Les Phasmes
Dans ce document se trouvent :
- Les compétences du socle commun et des programmes
2008 travaillées au travers d’un élevage de phasmes.
- L’explicitation de la démarche scientifique.
- Les informations utiles pour réaliser au mieux un élevage
de phasmes
- Les activités pédagogiques avec leurs objectifs et leur
déroulement.
Les phasmes sont des insectes étranges. Ils ressemblent, par un phénomène de
mimétisme, à de longues brindilles qui s'animent tout à coup. Leur nom vient d'un
mot grec qui signifie «fantôme». Ils ont aussi la possibilité de changer de couleur
selon le milieu dans lequel on les trouve, Ces animaux très curieux s'élèvent
facilement. L'adulte est peu actif, et les enfants se lassent vite de le regarder.
Mais l'intérêt s'éveille après les premières éclosions : les observations continues et
les recherches peuvent alors débuter. Cet insecte se prête bien à l'étude de la
croissance discontinue. Vous trouverez des œufs de phasmes dans de nombreux
laboratoires de Facultés des Sciences, ou bien plus simplement dans une école qui en
fait l'élevage.
Les phasmes appartiennent à l'embranchement des arthropodes (groupe d'animaux
caractérisés par un squelette externe chitineux et des appendices articulés) et à la
classe des insectes (trois paires de pattes et une paire d'antennes).
Les espèces recommandées par l'OPIE pour commencer un élevage sont le phasme
bâton du Vietnam (Cuniculina imbriga encore appelé Baculum extradentatum), le
phasme morose originaire d'Asie du Sud Est (Carausius morosus) qui s'est acclimaté
en Europe.
Attention ! Ne jamais relâcher d'individus vivants dans la nature.
Les phasmes sont des insectes très curieux dont l’élevage est très facile à réaliser.
Comme tous les insectes, leur corps est divisé en trois parties :
 La tête avec ses mandibules (mâchoire des insectes) , deux antennes et des
yeux à facettes.
 Le thorax où sont fixées trois paires de pattes.
 L’abdomen.
A/ Adulte.
B/ Œufs.
C/ Jeunes en train
d’éclore.
Ils n’ont pas d’ailes. Ils ne respirent pas par un nez mais par des stigmates (petits trous
le long de leur corps). Leur sang est vert et s’appelle l’hémolymphe.
Ils ont 6 pattes terminées par des crochets.
Ils se déplacent très peu et plutôt la nuit pour échapper à leurs prédateurs.
Ils sont souvent immobiles.
Une substance collante située dans des coussins entre les crochets leur permet de
marcher sur des parois lisses et verticales (même contre le verre).
À l'extrémité des pattes, le phasme possède des griffes entre lesquelles se trouvent des
petites vésicules qui leur permettent de s'accrocher aux vitres quand il n'est pas de trop
grande taille (il existe en effet des espèces de phasmes qui dépassent 20 cm de long au
stade adulte).
Une simple boîte en matière plastique, un terrarium avec un couvercle en
moustiquaire suffit pour réaliser un élevage de phasmes.
La croissance en longueur du phasme se fait par paliers et seulement au moment des
mues.
Critères d'identification
Il y a 2500 espèces de phasmes dans le monde (volants, multicolores, phasmes-feuilles, phasmes
épineux…) et trois espèces en France : le phasme gaulois, le phasme espagnol et le phasme de
Rossi. Le plus gros est un phasme du Vietnam : il mesure 54 cm.
En Provence et dans le Sud-ouest de la France, on trouve, dans la nature, un animal très voisin, le
bacille de Rossi ou bâton du diable ; il s'élève beaucoup moins facilement que le précédent. Le
phasme est un insecte sans ailes. Sous nos climats et dans les élevages, il n'existe que des
femelles. L'adulte a l'extrémité de l'abdomen élargie ; les œufs y sont maintenus un certain
temps avant d'être pondus.
Quelques données biologiques
- Les femelles des phasmes pondent des œufs non fécondés, capables de donner de nouveaux
individus, eux-mêmes femelles à l'état adulte ; c'est le phénomène de parthénogenèse.
- L'activité des phasmes est essentiellement nocturne ; cependant, on peut observer une certaine
activité diurne si la cage a été maintenue quelque temps à l'obscurité.
