
Chap. III : Contraintes politiques, techniques et financières
L’exécution effective de la REDD fait face à quelques problèmes méthodologiques.
Les problèmes principaux sont les suivants :
• Les « fuites » ou « déplacement ». C’est la possibilité que les émissions de carbone évitées dans
un endroit soient déplacées vers un autre (un thème de discussion pour toute approche d’atténuation
d’émission de carbone). Éviter le déplacement est une justification pour adopter une approche
nationale pour l’exécution de la REDD. Le calcul des crédits de carbone au niveau national
prendrait en compte les fuites nationales ;
• La « permanence » : du fait de la possibilité que les forêts peuvent être détruites par des feux ou
d’autres calamités naturelles, ou une augmentation de la pression sur les terres forestières, il n’y a
pas de garantie sur la permanence des réservoirs de carbone et le CO2 séquestré, ce qui ouvre un
débat sur les crédits du REDD. Doivent-ils être temporaires ou permanents ? Toutefois, comme
l’ont montré (Waston, Noble et al., 2000), une réduction, en une seule fois, du taux de déforestation
aura un effet permanent sur le niveau de carbone dans l’atmosphère sauf si le taux de déforestation
de la ligne de base est surestimé ;
• L’établissement d’une ligne de base/scénario de référence. Ce problème ne se rapporte pas
seulement aux méthodes pour mesurer la ligne de base/scénario de référence, mais aussi à leur
définition, car l’établissement d’une ligne de base/scénario de référence « généreuse » ferait
bénéficier les acheteurs et les vendeurs des crédits de carbone y afférents. En outre, les pays qui ont
choisi depuis longtemps de s’attaquer au problème de la déforestation ne doivent pas être pénalisés
pour cette «action précoce ».
En termes d’atténuation des changements climatiques, la restauration des forêts est complémentaire
à la réduction des émissions par la réduction de la dégradation des forêts. On pourrait essayer de
réduire au maximum les émissions des dégradations. Dans les régions où cette stratégie n’est pas
tout à fait un succès, et où la dégradation est déjà produite, il faudra restaurer la forêt.
- La barrière de la langue. La majorité des textes et des réunions sont en anglais, et le nombre de
textes traduits est limité, ce qui représente un lourd handicap pour une large partie de l'Afrique
francophone.
1. Le manque réel d’effectifs de l’agence de la GMV
Dans le contexte actuel, l’effectif du service des Eaux et forêts à l’instar des autres secteurs publics
continue à baisser. L’Etat ne recrute plus et les départs naturels (mortalité, retraite, détachements
etc.) ne sont presque pas remplacés. Les ressources humaines s’amenuisant sans arrêt, on peut
affirmer sans risque de se tromper que si les tendances étaient maintenues le service des Eaux et
forêts n’arrivera pas à administrer correctement le secteur forestier et d’assurer une gestion
adéquate du patrimoine forestier par le simple biais de l’instrumentation du Code Forestier.
Le constat est que de manière générale, la ressource forestière est très fortement agressée et à un
moment où les décideurs politiques et leurs partenaires au développement s'accordent sur une série
de mesures et initiatives (développement de l'approche communautaire, responsabilisation des
collectivités locales, création d’agence comme celle de la GMV...) tentent de protéger et de
régénérer les forêts avec les populations rurales.
Il n'est pas dit à priori que de telles dispositions soient perçues et comprises comme telles par les
populations dans un contexte de manque de sources alternatives de revenus immédiats et de
pauvreté extrême surtout dans le Ferlo actuel. Pour cette raison, la présence du personnel forestier
s'avère encore nécessaire pour accompagner et huiler le processus de responsabilisation et en même
temps réussir la conception et la mise en œuvre d'une politique forestière adaptée.