A.A.A.G. L’écho des abattis N° 1 – 1er Trimestre 2008 Page - 10 -
La plante et sa culture :
Méthodes de propagations avant
greffage : Le borojo se propage par
graine. Celles ci sont prélevées dans des
fruits mûrs provenant d’arbres
sélectionnés, puis elles sont lavées à
l’eau et séchées à l’ombre pendant au
moins deux jours. Si elles sont
entreposées dans un endroit frais elles
peuvent conserver leur viabilité pendant
plusieurs mois. On doit faire germer les
graines à l’ombre, dans un substrat
composé de sciure décomposée, de sable
ou de balle de riz carbonisée et de terre
végétale. Il faut veiller à ce qu’il reste en
permanence humide. Il est recommandé
de ne recouvrir les semences que très
légèrement. Le poids de 1000 graines est
de 220 g. La germination est de type
épigée. L’émergence des plantules
débute 25 jours après semis et se
prolonge jusqu’au 55éme jour. Le
pourcentage de germination des graines
fraîches est de l’ordre de 80%.
Les plantules récemment germées
ressemblent à des bâtons d’allumette. A
ce stade elles sont transplantées dans des
sacs en polyéthylène et mises en
pépinière totalement ombragée dans une
atmosphère très humide. Au bout de
deux semaines, les plantules
transplantées ont du raciner, ce qui
permet de diminuer au fur et à mesure
l’ombrage (jusqu’à 50%). les jeunes
plants de borojo ne doivent pas être
exposés directement aux radiations
solaires.
La croissance de la plantule est très
lente. Elle devra donc rester en pépinière
pour une période d’environ 1 an, jusqu’à
ce qu’elle atteigne la taille adéquate (35
cm) pour être transplantée
définitivement au champ.
L’espèce étant dioïque, les plants
mâles (théoriquement 50% des plants)
ne produisent pas de fruit, ce qui rend
nécessaire la propagation de plants
femelles (qui donnent des fruits) par
voie asexuée. Celle ci peut être faite par
bouturage, par greffage ou par
marcottage. Les boutures doivent avoir
entre 2 et 5 cm de diamètre et au
minimum 30 cm de long, et bien sur
provenir de plants femelles. Les
substrats utilisés pour le bouturage sont
composés soit de sable, de mousse et de
matière organique dans la proportion de
2:1 :1, soit de balle de riz carbonisée et
de terre végétale du commerce dans la
proportion de 1 :1, soit de la sciure
décomposée. Les boutures doivent être
placées dans un milieu ou l’humidité
relative de l’air est supérieure à 85% et
complètement ombragé. On peut
effectuer cette opération de bouturage
directement sur le lieu de plantation
définitive, en plein sol, mais dans ce cas
le pourcentage de réussite est très
Greffe anglaise terminale
variable.
Les systèmes de greffes les mieux
adaptées au borojo sont la greffe anglaise
et la greffe en fente.
Le marcottage, pour lequel on utilise
la terre se trouvant au pied de l’arbre
marcotté, ne réussit que dans 55% des
cas, ou 77% si on applique de l’acide
naphtaleno-acétique (ANA) à une
concentration de 500 ppm.
Pour obtenir le nombre de pieds
femelle désiré, la méthode la plus sûre , la
plus facile à réaliser et la plus productive
reste le greffage, d’autant plus qu’il est
possible de greffer sur des pieds d’un à
trois ans.
Il faut prendre la précaution de
conserver 5% de pieds mâles pour assurer
une bonne pollinisation.
Pratiques culturales et productions :
La densité de plantation recommandée
est de 625 pieds/ha, avec un espacement
de 4x4m. B. patinoi commence à produire
au bout de trois ans, parfois plus tôt pour
les plants multipliés par voie asexuée.
Pour la densité indiquée, le rendement
espéré est de 15 à 20 tonnes/ha, soit 30
000 fruits. La production peu varier d’une
année à l’autre car l’espèce présente des
alternances de ‘bonnes’ et de ‘mauvaises’
années. Pour B. sorbilis l’espacement utilisé
est plus grand, soit en 5x5 ou en 6x6 m. La
fructification débute plus tard, vers la
cinquième ou la sixième année, et le
rendement annuel est de 5 à 6 kg de
fruits/arbre/an.
Le borojo requière de l’ombre, comme le
café, il est donc impératif de le planter en
association avec d’autres plantes qui vont
fournir de l’ombre de façon temporaire ou
définitive. Afin d’assurer un bon entretien
de la plantation et faciliter la récolte les
pieds de borojo doivent un être maintenus à
une hauteur de 3 m, un étêtage est donc
nécessaire. Une taille d’entretien est aussi
pratiquée. Ces tailles sont effectuées juste
après la récolte principale.
En Colombie on distingue deux période
de récolte, une principale (60 à 80% de la
production), de novembre à mars, donc
pendant la période de moindre
précipitations, et entre avril et octobre, là où
les pluies augmentent. A Belém, dans l’Etat
du Para au Brésil, la période de récolte se
concentre sur les mois de février et mars.
En Colombie il est recommandé de
fertiliser les arbres en production avec un
engrais de formulation 15.15 .15, à raison
de 250 à 500 g/arbre.
Principaux ravageurs et maladies :
Sur borojo il n’a jamais été détecté de
ravageurs ou de maladies, à l’exception
des fourmis maniocs qui peuvent défolier
rapidement des plants entiers si elles ne
sont pas contrôlées. Occasionnellement il a
été trouvé un petite papillon dont les
chenilles minent les feuilles.
S’il n’y a pas de maladies répertoriées
sur borojo, il existe certains problèmes
physiologiques liés aux carences en fer et
en bore sur des sols calcaires, résultant en
l’apparition de taches noires sur la peau du
fruit. L’apparition de crevasses sur sa
partie postérieure, qui résultent de l’action
directe des rayons de soleil, sont à craindre
en période de fort ensoleillement.
Vente de fruits mûrs de borojo
Technique de récolte et post-récolte :
Les fruits de B. sorbilis sont récoltés au
sol, après leur chute naturelle quand ils ont
achevé leur développement. Dans cette
situation les fruits sont très périssables car
ils ont atteint la maturité adéquate pour être