- La femelle pond pendant plusieurs mois de 1 à 3 œufs par jour, soit 200 à 300 œufs au cours de
sa vie. Les œufs éclosent après une période de repos de 3 à 6 mois pendant laquelle ils seront
conservés sur un fond de sable légèrement humide ou à sec mais dans une atmosphère dont le
degré hygrométrique est supérieur à 60 %. Si l'atmosphère est trop sèche, le jeune à réclusion a
des difficultés pour quitter la coque de l'œuf. Vous pouvez alors l'aider délicatement.
- Le jeune est tout à fait semblable à l'adulte. Cependant, on lui donne souvent le nom de larve.
La vie larvaire dure 6 mois environ. La larve grandit au cours de 6 mues successives. Les mues ont
lieu à peu près tous les mois et, après chaque mue, la taille de la larve augmente de 1 cm environ.
À éclosion, le jeune phasme mesure 10 à 12 mm ; au stade adulte, sa longueur atteint 8 à 10 cm. Il
n'y a pas de stade de nymphe (à la différence du ver de farine ou de la chenille du papillon). La
vie adulte dure 6 à 9 mois.
-- Les phasmes présentent un double phénomène de mimétisme. Leur corps ressemble à une
brindille de bois avec toutes ses particularités (forme, taille, nœuds, cicatrices des feuilles...) :
c'est un mimétisme de forme. Mais les phasmes prennent aussi la couleur du milieu où ils se
trouvent au moment de la mue ; cette couleur peut aller d'un brun foncé à une teinte verdâtre :
c'est le mimétisme de couleur. Pour certains auteurs, ces phénomènes constitueraient un moyen
de défense contre les prédateurs, mais aucune experte concluante n'a pu le prouver.
- Le phasme « fait le mort » : c'est le phénomène de catalepsie ou thanatose. Les animaux
tombant sur le sol restent immobiles, les pattes le long du corps. Ce phénomène peut se prolonger
un certain temps. Il ne faut pas le confondre avec l'état de léthargie où se trouvent la plupart
des animaux pendant la journée.
- En cas de danger, par exemple si vous le saisissez par une patte, le phasme peut l'abandonner
entre vos doigts : c'est le phénomène d'autotomie. Cette patte pourra être régénérée à la mue
mais en général elle reste plus courte.
Installation et entretien de l'élevage
1/ La cage
Une boîte vitrée ou une boîte en plastique transparent, ou même une boîte en carton (40 x 20
x25 cm) présentant une face transparente conviennent bien. Il faut prévoir un couvercle
confectionné avec une moustiquaire afin d'éviter la fuite des animaux.
2/ La nourriture
Les phasmes se nourrissent de lierre. On placera dans la cage un flacon à goulot étroit plein
d'eau dans lequel plonge l'extrémité des rameaux lierre, si possible des rameaux grimpants dont
feuilles lobées sont plus souples que les feuilles entières des rameaux florifères. À défaut, vous
pouvez donner des feuilles de lilas, de chêne, de ronce. Ne pas oublier un abreuvoir du type «
abreuvoir pour oiseaux » ou une simple coupelle contenant du coton maintenu humide. En cas de
disette, les phasmes peuvent se manger entre eux. De plus, il n'est pas rare de voir les jeunes
manger leur mue.
3/ Entretien et précautions à prendre
- L'élevage des phasmes nécessite peu de soins. Cependant, les rameaux de lierre seront
renouvelés toutes les semaines ou tous les 15 jours selon le nombre d'individus et la qualité du
lierre fourni. Lorsque vous le renouvelez, faites très attention aux animaux qui peuvent être
dissimulés, en léthargie, le long des pétioles et des rameaux. Évitez les noyades en fermant, à
l'aide de coton, le flacon contenant la base des rameaux de lierre. Dans les régions
« industrielles » vous avez intérêt à rincer les feuilles qui ont pu recevoir des produits chimiques
toxiques pour les animaux.
