permanences plus ou moins exactes, mais dont l'existence est
cependant assurée».
En effet, ce texte relate combien les faits scientifiques sont têtus,
désobéissants à toute soumission aux règles établies par la
raison. Cela revient à affirmer qu'il échoit lors de I'
expérimentation, de vérification de faits, que le vérificateur
aboutisse à d'autres résultats souvent inattendus, incertains. Le
résultat en effet, est imprévisible, mais il n'y a pas absence des
causes déterminantes. Car, ce résultat est fonction d'une foule de
conditions qui, avec Bachelard, nous paraissent à l'instant moins
importantes pour en faire mention.
Mais ce qui retient notre attention, c'est que l'indéterminisme
n'est pas propriété de la nature. Il est une impuissance de
l'homme à prévoir. Car l'esprit humain «ne sait rien.. .sur l'atome
qui n'est pris que comme le sujet du verbe rebondir dans la
théorie cinétique de gaz..., ne sait rien sur le temps où s'accomplit
le phénomène du choc, comment le phénomène élémentaire
serait-il prévisible, alors qu'il n'est pas visible, c'est-à-dire
susceptible d'une description précise?».
D'après Bachelard, ces phénomènes imprévisibles ont un
caractère autonome et indépendant, contrairement aux
phénomènes déterministes où chaque cause produit un fait, un
effet bien précis. Ainsi, la connaissance probable à ce sujet,
Bachelard la pose comme conséquence de l'ambivalence du
déterminisme et de l'indéterminisme. Pour lui, cette notion vaut
pour la pensée scientifique contemporaine pour autant qu'elle
occasionne une liaison probabilitaire entre les phénomènes
déterministes et indéterministes. Donc, pour ce philosophe
La connaissance scientifique et l’existence humaine
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Philosophie
unificateur du percevoir et du raisonner dans l'expérience, la
science met en commun des faits prévisibles et des faits
imprévisibles ; est incontournablement souhaitable pour
l'objectivité scientifique.
III- LE REGARD CRITIQUE DE BACHELARD SUR LA
SCIENCE.
Dans son ouvrage essentiel : Le nouvel esprit scientifique
(1934), Gaston Bachelard opère un dépassement du débat
empirisme/rationalisme, tout comme Karl Popper, deux auteurs
que l'on oppose parfois. Pour Bachelard, le matérialisme rationnel
se trouve au centre d'un spectre épistémologique dont les deux
extrémités sont constituées par l'idéalisme et le matérialisme.
Dans son œuvre, Bachelard livre une critique sévère de
l'inductivisme et de l'empirisme. Le fait scientifique est construit à
la lumière d'une problématique théorique. La science se construit
contre l'évidence, contre les illusions de la connaissance
immédiate. C'est en ce sens que Bachelard parle d'une «
philosophie du non ». L'accès à la connaissance comme l'histoire
des sciences est donc marquée par une « coupure
épistémologique», qui opère une séparation avec la pensée
préscientifique. Produire des connaissances nouvelles, c'est donc
franchir des « obstacles épistémologiques », selon l'expression de
Bachelard qui parle aussi de rupture épistémologique.
Pour Bachelard, toute connaissance est une connaissance
approchée : « Scientifiquement, on pense le vrai comme
rectification historique d'une longue erreur, on pense l'expérience
comme rectification de l'illusion commune et première. »
Bachelard plaide pour une épistémologie concordataire. Il
considère qu'il faut dépasser l'opposition entre empirisme et
rationalisme : « Pas de rationalité à vide, pas d'empirisme
décousu ». L'activité scientifique suppose la mise en œuvre d'un
« rationalisme appliqué » ou d'un « matérialisme rationnel. » Ses
idées ayant de nombreuses affinités avec celles de Ferdinand
Gonseth, il contribua avec celui-ci à la création et au
rayonnement de la revue Dialectica.
La connaissance scientifique et l’existence humaine
12
Philosophie
IV-
DEFINITION DE L’EPISTEMOLOGIE
L'épistémologie serait selon la « tradition philosophique
francophone »,
une
branche
de
la philosophie
des
sciences qui« étudie de manière critique la méthode scientifique,
les formes logiques et modes d'inférence utilisés en science, de
même que les principes, concepts fondamentaux, théories et
résultats des diverses sciences, afin de déterminer leur origine
logique, leur valeur et leur portée objective ».
