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visible4 et continue, et ce d’autant plus que les prix pratiqués par les entreprises nationales sont
largement tributaires de la pression des consommateurs étrangers.
3. De nouveaux défis structurels risquent d’affecter les finances publiques du pays…
Des incertitudes continuent de peser sur les développements futurs de la place financière, avec
les évolutions récentes (crise financière, liste grise OCDE, mise en cause du secret bancaire,
réputation de la place en général, etc) et les attaques politiques qui les ont accompagnées. Le
nombre de banques s’est réduit en quelques mois de 10 unités par rapport à l’année 20075. Cette
tendance risque de se poursuivre avec toutes les conséquences en termes de valeur ajoutée
générée, d’effectifs et de recettes fiscales que cela peut avoir.
La Chambre de Commerce est convaincue que le centre financier international du Grand-Duché a
un bel avenir devant lui. Des actions et initiatives communes et innovatrices des autorités
publiques et des acteurs de la place pourront consolider les activités existantes et créer de
nouveaux produits et services pour une clientèle internationale, sur base d’une adaptation
intelligente et rapide du cadre légal, fiscal et réglementaire et d’une stratégie de promotion et de
communication efficace. Mais ces repositionnements prendront du temps et leur succès n’est pas
garanti. D’ailleurs, toujours est-il que de plus en plus de décisions stratégiques sont prises dans
les maisons-mères des filiales luxembourgeoises.
Il faut néanmoins rappeler que le secteur financier luxembourgeois a bel et bien été touché par la
crise financière. La somme des bilans des banques, par exemple, a baissé de -19,18% (-192,2
millions EUR) entre octobre 2008 et septembre 2009. Le résultat net, quant à lui, a littéralement
dégringolé en 2008 pour atteindre 562 millions EUR, ce qui constitue un recul de 88% par rapport
à 2007. L’emploi bancaire, pour sa part, a baissé de 770 unités ou 2,82% entre septembre 2008 le
même mois de l’année 2009. La Chambre de Commerce estime certes que ces résultats vont de
nouveau s’inscrire sur une pente ascendante dans les mois à venir, mais tout en insistant qu’en
cas d’évolution défavorable ou de nouveau choc sectoriel, les implications en matière de valeur
ajoutée, d’emploi et de recettes fiscales seront autrement plus graves. Pour souligner l’importance
d’une stratégie cohérente et réussie en matière de promotion et de développement de la place
financière et la nécessité de la défense des intérêts luxembourgeois dans ce contexte, la Chambre
de Commerce a établi une simulation théorique sous forme de scénario extrême pour montrer les
effets sur notre économie de petite taille, largement ouverte sur l’extérieur et dépendant du secteur
financier international, d’un choc sectoriel important.
Dans ce « worst case scenario », il est supposé que le poids du secteur financier, en termes de
contribution à la valeur ajoutée, à l’emploi et aux recettes fiscales, baisserait pour atteindre les
niveaux atteints par une autre petite économie ouverte, à savoir la Belgique. Cette simulation est
de nature statique et de ce fait, ne pourra prétendre à l’exhaustivité méthodologique.
Néanmoins, la conclusion doit inciter à la plus grande circonspection (cf. tableau 1): la
matérialisation du scénario en question aboutirait, selon les hypothèses admises, à ce que les
finances publiques subissent un retournement radical. Le PIB national baisserait ainsi de 33,7%,
l’emploi de 15,2% et les recettes fiscales (y compris les cotisations sociales) de 25,3% par rapport
à la situation de 2008. Les administrations publiques passeraient à un déficit de quelque 25,1% du
PIB, du moins à politique de dépenses inchangée. Maintenu sur une période de cinq ans
correspondant à une législature, un tel déficit induirait une dette publique de l’ordre de 125,5% du
4 A ce sujet, il est important de rappeler que la plupart des partenaires et concurrents économiques majeurs du
Luxembourg sont situés au sein de l’Union économique et monétaire, partageant donc la même devise, ce qui augmente
grandement la transparence tarifaire.
5 Nombre de banques inscrites sur la liste officielle de la CSSF au 31 octobre 2009:148