Quand les phasmes seront devenus adultes, capables de pondre, mettez au fond de la cage une
feuille de papier blanc ; la récolte des œufs en sera facilitée. En attendant l'éclosion, les œufs
sont séparés des excréments (qui favoriseraient le développement de moisissures) et sont placés
dans une coupelle contenant du sable légèrement humide. L’ atmosphère de la pièce est très
sèche, pulvériser trois fois par jour un peu d'eau dans le terrarium : un coton ou une éponge
humide placé dans une coupelle peut également être source d'humidité.
Eviter les températures trop basses. Entre 15 et 25°, on obtient les meilleurs résultats car si la
température est trop faible, leur croissance et leur activité ralentissent.
Pour le phasme bâton du Vietnam, la plante la plus appropriée est la ronce, car on peut en trouver
en toute saison.
Pour le phasme morose, on peut utiliser indifféremment de la ronce ou du lierre que l'on peut
trouver aussi en toute saison. Au printemps et en été, on peut aussi donner au phasme morose
des feuilles de lilas ou de chêne. Il est conseillé de changer fréquemment le feuillage.
Activités pédagogiques
Exploiter plusieurs élevages en parallèle est une bonne façon d'enrichir les observations, la
connaissance des caractéristiques des animaux (en restant sur des élevages d'insectes) et de
favoriser les comparaisons.
Organiser les activités
L'élevage reste disponible en observation libre dans la classe; même en dehors des temps
structurés et organisés.
Les soins que nécessite l'élevage sont des moments importants pour l'observation. L'entretien
des terrariums peut se faire par petits groupes permettant une attention particulière ;
Les élèves sont alors au contact direct des phasmes; qu'ils peuvent même toucher : ce sera
l'occasion de travailler sur le respect que l'on doit aussi à ces animaux. L'expression pour décrire
ce qu'ils voient ou ce qu'ils ressentent sera toujours favorisée. C'est au cours de ces moments
privilégiés qu'auront lieu certaines découvertes (différence entre les œufs et les crottes par
exemple).
Toutes les traces de ces expériences seront consignées dans le cahier dédié à notre
élevage de phasmes.
ETAPE 1 : Découverte de l’élevage.
Objectifs
Observer et
décrire pour
mener des
investigations
 Eveiller à la
curiosité à
propos d'un
animal commun
puis gérer un
élevage.
 Amener les
élèves à formuler
des questions.
 Aménager les
conditions
d'observation
pour trouver les
réponses
scientifiques
appropriées.
 S’approprier un
vocabulaire
spécifique.

Déroulement
1) L’observation
L'arrivée de l'élevage dans la classe est un
événement ! Certains jeunes sont un peu réticents
face à ces nouvelles bêtes. Les moins timides
prennent la parole pour exprimer leur émotion,
leurs inquiétudes. La maîtresse les rassure : « Ils
ne piquent pas, n'apportent pas de maladies... »
Durant cette phase, l'observation n'a rien de
scientifique : elle est émotionnelle, globale, très
affective. Elle correspond à une première
perception d l'objet phasme et de son
environnement.
Exemples d'échanges lors de la découverte de
l'élevage
Qu'est-ce que c'est ?
- C'est un bâton !
- C'est un animal !
- C'est un truc en bois !
- C'est vivant ! Comment savez-vous que c'est
vivant ?
-Ça marche !
-Ça bouge !
Remarques
Les élèves sont
répartis en petits
groupes et les
phasmes placés
dans des vivariums.
2) Recherche du nom de ces insectes :
on distribue à chaque groupe une fiche sur
laquelle sont représentés un certain nombre
d’insectes. Ils devront reconnaître celui qui
vit dans le vivarium et trouver son nom.
3) Dessin d’observation :
Il s’agit de dessiner ce que l’on voit à
l’intérieur du vivarium et de le légender.
Dessins également du phasme.
Travail individuel.
Selon les besoins
des élèves,
présence de
l’enseignante ou
l’AVS pour aider à
verbaliser.
ETAPE 2 : Questionnement :
Objectifs
Observer et
décrire pour
mener des
investigations
 Eveiller à la
curiosité à
propos d'un
animal commun.
 Amener les
élèves à formuler
des questions.
 Aménager les
conditions
d'observation pour
trouver les
réponses
scientifiques
appropriées.

