23 e DIMANCHE ORDINAIRE B 2012 P. Dat Marc 7 (20581)

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23 e DIMANCHE ORDINAIRE B
Marc 7, 31-37
Vous savez certainement, frères et sœurs, pourquoi un
sourd est en même temps muet… C’est bien simple : s’il ne peut pas
parler, c’est parce qu’il n’a pas la possibilité d’entendre.
Un bébé sourd n’entend pas la voix de sa maman, ses mots d’affection,
ses mises en garde, ses confidences. Il n’entend rien et n’entendant
rien, il ne peut pas reproduire avec sa gorge et sa propre bouche, ces
sons, ces paroles qui, pour lui, sont inexistants.
C’est parce qu’il n’entend pas, qu’un sourd de naissance est en même
temps muet… Si, par contre, un jour, on arrive à le guérir de sa surdité,
à partir de ce moment-là, on pourra le rééduquer pour lui apprendre à
parler. Il pourra enfin reproduire sur sa langue les sons et les
intonations que maintenant il se met à entendre.
Il y a donc liaison nécessaire entre l’oreille et la bouche, et si l’oreille
est sourde, la bouche sera muette.
Ce miracle de la guérison du sourd-muet est pour nous,
plein de signification au plan spirituel et pour notre vie chrétienne. Ce
miracle de Jésus est rangé, par les exégètes, c’est-à-dire ‘’les
spécialistes de l’Ecriture Sainte’’, parmi les miracles d’ ‘’ouverture’’.
Jésus ouvre une porte à un homme qui est enfermé, prisonnier en luimême et dans l’incapacité de communiquer vraiment avec les autres.
Parmi ces miracles d’ouverture, il y a celui de l’aveugle de Jéricho :
« Seigneur, que je voie », enfermé dans son obscurité, fermé à la
lumière, l’aveugle-né. Miracle d’ouverture : Jésus est capable de
donner la lumière à celui qui est dans le noir, qui n’y voit plus rien, qui
a besoin de se diriger ou d’y voir plus clair. Jésus ouvre la porte d’un
cachot, libère l’homme.
Nous avons entendu, en 1ière lecture, cette annonce de libération de
l’homme :
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« Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu, il vient lui-même et
il va vous sauver. Alors, nous a dit Isaïe (et c’est cela, le signe à quoi on
le reconnaitra), s’ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des
sourds, le boiteux bondira comme un cerf et la bouche du muet criera
de joie ». Signes du Messie, miracles de Jésus.
Quand Jean-Baptiste envoie à Jésus des messages pour
savoir si c’est bien lui le Messie, pour en avoir le cœur net, Jésus leur
répondit :
« ‘’Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles
retrouvent la vue, les boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés,
les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est
annoncée aux pauvres’’. »
Voici quels sont les indicatifs de l’arrivée du Messie :
« ‘’Vous avez des oreilles, dit Jésus, et vous n’entendez pas. Vous avez
des oreilles mais vous n’écoutez pas’’. »
Et il redit encore une fois :
« ‘’Bienheureux celui qui a des oreilles pour entendre et des yeux pour
voir’’. »
Il faut que soit brisé cet enfermement, cette captivité spirituelle du
sourd, de l’aveugle, du muet…Nous avons à nous ouvrir à la Parole de
Dieu, l’entendre, l’écouter, l’assimiler puis, enfin, pouvoir la dire à
notre tour, la proclamer, l’annoncer aux autres, sinon nous sommes
comme les idoles païennes :
« ‘’Elles ont des oreilles mais n’entendent pas, des bouches mais ne
parlent pas’’. »
Figure pitoyable de ce monde païen, enfermé en lui-même, incapable
d’entendre vraiment la Parole de Dieu, et donc, devenu incapable aussi
de la dire.