Dans la tradition philosophique anglo-saxonne, l'épistémologie
se confondrait avec la théorie de la connaissance, et ne porterait
donc pas spécifiquement sur la connaissance scientifique. Il
arrive néanmoins que ce terme soit ici utilisé comme synonyme
de « philosophie des sciences ». La distinction entre ces différentes
acceptions, et notamment le rapport de l'épistémologie à la
philosophie des sciences, n'est cependant pas clairement établie.
D'autre part, l'épistémologie « continentale » peut également
traiter d'objets non scientifiques. Le mot est également employé
parfois pour désigner telle ou telle théorie de la connaissance. La
différence entre ces deux traditions portera donc sur l'attention
portée à la connaissance scientifique plutôt qu'à la connaissance
générale.
Jean Piaget proposait de définir l’épistémologie « en première
approximation comme l’étude de la constitution des
connaissances valables », dénomination qui, selon Jean-Louis
Le Qu’est ce que la connaissance (la question gnoséologique) ?
Moigne, permet de poser les trois grandes questions :
Comment
est-elle
constituée
ou
engendrée
question méthodologique) ?
Comment apprécier sa valeur ou sa validité ?
(la
L'enquête épistémologique peut ainsi porter sur plusieurs
aspects : les modes de production de la connaissance, les
fondements de cette connaissance, la dynamique de cette
production. Plusieurs questions en découlent : qu'est ce qu'une
connaissance ? Comment est-elle produite? Comment est-elle
validée ? Sur quoi se fonde-t-elle ? Comment les connaissances
La connaissance scientifique et l’existence humaine
13
Philosophie
sont-elles organisées ? Comment évoluent-elles (et notamment,
progressent-elles ?) ?
À cela s'ajoute parfois une dimension normative de l'analyse. Il ne
s'agit plus seulement de décrire la connaissance, mais de définir
ce qui constitue une « bonne » connaissance.
Enfin, on doit distinguer une épistémologie générale, qui
porte implicitement l'idée d'une certaine unité de la science, des
épistémologies particulières, qui reposent sur l'idée d'une
pluralité, parfois présentée comme irréductible, des différentes
sciences. On parle alors d'épistémologie de la physique, de la
biologie, des sciences humaines, ...
Longtemps, l'épistémologie a porté sur le « contenu » de la
science, la science en tant qu'institution humaine étant laissée à
d'autres disciplines, notamment la sociologie. La question sur la
nature de la science se confondait alors avec celle sur la nature
de la connaissance scientifique. Ces dernières décennies, ce
partage est devenu moins évident, sous l'effet d'une part de
certains courants de la sociologie réclamant un « droit de regard »
sur ce contenu, sous l'influence d'autre part de certains
épistémologues qui jugent nécessaire, pour mieux comprendre la
connaissance scientifique, de porter attention aux dimensions
concrètes de l'activité scientifique.
B- ANALYSE DE LA QUESTION DE LA LIBERTE
HUMAINE.
I-
PRESENTATION DE JEAN-PAUL SARTRE.
Jean-Paul Sartre est un français, philosophe engagé dans le
siècle, également dramaturge, romancier, nouvelliste et essayiste.
Né le 21 juin 1905 à Paris, il est mort le 15 avril 1980 dans cette
même ville. Ecrivain prolifique, il est autant connu pour son
œuvre, et notamment sa philosophie appelée l'existentialisme,
que pour son engagement politique à gauche1. Sartre était le
compagnon de la philosophe Simone de Beauvoir. Leurs
philosophies, bien que très proches, ne sauraient être
confondues ; les deux auteurs se sont influencés réciproquement.
La connaissance scientifique et l’existence humaine
14
Philosophie
L'œuvre de Jean-Paul Sartre est riche en essais et textes
philosophiques majeurs comme L'Être et le Néant (1943) ou
L'existentialisme est un humanisme (1945), mais aussi des textes
littéraires avec son recueil de nouvelles publié en 1939le Mur ou
ses romans : la Nausée (1938) et les Chemins de la liberté (1945).