Déroulement
Remarques
Récolte et mise en ordre des questions :
Classe entière,
Récolte des questions et re formulation éventuelle. inciter les élèves à
Classement des questions, regrouper par un code
prendre en compte
couleur celles qui pourraient aller ensemble.
les remarques de
Apporter les termes pour nommer les groupes de
leurs camarades.
questions :
 Anatomie de l’animal.
 Déplacement de l’animal.
 Reproduction de l’animal
 Nutrition de l’animal.
Attention de rendre les questions opératoires :
éluder les questions simplement liées à une
observation immédiate.
Un plan de travail est donc opérationnel.
ETAPE 3 : L’anatomie du phasme :
Objectifs
Déroulement
 initier les
enfants au dessin
d’observation,
 leur faire
émettre des hypothèses sur
les différentes parties du
phasme,
 responsabiliser
Temps 1 :
Remarques
La verbalisation est ici
très importante, il
convient de trouver les
- Mise en place des groupes : On distribue un
phasme adulte à chaque groupe dans un mini bac mots pour aider à
décrire le plus
transparent ainsi qu’une loupe.
précisément possible
On demande aux enfants de manipuler l’insecte les animaux
avec précaution. Il s’agit d’un animal fragile. Ils
peuvent le toucher uniquement si cela est
les enfants sur le monde
animal.

Apporter et utiliser
le vocabulaire de
l’anatomie du
phasme.
nécessaire : pour voir la face antérieure par
exemple. Il faut savoir que le phasme fait le
mort si il ne se sent pas en sécurité.
On demande aux enfants d’observer
attentivement le phasme et de se demander à
quoi correspondent les différentes parties qui
le composent.
- Dessin d’observation : Chaque enfant doit
dessiner le phasme comme il le voit. On
demandera aux enfants d’utiliser toute la page
blanche.
- Mise en commun : On affiche les dessins au
tableau et on essaye de décrire les différentes
parties de l’insecte et de trouver leurs noms et
leurs fonctions.
“ Combien a-t-il de pattes
?“
“ Où se trouve sa tête ? “
“ Quelle taille fait-il ? “
“ Qu’avez-vous remarqué
de spécial ? “
Temps 2 : différé de la première partie :
Réinvestissement des notions abordées
précédemment avec un jeu d’intrus à partir de
dessins : qui est un phasme et pourquoi ?
« Puzzle » du phasme : reconstituer le phasme
tout en verbalisant les différentes parties de
son corps. : Remarquer la position des pattes
des antennes ect....
ETAPE 4 : Les déplacements des phasmes
Comment le phasme marche-t-il ? Locomotion du phasme
Pendant la journée, les phasmes restent le plus souvent immobiles dans la végétation avec laquelle
ils se confondent, la plupart d'entre eux ayant une activité nocturne. Lorsqu'ils sont inquiétés, ils
se laissent tomber et demeurent immobiles, pattes allongées le long du corps, pendant parfois 15
à 20 minutes. Lors de cette immobilisation réflexe, leurs pattes antérieures, souvent échancrées
à la base, enserrent la tête en se plaçant dans le prolongement du corps, ce qui accentue encore
la ressemblance de l'insecte avec une brindille de bois mort.
L'analyse de la marche d'un insecte est généralement difficile en raison du nombre de pattes.
Mais le phasme se déplace lentement et il a de longues pattes qui se détachent nettement du
reste du corps. Pendant la marche, la paire de pattes antérieures est souvent relevée vers
l'avant et sert, avec les antennes, à détecter les obstacles.
* Analyse de la marche
Choisissez de jeunes animaux car ils marchent plus volontiers que les adultes et placez-les sur un
fond clair.
Après observation, les enfants, placés debout, figurent les six pattes et miment ce qu'ils ont vu.
Ils ont ainsi remarqué que « les pattes du milieu ne servent pas pour se déplacer ; il les traîne ».
Les pattes antérieures et postérieures ont, au contraire, un rôle très actif.
Les pattes intermédiaires seraient-elles seulement des stabilisateurs ?
* Pourquoi ne glisse-t-il pas ?
Au cours de l'observation continue de l'élevage, les élèves remarquent que le phasme peut se
déplacer aussi bien sur une branche que sur une vitre. Comment est-ce possible ? L'observation à
la loupe de l'extrémité d'une patte donne la solution : on constate la présence simultanée de
griffes et de ventouses.