Le sourd-muet est le symbole même de l’absence de communication :
il ne peut recevoir ni émettre aucun son. Or justement, le Christ est
‘’Parole et Vie’’. C’est pour le sourd-muet une nouvelle naissance, une
résurrection. L’Eglise ne s’y est pas trompée lorsqu’elle a gardé pour le
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Baptême des adultes, ces gestes et ces paroles même de Jésus. Le
prêtre à son tour, touche les oreilles et la bouche du futur baptisé avec
sa salive et lui dit :
« Effata » c’est-à-dire « Ouvre-toi ».
‘’Ouvrez-vous’’ afin que vous puissiez proclamer la louange et la gloire
de Dieu, dire enfin la foi qui vous a été transmise.
Ce sourd-bègue de l’Evangile, il est la figure symbolique de tout
disciple : des oreilles qui s’ouvrent, des bouches qui se mettent à parler
correctement. Ce sont les conditions nécessaires à l’expansion de la
Bonne Nouvelle.
Jésus est capable de forcer nos clôtures qui s’opposent à la diffusion
de cette nouvelle de salut.
« Il n’est pire sourd, a-t-on dit, que celui qui ne veut pas entendre ». On
peut dire aussi qu’il n’est pire muet que celui qui ne veut pas parler.
La guérison de la surdité, c’est l’ouverture à la Parole de Dieu.
La guérison du mutisme, c’est la communication enfin
rendue possible par l’annonce du salut. Pour nous, frères et sœurs, ce
miracle comporte deux leçons :
1e)- La première, c’est celle de l’ouverture, de l’écoute à la Parole
de Dieu. Nous ne pourrons parler de Dieu que si nous-mêmes, nous
l’avons entendu parler, que s’il nous a parlé à nous. Alors seulement
nous pourrons l’annoncer aux autres.
Que pourra dire un chrétien qui ne lit pas l’Evangile, qui ne prie pas, qui
n’est pas en communication avec la parole de Dieu ? Rien. Il est muet
parce qu’il est sourd.
La priorité, la 1ière urgence, pour nous, c’est donc de nous remettre à
écouter Dieu :
- dans l’Evangile
- dans la prière
- dans ma conscience
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- dans les conseils des autres
- par les évènements et les circonstances de notre vie.
« ‘’Que celui qui a des oreilles, qu’il entende. Heureux celui qui écoute
la Parole de Dieu’’. » Ne pas ‘’se faire sourd à l’appel de Dieu’’, parce
que cet appel pourrait changer quelque chose dans notre vie que nous
n’avons nulle envie de modifier.
1ière grâce à demander au Seigneur : « ‘’Que je t’entende ! Que je
t’écoute ! Que je sois à ton écoute !’’ »
C’est pourquoi le Christ emmène ce sourd-muet à l’écart, loin de la
foule : faire silence dans ma vie, me mettre à l’écart pour prier. Alors
seulement j’aurai quelque chance de pouvoir entendre la Parole de
Dieu, qui est profonde, discrète, en sourdine, au milieu de tous les
vacarmes du monde.
2ième urgence : une fois cette Parole de Dieu entendue, écoutée,
ne pas se contenter de la garder pour soi, mais, à mon tour, la dire, la
proclamer, la diffuser parce que nous ne sommes plus sourds, nous ne
pouvons pas rester muets. Ce qui est passé par l’oreille doit passer par
la bouche : le sourd guéri devient un parlant. Il peut dire enfin,
s’exprimer.
« Est-ce que, avec le message que nous avons à transmettre, disait le
père de Foucauld, nous resterons des ‘’chiens muets’’ ? »
Parce que nos oreilles se sont ouvertes, notre propre langue doit se
dénouer.
Si quelqu’un ne connait pas le message du Christianisme, il ne peut que
se taire, mais pour peu, frères et sœurs, que vous l’ayez écouté et
compris, vous avez l’impérieux devoir de le faire connaitre aux autres,
de le communiquer.
Parler à Dieu pour parler de Dieu : en écoutant Dieu, nous
devenons ses interprètes, ses hauts parleurs et ses témoins.
AMEN
-4-
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