
Les théories économiques modernes révèlent de façon probante que nos économies de marché
s’écartent de leur existence de l’acceptabilité de la monnaie comme intermédiaire nécessaire
des échanges, fondamentalement décentralisés.
L’introduction de cette dernière a deux effets sur l’économie.
Le premier, la réduction des coûts de transaction stimule les échanges qui, à leur tour,
permettent la division du travail et la spécialisation.
Telle est l’origine de la croissance selon Adam Smith.
La seconde, la séparation de l’acte d’achat à l’acte de vente introduit une incertitude quant à la
correspondance automatique de l’offre et de la demande : le producteur doit anticiper a priori
la demande qui lui sera adressée, et ses prévisions peuvent s’avérer invalidées dès lors que
l’économie n’est pas stationnaire.
Ainsi les économies sont retrouvent sujettes à des crises et ce du fait des caractéristiques
propres d’une économie marchande par opposition à des crises provenant de chocs trouvant
leur source en dehors de l’économie.
Le marché s’est avéré fort efficace pour organiser les échanges de marchandises tels que les
matières premières, les produits intermédiaires, les biens de consommation.
En revanche, sa puissance a été plus problématique en ce qui concerne l’organisation des
échanges en matière de travail, de monnaie et de relations avec la nature, faisant ainsi
apparaître ses limites.
C’est dans le domaine de la finance que les limites du marché apparaissent le plus.
En effet, sur le marché financier, sur lequel se confrontent offre et demande au travers de
cotation, s’échangent des promesses et des anticipations d’une valeur future marquée par
toutes les incertitudes nées de la conjonction, de comportements stratégiques, mais aussi de
l’incapacité des acteurs à calculer les conséquences de leurs décisions présentes sur leur
revenu futur.
Sur ce marché, de la conjonction des anticipations émerge une convention, un sentiment
partagé, qui sert de référence à la révision des évaluations privées.
Or quand l’incertitude se multiplie, les acteurs du marché sont alors davantage incités à se fier
à la convention du marché, au lieu de faire confiance à leurs propres évaluations.