Son théâtre avec des pièces comme Les Mouches (1943), Huis
clos (1944), La Putain respectueuse(1946), Le Diable et le Bon
Dieu (1951), Les Séquestrés d'Altona (1959) constitue une part
importante de son activité littéraire. Dans une période plus
tardive, il publie aussi en 1964 un texte autobiographique Les
Mots qui traite des onze premières années de sa vie, ainsi qu'une
vaste étude sur Gustave Flaubert, L'Idiot de la famille (19711972).
Intransigeant et fidèle à lui-même et à ses idées, il a toujours
rejeté les honneurs ; il a notamment refusé le prix Nobel de
littérature (une exception notable toutefois : il accepta le titre
de docteur honoris causa de l'université de Jérusalem en 1976).
II-
LA POSITION DE SARTRE PAR RAPPORT A LA
LIBERTE.
 Notion de Liberté
Liberté : Ce mot, en philosophie a trois sens :
 Libre arbitre : Pouvoir mystérieux de choisir entre les
motifs qui me sollicitent sans être déterminé par aucun
d'eux.
 Liberté de spontanéité : S'oppose non plus au
déterminisme mais à la contrainte : état de celui qui agit
sans être contraint par une force extérieure.
 Liberté du sage : État de celui qui est délivré des passions
et agit à la lumière de la raison.

Sartre : L'homme se définit par ses actions et son existence
(existentialisme). Dans un monde sans Dieu et qui n'a aucun
sens, il est seul et condamné à être libre. Mais il est donc
pleinement responsable et il doit assumer ses actes par
l'engagement politique.
La connaissance scientifique et l’existence humaine
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Philosophie
* D’inspiration cartésienne, mais en y supprimant l’Absolu (Dieu),
la
conception
sartrienne
rend
relatif,
ce
qui
était absolu chez Descartes: la liberté humaine.
* Nécessité pour comprendre Sartre de passer par la subjectivité.
Qu’est-ce qu’être un sujet? C’est ne pas pouvoir coïncider avec
une essence. La liberté est absence d’essence. Ce qui s’identifie
totalement avec son essence, avec soi-même, c’est un objet et non
un sujet. La mauvaise foi ou l’esprit de sérieux est cet effort pour
être quelque chose sur le mode compact de l’en soi, de l’identité
indiscutable à soi, pour s’identifier à ce que l’on croit être, et à
être ce à quoi les autres vous identifient. La « mauvaise foi » est ce
vacillement devant sa liberté, ce vouloir reposer sa liberté sur
l’être.
III- DEFINITION DE L’EXISTENTIALISME ET DE
L’ESSENTIALISME
La distinction entre essence et existence prend un
nouveau relief dans la philosophie de Jean-Paul Sartre qui
applique cette distinction à l'Homme. Il affirme dans
l'Existentialisme est un Humanisme "l'existence précède
l'essence". L'homme existe avant d'être défini, et ce sont ses
actions qui définiront son essence, donc ce qu'il est. Ceci va a
rebours de la métaphysique classique qui à la suite
de Platon pense que l'existence est une réalisation d'une essence
prédéfinie.
L'essentialisme assure que l'existence est empirique et ne permet
pas de connaître les êtres : c'est le domaine de l'accidentel et du
contingent, du multiple et de l'altérité irréductible. À l'inverse,
l'existentialisme place l'essence comme le fruit non contingent de
l'existence du sujet. Chez Heidegger, l'essence de l'homme
consiste à se comprendre en tant qu'être-là, i.e. en tant
qu'existence. Dans le premier cas, dont Descartes est un
représentant, l'abstraction essentielle de l'existence donne
l'essence, et inversement dans le second, comme chez Sartre.
L'école anglo-saxonne, autour de Bertrand Russell, estime que
l'on ne peut parler d'essence que des objets conçus dans un but,
La connaissance scientifique et l’existence humaine
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Philosophie
et non dans le cas de produits de la nature. La notion
de téléonomie à partir de 1965 caractérisera la différence subtile
entre une conception initiale (volontariste) telle que l'imaginait
le créationnisme et évolution contrainte (stochastique) telle que
suggérée par le mécanisme darwinien.
CONCLUSION
La Connaissance Scientifique s’est révolutionné notamment avec
un processus d’élaboration soutenu par Bachelard. Cependant,
l’on ne peu abordé la science sans parler d’existence. Mieux,
Sartre nous démontre la notion d’existence et de liberté dont
dépend tout Homme.
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