* Les six pattes sont « pareilles »
Malgré quelques différences de détail (par exemple la présence à la première paire d'une tache
rougeâtre et d'une encoche dans laquelle vient se loger la tête quand l'animal « fait le mort. »),
on retrouve les mêmes segments sur les 6 pattes et le même nombre d'articles à chaque pied.
Les questions posées par les élèves sont reprises.
Selon le principe de la démarche scientifique* les séances se déroulent en 4 temps :
Je me demande
Je pense
J’essaie
Je sais
Ces différentes étapes sont notées sur la feuille de route de la séance.
Objectifs
 Initier les
élèves à
émettre des
hypothèses
 Solliciter les
élèves à
trouver des
solutions pour
vérifier leurs
hypothèses
 Mettre les
élèves en
situation de
recherche
 Construire les
savoirs sur les
déplacements
des phasmes.
Déroulement
- Mise en place des groupes : On
distribue un phasme adulte à chaque
groupe dans un mini bac transparent
ainsi qu’une loupe.
Premier temps : En quoi sont faites
les pattes ?
Observation à la loupe et conclusion
Deuxième temps :
Comment les phasmes se déplacentils ?
Observation et focalisation sur le
mouvement des pattes lors de
l’avancée des animaux.
Mise en commun : pattes avant
dirigent et les autres pattes stabilisent.
Troisième temps :
Comment font-ils pour grimper ?
Observation à la loupe des dessous
des pattes et manipulation des
phasmes en se focalisant sur les
ressentis :
« ça chatouille, ça s’accroche , il y a
comme des ventouses »
Institutionalisation : Dessin grossi
d’une extrémité de patte
Remarques
Trace écrite dans la dernière colonne du
tableau.
ETAPE INTERMEDIAIRE :
Afin d’aider les élèves à mémoriser les nouvelles connaissances apportées, un affichage
documentaire est réalisé, reprenant les notions abordées.
Les petits textes sont produits en dictée à l’adulte.
Des recherches sont effectuées sur le mimétisme.
ETAPE 5 : La reproduction du phasme
La reproduction des phasmes :
Les phasmes ont soit une reproduction sexuée (phasme bâton) résultant d'un accouplement entre
individus mâles et individus femelles, soit une reproduction asexuée (phasme morose) : dans ce
dernier cas, il n'y a que des femelles, qui pondent des œufs non fécondés et donnent naissance
uniquement à des femelles (parthénogenèse). Dans certains cas, les espèces à reproduction
sexuée peuvent se reproduire par parthénogenèse, mais les œufs ont alors une faible viabilité.
- Les femelles des phasmes pondent des œufs non fécondés, capables de donner de nouveaux
individus, eux-mêmes femelles à l'état adulte ; c'est le phénomène de parthénogenèse.
- La femelle pond pendant plusieurs mois de 1 à 3 œufs par jour, soit 200 à 300 œufs au cours de
sa vie. Les œufs éclosent après une période de repos de 3 à 6 mois pendant laquelle ils seront
conservés sur un fond de sable légèrement humide ou à sec mais dans une atmosphère dont le
degré hygrométrique est supérieur à 60 %. Si l'atmosphère est trop sèche, le jeune à réclusion a
des difficultés pour quitter la coque de l'œuf. Vous pouvez alors l'aider délicatement.
Objectifs
 Découvrir
que seules
des femelles
vivent dans
les lieux
d’élevage et
se
reproduisent
Déroulement
Toujours selon les étapes
de la démarche
scientifique,
Première étape :
on se demande comment
différencier les mâles des
femelles.
Observations, concluante ?
Remarque
Les éléments nouvellement appris
pourront être complétés par la vision du
documentaire C’est pas sorcier
seules : la
parthénogénè
se.
 Découvrir
comment
pondent les
femelles.
 Découvrir à
quoi
ressemblent
les oeufs et
en quoi se
différencientils des
excréments.
Non --> lecture
documentaire
conclusion
Deuxième étape ;
Comment les femelles
pondent-elles leurs oeufs ?
Observation et complément
par lecture documentaire.
conclusion
A quoi ressemble les
oeufs ?
Observation à la loupe et
comparaison avec d’autres
éléments trouvés au fond
du vivarium
schéma pour compléter les
observations

ETAPE 6 : La croissance du phasme
Comment grandissent-ils ?
