MA1 - Anthropologie Année 2012-2013
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SOCA-D468 : Anthropologie de la globalisation
Approches globales
I. Approche de l’anthropologie des systèmes
a) Wallerstein
Le principal précurseur de cette approche est Wallerstein. Selon cette
approche, c’est notre représentation du monde qui a changé. Le global est le seul
cadre analytique pertinent pour analyser le monde. L’origine du monde dans lequel
on vit est liée à l’économie capitaliste et à l’élaboration d’un système-monde en
Europe puis en Amérique et à son expansion à la surface du globe ; c’est, en fait,
une économie-monde. Il existe une division du travail répartie à l’échelle du globe
mais aussi des fruits du travail. C’est la division du travail qui unifie cette structure-
monde bien plus qu’une structure politique unitaire. C’est la dimension économique
qui unifie la structure du système-monde.
Ce qui caractérise ce système capitaliste est la priorité faite à l’accumulation illimitée
du capital. Cette accumulation ne peut exister que dans une économie-monde.
L’accumulation illimitée nécessite des marchés vastes ainsi que des états. Le
capitalisme est déjà envisagé comme un système historique et la particularité du
système est envisagée à partir de sa propre expansion.
Le système-monde
Il y a quatre grandes caractéristiques dans ce système-monde. La division
axiale du travail s’organise à partir d’une division entre centre et périphérie. Le centre
a le monopole sur la production de certains produits qui sont diffusés à la périphérie
(ex : on peut trouver du Thaïti douche sur un marché en Afrique). Ces situations de
quasi-monopole dépendent d’états forts. On observe des industries de pointe qui
produisent un bien qu’ils vont diffuser sur le globe pour faire des bénéfices ; une
concurrence s’installe et va conduire à diminuer les coûts de production pour
maintenir les profits et engendre des difficultés pour le centre. C’est pour cette raison
que les centres ne sont pas figés ; on a des mouvements d’extension et de
stagnation.
Le deuxième élément est ce que Wallerstein appelle le revenu des ménages
élargis qui constitue la base de socialisation des individus dans le système-monde.
Ils ont cinq types de revenus : salaire, activité de subsistance, production
marchande, rentes (du capital), revenus de transfert (héritages,…). Les ménages
élargis se divisent en ménages prolétaires et en ménages semi-prolétaires (moins de
la moitié du revenu qui provient du salaire). Il y a moins de 50% de la population, à
l’échelle mondiale, qui vit d’un salaire. Cela a différents impacts comme la
survalorisation du salaire : dans nos sociétés, on jouit d’un prestige social quand on
vit grâce à un salaire. Cette stagnation de la salarisation apparaît directement liée à