tribune
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© Suzi Eszterhas / www.suzieszterhas.com
Le guépard (Acinonyx jubatus)
Généralement le prédateur fait immédiatement volte-face,
mais si besoin le chien n’hésitera pas à l’attaquer afin de
défendre les animaux domestiques dont il a la charge.
L’utilisation de ces chiens permet d’éloigner les prédateurs
sans les tuer. À ce jour, plus de 350 chiens ont été placés
dans des fermes, et les fermiers participant à l’opération ont
déclaré une baisse des pertes de bétail de l’ordre de 80 %.
Le travail accompli par le CCF en Namibie commence à
porter ses fruits, mais il reste encore beaucoup à faire. Le
déclin des populations de guépards se poursuit dans la
plupart des autres pays africains. Par ailleurs, en Iran, où vit
la dernière population de guépards d’Asie, les effectifs
n’atteignent pas la centaine d’individus. Le CCF s’est fixé pour
but d’être un centre d’excellence reconnu internationalement
dans les domaines de la recherche et de l’enseignement sur
le guépard et son écosystème. Il œuvre avec toutes les parties
intéressées pour la mise en place de méthodes efficaces de
protection et de gestion des guépards dans le monde. De
plus amples informations sont disponibles sur le site Web du
CCF (www.cheetah.org).
L’élimination systématique des guépards n’est pas une
stratégie efficace pour protéger le bétail ni pour gérer les
effectifs de guépards ; elle peut même s’avérer extrêmement
néfaste pour ces deux populations. En réalité, elle apparaît
comme l’une des principales menaces à la survie des
guépards. Les enquêtes réalisées par le CCF auprès des
fermiers de Namibie ont révélé que l’élimination des guépards
est pratiquée à titre préventif et n’a pas de relation directe
avec les pertes effectives de bétail dues à un « conflit entre
animaux ».
Une gestion raisonnable du bétail et de la faune sauvage
permettrait d’intégrer les prédateurs dans les systèmes
d’élevage africains afin qu’ils continuent à jouer le rôle central
correspondant à leur évolution. La communauté pourrait ainsi
tirer bénéfice des deux composantes : les animaux d’élevage
et les prédateurs.
Avec cet objectif en tête, le CCF organise des formations
sur la gestion intégrée du bétail et des prédateurs, destinées
aux agents communautaires de protection animale et aux
fermiers responsables. Ces formations d’une semaine sont
très importantes pour contrecarrer la croyance ancrée depuis
longtemps dans l’esprit les fermiers namibiens, selon laquelle
les grands carnivores comme le guépard sont les seuls
responsables des pertes de bétail. Au cours de ces
formations, les fermiers apprennent à identifier les causes
réelles des pertes de bétail (le plus souvent imputables aux
maladies) et à gérer la cohabitation du bétail et de la faune
sauvage. En outre, ils se familiarisent avec les méthodes
d’identification des prédateurs et apprennent à cohabiter avec
eux grâce à une conception appropriée des « bomas »
(enclos à parois hautes) et à l’emploi de gardiens de
troupeaux, entre autres. Ces formations leur offrent également
l’opportunité d’observer de près les guépards de la réserve
du CCF et de porter ainsi un regard nouveau sur ce
magnifique félin.
Le CCF a également mis en place, depuis 1994, un
programme destiné à promouvoir l’utilisation de chiens de
garde de troupeaux, qui a rencontré un grand succès. Le
berger d’Anatolie et le kangal sont deux races originaires de
Turquie où elles sont utilisées depuis 6 000 ans pour la
protection du bétail. Le CCF élève ces chiens et les place
gratuitement chez des fermiers répartis dans tout le pays.
À l’approche d’un prédateur, ce chien aboie pour donner
l’alerte et se positionne entre le prédateur et le bétail.