
La déréglementation celle-ci indique l’abolition des
réglementations des marchés des changes pour faciliter la
circulation du capital.
Au début du 20ème siècle, les mouvements internationaux de capitaux
participent au processus de mondialisation de l’économie. Mais le développement de
la finance mondiale atteste d’une déconnexion croissante entre les flux de capitaux et
les besoins de financement de l’économie réelle.
La globalisation financière se caractérise par l’interconnexion des marchés
financiers, par un essor de nouveaux produits financiers et de marchés émergents.
On observe également une organisation mondiale de la production dans certains
secteurs stratégiques. Les marchandises circulent de plus en plus librement avec des
coûts de transport décroissants, du fait de la déréglementation et des progrès de
télécommunication permettant des baisses de tarifs. L’instantanéité des informations
abolit temps et espace. La circulation des informations peut remplacer celle des
hommes (télé achat, télé travail).
Les opérations financières génèrent à l’infini ou presque des produits dérivés.
Les produits négociés, bien que de plus en plus sophistiqués, sont standardisés.
Les transactions papier prennent, ainsi, une grande ampleur par rapport aux
opérations physiques. On observe une déconnexion entre les opérations réelles
(commerce et investissement) et la sphère finance-change. L’intégration financière
résulte de la mobilité des capitaux et la substituabilité des actifs (Bourguinat).
Le développement des eurodollars (les dollars circulant hors des Etats-Unis) à partir
de 1957 a marqué le début de la circulation internationale des capitaux hors de tout
contrôle étatique. Après le passage aux changes flottants, l’accélération du processus
de libéralisation de la finance internationale date principalement à la fin des années
70. Les Etats à la recherche de sources de financement pour leurs déficits, ont aboli
les principales règles qui contraignaient les mouvements de capitaux.
Les mutations sur les marchés financiers sont simplement démentielles et
d’une rare ampleur. Ainsi, les mutual funds aux Etats-Unis ont mobilisé quelques
2600 milliards de dollars en 1995 et les fonds de pension s’élèvent à 3600 milliards de
dollars soit plus que l’encours des réserves de change de toutes les banques centrales
de la planète. Les transactions opérées sur les marchés de change représentent
environ 1500 milliards de dollars par jour soit plus de 50 fois les flux réels de
marchandise. La valeur des titres côtés en bourse dans 80 pays a été multipliée par 10
en 20 ans. Elle est passée en 1980 à 1800 milliards à 18 000 milliards en 1998. En clair,
la sphère financière est complètement déconnectée de la sphère réelle car chaque jour
1500 milliards de dollars de mains sans contre partie en terme de biens et services.
Ces chiffres montrent que les marchés financiers ont acquis des pouvoirs très étendus
qui leur permettent de contrôler l’essentiel des circuits de financement à l’échelle
mondiale et peuvent, toute conséquence, déterminer les rythmes de croissance des
économies.
La globalisation des marchés financiers laisse apparaître d’abord un
surdimensionnement des marchés qui rend les activités des établissements financiers
complètement incontrôlables et permet aux acteurs financiers de promener librement
leurs capitaux dans l'espace mondial à la recherche de meilleures rémunérations,
ensuite l’incapacité de mesurer le niveau optimal des moyens de paiement pour