Ils vivent environ 1 an et deviennent adultes après 6 mues , dés qu'ils se mettent à pondre.
Comme leur squelette externe est trop rigide, ils ne peuvent pas grandir progressivement : ils mu
ent. Cette façon de grandir s'appelle la « métamorphose ».
Chez les phasmes, la métamorphose est directe ;Jeunes, ils ne mesurent que quelques
millimètres mais ils sont identiques aux adultes, en plus petits: après chaque mue, ils sont
juste un peu plus grands.
Tout de suite après la mue , leur corps est tout mou . Ils ne changent ni d' aspect ni de mode
de vie comme le font les papillons par exemple en passant par le stade de larve (chenille ) ,
par le stade de nymphe dans son cocon puis par le stade de papillon.
Cette perte de peau, ou mue, est en relation avec une brusque augmentation de la taille. Ce
phénomène de mue se produit une fois par mois chez le phasme. Une observation de la mue peut
susciter l'émerveillement : pour se débarrasser de cette enveloppe rigide d'une seule pièce, pour
en retirer pattes et antennes, l’animal doit être doué d'une coordination remarquable dans les
mouvements.
Les phasmes sont des insectes à métamorphose incomplète, c'est-à-dire que leur aspect général
est le même à l'état larvaire et à l'état adulte.
Seules la taille et la capacité à se reproduire marquent la différence entre adultes et larves. La
dernière mue, qui aboutit à l'insecte adulte capable de se reproduire, est appelée mue imaginale
(chez les insectes, on qualifie l'adulte d'imago). La croissance est discontinue, comme chez tous
les insectes, car ces derniers grandissent seulement au moment des mues (qui se produisent
environ une fois par mois chez le phasme morose). On trouve au fond du vivarium les dépouilles
des anciennes carapaces, appelées aussi exuvies, dont les insectes se débarrassent au moment de
la mue. La durée respective des différents stades de développement diffère selon les espèces et
les conditions de vie. Elle est indiquée dans le tableau ci-dessous pour deux espèces
recommandées par l'OPIE quand elles sont élevées en conditions optimales.
Attention !
Le terme « mue » désigne le phénomène de changement de squelette externe mais aussi le
squelette abandonné.
Objectifs



Observer des
phasmes de
différentes
tailles et des
mues
Constater la
croissance
discontinue liée
aux mues
Faire la relation
entre les mues
et les phasmes
pour comprendre
la croissance.
Déroulement
premier temps :
Est ce que nos phasmes grandissent ?
Dans un premier temps, on observera en
grand groupe pour l'élevage collectif
présentant de nombreux phasmes de
différentes tailles
Dans un deuxième temps, les enfants ont à
leur disposition plusieurs élevages
comprenant des phasmes de tailles
différentes et de nombreuses mues. Par
petits groupes, ils vont tenter de résoudre
le problème (Comment les phasmes
grandissent-ils ?) avant une mutualisation
des remarques
Que va-t-on mesurer ? Comment va-t-on
mesurer l'animal ? Comment reconnaîtra-t-
Remarques
Cette présentation est
une présentation
générale.
Il convient de prendre
en compte les capacités
des enfants et par
groupe, proposer des
outils spécifiques.
on celui que l’on a mesuré ? À quel rythme
se feront les mesures ? Certains
conviennent de mesurer l'animal depuis la
tête jusqu'à l'extrémité du corps ; d'autres
de l'extrémité des pattes antérieures
tendues à l'extrémité des pattes
postérieures « lorsqu'il fait le mort ». Telle
équipe veut faire ses mesures en plaçant le
phasme sur une feuille de papier à dessin et
en marquant deux repères, d'autres le
placent sur une feuille quadrillée
Troisième temps :
Réalisation des mesures
Le rôle de l’enseignant est alors capital. Il
doit apprendre aux enfants à travailler avec
soin, à ne pas maltraiter les animaux, à
repérer avec précision, à conserver
toujours les mêmes repères d'une mesure à
l'autre. Les résultats des mesures sont
consignés avec soin en précisant la date.
