
Ceci se fait grâce à deux types de canaux ioniques qui vont s’ouvrir et se fermer
alternativement. Ces canaux se trouvent dans la membrane de l’axone et de ses terminaisons.
Les premiers canaux à s’ouvrir permettent un afflux de Na dans la cellule, ce qui entraîne une
dépolarisation. Ensuite l’ouverture des canaux à K permet la sortie de K, ce qui produit une
repolarisation. Le tout dans une durée de 1ms.
Il faut que le stimulus initial pousse la dépolarisation de la cellule jusqu’à un niveau critique
appelé seuil d’excitation (environ –55mV) pour que les canaux à sodium voltage dépendants
commencent à s’ouvrir.
3/- Notion de période réfractaire
Après la production d’un potentiel d’action, il s’écoule un laps de temps avant qu’une cellule
excitable soit apte à engendrer un autre potentiel d’action. Cet intervalle est appelé période
réfractaire.
Pendant la période réfractaire absolue, la cellule ne peut déclencher un autre potentiel d’action
même si le stimulus est très fort. Cette période correspond à la période d’inactivation des
canaux sodium qui doivent revenir à l’état de repos.
La durée de cette période est variable suivant le diamètre des axones ; les axones de grand
diamètre ont une période réfractaire 10 fois plus courte que les axones de petit diamètre.
Il existe une période réfractaire relative qui est le laps de temps pendant lequel un second
potentiel d’action peut être déclenché mais uniquement pour un stimulus dépassant le seuil
d’excitabilité.
4/- Propagation de l’influx nerveux
Pour transmettre l’information d’une partie du corps à un autre, les influx doivent se déplacer
de l’endroit où ils se forment, dans une zone gâchette (le plus souvent le cône d’implantation
de l’axone), jusqu’aux terminaisons axonales.
La propagation, ou conduction des potentiels d’action repose sur un mécanisme de rétro
activation. A mesure que les ions sodiums rentrent dans la cellule, la dépolarisation augmente
et entraîne l’ouverture des canaux à Na voltage dépendants dans les parties adjacentes de la
membrane.
Et étant donné que la membrane est réfractaire en arrière du front de l’influx nerveux, ce
dernier ne se propage normalement que dans un seul sens.
5/- Autres canaux ioniques
Il existe des canaux ioniques qui sont déclenchés par un stimulus chimique particulier, par ex
des neurotransmetteurs ou des hormones.
C’est le cas de l’acétylcholine.
Il existe des canaux ioniques mécaniques dépendants, qui sont déclenchés par une vibration,
une pression ou un étirement.
6/- Applications pratiques
Les anesthésiques locaux sont des médicaments qui bloquent la douleur. On peut les
administrer sur la peau (ex. la procaïne ou la lidocaïne : Emla°) ou ils diffusent. Ils empêchent
l’ouverture des canaux à Na voltage dépendants. Les influx nerveux ne peuvent traverser la
région anesthésiée, si bien que les signaux douloureux ne peuvent atteindre le SNC. Les
axones de petit diamètre, qui acheminent les signaux douloureux sont plus sensibles que les
axones de grand diamètre.
7/- Vitesse de propagation de l’influx nerveux
Elle dépend du diamètre de l’axone et de la présence ou non d’une gaine de myéline.
Les axones de grand diamètre acheminent l’influx plus rapidement que ceux de petit diamètre.
Les plus gros axones (5 à 20 µm de diamètre) sont appelés fibres A et sont tous
myélinisés. Ce sont les axones des neurones sensitifs qui transmettent les influx
nerveux associés au toucher, à la pression, à la position des articulations et à certaines