Présentation des résultats
Les enfants suggèrent le plus souvent une
représentation « en bâtons », chaque
mesure étant figurée par un segment de
droite de la longueur de l'animal, et tous les
segments, s'ils sont verticaux, débutant sur
une même ligne horizontale. Ces travaux
peuvent donner l'occasion d'introduire
d'autres représentations (graphes,
histogrammes...).
Les mues de croissance
Au cours de ces fréquentes manipulations
et si les animaux sont isolés, les enfants ne
manquent pas de découvrir un jour ou
l'autre, dans le fond de la cage, une peau
transparente. En l'observant de près, ils
retrouvent l'enveloppe des pattes, celle de
la tête et de tout le corps.
ETAPE 7 : La nutrition du phasme
Comment mange le phasme ?
Ces animaux sont surtout actifs le soir ou la nuit ; traces du repas (encoches sur le bord des
feuilles) font penser que les phasmes possèdent des sortes de ciseaux capables de couper les
feuilles. On peut voir les animaux manger pendant la journée en utilisant des phasmes affamés
depuis plusieurs jours ou bien en maintenant la cage quelques heures à l'obscurité. Ils coupent
avec de petits « outils » placés de part et d'autre de la bouche. |Cette observation entraîne
aussitôt chez les enfants le désir de regarder de plus près la tête de cet animal : à l'aide d'une
loupe, ils vont découvrir la complexité des pièces buccales. Suscitez alors des comparaisons avec
les pièces buccales d'autres insectes.
L'observation de photographies de têtes d'insectes peut compléter ces découvertes. On peut
établir des relations entre cavités buccales et régimes alimentaires.
Cette activité permet une approche de la notion d'adaptation.
Objectifs
Déroulement
 Mettre en place
un dispositif permettant
de trouver ce que
mangent les phasmes.
Le travail sera réalisé en
Toujours en suivant les étapes d’une
groupe, plusieurs vivariums
démarche scientifique,
seront donc à prévoir.
des expériences de préférences
alimentaires sont réalisables avec les
phasmes.
Les enfants font des propositions et
dressent une liste des aliments à donner
aux phasmes : les ronces qui sont dans le
terrarium, de la salade, des branches de
sapin, de la tomate, des radis et des
haricots, des rameaux feuillés de troène,
ronce, lierre, lilas, tilleul, lierre....
Il faut expérimenter du jour au lendemain
sur un temps court pour éviter que les
aliments ne moisissent. Les phasmes se
nourrissent surtout la nuit. Le lendemain, on
constate que certains aliments (tilleul,
troène...) n'ont pas été touchés ; d’autres
comme le lierre, présentent des encoches
sur les bords. L’expérience doit se
poursuivre plusieurs jours avant de conclure
que la préférence alimentaire du phasme
est assez stricte.
Observation et lecture documentaire pour
compléter.
Remarques
Une fois toutes ces activités réalisées, une évaluation de connaissances sera
effectuée .
Les mots difficiles
Le mimétisme : capacité de certaines espèces animales à se fondre par la forme ou a couleur dans
leur environnement.
L'autotomie: capacité à s'automutiler pour échapper à un prédateur.
La catalepsie: capacité à suspendre volontairement tout mouvement volontaire des muscles.
Un prédateur: organisme vivant qui capture des proies vivantes pour se nourrir ou pour nourrir sa
progéniture.
Accouplement : chez les animaux, union du mâle et de la femelle.
Incubation: période pendant laquelle les oeufs sont couvés jusqu'à l'éclosion (pour les poules par
exemple). La durée d'incubation varie d'une espèce à l'autre: de 21 jours pour les oeufs de poules
à 2 à 3 mois pour les oeufs de phasmes. Les oeufs de phasmes ne sont pas couvés ; ils sont aban
donnés au sol.
Parthénogénèse: mode de reproduction dans lequel l'oeuf se développe sans avoir été fécondé pa
r une gamète mâle.
Exuvie : nf. Peau (en fait "squelette externe") rejetée après la mue.
Les phasmes dévorent souvent leur exuvie.
Métamorphose: transformation du corps et parfois du mode de vie au
cours du développement de certains animaux.
Mue : rejet total du squelette externe et reconstitution d'un squelette externe plus grand perm
ettant à certaines espèces comme les phasmes de grandir.